Dieudonné candidat !
L'humoriste Dieudonné a annoncé jeudi soir son intention
de se présenter à l'élection présidentielle
de 2007. Dieudonné a fait cette annonce sur la scène
du Zénith, devant une salle bondée, surtout de jeunes,
qu’il a qualifiés de “boît de crayons de
couleur” à la fin d'une représentation exceptionnelle
de son spectacle intitulé "1905" et dédié
à la laïcité.
"Dieudonné avait laissé entendre que la politique,
c'était fini pour lui et avait mesuré les blocages institutionnels
à une _expression citoyenne. C'était sans compter sur
le black-out médiatique total qui le frappe depuis deux ans,
l'empêchant à la fois d'exprimer son point de vue politique
de citoyen et d'humoriste militant pour rire des choses graves",
indiquait dans la nuit de jeudi à vendredi le site Internet
Les Utopistes-Les Ogres (Ouvertures Géographique Religieuse
Ethnique Sociale) "qui assure la défense de Dieudonné".
Dieudonné avait déjà été candidat
en 2002 "pour relever le malaise face au manque de crédit
de la classe politique française". Il s'était rapidement
retiré de la course, n’ayant pas pu obtenir les 500 parrainages
d'élus locaux indispensables pour valider une candidature.
Il se heurtera au même problème cette fois-ci.
> Dieudonné dans « 1905 » le 28 décembre
à Lille
En cette année anniversaire du centenaire de la loi de la séparation
des Eglises et de l’Etat, Dieudonné nous revient avec
un tout nouveau spectacle sur la laïcité. Sujet qu’il
décortique avec humour et intelligence.
Mercredi 28 décembre 2005 à 20h30 , Théâtre
Sébastopol - Lille . Prix public : 33 € . Renseignements
: Vérone Productions 03.20.33.17.34
Quand les banlieues s’embrasent
par Mogniss H. Abdallah, Agence IM'média, 22/12/2005. Source
: www.alterites.com
L’éruption de violence après la mort le 27 octobre
2005 de Zyed et Bouna, les deux jeunes de Clichy-sous-Bois électrocutés
dans un transformateur EDF en fuyant un contrôle de police,
et sa diffusion à travers le pays trois semaines durant, a
provoqué stupeur et incompréhension. L’absence
de revendications précises a alimenté rumeurs et interprétations,
parmi lesquelles celles d’une manipulation par les islamistes
ou par les caïds de l’économie souterraine. Mais
les médias - et les Renseignements généraux -
découvriront petit à petit des très jeunes, entre
14 et 22 ans, la plupart sans casier judiciaire, en révolte
contre leur situation sociale. Tout en leur donnant la parole, avec
ou sans commentaire, presse et télévision s’interrogent
sur leurs propres responsabilités, pour éviter un nouvel
emballement médiatico-politique dans une situation à
l’issue incertaine.
Comprendre avant tout pourquoi
Soudainement redevenue un enjeu politique national majeur, la “crise
des banlieues” occupe le devant de la scène médiatique
avec une telle inflation verbale que cela donne le tournis. Mais comme
la nature a horreur du vide, et qu’il faut avant tout rassurer
une population inquiète voire apeurée, et se rassurer
soi-même, on cherche de tous côtés des explications,
y compris aux exactions les plus graves. Cela au risque de prendre
à rebrousse-poil la tentation sécuritaire de l’opinion
publique. “Moi, c’est le destin de la femme brûlée
vive à Sevran et celui de l’homme battu à mort
à Epinay qui m’indigne !” s’énerve
un lecteur du journal Le Monde, cité dans la chronique du médiateur
du journal, malicieusement titrée : Mohamed Tadjer, chevalier
du Mérite. Il s’agit du conducteur de bus blessé
en portant secours à une quinquagénaire handicapée,
gravement blessée au cours de l’attaque du bus de Sevran.
Une manière aussi de refuser d’accentuer la fracture
entre une France blanche et un en-dehors absolu et barbare.
Les médias en quête d’interlocuteurs pour un regard
“de l’intérieur”
Les acteurs associatifs et les médiateurs de terrain, habituels
interlocuteurs des médias pour raconter la situation en banlieue,
ont été eux aussi désarçonnés par
l’ampleur de la colère des gamins. Si certains ont regretté
d’emblée leur absence d’organisation politique,
d’autres n’ont pas tenu à parler à leur
place. Dès les premiers jours des émeutes, des journalistes
ont donc tendu le micro directement aux jeunes. Edouard Zambeaux,
qui tient la chronique “Périphéries” le
dimanche sur France Inter, a choisi de donner la parole sans faire
de commentaire, et préconise de continuer cette pratique, même
quand il ne se passe plus rien de spectaculaire. Un peu sur le mode
de “Cité dans le texte”, la chronique de Libération,
qui chaque mardi depuis près d’un an a restitué
le portrait des habitants d’une cité à Grigny.
Actualité oblige, les reporters ont essayé de comprendre
pourquoi les jeunes brûlaient avec une telle hargne destructrice
les voitures de leurs voisins de quartier, les écoles de leurs
petits frères et sœurs, les équipements collectifs
dans lesquels eux-mêmes parfois s’entraînaient,
etc. Et c’est presque avec soulagement que journalistes et téléspectateurs
ont vu et entendu au journal télévisé de France
2, un jeune expliquer que si des locaux industriels d’Aulnay
ont été incendiés, c’est parce que les
entreprises visées n’embauchaient personne des quartiers
environnants. Quelle que soit la réalité de cette auto-justification
devant une caméra de télévision, elle rompait
enfin avec l’absence de sens ou de toute forme de discours audible
de la part des émeutiers. Elle paressait crédible. D’autres
explications embryonnaires se sont petit à petit fait entendre.
L’école n’a jamais servi à rien, “c’est
pour ça qu’on les brûle”, lance un autre
jeune à l’intention de journalistes du Monde qui ont
choisi l’immersion :“une nuit avec des émeutiers
qui ont la rage”. Sous la carapace de guerriers “barbares”,
transparaissent par moments des êtres fragiles, humains : “Tu
sais, quand on brandit un cocktail Molotov, on dit au secours. On
n’a pas les mots pour exprimer ce qu’on ressent ; on sait
juste parler en mettant le feu”. Vulnérabilité
surfaite ? Peut-être. Cependant, la posture guerrière
reprend le dessus dès qu’ils évoquent le nom du
ministre de l’Intérieur. “Puisqu’on est des
racailles, on va lui donner de quoi nettoyer au Kärcher à
ce raciste. Les mots blessent plus que les coups”(Le Monde,
8 novembre 2005). “Il faut que Sarkozy s’excuse ou démissionne”,
répètent Christophe, 22 ans, étudiant, Ludwel,
19 ans, et Warren, 18 ans, en BTS à Aulnay sous-Bois, ou encore
un gamin de 13 ans, dans Libération du 5-6 novembre, qui titre
en Une : Mots de ghetto : des jeunes des cités racontent les
raisons de leur colère, le chômage, les cités
délabrées, les contrôles de police. Et leur haine
de Sarkozy.
Une révolte “ethnico-religieuse” ?
“La justification est venue des médias et des commentateurs,
faisant dire à ces événements ce qu’ils
ne disaient pas par eux-mêmes”, considère Robert
Redeker dans Le Figaro (28 novembre 2005). Rédacteur pour la
revue Les Temps Modernes, il critique le “sous-titrage”
par lequel les médias ont accompagné les forfaits des
émeutiers, et cette manière “ventriloquée”
de parler à leur place pour mieux mettre en avant une réponse
en termes sociaux plutôt que culturels. Or, d’après
lui, “ce n’est pas la pauvreté, c’est-à-dire
une situation sociale, qui engendre la violence anomique et insensée,
mais le nihilisme, c’est-à-dire une construction culturelle”.
Le très médiatique Alain Finkielkraut, qui a fait scandale
en dénonçant dans le quotidien israélien Haaretz
une “révolte ethnico-religieuse” animée
par des “adolescents ennemis de notre monde”, s’en
prend lui aussi “à un discours convenu qui réduit
les événements actuels aux seules questions d’inégalité
et de discriminations”, et déplore que dans une France
divisée entre compréhension et indignation, “le
parti de la compréhension est celui qu’on entend le plus.
Certains vont jusqu’à célébrer la multitude
insurgée”. (Le Monde, 27-28 novembre 2005)
Eviter l’emballement médiatique par un traitement plus
équilibré de l’information
En fait d’empathie, les médias et en particulier les
télévisions françaises, ont dans l’ensemble
montré plus de retenue que lors d’émeutes précédentes,
dans les années 80 ou 90. Rien à voir avec la couverture
sensationnaliste des chaînes étrangères qui, à
l’instar de CNN, présentent une France apocalyptique
tout entière en feu. Certes, les formules à l’emporte-pièce
n’ont pas manqué, qualifiant par exemple les violences
de “guérilla urbaine”, et la fascination pour les
images de voitures en feu a fonctionné à plein, bien
au-delà du devoir d’informer. Mais un réel souci
d’éviter la reproduction d’emballements médiatiques
antérieurs a cette fois prévalu. La campagne sécuritaire
de 2002 et l’affaire du RER D ont fait réfléchir.
Cette fois-ci, les médias ont pris des précautions,
avec le souci de ne pas relayer exclusivement et à l’aveuglette
la seule version officielle des événements. Ainsi, le
cambriolage imaginaire, initialement invoqué pour expliquer
la présence policière à Clichy-sous-Bois, a été
rapidement démenti. Les témoignages filmés des
jeunes, affirmant qu’ils étaient bel et bien poursuivis,
malgré les dénégations policières, ont
été présentés comme crédibles.
On ne peut affirmer que la confiance soit pour autant restaurée
entre les jeunes et la télévision, mais il n’en
demeure pas moins qu’ils espèrent désormais pouvoir
faire passer leur version des faits. Dans cette optique, France 3
a diffusé un entretien poignant avec Muhittin, le troisième
jeune homme grièvement blessé dans le transformateur
EDF de Clichy, lors de sa sortie d’hôpital à la
mi-décembre. Il y répète avoir été
coursé par la police, qu’ils avaient peur, et c’est
au bord des larmes qu’il soupire : “Personne nous croit”.
Les rédactions de télévision ont aussi été
conscientes d’une volonté d’instrumentalisation
de part et d’autre, d’où une vigilance accrue,
et une sorte de positionnement dans l’entre-deux. Pour autant,
le cordon ombilical n’est pas coupé avec les plus hautes
autorités de l’Etat, qui réquisitionnent la petite
lucarne pour leurs discours solennels à la nation. C’est
donc devant plus de 13 millions de téléspectateurs que
le Premier ministre a annoncé l’instauration de l’état
d’urgence, en vertu d’une loi du 3 avril 1955 imaginée
pour d’autres “événements”, la guerre
d’Algérie. Ces discours sont parfois l’occasion
d’une mise en situation originale : en contrepoint de l’intervention
de Jacques Chirac le 14 novembre, des jeunes de Clichy ont été
filmés écoutant attentivement le chef de l’Etat.
Pas toujours d’accord, ils applaudissent pourtant lorsqu’il
insiste sur le “respect” dû à “toutes
les filles et fils de la République”.
La “Télé Sarkozy”, une réputation
à toute épreuve
En revanche, France 2 a bien du mal à dissiper sa réputation
de “Télé Sarkozy”, et l’affaire de
la “bavure” policière de La Courneuve n’a
pas arrangé les choses. En effet, il aura fallu le feu vert
de Sarkozy lui-même pour que la chaîne diffuse le 10 novembre
des images, tournées trois jours plus tôt, d’un
jeune tabassé à terre par un policier sous le regard
impassible de ses collègues. La scène sera diffusée
dans le cadre de l’émission “A vous de juger”,
dont l’invité n’est autre que le ministre de l’Intérieur,
annonçant aussitôt avoir suspendu les fonctionnaires
fautifs, dont un sera même placé en garde à vue
prolongée. Sur le site internet de France 2, les journaux télévisés
contenant ces images seront supprimés. La directrice de l’info,
Arlette Chabot, assume : “Nous ne voulons pas que ces images
tournent en boucle et soient utilisées n’importe comment,
au risque d’envenimer les choses”. (Le Canard enchaîné,
16 novembre 2005). Davantage exposée pour justifier sa conception
du traitement de la “crise des banlieues”, Arlette Chabot
ne fait pas mystère des consignes très strictes à
ses journalistes, qui ont essuyé des jets de boules de pétanque
et ont vu une de leurs voitures brûler : rester derrière
la police, ne pas s’éloigner. France 2 a aussi décidé
de ne pas diffuser les images amateurs proposées par les jeunes
ou les habitants. Ces images, qui se multiplient grâce aux petites
caméras et même aux nouveaux téléphones
portables, constituent pourtant elles aussi une source d’information,
aussi “manipulée” soit-elle. On a ainsi pu voir
la panique qui s’est emparée des fidèles à
l’intérieur de la mosquée de Clichy lors d’un
lancer de lacrymogène à proximité. Dans une édition
spéciale du magazine 90 minutes sur Canal Plus, on a pu voir
des policiers tirer au flash-ball dans le dos des habitants de Clichy
qui visiblement ne faisaient rien de répréhensible.
Le caméraman, filmant à partir de son immeuble, s’écrie
: “Arrête de tirer, t’es filmé, là
! Ils ont rien fait, ils sont innocents”. S’ensuit un
brouhaha, et un dernier cri : “Je suis pour la justice !”.
Les projecteurs de la police balaient la façade pour le repérer
ou l’aveugler. Fin de la séquence.
Des blogs aux jeux vidéo. De nouveaux médias dédiés
“à toute la jeunesse en colère du monde”
Qu’à cela ne tienne, jeunes et habitants utiliseront
d’autres biais pour se passer l’info. De nombreux blogs
internet ont fait leur apparition dès le lendemain de la mort
de Zyed et Bouna, d’abord pour leur rendre hommage. “Rien
que pour ne plus voir sa tronche d’Iznogoud, allusion au personnage
de Sarkozy caricaturé par le dessinateur Plantu dans Le Monde,
je demande aux gens en colère de passer leurs nerfs sur internet
plutôt que sur les voitures de leurs voisins”, écrit
un internaute. D’autres posts plus virulents, appelant à
des rendez-vous pour en découdre avec la police, ont entraîné
la fermeture de plusieurs blogs hébergés par Skyblog,
qui gère près de deux millions de ces éphémères
mini-sites, pour la plupart initiés par des adolescents.
D’autres innovations technologiques sont utilisées pour
satisfaire la soif d’_expression ambiante. Alex Chan, alias
Koulamata, un habitant de La Courneuve, a ainsi défrayé
la chronique en réalisant en quelques jours un film d’animation
en 3 D intitulé The French democracy, à partir du jeu
vidéo The Movies. Mis en ligne le 22 novembre, il aurait déjà
été vu par plus d’un million de personnes, à
en croire la presse internationale qui s’enthousiasme pour cette
première expérience politique du genre. “Les jeunes,
dit Alex Chan, ont grandi avec ce mode de représentation que
sont les jeux vidéo. Les machinimas (contraction de machine
et animation), en reprenant un mode de communication qui leur est
familier, peuvent les atteindre différemment des médias
habituels… Ce qui apporte une tout autre crédibilité,
certes subjective, mais qui peut provenir de n’importe quel
citoyen”. Le film, qui est dédié “à
Zyed, Bouna et à toute la jeunesse en colère du monde”,
raconte le “trip bad boys” d’un jeune précaire,
d’un diplômé et d’un dealer, excédés
par leur situation sociale, les contrôles d’identité
et les violences policières, ainsi que par les politiciens
menteurs paradant à la télévision avec leur lot
de propos racistes sur le regroupement familial, la polygamie, etc.
Ces trois personnages très ethnicisés (la gamme de choix
offerts par le jeu n’incluant pas d’Arabes, l’auteur
a dû choisir le Noir le plus clair de teint pour jouer “Momo
le relou”), pianotent frénétiquement sur leur
clavier pour appeller à l’affrontement. “Sans pitié”.
“Un jour nous serons en mesure d’être entendus !”
plastronne un des personnages, filmé en plan serré sur
les yeux à la façon d’un western de Sergio Leone.
“Un jeune lambda peut se faire entendre très loin sans
le cocktail Molotov ni le bulletin de vote”, conclut Alex Chan.
(Le Parisien, 21 décembre 2005). Un clin d’œil goguenard
à la campagne civique lancée par les “grands frères”,
Jamel Debbouze, Joey Starr et autres médiateurs ? Qui sait
? Il n’empêche. Leur appel à s’inscrire sur
les listes électorales a été entendu, à
Clichy et ailleurs. En cette fin d’année, les jeunes
se bousculent devant les bureaux d’inscription en mairie. La
conscientisation, dont parle le rappeur Joey Starr en butant sur le
mot, passe aussi par là.
«Je connais mieux ce qui se passe en
banlieue que Thuram» : un “entretien musclé”
de Sarközy avec Libération
par Thomas LEBEGUE, Dominique SIMONNOT et Patricia TOURANCHEAU,
Au terme d'une année mouvementée qui le voit caricaturé
en Le Pen sur les murs de Paris, Nicolas Sarközy s'explique dans
Libération. Entretien musclé.
Que pensez-vous de l'affiche d'Act Up sur les murs de Paris qui reproduit
une photo de vous avec le slogan «Votez Le Pen» ?
Cette affiche est directement inspirée des méthodes
du Front national. Cela porte un nom : l'amalgame. On ne dénonce
pas l'extrémisme en étant soi-même extrémiste
et en cédant à la pratique systématique de l'amalgame.
Voilà ce que je dis aux dirigeants d'Act Up.
Donc l'extrémiste, c'est vous ?
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je ne pense pas que l'on
ait le droit de s'opposer avec des méthodes pareilles. Pour
ma part, je ne me mets pas dans le camp des extrêmes. Jamais
personne ne m'y a mis, d'ailleurs.
Est-ce que vous n'avez pas parfois honte de votre manière de
réagir aux événements sans aucun recul, et parfois
sans beaucoup de réflexion ?
Est-ce une question ou une déclaration militante ? Venant d'un
journal dont le manque de recul est une caractéristique, je
pourrais prendre votre question comme un hommage ! Pour le reste,
je suis un républicain scrupuleux, sans doute moins sectaire
que vous.
Vous êtes ministre, pas journaliste...
Le fait d'être ministre ne vous disqualifie pas en tant qu'être
humain. Comment pouvez-vous dire une chose aussi outrancière
? Alors que j'ai été le ministre de l'Intérieur
qui a connu vingt-cinq nuits d'émeutes et que, à la
différence de tous les pays qui ont connu ça, il n'y
a eu ni morts ni blessés graves. Et que tout le monde, y compris
votre journal, a noté la maîtrise des forces de l'ordre.
Je ne crois pas qu'on puisse croire que les forces de l'ordre aient
pu être maîtrisées par un ministre qui ne serait
pas maître de lui-même. Il y aurait contradiction. Depuis
quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de
cas, étaient en opposition frontale avec les thèses
du Front national. Le FN, par exemple, se bat sur le thème
de l'immigration zéro. Je n'ai jamais défendu cette
thèse. J'ai défendu les quotas d'immigrés, c'est-à-dire
une immigration positive. Je suis l'homme politique en France qui
s'est le plus battu pour la discrimination positive. C'est une idée
nouvelle qui est exactement le contraire de l'idéologie véhiculée
non seulement par l'extrême droite, mais aussi par une partie
de la droite. Troisièmement, j'ai écrit dès 2001,
dans mon livre Libre, que j'étais favorable au vote des étrangers
aux municipales. Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen soit d'accord
pour donner le droit de vote aux immigrés. Quatrième
élément : j'ai été celui qui a porté
la question de l'islam en France. J'ai dit que l'islam était
une grande religion de France, qu'elle devait être représentée
dans le cadre des institutions de la République, et que, si
les musulmans pratiquants n'étaient pas au-dessus des lois,
ils n'étaient pas non plus au-dessous. J'ai d'ailleurs été
attaqué violemment sur ce sujet par Villiers et Le Pen. Cinquième
élément: je suis le ministre de l'Intérieur qui
a fait voter la suppression de la double peine à l'unanimité.
Sixième élément : pour les lycéens dont
les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde
d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire ; sur
toutes ces questions, j'ai exprimé un diagnostic et une vision
de notre société. Et vous osez dire que je devrais avoir
honte ? C'est vous qui devriez avoir honte de poser une question aussi
contraire à l'objectivité la plus élémentaire.
Tout cela, personne ne vous le conteste. Mais quand vous parlez de
«racaille» en vous rendant à Argenteuil, n'est-ce
pas une réaction qui manque de recul ?
L'émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann
a démontré les choses. Quand j'arrive à Argenteuil,
c'est une personne qui me dit depuis le premier étage, une
personne maghrébine par ailleurs : «M. Sarközy,
débarrassez-nous de ces racailles, on n'en peut plus, on a
peur.» Et je réponds : «Oui, madame, faites-moi
confiance, on va vous débarrasser de ces racailles»,
visant les gens qui lançaient des tessons de bouteille et autres
projectiles. Je ne vois rien qui soit si peu que ce soit antirépublicain
dans ce que j'ai fait durant ces trois semaines de violences, ni durant
mes trente ans de vie politique.
Vous parlez de la pratique de l'amalgame par les extrêmes. Justement,
beaucoup de gens ont eu l'impression que la réponse du gouvernement
à la crise des banlieues s'est faite sur la stigmatisation
des étrangers. Durcissement des règles du regroupement
familial, des mariages mixtes, du droit d'asile, dénonciation
de la polygamie.
Cela ne relève-t-il pas aussi de l'amalgame ?
Ce dont vous parlez, ce sont des déclarations qui, en ce qui
me concerne, ont été faites bien avant les événements
de banlieue. En aucun cas après. Je n'ai par ailleurs jamais
parlé de la polygamie dans le cadre de ces événements.
Je ne suis pas de ceux qui font le moindre amalgame entre les étrangers
et les émeutes. Sur la question de l'expulsion des étrangers
pris en flagrant délit de violences urbaines, ce n'est pas
moi qui ai inventé la loi qui le permet. Et mon devoir c'est
d'appliquer la loi.
Sur l'expulsion des étrangers, justement, est-ce que vous ne
remettez pas en selle la double peine ?
Au contraire. J'ai fait voter la suppression de la double peine :
700 étrangers y ont échappé depuis. En l'occurrence,
ce ne serait pas la double peine, mais ce serait la peine unique !
Soyons précis. Mais pourquoi ai-je évoqué à
l'Assemblée nationale ma volonté d'appliquer la loi
? C'était pour mettre en garde les ressortissants étrangers
contre une participation aux émeutes.
Sachant que très peu d'étrangers sont finalement concernés
par cette menace, sur des centaines de personnes ayant participé
à ces violences, n'est-ce pas une pratique de l'amalgame ?
Quand j'ai dit que je demanderais l'expulsion des imams qui font des
prêches violents - depuis le 1er janvier, on en a expulsé
21 ou 22 -, cela ne veut pas dire que tous les imams font des prêches
violents. De la même façon que le mot «racaille»
ne visait pas tous les habitants de banlieue, mais seulement les voyous.
Quand on a fait des sondages pour voir comment les habitants des banlieues
avaient perçu ma manière de gérer la crise, ils
pensaient exactement la même chose que moi. On a le droit de
dire que la polygamie est interdite en France sans stigmatiser les
étrangers. Votre comportement est un comportement d'ayatollah.
Je parle de cette pensée unique qui conduit un certain nombre
de gens à l'exaspération. Mais le débat, ce n'est
pas cela. Vous, vous pouvez vous complaire dans des alliances avec
le Parti communiste, avec l'extrême gauche, donner la parole
à tous les extrémistes de la création. Ça,
c'est bien, puisque c'est la pensée unique ! On ne peut plus
rien dire dans notre pays sans qu'immédiatement on soit accusé
d'arrière-pensées nauséabondes ! C'est la pensée
unique qui est intolérable. Et je pense que c'est vous qui
êtes coupés des réalités et de l'aspiration
des gens. En interdisant aux républicains de parler librement,
vous faites en vérité le lit du Front national.
On ne vous interdit pas de parler, vous avez sans arrêt la parole...
Vous êtes sectaires ! C'est d'ailleurs une partie de vos problèmes
que ce décalage total entre le côté systématique
de votre pensée et l'aspiration du plus grand nombre. Si j'ai
des bons sondages, si les gens se reconnaissent dans la façon
dont j'ai géré les banlieues, ce serait donc parce que
le peuple est stupide ? Vous, vous avez toujours raison et c'est le
peuple qui se trompe ? C'est formidable : ou bien les Français
ne me suivent pas, et dans ce cas-là j'ai tort, ou bien ils
me suivent, et dans ce cas-là ce sont les Français qui
ont tort. Mais vous, vous avez toujours raison. C'est exceptionnel
! Vous ne doutez donc jamais ?
Et ne faites-vous pas un amalgame quand vous annoncez, dès
le début des événements en banlieue, qu'il s'agit
de bandes qui manipulent, alors que par la suite le rapport des RG
va dire le contraire ?
Je confirme les chiffres : 70 % des gens qui ont été
arrêtés avaient un passé délictuel. La
preuve : comment voulez-vous qu'il y ait eu 800 condamnations à
de la prison ferme s'il s'était agi de primodélinquants
? Les deux tiers des émeutiers étaient des multiréitérants
(connus de la police, ndlr). La preuve, c'est qu'on ne va pas en prison
quand on incendie une voiture pour la première fois ou qu'on
jette des pierres sur les forces de l'ordre.
Les chiffres de la justice disent le contraire...
Les deux tiers des personnes interpellées étaient connues
des services de police. Ce n'est pas parce qu'une personne n'est pas
condamnée qu'elle n'a pas commis d'infraction.
Le Pen vous décerne des brevets de bonne pratique, et Lilian
Thuram déclare : «Le discours de Sarközy est dangereux,
car il réveille le racisme latent qui sommeille chez les gens.»
Cela ne vous trouble pas ?
Arrêtez de citer Le Pen comme référence unique.
Et vous, vous n'êtes pas troublés d'avoir dénoncé
pendant vingt-cinq ans une réalité que vous n'avez cessé
d'exalter et d'exciter ?
Vous parlez de Lilian Thuram ?
Non, de vous, Libération ! Quant à Thuram, je le plains
de pouvoir être si caricatural. C'est un grand footballeur,
ce n'est pas encore un maître à penser... Est-ce que
vous n'êtes pas troublés que ces véhémentes
dénonciations du FN n'ont abouti qu'à une seule chose
: à enfler le phénomène du FN ? Est-ce que vous
n'êtes pas troublés que la pensée unique dont
vous êtes vous, comme d'autres, les porteurs, n'a conduit qu'à
pousser à la désespérance un certain nombre de
gens qui n'ont rien à voir avec le FN ? Est-ce que vous expliquez
comment l'extrême droite a pu passer de 3 % au début
des années 80 à 25 % sous François Mitterrand
? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il convient que, les uns et les
autres, on se remette en question dans notre façon de parler,
de faire de la politique et de répondre aux angoisses des gens
? Ces questions, est-ce que vous ne vous les posez pas ? Est-ce que
vous ne pensez pas, vous, qui perdez des lecteurs, qu'il y a un décalage
entre la réalité et ce que vous écrivez ? Car
qui sont les électeurs du FN ? Il y a sans doute une petite
partie d'authentiques fascistes ou racistes, mais l'immense majorité,
ce sont des gens qui poussent un cri d'appel au secours. Ils ont peur,
ils se sentent abandonnés. Parce que nous, journalistes et
politiques, nous leur donnons le sentiment de ne pas parler pour eux.
Le fait que je sois entendu de tous ces gens devrait plutôt
vous réjouir. On n'a pas le droit de considérer que
les 20 % de gens qui ont voté pour Le Pen sont à tout
jamais perdus pour la République.
Donc, vous pensez être un rempart essentiel contre la montée
du FN ?
Exactement. Quant à monsieur Thuram, s'il pensait que j'étais
si proche du FN, il ne serait pas venu discuter avec moi pendant une
heure.
A sa sortie, il a quand même déclaré que votre
discours réveillait le racisme latent qui sommeille chez les
gens.
Monsieur Thuram, ça fait bien longtemps qu'il n'a pas été
dans les banlieues. Il vit en Italie, avec un salaire qui le regarde.
Permettez-moi de vous dire que je considère que je connais
un peu mieux ce qui se passe dans les banlieues françaises
que Lilian Thuram, qui a certainement une vision nostalgique de ce
qui se passait dans les banlieues à l'époque où
il s'y trouvait.
Vous dites la même chose de Jamel Debbouze ou de Joey Starr,
ces stars issues de l'immigration qui invitent aujourd'hui les jeunes
à voter en 2007 ?
Je ne peux que me réjouir qu'ils appellent les jeunes à
voter, car voter c'est participer à la vie de notre pays. Je
suis moi-même allé plus de 40 fois dans les quartiers
difficiles en tant que ministre de l'Intérieur, justement pour
faire en sorte que ces quartiers soient mieux intégrés
à la vie de notre pays. Mais je ne reconnais aucun titre à
Joey Starr, compte tenu de son passé, ni à Jamel Debbouze
de me donner des leçons de droits de l'homme ou de respect
des autres. Nous pouvons comparer nos bilans.
Vous pouvez donc nous annoncer que le score de Le Pen sera en très
nette baisse en 2007 ?
Je ne sais pas, je ne lis pas dans le marc de café. Ce que
je peux dire, c'est que, sur les dix élections législatives
partielles et les quelque 200 cantonales partielles, le FN a perdu
en moyenne entre 30 et 40 % de ses suffrages.
Que répondez-vous à l'évêque d'Arras qui
se plaint des poursuites contre les associations qui aident les migrants
à Sangatte ?
Ecoutez, dans le Calaisis, il y avait 3 000 personnes dans un hangar.
Peu de ministres sont allés autant que moi dans le Calaisis.
On ne peut pas dire que je ne m'en suis pas occupé. J'ai fermé
Sangatte, j'ai divisé par dix le nombre de migrants, j'ai multiplié
par deux le nombre de places dans les centres d'hébergement.
N'oubliez pas que les migrants du Calaisis ne souhaitent pas rester
chez nous. Ils ne demandent pas l'asile. Ils veulent aller au Royaume-Uni.
C'est vrai que j'ai aussi augmenté le nombre de places de rétention
pour les reconduire dans leur pays.
Quelle horreur ! Et que pensez-vous des déclarations du commissaire
aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, à propos du dépôt
des étrangers de Paris : «De ma vie, sauf peut-être
en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là»
?
Je l'ai reçu.
Mais qu'avez-vous fait pour le centre ?
Des travaux de construction d'un nouveau centre sont engagés.
L'actuel sera fermé avant l'été.
Vous n'avez pas sanctionné les propos homophobes du député
UMP Christian Vanneste. Est-ce une position tolérée
au sein de votre parti ?
Ces propos, je les ai dénoncés fermement en conférence
de presse. J'ai trente ans de vie politique derrière moi. On
ne peut me reprocher aucune déclaration qui ne soit pas conforme
aux valeurs de la République. C'est moi le premier qui ai regretté
l'attitude de la droite face au Pacs et qui ai fait voter un statut
fiscal pour les pacsés.
Mais ce député, comme un autre qui a proposé
de déchoir les émeutiers de leur nationalité,
reste dans votre parti...
Oui, bien sûr, et alors ? A l'UMP, c'est comme à Libération,
il n'y a pas de ligne obligatoire.
Donc, il n'y a pas de ligne à l'UMP ?
Il y a une ligne à l'UMP pour les principaux sujets. Pour le
reste, je peux défendre le droit de vote pour les immigrés
sans être majoritaire. C'est même ce que Libération
avait retenu en titrant : «Sarközy giflé par les
siens».
Vous n'êtes toujours pas favorable à ce qu'on revienne
sur la loi qui demande aux manuels scolaires de reconnaître
le «rôle positif» de la colonisation ?
Je suis favorable à ce qu'on trouve une solution pour sortir
de cette crise, car l'émotion créée dans les
départements d'outre-mer est réelle. Je ne suis pas
pour autant favorable à un exercice de repentance systématique.
Je crois qu'il faut expliquer que l'article 4 ne s'adressait pas aux
départements d'outre-mer, au sens où on les entend aujourd'hui,
mais s'adressait à la France d'outre-mer (l'ensemble de l'ancien
empire colonial, ndlr). Une nouvelle rédaction pourrait lever
les malentendus sur ce point. Nous pouvons par ailleurs être
fiers qu'en 2001 l'Assemblée nationale ait qualifié
l'esclavage de crime contre l'humanité. Quant à la date
de commémoration de l'abolition de l'esclavage, j'ai eu l'occasion
d'évoquer celle du 10 mai. D'autres pensent que celle du 23
mai pourrait aussi être envisagée. Le débat est
ouvert. Je suis attentif et prêt à me rallier à
la date qui fera le plus consensus.
Vous ne craignez pas d'avoir les jeunes contre vous en 2007 ?
Les jeunes ont deux aspirations : trouver un travail et réussir
leur vie. Ils veulent que la France change à l'unisson du monde
qui bouge. Je veux porter une énergie nouvelle au service de
ce changement. Nombreux sont les jeunes qui l'ont compris et nous
rejoignent. Si j'en juge par l'accueil qu'ils ont réservé
aux stars du show biz, ils ne sont pas décidés à
être récupérés. Ils veulent qu'on les respecte.
C'est très exactement ce que je veux faire.
Vous pensez comme Eric Raoult que Clichy-sous-Bois «fait honte
à notre pays» ?
Non.
Votre image s'est droitisée alors qu'un candidat à la
présidentielle doit rassembler. Cela vous rend pessimiste pour
la suite ?
Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français
de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail,
du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité
soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends.
Elles sont celles de tous les Français.
Le soldat Arno Klarsfeld mobilisé par
Sarközy
L’avocat Arno Klarsfeld, fils de Serge et beate Klarsfeld, est
réserviste des garde-franitères israéliens, dans
lesquels il a fait récemment son service militaire. Sarközy
vient de faire appel à lui pour mener un «travail approfondi
sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire». «Avocat
de la mémoire et de la vérité», écrit
le ministre de l'Intérieur dans sa lettre de mission, Arno
Klarsfeld, engagé comme son père dans l'association
des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF),
devra se prononcer sur la fameuse loi du 23 février 2005 qui
demande aux manuels scolaires de reconnaître «le rôle
positif» de la colonisation. C’est sûr, Klarsfeld
est un véritablke expert de la colonisation.
Eh bien, qu’ils la mangent entre eux,
leur soupe de porc !
Une soupe populaire avec du porc servie aux SDF de Nice par une association
d'extrême droite provoque l'émoi du milieu caritatif
local, qui dénonce une initiative "discriminatoire",
tandis que les pouvoirs publics se disent pour l'instant impuissants.
Depuis trois semaines, chaque mercredi soir, devant l'église
Lympia sur le port, une dizaine de militants de l'association Soulidarietà,
proche du groupuscule nationaliste Bloc identitaire, distribue aux
sans-abri une soupe incorporant du porc, excluant de fait ceux de
confession musulmane ou juive.
"Nous tenons à incorporer du lard dans cette soupe populaire
parce que nous vivons en France, pays dans lequel le cochon a toujours
tenu une place prépondérante dans l'alimentation traditionnelle
de ses habitants", explique un tract diffusé par l'association,
qui a installé sa camionnette juste à côté
d'une soupe diocésaine.
Pour le Dr Noël Ayrault, adjoint au maire de Nice chargé
de la santé et de l'action humanitaire, la mairie est impuissante:
"Ils ont des comportements discriminatoires et provocateurs mais
on attend qu'il y ait une infraction", explique-t-il. Il reconnaît
pourtant que l'association n'a pas déposé de demande
d'autorisation administrative.
"J'ai dialogué avec eux pour leur dire qu'on doit aider
toute personne indigente, quelle que soit sa race ou sa religion",
ajoute-t-il.
Pour Bruno Dubouloz, président d'Intersecours Nice, qui regroupe
une quarantaine d'associations d'entraide, il s'agit là d'un
tri xénophobe inacceptable.
"Comme il y a discrimination et que cela se passe sur un espace
public, nous avons saisi l'Etat et la ville de Nice. Il leur appartient
de réagir", a-t-il affirmé.
Mais, comme la mairie, la préfecture des Alpes-Maritimes dit
ne rien pouvoir faire: "Aucune loi n'interdit de distribuer de
l'aide alimentaire aux gens dans le besoin. Nous sommes conscients
que la soupe exclut des malheureux pour leur religion. Mais tant qu'il
n'y a pas d'obligation pour les SDF de la prendre ni de trouble à
l'ordre public, nous ne pouvons pas intervenir", indique-t-on
au cabinet du préfet.
"Nous sommes extrêmement vigilants", ajoute-t-on cependant.
"Il y a des rondes régulières de la police. Au
moindre trouble, nous interviendrions".
Chaque mercredi soir, un cordon de policiers sépare la camionnette
de la "soupe au lard" de celles des autres organisations
caritatives et de quelques manifestants de gauche situés sur
la chaussée d'en face.
"Nous essayons de faire barrage en essayant de distribuer à
tout le monde une soupe +universelle+. Les forces de l'ordre sont
présentes, sinon ça dégénèrerait
certainement", raconte Marilyne Trabucatti, directrice du Secours
Populaire de Nice.
Les "identitaires" n'en sont pas à leur coup d'essai.
La préfecture de Paris, sur demande du conseil municipal de
la capitale, avait interdit en janvier une distribution de "soupe
au lard", au motif que le Bloc identitaire ne disposait pas d'autorisation
administrative.
Noël Ayrault affirme avoir proposé à la préfecture
de porter plainte pour "incitation à la haine raciale"
à partir du tract diffusé par l'association Soulidarietà.
Intitulé "Soupe du Port-Soupe au Porc", on peut notamment
y lire que si les SDF européens ne vont plus dans les centres
d'hébergement, c'est parce qu'ils y subissent "la haine,
la violence et le raket (sic) des immigrés!".
Source : AFP, 21 décembre 2005
« Si Sarközy passe, je me casse
! » : la petite phrase de Yannick Noah qui n’a pas plu
à Paris Match
L'hebdomadaire Paris Match (groupe Hachette Filipacchi Médias/Lagardère)
a coupé une phrase d'une interview de Yannick Noah contre le
ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarközy, affirme Le Canard
enchaîné dans son édition à paraître
mercredi. Dans une interview réalisée avec une journaliste
de Paris Match, Yannick Noah, évoquant la récente crise
des banlieues, a expliqué qu'il avait été victime
de contrôles à plusieurs reprises et lui a dit : "Une
chose est sûre : si jamais Sarközy passe, je me casse !",
ajoute Le Canard. Selon l'hebdomadaire satirique, la journaliste qui
l'interroge, lui fait valoir qu'"à quelques mois des élections,
vous êtes conscient que les politiques vont essayer de vous
récupérer". L'ancien tennisman a répondu,
toujours selon Le Canard : "personne ne peut me récupérer".
Le 15 décembre, Paris Match a publié l'interview de
Yannick Noah avec en Une "Noah. Mes quatre vérités
à la France", sans mention de la phrase rapportée
par Le Canard. Selon l'hebdomadaire satirique, le directeur de la
rédaction de Paris Match, Alain Genestar, au moment du bouclage
du journal, "a pris l'initiative de couper le paragraphe, un
tantinet polémique", "pour ne pas risquer un nouveau
clash avec le ministre de l'Intérieur". M. Genestar, joint
par l'AFP, n'a souhaité faire aucune déclaration. Yannick
Noah est pour sa part en vacances jusque début janvier et injoignable,
selon son entourage. La "une" de Paris Match du 25 août
montrant Cécilia Sarközy avec un homme présenté
comme son compagnon, aurait mécontenté Nicolas Sarközy,
par ailleurs ami proche d'Arnaud Lagardère, selon Le Canard
Enchaîné. La rumeur d'un départ de M. Genestar
avait alors couru à plusieurs reprises après cette "une".
Interrogée par l'AFP, Catherine Schwaab, présidente
de la Société des Journalistes de Paris Match, affirme
: "On approuve l'interview telle qu'elle est sortie. On ne considère
pas cela comme une censure, mais comme un comportement responsable.
On est désireux de maintenir un climat apaisé et ne
pas jouer la provocation".
Source : AFP, 21 décembre 2005
Une mère condamnée pour l'absentéisme
de son fils au collège
Une femme de 39 ans, a été condamnée mardi à
quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de
Blois pour s'être soustraite à son obligation légale
de veiller à l'éducation de son fils, âgé
de 12 ans, qui ne fréquentait pratiquement plus le collège.
La mère qui ne s'est pas déplacée mardi au
tribunal, "un signe révélateur de sa négligence"
selon le ministère public, s'est vue également infliger
une mise à l'épreuve de 18 mois. Tout a commencé
par deux signalements de l'inspection académique du Loir-et-Cher
en février et mars. L'adolescent apparaissait de façon
épisodique au collège.
Entendue en février par les policiers, la mère a expliqué
que "son fils rencontrait des problèmes psychologiques
depuis le suicide de son père en 2002". Les responsables
du collège ont essayé d'entrer en contacts avec la mère,
sans résultat.
La substitut du procureur, Delphine Amacher, a souligné "les
difficultés familiales indéniables" mais a ensuite
"déploré la démission de la mère
qui au lieu d'agir dans l'intérêt de son fils n'a rien
fait pour lui apporter un cadre stabilisant qui lui aurait permis
de faire face à ses problèmes". Elle avait requis
quatre mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve
de 18 mois. Source : AFP, 20 décembre 2005
Gilles Munier : « Le Juge Courroye a
refusé de réduire le montant de ma caution.. »
L'appel lancé par le Comité de soutien à Gilles
Munier comptait 93 signatures au 20 décembre. Le montant recueilli
pour permettre aux Amitiés franco irakiennes et à son
secrétaire général de poursuivre leurs activités
est de 2836 Euros.
5000 euros tous les mois jusqu'en août
Le Juge Philippe Courroye a refusé le 7 décembre d'annuler
ou de réduire les 40 000 euros de caution restant à
verser comme Maître Jacques Vergès le lui demandait.
Il a simplement décidé que les versements s'effectueront
en huit fois jusqu'au 1er août 2006, au lieu de deux versements
mensuels de 20 000 euros.
Les 40 000 euros déjà versés serventŠ à
financer l'enquête du Juge Courroye. Les 40 000 autres sont
réservés à la partie civile qui, à ce
jour, n'existe pas. En effet, on voit mal comment un « gouvernement
» irakien pourrait réclamer des sommes prélevées
sur les bénéfices d'entreprises étrangères,
ou les sociétés pétrolières concernées
se porter partie civile alors qu'on s'apprête à inculper
leur PDG !
En janvier, Gilles Munier pourra verser les 5 000 euros réclamés,
grâce en partie à l'aide financière de son Comité
de soutien, mais il a décidé de faire appel de la décision
du Juge Courroye et a demandé à nouveau une réduction
de sa caution.
Passeport
Jacques Vergès demandera également la levée
de l'interdiction faite à Gilles Munier de sortir du territoire
national. Cette décision l'a empêché de participer
à des conférences internationales pour la paix en Irak
organisées à Bruxelles et à Londres, et il a
les plus grandes difficultés à mener à bien l'opération
humanitaire « 1 écolier irakien = 1 cartable »
qui nécessite des déplacements à Damas. La poursuite
des activités du « Cercle d'Etudes Géopolitiques
Proche-Orient », constitué pour mettre en garde l'opinion
publique contre le plan américain « Grand Moyen-Orient
» s'avère problématique.
Conférence de presse
Une conférence de presse s'est tenue le 15 décembre
à l'AGECA, à Paris, avec Maïtre Vergès.
Quelques journalistes avaient fait le déplacement dans le 11ème
arrondissement, mais curieusement les correspondants de la presse
arabe étaient absents. Plusieurs membres du Comité de
soutien étaient là, parmi lesquels Monseigneur Jacques
Gaillot, l'Amiral Michel Debray et le Colonel Alain Corvez.
Source : Comité de soutien à Gilles Munier, AFI-Flash
n°53, 21 décembre 2005
RAPPEL
Suite à l'inculpation de Gilles Munier pour violation de l'embargo
imposé à l'Irak, un Comité de soutien s'est constitué,
début novembre 2005 pour lui permettre, ainsi qu'aux Amitiés
franco-irakiennes, de poursuivre leurs activités. Il a lancé
un appel à tous ceux qui en France, en Europe, dans les pays
arabes et dans le monde, militent pour la justice et soutiennent la
résistance du peuple irakien. Il leur demande de faire de son
procès celui de l'embargo, celui de l'illégale guerre
« préventive » contre l'Irak, et celui du dangereux
projet américain de « Grand Moyen-Orient ».
COMITE DE SOUTIEN A GILLES MUNIER
- J'apporte mon soutien à Gilles Munier pour faire de son
procès celui de l'embargo et de l'agression contre l'Irak
Nom : Prénom :
Fonction (facultatif) :
Adresse : Courriel :
Date et signature :
- Pour permettre aux Amitiés franco-irakiennes et à
Gilles Munier de poursuivre leurs activités, je verse la somme
de (facultatif) :
(chèque à l'ordre de : AFI Comité de
soutien G. Munier)
Courriel : soutien-gmunier@maktoob.com - Fax : 02 23 20 96 58 - Site
AFI : http://www.iraqtual.com
Adresse provisoire : AFI, c/o Gilles Munier, 7 rue de Sarzeau, 35700
Rennes France
Tel : 06 19 74 45 99 - gilmun@club-internet.fr