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France - Intifada française

Dieudonné candidat !


L'humoriste Dieudonné a annoncé jeudi soir son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Dieudonné a fait cette annonce sur la scène du Zénith, devant une salle bondée, surtout de jeunes, qu’il a qualifiés de “boît de crayons de couleur” à la fin d'une représentation exceptionnelle de son spectacle intitulé "1905" et dédié à la laïcité.
"Dieudonné avait laissé entendre que la politique, c'était fini pour lui et avait mesuré les blocages institutionnels à une _expression citoyenne. C'était sans compter sur le black-out médiatique total qui le frappe depuis deux ans, l'empêchant à la fois d'exprimer son point de vue politique de citoyen et d'humoriste militant pour rire des choses graves", indiquait dans la nuit de jeudi à vendredi le site Internet Les Utopistes-Les Ogres (Ouvertures Géographique Religieuse Ethnique Sociale) "qui assure la défense de Dieudonné".
Dieudonné avait déjà été candidat en 2002 "pour relever le malaise face au manque de crédit de la classe politique française". Il s'était rapidement retiré de la course, n’ayant pas pu obtenir les 500 parrainages d'élus locaux indispensables pour valider une candidature. Il se heurtera au même problème cette fois-ci.

> Dieudonné dans « 1905 » le 28 décembre à Lille
En cette année anniversaire du centenaire de la loi de la séparation des Eglises et de l’Etat, Dieudonné nous revient avec un tout nouveau spectacle sur la laïcité. Sujet qu’il décortique avec humour et intelligence.
Mercredi 28 décembre 2005 à 20h30 , Théâtre Sébastopol - Lille . Prix public : 33 € . Renseignements : Vérone Productions 03.20.33.17.34


Quand les banlieues s’embrasent

par Mogniss H. Abdallah, Agence IM'média, 22/12/2005. Source : www.alterites.com

L’éruption de violence après la mort le 27 octobre 2005 de Zyed et Bouna, les deux jeunes de Clichy-sous-Bois électrocutés dans un transformateur EDF en fuyant un contrôle de police, et sa diffusion à travers le pays trois semaines durant, a provoqué stupeur et incompréhension. L’absence de revendications précises a alimenté rumeurs et interprétations, parmi lesquelles celles d’une manipulation par les islamistes ou par les caïds de l’économie souterraine. Mais les médias - et les Renseignements généraux - découvriront petit à petit des très jeunes, entre 14 et 22 ans, la plupart sans casier judiciaire, en révolte contre leur situation sociale. Tout en leur donnant la parole, avec ou sans commentaire, presse et télévision s’interrogent sur leurs propres responsabilités, pour éviter un nouvel emballement médiatico-politique dans une situation à l’issue incertaine.


Comprendre avant tout pourquoi

Soudainement redevenue un enjeu politique national majeur, la “crise des banlieues” occupe le devant de la scène médiatique avec une telle inflation verbale que cela donne le tournis. Mais comme la nature a horreur du vide, et qu’il faut avant tout rassurer une population inquiète voire apeurée, et se rassurer soi-même, on cherche de tous côtés des explications, y compris aux exactions les plus graves. Cela au risque de prendre à rebrousse-poil la tentation sécuritaire de l’opinion publique. “Moi, c’est le destin de la femme brûlée vive à Sevran et celui de l’homme battu à mort à Epinay qui m’indigne !” s’énerve un lecteur du journal Le Monde, cité dans la chronique du médiateur du journal, malicieusement titrée : Mohamed Tadjer, chevalier du Mérite. Il s’agit du conducteur de bus blessé en portant secours à une quinquagénaire handicapée, gravement blessée au cours de l’attaque du bus de Sevran. Une manière aussi de refuser d’accentuer la fracture entre une France blanche et un en-dehors absolu et barbare.


Les médias en quête d’interlocuteurs pour un regard “de l’intérieur”

Les acteurs associatifs et les médiateurs de terrain, habituels interlocuteurs des médias pour raconter la situation en banlieue, ont été eux aussi désarçonnés par l’ampleur de la colère des gamins. Si certains ont regretté d’emblée leur absence d’organisation politique, d’autres n’ont pas tenu à parler à leur place. Dès les premiers jours des émeutes, des journalistes ont donc tendu le micro directement aux jeunes. Edouard Zambeaux, qui tient la chronique “Périphéries” le dimanche sur France Inter, a choisi de donner la parole sans faire de commentaire, et préconise de continuer cette pratique, même quand il ne se passe plus rien de spectaculaire. Un peu sur le mode de “Cité dans le texte”, la chronique de Libération, qui chaque mardi depuis près d’un an a restitué le portrait des habitants d’une cité à Grigny. Actualité oblige, les reporters ont essayé de comprendre pourquoi les jeunes brûlaient avec une telle hargne destructrice les voitures de leurs voisins de quartier, les écoles de leurs petits frères et sœurs, les équipements collectifs dans lesquels eux-mêmes parfois s’entraînaient, etc. Et c’est presque avec soulagement que journalistes et téléspectateurs ont vu et entendu au journal télévisé de France 2, un jeune expliquer que si des locaux industriels d’Aulnay ont été incendiés, c’est parce que les entreprises visées n’embauchaient personne des quartiers environnants. Quelle que soit la réalité de cette auto-justification devant une caméra de télévision, elle rompait enfin avec l’absence de sens ou de toute forme de discours audible de la part des émeutiers. Elle paressait crédible. D’autres explications embryonnaires se sont petit à petit fait entendre. L’école n’a jamais servi à rien, “c’est pour ça qu’on les brûle”, lance un autre jeune à l’intention de journalistes du Monde qui ont choisi l’immersion :“une nuit avec des émeutiers qui ont la rage”. Sous la carapace de guerriers “barbares”, transparaissent par moments des êtres fragiles, humains : “Tu sais, quand on brandit un cocktail Molotov, on dit au secours. On n’a pas les mots pour exprimer ce qu’on ressent ; on sait juste parler en mettant le feu”. Vulnérabilité surfaite ? Peut-être. Cependant, la posture guerrière reprend le dessus dès qu’ils évoquent le nom du ministre de l’Intérieur. “Puisqu’on est des racailles, on va lui donner de quoi nettoyer au Kärcher à ce raciste. Les mots blessent plus que les coups”(Le Monde, 8 novembre 2005). “Il faut que Sarkozy s’excuse ou démissionne”, répètent Christophe, 22 ans, étudiant, Ludwel, 19 ans, et Warren, 18 ans, en BTS à Aulnay sous-Bois, ou encore un gamin de 13 ans, dans Libération du 5-6 novembre, qui titre en Une : Mots de ghetto : des jeunes des cités racontent les raisons de leur colère, le chômage, les cités délabrées, les contrôles de police. Et leur haine de Sarkozy.


Une révolte “ethnico-religieuse” ?

“La justification est venue des médias et des commentateurs, faisant dire à ces événements ce qu’ils ne disaient pas par eux-mêmes”, considère Robert Redeker dans Le Figaro (28 novembre 2005). Rédacteur pour la revue Les Temps Modernes, il critique le “sous-titrage” par lequel les médias ont accompagné les forfaits des émeutiers, et cette manière “ventriloquée” de parler à leur place pour mieux mettre en avant une réponse en termes sociaux plutôt que culturels. Or, d’après lui, “ce n’est pas la pauvreté, c’est-à-dire une situation sociale, qui engendre la violence anomique et insensée, mais le nihilisme, c’est-à-dire une construction culturelle”. Le très médiatique Alain Finkielkraut, qui a fait scandale en dénonçant dans le quotidien israélien Haaretz une “révolte ethnico-religieuse” animée par des “adolescents ennemis de notre monde”, s’en prend lui aussi “à un discours convenu qui réduit les événements actuels aux seules questions d’inégalité et de discriminations”, et déplore que dans une France divisée entre compréhension et indignation, “le parti de la compréhension est celui qu’on entend le plus. Certains vont jusqu’à célébrer la multitude insurgée”. (Le Monde, 27-28 novembre 2005)


Eviter l’emballement médiatique par un traitement plus équilibré de l’information

En fait d’empathie, les médias et en particulier les télévisions françaises, ont dans l’ensemble montré plus de retenue que lors d’émeutes précédentes, dans les années 80 ou 90. Rien à voir avec la couverture sensationnaliste des chaînes étrangères qui, à l’instar de CNN, présentent une France apocalyptique tout entière en feu. Certes, les formules à l’emporte-pièce n’ont pas manqué, qualifiant par exemple les violences de “guérilla urbaine”, et la fascination pour les images de voitures en feu a fonctionné à plein, bien au-delà du devoir d’informer. Mais un réel souci d’éviter la reproduction d’emballements médiatiques antérieurs a cette fois prévalu. La campagne sécuritaire de 2002 et l’affaire du RER D ont fait réfléchir. Cette fois-ci, les médias ont pris des précautions, avec le souci de ne pas relayer exclusivement et à l’aveuglette la seule version officielle des événements. Ainsi, le cambriolage imaginaire, initialement invoqué pour expliquer la présence policière à Clichy-sous-Bois, a été rapidement démenti. Les témoignages filmés des jeunes, affirmant qu’ils étaient bel et bien poursuivis, malgré les dénégations policières, ont été présentés comme crédibles. On ne peut affirmer que la confiance soit pour autant restaurée entre les jeunes et la télévision, mais il n’en demeure pas moins qu’ils espèrent désormais pouvoir faire passer leur version des faits. Dans cette optique, France 3 a diffusé un entretien poignant avec Muhittin, le troisième jeune homme grièvement blessé dans le transformateur EDF de Clichy, lors de sa sortie d’hôpital à la mi-décembre. Il y répète avoir été coursé par la police, qu’ils avaient peur, et c’est au bord des larmes qu’il soupire : “Personne nous croit”.
Les rédactions de télévision ont aussi été conscientes d’une volonté d’instrumentalisation de part et d’autre, d’où une vigilance accrue, et une sorte de positionnement dans l’entre-deux. Pour autant, le cordon ombilical n’est pas coupé avec les plus hautes autorités de l’Etat, qui réquisitionnent la petite lucarne pour leurs discours solennels à la nation. C’est donc devant plus de 13 millions de téléspectateurs que le Premier ministre a annoncé l’instauration de l’état d’urgence, en vertu d’une loi du 3 avril 1955 imaginée pour d’autres “événements”, la guerre d’Algérie. Ces discours sont parfois l’occasion d’une mise en situation originale : en contrepoint de l’intervention de Jacques Chirac le 14 novembre, des jeunes de Clichy ont été filmés écoutant attentivement le chef de l’Etat. Pas toujours d’accord, ils applaudissent pourtant lorsqu’il insiste sur le “respect” dû à “toutes les filles et fils de la République”.


La “Télé Sarkozy”, une réputation à toute épreuve

En revanche, France 2 a bien du mal à dissiper sa réputation de “Télé Sarkozy”, et l’affaire de la “bavure” policière de La Courneuve n’a pas arrangé les choses. En effet, il aura fallu le feu vert de Sarkozy lui-même pour que la chaîne diffuse le 10 novembre des images, tournées trois jours plus tôt, d’un jeune tabassé à terre par un policier sous le regard impassible de ses collègues. La scène sera diffusée dans le cadre de l’émission “A vous de juger”, dont l’invité n’est autre que le ministre de l’Intérieur, annonçant aussitôt avoir suspendu les fonctionnaires fautifs, dont un sera même placé en garde à vue prolongée. Sur le site internet de France 2, les journaux télévisés contenant ces images seront supprimés. La directrice de l’info, Arlette Chabot, assume : “Nous ne voulons pas que ces images tournent en boucle et soient utilisées n’importe comment, au risque d’envenimer les choses”. (Le Canard enchaîné, 16 novembre 2005). Davantage exposée pour justifier sa conception du traitement de la “crise des banlieues”, Arlette Chabot ne fait pas mystère des consignes très strictes à ses journalistes, qui ont essuyé des jets de boules de pétanque et ont vu une de leurs voitures brûler : rester derrière la police, ne pas s’éloigner. France 2 a aussi décidé de ne pas diffuser les images amateurs proposées par les jeunes ou les habitants. Ces images, qui se multiplient grâce aux petites caméras et même aux nouveaux téléphones portables, constituent pourtant elles aussi une source d’information, aussi “manipulée” soit-elle. On a ainsi pu voir la panique qui s’est emparée des fidèles à l’intérieur de la mosquée de Clichy lors d’un lancer de lacrymogène à proximité. Dans une édition spéciale du magazine 90 minutes sur Canal Plus, on a pu voir des policiers tirer au flash-ball dans le dos des habitants de Clichy qui visiblement ne faisaient rien de répréhensible. Le caméraman, filmant à partir de son immeuble, s’écrie : “Arrête de tirer, t’es filmé, là ! Ils ont rien fait, ils sont innocents”. S’ensuit un brouhaha, et un dernier cri : “Je suis pour la justice !”. Les projecteurs de la police balaient la façade pour le repérer ou l’aveugler. Fin de la séquence.


Des blogs aux jeux vidéo. De nouveaux médias dédiés “à toute la jeunesse en colère du monde”

Qu’à cela ne tienne, jeunes et habitants utiliseront d’autres biais pour se passer l’info. De nombreux blogs internet ont fait leur apparition dès le lendemain de la mort de Zyed et Bouna, d’abord pour leur rendre hommage. “Rien que pour ne plus voir sa tronche d’Iznogoud, allusion au personnage de Sarkozy caricaturé par le dessinateur Plantu dans Le Monde, je demande aux gens en colère de passer leurs nerfs sur internet plutôt que sur les voitures de leurs voisins”, écrit un internaute. D’autres posts plus virulents, appelant à des rendez-vous pour en découdre avec la police, ont entraîné la fermeture de plusieurs blogs hébergés par Skyblog, qui gère près de deux millions de ces éphémères mini-sites, pour la plupart initiés par des adolescents.
D’autres innovations technologiques sont utilisées pour satisfaire la soif d’_expression ambiante. Alex Chan, alias Koulamata, un habitant de La Courneuve, a ainsi défrayé la chronique en réalisant en quelques jours un film d’animation en 3 D intitulé The French democracy, à partir du jeu vidéo The Movies. Mis en ligne le 22 novembre, il aurait déjà été vu par plus d’un million de personnes, à en croire la presse internationale qui s’enthousiasme pour cette première expérience politique du genre. “Les jeunes, dit Alex Chan, ont grandi avec ce mode de représentation que sont les jeux vidéo. Les machinimas (contraction de machine et animation), en reprenant un mode de communication qui leur est familier, peuvent les atteindre différemment des médias habituels… Ce qui apporte une tout autre crédibilité, certes subjective, mais qui peut provenir de n’importe quel citoyen”. Le film, qui est dédié “à Zyed, Bouna et à toute la jeunesse en colère du monde”, raconte le “trip bad boys” d’un jeune précaire, d’un diplômé et d’un dealer, excédés par leur situation sociale, les contrôles d’identité et les violences policières, ainsi que par les politiciens menteurs paradant à la télévision avec leur lot de propos racistes sur le regroupement familial, la polygamie, etc. Ces trois personnages très ethnicisés (la gamme de choix offerts par le jeu n’incluant pas d’Arabes, l’auteur a dû choisir le Noir le plus clair de teint pour jouer “Momo le relou”), pianotent frénétiquement sur leur clavier pour appeller à l’affrontement. “Sans pitié”. “Un jour nous serons en mesure d’être entendus !” plastronne un des personnages, filmé en plan serré sur les yeux à la façon d’un western de Sergio Leone.
“Un jeune lambda peut se faire entendre très loin sans le cocktail Molotov ni le bulletin de vote”, conclut Alex Chan. (Le Parisien, 21 décembre 2005). Un clin d’œil goguenard à la campagne civique lancée par les “grands frères”, Jamel Debbouze, Joey Starr et autres médiateurs ? Qui sait ? Il n’empêche. Leur appel à s’inscrire sur les listes électorales a été entendu, à Clichy et ailleurs. En cette fin d’année, les jeunes se bousculent devant les bureaux d’inscription en mairie. La conscientisation, dont parle le rappeur Joey Starr en butant sur le mot, passe aussi par là.

«Je connais mieux ce qui se passe en banlieue que Thuram» : un “entretien musclé” de Sarközy avec Libération


par Thomas LEBEGUE, Dominique SIMONNOT et Patricia TOURANCHEAU,
Au terme d'une année mouvementée qui le voit caricaturé en Le Pen sur les murs de Paris, Nicolas Sarközy s'explique dans Libération. Entretien musclé.

Que pensez-vous de l'affiche d'Act Up sur les murs de Paris qui reproduit une photo de vous avec le slogan «Votez Le Pen» ?


Cette affiche est directement inspirée des méthodes du Front national. Cela porte un nom : l'amalgame. On ne dénonce pas l'extrémisme en étant soi-même extrémiste et en cédant à la pratique systématique de l'amalgame. Voilà ce que je dis aux dirigeants d'Act Up.


Donc l'extrémiste, c'est vous ?


Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je ne pense pas que l'on ait le droit de s'opposer avec des méthodes pareilles. Pour ma part, je ne me mets pas dans le camp des extrêmes. Jamais personne ne m'y a mis, d'ailleurs.


Est-ce que vous n'avez pas parfois honte de votre manière de réagir aux événements sans aucun recul, et parfois sans beaucoup de réflexion ?


Est-ce une question ou une déclaration militante ? Venant d'un journal dont le manque de recul est une caractéristique, je pourrais prendre votre question comme un hommage ! Pour le reste, je suis un républicain scrupuleux, sans doute moins sectaire que vous.


Vous êtes ministre, pas journaliste...


Le fait d'être ministre ne vous disqualifie pas en tant qu'être humain. Comment pouvez-vous dire une chose aussi outrancière ? Alors que j'ai été le ministre de l'Intérieur qui a connu vingt-cinq nuits d'émeutes et que, à la différence de tous les pays qui ont connu ça, il n'y a eu ni morts ni blessés graves. Et que tout le monde, y compris votre journal, a noté la maîtrise des forces de l'ordre. Je ne crois pas qu'on puisse croire que les forces de l'ordre aient pu être maîtrisées par un ministre qui ne serait pas maître de lui-même. Il y aurait contradiction. Depuis quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de cas, étaient en opposition frontale avec les thèses du Front national. Le FN, par exemple, se bat sur le thème de l'immigration zéro. Je n'ai jamais défendu cette thèse. J'ai défendu les quotas d'immigrés, c'est-à-dire une immigration positive. Je suis l'homme politique en France qui s'est le plus battu pour la discrimination positive. C'est une idée nouvelle qui est exactement le contraire de l'idéologie véhiculée non seulement par l'extrême droite, mais aussi par une partie de la droite. Troisièmement, j'ai écrit dès 2001, dans mon livre Libre, que j'étais favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen soit d'accord pour donner le droit de vote aux immigrés. Quatrième élément : j'ai été celui qui a porté la question de l'islam en France. J'ai dit que l'islam était une grande religion de France, qu'elle devait être représentée dans le cadre des institutions de la République, et que, si les musulmans pratiquants n'étaient pas au-dessus des lois, ils n'étaient pas non plus au-dessous. J'ai d'ailleurs été attaqué violemment sur ce sujet par Villiers et Le Pen. Cinquième élément: je suis le ministre de l'Intérieur qui a fait voter la suppression de la double peine à l'unanimité. Sixième élément : pour les lycéens dont les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire ; sur toutes ces questions, j'ai exprimé un diagnostic et une vision de notre société. Et vous osez dire que je devrais avoir honte ? C'est vous qui devriez avoir honte de poser une question aussi contraire à l'objectivité la plus élémentaire.

Tout cela, personne ne vous le conteste. Mais quand vous parlez de «racaille» en vous rendant à Argenteuil, n'est-ce pas une réaction qui manque de recul ?

L'émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann a démontré les choses. Quand j'arrive à Argenteuil, c'est une personne qui me dit depuis le premier étage, une personne maghrébine par ailleurs : «M. Sarközy, débarrassez-nous de ces racailles, on n'en peut plus, on a peur.» Et je réponds : «Oui, madame, faites-moi confiance, on va vous débarrasser de ces racailles», visant les gens qui lançaient des tessons de bouteille et autres projectiles. Je ne vois rien qui soit si peu que ce soit antirépublicain dans ce que j'ai fait durant ces trois semaines de violences, ni durant mes trente ans de vie politique.


Vous parlez de la pratique de l'amalgame par les extrêmes. Justement, beaucoup de gens ont eu l'impression que la réponse du gouvernement à la crise des banlieues s'est faite sur la stigmatisation des étrangers. Durcissement des règles du regroupement familial, des mariages mixtes, du droit d'asile, dénonciation de la polygamie.

Cela ne relève-t-il pas aussi de l'amalgame ?


Ce dont vous parlez, ce sont des déclarations qui, en ce qui me concerne, ont été faites bien avant les événements de banlieue. En aucun cas après. Je n'ai par ailleurs jamais parlé de la polygamie dans le cadre de ces événements. Je ne suis pas de ceux qui font le moindre amalgame entre les étrangers et les émeutes. Sur la question de l'expulsion des étrangers pris en flagrant délit de violences urbaines, ce n'est pas moi qui ai inventé la loi qui le permet. Et mon devoir c'est d'appliquer la loi.


Sur l'expulsion des étrangers, justement, est-ce que vous ne remettez pas en selle la double peine ?


Au contraire. J'ai fait voter la suppression de la double peine : 700 étrangers y ont échappé depuis. En l'occurrence, ce ne serait pas la double peine, mais ce serait la peine unique ! Soyons précis. Mais pourquoi ai-je évoqué à l'Assemblée nationale ma volonté d'appliquer la loi ? C'était pour mettre en garde les ressortissants étrangers contre une participation aux émeutes.


Sachant que très peu d'étrangers sont finalement concernés par cette menace, sur des centaines de personnes ayant participé à ces violences, n'est-ce pas une pratique de l'amalgame ?


Quand j'ai dit que je demanderais l'expulsion des imams qui font des prêches violents - depuis le 1er janvier, on en a expulsé 21 ou 22 -, cela ne veut pas dire que tous les imams font des prêches violents. De la même façon que le mot «racaille» ne visait pas tous les habitants de banlieue, mais seulement les voyous. Quand on a fait des sondages pour voir comment les habitants des banlieues avaient perçu ma manière de gérer la crise, ils pensaient exactement la même chose que moi. On a le droit de dire que la polygamie est interdite en France sans stigmatiser les étrangers. Votre comportement est un comportement d'ayatollah. Je parle de cette pensée unique qui conduit un certain nombre de gens à l'exaspération. Mais le débat, ce n'est pas cela. Vous, vous pouvez vous complaire dans des alliances avec le Parti communiste, avec l'extrême gauche, donner la parole à tous les extrémistes de la création. Ça, c'est bien, puisque c'est la pensée unique ! On ne peut plus rien dire dans notre pays sans qu'immédiatement on soit accusé d'arrière-pensées nauséabondes ! C'est la pensée unique qui est intolérable. Et je pense que c'est vous qui êtes coupés des réalités et de l'aspiration des gens. En interdisant aux républicains de parler librement, vous faites en vérité le lit du Front national.


On ne vous interdit pas de parler, vous avez sans arrêt la parole...


Vous êtes sectaires ! C'est d'ailleurs une partie de vos problèmes que ce décalage total entre le côté systématique de votre pensée et l'aspiration du plus grand nombre. Si j'ai des bons sondages, si les gens se reconnaissent dans la façon dont j'ai géré les banlieues, ce serait donc parce que le peuple est stupide ? Vous, vous avez toujours raison et c'est le peuple qui se trompe ? C'est formidable : ou bien les Français ne me suivent pas, et dans ce cas-là j'ai tort, ou bien ils me suivent, et dans ce cas-là ce sont les Français qui ont tort. Mais vous, vous avez toujours raison. C'est exceptionnel ! Vous ne doutez donc jamais ?


Et ne faites-vous pas un amalgame quand vous annoncez, dès le début des événements en banlieue, qu'il s'agit de bandes qui manipulent, alors que par la suite le rapport des RG va dire le contraire ?


Je confirme les chiffres : 70 % des gens qui ont été arrêtés avaient un passé délictuel. La preuve : comment voulez-vous qu'il y ait eu 800 condamnations à de la prison ferme s'il s'était agi de primodélinquants ? Les deux tiers des émeutiers étaient des multiréitérants (connus de la police, ndlr). La preuve, c'est qu'on ne va pas en prison quand on incendie une voiture pour la première fois ou qu'on jette des pierres sur les forces de l'ordre.


Les chiffres de la justice disent le contraire...


Les deux tiers des personnes interpellées étaient connues des services de police. Ce n'est pas parce qu'une personne n'est pas condamnée qu'elle n'a pas commis d'infraction.

Le Pen vous décerne des brevets de bonne pratique, et Lilian Thuram déclare : «Le discours de Sarközy est dangereux, car il réveille le racisme latent qui sommeille chez les gens.» Cela ne vous trouble pas ?

Arrêtez de citer Le Pen comme référence unique. Et vous, vous n'êtes pas troublés d'avoir dénoncé pendant vingt-cinq ans une réalité que vous n'avez cessé d'exalter et d'exciter ?

Vous parlez de Lilian Thuram ?

Non, de vous, Libération ! Quant à Thuram, je le plains de pouvoir être si caricatural. C'est un grand footballeur, ce n'est pas encore un maître à penser... Est-ce que vous n'êtes pas troublés que ces véhémentes dénonciations du FN n'ont abouti qu'à une seule chose : à enfler le phénomène du FN ? Est-ce que vous n'êtes pas troublés que la pensée unique dont vous êtes vous, comme d'autres, les porteurs, n'a conduit qu'à pousser à la désespérance un certain nombre de gens qui n'ont rien à voir avec le FN ? Est-ce que vous expliquez comment l'extrême droite a pu passer de 3 % au début des années 80 à 25 % sous François Mitterrand ? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il convient que, les uns et les autres, on se remette en question dans notre façon de parler, de faire de la politique et de répondre aux angoisses des gens ? Ces questions, est-ce que vous ne vous les posez pas ? Est-ce que vous ne pensez pas, vous, qui perdez des lecteurs, qu'il y a un décalage entre la réalité et ce que vous écrivez ? Car qui sont les électeurs du FN ? Il y a sans doute une petite partie d'authentiques fascistes ou racistes, mais l'immense majorité, ce sont des gens qui poussent un cri d'appel au secours. Ils ont peur, ils se sentent abandonnés. Parce que nous, journalistes et politiques, nous leur donnons le sentiment de ne pas parler pour eux. Le fait que je sois entendu de tous ces gens devrait plutôt vous réjouir. On n'a pas le droit de considérer que les 20 % de gens qui ont voté pour Le Pen sont à tout jamais perdus pour la République.


Donc, vous pensez être un rempart essentiel contre la montée du FN ?


Exactement. Quant à monsieur Thuram, s'il pensait que j'étais si proche du FN, il ne serait pas venu discuter avec moi pendant une heure.


A sa sortie, il a quand même déclaré que votre discours réveillait le racisme latent qui sommeille chez les gens.


Monsieur Thuram, ça fait bien longtemps qu'il n'a pas été dans les banlieues. Il vit en Italie, avec un salaire qui le regarde. Permettez-moi de vous dire que je considère que je connais un peu mieux ce qui se passe dans les banlieues françaises que Lilian Thuram, qui a certainement une vision nostalgique de ce qui se passait dans les banlieues à l'époque où il s'y trouvait.


Vous dites la même chose de Jamel Debbouze ou de Joey Starr, ces stars issues de l'immigration qui invitent aujourd'hui les jeunes à voter en 2007 ?


Je ne peux que me réjouir qu'ils appellent les jeunes à voter, car voter c'est participer à la vie de notre pays. Je suis moi-même allé plus de 40 fois dans les quartiers difficiles en tant que ministre de l'Intérieur, justement pour faire en sorte que ces quartiers soient mieux intégrés à la vie de notre pays. Mais je ne reconnais aucun titre à Joey Starr, compte tenu de son passé, ni à Jamel Debbouze de me donner des leçons de droits de l'homme ou de respect des autres. Nous pouvons comparer nos bilans.


Vous pouvez donc nous annoncer que le score de Le Pen sera en très nette baisse en 2007 ?


Je ne sais pas, je ne lis pas dans le marc de café. Ce que je peux dire, c'est que, sur les dix élections législatives partielles et les quelque 200 cantonales partielles, le FN a perdu en moyenne entre 30 et 40 % de ses suffrages.


Que répondez-vous à l'évêque d'Arras qui se plaint des poursuites contre les associations qui aident les migrants à Sangatte ?


Ecoutez, dans le Calaisis, il y avait 3 000 personnes dans un hangar. Peu de ministres sont allés autant que moi dans le Calaisis. On ne peut pas dire que je ne m'en suis pas occupé. J'ai fermé Sangatte, j'ai divisé par dix le nombre de migrants, j'ai multiplié par deux le nombre de places dans les centres d'hébergement. N'oubliez pas que les migrants du Calaisis ne souhaitent pas rester chez nous. Ils ne demandent pas l'asile. Ils veulent aller au Royaume-Uni. C'est vrai que j'ai aussi augmenté le nombre de places de rétention pour les reconduire dans leur pays.

Quelle horreur ! Et que pensez-vous des déclarations du commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, à propos du dépôt des étrangers de Paris : «De ma vie, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là» ?

Je l'ai reçu.


Mais qu'avez-vous fait pour le centre ?


Des travaux de construction d'un nouveau centre sont engagés. L'actuel sera fermé avant l'été.


Vous n'avez pas sanctionné les propos homophobes du député UMP Christian Vanneste. Est-ce une position tolérée au sein de votre parti ?


Ces propos, je les ai dénoncés fermement en conférence de presse. J'ai trente ans de vie politique derrière moi. On ne peut me reprocher aucune déclaration qui ne soit pas conforme aux valeurs de la République. C'est moi le premier qui ai regretté l'attitude de la droite face au Pacs et qui ai fait voter un statut fiscal pour les pacsés.


Mais ce député, comme un autre qui a proposé de déchoir les émeutiers de leur nationalité, reste dans votre parti...


Oui, bien sûr, et alors ? A l'UMP, c'est comme à Libération, il n'y a pas de ligne obligatoire.


Donc, il n'y a pas de ligne à l'UMP ?


Il y a une ligne à l'UMP pour les principaux sujets. Pour le reste, je peux défendre le droit de vote pour les immigrés sans être majoritaire. C'est même ce que Libération avait retenu en titrant : «Sarközy giflé par les siens».

Vous n'êtes toujours pas favorable à ce qu'on revienne sur la loi qui demande aux manuels scolaires de reconnaître le «rôle positif» de la colonisation ?

Je suis favorable à ce qu'on trouve une solution pour sortir de cette crise, car l'émotion créée dans les départements d'outre-mer est réelle. Je ne suis pas pour autant favorable à un exercice de repentance systématique. Je crois qu'il faut expliquer que l'article 4 ne s'adressait pas aux départements d'outre-mer, au sens où on les entend aujourd'hui, mais s'adressait à la France d'outre-mer (l'ensemble de l'ancien empire colonial, ndlr). Une nouvelle rédaction pourrait lever les malentendus sur ce point. Nous pouvons par ailleurs être fiers qu'en 2001 l'Assemblée nationale ait qualifié l'esclavage de crime contre l'humanité. Quant à la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage, j'ai eu l'occasion d'évoquer celle du 10 mai. D'autres pensent que celle du 23 mai pourrait aussi être envisagée. Le débat est ouvert. Je suis attentif et prêt à me rallier à la date qui fera le plus consensus.


Vous ne craignez pas d'avoir les jeunes contre vous en 2007 ?


Les jeunes ont deux aspirations : trouver un travail et réussir leur vie. Ils veulent que la France change à l'unisson du monde qui bouge. Je veux porter une énergie nouvelle au service de ce changement. Nombreux sont les jeunes qui l'ont compris et nous rejoignent. Si j'en juge par l'accueil qu'ils ont réservé aux stars du show biz, ils ne sont pas décidés à être récupérés. Ils veulent qu'on les respecte. C'est très exactement ce que je veux faire.

Vous pensez comme Eric Raoult que Clichy-sous-Bois «fait honte à notre pays» ?

Non.


Votre image s'est droitisée alors qu'un candidat à la présidentielle doit rassembler. Cela vous rend pessimiste pour la suite ?


Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail, du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends. Elles sont celles de tous les Français.

Le soldat Arno Klarsfeld mobilisé par Sarközy


L’avocat Arno Klarsfeld, fils de Serge et beate Klarsfeld, est réserviste des garde-franitères israéliens, dans lesquels il a fait récemment son service militaire. Sarközy vient de faire appel à lui pour mener un «travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire». «Avocat de la mémoire et de la vérité», écrit le ministre de l'Intérieur dans sa lettre de mission, Arno Klarsfeld, engagé comme son père dans l'association des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), devra se prononcer sur la fameuse loi du 23 février 2005 qui demande aux manuels scolaires de reconnaître «le rôle positif» de la colonisation. C’est sûr, Klarsfeld est un véritablke expert de la colonisation.

Eh bien, qu’ils la mangent entre eux, leur soupe de porc !


Une soupe populaire avec du porc servie aux SDF de Nice par une association d'extrême droite provoque l'émoi du milieu caritatif local, qui dénonce une initiative "discriminatoire", tandis que les pouvoirs publics se disent pour l'instant impuissants.
Depuis trois semaines, chaque mercredi soir, devant l'église Lympia sur le port, une dizaine de militants de l'association Soulidarietà, proche du groupuscule nationaliste Bloc identitaire, distribue aux sans-abri une soupe incorporant du porc, excluant de fait ceux de confession musulmane ou juive.
"Nous tenons à incorporer du lard dans cette soupe populaire parce que nous vivons en France, pays dans lequel le cochon a toujours tenu une place prépondérante dans l'alimentation traditionnelle de ses habitants", explique un tract diffusé par l'association, qui a installé sa camionnette juste à côté d'une soupe diocésaine.
Pour le Dr Noël Ayrault, adjoint au maire de Nice chargé de la santé et de l'action humanitaire, la mairie est impuissante: "Ils ont des comportements discriminatoires et provocateurs mais on attend qu'il y ait une infraction", explique-t-il. Il reconnaît pourtant que l'association n'a pas déposé de demande d'autorisation administrative.
"J'ai dialogué avec eux pour leur dire qu'on doit aider toute personne indigente, quelle que soit sa race ou sa religion", ajoute-t-il.
Pour Bruno Dubouloz, président d'Intersecours Nice, qui regroupe une quarantaine d'associations d'entraide, il s'agit là d'un tri xénophobe inacceptable.
"Comme il y a discrimination et que cela se passe sur un espace public, nous avons saisi l'Etat et la ville de Nice. Il leur appartient de réagir", a-t-il affirmé.
Mais, comme la mairie, la préfecture des Alpes-Maritimes dit ne rien pouvoir faire: "Aucune loi n'interdit de distribuer de l'aide alimentaire aux gens dans le besoin. Nous sommes conscients que la soupe exclut des malheureux pour leur religion. Mais tant qu'il n'y a pas d'obligation pour les SDF de la prendre ni de trouble à l'ordre public, nous ne pouvons pas intervenir", indique-t-on au cabinet du préfet.
"Nous sommes extrêmement vigilants", ajoute-t-on cependant. "Il y a des rondes régulières de la police. Au moindre trouble, nous interviendrions".
Chaque mercredi soir, un cordon de policiers sépare la camionnette de la "soupe au lard" de celles des autres organisations caritatives et de quelques manifestants de gauche situés sur la chaussée d'en face.
"Nous essayons de faire barrage en essayant de distribuer à tout le monde une soupe +universelle+. Les forces de l'ordre sont présentes, sinon ça dégénèrerait certainement", raconte Marilyne Trabucatti, directrice du Secours Populaire de Nice.
Les "identitaires" n'en sont pas à leur coup d'essai. La préfecture de Paris, sur demande du conseil municipal de la capitale, avait interdit en janvier une distribution de "soupe au lard", au motif que le Bloc identitaire ne disposait pas d'autorisation administrative.
Noël Ayrault affirme avoir proposé à la préfecture de porter plainte pour "incitation à la haine raciale" à partir du tract diffusé par l'association Soulidarietà.
Intitulé "Soupe du Port-Soupe au Porc", on peut notamment y lire que si les SDF européens ne vont plus dans les centres d'hébergement, c'est parce qu'ils y subissent "la haine, la violence et le raket (sic) des immigrés!".
Source : AFP, 21 décembre 2005

 

« Si Sarközy passe, je me casse ! » : la petite phrase de Yannick Noah qui n’a pas plu à Paris Match

L'hebdomadaire Paris Match (groupe Hachette Filipacchi Médias/Lagardère) a coupé une phrase d'une interview de Yannick Noah contre le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarközy, affirme Le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi. Dans une interview réalisée avec une journaliste de Paris Match, Yannick Noah, évoquant la récente crise des banlieues, a expliqué qu'il avait été victime de contrôles à plusieurs reprises et lui a dit : "Une chose est sûre : si jamais Sarközy passe, je me casse !", ajoute Le Canard. Selon l'hebdomadaire satirique, la journaliste qui l'interroge, lui fait valoir qu'"à quelques mois des élections, vous êtes conscient que les politiques vont essayer de vous récupérer". L'ancien tennisman a répondu, toujours selon Le Canard : "personne ne peut me récupérer". Le 15 décembre, Paris Match a publié l'interview de Yannick Noah avec en Une "Noah. Mes quatre vérités à la France", sans mention de la phrase rapportée par Le Canard. Selon l'hebdomadaire satirique, le directeur de la rédaction de Paris Match, Alain Genestar, au moment du bouclage du journal, "a pris l'initiative de couper le paragraphe, un tantinet polémique", "pour ne pas risquer un nouveau clash avec le ministre de l'Intérieur". M. Genestar, joint par l'AFP, n'a souhaité faire aucune déclaration. Yannick Noah est pour sa part en vacances jusque début janvier et injoignable, selon son entourage. La "une" de Paris Match du 25 août montrant Cécilia Sarközy avec un homme présenté comme son compagnon, aurait mécontenté Nicolas Sarközy, par ailleurs ami proche d'Arnaud Lagardère, selon Le Canard Enchaîné. La rumeur d'un départ de M. Genestar avait alors couru à plusieurs reprises après cette "une". Interrogée par l'AFP, Catherine Schwaab, présidente de la Société des Journalistes de Paris Match, affirme : "On approuve l'interview telle qu'elle est sortie. On ne considère pas cela comme une censure, mais comme un comportement responsable. On est désireux de maintenir un climat apaisé et ne pas jouer la provocation".
Source : AFP, 21 décembre 2005

Une mère condamnée pour l'absentéisme de son fils au collège


Une femme de 39 ans, a été condamnée mardi à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Blois pour s'être soustraite à son obligation légale de veiller à l'éducation de son fils, âgé de 12 ans, qui ne fréquentait pratiquement plus le collège.

La mère qui ne s'est pas déplacée mardi au tribunal, "un signe révélateur de sa négligence" selon le ministère public, s'est vue également infliger une mise à l'épreuve de 18 mois. Tout a commencé par deux signalements de l'inspection académique du Loir-et-Cher en février et mars. L'adolescent apparaissait de façon épisodique au collège.

Entendue en février par les policiers, la mère a expliqué que "son fils rencontrait des problèmes psychologiques depuis le suicide de son père en 2002". Les responsables du collège ont essayé d'entrer en contacts avec la mère, sans résultat.

La substitut du procureur, Delphine Amacher, a souligné "les difficultés familiales indéniables" mais a ensuite "déploré la démission de la mère qui au lieu d'agir dans l'intérêt de son fils n'a rien fait pour lui apporter un cadre stabilisant qui lui aurait permis de faire face à ses problèmes". Elle avait requis quatre mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve de 18 mois. Source : AFP, 20 décembre 2005

 

Gilles Munier : « Le Juge Courroye a refusé de réduire le montant de ma caution.. »


L'appel lancé par le Comité de soutien à Gilles Munier comptait 93 signatures au 20 décembre. Le montant recueilli pour permettre aux Amitiés franco irakiennes et à son secrétaire général de poursuivre leurs activités est de 2836 Euros.


5000 euros tous les mois jusqu'en août

Le Juge Philippe Courroye a refusé le 7 décembre d'annuler ou de réduire les 40 000 euros de caution restant à verser comme Maître Jacques Vergès le lui demandait. Il a simplement décidé que les versements s'effectueront en huit fois jusqu'au 1er août 2006, au lieu de deux versements mensuels de 20 000 euros.

Les 40 000 euros déjà versés serventŠ à financer l'enquête du Juge Courroye. Les 40 000 autres sont réservés à la partie civile qui, à ce jour, n'existe pas. En effet, on voit mal comment un « gouvernement » irakien pourrait réclamer des sommes prélevées sur les bénéfices d'entreprises étrangères, ou les sociétés pétrolières concernées se porter partie civile alors qu'on s'apprête à inculper leur PDG !

En janvier, Gilles Munier pourra verser les 5 000 euros réclamés, grâce en partie à l'aide financière de son Comité de soutien, mais il a décidé de faire appel de la décision du Juge Courroye et a demandé à nouveau une réduction de sa caution.

Passeport

Jacques Vergès demandera également la levée de l'interdiction faite à Gilles Munier de sortir du territoire national. Cette décision l'a empêché de participer à des conférences internationales pour la paix en Irak organisées à Bruxelles et à Londres, et il a les plus grandes difficultés à mener à bien l'opération humanitaire « 1 écolier irakien = 1 cartable » qui nécessite des déplacements à Damas. La poursuite des activités du « Cercle d'Etudes Géopolitiques Proche-Orient », constitué pour mettre en garde l'opinion publique contre le plan américain « Grand Moyen-Orient » s'avère problématique.


Conférence de presse

Une conférence de presse s'est tenue le 15 décembre à l'AGECA, à Paris, avec Maïtre Vergès. Quelques journalistes avaient fait le déplacement dans le 11ème arrondissement, mais curieusement les correspondants de la presse arabe étaient absents. Plusieurs membres du Comité de soutien étaient là, parmi lesquels Monseigneur Jacques Gaillot, l'Amiral Michel Debray et le Colonel Alain Corvez.

Source : Comité de soutien à Gilles Munier, AFI-Flash n°53, 21 décembre 2005


RAPPEL

Suite à l'inculpation de Gilles Munier pour violation de l'embargo imposé à l'Irak, un Comité de soutien s'est constitué, début novembre 2005 pour lui permettre, ainsi qu'aux Amitiés franco-irakiennes, de poursuivre leurs activités. Il a lancé un appel à tous ceux qui en France, en Europe, dans les pays arabes et dans le monde, militent pour la justice et soutiennent la résistance du peuple irakien. Il leur demande de faire de son procès celui de l'embargo, celui de l'illégale guerre « préventive » contre l'Irak, et celui du dangereux projet américain de « Grand Moyen-Orient ».

COMITE DE SOUTIEN A GILLES MUNIER

- J'apporte mon soutien à Gilles Munier pour faire de son procès celui de l'embargo et de l'agression contre l'Irak

Nom : Prénom :

Fonction (facultatif) :

Adresse : Courriel :


Date et signature :
- Pour permettre aux Amitiés franco-irakiennes et à Gilles Munier de poursuivre leurs activités, je verse la somme de (facultatif) :

(chèque à l'ordre de : AFI ­ Comité de soutien G. Munier)

Courriel : soutien-gmunier@maktoob.com - Fax : 02 23 20 96 58 - Site AFI : http://www.iraqtual.com
Adresse provisoire : AFI, c/o Gilles Munier, 7 rue de Sarzeau, 35700 Rennes ­ France

Tel : 06 19 74 45 99 - gilmun@club-internet.fr