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France - Intifada française

La future loi sur le droit d'auteur doit instaurer le dépôt légal du Web

par Stéphane Foucart, Le Monde, 16 décembre 2005

Irréaliste à première vue, l'ambition d'archiver la Toile est inscrite dans le projet de loi "Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information" (Dadvsi). Le texte, qui doit être discuté à l'Assemblée mardi 20 et mercredi 21 décembre, dispose que "les signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature faisant l'objet d'une communication publique en ligne" sont soumis au dépôt légal.
Au même titre que les publications imprimées et, depuis 1992, que les logiciels et les flux télévisuels et radiophoniques. L'institution du dépôt légal ‹ qui vise à sauvegarder la mémoire collective ‹ devrait ainsi connaître son évolution la plus importante depuis sa création par François Ier en 1537.
La charge, nouvelle, de préserver ce patrimoine à la fois immatériel et diffus, revient à la Bibliothèque nationale de France (BNF) et à l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Les deux institutions ont donné, mercredi 14 décembre, une conférence de presse exposant leur stratégie, les difficultés techniques et les enjeux liés à l'extension prévue du champ du dépôt légal.
L'INA, explique son président Emmanuel Hoog, "stocke déjà environ 300 000 heures de programmes par an" et "mettra à profit son expérience technologique dans le domaine de l'image et du son pour capter et archiver les contenus audiovisuels diffusés sur Internet". La sauvegarde des sites liés à des émissions de radio ou de télévision sera également du ressort de l'INA.
La BNF se chargera, elle, du reste de la Toile, selon trois modes de collecte. D'une part, le dépôt de site par son éditeur. D'autre part, une collecte massive et automatique des sites du domaine ". fr" sera mise en oeuvre, s'appuyant sur des techniques proches de celles qu'utilisent les moteurs de recherche, via des robots (ou crawlers, en anglais) qui parcourent la Toile et "aspirent" chaque page rencontrée. Enfin, des collectes ciblées, thématiques et événementielles, pourront être menées.
De telles campagnes ont déjà été instaurées à l'initiative de la BNF en 2002 et 2004, à l'occasion d'échéances électorales : les sites menant campagne ont ainsi été enregistrés et archivés.
L'influence de l'Internet dans la circulation des idées est désormais telle, a justifié M. Jeanneney, qu'"on ne pourrait pas comprendre dans dix ans, dans vingt ans, ce qui s'est passé lors du référendum sur la Constitution européenne sans avoir accès à l'ensemble des sites qui ont joué un rôle dans la cristallisation de la décision de la nation".


DE NOUVEAUX OUTILS D'ANALYSE

Les informations à archiver sont considérables. Le simple enregistrement des sites du domaine ". fr", réalisé entre fin décembre 2004 et janvier 2005 ‹ soit 118 millions de fichiers ‹ occupe 3 teraoctets (1 teraoctet vaut environ 1 000 milliards d'octets). Or, en termes d'espace de stockage, le suivi des évolutions de chaque site sera plus gourmand. "Nous sortons du rêve de l'exhaustivité, a ainsi déclaré M. Jeanneney. Il faudra forcément avoir des critères de sélection."
Outre l'accès au contenu des sites ainsi sauvegardés, le dépôt légal ouvre de nouveaux horizons aux chercheurs. "Une nouvelle archivistique est en train de naître, a expliqué Jean-Michel Rodes, directeur de l'Inathèque. L'un de ses enjeux est de pouvoir observer la propagation sur le Web des informations relatives à certains événements comme les récentes émeutes, ou encore l'affaire de l'appartement d'Hervé Gaymard."
Ces archives donneront aux chercheurs en sciences humaines de nouveaux outils d'analyse et de compréhension de phénomènes sociologiques aujourd'hui impossibles à quantifier.

 

Pour l'abrogation immédiate de la loi de la honte


par Collectif Respé ­ dénonciation du colonialisme et le Collectif Martiniquais pour l'abrogation de la loi de la honte , Martinique, 12 décembre 2005
« Que l'on s'y prenne comme on le voudra, on arrive toujours à la même conclusion : Il n'y a pas de colonialisme sans racisme ». Extrait du discours sur le colonialisme. Aimé Césaire.
La mobilisation large, unitaire et déterminée de la Martinique toute entière le 7 décembre 2005 a abouti à l'annulation du voyage du ministre de l'intérieur en Martinique et en Guadeloupe et à la relance salutaire du débat sur la colonisation et ses crimes.
Les Collectifs, réunis le lundi 12 décembre, prennent acte de cette intention du Président de la République et du premier Ministre concernant la loi de la honte du 23 février 2005.
Nous avons été particulièrement attentifs à leurs déclarations qui visent à instaurer le dialogue des mémoires reconnues et respectées , tout en regrettant profondément qu'aucune mention de l'abrogation de l'article de la loi de la honte ne soit clairement énoncée.
Nous notons que des élus, hommes politiques et intellectuels français faisant prétendument « honneur à l'intelligence française », stigmatisent par le mépris, l'insulte et les provocations les composantes minoritaires de la société française, avec des discours de haine et de peurs, faisant fi du poids de cette longue nuit de la colonisation sur la vie des peuples qui en ont été les victimes, en Afrique noire, en Afrique du Nord, à Madagascar, dans l'ancienne l'Indochine ou encore dans la Caraïbe et le Pacifique.
Cette loi de la honte veut inscrire de manière unilatérale, insidieuse et permanente dans la mémoire des générations futures le racisme et l'iniquité comme essence même des valeurs de la République française.
La République, comme la démocratie, se refonde chaque jour par un combat incessant des valeurs de justice et de respect de l'Homme !
A n'en pas douter, ces déchirures identitaires, ravivées par la loi de la Honte, et que la République n'a pas su écouter et comprendre, sont le fruit de sa volonté d'oubli du passé, mais resurgiront sans cesse, tant qu'elles n'auront pas été entendues.
Elle opère un renversement de valeurs et transforme un cortège d'atrocités, d'humiliations, de racisme, en « bienfaits civilisateurs », spoliant de fait toute une partie de la population de ce pays de son humanité et de son identité, replongeant la France dans la nostalgie douteuse d'époques troubles qui charriaient des valeurs tronquées et des idéologies à l'opposé du respect de la dignité humaine.
Cette loi, loin de rassembler les peuples, ravive des souffrances. L'Algérie, qui a payé un lourd tribut à l'idéologie coloniale, s'est indignée légitimement face à cette loi de la Honte.
La Martinique et la Guadeloupe, fidèles aux valeurs universelles des Droits de l'Homme portées de tout temps et exaltées par ses fils (Ignace, Delgrès, Césaire, Fanon..) étaient dans l'obligation morale d'alerter l'opinion française et internationale quant à cette véritable régression que représente la loi du 23 février 2005.
Tant que la loi dont M. Sarkozy s'est montré le fervent supporter ne sera pas abrogée, il ne trouvera en Martinique aucun accueil digne de l'hospitalité légendaire de notre peuple, et ce d'autant qu'en reconnaissant en mai 2001 l'esclavage comme crime contre l'humanité, ce même Parlement institue aujourd'hui un révisionnisme officiel.
« Et je dis, que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie, et que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées on ne saurait réunir une seule valeur humaine... » (Discours sur le colonialisme. Aimé Césaire).
En conséquence :
- Les collectifs exigent l'abrogation immédiate de la loi de la honte du 23 février 2005 .
- Ils demandent au peuple martiniquais de rester mobilisé et uni dans cette bataille pour imposer le respect de la mémoire et de la dignité des peuples ayant subi les exactions de la colonisation.
- Ils s'engagent, pour amplifier la mobilisation, à coordonner leurs efforts avec ceux des peuples de Guadeloupe, de Guyane, de Réunion, de Polynésie, de Kanaky, les organisations de la diaspora en France, les démocrates français et tous ceux des anciennes colonies qui partagent cette démarche.

Banlieues : Chirac insiste sur «le choix des mots»


par Philippe Goulliaud, Le Figaro, 13 décembre 2005

Le président tire les leçons de la crise de novembre et propose une journée du souvenir pour les descendants d'esclaves.

«NOS LECTEURS interpellent le président.» Il y a une semaine, Le Parisien, dans un numéro «spécial banlieue», donnait la parole à 50 habitants de la région parisienne, désireux d'interroger Jacques Chirac sur la crise dans les cités. Ce matin, banco ! Le président de la République, avare d'interviews dans la presse écrite, apporte ses réponses et tire les leçons de ces émeutes. Avec une volonté affichée : apaiser les tensions et renouer le dialogue avec les «filles et fils de la République».
Pas de grandes annonces dans ce catalogue qui permet à Jacques Chirac de remettre en perspective l'action du gouvernement. Et, au passage, de se démarquer, une fois de plus, de Nicolas Sarkozy. En réponse à un jeune homme de Fontenay-sous-Bois qui a dénoncé, dans une pétition, les propos du ministre de l'Intérieur («racailles», «voyous»), le chef de l'Etat fait valoir qu'«en politique, le choix des mots est essentiel». «Quand une personne commet un délit ou un crime, c'est un délinquant ou un criminel. C'est la loi qui le dit. Ce sont ces termes qu'il faut employer», affirme-t-il.


«Ne pas raconter d'histoires aux Français»

Autre thème de désaccord avec le président de l'UMP, le vote des étrangers. Jacques Chirac s'y dit opposé, y compris dans les élections locales. «Le principe, c'est qu'en France, la nationalité et le suffrage sont liés», dit-il, en soulignant que «celui qui le veut peut devenir français».
A contre-courant d'une partie de son camp, Jacques Chirac prend très nettement position pour une application de la loi SRU imposant aux communes 20% de logements sociaux : «On ne peut pas raconter d'histoires aux Français. (...) Cette loi prévoit que si la commune ne fait rien, le préfet peut prendre la main et imposer la construction de logements. J'y veillerai.»Les reconduites à la frontière doivent être «beaucoup plus systématiques», prévient le président, pour qui «on ne peut pas se satisfaire, malgré les progrès récents, de la situation actuelle».Favorable au CV anonyme et à la légalisation du «testing» pour lutter contre le «poison» des discriminations à l'embauche, Jacques Chirac explique par ailleurs qu'il préfère la suspension temporaire des allocations familiales versées aux parents d'enfants délinquants, à leur «suppression pure et simple». Sur fond de polémique sur le passé colonial de la France, le président admet que la question de l'esclavage est vécue «comme une blessure personnelle et identitaire», notamment outre-mer. Il se prononce pour l'instauration d'une «journée du souvenir pour les descendants d'esclaves». Il recevra d'ailleurs prochainement la présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage, l'écrivain Maryse Condé, qui a proposé de faire du 10 mai une «journée des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leur abolition».

Demandons des réparations coloniales !


par Mondher Sfar, colonisé resquilleur ingrat , 10 décembre 2005
La loi coloniale de février 2005, contrairement aux protestations qu'elle a suscitées, me semble avoir été fort bien généreuse. Si elle parle, en effet, de la générosité et des bienfaits de la colonisation, elle ne dit mot des réparations et des dédommagements que l'on est en droit de demander en contre partie de cette générosité.
C'est proprement scandaleux : les morts tombés pour les conquêtes militaires, les budgets de l'armement qui y ont été engloutis, les balles qui ont été tirées contre les 'terroristes' qui ont cherché à s'opposer à cette générosité, les cargaisons entières de d'entraves en fer pour l'esclavage des noirs (le fer ça coûte !), les voies ferrées et routières construites pour acheminer les richesses naturelles, les écoles construites pour que les aborigènes puissent lire convenablement les traités d'asservissement et de 'protection' paternelles généreux, etc. Tout cela a un coût. Et il est tout à fait normal que les bénéficiaires de ces largesses, du moins leurs survivants, mettent la main à la poche et dédommagent les grandes puissances qui leur ont apporté bonheur et prospérité.
Les colonisés croyaient pouvoir nous avoir en douce, sans passer à la caisse, comme de vulgaires voleurs. Heureusement que la loi coloniale est venue nous rappeler que les resquilleurs de la colonisation nous doivent réparation.
C'est pourquoi nous demandons un amendement à la loi coloniale pour exiger des pays bénéficiaires des « bienfaits de la colonisation » d'être au moins reconnaissants pour les sacrifices énormes faits pour leur bien par les généreux colonisateurs.
Sarko-Racaille Ier, appuyé par la société civiles représentée par Finkielkraut, sera l'homme capable d'amender la loi coloniale inique et hypocrite qui méconnaît non seulement que la « France ne peut supporter toute la misère » des pays colonisés, mais qu'elle est en droit d'exiger réparation pour les immenses sacrifices consentis pour cette générosité.

 

Les juges contre l'expulsion d'un émeutier étranger


Le tribunal de Pontoise est opposé au renvoi d'un jeune Mauritanien réclamé par le ministre de l'Intérieur.
par Marie-Christine Tabet, Le Figaro, 8 décembre 2005
«OTHMAN (1) présente un bon profil d'intégration, la commission émet un avis défavorable à son expulsion.» Pendant de longues minutes, Othman et son père sont restés assis sur le banc de la petite salle du tribunal, sans réagir. «Vous pouvez partir, c'est fini maintenant», leur a glissé un avocat qui attendait pour plaider l'affaire suivante. En se prononçant contre l'expulsion du jeune Mauritanien de Saint-Gratien, les trois magistrats de la commission d'expulsion du Val-d'Oise ont pourtant repoussé la perspective d'un départ forcé vers Nouakchott. Un avis qu'il revient maintenant au préfet d'apprécier.
Le jeune homme est le premier des sept étrangers ayant participé aux émeutes de banlieue qui seraient sous le coup d'une expulsion. «Quand on a l'honneur d'avoir un titre de séjour, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on n'a pas à se faire arrêter en train de provoquer des violences urbaines !» avait prévenu Nicolas Sarkozy devant les parlementaires le 10 novembre dernier. Au total, ce sont 130 étrangers qui, selon le ministre, auraient été interpellés pendant les vingt jours de troubles. Parmi eux, le nombre de ceux réellement expulsables se réduit de jour en jour. Début novembre, le ministre annonçait une trentaine de dossiers à l'étude, puis une dizaine. La semaine dernière, il n'en comptait plus que sept.

Le dossier était mince
L'audience qui s'est tenue hier à Pontoise a montré que la menace est difficile à mettre à exécution. Le casier judiciaire de Othman, 21 ans, est vierge. Il fait partie de ces jeunes «connus des services de police», mais inconnu de ceux de la justice. «J'ai fait une connerie en 2004 comme tout le monde dans les cités et je me suis retrouvé en garde à vue. Mais cela a été classé sans suite», expliquait-il hier dans les couloirs du palais. En novembre dernier, Othman a été interpellé dans la rue après une échauffourée entre une bande de jeunes et les forces de l'ordre. Lors de cet affrontement, un policier a été blessé. Othman correspondait au signalement d'un des émeutiers : Noir, environ 1,75 mètre, jeans et pull. «Cette description pourrait être celle de beaucoup de jeunes de banlieue», a relevé avec ironie son avocate, Lucille Besse. Le policier agressé ne l'a pas reconnu. Othman s'est défendu d'avoir participé à la bagarre. Il prétend avoir passé la soirée chez un ami. Le dossier était mince. A tel point qu'à l'issue de sa garde à vue, le procureur de la République avait classé le dossier.
Hier matin, Othman était accompagné de son père, employé de la même entreprise de nettoyage du métro depuis 1974. Arrivé en France en 1968, ce dernier parle très mal le français. «J'ai confiance, a-t-il balbutié devant les journalistes qui le pressaient de questions, la France, c'est bien». A côté de lui, Othman, sans lever les yeux, hausse le ton. «J'ai honte d'être là, j'aurais pas dû, j'ai rien fait. Ils m'ont arrêté parce que je suis noir», s'emporte-t-il, la voix lourde de ressentiment. Othman n'a dit à personne qu'il était convoqué au tribunal. Il demande aux journalistes de ne pas divulguer son identité. La famille a bonne réputation. Ses deux frères aînés sont français. Lui a déposé une demande de naturalisation il y a quatorze mois. Il attend la réponse.

Audience médiatique
Le préfet a «retenu» son dossier car à l'âge de 16 ans il est reparti vivre en Mauritanie pendant plus d'un an. Sans cette absence prolongée, il serait classé dans la catégorie des étrangers impossibles à expulser, car arrivés en France avant l'âge de 13 ans. Othman avait 3 ans lorsqu'il est venu vivre dans le Val-d'Oise avec son père. Ironie du sort. Son père l'a envoyé «au pays» pour l'empêcher de traîner dans la cité avec des bandes. Othman ne voulait plus aller à l'école. «Je voulais lui montrer ce que c'est que la vie en Mauritanie et que la France c'est mieux», raconte le père. La médiatique audience du tribunal n'aura fait qu'un heureux : Mouloud Aounit, le président du Mrap, assurant sa promotion, s'attribuait les lauriers de ce premier revers opposé à Nicolas Sarkozy.
(1) Le prénom a été changé.

 

 

« Une forme d’insurrection non organisée, sans leaders et sans programme »

Les émeutes urbaines en France n'étaient ni manipulées, ni organisées et leur ressort principal était "la condition sociale d'exclus de la société française" de leurs auteurs, analyse un rapport des Renseignement généraux dont fait état le journal le Parisien.

Le rapport confidentiel en date du 23 novembre va notamment à l'encontre de certains propos du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui avait notamment souligné le 3 novembre que les violences urbaines de la nuit précédente n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées".

Selon le quotidien, ce rapport met en lumière l'absence de caïds ou encore d'intégristes manipulant les émeutiers. "La France a connu une forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme", indique le rapport. "Les jeunes des cités étaient habités d'un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d'exclus de la société française", lit-on encore dans les extraits cités par les Parisiens.

"Le ministre de l'Intérieur, conscient de la profondeur de la crise, a décidé de lancer des pistes de réflexion inédites", écrit encore le journal en rapportant qu'il a demandé à la Dater (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) de se pencher sur les éventuelles mesures qui pourraient être prises en matière d'aménagement du territoire. Source : AFP, 7 décembre 2005

 

Un jeune Mauritanien en règle et jamais condamné visé par une procédure d'expulsion

Un Mauritanien de 21 ans visé par une procédure d'expulsion dans le cadre des violences urbaines, alors qu'il est en situation régulière et n'a jamais été condamné par la justice, sera présenté mercredi à trois juges de Pontoise qui rendront un avis consultatif. En France depuis l'âge de 3 ans, il doit comparaître à 09H30 devant la commission d'expulsion du tribunal de grande instance de Pontoise, en présence de son avocate, Me Lucille Besse. Cette procédure d'expulsion est "injuste", a affirmé l'intéressé, qui nie avoir participé aux émeutes. "Ils (ndlr: les policiers) viennent t'attraper dans la rue sans avoir de preuve et ils te mettent des histoires sur le dos. C'est du racisme", a-t-il estimé.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a appelé à une manifestation de soutien devant le tribunal, pendant l'audience. Le jeune homme est visé par une procédure d'expulsion enclenchée par la préfecture du Val d'Oise. D'après la lettre qui lui a été envoyée par l'administration, dont l'AFP a eu connaissance, il se serait rendu coupable de "violences volontaires aggravées sur agent de la force publique", lors des émeutes urbaines.

"Il semblerait qu'il y ait des éléments constatés qui méritent de faire l'objet d'une discussion" devant la commission d'expulsion, a indiqué la préfecture, sans plus de précision. Interpellé une nuit d'émeutes et placé en garde à vue, le jeune Mauritanien avait été relâché sans être poursuivi par la justice, a affirmé son avocate. Son dossier a été "classé sans suite" par le procureur de Pontoise et "son casier judiciaire est vierge", a précisé Me Besse, pour qui la procédure engagée contre le jeune homme est "une décision purement politique", destinée à "faire un exemple". "Si son comportement avait constitué une menace grave à l'ordre publique, il aurait pu être expulsé, a-t-elle ajouté. Mais il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale et on ne peut pas affirmer qu'il a participé aux violences: le dossier est vide".

La commission devant laquelle le jeune homme doit comparaître mercredi, composée de trois juges, rendra un avis purement consultatif sur l'opportunité de son expulsion, la décision finale revenant à la préfecture. Les arrêtés d'expulsion, qui peuvent être pris par le ministre de l'Intérieur ou les préfets, sont susceptibles de recours devant le tribunal administratif, puis le Conseil d'Etat.

Ces recours ne sont pas suspensifs, mais si les expulsions sont annulées, les expulsés peuvent revenir en France, aux frais de l'Etat. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait assuré dimanche que sept procédures d'expulsion d'étrangers ayant participé aux émeutes dans les banlieues étaient "en train d'aboutir".

"Il y a 83 étrangers qui ont été arrêtés sur les 785 personnes déférées et mises en prison (...) Sur les 83, 40 étrangers font objet de protections particulières et sept procédures sont en train d'aboutir", avait-il ajouté. Source : AFP, 6 décembre 2005

 

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