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« Bravo Frêche! Et s'ils te virent, tu sais que tu as toujours une bonne soupe de côté au FN »


Le conseil régional de Languedoc-Roussillon était en pleine discussion sur son budget, mercredi 30 novembre, lorsque Georges Frêche a prisla parole. Le président socialiste de la région a l'habitude de faire connaître ses avis, iconoclastes ou brutaux, sur à peu près tous
les sujets. Cette fois, revenant sur le débat parlementaire de la veille qui avait opposé les socialistes à l'UMP sur "le rôle positif de la colonisation française" (Le Monde des 30 novembre et 1er décembre), M. Frêche a lancé : "Il est juste de reconnaître le rôle positif de la présence française en Algérie." Puis il a développé : "La colonisation, je veux bien qu'on la condamne. Mais on s'acharne sur rien du tout. Si je suis d'accord pour stigmatiser les gros colons, je salue le très bon boulot des instituteurs en Afrique du Nord." Qualifiant de "gugusses du PS qui font une opération politicienne" les parlementaires montés au créneau pour faire abroger l'article de loi, M. Frêche a dû faire face au "grand malaise" de ses amis socialistes. Et a essuyé une bronca des élus communistes et Verts réclamant une suspension de séance.
Profitant de l'interruption, M. Frêche entonna alors à tue-tête, du haut de son perchoir régional, le chant colonial C'est nous les Africains qui revenons de loin, repris en ch¦ur par quelques élus du Front national. A la fin du couplet, le leader régional du FN, Jean-Claude Martinez, applaudit : "Bravo Frêche! Et s'ils te virent, tu sais que tu as toujours une bonne soupe de côté au FN." Au déjeuner, M. Frêche a pris à partie le porte-parole du groupe communiste, Jean-Louis Bousquet : "Tu as eu raison de réagir comme cela. A ta place, j'aurais fait pareil. Mais moi, tu comprends, je ne suis pas à Nantes [comme le président du groupe PS de l'Assemblée nationale, le député et maire Jean-Marc Ayrault], où il n'y a pas l'ombre d'un rapatrié. Ici, à Montpellier, c'est eux qui font les élections."
Source : François Martin-Ruiz, Le Monde, 2 décembre 2005

 

Rachid Ramda est dans une prison française


L'Algérien Rachid Ramda, extradé de Grande-Bretagne vers la France après dix ans de procédure, sera jugé dans les prochains mois dans quatre dossiers relatifs aux attentats de 1995 à Paris revendiqués par des islamistes radicaux, apprend-on de source judiciaire.
Arrivé à l'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis) jeudi soir dans un avion affrété par le gouvernement britannique, il a été emprisonné dans la nuit en région parisienne.
L'homme âgé de 35 ans, grand et corpulent, s'est montré "calme et plutôt poli" avec les magistrats qui lui ont notifié les charges retenues contre lui, a-t-on précisé de même source.
Il ne s'est pas exprimé sur le fond des dossiers.
Il reviendra lundi au palais de justice de Paris pour un débat contradictoire sur son incarcération, dont l'issue est sans suspense.
La loi impose ensuite qu'il soit présenté dans un délai de deux mois devant le tribunal correctionnel de Paris qui doit le juger pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Ce délit est puni d'une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.
Le tribunal aura la possibilité de désigner un de ses membres pour conduire des interrogatoires du prévenu avant le procès proprement dit.
Rachid Ramda devra, par ailleurs, être traduit devant la cour d'assises spéciale de Paris pour son rôle présumé dans les attentats des stations du RER Saint-Michel (huit morts et 150 blessés le 25 juillet 1995), du métro Maison Blanche (18 blessés le 6 octobre 1995) et du RER Musée-d'Orsay (26 blessés le 17 octobre 1995).
Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

LIENS AVEC BEN LADEN ?
Le président de la cour ordonnera sans doute, là encore, un supplément d'information avant l'audience, confié à un juge antiterroriste. La tenue d'une audience avant l'automne 2006 est peu probable, dit-on dans les milieux judiciaires.
La justice française prête à Rachid Ramda un rôle de financier dans la campagne d'attentats à la bombe à Paris, Lille et près de Lyon revendiquée entre juillet et novembre 1995 par le Groupe islamique armé (GIA) algérien.
Lors de son arrestation à Londres en novembre 1995, la police britannique avait retrouvé de nombreux indices, notamment un bordereau de la Western Union avec ses empreintes montrant qu'il avait transmis plusieurs milliers de francs, de l'époque, aux poseurs de bombes.
Rachid Ramda, alias "Abou Fares", animait à Londres le journal Al Ansar, organe officiel du GIA. La justice française aura par ses interrogatoires l'occasion d'examiner l'hypothèse d'un éventuel rôle de la mouvance islamiste internationale dans les attentats de 1995.
Il côtoyait dans le "Londonistan" un proche d'Oussama ben Laden, le prêcheur extrémiste Otman Omar Mamoud, alias Abou Qatada, également impliqué dans les préparatifs des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Djamel Zitouni, chef du GIA à l'époque et instigateur principal des attentats de 1995, est aujourd'hui mort. De même qu'Ali Touchent, dit "Tarek", qui en aurait été le principal organisateur en France.
Boualem Bensaïd, chef opérationnel en France, a été condamné à perpétuité sans jamais avoir admis sa participation, de même que Smaïn Ali Belkacem, poseur de bombes de l'attentat au RER Musée d'Orsay.
Source : Reuters, 2 décembre 2005

Un père d’enfants scolarisés maintenu en rétention : Toulon serait-elle la ville dont le Prince omnipotent est un Préfet ?


par le Réseau Éducation sans frontières, 2 décembre 2005. Site : www.educationsansfrontieres.org. Courriel : educsansfrontieres@free.fr /
Yusuf AKSOY, Kurde de nationalité Turque, est en rétention à Nice depuis le 21 novembre 2005, menacé d’être renvoyé vers la Turquie où il risque d’être à nouveau emprisonné comme il l’a été après une précédente expulsion (en 2004). Il a entamé une grève de la faim le 27 novembre et a décidé le 30 novembre de cesser de boire aussi, ce qui peut avoir des conséquences fatales à très court terme. Il a été transporté de force à l’hôpital le 2 décembre vers 12h.Il y a urgence.
Victime de persécutions en Turquie (sa maison a été incendiée, son père et son frère arrêtés), il est arrivé en France en 1996. Malgré cela, sa demande d’asile a été rejetée. Tous les recours étant épuisés, sa femme, son cousin, sa soeur et lui-même, ont fait une grève de la faim de 45 jours dans une église de Saint-Raphaël pour tenter d’obtenir leur régularisation. En vain : Yusuf Aksoy est expulsé en 2004. En Turquie, il est condamné à 9 ans de prison. Libéré au bout de 7 mois, il revient en France de crainte d’être repris et parce que sa femme et ses enfants y vivent toujours. En septembre 2005, il introduit une nouvelle demande d’asile auprès de l’OFPRA. Mais, sans laisser même le temps à l’OFPRA d’étudier son cas, la préfecture du Var le place une nouvelle fois en rétention.
Depuis lors, la Préfecture du Var fait courir la rumeur selon laquelle Yusuf AKSOY serait un délinquant. Il l’est, en effet : coupable d’avoir voulu nourrir ses enfants sans dépendre des services sociaux et d’avoir travaillé au noir. Il a été condamné à un an prison dont 6 mois fermes (qu’il a fait !) et à 30 000 € d’amende pour ce « crime » ! Qui doit avoir le plus honte dans cette affaire, le « délinquant » ou ceux qui le condamnent à travailler au noir ?
Cette affaire est scandaleusement emblématique. Dans tous ses aspects.
Yusuf Aksoy réside en France depuis plus de 9 ans. Il faut 10 ans de séjour aux sans papiers pour être régularisés. La préfecture du Var s’en moque. Les persécutions dont il est l’objet sont avérées, ne serait-ce que par la peine de prison qu’il a subie suite à son expulsion de 2004. La Préfecture du Var l’ignore. Trois des cinq enfants de M. Aksoy (ceux en âge de l’être), sont scolarisés, Gönül et Sevim au collège de L’Estérel à Saint-Raphaël. L’aînée, Gönül a obtenu un prix d’excellence l’année dernière comme le rappelle le Principal du collège dans son attestation en date du 28 novembre 2005. Evin est en CE2, à l’Ecole primaire Les Eucalyptus.
La reconduite à la frontière du père de ces enfants contreviendrait formellement aux engagements publics pris par le Ministre de l’Intérieur à la fin du mois d’octobre et aux dispositions de sa circulaire du 31 octobre qui suspend explicitement les reconduites de jeunes majeurs scolarisés et de parents d’enfants scolarisés jusqu’à la fin de l’année scolaire 2005-2006. La Préfecture du Var mépriserait-elle les directives ministérielles ? Il faut le croire puisque, alerté par le RESF, le Cabinet du Ministre a pris contact avec le Préfet du Var. Sans résultat : il n’est pas question, pour l’heure, que M. Aksoy soit libéré comme l’ont été les 14 parents d’enfants scolarisés placés en rétention depuis la parution de la circulaire du Ministre, (élargis sur décision des Tribunaux ou après intervention du Cabinet de M. Sarkozy). Toulon serait-elle donc la ville dont le Prince tout puissant est un Préfet ?
Quoi qu’il en soit, ces faits sont inadmissibles. La liberté et peut-être la vie de Yusuf Aksoy sont menacées à court terme. Le RESF appelle les organisations qui le composent et celles qui le soutiennent, tous ceux et toutes celles décidés à ne pas laisser l’arbitraire –fut-il préfectoral- s’établir, enseignants, parents d’élèves, en particulier du département du Var, à protester auprès de la préfecture du Var et à exiger la libération immédiate de ce père d’enfants scolarisés puis le délivrance d’un titre de séjour qui lui permette d’élever et d’éduquer ses enfants dans des conditions dignes sans craindre les persécutions dont il est l’objet dans son pays, ni celles supplémentaires que lui infligent les autorités du département du Var.

Quand Georges Ier, empereur de Septimanie, chante “C’est nous les Africains qui revenons de loin” et traite ses camarades de “gugusses”


Georges Frêche, ancien maire de Montpellier, est le président socialiste du Conseil régional de Languedoc-Roussillon depuis l’année dernière. Ce personnag ubuesque n’en rate pas une. Il a dépensé des dizaines dede millions d’Euro pour une campagne visant à rebaptiser le Languedoc-Roussillon “Septimanie”, le nom de la province romaine dans l’Antiquité, avant de laisser tomber ce projet, notamment devant l’émoi suscité chez les Catalans par le projet. Geoges Frêche, qui a toujours su caresser l’électorat pied-noir et harki dans le sens du poil, vient de déclencher un nouveau mini-scandale.


L'article 4 de la loi du 23 février 2005 impose aux programmes
scolaires de reconnaître "le rôle positif de la présence
française outre-mer et notamment en Afrique du Nord": la
proposition de son abrogation par les socialistes, soutenus
par les communistes, a été repoussée mardi par la majorité UMP
à l'Assemblée nationale, après un débat houleux.
Lors d'une séance consacrée au débat d'orientation budgétaire
au Conseil régional, M. Frêche, revenant sur ce débat, a
qualifié les parlementaires de son parti de "gugusses du PS
qui font une opération politicienne", avant de souligner "le
rôle positif" de la France dans ses colonies.
Les Verts et les communistes ont alors demandé une suspension
de séance, qu'ils ont obtenue, ainsi que le respect de l'ordre
du jour.
Pendant l'interruption de séance, puis après la reprise des
débats, M. Frêche a entonné le chant colonial "C'est nous les
Africains qui revenons de loin". Le leader du Front national,
Jean-Claude Martinez, lui a alors proposé une déclaration
commune sur la vision de la présence française en Algérie.
"Prétendre que le colonialisme et ses atrocités auraient
permis le développement et la modernisation de ces pays est
une insulte au regard de la réalité de ce qui s'est achevé
dans le sang et les drames", a déclaré jeudi le comité
régional du PCF dans un communiqué.
Le PCF s'insurge en outre contre la création d'un musée sur la
présence française en Algérie, soutenue par M. Frêche.
"Il ne saurait être question pour nous d'accepter qu'une telle
réalisation mette en valeur sous quelle forme que ce soit le
colonialisme", ajoute le PCF, demandant qu'"un groupe
d'historiens français et algériens soit constitué pour faire
des propositions sur le contenu de ce musée".
La LCR, qualifiant les propos de Frêche de "grand dérapage", a
appelé de son côté dans un communiqué à l'"abandon" de ce projet.
Source : AFP, 1er décembre 2005