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France

Dalil Boubakeur satisfait d’un projet de mémorial musulman près de Verdun

Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'est réjoui mardi à Verdun de la construction prochaine, sur la nécropole nationale de Douaumont (Meuse), d'un mémorial en hommage aux soldats nord-africains ayant combattu dans l'armée française enrre 1914 et 1918.

Ce mémorial d'une centaine de mètres carrés, "couvert et ouvert, propre à la réflexion" a dit M. Boubakeur, sera bâti dans le carré musulman de la nécropole qui abrite 592 tombes de soldats algériens, marocains et tunisiens tombés lors de la bataille de Verdun.

Le recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a tenu remercier Jacques Chirac d'avoir donné son accord pour la construction du mémorial dont l'inauguration est prévue en juin 2006 lors des cérémonies qui marqueront le 90ème anniversaire de la bataille de Verdun (février-novembre 1916).

Il s'est toutefois dit "frustré de ne pas voir à côté des grandes stèles commémoratives de Douaumont, quelque chose qui symbolise l'engagement, l'amour pour la France d'un grand nombre d'entre nous". Quelque 28.200 musulmans sont morts et 7.100 ont disparu dans la bataille de Verdun, la plus effroyable de la Première guerre mondiale, qui a duré pendant dix mois et a coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de combattants de toutes nationalités.

Sur la nécropole nationale de Douaumont, près de Verdun, reposent 15.000 soldats identifiés, chrétiens, juifs et musulmans morts pour la France lors de cette bataille, alors que l'ossuaire voisin abrite les ossements de 130.000 soldats non identifiés. Source : AFP, 22 novembre 2005

Une usine Banania occupée par ses ouvriers en grève

Les salariés de l'usine Nutrimaine-Banania de Faverolles (Somme) étaient en grève mardi et retenaient leur direction par crainte d'une "délocalisation" et pour "obtenir des garanties" sur la pérennité de leurs emplois, a-t-on appris auprès d'un responsable de la production.

"Les salariés ont bloqué l'outil de production. Ils retiennent le PDG et le directeur avec lesquels ils sont en négociation", a précisé à l'AFP Jean-Luc Lefèvre, responsable de la production, lui-même en grève, joint par téléphone.

Les 70 salariés ont installé un piquet de grève à l'entrée de l'usine et barricadé certaines fenêtres de salles de réunion, selon un fournisseur de l'usine, qui n'a pas pu pénétrer sur le site mardi. Selon M. Lefèvre, les salariés, dont l'usine fabrique la célèbre poudre chocolatée, "craignent une délocalisation de leur site de production chez leur concurrent direct", l'Allemand Krüger, qui fabrique des produits similaires pour les réseaux de distribution premier prix et pour les marques de distributeurs.

"Il s'agit d'un problème de gestion plus que de pertes de volumes de marché", a estimé M. Lefèvre, qui a précisé que l'usine appartient aujourd'hui à la Caisse des dépôts (CDC) après avoir été la propriété du groupe néerlandais Unilever.

Les salariés réclament également un plan précis sur la situation financière de l'entreprise ainsi qu'un droit de regard sur la manière dont la CDC gère leur entreprise, selon le même responsable. Source : AFP, 22 novembre 2005

 

Destruction d'un dispositif biométrique au lycée de la Vallée de Chevreuse

Le 17 novembre, à l'heure de midi, une vingtaine de clowns ont pénétré en chantant dans le réfectoire du Lycée de la Vallée de Chevreuse (91). Cet établissement, situé dans la technopole de Saclay qui regroupe des laboratoires du CEA, CNRS, Polytechnique, Danone… expérimente un dispositif biométrique pour contrôler le flux des élèves au self. Tandis que certains improvisaient un sketch et donnaient des tracts, les deux lecteurs biométriques ont été totalement détruits à coups de marteau. Ils avaient improvisé à cet effet un périmètre de sécurité pour protéger les personnes présentes. Alors que les individus déguisés sortaient du lycée, des surveillants et des élèves les ont violemment pris à partie. 3 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Elles ont comparu hier après-midi au tribunal d'Evry, le procès étant reporté au 16 décembre. Les dégâts sont estimés à plus de 15 000 euros. Cette action est revendiquée par un collectif qui dénonce les dispositifs de surveillance et de contrôle social, dont la surenchère est entretenue par les instituts de recherche et les industries High Tech.

Notons que l'installation du lycée de la Vallée de Chevreuse est rigoureusement conforme aux consignes du GIXEL, le lobby des industries de l'interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques, qui conseille dans son « Livre Bleu » remis au gouvernement : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées, et parmi celles ci, la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées par un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par un apport de fonctionnalités attrayantes : éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, déjeuner à la cantine…. » (...) Source : paris.indymedia.org

 

Fin de l'enquête sur les "filières tchétchènes", où ne figure aucun...Tchétchène


Les juges chargés de l'enquête dite des "filières tchétchènes", visant un groupe de terroristes islamistes présumés soupçonnés d'avoir préparé en 2001-2002 des attentats notamment en France, viennent de mettre fin à leurs investigations, a-t-on appris lundi 14 novembre de source judiciaire.

Au total, trente suspects sont poursuivis dans ce dossier qui mêle "d'ex-membres du maquis du GIA" de Chlef (Algérie), des "djihadistes internationaux proches d'Al Qaïda" et des "petites mains recrutées dans les banlieues françaises".

Le dossier, instruit par les juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière, Jean-François Ricard et Philippe Coirre, a été ouvert le 13 novembre 2002 dans le prolongement de l'enquête sur le "groupe de Francfort" qui avait préparé un attentat contre le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2000. Les 16 et 24 décembre 2002, les huit premiers suspects ont été interpellés à la Courneuve et à Romainville (Seine-Saint-Denis). Parmi eux, se trouvent Mirouane Ben Ahmed, artificier et ex-membre du GIA, et Menad Benchellali, qui aurait mené dans l'appartement de ses parents à Vénissieux (Rhône) des expérimentations chimiques.

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé notamment des systèmes de mise à feu à distance, une liste de produits chimiques, et des produits pouvant servir à la fabrication de circuits imprimés. Selon plusieurs déclarations de personnes mises en cause, le groupe aurait envisagé de frapper les intérêts russes en France comme l'ambassade de Russie , pour venger l'élimination d'un commando tchétchène à Moscou en octobre 2002.

D'autres déclarations évoquent des cibles différentes : un grand magasin au forum des Halles à Paris, la Tour Eiffel, des commissariats de police. Source : AFP, 14 novembre 2005

 

4 mois de prison ferme pour José Bové

L'ancien porte-parole de la Confédération Paysanne José Bové a été condamné à quatre mois de prison ferme pour le fauchage d'un champ de maïs transgénique le 24 juillet 2004 à Menville (Haute Garonne). José Bové, qui conserve ses droits civiques, n'était pas présent à l'annonce de ce jugement en délibéré par la cour d'appel de Toulouse. Il avait comparu devant cette cour les 20 et 21 septembre derniers en compagnie de sept autres prévenus.

Le député Vert Noël Mamère et son homologue européen Gérard Onesta ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et les autres prévenus, tous écologistes, à deux mois avec sursis. Les avocats de José Bové ont annoncé leur intention d'engager un pourvoi en cassation suspensif.

Lors du procès, l'avocat général, Marc Gaubert, avait requis un an de prison ferme à l'encontre de José Bové et la privation de ses droits civiques, au regard de sa situation de récidive. Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe dans ce procès jalonné de batailles de procédure. Au total, 222 personnes avaient revendiqué ce fauchage et exigé de comparaître avec les prévenus, ce qui leur a été refusé.

"Je suis atterrée par une telle décision judiciaire contre laquelle nous allons nous pourvoir évidemment en cassation", a dit à Reuters un avocate des prévenus, Marie-Christine Etelin. "Dans son jugement, la Cour d'Appel avait la possibilité d'innover judiciairement mais elle est restée finalement au niveau d'une analyse très traditionnelle, et du coup très répressive", a ajouté l'avocate toulousaine. Source : Reuters, 15 novembre 2005

 

Le texte du projet de loi antiterroriste


L'integralite du texte du "Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers" est disponble en ligne et éléchargeable au format PDF sur : http://www.libertysecurity.org/IMG/pdf/projetloiantiterroriste.pdf
L'exposé des motifs est également disponible sur : http://www.libertysecurity.org/article551.html

Après la circulaire Sarkozy, les expulsions continuent ? Trois pères de famille et un étudiant menacés à Paris !


pa rle Réseau Education Sans Frontières 93 et 75 (Collectifs départementaux des militants, groupes et collectif d'établissements pour l'information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers), 8 novembre 2005
Trois pères de famille sont actuellement retenus au centre de rétention de Paris Vincennes en vue de leur reconduite à la frontière.
Monsieur Chang Song ZHANG est en France depuis 1998. Il a été placé sous APRF du 3 novembre 2005 du Préfet de police de Paris. Il vit en France avec sa femme et ses deux enfants tous les deux scolarisés :
- Cécile ZHANG, née le 9 juillet 2002, scolarisée à l'école maternelle Vicq d'Azir (Paris 10ème)
- Jianjing ZHANG né le 13 mars 1994 et scolarisé dans la même école depuis plus de trois ans.
Monsieur Chun ZHENG est également en France depuis 1998. Il a été interpellé le 2 novembre 2005 au métro Arts et Métiers. Ces enfants sont venus il y a deux ans.
- Florence ZHENG, née le 21 avril 2000 est en Grande Section de maternelle de l'Ecole Casanova à Romainville (01 49 15 55 85).
- Fangshu ZHENG né le 27 octobre 1992 est scolarisé en 6ème au Collège Courbet de Romainville.
Mr Serghei SOROCEAN, (né le 01/01/76,de nationalité moldave), placé à Vincennes le 31/10/2005 par la Préfecture de Police de Paris, en vue de l'exécution d'un APRF datant du même jour. Mr SOROCEAN est en France depuis 5 ans, sa femme l'a rejoint un an après (elle est également en situation irrégulière) avec leur fille qui a aujourd'hui 8 ans,
- Irina SOROCEAN (née le 18/01/1997) est scolarisée depuis 3 ans. Elle est actuellement en classe de CE2 à l'école élémentaire 34, rue du Faubourg Saint Denis 75010 PARIS.
- Ce couple a également un fils de 2 ans 1/2.
Une circulaire datée du 31 octobre rappelle pourtant au préfet leur pouvoir d'appréciation « pour admettre au séjour des ressortissants étrangers dont la situation est particulièrement digne d'attention », notamment au regard de « l'ancienneté du séjour habituel en France », de « l'intégration manifeste en France des membres de la famille », de « la scolarisation et du suivi éducatif des enfants ».
A l'évidence ces familles rentrent dans cette catégorie, sauf à faire d'un texte qui nous est présenté comme un signal d'ouverture une lecture volontairement restrictive.
De plus la même circulaire prévoit explicitement « de ne pas mettre à exécution avant la fin de l'année scolaire l'éloignement des familles dont un enfant est scolarisé depuis plusieurs mois ».
Que font donc ces deux pères de famille en centre de rétention ? Pourquoi vouloir à toutes forces les reconduire à la frontière en brisant des familles et des vies ?
Hervé Bassilekin est un jeune camerounais né le 22 juin 1978. Il est retenu au centre de rétention de Paris Palais de Justice depuis le 28 octobre 2005 sur la base d'un arrête de reconduite à la frontière du même préfet de police de Paris.

Il vit en France depuis 2001. Il a 2 soeurs françaises. Sa mère est en France avec un titre de séjour. Sa petite soeur de 14 ans est également en France et est trisomique et suit donc un encadrement spécialisé. Il n'a plus d'attaches au Cameroun, n'ayant pas connu son père.
Arrivé en 2001, il a passé son bac avec le CNED. Il s'est ensuite inscrit en DEUG informatique à Jussieu et a obtenu sa première année. Il s'est ensuite inscrit en DEUST à l'Université d'Orsay. Il poursuit ses études et a obtenu une autorisation de redoublement cette année 2005/2006.
Et malgré ces éléments qui tendent à prouver, non seulement son courage, mais surtout son droit à une vie privée et familiale en France, il est menacé d'expulsion à court terme puisqu'il s'est trouvé un juge administratif pour rejeter son recours et conforter l'acharnement répressif de la préfecture.
Dans son cas, c'est la loi même qui est appliquée de manière particulièrement restrictive, puisque l'article 313-11, 7ème alinéa aurait dû justifier le droit au séjour, au regard des attaches familiales et de l'absence de liens familiaux dans le pays d'origine. Au moins l'application de la circulaire Sarkozy permettrait-elle de délivrer à ce jeune au autorisation provisoire de séjour lui permettant d'aller au bout de son année universitaire.
Au lieu de cela, on lui prévoit un charter !
Le Préfet de police de Paris ne peut plus ignorer les dispositions prises par le Ministre de l'Intérieur. Il doit libérer sur le champ M. Chang Song ZHANG , M. Chun ZHENG, M. Mr Serghei SOROCEAN et Hervé BASSILEKIN et leur donner droit au séjour.
S'il ne le fait pas, dans un contexte où le gouvernement a déjà beaucoup de difficultés à faire la preuve de la crédibilité de sa parole et de la légitimité de son action,
- il démontrera que la chasse aux étrangers continue dans les quartiers, à Paris comme en banlieue ou dans les villes de province, en vertu de l'application répressive d'une loi qui ne l'est pas moins ;
- Il prouvera que la circulaire Sarkozy n'est que poudre aux yeux, ou plutôt le contre-feu rendu nécessaire par l'émotion suscitée dans l'opinion publique et les mobilisations réussies à plusieurs reprises pour défendre des jeunes scolarisés et leurs familles.
Contact : Jean Michel Delarbre ­ 06 89 30 86 15 / Pierre Cordelier ­ 06 81 76 39 51

 

"Hiya ab'na el wa'atan" : la version arabe de la Marseillaise

en version raïFarida Verhaeghe-Amiri, une Française d'origine algérienne, a écrit et enregistré une version arabe de la Marseillaise et se dit convaincue que son initiative pourrait contribuer à apaiser les frustrations sociales, notamment dans les banlieues.

Ce serait, selon elle, une façon de renforcer le lien entre Français, d'origine arabe ou non, et de faire partager les mêmes valeurs civiques autour de l'hymne national.

Le civisme et l'attachement à la France, Farida les a reçus en héritage : son grand père algérien, affirme-t-elle, a secouru pendant la Première guerre un soldat blessé qui s'appelait Charles de Gaulle. Née il y a 50 ans à Setif (Algérie), Farida Verhaeghe-Amiri, ancienne enseignante en France, sait tout des frustrations ressenties par les millions d'immigrés venus d'Afrique du Nord et dont l'arabe est la langue maternelle.

"Beaucoup de jeunes Français d'origine maghrébine se sentent délaissés en France", dit-elle. "Ils grandissent en haïssant leurs propres vies ici". Pour autant elle ne justifie pas les violences qui secouent les banlieues et avait été révoltée quand des jeunes beurs avaient sifflé la Marseillaise avant un match France-Algérie au Stade de France en 2001. C'est cette bronca, retransmise par la télévision, qui a été pour elle le déclencheur. "J'avais honte de voir le manque de respect qu'ils montraient pour la France. Ces jeunes n'ont jamais eu une éducation civique. C'est une preuve d'échec à l'école et peut-être surtout à la maison. Je voudrais qu'ils apprennent à respecter les valeurs de la paix et de l'amitié, et, bien sûr, de la liberté, l'égalité et la fraternité, c'est pourquoi j'ai écrit la Marseillaise en langue arabe".

 

"Message de paix"

"L'hymne officiel doit toujours être en français", précise-t-elle, "mais des clubs sportifs pourraient passer la version en arabe en tant qu'outil pédagogique. Et elle pourrait être jouée dans des pays arabophones comme un message de paix de la France".

Et c'est ainsi que "Allons enfants de la patrie" est devenu "hiya ab'na el wa'atan" en version raï.

La Marseillaise de Gainsbourg sur un air de reggae avait provoqué une vive polémique en 1979/1980. La version en arabe de la Marseillaise, à l'écho à ce jour nettement plus confidentiel, est parfois accueillie fraîchement mais rien ne décourage son auteur. Celle-ci a contacté de nombreuses administrations pour obtenir un soutien à son initiative et a eu des réponses souvent polies, parfois encourageantes.

Ainsi, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, lui a écrit il y a quelques mois en la remerciant de vouloir "contribuer à l'universalisation des valeurs de la République Française et à l'approfondissement du lien des enfants issus de l'immigration avec la nation française".

Pour un fonctionnaire du ministère de l'Education nationale, il s'agit "d'une véritable appropriation de l'hymne national tout en offrant la possibilité d'une réflexion sur la tolérance, la fraternité et sur les arts d'aujourd'hui".

Mais d'autres descendants d'immigrés se montrent plus réservés : "Je suis d'origine guinéenne mais je n'ai pas besoin d'entendre la Marseillaise chantée en langue sou-sou pour approfondir mon respect des valeurs françaises", dit Lynda Morrel, animatrice dans un centre de la jeunesse dans la banlieue parisienne. Source : AFP, 10 novembre 2005

 

Refus d'indemnisation: Roland Agret se tire une balle dans le pied

Roland Agret s'est tiré une balle dans le pied jeudi matin pour protester contre le refus lundi de la commission d'indemnisation de la cour d'appel de Grenoble de l'indemniser pour les 4 ans qu'il a passés en prison pour un crime qu'il n'a pas commis, a indiqué son épouse Marie-Jo.

"Vers 9h00, à notre domicile en Ardèche, Roland a enlevé sa chaussure et s'est tiré une balle de 6,35 mm dans le pied gauche. Il a beaucoup saigné et un ami lui a appliqué un pansement compressif", a affirmé son épouse. Roland Agret a ensuite pris la route pour Grenoble avec sa femme et un ami. Il compte demander au procureur général de Grenoble d'appeler lui même une ambulance.

Selon Mme Agret, son époux venait juste de se blesser lorsque son avocat, Me Dominique Chambon, lui a téléphoné pour dire que Roland Agret allait être reçu très prochainement au ministère de la justice. Accusé d'un crime par de faux témoins qui devaient être condamnés par la suite, M. Agret a été condamné en 1973 à 15 ans de réclusion. Il s'était coupé deux doigts pour attirer l'attention sur son cas et avait été libéré en 1977 par une grâce présidentielle, puis acquitté lors d'un nouveau procès aux assises du Rhône en 1985.

Il avait obtenu 250 000 francs (38 000 Euro) d'indemnités le 18 avril 1986 pour les 18 mois passés détention provisoire, mais rien pour les 4 années passées après sa condamnation car la loi ne prévoit rien à ce sujet, selon Me Chambon. Source : AFP, 10 novembre 2005

 

Les chiffres qui font mal et peuvent expliquer l’intifada française


Voici quelques extraits du rapport 2005 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) :
Le taux de chômage, au sens BIT, des 15-59 ans est en moyenne sur l’année
2004 de 20,7 %. Dans les ZUS, en progression d’un point par rapport à 2003, il est environ le double de la moyenne nationale et de la moyenne des agglomérations ayant une ZUS (10,3 % en 2004).
En ZUS, le fait d’être femme, d’être jeune ou immigré expose davantage au
risque de chômage :
36 % des garçons actifs et 40 % des filles actives de 15 à moins de 25 ans
sont au chômage (les chômeurs représentant respectivement 14 % des jeunes hommes et 12 % des jeunes filles de ces générations).
Le revenu fiscal moyen (qui n’intègre pas les prestations sociales non
imposables) par unité de consommation est, en 2001, de 10 540 € dans les ZUS pour 18 135 € dans l’ensemble des unités urbaines ayant une ZUS et 17 184 € pour la France métropolitaine ; ce revenu représente donc dans les ZUS 58 % du niveau moyen de leurs unités urbaines et 61 % du niveau national. Les revenus salariaux représentent 74 % de l’ensemble des revenus fiscaux en ZUS, contre 68 % dans les unités urbaines où elles se situent et 66 % au niveau national (à noter que les allocations chômage font partie de ces revenus salariaux). La part des ménages non imposés est de 57 % en ZUS, pour 37 % dans leurs unités urbaines et 40 % au niveau national.

Les établissements médicaux dans les ZUS


En moyenne, il y a en ZUS 6,5 établissements de pratique médicale pour 5 000 habitants, contre respectivement 14,6 établissements et 13 établissements dans les villes et les unités urbaines où elles sont situées ; les ZUS ont ainsi en moyenne 2 fois moins d’établissements médicaux que leurs communes ou leurs unités urbaines. 8 % de ces quartiers ne disposent d’aucune structure de pratique médicale.

Quelques indicateurs sur les établissements scolaires en ZUS
Les données prises en compte pour le rapport 2005 sont celles de l’année scolaire 2003-2004 et portent sur les établissements scolaires publics situés en ZUS.
On note peu d’évolutions significatives par rapport à l’année précédente, dans ce domaine, les grands paramètres structurels retenus parmi les indicateurs de l’observatoire évoluent de toute évidence lentement.
Si la baisse des effectifs (qui correspond à la fois à la baisse de la population en ZUS et à la baisse générale des effectifs des élèves de collège au niveau national) constatée depuis plusieurs années se confirme en 2003-2004, 25 % des ZUS qui disposent d’un collège voient cependant leurs effectifs augmenter. La baisse des effectifs ne semble pas avoir d’effet majeur sur la structure sociale des collèges en ZUS : de 1999-2000 à 2003-2004, le taux d’élèves défavorisés n’augmente en moyenne que d’un point, passant de 63 % à 64 % . Il est toutefois de 42,6 % hors ZUS. Cet écart, si on le rapproche ce celui qui concerne la part d’élèves de nationalité étrangère (12 % dans les collèges de ZUS contre 4 % en dehors) traduit la permanence de phénomènes de ségrégation spatiale qui peuvent localement être très forts, reflétant et amplifiant parfois ce qui se passe dans l’habitat.
Si l’on examine la scolarité des élèves des collèges de ZUS, les grands écarts constatés demeurent :
la proportion d’élèves en retard de 2 ans ou plus en 6ème est supérieure de 3 points dans les établissements en ZUS, de même que les élèves de 3ème orientés vers l’enseignement général ou technologique sont plus nombreux à redoubler leur seconde (22 % en ZUS contre 18 % en dehors). L’écart de réussite au diplôme national du brevet est de 10 points environ en défaveur des élèves scolarisés en ZUS.

Sur les finances :
L’étude apporte plusieurs enseignements concernant les communes qui ont à gérer des ZUS :
Leurs charges socio-urbaines sont particulièrement importantes et les ressources, de toute nature, dont elles disposent pour y faire face peuvent paraître, pour certaines d’entre elles, faibles :
Ainsi, les 121 communes de plus de 10 000 habitants dont la population en ZUS dépasse le taux de 30 % , comptent en moyenne 43 % de logements sociaux, 89 % d’allocataires logement et affichent un revenu fiscal moyen des ménages de 6 860 €. La valeur de ces indicateurs pour les communes qui n’ont pas de ZUS est respectivement de 17 % , 43 % et 9 820 €.
Les ressources, analysées au regard des indicateurs de potentiels fiscaux ou financiers montrent des situations communales particulièrement préoccupantes.
Ainsi, le potentiel financier moyen des 100 communes comportant les ZUS les moins bien pourvues en ressources fiscales est inférieur de 57 % à celui des 100 communes
comportant les ZUS les mieux pourvues.
Source : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000698/0000.pdf

 

Polémique autour d'un projet de musée à Montpellier sur la présence française en Algérie


par Jean-Marc Leclerc , Le Figaro, 7 novembre 2005
A Montpellier, le projet de centre qui devait célébrer la période de 1830 à 1962 est au point mort.
LE PROJET de création, à Mont pellier, d'un musée de la présence française en Algérie est-il déjà condamné ? Sur place, en tout cas, la municipalité voudrait désormais se donner le temps de la réflexion avant de prendre le risque de raviver les plaies de l'histoire. L'idée de ce musée a été émise il y a quinze ans par le socialiste Georges Frêche, tonitruant maire de la ville jusqu'en avril 2004. Pour lui, il s'agissait de mettre en valeur les apports de la présence française en Algérie de 1830 à 1962. Une manière de rendre hommage au passé des rapatriés d'Afrique du Nord, ses compagnons de toujours, qui pèsent aussi 20% de l'électorat local.
En 2002, la ville rachetait, pour 2 millions d'euros, un ancien bâtiment de l'armée, l'hôtel Montcalm, pour accueillir le futur musée. Un conservateur était même nommé à sa tête, en attendant la mise en place d'un «comité scientifique».
Et c'est là que l'histoire dérape. La composition de ce comité, ouvert à de nombreuses associations de rapatriés, va brouiller l'image «scientifique» de l'opération. Nombre de ses membres, en effet, prônent un discours qui évoque davantage la célébration de la colonisation que le nécessaire «travail de mémoire». Un fort soupçon de clientélisme électoral plane également sur le dossier. L'un des historiens associés au projet, Daniel Lefeuvre, l'affirme, en tout cas : «Ce n'est pas pour rien que l'ouverture du musée était prévue pour 2007, un an avant les municipales.» Et cet enseignant de l'université Paris-VIII d'ajouter : «Les historiens ne sont pas là pour servir la soupe aux politiques ni aux rapatriés !»
La polémique qui enfle à Montpellier ne fait pas les affaires du gouvernement à Paris. Car la diplomatie française aimerait bien tourner la page du conflit franco-algérien. Elle travaille d'arrache-pied à la signature, d'ici à la fin de l'année, d'un «traité d'amitié» entre les deux pays. Déjà, une loi «portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés» a jeté le froid à Alger. Adoptée le 23 février 2005, à l'initiative de parlementaires, elle recommandait d'enseigner «en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord».
Le texte avait ouvert la voie à des initiatives locales considérées comme de véritables provocations par certaines associations de défense des droits de l'homme. Ainsi, la décision d'ériger des stèles à la mémoire des combattants de l'Algérie française, où figurent les noms d'anciens de l'OAS, comme à Marignane (Bouches-du-Rhône) cet été.
La réponse du président algérien Abdelaziz Bouteflika fut à l'avenant. Assimilant l'oeuvre coloniale française au nazisme, il a tenu à rappeler que son pays était prêt à «signer avec l'Etat français un traité de paix et d'amitié», mais qu'il «ne saurait en aucun cas cautionner, même par son silence, une prétendue mission civilisatrice du colonialisme».
Or c'est bien ce qui fait débat dans l'affaire de Montpellier.

 

Manifestation de soutien aux migrants à Calais 3 ans après la fermeture du centre de Sangatte


Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi 5 novembre dans les rues de Calais pour protester contre l'intensification des contrôles de police que subissent les migrants présents par centaines dans les rues de la ville.
Un demi-millier de personnes se sont regroupées sur le lieu de distribution des repas pour les migrants, dans le port de Calais, avant de manifester dans les rues.
De nombreux réfugiés se sont joints au cortège aux côtés de membres du Comité des sans-papiers du Nord (CSP-59) et de bénévoles des associations humanitaires de Calais.
Une partie des manifestants se sont ensuite rendus devant le centre de rétention de Coquelles pour protester contre les arrestations des migrants.
"C'est une réussite, et c'est rassurant, les gens se rendent compte que ce n'est pas possible de continuer ainsi", a commenté Jean-Claude Lenoir, l'un des bénévoles du collectif d'associations C-Sur.
"L'immigration est un problème difficile à régler mais il faut aussi prendre en compte sa dimension humanitaire", a-t-il ajouté.
Les responsables d'associations dénoncent les "rafles" de migrants qui se sont intensifiées depuis le dernier passage dans la ville du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Les CRS interviennent désormais au moment où les bénévoles viennent en aide aux migrants lors des distributions de repas ou des temps de soin, ce que dénoncent les associations.
Cette manifestation intervient trois ans jour pour jour après la fermeture du centre de réfugiés de la Croix-Rouge de Sangatte qui avait accueilli en 2001 jusqu'à 2.000 personnes en même temps.
Plusieurs centaines de migrants de toutes nationalités errent encore chaque jour dans Calais et ses alentours dans l'espoir d'un hypothétique passage en Grande-Bretagne.
Source : Reuters, 5 novembre 2005


Les tribulations de Mirza Akash, jeune réfugié politique pakistanais à Calais


Le 28 octobre MIRZA Akash, jeune réfugié d'origine pakistanaise, s'est rendu en préfecture d'Arras pour y déposer une demande d'asile politique. Alors qu'il attendait qu'on lui remette une preuve du dépôt de sa demande, des policiers requis par la préfecture l'ont menotté et conduit en garde à vue au commissariat d'Arras. Les deux militants calaisiens qui accompagnaient ce demandeur d'asile ont été eux aussi conduits au commissariat d'ARRAS pour y être longuement interrogés, en particulier sur leurs motivations politiques. Ces faits s'ajoutent aux nombreux dérapages constatés en France ces derniers temps en matière de non-respect des libertés fondamentales dans le contexte de la politique du chiffre initiée par M. Sarkozy.
Les motifs officiels de l'intervention policière apparaissent particulièrement flous. En effet la convention de Genève précise que l'entrée irrégulière n'est pas un obstacle à la reconnaissance du statut de réfugié dans la mesure où l'interessé se présente sans délai aux autorités. C'est bien le cas ici puisque l'entrée en France a eu lieu moins d'une semaine avant la démarche volontaire en préfecture.
Cette arrestation en forme de traquenard ne peut que choquer les citoyens français attachés aux principes de respect de l'état de droit. Des élus ont déjà exprimés leur émotion dans la presse devant cette pratique illégale. Par ailleurs les contacts téléphoniques avec MIRZA Akash détenu au centre de rétention de Coquelles laissent penser qu'il n'a pas été correctement informé de la possibilité de déposer une nouvelle demande d'asile depuis le centre de rétention.
L'audience prévue à 10h à l'antenne du TGI situé dans l'enceinte du Centre de rétention de Coquelles, le lundi 31 octobre, s'est déroulée à plus de 14h. Nous avons du insiter pour qu'Akash voit son avocate commise d'office avant l'audience. Le jugement rendu fut sa libération. Mais le parquet a fait appel. Le mardi 1er novembre, il passait devant la Cour d'Appel de Douai, à 10h. La Cour a prolongé sa rétention de quinze jours.
On peut penser que la perspective de la manifestation pour soutenir la cause des réfugiés du 5 novembre prochain à Calais inquiètait le ministère de l'intérieur. Si des réfugiés souhaitent s'exprimer par eux-mêmes sur les mauvais traitements qu'ils subissent et interpeller les responsables politiques, cela ne peut certainement pas leur être repproché. Mais sans doute dans ce pays les hommes, femmes et enfants sans papiers n'ont-ils que le droit de souffrir en silence.
Voici le témoignage de Marie-Noëlle Gues, du Collectif Interluttes de Calais sur cette affaire :
Vendredi 28 octobre: arrestation en préfecture d'Arras, d'un réfugié politique de Calais qui a osé publiquement traduire les propos de Sarkozy à l'ensemble des réfugiés. Garde à vue, à partir de 12h20, au commissariat d'Arras. Audition forcée et politique des deux membres du collectif de syndiqués qui l'escortaient en préfecture. Arrestation et garde à vue de 24h du deuxième réfugié qui nous accompagnait et qui venait d'obtenir ses premiers papiers (le policier arrageois qui l'a libéré s'est excusé en disant qu'ils s'étaient trompés). Transfert du réfugié politique au CRA (Centre de rétention administrative) à 21h, interrogatoire brutal sur ses motivations politiques, mise en cellule d'isolement dix heures sans manger ni boire, sans possibilité d'aller aux toilettes.
Samedi 29 octobre : Entrée au CRA de Coquelles à 10h du matin.
Lundi 31 octobre: audience à l'antenne du TGI, inséré dans l'espace de la PAF, prévue à 10h. Présence d'un interprète en langue ourdoue (pakistanais), d'une avocate commies d'office, et de 5 autres sans-papiers.
Nous avons la possibilité de parler à Akash, le réfugié. L'avocate, arrivée vers 9h30, ne fait que passer, d'une porte à l'autre. Le temps passe, l'audience ne débute pas. L'avocate n'a pas encore écouté les sans-papiers qu'elle est censée défendre. Il est plus de 13h, lorsque je demande à l'interprète quand l'avocate va recevoir Akash. Il me répond qu'elle ne le verra pas. Je m'en émeus et me dirige immédiatement vers le local où les sans-papier sont confinés. Je demande si l'un d'entre eux a été reçu par l'avocate. Le deuxième traducteur présent m'annonce quelle ne recevra personne. A mon étonnement révolté, il m'explique: "c'est la police". Succède à cet intermède, l'entrée de l'avocate, que j'interpelle. Elle m'assure alors qu'elle va écouter chaque sans-papiers. Elle refuse la présence d'un membre du collectif.
Elle a défendu Akash, en disant que les procédures employées par la police d'Arras étaient illégales (pas d'interprète, pas d'avocat lors de la garde à vue). La juge décide la libération, libération suspendue à un avis du parquet.
Le traducteur nous annonce que le parquet ne ferait pas appel et s'étonne que la police veuille emmemer tout de même Akash au CRA. Les policiers expliquent qu'il faut lui donner à manger.
Dans l'après-midi, Akash nous contacte. On vient de lui remettre la décision d'un appel du parquet de Boulogne et d'une audience à la Cour d'Appel de Douai, le mardi 1er novembre, 10h.
Mardi 1er novembre: Des amis d'un groupe de Lille se sont rendus à la Cour d'appel de Douai, avant l'heure annoncée. Le bâtiment était fermé. Ils ont parlé avec le concierge qui ne savait rien et sont restés à attendre jusqu'à plus de 13h.
L'après-midi, Akash a expliqué qu'il était parti à 8h30, que les policiers lui avaient dit que c'était une audience spéciale, car le 1er novembre était un jour férié.
Résultat: au tribunal de Douai, lorqu'il a voulu parler à son avocate avant l'audience, on lui a dit que ce n'était pas nécessaire, l'avocate connaissait son dossier. L'interprète qu'il a eu n'a fait que le minimum, traduisant les réponses du juge et ses réponses dans le contexte du tribunal.
Sur le rendu des décisions du Tribunal, il est écrit que l'audience était publique.
Akash a été remis au centre, le juge a dit: "Vous avez été arrêté sans papier, je prolonge votre rétention de 15 jours". Il faut savoir qu'à la préfecture d'Arras, Akash avait déposé sa demande d'asile.
La police prétend qu'il a une fiche d'interdiction d'entrée dans l'Espace Schengen datant de 2003, alors que ce jeune homme a obtenu un visa de travail en Italie pour une période d'un an, juste avant d'entrer illégalement en France, la semaine dernière. L'Italie lui avait donné le choix entre déposer sa demande d'asile ou quitter le territoire. Lors de mon audition au commissariat de police, le policier spécialiste des étrangers (M.Allouche) m'a agité un papier prouvant que la France avait lancé une procédure judiciaire contre Akash en 2003, car j'affirmais sans cesse que l'interdiction Schengen était une invention. Il a fini par m'avouer que la procédure avait pour objet l'entrée illégale d'Akash en France.
La police et la préfecture semblent particulièrement effrayées par la politisation des réfugiés de Calais. Et ce qui se passe au tribunal de Coquelles dépasse l'entendement pour un Etat de droit comme le nôtre. Tout le monde semble subir des pressions énormes qui ont fait raccrocher rapidement le téléphone à l'avocate commise d'office lorsque j'ai voulu lui témoigner des suites de l'histoire d'Akash. Affaire à suivre.

 

À Sens, Rachel et Jonathan ont retrouvé leur mère après deux mois de cavale


Deux lycéens sans papiers, originaires de la République démocratique du Congo (RDC), en cavale depuis deux mois, ont pu retrouver leur mère après que la préfecture de l'Yonne eut suspendu l'arrêté d'expulsion visant la famille, a-t-on appris mardi 2 novembre auprès d'associations les soutenant.
Mais les deux jeunes gens "veulent encore se battre pour être régularisés", a indiqué Richard Moyon, membre du Réseau Education sans Frontières (RESF).
"En application d'une circulaire toute récente du ministre de l'Intérieur, qui suspend l'expulsion de jeunes scolarisés et de leurs parents pendant l'année scolaire, le préfet de l'Yonne a signifié à leur mère, Barbe Makombo, et aux quatre enfants qu'ils étaient autorisés à rester en France jusqu'en juin", a précisé M. Moyon.
"Son assignation à résidence, initialement à Migennes, a été étendue à toute l'Yonne, de sorte que Mme Barbe Makombo va pouvoir se rapprocher de Sens où elle a ses attaches. Les autorités ont voulu apaiser les choses, gagner du temps, tout en ne perdant pas la face", a-t-il estimé.
Trois pétitions ont été lancées depuis août, rassemblant selon RESF quelque 15.400 signatures, dont celles de 138 élus de l'Yonne.
"La mobilisation va se poursuivre pour obtenir la régularisation de (la situation) de la famille. Mme Barbe Makombo n'a même pas obtenu de titre de séjour qui lui aurait permis de travailler, alors qu'elle avait deux promesses d'embauche", a poursuivi M. Moyon.
Rachel, 15 ans, et Jonathan, 14 ans, avaient fui Sens le jour où leur mère, avec laquelle ils étaient arrivés en France en 2001 et récemment déboutée du droit d'asile, était convoquée au commissariat. Ils avaient alors été pris en charge par des associations et avaient changé régulièrement d'hébergement pour ne pas être arrêtés. Ils ont retrouvé leur mère ce week-end.
Source : AFP, 2 novembre 2005

Circulaire Sarkozy : chronique de milliers d'expulsions annoncées


par le Réseau Education sans frontières, 6 novembre 2005
La circulaire Sarkozy du 31 octobre 2005 adressée aux préfets est la mise en musique de ses déclarations au Monde de la semaine précédente.
Le Ministre en a rabattu dans la forme et dans le ton. Les expulsions des jeunes majeurs scolarisés et des parents sans papiers d'enfants scolarisés sont officiellement suspendues jusqu'aux grandes vacances afin de permettre aux élèves d'achever leur année scolaire. Là où la police recevait l'ordre d'interpeller des enfants dans des écoles ou des colonies de vacances, il lui est maintenant recommandé « d'éviter [Š] des démarches dans l'enceinte scolaire ou dans ses abords ». Enfin, alors qu'un mois plus tôt, M. Sarkozy enjoignait aux Préfets de « savoir résister aux pressions de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent qu'eux-mêmes », il leur demande aujourd'hui de nouer « un dialogue constructif » avec eux. Un peu d'eau dans le vin mauvais de l'arrogance ministérielle, mais rien de plus.
C'est, à n'en pas douter, la crainte de voir s'amplifier les dizaines et des dizaines de mobilisations d'établissements scolaires mais aussi de villages, de quartiers, de villes entières parfois, qui ont conduit le ministre à ces quelques mesures. L'hommage du vice à la vertu en quelque sorte, et une satisfaction pour toutes celles et ceux qui se sont dressés contre l'injustice. Mais c'est un recul en trompe l'¦il.
Car le Ministre ne cède rien quant au fond. Contrairement à ce qu'il voudrait suggérer, sa circulaire ne répond en rien aux attentes de ceux qui se sont révoltés contre les drames engendrés par la politique du gouvernement en matière d'immigration.
D'abord parce qu'elle reste dans la logique du cas par cas, dans le cadre d'une législation qui fait du droit au séjour une exception, de la défiance et de la répression vis à vis des étrangers la règle.
Ensuite parce que certaines préfectures ignorent superbement l'engagement public de suspension des expulsions de jeunes scolarisés et de leurs familles jusqu'en juin. C'est ainsi que plusieurs préfectures (Paris, Cher, Š) ont ordonné le placement en rétention et programmé l'expulsion de plusieurs pères d'enfants scolarisés et de jeunes étudiants après la promulgation de la circulaire Sarkozy. Preuve qu'entre les affichages médiatiques du ministre de l'intérieur et la réalité du terrain, il risque d'y avoir un gouffre. Le sursis annoncé ne sera donc accordé que si les autorités sont placées sous haute surveillance.
De plus, aucun titre de séjour permettant de travailler, pas même provisoire, n'est accordé aux familles d'enfants scolarisés. Reconnaître aux élèves le droit d'achever leur année sans donner aux parents celui de les faire vivre décemment en travaillant est pure hypocrisie.
Reste l'essentiel : quand bien même elle serait réellement appliquée, la circulaire Sarkozy n'aboutit qu'à reporter les échéances de quelques mois. Face à la multiplication des mobilisations, le ministre a choisi de gagner du tempsŠ en condamnant les jeunes et les familles à vivre dans l'angoisse d'une expulsion annoncée à l'été.
C'est inacceptable pour ceux qui sont directement touchés et pour ceux qui les soutiennent. Personne ne peut comprendre comment des expulsions déclarées inhumaines en octobre deviendraient tolérables en juillet.
Le calcul du ministre est condamné à l'échec. Son sursis n'est pas une concession, c'est un piège. Les établissements et collectifs mobilisés ne s'y laissent pas prendre. Ils revendiquent toujours la régularisation pure et simple des jeunes et des familles. Et, à n'en pas douter, ils le feront de façon de plus en plus pressante au fur et à mesure que le couperet de la fin juin approchera. Monsieur Sarkozy a préparé un printemps et un été chauds.
Organisations membres du réseau « Education sans frontières » ( au 3 novembre 2005) :
1. Mouvement associatif (local et national) :
ADN (Association pour la démocratie - Nice), AITEC (Association Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs, Groupe contre la criminalisation des familles), AMF (Association des Marocains en France), Amhiti (réfugiés haïtiens), A.S.A.V. (Association pour l'Accueil des Voyageurs - 92), Association « En-Temps » (service des mineurs étrangers isolés), Association Française Janusz Korczak (AFJK), Association Intercapa Solidarité Etudiants Etrangers, Association Sar-Phirdem, ATTAC-France, CEDETIM, CIMADE (Service ¦cuménique d'entraide), Cinquième zone, Collectif Cetace (Créteil), Comité de défense des droits des sans-papiers (59), Comité de soutien aux tsiganes du 93 Collectif des sans papiers de Seine Saint-Denis (93), Collectif des sans-papiers des Hauts de Seine (92), Collectif des sans-papiers kabyles de France (CSPK), 3ème Collectif des sans-papiers de Paris, Coordination nationale des sans-papiers, CVSF, DEI (Section française de Défense des Enfants international), DAL (Droit Au Logement), Ecole Emancipée, Emancipation, FASTI, Faut qu'on s'active ! (Boulogne sur mer), FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves de l'Ecole Publique), Femmes de la Terre, Fondation Copernic, GISTI, Journal « A Contre Courant » politique et syndical (Mulhouse), ICEM Pédagogie Freinet, Identité ­ RROMS, Ligue de l'Enseignement, Ligue des Droits de l'Homme, MRAP, Observatoire des Libertés Publiques, RAJFIRE (Réseau pour l'autonomie des femmes immigrées et réfugiées), Ras le Front, RCTS (Réseau de travailleurs sociaux pour l'insertion des jeunes étrangers), Réseau Chrétiens Immigrés (RCI), SOS Racisme, SUB TERRA a.s.b.l.,
2. Mouvement syndical
CNT, FERC-CGT, FIDL, FSU, Union Syndicale « Solidaires », MGM (Syndicat de la Médecine Générale) PAS 38 (Pour une Alternative syndicale ­ Isère), SGEN-CFDT, SUD-Culture, SUD-Education, SUD-PTT, SUD Santé-Sociaux, SEDVP-FSU (Syndicat des Etablissements Départementaux de la Ville de Paris), Syndicat de la Magistrature, UDAS (Union des Alternatives Syndicales), UNL, UNSEN-CGT.
3. Collectifs RESF d'établissements, de villes ou de régions :
CISéé (Lycée Suger Saint-Denis - 93), CISéé (Lycée Utrillo, Stains - 93), Collectif de défense des sans papiers de Villejuif (94), Collectif de l'EURE de soutien aux mineurs et jeunes majeurs scolarisés sans papiers (27), Collectif des Hauts de Seine ­ Sud (92), Collectif de Soutien aux Enfants de Sans-Papiers scolarisés (Orléans - 45), Comité de soutien des enfants tchétchènes de l'école Baudelaire - Paris 12°, Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires (Nantes - 44), Collectif "jeunes sans papiers" (Réseau Education Sans Frontière de l'Hérault - 34), Collectif lycée J. Vaucanson (les Mureaux 78), Collectif lycée J. Feyder (Epinay ­ 93), Collectif Resf Angers (49), Collectif Resf Seine Saint-Denis (93), Collectif Unitaire de Défense des Elèves, Etudiants et Enseignants Etrangers (Académie de Créteil), Club UNESCO Terre Bleue (Charenton ­ 94), Groupe Education Sans Frontières Voltaire (Collège-Lycée Voltaire - Paris 11°), Jean Macé Sans Frontières (Lycée Jean Macé, Vitry - 94), Lycée Jean Jaurès (Châtenay-Malabry - 92), LP Florian (Sceaux - 92), LP Gustave Eiffel (Massy - 91), Réseau Education Sans Frontières Ille et Vilaine (35), Réseau Education Sans Frontières Lyon (69/42), Réseau Education Sans Frontières Moselle (57), Réseau Education Sans Frontières Nord ­ Pas de Calais, Réseau Education Sans Frontières Rouen (76), Solidarité Migrants Oise (60).
Soutiens :
Alternative Libertaire, JCR, LCR, Les Verts, MJS, OCML VP - Journal Partisan, PCF.
Infos : www.educationsansfrontieres.org

 

 

France 3 condamnée pour diffamation de Abderrezak Besseghir, le bagagiste de Roissy


La chaîne de télévision France 3 a été condamnée vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir injustement accusé fin 2002 Abderazak Besseghir, bagagiste de Roissy, d'être un terroriste islamiste, a-t-on appris auprès du tribunal.
Marc Tessier, l'ancien PDG de France Télévisions, et le journaliste Edouard da Costa ont été chacun condamnés par la 17e chambre du tribunal correctionnel à 2.000 euros d'amende pour avoir diffamé M. Besseghir et devront également lui verser un euro de dommages-intérêts.
Les motivations de ce jugement n'étaient pas consultables vendredi après-midi.
Etait en cause un reportage diffusé dans les journaux 19/20 et Soir 3 du 7 janvier 2003, affirmant qu'une mallette de détection d'explosifs avait été découverte dans le casier professionnel du bagagiste.
L'information comme les accusations de terrorisme qui avaient pesé sur M. Besseghir après que des explosifs furent découverts dans sa voiture sur son lieu de travail, le 28 décembre 2002, s'étaient révélées fausses.
Victime d'un complot familial, le bagagiste avait été écroué une dizaine de jours avant d'être libéré et de bénéficier d'un non-lieu en mai 2003.
Lors de l'audience, le 30 septembre dernier, la représentante du parquet avait estimé que le reportage visé représentait "le degré zéro de l'information", bâti autour d'une "information creuse mais dont l'habillage en fait un élément à charge de nature à porter atteinte à l'honneur" de M. Besseghir.
En mai 2003, après le non-lieu dont a bénéficié M. Besseghir, la chaîne lui avait présenté à l'antenne ses excuses, par la voix de son directeur de la rédaction.
Source : AFP, 4 novembre 2005