Dalil Boubakeur satisfait d’un projet
de mémorial musulman près de Verdun
Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'est
réjoui mardi à Verdun de la construction prochaine,
sur la nécropole nationale de Douaumont (Meuse), d'un mémorial
en hommage aux soldats nord-africains ayant combattu dans l'armée
française enrre 1914 et 1918.
Ce mémorial d'une centaine de mètres carrés,
"couvert et ouvert, propre à la réflexion"
a dit M. Boubakeur, sera bâti dans le carré musulman
de la nécropole qui abrite 592 tombes de soldats algériens,
marocains et tunisiens tombés lors de la bataille de Verdun.
Le recteur de la mosquée de Paris et président du
Conseil français du culte musulman (CFCM) a tenu remercier
Jacques Chirac d'avoir donné son accord pour la construction
du mémorial dont l'inauguration est prévue en juin 2006
lors des cérémonies qui marqueront le 90ème anniversaire
de la bataille de Verdun (février-novembre 1916).
Il s'est toutefois dit "frustré de ne pas voir à
côté des grandes stèles commémoratives
de Douaumont, quelque chose qui symbolise l'engagement, l'amour pour
la France d'un grand nombre d'entre nous". Quelque 28.200 musulmans
sont morts et 7.100 ont disparu dans la bataille de Verdun, la plus
effroyable de la Première guerre mondiale, qui a duré
pendant dix mois et a coûté la vie à plusieurs
centaines de milliers de combattants de toutes nationalités.
Sur la nécropole nationale de Douaumont, près de Verdun,
reposent 15.000 soldats identifiés, chrétiens, juifs
et musulmans morts pour la France lors de cette bataille, alors que
l'ossuaire voisin abrite les ossements de 130.000 soldats non identifiés.
Source : AFP, 22 novembre 2005
Une usine Banania occupée par ses ouvriers
en grève
Les salariés de l'usine Nutrimaine-Banania de Faverolles
(Somme) étaient en grève mardi et retenaient leur direction
par crainte d'une "délocalisation" et pour "obtenir
des garanties" sur la pérennité de leurs emplois,
a-t-on appris auprès d'un responsable de la production.
"Les salariés ont bloqué l'outil de production.
Ils retiennent le PDG et le directeur avec lesquels ils sont en négociation",
a précisé à l'AFP Jean-Luc Lefèvre, responsable
de la production, lui-même en grève, joint par téléphone.
Les 70 salariés ont installé un piquet de grève
à l'entrée de l'usine et barricadé certaines
fenêtres de salles de réunion, selon un fournisseur de
l'usine, qui n'a pas pu pénétrer sur le site mardi.
Selon M. Lefèvre, les salariés, dont l'usine fabrique
la célèbre poudre chocolatée, "craignent
une délocalisation de leur site de production chez leur concurrent
direct", l'Allemand Krüger, qui fabrique des produits similaires
pour les réseaux de distribution premier prix et pour les marques
de distributeurs.
"Il s'agit d'un problème de gestion plus que de pertes
de volumes de marché", a estimé M. Lefèvre,
qui a précisé que l'usine appartient aujourd'hui à
la Caisse des dépôts (CDC) après avoir été
la propriété du groupe néerlandais Unilever.
Les salariés réclament également un plan précis
sur la situation financière de l'entreprise ainsi qu'un droit
de regard sur la manière dont la CDC gère leur entreprise,
selon le même responsable. Source : AFP, 22 novembre 2005
Destruction d'un dispositif biométrique
au lycée de la Vallée de Chevreuse
Le 17 novembre, à l'heure de midi, une vingtaine de clowns
ont pénétré en chantant dans le réfectoire
du Lycée de la Vallée de Chevreuse (91). Cet établissement,
situé dans la technopole de Saclay qui regroupe des laboratoires
du CEA, CNRS, Polytechnique, Danone… expérimente un dispositif
biométrique pour contrôler le flux des élèves
au self. Tandis que certains improvisaient un sketch et donnaient
des tracts, les deux lecteurs biométriques ont été
totalement détruits à coups de marteau. Ils avaient
improvisé à cet effet un périmètre de
sécurité pour protéger les personnes présentes.
Alors que les individus déguisés sortaient du lycée,
des surveillants et des élèves les ont violemment pris
à partie. 3 personnes ont été interpellées
et placées en garde à vue. Elles ont comparu hier après-midi
au tribunal d'Evry, le procès étant reporté au
16 décembre. Les dégâts sont estimés à
plus de 15 000 euros. Cette action est revendiquée par un collectif
qui dénonce les dispositifs de surveillance et de contrôle
social, dont la surenchère est entretenue par les instituts
de recherche et les industries High Tech.
Notons que l'installation du lycée de la Vallée de
Chevreuse est rigoureusement conforme aux consignes du GIXEL, le lobby
des industries de l'interconnexion, des composants et des sous-ensembles
électroniques, qui conseille dans son « Livre Bleu »
remis au gouvernement : « La sécurité est très
souvent vécue dans nos sociétés démocratiques
comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc
faire accepter par la population les technologies utilisées,
et parmi celles ci, la biométrie, la vidéosurveillance
et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être
développées par les pouvoirs publics et les industriels
pour faire accepter la biométrie. Elles devront être
accompagnées par un effort de convivialité par une reconnaissance
de la personne et par un apport de fonctionnalités attrayantes
: éducation dès l'école maternelle, les enfants
utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, déjeuner
à la cantine…. » (...) Source : paris.indymedia.org
Fin de l'enquête sur les "filières
tchétchènes", où ne figure aucun...Tchétchène
Les juges chargés de l'enquête dite des "filières
tchétchènes", visant un groupe de terroristes islamistes
présumés soupçonnés d'avoir préparé
en 2001-2002 des attentats notamment en France, viennent de mettre
fin à leurs investigations, a-t-on appris lundi 14 novembre
de source judiciaire.
Au total, trente suspects sont poursuivis dans ce dossier qui mêle
"d'ex-membres du maquis du GIA" de Chlef (Algérie), des "djihadistes
internationaux proches d'Al Qaïda" et des "petites mains recrutées
dans les banlieues françaises".
Le dossier, instruit par les juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière,
Jean-François Ricard et Philippe Coirre, a été
ouvert le 13 novembre 2002 dans le prolongement de l'enquête
sur le "groupe de Francfort" qui avait préparé
un attentat contre le marché de Noël de Strasbourg en
décembre 2000. Les 16 et 24 décembre 2002, les huit
premiers suspects ont été interpellés à
la Courneuve et à Romainville (Seine-Saint-Denis). Parmi eux,
se trouvent Mirouane Ben Ahmed, artificier et ex-membre du GIA, et
Menad Benchellali, qui aurait mené dans l'appartement de ses
parents à Vénissieux (Rhône) des expérimentations
chimiques.
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé
notamment des systèmes de mise à feu à distance,
une liste de produits chimiques, et des produits pouvant servir à
la fabrication de circuits imprimés. Selon plusieurs déclarations
de personnes mises en cause, le groupe aurait envisagé de frapper
les intérêts russes en France comme l'ambassade de Russie
, pour venger l'élimination d'un commando tchétchène
à Moscou en octobre 2002.
D'autres déclarations évoquent des cibles différentes
: un grand magasin au forum des Halles à Paris, la Tour Eiffel,
des commissariats de police. Source : AFP, 14 novembre 2005
4 mois de prison ferme pour José Bové
L'ancien porte-parole de la Confédération Paysanne
José Bové a été condamné à
quatre mois de prison ferme pour le fauchage d'un champ de maïs
transgénique le 24 juillet 2004 à Menville (Haute Garonne).
José Bové, qui conserve ses droits civiques, n'était
pas présent à l'annonce de ce jugement en délibéré
par la cour d'appel de Toulouse. Il avait comparu devant cette cour
les 20 et 21 septembre derniers en compagnie de sept autres prévenus.
Le député Vert Noël Mamère et son homologue
européen Gérard Onesta ont été condamnés
à trois mois de prison avec sursis et les autres prévenus,
tous écologistes, à deux mois avec sursis. Les avocats
de José Bové ont annoncé leur intention d'engager
un pourvoi en cassation suspensif.
Lors du procès, l'avocat général, Marc Gaubert,
avait requis un an de prison ferme à l'encontre de José
Bové et la privation de ses droits civiques, au regard de sa
situation de récidive. Les avocats de la défense avaient
plaidé la relaxe dans ce procès jalonné de batailles
de procédure. Au total, 222 personnes avaient revendiqué
ce fauchage et exigé de comparaître avec les prévenus,
ce qui leur a été refusé.
"Je suis atterrée par une telle décision judiciaire
contre laquelle nous allons nous pourvoir évidemment en cassation",
a dit à Reuters un avocate des prévenus, Marie-Christine
Etelin. "Dans son jugement, la Cour d'Appel avait la possibilité
d'innover judiciairement mais elle est restée finalement au
niveau d'une analyse très traditionnelle, et du coup très
répressive", a ajouté l'avocate toulousaine. Source
: Reuters, 15 novembre 2005
Le texte du projet de loi antiterroriste
L'integralite du texte du "Projet de loi relatif à la
lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives
à la sécurité et aux contrôles frontaliers"
est disponble en ligne et éléchargeable au format PDF
sur : http://www.libertysecurity.org/IMG/pdf/projetloiantiterroriste.pdf
L'exposé des motifs est également disponible sur : http://www.libertysecurity.org/article551.html
Après la circulaire Sarkozy, les expulsions
continuent ? Trois pères de famille et un étudiant menacés
à Paris !
pa rle Réseau Education Sans Frontières 93 et 75 (Collectifs
départementaux des militants, groupes et collectif d'établissements
pour l'information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers
sans papiers), 8 novembre 2005
Trois pères de famille sont actuellement retenus au centre
de rétention de Paris Vincennes en vue de leur reconduite à
la frontière.
Monsieur Chang Song ZHANG est en France depuis 1998. Il a été
placé sous APRF du 3 novembre 2005 du Préfet de police
de Paris. Il vit en France avec sa femme et ses deux enfants tous
les deux scolarisés :
- Cécile ZHANG, née le 9 juillet 2002, scolarisée
à l'école maternelle Vicq d'Azir (Paris 10ème)
- Jianjing ZHANG né le 13 mars 1994 et scolarisé dans
la même école depuis plus de trois ans.
Monsieur Chun ZHENG est également en France depuis 1998. Il
a été interpellé le 2 novembre 2005 au métro
Arts et Métiers. Ces enfants sont venus il y a deux ans.
- Florence ZHENG, née le 21 avril 2000 est en Grande Section
de maternelle de l'Ecole Casanova à Romainville (01 49 15 55
85).
- Fangshu ZHENG né le 27 octobre 1992 est scolarisé
en 6ème au Collège Courbet de Romainville.
Mr Serghei SOROCEAN, (né le 01/01/76,de nationalité
moldave), placé à Vincennes le 31/10/2005 par la Préfecture
de Police de Paris, en vue de l'exécution d'un APRF datant
du même jour. Mr SOROCEAN est en France depuis 5 ans, sa femme
l'a rejoint un an après (elle est également en situation
irrégulière) avec leur fille qui a aujourd'hui 8 ans,
- Irina SOROCEAN (née le 18/01/1997) est scolarisée
depuis 3 ans. Elle est actuellement en classe de CE2 à l'école
élémentaire 34, rue du Faubourg Saint Denis 75010 PARIS.
- Ce couple a également un fils de 2 ans 1/2.
Une circulaire datée du 31 octobre rappelle pourtant au préfet
leur pouvoir d'appréciation « pour admettre au séjour
des ressortissants étrangers dont la situation est particulièrement
digne d'attention », notamment au regard de « l'ancienneté
du séjour habituel en France », de « l'intégration
manifeste en France des membres de la famille », de «
la scolarisation et du suivi éducatif des enfants ».
A l'évidence ces familles rentrent dans cette catégorie,
sauf à faire d'un texte qui nous est présenté
comme un signal d'ouverture une lecture volontairement restrictive.
De plus la même circulaire prévoit explicitement «
de ne pas mettre à exécution avant la fin de l'année
scolaire l'éloignement des familles dont un enfant est scolarisé
depuis plusieurs mois ».
Que font donc ces deux pères de famille en centre de rétention
? Pourquoi vouloir à toutes forces les reconduire à
la frontière en brisant des familles et des vies ?
Hervé Bassilekin est un jeune camerounais né le 22 juin
1978. Il est retenu au centre de rétention de Paris Palais
de Justice depuis le 28 octobre 2005 sur la base d'un arrête
de reconduite à la frontière du même préfet
de police de Paris.
Il vit en France depuis 2001. Il a 2 soeurs françaises. Sa
mère est en France avec un titre de séjour. Sa petite
soeur de 14 ans est également en France et est trisomique et
suit donc un encadrement spécialisé. Il n'a plus d'attaches
au Cameroun, n'ayant pas connu son père.
Arrivé en 2001, il a passé son bac avec le CNED. Il
s'est ensuite inscrit en DEUG informatique à Jussieu et a obtenu
sa première année. Il s'est ensuite inscrit en DEUST
à l'Université d'Orsay. Il poursuit ses études
et a obtenu une autorisation de redoublement cette année 2005/2006.
Et malgré ces éléments qui tendent à prouver,
non seulement son courage, mais surtout son droit à une vie
privée et familiale en France, il est menacé d'expulsion
à court terme puisqu'il s'est trouvé un juge administratif
pour rejeter son recours et conforter l'acharnement répressif
de la préfecture.
Dans son cas, c'est la loi même qui est appliquée de
manière particulièrement restrictive, puisque l'article
313-11, 7ème alinéa aurait dû justifier le droit
au séjour, au regard des attaches familiales et de l'absence
de liens familiaux dans le pays d'origine. Au moins l'application
de la circulaire Sarkozy permettrait-elle de délivrer à
ce jeune au autorisation provisoire de séjour lui permettant
d'aller au bout de son année universitaire.
Au lieu de cela, on lui prévoit un charter !
Le Préfet de police de Paris ne peut plus ignorer les dispositions
prises par le Ministre de l'Intérieur. Il doit libérer
sur le champ M. Chang Song ZHANG , M. Chun ZHENG, M. Mr Serghei SOROCEAN
et Hervé BASSILEKIN et leur donner droit au séjour.
S'il ne le fait pas, dans un contexte où le gouvernement a
déjà beaucoup de difficultés à faire la
preuve de la crédibilité de sa parole et de la légitimité
de son action,
- il démontrera que la chasse aux étrangers continue
dans les quartiers, à Paris comme en banlieue ou dans les villes
de province, en vertu de l'application répressive d'une loi
qui ne l'est pas moins ;
- Il prouvera que la circulaire Sarkozy n'est que poudre aux yeux,
ou plutôt le contre-feu rendu nécessaire par l'émotion
suscitée dans l'opinion publique et les mobilisations réussies
à plusieurs reprises pour défendre des jeunes scolarisés
et leurs familles.
Contact : Jean Michel Delarbre 06 89 30 86 15 / Pierre Cordelier
06 81 76 39 51
"Hiya ab'na el wa'atan" : la version
arabe de la Marseillaise
en version raïFarida Verhaeghe-Amiri, une Française
d'origine algérienne, a écrit et enregistré une
version arabe de la Marseillaise et se dit convaincue que son initiative
pourrait contribuer à apaiser les frustrations sociales, notamment
dans les banlieues.
Ce serait, selon elle, une façon de renforcer le lien entre
Français, d'origine arabe ou non, et de faire partager les
mêmes valeurs civiques autour de l'hymne national.
Le civisme et l'attachement à la France, Farida les a reçus
en héritage : son grand père algérien, affirme-t-elle,
a secouru pendant la Première guerre un soldat blessé
qui s'appelait Charles de Gaulle. Née il y a 50 ans à
Setif (Algérie), Farida Verhaeghe-Amiri, ancienne enseignante
en France, sait tout des frustrations ressenties par les millions
d'immigrés venus d'Afrique du Nord et dont l'arabe est la langue
maternelle.
"Beaucoup de jeunes Français d'origine maghrébine
se sentent délaissés en France", dit-elle. "Ils
grandissent en haïssant leurs propres vies ici". Pour autant
elle ne justifie pas les violences qui secouent les banlieues et avait
été révoltée quand des jeunes beurs avaient
sifflé la Marseillaise avant un match France-Algérie
au Stade de France en 2001. C'est cette bronca, retransmise par la
télévision, qui a été pour elle le déclencheur.
"J'avais honte de voir le manque de respect qu'ils montraient
pour la France. Ces jeunes n'ont jamais eu une éducation civique.
C'est une preuve d'échec à l'école et peut-être
surtout à la maison. Je voudrais qu'ils apprennent à
respecter les valeurs de la paix et de l'amitié, et, bien sûr,
de la liberté, l'égalité et la fraternité,
c'est pourquoi j'ai écrit la Marseillaise en langue arabe".
"Message de paix"
"L'hymne officiel doit toujours être en français",
précise-t-elle, "mais des clubs sportifs pourraient passer
la version en arabe en tant qu'outil pédagogique. Et elle pourrait
être jouée dans des pays arabophones comme un message
de paix de la France".
Et c'est ainsi que "Allons enfants de la patrie" est devenu
"hiya ab'na el wa'atan" en version raï.
La Marseillaise de Gainsbourg sur un air de reggae avait provoqué
une vive polémique en 1979/1980. La version en arabe de la
Marseillaise, à l'écho à ce jour nettement plus
confidentiel, est parfois accueillie fraîchement mais rien ne
décourage son auteur. Celle-ci a contacté de nombreuses
administrations pour obtenir un soutien à son initiative et
a eu des réponses souvent polies, parfois encourageantes.
Ainsi, Azouz Begag, ministre délégué à
la Promotion de l'égalité des chances, lui a écrit
il y a quelques mois en la remerciant de vouloir "contribuer
à l'universalisation des valeurs de la République Française
et à l'approfondissement du lien des enfants issus de l'immigration
avec la nation française".
Pour un fonctionnaire du ministère de l'Education nationale,
il s'agit "d'une véritable appropriation de l'hymne national
tout en offrant la possibilité d'une réflexion sur la
tolérance, la fraternité et sur les arts d'aujourd'hui".
Mais d'autres descendants d'immigrés se montrent plus réservés
: "Je suis d'origine guinéenne mais je n'ai pas besoin
d'entendre la Marseillaise chantée en langue sou-sou pour approfondir
mon respect des valeurs françaises", dit Lynda Morrel,
animatrice dans un centre de la jeunesse dans la banlieue parisienne.
Source : AFP, 10 novembre 2005
Refus d'indemnisation: Roland Agret se tire
une balle dans le pied
Roland Agret s'est tiré une balle dans le pied jeudi matin
pour protester contre le refus lundi de la commission d'indemnisation
de la cour d'appel de Grenoble de l'indemniser pour les 4 ans qu'il
a passés en prison pour un crime qu'il n'a pas commis, a indiqué
son épouse Marie-Jo.
"Vers 9h00, à notre domicile en Ardèche, Roland
a enlevé sa chaussure et s'est tiré une balle de 6,35
mm dans le pied gauche. Il a beaucoup saigné et un ami lui
a appliqué un pansement compressif", a affirmé
son épouse. Roland Agret a ensuite pris la route pour Grenoble
avec sa femme et un ami. Il compte demander au procureur général
de Grenoble d'appeler lui même une ambulance.
Selon Mme Agret, son époux venait juste de se blesser lorsque
son avocat, Me Dominique Chambon, lui a téléphoné
pour dire que Roland Agret allait être reçu très
prochainement au ministère de la justice. Accusé d'un
crime par de faux témoins qui devaient être condamnés
par la suite, M. Agret a été condamné en 1973
à 15 ans de réclusion. Il s'était coupé
deux doigts pour attirer l'attention sur son cas et avait été
libéré en 1977 par une grâce présidentielle,
puis acquitté lors d'un nouveau procès aux assises du
Rhône en 1985.
Il avait obtenu 250 000 francs (38 000 Euro) d'indemnités
le 18 avril 1986 pour les 18 mois passés détention provisoire,
mais rien pour les 4 années passées après sa
condamnation car la loi ne prévoit rien à ce sujet,
selon Me Chambon. Source : AFP, 10 novembre 2005
Les chiffres qui font mal et peuvent expliquer
l’intifada française
Voici quelques extraits du rapport 2005 de l’Observatoire national
des zones urbaines sensibles (ZUS) :
Le taux de chômage, au sens BIT, des 15-59 ans est en moyenne
sur l’année
2004 de 20,7 %. Dans les ZUS, en progression d’un point par
rapport à 2003, il est environ le double de la moyenne nationale
et de la moyenne des agglomérations ayant une ZUS (10,3 % en
2004).
En ZUS, le fait d’être femme, d’être jeune
ou immigré expose davantage au
risque de chômage :
36 % des garçons actifs et 40 % des filles actives de 15 à
moins de 25 ans
sont au chômage (les chômeurs représentant respectivement
14 % des jeunes hommes et 12 % des jeunes filles de ces générations).
Le revenu fiscal moyen (qui n’intègre pas les prestations
sociales non
imposables) par unité de consommation est, en 2001, de 10 540
€ dans les ZUS pour 18 135 € dans l’ensemble des unités
urbaines ayant une ZUS et 17 184 € pour la France métropolitaine
; ce revenu représente donc dans les ZUS 58 % du niveau moyen
de leurs unités urbaines et 61 % du niveau national. Les revenus
salariaux représentent 74 % de l’ensemble des revenus
fiscaux en ZUS, contre 68 % dans les unités urbaines où
elles se situent et 66 % au niveau national (à noter que les
allocations chômage font partie de ces revenus salariaux). La
part des ménages non imposés est de 57 % en ZUS, pour
37 % dans leurs unités urbaines et 40 % au niveau national.
Les établissements médicaux dans les ZUS
En moyenne, il y a en ZUS 6,5 établissements de pratique médicale
pour 5 000 habitants, contre respectivement 14,6 établissements
et 13 établissements dans les villes et les unités urbaines
où elles sont situées ; les ZUS ont ainsi en moyenne
2 fois moins d’établissements médicaux que leurs
communes ou leurs unités urbaines. 8 % de ces quartiers ne
disposent d’aucune structure de pratique médicale.
Quelques indicateurs sur les établissements scolaires en ZUS
Les données prises en compte pour le rapport 2005 sont celles
de l’année scolaire 2003-2004 et portent sur les établissements
scolaires publics situés en ZUS.
On note peu d’évolutions significatives par rapport à
l’année précédente, dans ce domaine, les
grands paramètres structurels retenus parmi les indicateurs
de l’observatoire évoluent de toute évidence lentement.
Si la baisse des effectifs (qui correspond à la fois à
la baisse de la population en ZUS et à la baisse générale
des effectifs des élèves de collège au niveau
national) constatée depuis plusieurs années se confirme
en 2003-2004, 25 % des ZUS qui disposent d’un collège
voient cependant leurs effectifs augmenter. La baisse des effectifs
ne semble pas avoir d’effet majeur sur la structure sociale
des collèges en ZUS : de 1999-2000 à 2003-2004, le taux
d’élèves défavorisés n’augmente
en moyenne que d’un point, passant de 63 % à 64 % . Il
est toutefois de 42,6 % hors ZUS. Cet écart, si on le rapproche
ce celui qui concerne la part d’élèves de nationalité
étrangère (12 % dans les collèges de ZUS contre
4 % en dehors) traduit la permanence de phénomènes de
ségrégation spatiale qui peuvent localement être
très forts, reflétant et amplifiant parfois ce qui se
passe dans l’habitat.
Si l’on examine la scolarité des élèves
des collèges de ZUS, les grands écarts constatés
demeurent :
la proportion d’élèves en retard de 2 ans ou plus
en 6ème est supérieure de 3 points dans les établissements
en ZUS, de même que les élèves de 3ème
orientés vers l’enseignement général ou
technologique sont plus nombreux à redoubler leur seconde (22
% en ZUS contre 18 % en dehors). L’écart de réussite
au diplôme national du brevet est de 10 points environ en défaveur
des élèves scolarisés en ZUS.
Sur les finances :
L’étude apporte plusieurs enseignements concernant les
communes qui ont à gérer des ZUS :
Leurs charges socio-urbaines sont particulièrement importantes
et les ressources, de toute nature, dont elles disposent pour y faire
face peuvent paraître, pour certaines d’entre elles, faibles
:
Ainsi, les 121 communes de plus de 10 000 habitants dont la population
en ZUS dépasse le taux de 30 % , comptent en moyenne 43 % de
logements sociaux, 89 % d’allocataires logement et affichent
un revenu fiscal moyen des ménages de 6 860 €. La valeur
de ces indicateurs pour les communes qui n’ont pas de ZUS est
respectivement de 17 % , 43 % et 9 820 €.
Les ressources, analysées au regard des indicateurs de potentiels
fiscaux ou financiers montrent des situations communales particulièrement
préoccupantes.
Ainsi, le potentiel financier moyen des 100 communes comportant les
ZUS les moins bien pourvues en ressources fiscales est inférieur
de 57 % à celui des 100 communes
comportant les ZUS les mieux pourvues.
Source : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000698/0000.pdf
Polémique autour d'un projet de musée
à Montpellier sur la présence française en Algérie
par Jean-Marc Leclerc , Le Figaro, 7 novembre 2005
A Montpellier, le projet de centre qui devait célébrer
la période de 1830 à 1962 est au point mort.
LE PROJET de création, à Mont pellier, d'un musée
de la présence française en Algérie est-il déjà
condamné ? Sur place, en tout cas, la municipalité voudrait
désormais se donner le temps de la réflexion avant de
prendre le risque de raviver les plaies de l'histoire. L'idée
de ce musée a été émise il y a quinze
ans par le socialiste Georges Frêche, tonitruant maire de la
ville jusqu'en avril 2004. Pour lui, il s'agissait de mettre en valeur
les apports de la présence française en Algérie
de 1830 à 1962. Une manière de rendre hommage au passé
des rapatriés d'Afrique du Nord, ses compagnons de toujours,
qui pèsent aussi 20% de l'électorat local.
En 2002, la ville rachetait, pour 2 millions d'euros, un ancien bâtiment
de l'armée, l'hôtel Montcalm, pour accueillir le futur
musée. Un conservateur était même nommé
à sa tête, en attendant la mise en place d'un «comité
scientifique».
Et c'est là que l'histoire dérape. La composition de
ce comité, ouvert à de nombreuses associations de rapatriés,
va brouiller l'image «scientifique» de l'opération.
Nombre de ses membres, en effet, prônent un discours qui évoque
davantage la célébration de la colonisation que le nécessaire
«travail de mémoire». Un fort soupçon de
clientélisme électoral plane également sur le
dossier. L'un des historiens associés au projet, Daniel Lefeuvre,
l'affirme, en tout cas : «Ce n'est pas pour rien que l'ouverture
du musée était prévue pour 2007, un an avant
les municipales.» Et cet enseignant de l'université Paris-VIII
d'ajouter : «Les historiens ne sont pas là pour servir
la soupe aux politiques ni aux rapatriés !»
La polémique qui enfle à Montpellier ne fait pas les
affaires du gouvernement à Paris. Car la diplomatie française
aimerait bien tourner la page du conflit franco-algérien. Elle
travaille d'arrache-pied à la signature, d'ici à la
fin de l'année, d'un «traité d'amitié»
entre les deux pays. Déjà, une loi «portant reconnaissance
de la nation et contribution nationale en faveur des Français
rapatriés» a jeté le froid à Alger. Adoptée
le 23 février 2005, à l'initiative de parlementaires,
elle recommandait d'enseigner «en particulier le rôle
positif de la présence française outre-mer, notamment
en Afrique du Nord».
Le texte avait ouvert la voie à des initiatives locales considérées
comme de véritables provocations par certaines associations
de défense des droits de l'homme. Ainsi, la décision
d'ériger des stèles à la mémoire des combattants
de l'Algérie française, où figurent les noms
d'anciens de l'OAS, comme à Marignane (Bouches-du-Rhône)
cet été.
La réponse du président algérien Abdelaziz Bouteflika
fut à l'avenant. Assimilant l'oeuvre coloniale française
au nazisme, il a tenu à rappeler que son pays était
prêt à «signer avec l'Etat français un traité
de paix et d'amitié», mais qu'il «ne saurait en
aucun cas cautionner, même par son silence, une prétendue
mission civilisatrice du colonialisme».
Or c'est bien ce qui fait débat dans l'affaire de Montpellier.
Manifestation de soutien aux migrants à
Calais 3 ans après la fermeture du centre de Sangatte
Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi 5
novembre dans les rues de Calais pour protester contre l'intensification
des contrôles de police que subissent les migrants présents
par centaines dans les rues de la ville.
Un demi-millier de personnes se sont regroupées sur le lieu
de distribution des repas pour les migrants, dans le port de Calais,
avant de manifester dans les rues.
De nombreux réfugiés se sont joints au cortège
aux côtés de membres du Comité des sans-papiers
du Nord (CSP-59) et de bénévoles des associations humanitaires
de Calais.
Une partie des manifestants se sont ensuite rendus devant le centre
de rétention de Coquelles pour protester contre les arrestations
des migrants.
"C'est une réussite, et c'est rassurant, les gens se rendent
compte que ce n'est pas possible de continuer ainsi", a commenté
Jean-Claude Lenoir, l'un des bénévoles du collectif
d'associations C-Sur.
"L'immigration est un problème difficile à régler
mais il faut aussi prendre en compte sa dimension humanitaire",
a-t-il ajouté.
Les responsables d'associations dénoncent les "rafles"
de migrants qui se sont intensifiées depuis le dernier passage
dans la ville du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Les CRS interviennent désormais au moment où les bénévoles
viennent en aide aux migrants lors des distributions de repas ou des
temps de soin, ce que dénoncent les associations.
Cette manifestation intervient trois ans jour pour jour après
la fermeture du centre de réfugiés de la Croix-Rouge
de Sangatte qui avait accueilli en 2001 jusqu'à 2.000 personnes
en même temps.
Plusieurs centaines de migrants de toutes nationalités errent
encore chaque jour dans Calais et ses alentours dans l'espoir d'un
hypothétique passage en Grande-Bretagne.
Source : Reuters, 5 novembre 2005
Les tribulations de Mirza Akash, jeune réfugié
politique pakistanais à Calais
Le 28 octobre MIRZA Akash, jeune réfugié d'origine pakistanaise,
s'est rendu en préfecture d'Arras pour y déposer une
demande d'asile politique. Alors qu'il attendait qu'on lui remette
une preuve du dépôt de sa demande, des policiers requis
par la préfecture l'ont menotté et conduit en garde
à vue au commissariat d'Arras. Les deux militants calaisiens
qui accompagnaient ce demandeur d'asile ont été eux
aussi conduits au commissariat d'ARRAS pour y être longuement
interrogés, en particulier sur leurs motivations politiques.
Ces faits s'ajoutent aux nombreux dérapages constatés
en France ces derniers temps en matière de non-respect des
libertés fondamentales dans le contexte de la politique du
chiffre initiée par M. Sarkozy.
Les motifs officiels de l'intervention policière apparaissent
particulièrement flous. En effet la convention de Genève
précise que l'entrée irrégulière n'est
pas un obstacle à la reconnaissance du statut de réfugié
dans la mesure où l'interessé se présente sans
délai aux autorités. C'est bien le cas ici puisque l'entrée
en France a eu lieu moins d'une semaine avant la démarche volontaire
en préfecture.
Cette arrestation en forme de traquenard ne peut que choquer les citoyens
français attachés aux principes de respect de l'état
de droit. Des élus ont déjà exprimés leur
émotion dans la presse devant cette pratique illégale.
Par ailleurs les contacts téléphoniques avec MIRZA Akash
détenu au centre de rétention de Coquelles laissent
penser qu'il n'a pas été correctement informé
de la possibilité de déposer une nouvelle demande d'asile
depuis le centre de rétention.
L'audience prévue à 10h à l'antenne du TGI situé
dans l'enceinte du Centre de rétention de Coquelles, le lundi
31 octobre, s'est déroulée à plus de 14h. Nous
avons du insiter pour qu'Akash voit son avocate commise d'office avant
l'audience. Le jugement rendu fut sa libération. Mais le parquet
a fait appel. Le mardi 1er novembre, il passait devant la Cour d'Appel
de Douai, à 10h. La Cour a prolongé sa rétention
de quinze jours.
On peut penser que la perspective de la manifestation pour soutenir
la cause des réfugiés du 5 novembre prochain à
Calais inquiètait le ministère de l'intérieur.
Si des réfugiés souhaitent s'exprimer par eux-mêmes
sur les mauvais traitements qu'ils subissent et interpeller les responsables
politiques, cela ne peut certainement pas leur être repproché.
Mais sans doute dans ce pays les hommes, femmes et enfants sans papiers
n'ont-ils que le droit de souffrir en silence.
Voici le témoignage de Marie-Noëlle Gues, du Collectif
Interluttes de Calais sur cette affaire :
Vendredi 28 octobre: arrestation en préfecture d'Arras, d'un
réfugié politique de Calais qui a osé publiquement
traduire les propos de Sarkozy à l'ensemble des réfugiés.
Garde à vue, à partir de 12h20, au commissariat d'Arras.
Audition forcée et politique des deux membres du collectif
de syndiqués qui l'escortaient en préfecture. Arrestation
et garde à vue de 24h du deuxième réfugié
qui nous accompagnait et qui venait d'obtenir ses premiers papiers
(le policier arrageois qui l'a libéré s'est excusé
en disant qu'ils s'étaient trompés). Transfert du réfugié
politique au CRA (Centre de rétention administrative) à
21h, interrogatoire brutal sur ses motivations politiques, mise en
cellule d'isolement dix heures sans manger ni boire, sans possibilité
d'aller aux toilettes.
Samedi 29 octobre : Entrée au CRA de Coquelles à 10h
du matin.
Lundi 31 octobre: audience à l'antenne du TGI, inséré
dans l'espace de la PAF, prévue à 10h. Présence
d'un interprète en langue ourdoue (pakistanais), d'une avocate
commies d'office, et de 5 autres sans-papiers.
Nous avons la possibilité de parler à Akash, le réfugié.
L'avocate, arrivée vers 9h30, ne fait que passer, d'une porte
à l'autre. Le temps passe, l'audience ne débute pas.
L'avocate n'a pas encore écouté les sans-papiers qu'elle
est censée défendre. Il est plus de 13h, lorsque je
demande à l'interprète quand l'avocate va recevoir Akash.
Il me répond qu'elle ne le verra pas. Je m'en émeus
et me dirige immédiatement vers le local où les sans-papier
sont confinés. Je demande si l'un d'entre eux a été
reçu par l'avocate. Le deuxième traducteur présent
m'annonce quelle ne recevra personne. A mon étonnement révolté,
il m'explique: "c'est la police". Succède à
cet intermède, l'entrée de l'avocate, que j'interpelle.
Elle m'assure alors qu'elle va écouter chaque sans-papiers.
Elle refuse la présence d'un membre du collectif.
Elle a défendu Akash, en disant que les procédures employées
par la police d'Arras étaient illégales (pas d'interprète,
pas d'avocat lors de la garde à vue). La juge décide
la libération, libération suspendue à un avis
du parquet.
Le traducteur nous annonce que le parquet ne ferait pas appel et s'étonne
que la police veuille emmemer tout de même Akash au CRA. Les
policiers expliquent qu'il faut lui donner à manger.
Dans l'après-midi, Akash nous contacte. On vient de lui remettre
la décision d'un appel du parquet de Boulogne et d'une audience
à la Cour d'Appel de Douai, le mardi 1er novembre, 10h.
Mardi 1er novembre: Des amis d'un groupe de Lille se sont rendus à
la Cour d'appel de Douai, avant l'heure annoncée. Le bâtiment
était fermé. Ils ont parlé avec le concierge
qui ne savait rien et sont restés à attendre jusqu'à
plus de 13h.
L'après-midi, Akash a expliqué qu'il était parti
à 8h30, que les policiers lui avaient dit que c'était
une audience spéciale, car le 1er novembre était un
jour férié.
Résultat: au tribunal de Douai, lorqu'il a voulu parler à
son avocate avant l'audience, on lui a dit que ce n'était pas
nécessaire, l'avocate connaissait son dossier. L'interprète
qu'il a eu n'a fait que le minimum, traduisant les réponses
du juge et ses réponses dans le contexte du tribunal.
Sur le rendu des décisions du Tribunal, il est écrit
que l'audience était publique.
Akash a été remis au centre, le juge a dit: "Vous
avez été arrêté sans papier, je prolonge
votre rétention de 15 jours". Il faut savoir qu'à
la préfecture d'Arras, Akash avait déposé sa
demande d'asile.
La police prétend qu'il a une fiche d'interdiction d'entrée
dans l'Espace Schengen datant de 2003, alors que ce jeune homme a
obtenu un visa de travail en Italie pour une période d'un an,
juste avant d'entrer illégalement en France, la semaine dernière.
L'Italie lui avait donné le choix entre déposer sa demande
d'asile ou quitter le territoire. Lors de mon audition au commissariat
de police, le policier spécialiste des étrangers (M.Allouche)
m'a agité un papier prouvant que la France avait lancé
une procédure judiciaire contre Akash en 2003, car j'affirmais
sans cesse que l'interdiction Schengen était une invention.
Il a fini par m'avouer que la procédure avait pour objet l'entrée
illégale d'Akash en France.
La police et la préfecture semblent particulièrement
effrayées par la politisation des réfugiés de
Calais. Et ce qui se passe au tribunal de Coquelles dépasse
l'entendement pour un Etat de droit comme le nôtre. Tout le
monde semble subir des pressions énormes qui ont fait raccrocher
rapidement le téléphone à l'avocate commise d'office
lorsque j'ai voulu lui témoigner des suites de l'histoire d'Akash.
Affaire à suivre.
À Sens, Rachel et Jonathan ont retrouvé
leur mère après deux mois de cavale
Deux lycéens sans papiers, originaires de la République
démocratique du Congo (RDC), en cavale depuis deux mois, ont
pu retrouver leur mère après que la préfecture
de l'Yonne eut suspendu l'arrêté d'expulsion visant la
famille, a-t-on appris mardi 2 novembre auprès d'associations
les soutenant.
Mais les deux jeunes gens "veulent encore se battre pour être
régularisés", a indiqué Richard Moyon, membre
du Réseau Education sans Frontières (RESF).
"En application d'une circulaire toute récente du ministre
de l'Intérieur, qui suspend l'expulsion de jeunes scolarisés
et de leurs parents pendant l'année scolaire, le préfet
de l'Yonne a signifié à leur mère, Barbe Makombo,
et aux quatre enfants qu'ils étaient autorisés à
rester en France jusqu'en juin", a précisé M. Moyon.
"Son assignation à résidence, initialement à
Migennes, a été étendue à toute l'Yonne,
de sorte que Mme Barbe Makombo va pouvoir se rapprocher de Sens où
elle a ses attaches. Les autorités ont voulu apaiser les choses,
gagner du temps, tout en ne perdant pas la face", a-t-il estimé.
Trois pétitions ont été lancées depuis
août, rassemblant selon RESF quelque 15.400 signatures, dont
celles de 138 élus de l'Yonne.
"La mobilisation va se poursuivre pour obtenir la régularisation
de (la situation) de la famille. Mme Barbe Makombo n'a même
pas obtenu de titre de séjour qui lui aurait permis de travailler,
alors qu'elle avait deux promesses d'embauche", a poursuivi M.
Moyon.
Rachel, 15 ans, et Jonathan, 14 ans, avaient fui Sens le jour où
leur mère, avec laquelle ils étaient arrivés
en France en 2001 et récemment déboutée du droit
d'asile, était convoquée au commissariat. Ils avaient
alors été pris en charge par des associations et avaient
changé régulièrement d'hébergement pour
ne pas être arrêtés. Ils ont retrouvé leur
mère ce week-end.
Source : AFP, 2 novembre 2005
Circulaire Sarkozy : chronique de milliers
d'expulsions annoncées
par le Réseau Education sans frontières, 6 novembre
2005
La circulaire Sarkozy du 31 octobre 2005 adressée aux préfets
est la mise en musique de ses déclarations au Monde de la semaine
précédente.
Le Ministre en a rabattu dans la forme et dans le ton. Les expulsions
des jeunes majeurs scolarisés et des parents sans papiers d'enfants
scolarisés sont officiellement suspendues jusqu'aux grandes
vacances afin de permettre aux élèves d'achever leur
année scolaire. Là où la police recevait l'ordre
d'interpeller des enfants dans des écoles ou des colonies de
vacances, il lui est maintenant recommandé « d'éviter
[Š] des démarches dans l'enceinte scolaire ou dans ses
abords ». Enfin, alors qu'un mois plus tôt, M. Sarkozy
enjoignait aux Préfets de « savoir résister aux
pressions de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent
qu'eux-mêmes », il leur demande aujourd'hui de nouer «
un dialogue constructif » avec eux. Un peu d'eau dans le vin
mauvais de l'arrogance ministérielle, mais rien de plus.
C'est, à n'en pas douter, la crainte de voir s'amplifier les
dizaines et des dizaines de mobilisations d'établissements
scolaires mais aussi de villages, de quartiers, de villes entières
parfois, qui ont conduit le ministre à ces quelques mesures.
L'hommage du vice à la vertu en quelque sorte, et une satisfaction
pour toutes celles et ceux qui se sont dressés contre l'injustice.
Mais c'est un recul en trompe l'¦il.
Car le Ministre ne cède rien quant au fond. Contrairement à
ce qu'il voudrait suggérer, sa circulaire ne répond
en rien aux attentes de ceux qui se sont révoltés contre
les drames engendrés par la politique du gouvernement en matière
d'immigration.
D'abord parce qu'elle reste dans la logique du cas par cas, dans le
cadre d'une législation qui fait du droit au séjour
une exception, de la défiance et de la répression vis
à vis des étrangers la règle.
Ensuite parce que certaines préfectures ignorent superbement
l'engagement public de suspension des expulsions de jeunes scolarisés
et de leurs familles jusqu'en juin. C'est ainsi que plusieurs préfectures
(Paris, Cher, Š) ont ordonné le placement en rétention
et programmé l'expulsion de plusieurs pères d'enfants
scolarisés et de jeunes étudiants après la promulgation
de la circulaire Sarkozy. Preuve qu'entre les affichages médiatiques
du ministre de l'intérieur et la réalité du terrain,
il risque d'y avoir un gouffre. Le sursis annoncé ne sera donc
accordé que si les autorités sont placées sous
haute surveillance.
De plus, aucun titre de séjour permettant de travailler, pas
même provisoire, n'est accordé aux familles d'enfants
scolarisés. Reconnaître aux élèves le droit
d'achever leur année sans donner aux parents celui de les faire
vivre décemment en travaillant est pure hypocrisie.
Reste l'essentiel : quand bien même elle serait réellement
appliquée, la circulaire Sarkozy n'aboutit qu'à reporter
les échéances de quelques mois. Face à la multiplication
des mobilisations, le ministre a choisi de gagner du tempsŠ en
condamnant les jeunes et les familles à vivre dans l'angoisse
d'une expulsion annoncée à l'été.
C'est inacceptable pour ceux qui sont directement touchés et
pour ceux qui les soutiennent. Personne ne peut comprendre comment
des expulsions déclarées inhumaines en octobre deviendraient
tolérables en juillet.
Le calcul du ministre est condamné à l'échec.
Son sursis n'est pas une concession, c'est un piège. Les établissements
et collectifs mobilisés ne s'y laissent pas prendre. Ils revendiquent
toujours la régularisation pure et simple des jeunes et des
familles. Et, à n'en pas douter, ils le feront de façon
de plus en plus pressante au fur et à mesure que le couperet
de la fin juin approchera. Monsieur Sarkozy a préparé
un printemps et un été chauds.
Organisations membres du réseau « Education sans frontières
» ( au 3 novembre 2005) :
1. Mouvement associatif (local et national) :
ADN (Association pour la démocratie - Nice), AITEC (Association
Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs, Groupe contre
la criminalisation des familles), AMF (Association des Marocains en
France), Amhiti (réfugiés haïtiens), A.S.A.V. (Association
pour l'Accueil des Voyageurs - 92), Association « En-Temps »
(service des mineurs étrangers isolés), Association
Française Janusz Korczak (AFJK), Association Intercapa Solidarité
Etudiants Etrangers, Association Sar-Phirdem, ATTAC-France, CEDETIM,
CIMADE (Service ¦cuménique d'entraide), Cinquième
zone, Collectif Cetace (Créteil), Comité de défense
des droits des sans-papiers (59), Comité de soutien aux tsiganes
du 93 Collectif des sans papiers de Seine Saint-Denis (93), Collectif
des sans-papiers des Hauts de Seine (92), Collectif des sans-papiers
kabyles de France (CSPK), 3ème Collectif des sans-papiers de
Paris, Coordination nationale des sans-papiers, CVSF, DEI (Section
française de Défense des Enfants international), DAL
(Droit Au Logement), Ecole Emancipée, Emancipation, FASTI,
Faut qu'on s'active ! (Boulogne sur mer), FCPE (Fédération
des Conseils de Parents d'Elèves de l'Ecole Publique), Femmes
de la Terre, Fondation Copernic, GISTI, Journal « A Contre Courant
» politique et syndical (Mulhouse), ICEM Pédagogie Freinet,
Identité RROMS, Ligue de l'Enseignement, Ligue des Droits
de l'Homme, MRAP, Observatoire des Libertés Publiques, RAJFIRE
(Réseau pour l'autonomie des femmes immigrées et réfugiées),
Ras le Front, RCTS (Réseau de travailleurs sociaux pour l'insertion
des jeunes étrangers), Réseau Chrétiens Immigrés
(RCI), SOS Racisme, SUB TERRA a.s.b.l.,
2. Mouvement syndical
CNT, FERC-CGT, FIDL, FSU, Union Syndicale « Solidaires »,
MGM (Syndicat de la Médecine Générale) PAS 38
(Pour une Alternative syndicale Isère), SGEN-CFDT, SUD-Culture,
SUD-Education, SUD-PTT, SUD Santé-Sociaux, SEDVP-FSU (Syndicat
des Etablissements Départementaux de la Ville de Paris), Syndicat
de la Magistrature, UDAS (Union des Alternatives Syndicales), UNL,
UNSEN-CGT.
3. Collectifs RESF d'établissements, de villes ou de régions
:
CISéé (Lycée Suger Saint-Denis - 93), CISéé
(Lycée Utrillo, Stains - 93), Collectif de défense des
sans papiers de Villejuif (94), Collectif de l'EURE de soutien aux
mineurs et jeunes majeurs scolarisés sans papiers (27), Collectif
des Hauts de Seine Sud (92), Collectif de Soutien aux Enfants
de Sans-Papiers scolarisés (Orléans - 45), Comité
de soutien des enfants tchétchènes de l'école
Baudelaire - Paris 12°, Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires
(Nantes - 44), Collectif "jeunes sans papiers" (Réseau
Education Sans Frontière de l'Hérault - 34), Collectif
lycée J. Vaucanson (les Mureaux 78), Collectif lycée
J. Feyder (Epinay 93), Collectif Resf Angers (49), Collectif
Resf Seine Saint-Denis (93), Collectif Unitaire de Défense
des Elèves, Etudiants et Enseignants Etrangers (Académie
de Créteil), Club UNESCO Terre Bleue (Charenton 94),
Groupe Education Sans Frontières Voltaire (Collège-Lycée
Voltaire - Paris 11°), Jean Macé Sans Frontières
(Lycée Jean Macé, Vitry - 94), Lycée Jean Jaurès
(Châtenay-Malabry - 92), LP Florian (Sceaux - 92), LP Gustave
Eiffel (Massy - 91), Réseau Education Sans Frontières
Ille et Vilaine (35), Réseau Education Sans Frontières
Lyon (69/42), Réseau Education Sans Frontières Moselle
(57), Réseau Education Sans Frontières Nord Pas
de Calais, Réseau Education Sans Frontières Rouen (76),
Solidarité Migrants Oise (60).
Soutiens :
Alternative Libertaire, JCR, LCR, Les Verts, MJS, OCML VP - Journal
Partisan, PCF.
Infos : www.educationsansfrontieres.org
France 3 condamnée pour diffamation
de Abderrezak Besseghir, le bagagiste de Roissy
La chaîne de télévision France 3 a été
condamnée vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour
avoir injustement accusé fin 2002 Abderazak Besseghir, bagagiste
de Roissy, d'être un terroriste islamiste, a-t-on appris auprès
du tribunal.
Marc Tessier, l'ancien PDG de France Télévisions, et
le journaliste Edouard da Costa ont été chacun condamnés
par la 17e chambre du tribunal correctionnel à 2.000 euros
d'amende pour avoir diffamé M. Besseghir et devront également
lui verser un euro de dommages-intérêts.
Les motivations de ce jugement n'étaient pas consultables vendredi
après-midi.
Etait en cause un reportage diffusé dans les journaux 19/20
et Soir 3 du 7 janvier 2003, affirmant qu'une mallette de détection
d'explosifs avait été découverte dans le casier
professionnel du bagagiste.
L'information comme les accusations de terrorisme qui avaient pesé
sur M. Besseghir après que des explosifs furent découverts
dans sa voiture sur son lieu de travail, le 28 décembre 2002,
s'étaient révélées fausses.
Victime d'un complot familial, le bagagiste avait été
écroué une dizaine de jours avant d'être libéré
et de bénéficier d'un non-lieu en mai 2003.
Lors de l'audience, le 30 septembre dernier, la représentante
du parquet avait estimé que le reportage visé représentait
"le degré zéro de l'information", bâti
autour d'une "information creuse mais dont l'habillage en fait
un élément à charge de nature à porter
atteinte à l'honneur" de M. Besseghir.
En mai 2003, après le non-lieu dont a bénéficié
M. Besseghir, la chaîne lui avait présenté à
l'antenne ses excuses, par la voix de son directeur de la rédaction.
Source : AFP, 4 novembre 2005