Essais nucléaires: Moruroa e Tatau
affirme détenir des "preuves accablantes" de
retombées radioactives très fortes sur les Gambier
en 1966
"Les retombées du premier essai nucléaire
français dans le Pacifique, le 2 juillet 1966, ont été
140 fois plus fortes que dans la zone interdite de Tchernobyl",
ont affirmé mardi à Tahiti les responsables de l'association
Moruroa e Tatou, qui ont présenté des "documents
inédits" révélant les conséquences
des essais aériens sur l'archipel des Gambier.
Roland Pouira Oldham, président de l'association "Moruroa
e tatou" et Brunot Barillot, chercheur et directeur de "l'Observatoire
des armes nucléaires", sont convaincus d'avoir désormais
en main des documents qui vont permettre aux habitants des Gambier
(Sud-Est de la Polynésie française) d'entreprendre
des démarches juridiques qui leur donneront toutes les
chances d'obtenir réparation de l'Etat français.
Il s'agit de rapports d'origine militaire sur les missions d'observation
envoyées aux Gambier, notamment après le premier
tir du 2 juillet 1966.
Des "mesures effarantes" de radioactivité
Ainsi, le navire militaire "La Coquille", du "Service
mixte de contrôle biologique", aurait été
dépêché aux Gambier du 2 au 8 juillet "pour
étudier la situation". Cité par Brunot Barillot
dans la revue "Damoclès", éditée
par le "Centre de documentation et de recherche sur la Paix
et les conflits", le "rapport secret" du docteur
Philippe Million, en date du 10 juillet 1966, fait état
de mesures de radioactivité que Brunot Barillot qualifie
d'"effarantes". Par exemple, le 6 juillet, une radioactivité
666 fois supérieure à la normale aurait été
observée sur de la salade non lavée, restant 185
fois supérieure à la normale sur de la salade lavée.
Deux jours plus tard, le 8 juillet, "après des pluies
abondantes de plus de 12 heures", des échantillons
prélevés dans les sols révélaient
une radioactivité "plus de 50 fois supérieure
à l'activité naturelle d'un sol sédimentaire".
"Il sera peut-être nécessaire de minimiser."
Dans son rapport, le Dr Million révèle aussi que
malgré ces résultats "aucune mesure d'interdiction
n'est envisagée", et il note que "la population
tahitienne est parfaitement inconsciente, insouciante et ne manifeste
aucune curiosité". Selon le médecin, le seul
à avoir pris conscience de la situation véritable
est le capitaine du "Service mixte de sécurité
radiologique" (SMSR): "par honnêteté, il
s'inquiète pour les gosses du village qui marchent pieds
nus et jouent par terre". Damoclès cite encore la
conclusion du Dr Million: "Il sera peut-être nécessaire
de minimiser les chiffres réels de façon à
ne pas perdre la confiance de la population qui se rendrait compte
que quelque chose lui a été caché dès
le premier tir". La revue produit de plus une série
de reproductions de documents estampillés "confidentiel
défense", qui semblent révéler la réalité
des retombées des essais nucléaires aériens
les Gambier.
Une requête des habitants des Gambier
L'association Moruroa e Tatou, qui avait réservé
aux habitants des Gambier la primeur de ces révélations,
annonce que "Madame le maire et les habitants des Gambier,
soutenus par l'association des vétérans des essais
nucléaires et par l'observatoire des armes nucléaires,
ont décidé de déposer une requête auprès
du ministre de la Défense pour que soient rendus accessibles
aux requérants toutes les informations et documents leur
permettant d'appréhender les conséquences sur leur
santé et celle de leur descendance des essais nucléaires
pratiqué en Polynésie française." Selon
Roland Oldham, les habitants des Gambier s'expliquent mieux aujourd'hui
le "fort taux de mortalité infantile, les nombreux
cas de fausses couches et les décès de nouveaux
nés" qui se sont produits aux Gambier dans les années
qui ont suivi les essais aériens. Source :Tahitipresse
, 17/05/2005
Le “possédé de l’avenue
du Président-Kennedy”*
Richard Labévière, ouvre la chasse aux sorcières
musulmanes et désigne la “vrai cible” de la
“guerre contre le terrorisme
Éditorialiste à Radio France Internationale et auteur
de Les Coulisses de la terreur (Grasset), Richard Labévière
est un homme influent, ne serait-ce que par son lien matrimonial
avec Mme Anne Gazeau-Secret, ambassadrice de France à La
Haye, qui était intervenue lourdement pour faire interdire
de parole Tariq Ramadan aux Pays-Bas en janvier 2005. Influent
et pontifiant. Mal vu et dénoncé - et même
menacé de mort - par des sionistes furieux de ses critiques
de la politique israélienne, il s’oriente de plus
en plus vers un anti-islamisme à tendance éradicatrice.
Sans doute, a-t-il craint de subir le même sort que Alain
Ménargues, viré de RFI comme un malpropre sur ordre
du Quai d’Orsay pour “antisémitisme”
supposé
Nous reproduisons ci-dessous le dernier délire de Labévière,
qui est un véritable appel à la chasse aux sorcières.
Et d’ailleurs, après avoir commencé par comparer
les Frères musulmans égyptiens au fascisme mussolinien
[tout comme les éradicateurs algériens aimaient
comparer le FIS aux nazis allemands], il conclut de manière
apocalyptique en comparant les “islamistes” égyptiens
aux “possédées de Loudun”, des femmes
brûlées pour sorcellerie au Moyen-Âge. Il faut
vous reposer, Monsieur Labévière, vous souffrez
de surchauffe ! À moins que vous ne cherchiez, par vos
papiers délirants, à changer de poste et à
être muté de RFI à ... la DST ? Ou peut-être
même rêvez-vous de clôturer triomphalement votre
carrière en devenant ambassadeur auprès du président
à vie Hosni Moubarak, grand démocrate éclairé
et spécialiste de la chasse aux sorcières musulmanes
dans le pays qui vient au deuxième rang mondial après
Israël parmi les pays destinataires de l’aide financière
de Washington ?
* : RFI se trouve dans la Maison de Radio-France, avenue du Président-Kennedy,
Paris, 16ème arrondissement
Derrière al-Qaida, les Frères
musulmans
Développé à partir du tissu associatif de
la paysannerie d'Egypte, ce groupe se fonde sur une interprétation
stricte des textes
par Richard Labévière, Le Figaro, 28 juillet 2005
La baudruche al-Qaida s'est passablement dégonflée
depuis les attentats de Madrid (11 mars 2004). Les premières
explosions de Londres (7 juillet 2005) lui ont porté un
coup décisif. Enfin, celles de Charm el-Cheikh (23 juillet
2005) recentrent les enquêtes menées depuis plusieurs
décennies sur la matrice historique du djihadisme contemporain,
à savoir la confrérie des Frères musulmans.
Plutôt que d'attribuer cette série d'attentats, qui
ne présente pas de continuum opérationnel, à
un hypothétique «pilier européen» d'al-Qaida,
ou à un «pilier irakien» qui n'a guère
plus de pertinence, les enquêteurs se concentrent, depuis
plusieurs années mais surtout depuis Madrid, sur la structuration
internationale, voire l'appareil international de cette confrérie
égyptienne qui a vu le jour à la fin des années
20. Développé à partir du tissu associatif
de la paysannerie de Haute-Egypte, ce mouvement fondé sur
une interprétation stricte des textes fondateurs de l'islam
sunnite a beaucoup été influencé aussi par
l'idéologie corporatiste qui fonda le fascisme mussolinien.
C'est en partie pour cette raison que la confrérie s'est
initialement organisée à partir des secteurs d'activité
économique aux mains d'une petite bourgeoisie opposée
aux «officiers libres» ayant renversé le roi
Farouk, dont Gamal Abdel Nasser, qui deviendra l'incarnation d'un
nationalisme arabe laïque et volontiers marxisant.
De cette matrice historique, encouragée et financée
dès l'origine par le roi Fayçal d'Arabie, devaient
naître à la fin des années 70 des groupements
d'étudiants plus radicaux prônant le recours à
la lutte armée : les Gama'a islamiya et le Djihad, auteurs
de l'assassinat du président Anouar el-Sadate le 6 octobre
1981. Hormis la condamnation à mort en 1982 de cinq activistes
principaux, les quelque deux cents autres Frères musulmans
inculpés, qui durant toute la durée du procès
n'ont cessé de clamer leurs convictions islamistes, ont,
finalement, été libérés sans autre
forme de procès. Après cette amnistie aussi précipitée
qu'immaîtrisée, la plupart de ces activistes ont
quitté l'Egypte pour l'Arabie saoudite, le Pakistan, l'Afghanistan,
l'Indonésie, la Malaisie, la Corne de l'Afrique, l'Afrique
sahélienne et le Maghreb. C'est à l'éparpillement
de ces djihadistes historiques que l'on doit la formation de la
nébuleuse Ben Laden jusqu'au retrait soviétique
d'Afghanistan en 1989, et l'installation durable de foyers djihadistes
en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Europe.
Hormis la matrice historique des Frères musulmans égyptiens
et sa reconfiguration, hormis l'épicentre financier saoudien,
les enquêteurs privilégient, aujourd'hui, une troisième
piste au Pakistan, selon trois axes : les zones tribales frontalières
de l'Afghanistan ; le foyer cachemiri de conflit avec l'Inde ;
et, enfin, la métropole portuaire de Karachi, monstre urbain
de quelque 14 millions d'habitants, incontrôlée et
incontrôlable, abritant quelque deux 250 madrasas (écoles
coraniques) enseignant quotidiennement la haine confessionnelle
à des «étudiants» dont l'âge est
compris entre 4 et 70 ans.
Après les bombardements du Kosovo et de la Serbie, après
toutes les interventions décidées par le Conseil
de sécurité des Nations unies, après la «coalition»
américano-britannique en dépit de l'ONU, comment
justifier la marginalisation du conflit israélo-palestinien
et les innombrables victimes civiles de la deuxième guerre
d'Irak ? Les fabriques de djihadistes trouvent leur légitimation
symbolique dans le déséquilibre, ou l'inéquité,
des traitements politiques et diplomatiques de nombre de crises
internationales, au premier rang desquelles figure la confrontation
israélo-palestienne. Depuis 1948, ce conflit a généré
plus de quatre cents résolutions du Conseil de sécurité,
de l'Assemblée générale et de la Commission
des droits de l'homme de l'ONU sans qu'aucun de ces textes connaisse
le plus petit début de mise en oeuvre. La deuxième
guerre d'Irak et l'installation durable dans le pays de troupes
occidentales, dont 140 000 soldats américains, ainsi que
la multiplication de bases militaires dans toute la région
jusqu'en Asie centrale, constituent le deuxième référent
symbolique des nouveaux djihadistes. Enfin, le conflit tchétchène
parachève ce tryptique, sou bassement de la fracture civilisation
nelle et justification de toutes sortes de croisades. Ces figures
de l'idéologie des Frères musulmans présentent,
vues sous cet angle, de troublantes analogies avec les projections
mortifères des néoconservateurs américains.
Sans s'inscrire jamais dans la perspective historique de ces crises
nationales et postcoloniales, les prédicateurs des Frères
musulmans qui officient en Europe les instrumentalisent à
loisir, afin de poursuivre la construction d'un mur d'incompréhension
entre les communautés musulmanes de la diaspora et le reste
des populations, décrites comme un magma d'infidèles
hostiles travaillant à l'anéantissement des croyants.
Il n'est donc guère surprenant de voir, aujourd'hui, ces
mêmes prédicateurs se ruer à Londres pour
exiger de leurs coreligionnaires le respect des lois des pays
d'accueil, tout en continuant à leur prodiguer, en privé,
des consignes de non-intégration conjuguées comme
autant de voies d'accès au salut.
Loin de représenter la majorité des communautés
musulmanes, la confrérie continue à fonctionner
sur un mode sectaire, où le savoir se mélange de
manière inextricable à un pouvoir d'influence et
de nuisance. Ses visées communautaristes ne sont pas sans
rappeler les grandes montées de sorcellerie et de possession,
telles que celle qui a envahi l'Europe à la fin du XVIe
et au début du XVIIe siècle. Et les enquêteurs
antiterroristes d'aujourd'hui feraient bien de se pencher sur
La Possession de Loudun, de Michel de Certeau (1), déchiffrant
les rationalités selon lesquelles le sectarisme, en passe
de devenir un mouvement social, révèle les symptômes
d'une société inquiète de ses propres fondements
et de ses finalités. «Liée à un moment,
conclut Michel de Certeau, c'est-à-dire au passage de critères
religieux à des critères politiques (...), la possession
de Loudun ouvre aussi (...) sur la question qui se pose à
partir du moment où surgissent, différentes des
diableries d'antan mais inquiétantes comme elles, les nouvelles
figures sociales de l'autre.»
Le rideau de fumée al-Qaida commençant à
s'estomper, peut-être pouvons-nous enfin nous attaquer à
penser et à répondre aux stratégies idéologiques
et pratiques de la confrérie des Frères musulmans
?
Un Algérien expulsé de France
pour avoir “appelé au jihad “
Un Algérien de 35 ans, Reda Ameuroud, qui avait appelé
au djihad près d'une mosquée parisienne, a été
expulsé vendredi soir du territoire français par
un bateau partant de Marseille pour Bejaïa (Algérie),
a-t-on appris de source proche du dossier.En situation irrégulière,
Reda Ameuroud avait été placé en centre de
rétention après avoir été arrêté
le 13 juillet lors d'une "opération de prévention
du terrorisme", près de la rue Jean-Pierre-Timbaud
(XIe), où est installée une mosquée notamment
fréquentée par des radicaux.
Surveillé par la Direction de la surveillance du territoire
(DST) et les Renseignements généraux (RG), Ameuroud
fait partie de la dizaine de "référents idéologiques"
repérés, en plus d'une dizaine d'imams radicaux,
en raison de leurs discours haineux et violents.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a indiqué,
dans un entretien au Parisien paru vendredi, qu'une dizaine d'entre
eux seraient expulsés d'ici à la fin août.
Un autre Algérien, Abdelhamid Aissaoui, 41 ans, a été
expulsé le 23 juillet. Cet "imam occasionnel",
selon le ministère de l'Intérieur, avait été
condamné à quatre ans d'emprisonnement pour sa participation
à la tentative d'attentat contre le TGV à Chasse-sur-Rhône
(Isère) le 26 août 1995. Cette condamnation était
assortie d'une interdiction définitive du territoire.
Reda Ameuroud est le frère aîné d'Abderahmane
Ameuroud, 27 ans, condamné en mai à sept ans d'emprisonnement
et à l'interdiction définitive de territoire pour
avoir offert un soutien logistique à deux Tunisiens qui
ont assassiné le commandant Ahmed Shah Massoud en Afghanistan
le 9 septembre 2001 avec une caméra piégée.
Décrit par l'accusation comme "le volontaire djihadiste"
de ce dossier, pour être resté quatorze mois en Afghanistan
où il est arrivé en 1999, Abderahmane Ameuroud avait
été celui des cinq condamnés qui s'était
vu infliger la peine la plus lourde par le tribunal correctionnel
de Paris.
Abderahmane Ameuroud est par ailleurs soupçonné
d'avoir des liens avec le groupe dit des "campeurs",
soupçonné d'avoir organisé des entraînements
au djihad en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne).
Source : AFP, 29 juillet 2005