Londonistan
Huit d’un coup ou
: comment les services secrets construisent un réseau terroriste de
médecins de la mort
par Pony HÜTCHEN, politblog.net,
5 juillet 2007
Traduit de l’allemand par Michèle
Mialane et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
« Rapide
et efficace »- voilà les adjectifs dont la presse britannique gratifie
la chasse aux terroristes islamistes. En quelques jours un réseau entier
a pu être débusqué ; l’enquête sur les « attentats terroristes
« perpétrés en Grande-Bretagne semble bouclée et l’opinion internationale
manifeste son enthousiasme pour les exploits des forces de sécurité
britannique. Huit arrestations en moins de quatre jours !
Comment est-ce possible ? « Nos gaillards nous ont légué une
véritable mine d’indices,» explique un employé. « Les auteurs présumés
des attentats n’ont pas pris la moindre peine pour effacer leurs traces. »
Cette mine d’indices, sur laquelle les enquêteurs britanniques ont prétendu
être tombés, est en fin de cause une simple carte SIM.Des
téléphones mobiles qui devaient servir de détonateurs pour les « voitures
piégées » ont été découverts par la police dans les limousines
Mercedes stationnées devant la boîte de nuit londonienne et près de
Hyde Park. Les services secrets et la police
se sont apparemment contentés d’identifier le propriétaire d’une des
cartes et les numéros en mémoire - et le piège s’est refermé.
L’escadron
de la mort d’Al Qaïda
Le Dr Mohammed Haneef
Les traces mènent au docteur Mohammed Haneef,
un jeune médecin indien respecté. C’est sur l’aéroport de Brisbane,
dans le Queensland, qu’il a été arrêté lundi matin (heure australienne)
alors qu’il s’apprêtait à prendre la fuite, selon les sources officielles.
Il serait donc le cerveau des attentats terroristes.
Les indices qui feraient conclure à une fuite étaient évidents :
Haneef avait acheté un aller simple pour Bangalore dans le
Sud de l’Inde et en perquisitionnant à son domicile australien des policiers
ont découvert du linge qui séchait et de la vaisselle sale dans l’évier.
Mohammed Haneef est bien le propriétaire de
la carte SIM trouvée à Londres.
La biographie du terroriste type ? Après avoir terminé avec succès
son cursus au Collège de médecine Ambedkar
de Bangalore, Haneef se hâte d’émigrer en Grande-Bretagne où il occupe un
poste de médecin dans une clinique ce Liverpool. L’an dernier il répond
à une annonce parue dans le British Medical
Journal et proposant un poste en Australie dans le Queensland, qu’il
obtient.
C’était ce qu’il souhaitait, car le jeune médecin (27 ans) voulait fonder
une famille et se fixer dans le Queensland. En quittant l’Angleterre
il avait laissé sa carte SIM à un parent, car en Australie il ne pouvait
rien en faire. Il n’emporte que son téléphone mobile. Les pérégrinations
de la carte durant les neuf derniers mois ne sont visiblement pas le
problème de la police britannique.
Haneef et sa femme Firdous
ont une petite fille âgée de dix jours. Firdous
et l’enfant se trouvent chez les beaux-parents de Haneef,
à Bangalore. Mohammed Haneef a donc demandé
un congé à sa clinique à partir de lundi dernier pour aller voir sa
femme et sa fille nouvelle-née à Bangalore avant de repartir avec elles
en Australie.
L’enfant devait être inscrite sur son passeport à Bangalore et c’est
seulement après qu’il pouvait acheter en Inde les billets d’avion
pour toute la famille, selon les déclarations de son beau-père. Les
indices laissant conclure à une fuite s’écroulent comme un château de
cartes. Un jeune actif de 27 ans qui laisse du linge à sécher et de
la vaisselle sale dans l’évier- c’est si rare ? Ce sont les seules
preuves de sa « fuite ».
La famille et les amis de Mohammed Haneef
le décrivent comme un homme calme, responsable et attentionné. Pendant
son long séjour à l’étranger il était toujours resté en contact étroit
avec sa nombreuse famille à Bangalore. Pour ses collègues du Queensland
c’est un médecin d’une grande conscience professionnelle et un collègue
apprécié.
Mohammed
et Marwa Asha
Un deuxième médecin, ainsi que sa femme, ont été arrêtés en Angleterre.
Il serait le principal suspect et le dirigeant du réseau : Mohammed
Asha. Lui aussi a été « démasqué »
grâce à la carte SIM : l’un des numéros en mémoire était le sien.
Asha est neurologue dans une clinique se Stoke-on-Trent,
une petite ville située entre Birmingham et Liverpool. Sa femme Marwah
et lui-même ainsi que leur fils, âgé de deux ans tout juste, ont été
stoppés , puis arrêtés par une unité antiterroriste
sur une autoroute au nord de Stoke-on-Trent suite à un contrôle radar
qui avait flashé sa plaque minéralogique. La famille a été emmenée à
Londres dans un « centre d’interrogatoires pour terroristes ».
Les médias britanniques ont jugé bon de préciser qu’Asha porte la barbe et sa femme la tenue musulmane traditionnelle.
Parallèlement à l’arrestation la demeure d’Asha
a été perquisitionnée. Les enquêteurs n’ont pas fourni à ce jour de
preuves qu’ils auraient découvert un réseau terroriste et son « cerveau ».
Ce seraient- dit la presse britannique- des conversations enregistrées
sur son répondeur qui auraient « mis la police sur la piste d’Asha ».
Le journal n’explique pas comment des conversations téléphoniques découvertes
chez un suspect potentiel ont pu les mettre sur sa trace. Sans doute
ces techniques de recherches sont-elles classées top secret par
les services de sécurité britanniques.
On a d’autres renseignements sur Mohammed Asha :
Asha est d’origine palestinienne et sa famille
vit en Jordanie. Il a grandi à Amman et passe pour très brillant. Il
a été classé troisième à l’examen d’entrée aux études de médecine et
ses études elles-mêmes ont été remarquables. Durant ses années
d’études il n’a jamais fait de politique, se consacrant entièrement
à son travail. Asha vit en Angleterre depuis
2004. Ses excellents résultats en Jordanie lui ont valu d’obtenir une
bourse pour se spécialiser en neurologie à l’université de Birmingham.
La médecine est sa passion, tout son amour va à sa famille. Ses collègues
et ses parents le décrivent comme un médecin brillant, qui n’a
jamais eu de contact avec des organisations extrémistes. C’est un musulman
convaincu, mais pas un pratiquant scrupuleux.
Mohammed Asha devait aller en Jordanie le
12 juillet pour rendre visite à sa famille et était en train d’acheter
des cadeaux. Il avait appelé ses parents peu de temps auparavant pour
s’enquérir de la taille de ses frères et sœurs. Il a six frères et deux
sœurs à Amman, l’un d’entre eux est ingénieur, deux autres sont eux
aussi médecins
Son frère aîné Ahmad, à qui l’on demandait quelle était la position
de Mohammed vis-à-vis du fondamentalisme musulman a répondu que le
seul problème de son cadet était d’être un génie - mais qu’il n’avait
jamais été un extrémiste.
Son père Abdel Qader Asha
s’est adressé au roi de Jordanie pour lui demander son aide. C’est par
les médias qu’il avait appris son arrestation.
Marwah, la femme de Mohammed, possède aussi
un haut niveau d’instruction. Elle a fait des études à l’University
of Science and Technology d’Irbid, la deuxième
ville de Jordanie. Tous deux se connaissent depuis les bancs de l’école.
C’est exclusivement du personnel médical qui constitue le reste de la
prétendue « bande de terroristes. »
Bilal
Abdullah
C’est un Irakien de 27 ans, médecin diabétologue à l’hôpital
Royal Alexandra à Paisley près de Glasgow. Il vit en Grande-Bretagne
depuis 2006, date où il a terminé avec succès ses études de médecine
à Bagdad.
Pour Daniel Gardiner, le logeur d’Abdullah, ce dernier donne une impression
de grand professionnalisme. Des enquêtes approfondies à son sujet n’ont
rien révélé de suspect. Bilal Abdullah était le passager du véhicule
en feu qui a tenté de pénétrer dimanche dernier sur l’aéroport de Glasgow.
Dr Khalil Ahmed
Lui aussi était médecin à l’hôpital Royal Alexandra. C’était
le chauffeur de la jeep en feu de l’aéroport. On dit qu’il en serait
descendu et se serait arrosé d’essence, ce qui serait la cause de ses
graves brûlures.
Il est pour l’heure soigné à l’hôpital où il était médecin. Il est gardé
par des hommes en armes pour prévenir une évasion. Mais il semble que
la gravité de ses brûlures lui laisse peu de chances de survivre.
Khalid Ahmed vient du Liban, il a 27 ans.
On lui reproche, outre l’« attentat » de Glasgow, d’avoir
conduit de Glasgow à Londres , dans la nuit
du jeudi au vendredi précédents, une des deux Mercedes que l’on a découvertes
ensuite chargées d’ «explosifs ». Les deux médecins seraient
ensuite rentrés à Glasgow par les transports en commun.
Sabeel Ahmed
Nous avons encore affaire à un jeune médecin (26 ans), dont la presse
et la police ne savent, de toute évidence, qu’une chose : il
était en contact avec Haneef, le prétendu
« cerveau ». Ce qui n’étonne d’ailleurs que les services
de sécurité britanniques, car ils sont non seulement proches parents,
mais aussi bons amis. Tous deux sont originaires de Bangalore, où ils
ont fait leurs études ensemble et partagé une chambre.
Sabeel Ahmed a été arrêté dimanche à Liverpool.
Il y faisait une spécialisation à l’hôpital Halton - il habitait, nous
dit-on, à Allerton et auparavant à Toxteh,
près de Liverpool. Les deux appartements ont été perquisitionnés par
un nombre impressionnant de policiers, et les deux rues sont barrées
depuis et surveillées par des forces de sécurité.
Son « crime » : c’est à lui qu’ Haneef
avait laissé sa carte SIM.Et c’est là-dessus
que la police a découvert des photos et la trace des autres suspects.
Des photos sur une carte SIM ? Rien de bien extraordinaire. Et
un petit film réalisé lors d’une fête ; bien sûr il ne pouvait
s’agir que d‘une grandiose célébration- de toute évidence prématurée-
des attentats, car le mobile a été retrouvé dans l’auto qui devait servir
pour l’ « attentat manqué ».
“Cellphone records
show photographic images of the suspects and the recording shows the
suspects celebrating the plot.”(Source)
Et
encore deux médecins…
Pour finir deux autres médecins sont « tombés dans les filets »
des enquêteurs. Leur identité n’a pas encore été divulguée par les autorités,
mais, selon toute apparence, ils sont originaires d’Arabie saoudite,
respectivement âgés de 25 et 28 ans ; l’un des deux est encore
étudiant, l’autre achève ses études de médecine. Eux aussi travaillaient
à l’hôpital Royal Alexandra où ils ont été arrêtés.
Quel est le chef d’accusation ? Probablement leurs photos figuraient-elles
sur la carte SIM.
À l’exception du Docteur Mohammed Haneef,
incarcéré en Australie, et de Khalid Ahmed, qui est à l’hôpital de Glasgow,
tous les accusés ont été à l’heure actuelle transférés au Centre d’interrogatoires
des terroristes la
Paddington Green Police Station.
La Grande-Bretagne
dans les serres des médecins terroristes
Les médias britanniques appellent tous plus haut l’un que l’autre
à rechercher les quatre « médecins de la mort » qui selon
eux manquent encore à l’appel. Les mots qui font peur, et depuis
des années servent à conditionner l’opinion publique, sont surexploités
aussi bien par les politiciens que la police : islam conservateur,
charia, Zarqaoui, Abou Hamza le prêcheur de la haine, chiites, wahhabites,
croisade, Al Qaïda, tentative de génocide.
Toutefois, pour l’instant, les accusations se concentrent essentiellement
sur l’Irakien Bilal Abdullah. Brusquement les médias ont sorti de leur
chapeau un « ami » qui révèle que Bilal ne faisait rien, hors
prier et surfer sur Internet, qu’il était issu d’une famille wahhabite
ultraconservatrice, qu’il avait été endoctriné directement par Abou
Moussab Al Zarqaoui,
le chef de la branche irakienne d’Al Qaïda et que son meilleur
ami avait été tué en Irak par des chiites. Un exemple de la manière
dont il s’était totalement discrédité lui-même : l’invasion de
l’Irak l’avait rendu furieux et il approuvait les attaques contre
les troupes américaines et britanniques. En outre, il était convaincu
que l’Occident menait une croisade visant à imposer son mode de vie
aux pays musulmans.
Quelqu’un d’autre s’est employé à déclencher la panique dans les médias :
le prêtre anglican Andrew White. Un membre haut placé d’Al Qaïda l’aurait
en effet mis en garde dès avril dernier : « Ceux qui vous soignent
vous tueront. » Une mise en garde qu’il aurait transmise au Ministère
des Affaires étrangères, ce à quoi celui-ci oppose un démenti formel.
Quant à Al Qaïda elle-même, on lui attribue ceci: Elle en était
venue à cibler des médecins pour son recrutement, car il était plus
facile à des membres de ce groupe de haut niveau de s’implanter
dans les pays occidentaux.
On peut aussi se demander pourquoi des scientifiques de haut niveau,
disposant du simple fait de leurs études de bases suffisantes en physique
et chimie, devraient se montrer aussi dilettantes lorsqu’ils fabriquent
des charges explosives ??
Quant aux médias anglais en tout cas, un seul sujet les agite
désormais : peut-on encore faire confiance à son dentiste ou à
son gynécologue musulman ?
Campagne
antiterroriste
Les conséquences et politiques des récents « attentats
terroristes », en réalité une simple série de ratés douteux,
et les exigences qui en découlent , peuvent
se résumer à :
- renforcement de la sécurité intérieure
- mise en réseau des services secrets au niveau international
- institution d’un Conseil de sécurité national
- nouvelles directives pour l’embauche de personnel médical dans
les établissements de santé, contrôle plus sévère des étrangers.
En quoi la « guerre contre le terrorisme » franchit-elle un
nouveau pas en intensité et en qualité ?
En raison, bien sûr, de la sévérité accrue promise aux lois sur
la sécurité, mais pas seulement. Si naguère les prétendus « terroristes »
étaient plutôt présentés comme des marginaux, la focalisation sur les
médecins accusés aujourd’hui frappe au cœur de la société, surtout en
Grande-Bretagne.
Le passé colonial de l’Empire attire traditionnellement en Grande-Bretagne
nombre d’immigrants- en partie présents depuis des générations. Et parmi
eux beaucoup de musulmans. De vastes pans des classes moyennes musulmanes
sont perçus comme bien intégrés et parmi eux, les universitaires jouissent
d’un incontestable prestige social.
Environ 1,6 million de musulmans vivent à l’heure actuelle en Grande-Bretagne.
Ils représentent à peine 3% de la population totale des Iles britanniques.
La plupart des musulmans britanniques sont originaires de l’Inde, du
Pakistan et du Bangladesh, mais beaucoup descendent de coreligionnaires
issus d’autres ex-colonies britanniques. La plus grande partie vit en
Angleterre (60 000 seulement en Écosse, au Pays de Galles et en Ulster).
Dans beaucoup de villes du Nord de l’Angleterre l’Islam est la première
religion; à Londres, un habitant sur dix environ est musulman (Source,
décembre 2005).
La prétendue « conjuration des médecins de la mort islamistes »
accentuera les divisions dans la population - pas seulement au plan
social ; la coupure traversera la société en profondeur, attisant
fortement la méfiance et l’hostilité envers les musulmans. Ajoutons
que les médecins sont en règle générale des personnes à qui l’on fait
confiance et que la santé personnelle est l’un des sujets les plus sensibles.
Quel meilleur moyen d’attiser les sentiments de haine que de coupler
un domaine aussi sensible avec la peur du terrorisme ?
Ce n’est plus le « réseau dormant » anonyme qui vous menace
désormais, mais la classe moyenne musulmane, aucun médecin, aucun universitaire
quel qu’il soit, n’est plus protégé contre le virus de l’extrémisme
et du terrorisme. Ne fais plus confiance à aucun musulman !
Pourquoi
justement des médecins ?
Peu importe de quoi sont effectivement accusés les médecins impliqués
dans cette affaire et quels procès leur seront intentés ; d’ores
et déjà une chose est sûre, leur carrière est totalement ruinée, en
Grande-Bretagne ils sont définitivement discrédités.
Supposons que les accusations portées contre eux soient arbitraires,
qu’ils soient innocents ou tout au moins de simples instruments :
il faut se demander pourquoi ce sont précisément à des médecins que
l’on impute la responsabilité de ces attentats.
La réponse exige de se pencher une fois de plus sur les conséquences
politiques de ces prétendus attentats.
Louise Ellman, députée à la Chambre des Communes et présidente
du Mouvement travailliste juif ainsi que des Amis travaillistes d’Israël
a pris la parole dès l’arrestation des prétendus »médecins de la
mort » : « Tout ceci montre la nécessité d’une vigilance
accrue et d’un haut niveau de sécurité et de surveillance à l’échelon
international. Je suis heureuse qu’on n’ait pas eu à déplorer la perte
de vies humaines, mais les dégâts matériels auraient pu être considérables.
Il est important que tout le monde soit conscient que ces hommes sont
animés d’une haine sans bornes, qui réduit à néant les repères que le
reste de leur vie leur donne. Nous devrions renforcer les contrôles
de sécurité dans les hôpitaux, le terrorisme exige un contrôle effectué
par les services secrets et une surveillance à l’échelon international. »
Tiens tiens, faut-il s’attendre désormais
à voir les hôpitaux transformés en quartiers de haute sécurité ?
Le système de santé britannique, le NHS (National Health
System) , à la différence du système allemand
, repose sur un réseau de polycliniques et de services ambulants. Les
médecins de ville sont rares et en règle générale il s’agit de généralistes
dispensant les soins de base.
Toute ingérence de type politique dans les hôpitaux peut donc recéler
le danger d’un contrôle des patients par l’État qui en définitive concernera
toute la population britannique.
D’ores et déjà des ordinateurs ont été confisqués dans le cadre
de perquisitions effectuées dans les hôpitaux et ils contiennent selon
toute vraisemblance des données protégées concernant les patients.
L’exploration des données se justifiait par la possibilité pour les
« terroristes » présumés d’avoir utilisé ces ordinateurs pour
leurs contacts. À l’avenir la circulation des données risque d’être
soumise à un maillage plus fin, conséquence politique d’une meilleure
prévention des « attentats ».
Si tout le système de santé en venait à être mis sous surveillance,
ce serait la totalité des données concernant les patients qui
cesserait à l’avenir d’être couverte par le secret médical.
L’État et les services secrets seraient autorisés, si l’on suivait Louise
Ellman, à s’immiscer dans les sphères les plus sensibles de
la vie humaine - la confiance qui lie le patient à son médecin. Les
domaines les plus intimes pourraient être dévoilés, puisque des tiers
y auraient accès. Couplés avec une loi sur la sécurité nationale, de
tels aspects de la soi-disant sécurité de l’État pourraient vider de
leur contenu les droits personnels.
Tout ce qu’il est possible de faire au nom de la sécurité et quelles
mesures celle-ci autorise à prendre, les individus concernés ne l’apprendront
peut-être jamais, ou beaucoup trop tard, car l’exemple des USA montre
que les intérêts de sécurité nationale ont priorité sur les principes
constitutionnels et les droits humains.
Au fait, qu’en est-il des expériences sur le contrôle des consciences
menées aux USA par la CIA ? « Des
expériences , en majorité dangereuses pour
la santé, voire présentant des risques mortels, ont été effectuées à
l’insu des cobayes humains ou sans leur consentement, souvent même contre
leur volonté expresse. Parmi ces cobayes il y avait des milliers de
citoyens usaméricains choisis au hasard et aussi des patients soignés
en hôpital ». Y a-t-on mis fin de manière totale et définitive,
conformément à la promesse solennelle faite en 1995 par Bill
Clinton ?
Source : http://politblog.net/krieg-terrorismus/geheimdienste-konstruieren-terrornetzwerk-der-todesaerzte.htm
Pony Hütchen (littéralement
Poney Petit Chapeau), le nom de la cousine d’Emil dans le roman
d’Erich Kästner Emil et les détectives (1928), est le pseudonyme
choisi par une documentariste berlinoise qui a longtemps travaillé
dans la télévision d’État allemande. Après le 11 septembre 2001, elle
dit avoir découvert la valeur d’Internet comme source cruciale d’information
politique. Elle rêve d’une télévision indépendante et informative sur
le Net. En attendant, elle écrit, sur le site http://politblog.net
Cette traduction est libre de
reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner
l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala
: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=3227&lg=fr
Le nouveau complot des blouses
blanches (suite)
Par Jean-Michel Vernochet, 8 juillet
2007
Comme
il fallait s’y attendre les arrestations fracassantes de six médecins
australiens ont fait flop. Ceux-ci ont été relâchés hier samedi 7 juillet
malgré leur appartenance supposée à un super-réseau terroriste, présenté
comme l’un des noyaux durs de la fantomatique Al Qaïda. Reste l’effet
d’annonce et l’idée maintenant bien imprimée dans les
esprit qu’il y aurait eu un “complot des blouses blanches” !
Le comble de l’horreur puisque les médecins, avec ou sans serment d’Hippocrate,
sont censés préserver la vie et non la détruire. L’image inscrite désormais
en creux dans les opinions occidentales restera celle de la capacité
du fanatisme islamiste d’inverser toutes les valeurs et de convertir
les médecins en assassins.
La similitude des matériels informatiques et les impressionnantes listes
de correspondants trouvées chez les praticiens australiens correspondent
cependant bien à la définition d’Al Qaïda, autrement dit “La Base” puisqu’il s’agissait originellement
d’une “base de données” informatiques et non de la mythique base de
Tora Bora (située dans les contreforts de l’Hindu Koush) et sortie tout
droit de l’imagination enfiévrée de Ian Fleming, le créateur l’agent
007 dit James Bond.
On se souviendra à ce propos des plans abondamment diffusés (sans vergogne)
par une presse qui perdu depuis longtemps tout sens éthique, et des
extraordinaires schémas représentant ces cavernes ensevelies à flanc
de montagne où était censé se concocter l’assaut final contre l’Occident
“décadent et corrompu”. En fin de compte les soldats de la coalition
ne trouvèrent pour toute “Base” que de misérables trous aménagés au
marteau piqueur et pour toute arme de destruction massives, que des
nattes élimées et des théières cabossées...
Les générations futures ne sauraient ici manquer de s’émerveiller devant
le génie des marionnettistes, manipulateurs en tout genre, du théâtre
d’ombre qu’est devenue la guerre moderne. Une guerre qui se construit
patiemment au sein des chancelleries et par le travail effectué sur
l’imaginaire collectif. Surtout s’il s’agit de la guerre qui nous est
promise, la guerre civile planétaire mieux connue sous le vocable de
“choc des civilisations” ! Or, à présent, la guerre des mots et
des images précède l’assaut final, et le pilonnage de l’opinion correspond
aux préparations d’artillerie à longue portée d’antan. Les foules une
fois terrorisées et sidérées, les opérations peuvent alors commencer
sans rouspétance...
Dans la nouvelle affaire des “blouses blanches”, la chose était pourtant
entendue dès le premier instant sachant que ceux-ci étaient membres
d’une confrérie missionnaire le “Tabligh”,mouvement
apostolique, a priori pacifique, fondé en Inde dans les années 1920.
Si des enquêteurs malintentionnés voulaient d’ailleurs s’en donner la
peine, ils devraient trouver sans difficulté de semblables bases de
données informatiques à deux pas du Stade de France, à la mosquée Al
Rahma, "la mosquée miséricorde”, centre français du Tabligh.
Ce pourquoi les ci-devant médecins australiens réputés al-qaïdistes
furent vite renvoyés dans leurs foyers. Reste que
pour l’opinion, le “mal” était fait, et bien fait...
Le nouveau complot des blouses blanches
Grand dérangement climatique et coup de zouzguef* !
Par Jean-Michel Vernochet, 4 juillet 2007
George Orwell écrivit un jour: « En ce temps de duperie
universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire
». Or il suffit de parcourir les journaux - de gauche ou de droite,
si on en distingue encore la différence - pour se rendre compte
qu'il s'agit sans vergogne de proxénétisme médiatique.
Et les télévisions ? Des lupanars qui turbinent sur le
trottoir de la globalisation. Les sacro-saints journaux télévisés
sont avalés, ruminés et digérés sans scrupule!
La masse s'engraisse en liesse des bassesses, mensonges et vulgarités
proférés par tous les mass médias. Et tout semble
bien aller vers le pire !
Jacqueline Amidi, Beyrouth 31 mai 2007.
En ces temps de perturbations atmosphériques chroniques, un rayon
de soleil chauffe la nuée qui nous inondera (comme vache qui
pisse), la minute suivante. Août est en avril et le joli mois
de mai se mue en Toussaint lugubre. Pareillement, les crises se suivent
avec une infernale régularité… Crise du camp de
réfugiés de Nahr el-Bared au Liban (des réfugiés
à perpétuité : quarante années de confinement
depuis la guerre dite des Six jours ; des exilés venus grossir
les contingents de déportés de la Naqba, la « Catastrophe
» de 1948) durant laquelle l’armée libanaise, beaucoup
moins présente pendant la drôle de guerre unilatérale
de juillet dernier, a nettoyé le ghetto de ses éléments
armés du Fatah el-Islam ; une étrange milice islamiste
que certains experts s’entêtent à présenter
comme sponsorisée par le clan Hariri pour faire pièce
au Hezbollah… Comprenne qui pourra !
Crise de Gaza, autre ghetto et camp de concentration
où s’entasse un million et demi d’humains dans des
conditions d’une grande précarité, des conditions
que dénoncent avec beaucoup de constances (et parfois même
de courage) les représentants des Nations Unies et les humanitaires,
avertissements et sonnettes d’alarmes qui ne trouvent que peu
ou pas d’écho dans la grande presse ou en tout cas infiniment
moins que celle du Darfour (priorités des priorités pour
la diplomatie française cornaquée par M. Kouchener, ci-devant
médecin), cette province soudanaise où des enjeux géoénergétiques
(pétrole et uranium) et géostratégiques d’importance
mettent aux prises les Titans de la scène internationale : Chine
versus États-Unis.
Gaza où les cadres du gouvernement élu
du Hamas (élu avec la bénédiction de la Communauté
Internationale et plus encore de l’Union européenne), las
d’être l’objet d’assassinats ciblés,
d’enlèvements et de tortures et de détentions arbitraires
de la part des milices du Fatah, le parti présidentiel, las de
voir bafouer les accords de la Mecque sur le partage des pouvoir et
des compétences, ont fini par restaurer un peu d’ordre
dans l’anarchie civile qui croissait de manière alarmante
ces dernières semaines à la grande joie des hommes de
Tel-Aviv ravis de voir s’entretuer leurs ennemis intimes.
La libération hier du journaliste britannique
Allan Johnston détenu par un groupe salafiste, l’Armée
de l’Islam, se réclamant plus ou moins d’Al Qaïda***
en témoigne (quoique ce matin 4 juillet 2007, la grande presse
rechigne à rendre justice à la vérité et
à en attribuer le mérite au seul Hamas), que la paix civile,
ou ce qui s’en approche le plus, est de retour à Gaza.
Reste qu’une fois de plus nous assistons au festival de la mauvaise
foi : si le Hamas est parvenu à mettre un terme aux affrontements
fratricides opposants les factions (cela en expulsant manu militari
les quasi mercenaires du Fatah, formés et payés par l’Administration
états-unienne pour faire le ménage au lieu et place des
F16 et des drones de combats qui arrosent régulièrement,
et en toute impunité internationale cette prison à ciel
ouvert qu’est aujourd’hui la bande (maudite) de Gaza), il
reste l’éternel et irrédimable coupable… Coupable
et repoussoir idéal, du sur mesure, que jamais l’on ne
reconnaîtra sous peine, horresco referens, de se voir reconnaître
par lui**!
Toutes ces crises, incompréhensibles pour le
citoyen lambda qui n’a d’autres sources d’information
et d’intellection que la presse « gratuite » et le
« vingt heure », se succèdent maintenant comme une
mauvaise houle à lames sèches tambourinant sur la coque
sonore du navire, risée annonciatrice de la nuée d’orage…
Et Londres, et Glasgow dans tout ça ?
À Londres, une voiture piégée,
mais tellement mal qu’elle ne pouvait exploser faute de détonateur
pertinent, une grotesque bagnole en flammes jetée contre la façade
de l’aéroport de Glasgow et quelques autres épisodes
aussi rocambolesque que pataphysiques, et pour comble, cet invraisemblable
complot des blouses blanches [prétendu complot de médecins
soviétiques, presque tous juifs, qui auraient assassiné
deux dirigeants soviétiques et auraient prévu d'en assassiner
d'autres. Il s’agissait d’une machination montée
de toute pièce par le régime stalinien, et l’affaire
fut abandonnée en 1953 après la mort de Staline, NDLR
Quibla].
… ! Soit dit en passant le Royaume-Uni est à ce point à
bout de souffle, hors de ressources, qu’il doit à présent,
sans vergogne, importer ses médecins de ses anciennes colonies,
cela malgré dix ans passé sous la férule blairiste,
une quasi-dictature soft prétendument d’une inoxydable
efficacité libérale ? Car existe-t-il un autre qualificatif
pour désigner un système qui s’est prolongé
à coup de mensonges et a conduit, volens nolens, l’orgueilleuse
Angleterre sur les sentiers de la guerre sans limites ? Guerres de conquêtes
fondées sur le mensonge et la désinformation extensifs
: Yougoslavie en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003 ; ceci en allant
jusqu’à faire, très vraisemblablement, assassiner
certains témoins gênants tels le Dr Lily****, expert en
armes de destruction massive qui avait dénoncé le trucage
éhonté du dossier irakien ! D’éternels mensonges
qui sont devenus de nos jours la voie habituelle de la gouvernance dans
nos démocraties libérales-avancées et dans le travaillisme
sauce libérale mis à la mode par M. Blair dont a su s’inspirer
notre brillant nouveau et hyperactif Président de cette «
Cinquième » cacochyme !
Pour les sceptiques, vite requalifiés en conspirationnistes,
tout cela ne tient guère la route. Qu’on se souvienne :
cet autre épisode abracadabrantesque du passager de British Airways,
Richard Reed, doux débile qui en décembre 2001 projetait,
paraît-il, de faire exploser l’avion où il était
embarqué, avec ses semelles explosives ! Si c’est cela
Al Qaïda, c’est évidemment sinistre, mais c’est
aussi tout à fait grotesque et de ce point de vue, en définitive,
totalement risible.
Et les attentats de Londres et de Madrid me direz-vous
? Certes, d’authentiques tragédies, mais qui en sont les
auteurs véritables au-delà de protagonistes trop visibles
et trop vite « logés » ? En tout cas, ils n’appartiennent
pas à Al Qaïda comme le répètent à
l’envi les perroquets médiatiques, c’est en effet
ce qu’ont établi les rapports des brigades anti-terroristes
de Scotland Yard et de Madrid. Cela est sans appel !
Le cas Richard Reed, à l’instar du mélange
explosif qu’aurait pu réaliser, à la mi-août
2007, des islamistes candidats au martyr dans les toilettes des aéronefs
américains assurant les liaisons transatlantiques (complot hypothétique
déjoué avec maestria ! qui paralysa et désorganisa
pour un temps le trafic aérien de la Grande-Bretagne). On sait
à l’heure actuelle, de l’avis autorisé de
spécialistes, que la fabrication d’explosifs liquides est
chose ardue, en tout cas laborieuse et qu’enfin les toilettes
des longs courriers ne sont pas des laboratoires de chimie particulièrement
propices ou confortables pour ce genre d’opération.
Peut importe, le résultat atteint (et visé
?), de toute évidence, était, est d’entretenir et
de renforcer un état de psychose permanent de la population britannique.
Comme cela existe déjà (mais aucun « Envoyé
spécial » de nos services publics télévisuels
ne documente cela) aux États-Unis où le niveau d’alerte
est annoncé quotidiennement en une sorte de météo
morbide relatif à une « terreur » largement fabriquée.
Les populations ainsi conditionnées acceptent
mieux les lois et les dispositions de contrôle social universel
(Patriot Act aux É-U), les mises en fiches générales,
non plus des populations potentiellement délinquantes, mais de
toute la société sans exception (par exemple, passeports
biométriques permettant l’identification à distance
au sein d’une foule) et, pour l’anecdote, les quelque 400
000 caméras de surveillance de Londres intra muros qui ne s’intéressent
sans doute que très marginalement à la délinquance
ordinaire...
Exit M. Blair, bienvenu M. Brown, un clou chasse l’autre,
et le monde poursuit sa course folle. Une course à l’abîme
peut-être car que cache cette soudaine éruption de tentatives
avortées, mais prodigieux spectacle médiatique ? Que nous
concoctent les brillantes cervelles du « 10, Downing street »
associées à leurs homologues washingtoniennes ? Quel coup
de zouzguef imminent se prépare-t-il à l’ombre de
Big Ben pour justifier un tel conditionnement de l’opinion britannique,
en premier lieu, européenne et occidentale ensuite ? Quelle pilule
ou quel calice d’amertume veut-on nous faire in fine ingurgiter
? En un mot quelle nouvelle crise d’envergure ou quelle nouvelle
guerre, ces pseudos attentats montés en neige annoncent-ils ?
La réception, danse du ventre, offerte à Vladimir Poutine
dans la résidence familiale des ogres bushistes, ne vaut rien
qui vaille. Quel bluff et quel marchandage auront été
évoqués au cours de cette rencontre du Troisième
type ? Qui aura été sacrifié sur l’autel
de la stabilité de l’hémisphère nord ? une
question que nous aurions préféré ne pas poser…
L’Iran est toujours « le » bon candidat
à l’holocauste. Téhéran est trop souvent
cité, et pas en bien ces jours-ci, pour son soutien aux résistances
chiites irakiennes, pour son influence nouvelle au sein du Londonistan,
ou pour le réarmement du Hezbollah libanais, voire du Hamas palestinien…
La liste des reproches s’allonge tous les jours et tout cela n’est
pas de bon augure !
Le dérèglement climatique est aujourd’hui
quelque chose de tangible. N’en déplaise aux Panglossiens
qui vivront éternellement dans le meilleur des mondes capitalistiques,
à notre humble avis les désordres météorologiques,
désordres cosmiques s’il en est, accompagnent ou reflètent
les désordres humains. De ce point de vue, l’horizon devient,
hélas, couleur de plomb…
Notes
* Coup de zouzguef: faire un mauvais coup à quelqu'un (expression
oranaise)
** Cf. Le Courrier (Genève) 22 février 2006 - Entretien
avec le chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas : «L’Occident
doit accepter le dialogue »…
*** Tout comme le Fatah al-Islam au Liban créé apparemment
pour déconsidérer le Hezbollah (Parti de Dieu peut-être
mais aussi parti de gouvernement), et pour justifier « le désarmement
des milices » (autrement dit de toutes forces d’opposition
ou de résistance armée au Liban contre les ingérences
récurrentes du voisin israélien) ; un désarmement
unilatéral et inconditionnel réclamé à corps
et à cri au Conseil de sécurité par le parti dominant
des éternels plaignants ! Dal même façon, l’armée
de l’Islam et d’autres groupuscules du même acabit,
semblent jouer à Gaza des rôles analogues à celui
du Fatah al-Islam, ceci afin de brouiller les cartes, faciliter les
amalgames et entretenir la confusion dans l’esprit du public.
À ce titre et jusqu’à ce jour, quasiment aucune
mention n’a été faite dans les médias sur
« qui » étaient les ravisseurs de journaliste de
la BBC ou ceux du soldat Gilad Shalit ; cela permettant d’en imputer
implicitement et tacitement la responsabilité au gouvernement
légal de la Palestine, à savoir le Hamas !
**** En 1999, Tony Blair préside, sans l’aval du Conseil
de Sécurité, à la « déclaration »
du guerre (en fait les guerres modernes se présentent sans déclaration
du tout) contre la Fédération yougoslave, ultime verrou
de souveraineté en Europe orientale, à propos de la province
serbe du Kossovo.
Dans cette logique, il apporte en 2003 un soutien inconditionnel à
George Bush dans sa guerre d’agression contre l’Irak baasiste.
Porte-parole de la Maison-Blanche, il est chargé au niveau européen
de contrer le couple franco-germanique hostile à une guerre injustifiable.
Blair apporte de l’eau au moulin de la propagande belliciste en
produisant des argumentaires particulièrement grossiers (comme
le mémoire de maîtrise d’un étudiant, mémoire
scolaire repris aux fautes près le Secrétaire d’État
Colin Powell) prétendant démontrer en Irak la présence
d’arme de destruction massive en Irak en violation de Résolutions
des Nations Unies. Le Dr. David Christopher Kelly fonctionnaire du ministère
de la Défense britannique, expert en guerre biologique et membre
de la Commission spéciale des Nations unies (Onuscom) pour le
désarmement de l’Irak où il s’est rendu à
37 reprises au cours de sept années d’inspections. Kelly
est retrouvé « suicidé » le 17 juillet 2003
après ses révélations à la BBC relatives
aux falsifications de l’administration blairiste quant aux ADM
irakiennes. Une commission parlementaire blanchira le Premier britannique
dans cette sinistre affaire comme dans tant d’autres.
Dans son rapport final rendu public le 29 juin 2007, la Cocovinu, commission
d’inspection de l’Onu, conclut : "Aucune arme de destruction
massive n’a été trouvée en Irak". Avant
l’invasion de l’Irak, la Cocovinu aura conduit 731 missions
d’inspection sur 411 sites différents.
Le Suédois Hans Blix, chef de la Commission des N-U, défiant
les formes contraignantes de la diplomatie, n’avait pas hésité
à déclarer en 2005 que les États-Unis et le Royaume-Uni
avaient choisi délibérément d’ignorer les
rapports de la mission onusienne. On ne saurait mieux dire !
Le rapport précise par ailleurs que "par ses informations
fausses et fallacieuses, notamment dans les premières années
du processus d’inspection (après la Guerre du Golfe en
1991), il était devenu pratiquement impossible pour l’Irak
de fournir des preuves convaincantes qui auraient balayé les
doutes ». Enfin, plus de 200 fournisseurs étrangers, entre
1970 et 1990, ont livré à l’Irak des équipements
de haute technologie et des matériaux pouvant entrer dans les
programmes d’armement interdits [aux pays non-membres du club
des élus ou des éligibles, faut-il le préciser].
L’ «Onu » a officieusement précisé que
les rapporteurs avaient « décidé » (on ignore
si c’est de façon autonome) de garder un silence pudique
quant aux noms des dits fournisseurs ! Pour la petite histoire l’on
sait que M. le Secrétaire à la Défense américain,
M.Donald Rumsfeld, fut un habile voyageur de commerce au cours de ces
années fastes…
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