21/08/06
- Lampedusa, honte de l’Europe
Une nouvelle tragédie au large de l’île sicilienne
de Lampedusa samedi : 10 morts. Les associations italiennes se moblisent
pour faire cesser ce scandale. Lire ci-dessous le communiqué
du Laboratorio zeta de Palerme etl’appel à une manfestation
nationale le 10 septembre.
Lire aussi : Lampedusa, "trou noir de la démocratie"
vampire, éditorial et Journal d'un séjour à Lampedusa,
bastion avancé de l'Europe de Schengen par Filippo Miraglia,
sur quibla.net, 23août 2005 http://quibla.net/edito/edito44.htm
Encore des morts au large de Lampedusa
Communiqué du Laboratorio Zeta, Palerme, 20 août 2006
Traduit de l’italien par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le
réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es).
Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à
condition d’en respecter l’intégrité et d’en
mentionner sources et auteurs.
Cette nuit à 3 h 30, dix personnes ont à nouveau perdu
la vie dans leur tentative désespérée d’atteindre
l’Italie.
C’est insupportable.
La liste des morts dans le Canal de Sicile est une chaîne sans
fin.
Nous apprenons que le ministre de l’Intérieur Giuliano
Amato affirme : « Ce qui est arrivé aujourd’hui n’est
pas seulement une tragédie, c’est un véritable crime.
Je fais confiance à la magistrature pour qu’elle consacre
à la recherche des responsables le même engagement intérieur
et international que celui qu’elle met à poursuivre des
délits moins graves.»
Mais la responsabilité de ces morts n’est pas seulement
à rechercher seulement du côté des organisations
criminelles qui gèrent le trafic d’êtres humains,
mais surtout du côté des États et des lois qui rendent
tout cela possible.
Si les gens continuent perdre leur vie pour atteindre notre pays, c’est
parce qu’il n’y pas de voies légales pour entrer
en Italie.
La responsabilité réelle de ces tragédies revient
à la Loi Bossi-Fini et à la politique de militarisation
de la Méditerranée.
Si la loi n’est pas changée, si on ne crée pas des
voies légales d’entrée en Italie, si les flux migratoires
continuent à être gérés par une politique
répressive, notre mer continuera à être marquée
par ces atrocités.
Le ministre Amato ne peut pas faire semblant de ne pas s’en rendre
compte.
Nous pensons en outre aux survivants, ces hommes et ces femmes qui ont
risqué leur vie et ont vu mourir leurs compagnons de voyage et
qui risquent maintenant l’expulsion ou la détention dans
un Centre de rétention provisoire. Peut-être en se faisant
interpeller directement à l’hôpital, come cela est
arrivé ces jours-ci à l’hôpital Civico de
Palerme.
Nous voulons dire basta à tout cela.
C’est pourquoi nous invitons toutes les forces démocratiques
qui ces dernières années se sont dépensées
pour la construction d’une Méditerranée de paix
à venir à Lampedusa le 10 septembre pour une manifestation
nationale qui exigera la fermeture des Centres de rétention temporaire
et l’abrogation de la Loi Bossi Fini.
Laboratorio Zeta, Palerme
Site : http://www1.autistici.org/zetalab
Courriel : zetalab@autistici.org
Fermer les Centres de rétention temporaire
maintenant ! Appel à une mobilisation nationale antiraciste à
Lampedusa le 10 septembre 2006
Par le Réseau antiraciste sicilien et d’autres
organisations
Traduit de l’italien par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre
de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité
et d’en mentionner sources et auteurs.
La Sicile est devenue ces dernières années la frontière
Sud de l’Europe e Lampedusa est son avant-poste. La tentative
de travestir le phénomène politico-social inexorable des
migrations en problème d’ordre public à régler
par une militarisation croissante des frontières et des dispositions
policières, n’a fait que produire la mise en place de nouvelles
formes d’apartheid.
Il ne se passe pas une semaine sans qu’on apprenne un énième
naufrage. La Méditerranée, carrefour d’échanges
entre cultures depuis des millénaires, est en train de se transformer
en un lugubre cimetière marin. Ce contexte est aggravé
par la guerre permanente qui englobe désormais toute la région
du Moyen-Orient. Ce sont les lois répressives sur l’immigration
qui ont créé une nouvelle clandestinité dont la
finalité est l’exploitation des migrants considérés
sous le seul angle de l’exploitation comme force de travail «
jetable ».
Le système législatif italien a rendu impossible l’entrée
légale sur notre territoire, favorisant ainsi de fait le chantage
exercé par des trafiquants qui spéculent sur la traite
des êtres humains. Il nous faut évoquer aussi la très
grande diffusion du travail au noir qui permet aux entrepreneurs d’augmenter
leurs profits de manière exponentielle, avec la complicité
d’un véritable caporalato (organismes de placement illicite
de main d’œuvre, sur le modèle des structures mafieuses
traditionnellement utilisées par les grands propriétaires
fonciers dans le Sud de l’Italie, NDT), comme cela est arrivé
à Cassibile (province de Syracuse), où l’on voit
des patrons profiter de salaires très bas et réduire la
main d’œuvre à des conditions proches de l’esclavage.
Depuis des années les mouvements antiracistes en Europe et en
Italie luttent pour la fermeture des prisons ethniques : les Centre
de rétention temporaire (CPT : Centri di Permanenza Temporanea)
institués par la loi Turco-Napolitano, dans le cadre de normes
européennes (Accords de Schengen) inspirées par la même
intention de contenir et réprimer, sont la manifestation la plus
intolérable et obscène de la réponse ségrégationniste
au phénomène de l’immigration. Ce sont des camps
dans lesquels des hommes et des femmes se retrouvent privés de
leur liberté non pour ce qu’ils auraient fait mais pour
ce qu’ils sont. Toutes les conventions internationales sur les
droits humains et le droit d’asile sont foulées aux pieds
chaque jour. De l’incendie du CPT de Trapani en 1999 (qui coûta
la vie à six migrants tunisiens) aux déportations de Lampedusa
vers la Libye en octobre 2004 et en mars 2005 (qui ont coûté
la vie à un nombre inconnu d’hommes et de femmes morts
de faim et de soif dans le désert et pour lesquelles le gouvernement
précédent a été condamné par le parlement
de Strasbourg), des moments de dénonciation et de mobilisation
ont pu être construits.
À Lampedusa, l’urgence immigration est devenue un business
: on dépense des flots d’argent public pour les conditions
de détention. Aujourd’hui, aussi à cause du climat
xénophobe qui a été instauré, nous assistons
à des actes de délation ou à de véritables
omissions de secours de la part de marins et marins-pêcheurs intimidés
par les conséquences légales et économiques possibles
d’une opération de secours (l’expérience du
Cap Anamur a été une leçon [ce navire humanitaire
allemand a été arraisonné pour avoir porté
secours à des boat people, NDT]).
Nous proposons d’investir dans une politique d’accueil et
de libre circulation des migrants, dans des alternatives au tout-sécuritaire,
à partir de Lampedusa. Nous demandons un système d’accueil
qui passe par les structures publiques, en premier lieu les ASL (Établissements
sanitaires locaux), plutôt que par des organismes et associations
privés qui font leurs bénéfices sur le circuit
de détention et sur les tragédies des migrants. Nous exigeons
que cette petite île sicilienne soit libérée de
cette honte. Le « centre » doit être fermé,
point barre ! Il ne faut pas que soit ouvert un autre centre de détention
dans l’ancienne caserne. Nous faisons appel aux structures de
base, aux associations, aux forces politiques, aux parlementaires italiens
et européens pour qu’ils soutiennent l’appel et la
mobilisation du 10 septembre.
Pour la fermeture immédiate et définitive de tous les
Centres de rétention temporaire et Centres d’identification,
à commencer par celui de Lampedusa ;
Pour l’abrogation de la Loi Bossi-Fini sans retourner à
la loi précédente qui l’a inspirée ;
- Pour une rupture nette du lien entre permis de séjour et contrat
de travail ;
- Pour une loi sur l’asile politique qui protège réellement
les demandeurs d’asile et réfugiés, avec l’abaissement
des frais légaux ;
Pour une citoyenneté de résidence et le droit de vote
pour tous les migrants ;
Pour la délivrance et le renouvellement immédiat de tous
les permis de séjour, pour la régularisation permanente
de tous les migrants en Italie ;
Pour l’arrêt de toutes les expulsions et des accords de
réadmission.
Premiers signataires
Rete Antirazzista Siciliana (Réseau anioraciste sicilien) - Arci
- Attac Sicilia - Carta - CGIL Palermo - CGIL Sicilia - Circolo Arci
“Thomas Sankara” - Confederazione Cobas Sicilia - Csoa Ask
191 - Emergency - Fiom CGIL Sicilia - Il Manifesto - Laboratorio Zeta
- Laici Comboniani - Network Antagonista Siciliano - Osservatorio Migranti
Agrigento - Social Help Agrigento
Ont aussi signé l’appel :
Alcamo Solidale, Alcamo (PA) - Alessandra Ballerini, avvocato - Alex
Zanotelli, Comboniani - Associazione Giuristi Democratici - Associazione
Mezclar, Pisa - Associazione Senza Confine, Aprilia (LT) - Associazione
Senza Confine, Roma - Attac-Italia - Bebo Storti, attore - Carla Incorvaia,
giornalista - CGIL Medici Sicilia - CISS, Cooperazione Internazionale
Sud Sud - Cobas-Scuola, Catania - Collettivo Araba fenice, Facoltà
di Scienze Politiche Catania - Coordinamento Universitari in Lotta,
Palermo - CSA ex-Canapificio, Caserta - Daniela Dioguardi, dep. PRC
- Dario Fo - Davide Enia, attore - Fiom-CGIL - Francesca D’Agostino,
Università di Cosenza - Francesco Martone, sen. PRC - Fulvio
Vassallo Paleologo, Università di Palermo - Gigi Malabarba, sen.
PRC - Gino Strada, Emergency - Giovanna Marano, seg. reg. Fiom-CGIL
Sicilia - Giulio Cristoffanini, Emergency - Giusto Catania, Europarlamentare
PRC - Gruppo Teatrale Frammenti, Palermo - Gruppo Sinistra Unitaria
Europea /Sinistra Verde Nordica del Parlamento Europeo - Guerre&Pace
- Laboratorio delle disobbedienze Rebeldia, Pisa - Open Mind glbt, Catania
- Partito della Rifondazione Comunista - Partito della Rifondazione
Comunista, Sicilia - Pino Apprendi, deputato DS Regione Siciliana -
Pino Testa, segretario CGIL Riesi - Renato Sarti - Sincobas, Catania
- Stefano Mencherini, giornalista - Teatro della Cooperativa, Milano
- Teresa Sarti Strada, Emergency - TerreLibere.org redazione - Udu-Uds
Sicilia
Pour information et signature, écrire à nocptlampedusa@libero.it
ou
ras@autistici.org
Pour connaître tous les moyens d’arriver à Lampedusa
(avion, train ,bateau, ferry-boat) , voir http://rasweb.altervista.org/index.php?mod=05_Lampedusa_-_10_Settembre&file=ComeArrivare
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