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Grande-Bretagne - Londonistan

L’attaque néo-libérale contre la diversité culturelle – Une interview de A. Sivandan

par Yuri Prasad, Socialist Worker (G-B) le 23 octobre 2006.

Traduction française et notes de Claude Meunier.

Cette interview paraîtra dans le n° 17 de la revue .

A. Sivanandan, né au Sri Lanka, est un auteur et militant qui vit Angleterre depuis 1958, l’année des émeutes du quartier de Notting Hill à Londres. Il est le fondateur de la revue Race and Class et directeur de l’Institute of Race Relations à Londres.
INTRODUCTION Le « multiculturalisme » est souvent considéré comme une idée antirépublicaine et d’inspiration anglo-saxonne. Comme si les Français seraient incapables de reconnaître et d’accepter la diversité sociale et culturelle. Paradoxalement, de l’autre côté de la Manche, des voix s’élèvent pour demander si, après tout, les Français n’avaient pas raison en interdisant le voile à l’école, et beaucoup de Musulmans se sentent menacés dans un pays qui s’est toujours vanté de sa « tolérance ».
INTERVIEW « La meilleure façon de comprendre la montée du racisme anti-musulman est de la considérer comme une tentative de punir ceux qui résistent la politique impérialiste du gouvernement britannique.
Les racistes mènent leur bataille sur le terrain de la religion, mais leur véritable objectif et de confronter et battre les opposants à l’impérialisme. En Grande-Bretagne, cette bataille prend aujourd’hui la forme d’une attaque contre le multiculturalisme - une politique qui a fait consensus pendant plus de 30 ans.
Comme disait le ministre de l’intérieur de 1965 à 1967, Roy Jenkins (1), “ L’intégration n’est pas un processus d’assimilation qui réduit tout le monde au même niveau, mais l’égalité des chances, accompagnée d’une diversité culturelle dans un climat de tolérance mutuelle. ”
Le multiculturalisme consistait à reconnaitre qu’il y aurait des différences culturelles entre les citoyens britanniques - et c’est cette notion que le gouvernement actuel de Tony Blair cherche à remettre en cause.
Le multiculturalisme est venu d’un mouvement antiraciste centré sur les travailleurs immigrés venus du sud de l’Asie et des Antilles après la deuxième guerre mondiale. Quoique souvent hautement qualifiés, beaucoup des nouveaux arrivants en Grande-Bretagne sont venus travailler dans les usines, les fonderies, les hôpitaux et les transports où nous occupions les postes les moins rémunérés.
En tant que travailleurs immigrés, nous avions les conditions de logement les plus difficiles et nous travaillions dans des endroits où le racisme était courant. Nous avons dû nous unir pour combattre le racisme dans les quartiers et les lieux de travail.
Nous avons combattu pour avoir le droit à un logement décent, pour des emplois mieux rémunérés, pour le droit de ne pas travailler la nuit et pour le droit d’être considérés comme faisant partie de la classe ouvrière britannique. C’était à travers ces combats que nous avions commencé à utiliser le terme “ noir ”.(2) C’était une description politique qui couvrait tous ceux qui devaient affronter le racisme, plutôt qu’un terme qui décrivait la couleur de la peau - une catégorie que nous avons élaborée afin de rassembler tous ceux parmi nous qui résistaient le racisme.
Nos luttes des années soixante et soixante-dix obligèrent le gouvernement à faire voter des lois interdisant la discrimination raciale et établissant des organismes publics comme la Commission pour l’Egalité Raciale.
A beaucoup d’égards, ce fut une tentative d’ “ acheter ” ou de récupérer les mouvements qui existaient sur le terrain. Les autorités avaient peur que, si elles ne faisaient rien, la bataille leur échapperait et que cela alimenterait le radicalisme général qui existait à l’époque.
En 1981 de jeunes noirs de beaucoup de villes importantes se sont révoltés face au racisme. Le gouvernement a nommé une commission présidée par le juge Scarman pour enquêter sur les causes de ces émeutes.
Une des conclusions de Lord Scarman était qu’il existait un “ déficit culturel ” chez les Afro-caribéens et les gens originaires du sous-continent indien. Une façon de remplir ce vide était de créer et subventionner des projets et des associations “ ethniques ”.
Le combat pour le multiculturalisme était en passe de devenir quelque chose qu’on peut résumer comme les trois ‘S’ - saris, samosas et steelbands. La “ culture ” ethnique fut accordée la priorité sur tout le reste - c’était la crème qui montait à la surface. C’était une période non pas d’ “ égalité des chances ” (equal opportunity) mais d’ “ égalité d’opportunisme ” (equal opportunism).
Ce processus a conduit rapidement à un glissement du multiculturalisme vers l’ “ ethnicisme ”. On insistait non pas sur ce que les différentes communautés avaient en commun à travers la lutte contre le racisme, mais sur ce qui les divisait sur le plan culturel.
La politique suivie bénéficiait essentiellement aux classes moyennes noires parce qu’elle leur proposait des emplois et une représentation au niveau des autorités locales. Mais elle n’a rien changé pour les jeunes noirs dans la rue, dont beaucoup étaient au chômage ou avaient un travail sans intérêt et sans perspectives.
Malgré ces limites, je suis toujours convaincu que le multiculturalisme doit être défendu contre ceux à droite qui ont hâte d’annoncer sa mort.
Aujourd’hui les forces de la mondialisation essaient de nous uniformiser culturellement et de nous obliger tous à adopter une culture unique - celle de l’économie libérale. Pour elles, le multiculturalisme est une barrière parce qu’il légitime l’idée de la diversité.
C’est pour cette raison qu’il est détesté par les partisans de la mondialisation néo-libérale qui nous disent que nous devons tous adhérer à l’idée de “ Britishness ”, comme si l’identité britannique était synonyme d’une seule et unique culture.
Cette notion de “ Britishness ” omet complètement la contribution faite par les immigrés à ce pays. Mais je ne parle pas ici de la contribution économique que presque tous les politiciens admettent facilement, mais de la contribution politique que nous avons faite à travers nos mouvements de résistance.
Lorsque nous sommes venus ici et que nous avons découvert la discrimination, nous avons dit : “ Mais où est votre justice et votre fair-play britannique ? ” En le faisant, nous avons aidé à changer la culture dominante. Ceci est un fait qui est largement reconnu - mais quand ceux qui sont contre la politique étrangère de ce pays critiquent le gouvernement on leur dit que leur comportement est “ anti-britannique ”.
Donc l’attaque contre le multiculturalisme est menée au nom de “ l’identité britannique ”, et ceux qui la mènent justifient leur position en disant qu’ils sont contre la division et l’ “ auto-ségrégation ”(3). Mais ils feraient mieux d’examiner les raisons économiques qui poussent à la ghettoïsation de certaines communautés noires.
Ils concluraient que ce sont les mêmes raisons qui expliquent pourquoi les Afro-caribéens et les Indo-pakistanais vivaient dans des logements de qualité inférieure dans les années cinquante et soixante.
Parce que nous devons affronter le racisme, nous avons plus de chances d’être pauvres et donc d’habiter les quartiers les plus pauvres. L’idée que nous choisissons de vivre dans la pauvreté est un non-sens. Loin de vouloir rester à l’écart, il est clair que là où les musulmans ont la possibilité d’interagir avec d’autres communautés, ils le font avec beaucoup d’enthousiasme.
Le devoir de la gauche dans ces circonstances est de nous impliquer dans toutes les luttes contre la discrimination et le racisme dans nos quartiers. Nous devons participer à la construction d’un nouveau mouvement ouvrier qui implique tous ceux qui se sont installé récemment dans ce pays. En même temps, nous devons faire le lien entre ce qui se passe localement et ce qui se passe dans le reste du monde.
C’est l’impérialisme et la “ guerre contre le terrorisme ” qui a conduit à cette montée du racisme sous une nouvelle forme. Le combat contre le racisme doit également être un combat contre l’impérialisme. »
NOTES
(1) Représentant de l’aile « modérée » du parti travailliste, Roy Jenkins était ministre de l’intérieur à une époque où l’immigration était au devant de la scène politique.
(2) Jusqu’aux années soixante, on parlait plutôt de « gens de couleur ». L’influence du mouvement américain du « pouvoir noir » s’est fait également sentir en Grande-Bretagne à cette époque.
(3) C’est un argument utilisé aujourd’hui par ceux qui, comme le ministre travailliste Jack Straw, s’opposent au port du voile.

Tempête dans un verre d’eau après le refus d'un policier musulman de garder l'ambassade d'Israël

Le refus apparent d'un officier de police musulman d'être affecté à la garde de l'ambassade d'Israël à Londres a provoqué jeudi une polémique en Grande Bretagne et contraint Scotland Yard à ordonner une enquête.

Alexander Omar Basha, un jeune musulman membre du Groupe de protection diplomatique de la police de Londres, a demandé à ne pas assurer la garde de l'ambassade israélienne pour des "raisons morales", a assuré jeudi le Sun.

Faisant valoir son opposition aux opérations militaires d'Israël au Liban
cet été, M. Basha, dont l'épouse serait libanaise et le père syrien, a
obtenu de ses supérieurs une nouvelle affectation, a affirmé le quotidien
populaire.

Même si le commissaire Dal Babu, président de l'Association de la police
musulmane, parlant au nom de M. Basha, a immédiatement fait savoir que sa
réaffectation tenait seulement à assurer son "bien-être", le chef de la
"Met" (contraction de Metropolitan Police) Sir Ian Blair a annoncé le lancement
d'une enquête.

La Met a estimé dans un communiqué que cette affaire pourrait "saper la
confiance dans la police" et qu'il serait "inacceptable" qu'un officier
puisse décider de son affectation. Elle a souligné qu'un policier peut avoir
à assurer un devoir "en contradiction avec ses convictions personnelles".

M. Babu a affirmé que le passe-droit accordé à M. Basha, qui n'a pas 30 ans
et aurait selon le Sun participé à des manifestations contre la guerre, ne
tenait pas à des questions politiques ou religieuses.

"Cet officier est du Proche-Orient. Il a des parents qui sont musulmans et
chrétiens et pour une question de bien-être il a demandé à être posté
ailleurs pour une courte période", a-t-il déclaré à la radio BBC Five Live.

M. Babu a ensuite précisé que M. Basha avait requis un transfert, se sentant
"mal à l'aise et pas en sécurité" à la garde de l'ambassade pendant le
conflit entre Israël et le Hezbollah libanais l'été dernier.

Il ne s'agit pas d'une "question morale", a-t-il répété. "Je pense que nous
allons sur une pente très, très glissante si nous commençons à poster les
officiers en fonction de leur conscience individuelle", a-t-il dit.

Dans l'après-midi, la Met est revenu sur son affolement initial, faisant
tout pour calmer l'affaire. Glen Smyth, président de la Fédération de la Met
et représentant des policiers, a expliqué que l'incident portait sur un
simple tour de garde de deux heures autour de l'ambassade, où M. Basha n'est
normalement pas affecté.

"Il a simplement demandé si on pouvait lui donner une autre affectation", ce
qui lui a été accordé sur la base de ses inquiétudes liés à la sécurité de
sa famille au Liban, a expliqué M. Smyth.

Un porte-parole de Scotland Yard avait auparavant expliqué qu'une requête
spéciale pour un changement d'affectation pour des "raisons morales" pouvait
parfois être acceptée, mais que la Met se réservait le droit de poster un
officier où elle l'entendait.

"En tant qu'officier de police, votre travail et votre obligation morale
sont de faire votre devoir et de protéger les gens", s'est indigné Lord
Greville Janner, ancien président du comité des députés de juifs
britanniques. "C'est une grave erreur de permettre à un policier de renoncer
ainsi à son devoir".

"Si les officiers de police ont des vues politiques, religieuses,
idéologiques ou morales sur les choses, et tous en ont, ils doivent mettre
leur devoir au-dessus de ça parce que leur service est tourné vers le
public", a aussi estimé Lord Brian MacKenzie, ancien chef de l'Association
des commissaires de police.

La Met comprend environ 35.000 policiers à temps plein, dont 268 se sont
déclarés comme musulmans.
Source : AFP, 5 octobre 2006


31/08/06 - Le coup des attentats à l'"explosif liquide" et ses implications


par James Petras, Information Clearing House, 26 août 2006

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.


James Petras a été professeur de sociologie à l'Université


Binghamton de New York. Il conseille les sans-terre et les chômeurs au Brésil et en Argentine, et il est un des coauteurs de l'ouvrage Globalization Unmasked [éditions Zed Books] [La mondialisation sans fard]. Son dernier livre paru est The Power of Israel in the United States [Le pouvoir d' Israël aux USA] [éditions Clarity Press, 2006].


Les accusations formulées par les régimes britannique, usaméricain et pakistanais, qui auraient découvert les préparatifs d'un vaste attentat ourdi contre neuf compagnies aériennes des USA, se « fondent » sur des « preuves » extrêmement contestables, qui seraient rejetées par tout tribunal digne de ce nom.

Le passage au crible analytique de l'enquête, à son stade actuel, soulève un certain nombre de questions au sujet des allégations formulées par ces gouvernements, concernant la préparation d'un attentat ourdi conjointement par vingt-quatre citoyens britanniques d'origine pakistanaise.

Les arrestations (de ces vingt-quatre suspects) ont été suivies par des recherches de preuves matérielles, comme le relate le Financial Times dans son édition du 12 août : « La police s'est attelée à une tâche herculéenne, consistant à collecter des pièces à conviction du complot terroriste allégué révélé hier » [FT, 12.08.2006]. Autrement dit : les arrestations ainsi que les inculpations ont été effectuées en l'absence absolue des preuves pourtant nécessaires : on a là, déjà, en l'occurrence, une méthode opératoire tout à fait particulière, étant donné que les procédures normales d'investigation commanderaient que l'on n'arrête d'éventuels suspects qu' après avoir mené à bien « la tâche herculéenne consistant à collecter des pièces à conviction ». On a procédé à des arrestations avant même de
disposer des pièces à conviction nécessaires : dès lors, sur quoi ces arrestations pourraient-elles bien être fondées en droit ?

Les recherches d'enregistrements et de transferts bancaires effectuées par le gouvernement n'ont pas permis de trouver une quelconque filière financière, en dépit du gel des comptes courants des personnes arrêtées. L' enquête policière a d'ailleurs révélé la modestie des épargnes concernées, ce qui n'a rien d'étonnant, s'agissant de jeunes, ouvriers, étudiants ou employés, appartenant à des familles immigrées aux revenus très modestes.

Le gouvernement britannique, épaulé par Washington, affirmait que l' arrestation, par le gouvernement pakistanais, de deux Anglo-pakistanais avait fourni des « preuves irréfutables » qui auraient permis de découvrir le complot et d'identifier les terroristes en puissance. Aucune instance judiciaire occidentale n'accepterait le genre de preuve fourni par les services de renseignement pakistanais, lesquels sont tristement connus pour leur recours à la torture afin d'extorquer des « aveux ». Les « preuves » fournies par la dictature pakistanaise sont fondées sur une rencontre supposée entre un parent de l'un des « suspects » et un agent d'Al Qa'ida à la frontière afghane. D'après la police pakistanaise, cet agent d'Al Qa'ida aurait remis à ce parent - et « donc », à l'accusé. - l'information nécessaire à la fabrication de la bombe ainsi que des instructions. La transmission d'informations sur la confection d'engins explosifs ne nécessite nullement de faire la moitié du tour du monde, et certainement encore moins pour se rendre au voisinage d'une frontière assiégée militairement par des forces armées sous commandement usaméricain, d'un côté, et par l'armée pakistanaise, de l'autre. De plus, il est extrêmement douteux que des agents d'Al Qa'ida, dans les montagnes afghanes, aient la moindre idée quelque peu détaillée des procédures de sécurité spécifiques aux lignes aériennes britanniques, ni de leurs conditions de fonctionnement à Londres. A défaut de preuves tangibles, les services secrets pakistanais et leur homologue britannique ont appuyé sur absolument tous les boutons de la machine à propagande : rencontre clandestine avec Al Qa'ida, échanges d' informations sur la fabrication de bombes à la frontière pakistano-afghane, Britanniques d'origine pakistanaise ayant des amis islamistes, liens terroristes et familiaux en Grande-Bretagne.

Les services usaméricains ont allégué - et Londres a répété - que des sommes d 'argent auraient été transférées électroniquement depuis le Pakistan pour permettre aux comploteurs d'acheter des billets d'avion. On ne trouva, en tout et pour tout, des billets d'avion que dans un seul des appartements perquisitionnés [la compagnie émettrice et la destination n'ont pas été révélées par la police]. Aucun des autres suspects ne possédait de billet d' avion, et certains d'entre eux n'avaient même pas de passeport ! Autrement dit, les initiatives préliminaires du soi-disant complot terroriste n' avaient jamais été prises par les suspects. Il ne saurait y avoir de complot terroriste visant à faire sauter des avions de ligne dès lors que les conspirateurs supposés n'ont ni suffisamment d'argent pour voyager, ni de papiers d'identité, ni de billet d'avion. De plus, avancer que les conspirateurs allégués étaient dépendants d'instructions provenant de manipulateurs lointains ignorant tout des conditions de base régnant sur le terrain des opérations n'est, tout simplement, pas crédible.

Dès le début, les autorités britanniques et usaméricaines ont affirmé que l 'engin explosif était « une bombe liquide », bien qu'aucune bombe - pas plus solide que liquide, d'ailleurs - n'ait été retrouvée dans les lieux inspectés ni sur la personne d'aucun des suspects. Pas plus que n'a été prouvée la capacité de l'un quelconque des suspects à fabriquer, déplacer ou faire exploser la soi-disant « bombe liquide » - [laquelle, si elle avait existé], aurait été composée d'un mélange extrêmement instable et impossible à manipuler pour des personnes non-expertes. Aucune preuve n'a été présentée quant à la nature de la bombe liquide en question, ni quant à un quelconque échange, soit oral, soit écrit, concernant ladite bombe liquide, qui mettrait en cause l'un quelconque des suspects. Aucune bouteille, aucun liquide ni aucune formule chimique n'ont été retrouvés chez aucun des suspects. De même, aucun des ingrédients indispensables à la confection d' une « bombe liquide » n'a été découvert. Il n'y a pas non plus le début d' une quelconque preuve de la provenance supposée du liquide explosif (la source), ni quant à la question de savoir si ce liquide a été acheté localement, ou ailleurs qu'en Grande-Bretagne.

Même après que l'histoire de la bombe liquide avait sombré dans le ridicule et dans un quasi oubli, procureur généra adjoint britannique Peter Clark a affirmé que « l'équipement nécessaire à la fabrication d'une bombe, dont des produits chimiques et des composants électroniques,ont été retrouvés » [BBC News, 21.08.2006].

Là encore, aucune indication sur les lieux où auraient été trouvés les soi-disant « composants électroniques » et « produits chimiques », on ne sait pas dans les domiciles ou dans les bureaux desquels des suspects ils ont été soi-disant retrouvés, ni même s'ils pouvaient avoir une raison plausible de se trouver là où ils étaient, et qui n'ait rien à voir avec la confection de bombes. Ces soi-disant éléments indispensables à la fabrication de bombes étaient-ils détenus par une seule personne, ou par un groupe de personnes ? Là encore, on n'en sait rien. Dans le deuxième cas, s' agissait-il de gens connus pour leur appartenance à un complot en vue d'un attentat à la bombe ? De plus, il est intéressant de se pencher sur la date à laquelle les autorités ont laissé tomber la piste des bombes liquides pour ne plus parler que de l'identification de détonateurs électroniques obsolètes. Et pour quelle raison ! Existe-t-il la moindre preuve - documents, ou conversations enregistrées - associant ces détonateurs électroniques et ces produits chimiques au complot bien déterminé faisant l' objet de l'enquête, lequel est censé avoir eu pour objectif de « faire sauter neuf avions de ligne des USA » ?

Loin de fournir des faits pertinents élucidant les questions fondamentales sur les noms, les dates, les armes et les dates de voyage, le Commissaire Clark fournit à la presse une sorte de liste des commissions comportant des objets que l'on pourrait trouver dans des millions de domiciles. Il révèle par ailleurs le nombre très important d'immeubles perquisitionnés jusqu'à ce jour (soixante-neuf). Si le porte-à-porte en montant les escaliers permet d' obtenir une promotion, alors Clark devrait décrocher le pompon et être élevé au rang de chevalier. D'après lui, la police aurait découvert plus de 400 ordinateurs, 200 téléphones mobiles, 8 000 accessoires liés aux médias électroniques (des accessoires aussi inquiétants que des cartes mémoires additionnelles Blue Tooth, des CD et des DVD), la police a extrait 6 000 gigabytes de données des computers saisis (soit 150 gigabytes par ordinateur.), ainsi que quelques enregistrements vidéo. On présume, en l' absence de la moindre donnée qualitative démontrant que les suspects préparaient réellement des bombes en vue de détruire des avions de ligne usamricains, que le Commissaire Clark est en train de solliciter les applaudissements du public pour la performance de ses collaborateurs, aptes à chouraver et à déménager de l'équipement électronique d'un site à un autre, et ce, dans soixante-neuf immeubles différents ! Ce serait en effet là un exploit digne d'être mentionné, si nous avions affaire à une entreprise de déménagements. et non à l'enquête d'une police dotée de pouvoirs étendus au sujet d'un événement aux supposées « conséquences catastrophiques incalculables ».

Certains des suspects ont été arrêtés parce qu'ils s'étaient rendus au Pakistan au début des vacances scolaires. Les autorités tant britanniques qu ’usaméricaines ont simplement oublié de rappeler que des dizaines de milliers de Pakistanais expatriés rentrent dans leur pays pour rendre visite à leur famille, en particulier à cette période de l'année !

Les experts boursiers n'ont jamais pris le complot à la bombe liquide au sérieux, pas plus à Wall Street qu'à la City de Londres. Le marché n'a pas bronché un seul instant : ni il n'a piqué du nez, ni il ne s'est effondré ; il n'y a eu nulle panique. Le complot annoncé visant à faire sauter des avions de ligne a été ignoré par tous les grands acteurs sur les marchés financiers usaméricains et londoniens. De fait, les prix du pétrole ont même légèrement baissé ! Contrairement aux attentats du 11 septembre 2001 et à ceux de Madrid et de Londres (auxquels le complot en question est très souvent comparé), les « décideurs » des marchés boursiers n'ont pas été impressionnés par les allégations de « catastrophe majeure » formulées par les gouvernements. Ni George Bush, ni Tony Blair - pourtant tenus informés et briefés au sujet du « complot aux bombes liquides » depuis plusieurs jours - n'ont jugé bon d'écourter ne fût-ce que d'une seule journée leurs vacances, afin de s'occuper sérieusement de la catastrophe annoncée.

De plus, chacune des affirmations péremptoires et des éléments de « preuve » mis en avant par la police et les responsables sécuritaires de Blair et de Bush lève un lièvre : certains des suspects allégués sont relâchés, et de nouvelles « preuves » tout aussi bidon sont présentées, au compte-goutte, afin d'entretenir un suspense à vous couper le souffle : deux enregistrements de « messages de martyrs » ont été retrouvés dans l'ordi d' un des suspects, ce qui, nous a-t-on dit, laissait présager d'une attaque terroriste déjà planifiée. L'équipe de Clark affirma avec un énorme aplomb avoir trouvé un - et même plusieurs, tant qu'à faire - de ces enregistrements, en oubliant de préciser que ces vidéos n'avaient pas été réalisées par les suspects, mais seulement visionnées par eux.

Beaucoup de gens, dans le monde entier, rendent hommage à des martyrs s' étant sacrifiés à tout un tas de causes politiques. Le Premier ministre japonais, Koizumi, se rend chaque année en visite dans un mausolée dédié aux morts de la Seconde guerre mondiale - dont des pilotes-suicides, les kamikazes, défiant les protestations des Coréens et des Japonais. Des millions de citoyens et d'hommes politiques américains rendent hommage aux héros de la guerre au cimetière national d'Arlington, chaque année, certain de ces soldats s'étant sacrifiés afin de défendre leurs camarades, leur drapeau et la justice de leur cause. Que des Asiatiques, musulmans ou non-musulmans, décident de collectionner des vidéos concernant les martyrs tombés en combattant contre l'occupation ou contre Israël ne devrait surprendre personne. Dans aucun des cas cités, dans lesquels des gens honorent leurs martyrs, on n'assiste à des tentatives de la police visant à établir un lien entre les participants recueillis et de futurs complots à base d'attentats suicides. Dans aucun cas, sauf bien sûr dans le dernier cité, celui où il s'agit de musulmans ! La célébration de héros tombés au combat est un phénomène qui relève de la normalité de tous les jours - il ne s'agit certainement pas d'une preuve que ceux qui y participent, fussent-ils quelque peu exaltés, soient engagés en quoi que ce soit dans une quelconque activité criminelle.

Un « message de martyr », ce n'est ni un complot, ni une conspiration ni une action, c'est simplement une expression de la liberté d'expression - on pourrait même ajouter, « à usage interne » (entre le locuteur et son ordinateur), qui peut, ou non, devenir dans le futur un discours public. Devons-nous faire du soliloque privé une menée terroriste ?

La durée légale de détention des suspects, en absence de qualification des charges retenues à leur encontre, étant arrivée à expiration, les autorités britanniques ont relâché deux suspects et mis en examen onze autres, tandis que onze autres continuent à être retenus sans inculpation, sans doute parce qu'il n'existe aucune base permettant de mener plus avant la procédure. Tandis que le nombre des conspirateurs s'effiloche, en Angleterre, Clark et Cie ont détourné l'attention vers un complot d'ampleur mondiale, avec des ramifications en Espagne, en Italie, au Moyen-Orient et ailleurs.

Apparemment, la « logique », en cela, c'est qu'une plus grande étendue du réseau serait censée en compenser les énormes trous.

Dans le cas d'espèce, sur les onze qui ont été renvoyés devant un tribunal, seuls huit ont été accusés de conspiration en vue de la perpétration d'un attentat terroriste ; les trois autres sont accusés de ne pas avoir « révélé les informations qu'ils détenaient » (disons plutôt d'avoir été des mouchards, qui n'auraient pas révélé. quoi, au juste ?) et d' « avoir en leur possession des objets pouvant servir à des personnes préparant un attentat terroriste. » [BBC News, 21.08.2006]. Dès lors qu'aucune bombe n'a été retrouvée et qu'aucun plan d'action n'a été révélé, nous devons nous contenter d'une vague accusation de « conspiration », ce qui peut signifier y compris une discussion privée hostile, visant des citoyens usaméricains ou britanniques, entre plusieurs individus susceptibles d'être dotés d'une capacité de réflexion !

La raison pour laquelle il semble qu'on ait affaire à des idées, et non à des actions, tient au fait que la police n'a été en mesure de ne trouver ni une quelconque arme, ni une quelconque procédure opératoire permettant de pénétrer de force dans le lieu supposé de l'attaque (tels que des billets permettant d'accéder à des avions, des passeports, etc.). Comment peut-on accuser des suspects de ne pas avoir révélé des informations, dès lors que la police elle-même ne dispose d'aucune information quant à un complot, totalement nébuleux, visant à faire sauter des bombes [à bord d'avions de ligne] ? Le fait que la police continue, aujourd'hui, à édulcorer ses soupçons à l'encontre de trois comploteurs supplémentaires donne une indication de la base très chancelante des arrestations auxquelles elle a procédé et de ses déclarations publiques. Accuser un jeune de dix-sept ans de « détenir des objets indispensables à la préparation d'un attentat terroriste », c'est tellement abusif que cela en devient risible. Cet objet n'avait-il pas d'autres utilisations possibles, tant pour le jeune lui-même que pour sa famille (comme un ouvre-boîte, par exemple) ? « Détenait »-il des documents écrits susceptibles de lui livrer une information suspecte, ou simplement parce qu'ils pouvaient être fascinants pour quelqu'un de son âge ? Dès lors qu'il possédait ces documents, c'est qu'il ne les avait transmis à nulle autre personne susceptible de confectionner des bombes. Avait-il connaissance de projets spécifiques visant à fabriquer des bombes, connaissait-il un artificier quelconque ? Les charges retenues pourraient impliquer quiconque détient, et lit, un bon roman d'espionnage ou de science-fiction, dans lequel est évoquée la fabrication d'explosifs. Les onze ont décidé de plaider non-coupable ; le procès aura lieu. Le gouvernement et les mass médias ont d'ores et déjà condamné les accusés, dans les médias tant électroniques que sur papier. La panique a été semée. La peur et la colère hystérique sont bien présentes dans les interminables queues de passagers, dans les aéroports et les gares. On expulse de certains avions de paisibles Asiatiques en train de prier ; on détourne parfois des vols et on évacue même des aéroports.

Le bobard du complot aux bombes liquides a d'ores et déjà provoqué des pertes énormes (qui se comptent en centaines de millions de dollars) aux compagnies aériennes, aux hommes d'affaires, aux compagnies pétrolières, aux commerces hors taxes (duty free), aux agences de voyage, aux lieux de villégiatures et à l'hôtellerie, sans parler des inconvénients et des problèmes de santé subis par des millions de passagers coincés dans les aéroports et en proie à une angoisse bien compréhensible. Les restrictions imposées aux voyageurs munis d'ordinateurs portables, de sacs de voyage, de certains nécessaires de toilette, de certains aliments et médicaments liquides viennent se surajouter aux « coûts » inhérents aux voyages eux-mêmes.

Il est donc évident que la décision de mijoter ce complot aux bombes bidon n 'a pas été motivée par l'intérêt économique, mais par des raisons de pure politique intérieure. Le gouvernement Blair, déjà extrêmement impopulaire à cause de son soutien aux guerres de Bush en Irak et en Afghanistan, était soumis à des tirs à boulets rouges en raison de son soutien inconditionnel à l'agression israélienne contre le Liban, et de son refus obstiné à en appeler à un cessez-le-feu immédiat, ainsi que de son soutien indéfectible à la servilité de Bush vis-à-vis des lobbies sionistes usaméricains. Au sein même du parti travailliste, près d'une centaine de députés s'exprimaient ouvertement contre sa politique, tandis qu'y compris certaines ministres nommés récemment, comme Prescott, déclaraient que la politique étrangère du Big Boss Bush sentait la basse-cour. Bush n'était pas encore rejeté par ses collègues au même point que Blair, mais son impopularité menaçait d' entraîner la défaite de son parti républicain au Congrès.

D'après de très hauts responsables de la sécurité en Angleterre, Bush et Blair étaient « au courant » de l'enquête sur un possible complot « à la bombe liquide ». Nous savons que Blair a donné le feu vert aux arrestations, alors même que les autorités lui avaient dit qu'elles manquaient de preuves et que ces arrestations étaient prématurées. Certains rapports émanant de l' intérieur de la police britannique affirment que c'est l'Administration Bush qui a poussé Blair à faire procéder à des arrestations précoces et à annoncer la découverte du complot « aux explosifs liquides ». Après quoi, des responsables de la sécurité ont lancé une campagne massive et tous azimuts de « propagande au terrorisme », afin de capturer l'attention et le soutien du public, avec la collaboration totale des mass médias. Un temps, la campagne médiatico-sécuritaire a rempli sa mission : la popularité de Bush est quelque peu remontée, Blair a échappé à une motion de censure, et tous les deux ont pu poursuivre, tranquilles comme Baptiste, leurs vacances pépères.

Le complot politique à l'attentat correspond à un modèle déjà éprouvé consistant à sacrifier certains intérêts économiques capitalistes afin de servir des objectifs de politique intérieure et certaines prises de position idéologiques. Les échecs en politique étrangère conduisent à des crimes politiques intérieurs, exactement de la même manière que des crises en matière de politique intérieure finissent parfois par se traduire en expansion militaire agressive.

Les rafles criminelles organisées par les responsables britanniques de la sécurité et dont ont été victimes de jeunes citoyens britanniques musulmans originaires de l'Asie du Sud avaient été spécifiquement conçues afin d' occulter l'échec de l'invasion anglo-usaméricaine de l'Irak ainsi que le soutien anglo-usaméricain à l'invasion destructrice - même si elle a été « couronnée d'échec » - du Liban par Israël. Le complot blairien des « kamikazes aux explosifs liquides » a sacrifié de multiples intérêts capitalistes à seule fin de conserver des fauteuils politiques menacés et d' éviter une sortie du pouvoir prématurée, qui aurait singulièrement manqué de panache. Ce sont les citoyens et les entreprises britanniques qui paieront la note de ce pitoyable militarisme.

De manière similaire, Bush, ses sio-néocons et autres militaristes ont exploité les attentats du 11 septembre 2001 afin de déployer une stratégie militariste prenant la forme de différents conflits en Asie du Sud-Ouest et au Moyen-Orient. Avec le temps et les recherches scientifiques effectuées, la version officielle des événements du 11 septembre est désormais sérieusement mise en cause - tant en ce qui concerne l'effondrement d'un des gratte-ciel de New York que l'origine des explosions dans le bâtiment du Pentagone, à Washington. Les événements du 11 septembre ['événements', car peut-on, à proprement parler, employer le terme d' « attentats » ? NDT] ainsi que les guerres en Afghanistan et en Irak ont entraîné le sacrifice d' intérêts économiques usaméricains d'une importance majeure : pertes en vies humaines et économiques à New York, pertes enregistrées par le tourisme, les compagnies aériennes, destructions physiques massives ; pertes en termes d' augmentation très importante des prix du pétrole et en termes d'instabilité, augmentant les coûts supportés par les consommateurs et les industries, principalement aux USA, en Europe et en Asie.

De la même manière, l'invasion israélienne de la bande de Gaza et du Liban, soutenue par les USA et la Grande-Bretagne, a été extrêmement coûteuse sur le plan économique, en raison des biens détruits, des marchés et des investissements suspendus ou ajournés, tout en suscitant une montée asymptotique de l'opposition des masses aux menées impérialistes.

Autrement dit : les politiques militaristes, en tous points similaires, des USA, de la Grande-Bretagne et d'Israël (et donc, par extension, du sionisme mondial) sont mises en oeuvre au détriment de secteurs stratégiques entiers de l'économie civile. Les pertes enregistrées par des secteurs économiques clés requièrent de militaristes qui sont essentiellement des civils qu'ils recourent à des crimes politiques intérieurs inventés de toutes pièces (faux complots visant soi-disant à préparer des attentats, et procès de gens raflés au hasard) afin de détourner l'attention du public de leurs politiques coûteuses et désastreuses, et de renforcer leur contrôle politique sur la population. Dans ces deux champs d'action, les militaristes civils et les sio-néocons sont en train de perdre du terrain : le complot des « explosifs liquides » est en train de tourner au vaudeville ; Israël doit se livrer à l'introspection ; les sio-néocons ne prêchent plus qu'à leurs convertis convaincus. Quant aux USA, ils demeurent ce qu'ils ont toujours été, depuis leur fondation : un pays où des militaristes civils démocrates passent leur temps à capitaliser sur les échecs de leurs collègues militaristes civils républicains aux manettes.

 

07/07/06 - Le terrorisme divise les musulmans britanniques


par Jean-Pierre Langellier, Le Monde, 6 juillet 2006
Un an après les attentats-suicides du 7 juillet 2005, qui ont fait à Londres 56 morts et quelque 700 blessés, la communauté musulmane britannique reste profondément divisée face à l'islamisme et au terrorisme, et plus généralement à l'égard des problèmes soulevés par sa propre intégration dans l'ensemble de la société.ronologie
Les résultats d'un vaste sondage publié cette semaine par le Times confirment la grande diversité d'une minorité dont l'appellation schématique de "communauté musulmane" rend mal compte. Ils fournissent des raisons de s'alarmer et des motifs de satisfaction.

Près de 13 % des quelque 1,6 million de musulmans britanniques tiennent les auteurs des attentats de Londres pour des "martyrs". Cela représente près de 250 000 personnes. Et 16 % des personnes interrogées estiment que les attaques étaient condamnables mais que la cause qu'elles servaient était juste.

Autres chiffres inquiétants : 7 % des sondés considèrent comme justifiées dans certaines circonstances les attaques-suicides contre des civils en Grande-Bretagne, et 16 % celles qui visent des militaires ; 2 % seulement seraient fiers si un parent proche rejoignait Al-Qaida, mais 16 % seraient indifférents, autrement dit, n'y verraient rien de répréhensible.

A travers ces chiffres, les musulmans de Grande-Bretagne - originaires à 70 % du sous-continent indien - apparaissent aujourd'hui plus amers, plus soupçonneux et moins bien intégrés que ceux d'Allemagne, de France ou d'Espagne, alors qu'ils vivent dans une société plus respectueuse et plus tolérante envers l'islam que celles des pays voisins.

Leur sentiment d'appartenance nationale est plus faible qu'ailleurs, et leur "mentalité de victime" plus forte. Près d'un musulman sur deux minimise le danger terroriste et juge "hautement improbable" de nouveaux attentats en Grande-Bretagne.

Une petite minorité, particulièrement chez les jeunes, continue de croire que le monde complote contre les musulmans. Mais la confiance, la fierté et le désir d'intégration sont aussi très répandus. Ainsi 92 % d'entre eux estiment que leur communauté apporte une contribution précieuse au pays et 65 % souhaitent que celle-ci fasse plus d'efforts pour s'intégrer. Neuf musulmans sur dix disent avoir des non-musulmans parmi leurs amis proches.

Sur des problèmes généraux - l'éducation, les valeurs occidentales, la morale publique - les musulmans ont des vues assez proches des non-musulmans : leur "britannité" a autant d'impact sur leurs opinions que leur appartenance religieuse.

La plus grande divergence entre les musulmans et le reste de la société concerne les signes religieux ostensibles à l'école : 76 % d'entre eux sont favorables à la liberté du port d'un vêtement traditionnel contre 42 % des Britanniques en général.

Le gouvernement est loin d'avoir reconquis les esprits et les coeurs des musulmans perdus après la guerre en Irak et le durcissement de la lutte antiterroriste.

Mardi 4 juillet, devant une commission de la Chambre des communes, Tony Blair a néanmoins défendu son bilan et blâmé en partie les représentants de la communauté musulmane : "Le gouvernement a son rôle à jouer, mais au final, ce n'est pas lui qui peut aller dans cette communauté pour venir à bout de l'extrémisme." Il a déploré l'absence d'un "débat de fond" chez les musulmans, "où la majorité modérée se dresserait contre les idées des extrémistes, et pas seulement contre leurs méthodes".

Le député travailliste d'origine pakistanaise, Shahid Malik, connu pour sa fermeté envers les islamistes, a repris ce thème : "Combien de leaders musulmans sont prêts à dire, comme moi, que les kamikazes ne sont pas des martyrs mais des terroristes qui iront droit en enfer ?" D'autres élus musulmans, comme Sadiq Khan, expriment leur "découragement" et dénoncent les lenteurs de l'action gouvernementale.

En novembre 2005, un groupe de réflexion mis en place après les attentats avait publié une liste de 64 recommandations, dont "seulement trois ont été mises en place", souligne ce député. Le gouvernement conteste cette statistique et cite, parmi ses succès, l'organisation de rencontres entre érudits musulmans et un jeune public, la tenue de forums sur l'islamophobie et la formation d'un Conseil consultatif des mosquées et des imams, dont on ne sait cependant pas comment il s'y prendra pour faire passer son message de modération auprès des secteurs les plus radicaux de la communauté.


04/07/06 - Désormais, même le simple fait de lire un de mes articles est considéré séditieux


par Henri Porter, Observer, 2 juillet 2006.

Original : http://observer.guardian.co.uk/politics/story/0,,1810938,00.html
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

[L'arrestation de Steve Jago, en application des lois anti-terroristes, m'a convaincu de soutenir le projet de David Cameron en faveur d'une loi garantissant les droits fondamentaux qui soit véritablement nationale.]

 

La pancarte que Steve Jago a exhibée le 18 juin à Whitehall portait une citation de George Orwell : « En des temps de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » Cette citation est extraite du roman 1984, et il est sans doute utile de se demander ce qu'Eric Blair aurait pensé d'une loi qui permet à un jeune homme d'être arrêté pour avoir déployé une banderole devant Downing Street. Il serait certainement étonné par la voie empruntée par l'actuel gouvernement travailliste, et j'imagine qu'il serait troublé d'apprendre ce qui s'est passé ensuite, au commissariat de police.

M. Jago, qui comparaîtra au tribunal en septembre prochain, sous l' accusation d'avoir organisé une manifestation illégale interdite par le Décret sur le Crime organisé et la Police [Serious Organised Crime and Police Act - Socpa], a été fouillé. On a retrouvé sur lui trois copies d'un article extrait du magazine Vanity Fair.

Il se trouve que je suis l'auteur de cet article intitulé « La Grande-Bretagne de Blair est digne de Big Brother ». Il rassemble la plupart de ce que j'ai pu écrire dans ces colonnes. Mais peu importe. Ce qui importe, en revanche, c'est le fait qu'un des officiers ait déclaré, dans la déposition, avoir montré ces documents à l'accusé, en les qualifiant de « documents politiquement orientés ».

Ainsi, un article de la presse consensuelle critiquant le gouvernement Blair a été utilisé par la police comme un élément justifiant de mettre M. Jago en examen. Cela revient à dire qu'avoir sur soi n'importe article de presse susceptible d'apparaître « politiquement orienté » à la police est désormais considéré un délit susceptible de vous envoyer en prison ou d'être condamné à une importante amende. Réfléchissons un instant.

Ce que vous avez dans la poche - Private Eye, une coupure de presse ou une copie cornée de 1984 - peut, dans l'une quelconque des zones définies par la Socpa et les lois antiterroristes, être considéré comme une preuve d'une intention criminelle.

En cette semaine où la Cour suprême des Etats-Unis a contraint l' administration Bush à respecter les Conventions de Genève à guantánamo, et où la Haute Cour a cassé des ordonnances de contrôle pesant sur six suspects de terrorisme, il pourrait sembler extravagant de s'étendre sur cet incident. Pourtant, le comportement de la police britannique semble bien menacer la liberté fondamentale qu'ont les citoyens de lire ce qui leur plaît et de porter leur lecture du moment sur eux là où ils l'entendent. A l'évidence, la police était à l'affût, pour mettre en accusation M. Jago ; en vertu de ces nouvelles lois, on ne sait jamais très clairement si vous êtes en train de manifester illégalement, ou non. Nous verrons bien si exhiber une citation d'Orwell dans une zone signalée [expression ô combien orwellienne.] contrevient à la loi. Cela aurait-il été différent, s'il se fût agi d'un extrait des excellents discours de Gordon Brown sur la croissance endogène ou de Tony Blair sur l'éducation nationale ? Wordsworth, on peut ? Et Shakespeare ?

Pourquoi le défilé de cent hommes d'affaires, jeudi dernier, qui protestaient (à juste titre) contre le nouveau traité d'extradition avec les Etats-Unis, entre Pall Mall et le ministère de l'Intérieur, traversant par conséquent la zone Socpa, n'a-t-il pas retenu l'attention de la police, même s'il n'avait pas obtenu l'autorisation du commissaire de la Police du Grand Londres ? Qu'est-ce qui est constitutif de l'infraction : les mots, sur le calicot, le sourire, sur votre visage, le contenu de votre sac, le magazine que vous lisez, le fait que vous ne portiez pas un costard trois pièces taillé sur mesure ?

Il s'agit d'une mauvaise loi, qu'il faut rejeter. Mais permettez-moi de relever qu'il y a quelques raisons d'être légèrement optimistes, des deux côtés de l'Atlantique, en ce qui concerne les libertés fondamentales. Que la Cour suprême ait tapé sur les doigts de Bush au sujet de guantánamo, où le Président, en tant que commandant en chef des armées états-uniennes, revendiquait le droit de retenir près de cinq cents suspects de terrorisme, voilà qui représente une victoire de la raison ; ce n'est que justice. Et ici, chez nous, la décision prise par M. le juge Sullivan, à la Haute Cour, selon laquelle les restrictions imposées à six suspects de terrorisme contrevenaient à l'Article 5 de la Convention Européenne sur les Droits de l 'Homme, qui interdit la détention sans procès, conforte l'état de droit. Il y aura une audience d'appel, cette semaine, mais on voit mal comment les avocats du gouvernement pourraient arguer du fait que les conditions dans lesquelles ces six hommes sont détenus diffèreraient en quoi que ce soit d' une détention sans procès.

La protection de la population contre le terrorisme pose des problèmes très complexes. Le gouvernement a manifestement une responsabilité en la matière, mais cette responsabilité ne saurait être assumée en ignorant tout simplement la loi, ni en introduisant des lois qui suppriment un droit aussi élémentaire que celui de porter une pancarte. David Cameron l'a excellemment dit, dans un discours brillant, la semaine dernière, en déclarant : « Nous avons vu beaucoup de lois qui sont à la fois autoritaires et inefficaces - des lois qui ne protègent pas notre sécurité, mais qui, par la même occasion, sapent nos libertés civiles. » C'est bien là le problème : énormément de lois proposées par le gouvernement sont tout simplement futiles.

Il en vint à mentionner l'opposition conservatrice à la tentative gouvernementale de criminaliser la haine religieuse, ainsi qu'au décret portant Régulation des Pouvoirs d'Investigation [Regulation of Investigatory Powers Act - Ripa], les procès sans jury et les « pouvoirs exorbitants » proposés dans le Décret sur les Circonstances Civiles Exceptionnelles [Civil Contingencies Act]. Enfin, l'opposition s'attaque au legs terrifiant et généralement passé inaperçu des neuf années passées, en matière judiciaire. La semaine dernière encore, le gouvernement oeuvrait à ajouter au Ripa le tristement célèbre décret qui permet aux responsables officiels de fureter dans les e-mails des gens et sur internet. De manière étonnante, cette mesure étendra ces pouvoirs centralisés sans aucun garde-fou à l'Agence de Déontologie [Driving Standards Agency], et pourtant, seul jusqu'ici Simon Carr de l'Independent a couvert cette information, dont le parlementaire conservateur Richard Shepherd a déclaré après coup qu'il incarnait un autre exemple d'un glissement vers une « police contrôlée par l'Etat ». Le discours de M. Cameron a été plus qu'une simple critique, car il a réussi à négocier un couloir entre une atteinte patente au Human Rights Act et le besoin que nous avons de libertés et de droits intangibles. Il s'agit là d' un équilibre qu'il est fondamental de respecter, étant donné l'habilité de Tony Blair et de John Reid à portraiturer quiconque se lève pour défendre les libertés en libéral irresponsable.

Sa proposition d'une loi sur les droits fondamentaux élaborée localement, qui inscrive les libertés dans la constitution britannique, des libertés qui ne pourraient être rejetées ni modifiées par aucun parlement, est une proposition à la fois historique et courageuse, car elle défie la suprématie du parlement, cette pierre angulaire de notre constitution non-écrite. Deux ou trois grands ténors conservateurs en font des tonnes au sujet d'un conflit possible dans le cas où, d'une part un gouvernement conservateur abolissait le Human Rights Act et restait dans le cadre de la Convention Européenne sur les Droits de l'Homme tout en formulant, d'autre part, notre propre loi sur les libertés fondamentales.

M. Cameron devra trouver une formule qui contente tout le monde. Il suggère l'idée qu'une réponse pourrait être trouvée dans un document constitutionnel codifié, dans le style de la Loi fondamentale de l'Allemagne, qui coexiste sans conflit avec la loi européenne, tout en offrant aux Allemands une garantie nationale de leurs droits fondamentaux.

Mais n'oublions pas pour quelle raison nous débattons de cette question. La plus grande offensive du parti travailliste contre la liberté s'est produite après l'entrée en vigueur du Human Rights Act. Ce décret n'a pas fait grand-chose pour nous protéger contre des lois qui portent atteinte à nos droits à la vie privée et à la confidentialité de notre correspondance, sans écoutes aléatoires, à notre droit d'assemblée, d'expression, à l'habeus corpus, des lois qui prévoient la de sanctions sans qu'un procès ne décide s 'il y a eu ou non infraction, et la croissance globale des pouvoirs arbitraires, renfermés dans le Civil Contingencies Act.

De la même manière, nous n'avons pas été capables de nous reposer sur l' accord entre gentlemen de notre constitution non-écrite, selon lequel le parlement ne s'en prendrait en aucun cas à nos droits fondamentaux. La vérité toute nue est que le parlement n'est désormais plus en mesure de se protéger contre un exécutif fou de pouvoir, ni par conséquent de protéger les citoyens que nous sommes. C'est pourquoi la proposition faite par David Cameron de constituer un panel de juristes chargés de jeter les bases d'un document destiné à être soumis au débat public devrait être accueillie favorablement par les démocrates quelle que soit leur affiliation partisane.

 

Attentats de Londres : le rapport officiel écarte la piste « Al Qaïda »


Après les déclarations récentes du responsable de l'enquête officielle sur les attentats du 11 mars 2004 à Madrid (<http://www.voltairenet.org/article136706.html>), qui écartaient la piste d'un réseau international, c'est au tour des enquêteurs britanniques de dissiper les rumeurs selon lesquelles les attentats qui ont frappé Londres le 7 juillet 2004 étaient l'¦uvre du « terrorisme international ».
L'agence Associated Press a révélé les conclusions de l'enquête officielle diligentée par le ministre de l'Intérieur Charles Clarke qui sera publiée dans les prochaines semaines : d'après celles-ci, les auteurs des attentats n'ont pas bénéficié de l'aide d'un réseau islamiste international.
Force est de constater qu'à ce jour, aucune enquête officielle n'a pu établir de lien organisationnels entre les attentats de New York (11 septembre 2001), de Bali (12 octobre 2002), de Casablanca (16 mai 2003), de Madrid (11 mars 2004) et de Londres (7 juillet 2004). Aucun élément concret ne permet donc d'affirmer qu'il existerait un réseau islamiste ayant une activité terroriste mondiale.
Sans base factuelle, la théorie du complot islamique mondial « Al Quaïda » est une hypothèse invérifiée de porte-paroles gouvernementaux et de médias à sensation. (Illustration : détail de l'organigramme des attentats de Londres tel qu'imaginé par le journal The Times).
Source : http://www.voltairenet.org, 10 avril 2006

 

Extradition de ressortissants algériens : les Britanniques moins exigeants


par Sofiane M., Le Quotidien d'Oran, 29 mars 2006

Les négociations autour des quatre accords d’extradition et de coopération judiciaire aux plans pénal, civil et commercial qui sont en phase de finalisation entre l’Algérie et la Grande-Bretagne se poursuivent depuis lundi à Alger.

Ce septième round de négociations qui intervient après celui tenu le 16 février dernier, à la veille de la visite du ministre britannique des Affaires étrangères, M. Jack Straw, semble aller vers des résultats probants.

Dans son édition d’hier, le journal «Charq El-Awssat», citant une source bien informée, a annoncé que le côté britannique a «montré une souplesse en ce qui concerne ses positions sur le sujet de la surveillance des conditions d’incarcération des futurs extradés».

Selon le journal, ce revirement dans les positions des Britanniques s’explique par la volonté de Londres de se débarrasser des présumés terroristes après les attentats à la bombe qui avaient secoué la capitale britannique en juillet 2005. Les Britanniques considèrent ces détenus comme une menace permanente sur la sécurité nationale du pays et veulent les extrader, dans les plus brefs délais, dans leurs pays d’origine afin d’éviter les critiques des organisations de défense des droits de l’homme.

D’ailleurs, le journal précise que l’Algérie n’a jamais demandé l’extradition de présumés terroristes mais que l’initiative est venue de Londres. Mais malgré sa détermination à extrader les personnes liées à des organisations terroristes, Londres restait toujours sceptique quant aux conditions d’incarcération en Algérie des futurs extradés et exigeait des autorités algériennes des garanties.

Les Britanniques avaient demandé la surveillance des centres de détention pour éviter que les futurs extradés ne subissent la torture.

Ainsi, Londres avait exigé l’envoi régulièrement en Algérie de délégations composées de juges et de responsables de sécurité pour s’assurer que les futurs extradés seront jugés dans de bonnes conditions et traités convenablement durant leur incarcération. Les autorités algériennes ont refusé cette demande, estimant qu’elle était une atteinte à la souveraineté nationale. Le responsable de la presse à l’ambassade d’Algérie à Londres, M. Toubal, avait déclaré, le 10 mars à la chaîne de télévision Channel Four, que «l’Algérie n’accepte pas que la situation des extradés soit vérifiée par un magistrat étranger». Il avait déclaré que «les deux parties étaient très proches d’un accord, mais les représentants algériens ont été surpris, en novembre dernier, par les exigences de la partie britannique».

Le diplomate avait également affirmé qu’ «il n’a jamais été question auparavant de garanties».

Selon le journal, ces garanties ont été posées par la justice britannique comme condition sine qua non pour l’extradition de personnes résidant en Grande-Bretagne et impliquées dans des affaires terroristes.

Les Britanniques avaient déjà réussi à conclure des accords d’extradition avec des pays arabes comme la Libye et le Liban en imposant le principe de la surveillance extérieure des conditions d’incarcération.

Il est à signaler que la signature de l’accord d’extradition entre l’Algérie et la Grande-Bretagne traîne depuis deux ans et a été à maintes reprises reportée à cause des divergences entre les deux parties sur des garanties exigées par le côté britannique.

 

Le maire de Londres s'attire de nouveaux ennuis

Le maire de Londres Ken Livingstone était au centre mardi d'une nouvelle polémique après avoir traité de "petit escroc carotteur" l'ambassadeur des États-Unis à Londres, en raison d'un désaccord sur le versement de la taxe d'embouteillage.

Le conflit dure depuis l'été dernier: l'ambassade des États-Unis, comme des dizaines d'autres, refuse de payer cette taxe de 8 livres (11,7 Euro) par jour pour les voitures circulant au centre de Londres. Cette taxe est un impôt et les diplomates en sont donc exemptés, fait-elle valoir.

Mais M. Livingstone, personnage haut en couleur, aux propos souvent à l'emporte-pièce, ne l'entend pas de cette oreille. Il considère qu'il s'agit d'un péage pour rentrer dans Londres et donc payable par tous.

Lundi, le maire s'est emporté contre l'ambassadeur américain Robert Tuttle, en poste depuis juillet, en des termes très personnels.

Alors qu'il inaugurait une nouvelle station de métro, il l'a tout d'abord traité de "vendeur de voitures, allié du président Bush", qui a clairement pris "une décision politique" de ne pas payer.

"Quand les troupes britanniques jouent leur vie pour la politique étrangère américaine, il serait bien qu'ils payent la taxe d'embouteillage", s'est emporté le maire travailliste, se disant déterminé à "traîner en justice" les diplomates américains.

M. Livingstone, actuellement menacé de suspension pour des propos insultants envers un journaliste juif, a récidivé le soir même.

Lors d'une émission régionale d'ITV, London Today, il a encore forcé le trait. "Ce serait bien si l'ambassadeur américain en Grande-Bretagne pouvait payer la taxe que tout le monde paye, et ne pas essayer d'y échapper comme un petit escroc carotteur", a-t-il asséné.

Selon un porte-parole de Transport for London, qui collecte cette taxe appelée "congestion charge", l'ambassade américaine doit quelque 200.000 livres (290.000 Euro) en taxe d'embouteillage. Elle est l'une des dix missions diplomatiques ayant le plus d'impayés en la matière.

Mardi, l'ambassade a reconnu qu'elle avait pris en juillet la "décision unilatérale" de ne plus payer, car "les discussions ne menaient nulle part". Son porte-parole Rick Roberts a réaffirmé que les diplomates n'avaient pas à payer cette taxe.

Mais il s'est refusé à commenter les attaques personnelles de M. Livingstone, soulignant qu'il n'allait pas lui faire "l'honneur d'y répondre".

Une association, Liberty and Law, a par contre décidé de citer à nouveau le maire devant l'Adjudication panel, l'agence indépendante chargée de juger des écarts de conduite des élus locaux.

Cette instance avait déjà été saisie il y a quelques mois, après l'attaque gratuite du maire contre un jeune journaliste juif qu'il avait comparé à un "ancien criminel de guerre allemand".

Le maire, 60 ans, n'a jamais voulu s'en excuser.

Le 24 février, l'Adjudication panel avait décidé que cette attitude méritait qu'il soit suspendu pour quatre semaines, mais le maire a depuis fait appel de cette décision.

Et dans l'attente de la décision en appel, il a immédiatement repris ses dérapages verbaux.

La semaine dernière, lors d'une conférence de presse, il a ainsi suggéré à deux hommes d'affaires en désaccord avec lui sur la construction du village olympique des JO 2012 "de retourner en Iran et de tenter leur chance avec les ayatollahs". Il avait fait là une grave erreur : les frères Reuben sont des juifs iraquiens, nés en Inde... Source : AFP, 28 mars 2006

 

Soupçonnés d’activités terroristes, six Algériens négocient leur retour au pays


par Mohand Afroukh, El Watan, Alger, 20 mars 2006
Six Algériens, soupçonnés d’activités terroristes en Grande-Bretagne, négocient actuellement leur retour au pays avec le gouvernement du Premier ministre, Tony Blair, car ils ne peuvent plus supporter « la torture mentale » pratiquée par les autorités britanniques, révèle le journal du dimanche The Observer.
Les Algériens, que le 10 Downing Street considère comme une « menace à la sécurité nationale », affirment qu’ « ils préféreraient risquer la torture dans leur pays que de continuer de subir le traitement dont ils font l’objet au Royaume-Uni », indique The Observer. Une des six personnes, un ancien détenu de la prison de haute sécurité de Belmarsh dans la banlieue sud de Londres, a déclaré au journal qu’en dépit du fait qu’il ait été relâché de la prison, « il ne peut pas supporter les conditions qui l’obligent à rester cloîtré à l’intérieur 22 heures par jour ». « Ce père de cinq enfants a été emprisonné pendant trois ans et demi sans qu’aucune accusation n’ait été formulée contre lui », note The Observer. Ce dernier cite cet Algérien qui affirme : « Ici (en Grande-Bretagne), nous ne sommes pas torturés physiquement, mais mentalement nous sommes torturés. Je ne me sens pas comme un être humain », a-il ajouté. Cet Algérien, qui pour des raisons judiciaires ne peut être identifié que par l’initiale « A », a déclaré au journal : « Si je ne vais pas recouvrer ma liberté dans ce pays, il ne me reste plus qu’à rentrer au pays. » Selon The Observer, des avocats du Home Office (ministère de l’Intérieur) ont indiqué que l’Algérien en question a été impliqué dans « la création du climat, la motivation et les conditions qui ont conduit aux évènements (attentats terroristes contre le métro et un bus londoniens) en juillet dernier ». « A » estime que si la commission spéciale d’appel de l’immigration (Special Immigration Appeals Commission) ne lui accorde pas « une liberté inconditionnelle » après un appel qu’il introduira en juillet prochain, il retournera en Algérie. The Observer note que cinq autres Algériens, y compris trois qui sont détenus à la prison de Long Lartin (hors de Londres), envisagent aussi de retourner en Algérie.

Les Lords font de la résistance

Les Lords britanniques ont rejeté mardi la disposition prévoyant d'interdire la glorification du terrorisme dans le projet de loi antiterroriste du gouvernement, lui infligeant une nouvelle défaite sur ce texte controversé.

Les Lords ont voté par 160 contre 156 voix contre cette disposition, qui avait été réinstallée à la mi-février, avec une majorité de 38 voix, par les députés aux Communes.

Cette disposition avait déjà été rejetée par les Lords une première fois à la mi-janvier.

"Le gouvernement s'est engagé devant l'électorat à rendre illégale la glorification des attentats terroristes et a l'intention d'honorer cette promesse. La chambre élue (les Communes) ont voté à juste titre pour interdire le terrorisme et nous avons la ferme intention de le rétablir lorsque le projet de loi reviendra aux Communes", a déclaré le ministre de l'Intérieur Charles Clarke.

"Je suis déçu de voir que les Lords ont choisi d'ignorer le signal clair et répété des Communes, selon lequel la glorification du terrorisme est inacceptable", a-t-il dit.

"Le dernier vote aux Communes a été remporté avec une majorité pour le gouvernement de 38 voix. C'était la troisième fois que les Communes ont voté pour interdire la glorification", du terrorisme, "chaque fois avec une majorité accrue", a-t-il ajouté.

Le délit de glorification du terrorisme est censé viser notamment les imams extrémistes décrits en Grande-Bretagne comme des "prêcheurs de haine". Son adoption pénaliserait un "encouragement indirect au terrorisme" et simplifierait la dissolution des organisations qui font l'éloge du terrorisme.

L'idée de ce nouveau délit était inscrite dans le programme du parti travailliste pour les élections de mai 2005. Les attentats du 7 juillet dernier à Londres (56 morts, 700 blessés) ont renforcé la détermination du Premier ministre Tony Blair sur ce sujet.

En novembre dernier, une autre disposition controversée de la loi avait été rejetée, cette fois par les députés, qui avaient ainsi infligé sa première défaite parlementaire à M. Blair depuis son arrivée au pouvoir en 1997.

Les députés avaient alors refusé de porter à 90 jours la durée maximale de la garde à vue dans les affaires terroristes, optant à l'inverse pour une durée de 28 jours. Source : AFP, 28 février 2006

 

7 ans de prison pour “l'imam crochet”, Abou Hamza El Masri, l’homme-clé de tous les complots

par rédaction Quibla, 8 février 2006
soit à la fin de l'article :
Source : http://quibla.net, 08/02/2006


Abou Hamza al Masri, l'imam britannique d'origine égyptienne de la mosquée londonienne de Finsbury Park, a été reconnu coupable par la justice britannique de 11 chefs d'incitation au meurtre et condamné à sept ans de prison. Mais on n’a pas fini de parler de lui.
Agé de 47 ans, présenté comme le chef de la Djihad ("guerre sainte") en Europe, Masri, qui a perdu un oeil et les deux mains en Afghanistan, encouraitt une peine de prison à vie.
La mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, était notamment fréquentée par le musulman britannique Richard Reid, qui a tenté de faire sauter un avion de ligne au-dessus de l'Atlantique avec un explosif dissimulé dans sa chaussure. C’est par elle qu’est passé Zakarias Mousaoui avant de s’envoler pour les USA. C’est par elle que sont passés 3 Algériens qui ont pris part à la prise d’otages de Beslan en septembre 2004. Dès les années 1990, cette mosquée a servi aux services secrets algériens, égyptiens, syriens, britanniques et autres à recruter des “jihadistes” manipulés pour les envoyer en Bosnie, en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Tchétchénie et au Kosovo mais aussi aux USA.
Le bras droit de El Masri, le Syrien Omar Bacri, a raconté en détail dans une interview à un journal britannique comment le MI6 avait utilisé ses services et ceux de “l’imam crochet” pour recruter des “combattants” pour rejoindr les rangs de l’UCK au Kosovo. Quant au bras gauche de Abou Hamza, l’Indien Haroun Rachid Aswat, il a disparu sans laisser de traces après avoir été livré par la Zambie au Royaume-Uni quelques jous après les attentats du métro de Londres le 7 juillet dernier. Aswat avait échappé à une arrestation par le FBI dans l’Oregon en 1999, sur intervention des services britanniques auprès de leurs homologues US. Il s’était rendu d’Afrique du Sud à Londres quelques semaines avant le 7 juillet et avait quitté le pays peu de temps avant les attentats. sans être jamais inquiété. Détenu du 21 juillet au 11 août 2005 à Londres, il s’est, depuis, littéralement volatilisé.
Pour en revenir à Abou Hamza El Masri, c’est lui qui, dans les années 1990, diffusait à la presse arabe de Londres les “communiqués du GIA” qui lui étaient faxés depuis...une caserne des environs d’Alger.
Bref, un vrai personnage pour John Le Carré...

Le député anti-guerre écossais George Galloway a été diffamé sur l'Iraq, confirme une cour d'appel

George Galloway a été diffamé par le Daily Telegraph, qui affirmait que le député britannique avait été payé par l'ancien dictateur Iraqien Saddam Hussein, a confirmé mercredi une cour d'appel.

Le tribunal a rejeté l'argument du journal selon lequel ses allégations étaient d'intérêt public, et confirmé les dommages-intérêts de 150.000 livres (218.000 euros) alloués en première instance à M. Galloway. Le Telegraph avait publié en avril 2003, au lendemain de l'invasion de l'Iraq, des documents présentés comme ayant été trouvés au ministère des Affaires étrangères à Bagdad. Le journal affirmait à l'appui que "le député travailliste recevait au moins 375.000 livres (545.000 euros) par an dans le cadre du programme pétrole-contre-nourriture. Selon la cour, l'interprétation faite par le journal de ces documents était orientée de façon à nuire au député.

George Galloway, 51 ans, a été expulsé en 2003 du parti travailliste du Premier ministre Tony Blair à cause de son opposition farouche à la guerre d'Iraq. Il a été réélu député de Londres sur une liste du nouveau parti anti-guerreRespect/The Unity Coalition (> http://www.respectcoalition.org) Une commission d'enquête du Sénat des USA lui reproche d'avoir perçu 446.000 dollars (368.660 euros) de l'ancien régime Iraqien dans le cadre du programme pétrole-contre-nourriture. Il nie fermement cette accusation et celle de parjure.

M. Galloway n'était pas au courant mercredi des derniers développements le concernant: il est coupé du monde, participant à l'émission de télé-réalité Celebrity Big Brother, une idée qui lui a valu de solides critiques au Royaume-Uni.
Source : AFP, 25 janvier 2006

 

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