11/07/06 - 48
sans-papiers évacués de l'église de Kuregem à
Anderlecht
par Sophie Messina, indymedia, 6 juillet 2006
Mardi 4 juillet, 6h30. Les forces de l'ordre investissent l'église
Notre Dame Immaculée, lieu d'asile de 48 sans-papiers. Parmi
eux, 4 femmes et 4 enfants. L'Office des Etrangers a marqué du
sceau « REFUSE » leur destin. Faut-il y voir le début
d'une vague d'évacuation massive ?
Ce mardi, 48 sans-papiers qui occupaient l'église Notre Dame
Immaculée de Kuregem ont été amenés par
les forces de l'ordre à quitter l'Eglise sur ordre du bourgmestre
de la commune d'Anderlecht Jacques Simonet. La décision a été
prise à l'insu du curé responsable de l'église,
Jan Claes, qui a vu des agents de police débarquer à l'aube
dans son église et emmener les 48 sans-papiers qui y séjournaient
depuis le 27 avril dernier.
Dès 14 heures, une quinzaine de sympathisants se pressaient devant
la porte du commissariat de la zone Bruxelles-Midi, rue Démosthène
à Anderlecht, où avaient été déportés
les 48 réfugiés. Le MRAX, le CIRé, la FGTB, la
CSC, deux avocats venus fournir une aide juridique ainsi que quelques
membres de comités de soutien de La Louvière ont d'emblée
revendiqué des explications concernant ce qu'il considèrent
comme une intrusion voire une ingérence dans la gestion de sa
paroisse par le curé qui avait donné l'autorisation aux
sans-papiers d'y résider jusqu'au 21 avril. Didier Noltincx,
chef du cabinet de Jacques Simonet, interrogé sur la décision
du bourgmestre de faire évacuer l'église, a fait référence
à une convention signée par le curé Claes le 29
juin dernier suite à une dispute qui avait éclaté
à cause d'une poignée sans-papiers fauteurs de troubles.
Des plaintes des riverains ainsi que des problèmes d'hygiènes
sont également invoqués. Toutefois, des voisines de l'église
s'étant lié d'amitié avec les réfugiés
et étant présents ce mardi ont infirmé ce fait
en soulignant que deux fois par semaine, l'intérieur de l'église
était nettoyé à l'eau. Selon ces femmes donc, ce
ne serait qu'un prétexte saisi par le ministère de l'Intérieur
et l'Office des Etrangers pour se débarrasser des occupants voire
pour marquer le début d'une vague d'évacuation des quelques
41 lieux investis depuis quelques mois par des centaines de demandeurs
d'asile.
Entre temps, dans un communiqué de presse diffusé le lendemain
de l'événement, le curé Jan Claes a démenti
avoir fait appel au service de la police communale pour évacuer
l'église et « proteste vivement contre cette grave atteinte
au droit de l'Eglise d'offrir asile ». L'issue des discussions
menées le 29 juin n'est donc pas celle reprise dans la convention
détenue par les forces de police dont on soupçonne dès
lors qu'elles auraient d'une façon ou d'une autre détourné
les propos du curé. Une confrontation a par ailleurs eu lieu
à ce sujet entre Jacques Simonet, venu s'enquérir en personne
de la situation en fin d'après-midi devant le commissariat. Dès
son arrivée, les sympathisants de la cause des sans-papiers n'ont
pas hésité à lui faire entendre leur mécontentement
et à s'opposer physiquement et verbalement aux déclarations
qu'il s'apprêtait à faire à la presse.
Le numéro 36 de la rue Démosthène, gardé
en permanence par une rangée d'agents de police qui avaient littéralement
mis le groupe de sympathisant sous surveillance, a également
été le spectacle de scènes brutales. La première
d'entre elle a eu lieu sous les yeux effarés des riverains lorsque
les sympathisants ont voulu empêcher le car blindé, affrété
pour l'embarquement des sans papiers jusqu'aux centres fermés,
d'entrer dans le parking du commissariat. Dans ce chaos, pour des raisons
peu claires, deux sympathisants ont été menottés
et emmenés par des agents de police. Une heure plus tard, Axel
Bernard, avocat venu soutenir juridiquement la situation, subissait
le même sort.
Finalement, aux alentours de 18h40, malgré les tentatives de
dissuasion physiques et verbales des sympathisants, le car est ressorti
du parking du commissariat, transportant les sans-papiers de l'église
de Kuregem. Suivant son itinéraire planifié par l'Office
des Etrangers, il s'est dirigé vers les centres fermés
de Vottem, Merksplas et Bruges. Une personne parmi eux a quant à
elle déjà été renvoyée dans son pays
d'origine.
Source : http://www.indymedia.be/en/node/3131
11/07/06 - Visite au centre fermé 127bis
par la CRER, Bruxelles, 9 juillet 2006
Samedi 8 juillet vers 11 heures quelques personnes se rassemblent devant
le centre fermé 127bis pour protester une nouvelle fois de l'existence
même de ceux-ci et venir en soutien aux sans papiers qui y ont
été enfermés suite à leur expulsion de l'église
à Anderlecht.
Un grand nombre de personnes manquent à l'appel, en effet des
barrages de polices les ont empêchés de nous rejoindre.
La liberté de se rassembler est mise à mal. La plupart
des personnes sur place ont été fouillées, prise
d'identité et filmées par les forces de l'ordre.
L'accès à l'allée qui longe le centre nous est
refusé, la demande de visite que nous transmettons nous est également
refusé. Seule une administratrice de la Ligue des droits de l'Homme
est autorisée à entrer dans le centre. Là, elle
est reçue par la directrice du centre qui entame une très
longue conversation et la négociation est dure afin d'obtenir
in fine la rencontre avec une dame angolaise et ses enfants.
La dame est donc menée dans la salle des visites. Elle est au
bord des larmes et ne comprend pas ce qui lui arrive. En possession
d'une "carte orange" qui lui permet de travailler, elle a
cependant été menée menottée devant ses
trois enfants, eux aussi menottés (un bras) au commissariat.
Là elle a dû être extrêmement ferme pour refuser
la proposition qui lui était faite de se séparer de ses
enfants. Après de très âpres discussions elle se
retrouve dans une des ailes du centre. 2 heures de "sortie"
(derrière les 3 clôtures bien sûr) sur 24h sont les
seules occupations. Les détenus de cette prison qui ne veut pas
se dire ainsi, n'ont pas l'autorisation de passer d'une "aile"
à l'autre. Il s'agit, doit-on le rappelerun univers carcéral
au sens premier. Ses enfants de 2 ans 1/2, 7 ans et 10 ans sont également
dans cette situation, quelques "animatrices" s'occupent d'eux.
Il lui a été dit qu'elle et sa famille allaient être
expulsées, sans préciser quand ni comment. Ceci contredit
les dires des autorités entendues à la radio qui précisaient
que les occupants de l'église ne seraient pas expulsés.
Il faut savoir que pour les détenus de ce centre il s'agit de
situations d'horreur, l'un d'entre eux nous a confié (à
travers les barreaux de sa fenêtre) qu'il avait séjourné
en Irak et qu'il avait vécu ici en Belgique, dans le poste de
police, la même terreur.
Un Kurde, se trouve là, avec ses enfants de 2 ans 1/2 et 4 ans,
tous deux nés en Belgique. La police s'est rendue à son
domicile et a amené la famille au commissariat sous le prétexte
de vérifications de papiers (il possède un permis de travail).
Du commissariat cependant ils ont été emmenés directement
au centre fermé!
Une nouvelle fois, cette "visite", certes pas dans les règles
comme le regrettait la directrice, nous donne une image criante des
dénis des droits les plus élémentaires, de l'arbitraire
de l'Office des étrangers et de l'enfermement des étrangers
qui nous rapportent systématiquement "nous n'avons rien
fait et sommes traités comme des criminels, comme des chiens".
Nous réclamons la libération des personnes arrêtées
dans l'église Notre Dame des Sans-papiers, l'arrêt de la
répression sur le mouvement des sans papiers et de leurs nombreux
sympathisants.
Les autorités refusent d'entendre les revendications légitimes
des Sans papiers et essaient à tout prix de casser ce mouvement
qui est devenu trop fort, ce dans le but de pouvoir partir en vacances
et de revenir lors de la rentrée parlementaire avec des églises
vides et un mouvement disloqué. Certaines associations n'hésitent
pas à « influencer » les Sans-papiers dans le même
but.
Nous continuerons à encourager et soutenir les actions de l'UDEP
et de tous les sans papiers et les encourageons à tenir bon.
Source : CRER - Coordination contre les Rafles , les Expulsions et pour
la Regularisation - http://regularisation.canalblog.com/ - Tél
: 0496 40 33 09 - 0473 62 87 33
11/07/06 - J'allais oublier le caoutchouc...
Lettre ouverte à Monsieur le Bourgmestre d'Anderlecht, Jacques
Simonet
par Jean-Marie Lison, Bruxelles, 4 juillet 2006
Cher Jacques, cher voisin de mon enfance,
Figure-toi que j'ai grandi pas loin de chez toi ! À deux rues
seulement de l'avenue des Crocus où ton papa Henri, Socialiste,
menait discrètement sa vie privée de Bourgmestre.
Enfin... Il n'était pas Socialiste depuis si longtemps quand
il a émigré près de chez moi, juste quelques mois
avant le décès du très vieux Bourgmestre d'Anderlecht
Joseph Bracops, vers l'avenue même où habitait ce dernier.
Ton papa est devenu Bourgmestre par adoubement, en quelque sorte. Quoi
de plus admirable !
Souvent je t'ai vu gamin, toi avec ton frère dans votre cossu
jardin où, au milieu des jonquilles printanières, ton
visage déjà bourgeonnait. Déjà... tu étais
un être humain, déjà... tu n'étais pas parfait.
Nul n'est parfait, mais toi, cher Jacques, ton admirable imperfection
frise la perfection. Je l'ai enfin profondément saisi aujourd'hui
!
Je me souviens que, bien qu'étant voisins, je ne croisais jamais
ton papa. Pourtant, ça me revient... Dans les semaines précédant
l'élection, chaque jour, ce cher Henri Simonet, courageusement
pédestre pour l'occasion, descendait ostensiblement la rue du
Potaerdenberg, passait sous les fenêtres de ma maison et allait
acheter son journal à la librairie du quartier. Quel beau spectacle
c'était que de voir les fortes enjambées et les énergiques
coups de chapeau de ce citoyen ordinaire en pleine action !
Ah ! La belle enfance que tu as eue... Tu mangeais des bananes et des
oranges d'Afrique et, sans doute, buvais-tu du café et du cacao
d'Afrique. Et du Banania : "Y'a bon Banania !" Tes chemises
et tes slips étaient tissés de coton d'Afrique et le fer
qui composait la carrosserie de la limousine de papa et des casseroles
de maman provenait, lui aussi, d'Afrique. Et le caoutchouc des pneus...
J'allais oublier le caoutchouc !
Souvent, quand je m'endors, je revois les très poétiques
affiches qui ornaient l'absolue intégralité des panneaux
publicitaires de ma très vaste Commune. C'était à
la veille de l'élection communale où ton papa fut élu
: on l'y voyait marchant. Avec énergie, avec un but. Courrait-il
acheter son journal ? Nul ne l'a jamais su... Mais, aucun Anderlechtois
n'a pu oublier son riche programme, répété à
l'infini sur chacune de ces affiches :
"Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet
Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht
- Simonet Anderlecht - Simonet Anderlecht..."
D'ailleurs, il m'obsède encore.
Il se fait (il faut avoir l'élégance de le reconnaître,
ton papa eut un parcours exemplaire) il se fait, disais-je, il se fait
que, un peu plus tard, ton cher papa devint Libéral. Et... À
l'évidence, c'est là qu'il accéda au statut définitif
: celui de grand homme ! En effet...
Le Peuple, c'est certain, garde encore en mémoire son inlassable
combat contre le racisme. Et pour cause : qui d'autre que lui, en ces
années-là, réussit l'incomparable exploit de faire
appliquer la loi Moureaux contre ce fléau ? Il est parvenu, excuse
du peu, très cher Jacques (et, tu en conviendras, le mot parvenu
sonne, en ce centre de mon éloge, parfaitement) il est parvenu
à faire condamner un jeune marocain (à moins qu'il ne
fut Polonais, ma mémoire flanche soudainement ici, je l'avoue)
il est parvenu à faire condamner ce pouilleux qui l'avait traité
de "Sale Belge" alors que lui faisait paisiblement crotter
son chien, un matin, sur les pelouses du bois de La Cambre.
Je l'ai lu sur ton site, tu es fiers de ton cher papa. Tu lui voues
une admiration sans bornes et tu as raison : son nom t'a porté,
gloire suprême, au mayorat d'Anderlecht. Et, grâce à
ce nom, tu as pu goûter aux délices régionaux des
fonctions ministérielles les plus hautes. Je n'ai certes pas
connu cet honneur et nous nous sommes perdus de vue, ce que je regrette
très vivement aujourd'hui que je peux plus aisément apprécier
ton talent. En effet...
Je viens de te voir élocuter dans le micro sur le petit écran
où tu racontais modestement ton exploit avec toute la componction
qui te caractérise. Ainsi, comme ton papa, tu viens de poser
un acte héroïque, un acte mémorable, un acte hautement
responsable : tu as mis fin à l'occupation de cette église
des bas-quartiers. Quoi... Ces gueux venus d'on ne sait d'où
l Ne risquaient-ils pas de troubler la quiétude du voisinage
! C'est contagieux, les gueux et... il leur arrive de manger toutes
les bananes ! Puis, a-t-on idée de venir souffrir sous les yeux
des gens ?
Tu as eu le courage, car c'est bien de courage dont il s'agit, tu as
eu le courage de faire séquestrer ces hommes, ces femmes et...
ces petits enfants. Stacy et Nathalie n'ont pas été occises
à Bruxelles-Capitale : il te fallait procéder à
un rééquilibrage régional. Ce n'est que bonne gouvernance.
Très sincèrement, j'ai beaucoup apprécié
la conscience professionnelle de tes policiers en cette occasion : "on
ne fait pas d'omelette sans casser des ¦ufs" répétait
inlassablement ton papa dans ses mémorables discours que j'ai,
à mon grand regret, tous ratés.
Ah ! J'en bande ! Tu es, toi aussi, devenu un héros. Et ce minable
curé de paroisse qui est venu te contredire au petit écran...
Qu'on le crucifie ! C'est vrai, à la fin... Si les églises
devaient être considérées comme des lieux inviolables,
où irait le monde !
Bien vu Jacques ! Tu nous gardes le fer et les bananes au chaud ! J'allais
oublier le caoutchouc...
Si j'étais resté Anderlechtois, c'est sûr, je voterais
pour toi !
Mais, il me reste quelques amis à Anderlecht.
Je leur dirai de le faire. Promis juré !
Source : http://subterra.canalblog.com/
05/06/06 - Pas de Bobby Sands sans papiers en
Belgiqque : Régularisez ! Déclaration commune sur la lutte
des Sans papiers en Belgique
par Coordination Nationale des Sans papiers de France (CNSP) ATRAIE
d'Espagne UDEP [Union pour la défense des sans papiers)
de Belgique, Bruxelles,27 mai 2006
Au Roi et au gouvernement de Belgique
Nous prenons à témoin le peuple belge
Réunis ce jour à Bruxelles pour échanger et enclencher
un processus de coordination de nos luttes, l'ATRAIE d'Espagne, la CNSP
de France et l'UDEP de Belgique, association et mouvements de lutte
sociale, citoyenne, démocratique, anti-raciste et antifasciste
des Sans Papiers et migrants pour la régularisation de tous les
Sans Papiers et pour des lois humaines et progressistes dans nos pays
d'accueil respectifs, déclarent après examen de la situation
d'une extrême gravité en Belgique :
- Considérant l'occupation de 35 Eglises en Belgique par les
sans papiers dans plusieurs villes de Belgique;
- Considérant l'élaboration par l'UDEP, mouvement de lutte
des sans papiers de Belgique d'un projet de loi adopté en partie
ou totalement par le PS, le CDH et Ecolo ;
- Considérant que ces partis ont déposé au parlement
belge des projets de lois et que le gouvernement pour contrecarrer cette
initiative a lui aussi déposé un autre projet répressif,
xénophobe et anti-social ;
- Considérant la responsabilité indéniable des
politiques anti-immigré(e)s dans la série noire macabre
des assassinats racistes successifs en Belgique, dont le crime commis
à l'encontre d'un enfant de 2 ans, Luna et Oulématou la
malienne ;
- Considérant que la grève de la faim des sans papiers
du Petit Château en est aujourd'hui à son 33éme
jour et que les grévistes affiche leur détermination par
un écriteau sur lequel est inscrit : « Les papiers ou les
certificats de décès » ;
Nous Mouvements de sans papiers en lutte dans les différents
pays européens pour le droit à l'existence légale
exigeons du Roi de Belgique et du gouvernement belge :
- Pas de morts pour les papiers ;
- Régularisez ;
- Elaborez une nouvelle loi sur la base du projet loi proposé
par l'UDEP ;
- Saluons le courage exemplaire des occupants et grévistes de
la faim sans papiers des 35 sites occupés en Belgique.
A nos yeux la responsabilité du Roi de Belgique et du gouvernement
Belge est totalement engagée dans le drame qui se joue sur le
territoire belge. Nous revendiquons que les revendications légitimes
de l'UDEP soient satisfaites.
Source : http://udep.blogspirit.com/archive/2006/05/29/declaration-commune-sur-la-lutte-des-sans-papiers-en-belgiqu.html
Document
05/06/06 - « À défaut d'apporter
urgemment une réponse favorable aux problémes des sans-papiers,
la majorité d'entre eux sont déterminés à
rentrer dans une gréve de la faim généralisée
»
Texte de l'audition de Véronique Bianba et d'Ali Guissé
dans le cadre de l'examen du projet de loi Dewael à la commission
de l'Intérieur de la Chambre des représentants, Bruxelles,
29 mai 2006
Bonjour Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les députés,
Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
Au nom des sans papiers, nous tenons tout d'abord à vous remercier
de nous entendre dans le cadre de l'examen du projet déposé
par Monsieur le Ministre Dewael.
Mon nom est Véronique Biamba. Je suis occupante de l'église
de Gand et désignée par les sans papiers pour les représenter
au niveau de la partie néerlandophone du pays.
Je suis Ali Guissé, je suis porte-parole national de l'UDEP,
Union pour la défense des sans-papiers.
C'est à ce titre que les sans-papiers des différents lieux
occupés en Belgique nous ont demandéé de parler
en leur nom.
L'UDEP est un mouvement né en juin 2004, organisé pour
et par les sans-papiers.
Il a pris son essor en réaction, l'année derniére,
aux arrestations dans les centres d'accueil, de candidats réfugiés
déboutés, toujours en procédure devant le Conseil
d'Etat et dont la plupart résidaient en Belgique depuis plusieurs
années.
Dans un premier temps, c'est à l'église Saint-Boniface
que les sans-papiers sont allés se réfugier, toutes nationalités
confondues, et c'est là qu'une conscience politique a germé
dans la population des sans-papiers par le constat qu'en Belgique, il
n'y avait plus d'autres moyens pour attirer l'attention des politiques
sur notre détresse que d'occuper une église.
Cette occupation de Saint-Boniface a été suivie par une
trentaine d'autres en 2006 :
- le 31 mars, occupation d'un local paroissial de l'église Sainte-Croix
à Ixelles
- le 1er avril occupation de la Basilique Saint-Christophe à
Charleroi
- Le 2, occupation de l'église du Sacré-C¦ur à
Etterbeek ;
- Le 3, occupation de l'église Sainte Elizabeth à Mons
;
- Le 7, occupation de l'ancien local de la fondation Gueux à
proximité de la maison communale de Saint-Gilles
- Le 9, occupation de l'église Saint-Joseph de Namur ;
- Le 10, occupation de l'église Saint Joseph de la Louviére
;
- Le 12, refuge et protection de sans papiers dans l'église Saint
Antonius De Padoue de Gand ;
- Le 13, occupation de l'église de la ville d'Erezée dans
la province du Luxembourg ;
- Le 14, occupation de la maison de la laïcité de Namur,
de la maison de l'évêché et de la mosquée
albanaise de Namur ;
- Le 17, occupation de la chapelle Saint Lambert de Verviers ;
- Le 18, occupation de l'entrée de l'association CIRE à
Ixelles ;
- Le 20, occupation de l'église de Thuin ;
- Le 21, occupation de l'église Notre Dame des Lumiéres
de Glain (à Liége) ;
- Le 24, occupation de l'église Saint Curé d'Ars à
Forest ;
- Le 24 aussi, début de la gréve de la faim des demandeurs
d'asile du Petit Château en protestation contre la reprise des
arrestations dans les centres ;
- Le 25, occupation de l'église Immaculée à Anderlecht
;
- Le 27, occupation de l'église saint Barthélemy à
Chatelineau ;
- Le 2 mai, occupation de l'église du Blocry à Louvain-La-Neuve
;
- Le 2 mai également, occupation de la maison de la laïcité
à Bruxelles tout prés du Parlement fédéral
;
- Le 5, occupation d'une église de Courtrai ;
- Le 6, occupation de l'Ulg ;
- Le 8, occupation de l'église de Marche en Famenne ;
- Le 11, occupation de l'église sainte Suzanne à Schaerbeek
par des femmes et des enfants ;
- Le 11 également, occupation de l'église Saint-Martin
à Arlon ;
- Le 12 mai, occupation de l'Espace Citoyen, local dépendant
du CPAS de Marchienne au Pont ;
- L'église d'Anvers est également occupée ;
- Au sein du centre d'acceuil pour réfugiés de Broechem,
une gréve de la faim a été entamée par des
dizaines de résidents ;
- A Ecaussines, une occupation a débuté ;
- A Nonceveux aussi.;
- A l'Université Libre de Bruxelles, des illégaux ont
été accueillis par les autorités.
Dans toutes les villes nous avons été impressionnés
par l'accueil et le soutien que nous avons reçu de la population
belge, des paroissiens mais aussi des visiteurs qui sont venus vers
nous et se sont mobilisés pour organiser des réunions
de soutien de maniére à mettre en place une formidable
solidarité.
Qui sommes nous ? Qui sont les sans papiers ?
Nous sommes des milliers de personnes, venus des quatre coins du monde,
à vivre en Belgique souvent depuis plusieurs années. Nous
vivons avec vous, parmi vous. Rien ne nous distingue si ce n'est que
nous sommes sans papiers.
Nous sommes des hommes, des femmes, des enfants semblables à
n'importe quelle autre personne. Notre situation de sans papiers n'est
pas inscrite sur nos fronts
Vous nous rencontrez chaque jour sans le savoir.
Votre voisin dans la rue que vous saluez de la main ou auquel vous adressez
un sourire au passage est peut-être un sans papiers.
L'enfant, petit camarde de classe du vôtre, qui peut-être
est déjà venu chez vous à l'occasion d'une fête
d'anniversaire, est peut-être lui aussi un sans papiers.
La jeune femme qui fait du repassage, garde vos enfants et fait le ménage
; le boulanger, le boucher, le cuisinier, le plongeur, qui ne sortent
jamais de l'arriére salle où ils travaillent ; le plafonneur,
le maçon, le jardinier, l'électricien qui travaillent
durement chaque jour pour des salaires de misére sont peut-être
eux aussi sans papiers
Parmi nous, nombreux étaient déjà diplômés
lorsqu'ils sont arrivés en Belgique : des enseignants, des ingénieurs
- en agronomie en informatique, etc Nous avons même des ingénieurs
en nucléaire, ce qui est rare en Belgique.
D'autres ont effectué des études ou une formation en Belgique
(dans le domaine médical, social, dans le domaine de la construction,
du transport routier, etc)
Mais toutes ces compétences sont perdues parce que lorsque l'on
est sans papiers, on n'a pas le droit de travailler légalement.
Nous n'avons pas quitté notre pays avec légéreté,
par simple goût du voyage ou de l'aventure. Quitter son pays,
ses points de repéres, sa famille, ses amis, son travail, ses
habitudes n'est pas facile. Ce sont des événements indépendants
de notre volonté qui nous ont poussé à faire cela
: la guerre, le chaos, la dictature, la répression et la peur,
la nécessité de trouver du travail ailleurs pour survivre,
vivre une vie normale, permettre à nos enfants d'aller à
l'école
Nous vivons ici en Belgique dans une immense détresse, mais en
même temps avec une énorme motivation :
Une immense détresse parce que chaque jour qui passe, nous le
vivons avec la peur au ventre :
- la peur de l'expulsion, la peur du lendemain, la culpabilité
de ne pouvoir garantir un avenir à nos enfants ;
- la peur d'être renvoyé dans notre pays où notre
sécurité est en danger, où l'avenir et celui de
nos enfants est trés incertain ;
- chaque jour est un jour de survie, où il faut chercher des
petits boulots, bien souvent travailler dur avec des salaires de misére,
ne pas savoir si l'on arrivera à manger demain ou à payer
son loyer quand on a la chance d'être locataire ;
- pour ceux qui ont réussi à trouver une certaine stabilité
dans la précarité par un emploi en noir, c'est la peur
d'être arrêté, d'être expulsé et de
tout perdre ;
- Pour nous tous, c'est la peur de quitter un pays où nous avons
tissé des liens, où se trouvent à présent
tous nos amis et nos centres d'intérêts ;
- nous avons bien souvent des enfants nés ici qui ne connaissent
que la Belgique, qui ne parlent et n'écrivent que le français
ou le néerlandais, qui ne connaissent rien du pays de leurs parents,
et qui pensent être belges comme leurs petits camarades.
Nous vivons aussi en Belgique avec une énorme motivation parce
que
- Nous voulons travailler, pas seulement pour ne pas être à
charge des pouvoirs publics mais surtout pour retrouver une dignité,
une identité, avoir un rôle d'acteur dans la société
belge ;
- Nous voulons que nos enfants qui vont à l'école, qui
étudient comme les autres enfants puissent aussi avoir un diplôme
et un avenir ;
- Nous sommes persuadés que nous avons beaucoup de choses à
apporter à la société belge à condition
d'avoir les mêmes chances, les mêmes droits que les autres
citoyens.
Alors que le projet de loi déposé par le gouvernement
fournit une vision négative et péjorative de l'immigré
(profiteur, malade, sans ressources, sans idée, assisté,
...), nous sommes convaincus que les sans-papiers doivent être
vus comme des personnes disposant d'une réelle valeur ajoutée.
Nous apportons, par notre différence, un plus à la Belgique
et nous contribuons, qu'on le veuille ou non, à l'essor économique,
culturel et social de la Belgique.
Mais tout cela n'est possible qu'à la condition d'avoir des papiers,
d'être régularisés
Or, que se passe-t-il actuellement et que proposons nous ?
Nous avons tous des parcours différents, nombreux d'entre nous
ont introduit une procédure qui s'est avérée interminable
: des procédures d'asile qui prennent plus de quatre ans, des
recours au Conseil d'Etat qui mettent entre trois et sept ans pour aboutir
à une décision, des demandes de régularisation
qui attendent un traitement depuis deux, trois, quatre ans à
l'Office des étrangers.
Durant des années d'attente et d'espoir, nous et nos enfants,
avons tissé des liens indissolubles avec la société
belge.
Certains ont reçu un ordre de quitter le territoire, d'autres
ont encore une carte de séjour provisoire car ils sont toujours
dans une procédure quelconque, d'autres encore sont ce que l'Office
des étrangers appelle des clandestins purs parce qu'ils sont
ici mais n'ont jamais osé introduire de procédure, alors
que beaucoup d'entre eux travaillent et ont une famille établie
en Belgique.
Pour nous, c'est pareil, nous sommes tous des sans papiers, nous vivons
tous dans la même détresse, la même incertitude quant
à l'avenir.
C'est pour cela que nous insistons ici pour qu'aucune différence
ne soit faite entre les clandestins (c'est-à-dire ceux qui ne
sont pas connus par l'Office des Etrangers) et les autres sans-papiers.
Ces clandestins sont certainement les plus nombreux sur le territoire
belge. Ils forment la catégorie de sans-papiers la plus exploitée
et la plus fragile.
Tout projet de régularisation doit donc les prendre en compte
en tout premier lieu.
Or, lorsque nous allons voir un avocat ou un service juridique pour
être conseillés dans les démarches à suivre,
tous nous disent la même chose : le seul article de loi en droit
belge qui ouvre une voie à la régularisation, c'est l'article
9 alinéa 3 de la loi du 15 décembre 80, mais le probléme
est qu'il ne définit aucun critére permettant de savoir
qui peut être régularisé et qui ne peut pas l'être,
et que les décisions sont arbitraires.
Combien de fois avons-nous été témoins de personnes
qui se trouvaient dans des situations semblables et qui pourtant ont
reçu des réponses radicalement différentes à
leur demande de régularisation.
Quelle serait la réaction des citoyens belges s'ils étaient
confrontés au même type d'arbitraire dans des domaines
du droit qui les concernent ?
Nous posons le constat que c'est la loi qui laisse clairement la décision
de régulariser à la totale discrétion du Ministre.
La situation d'insjustice quotidiennement pratiquée est donc
consacrée par la loi. Il faut donc modifier la loi pour faire
cesser cet arbitraire générateur d'injustice.
Nous avons pris conscience que c'était une situation sans fin,
que ce que nous vivions aujourd'hui, d'autres sans papiers l'avaient
vécu dans le passé et d'autres allaient le vivre dans
le futur. Nous avons compris que, pour sortir de l'impasse, pour accéder
à une dignité pour nous mêmes et pour les autres
dans l'avenir, il fallait une solution structurelle : un ajout dans
la loi de critéres clairs et permanents de régularisation,
et l'instauration d'une procédure correcte avec une commission
devant laquelle les personnes peuvent venir se défendre oralement.
Nous avons donc rédigé une proposition de loi qui rencontre
ces préoccupations.
Elle prévoit 5 critéres de régularisation et une
commission calquée sur celle de la loi du 22 décembre
1999.
Le premier critére est basé sur la longueur de la procédure
d'asile en ce compris celle au Conseil d'Etat: nous trouvons légitime
qu'une personne qui a attendu trois ans dans la procédure soit
régularisée. Parce que trois ans c'est trés long
: la personne s'est intégrée, a développé
des projets de vie en Belgique, ses enfants vont à l'école.
Ces personnes ne sont pas responsables de la longueur des procédures
belges. On ne peut pas lui reprocher d'avoir passé trois ans
à espérer les papiers en Belgique, puis lui dire aprés
tout ce temps : c'est négatif, les voies de recours sont terminées,
vous devez quitter le pays. Ce n'est pas humain.
Le deuxiéme critére est basé sur l'impossibilité
de retourner dans le pays d'origine. Cette impossibilité peut
résulter d'une impossibilité administrative (soit que
le pays refuse de délivrer un laisser passer, soit qu'il refuse
de reconnaître la nationalité à son ressortissant).
Cette impossibilité de retour peut aussi résulter d'une
situation de conflit dans le pays ou d'une situation de crainte individuelle
vécue par la personne qui n'a pu obtenir le statut de réfugié
parce que son cas n'entre pas dans les critéres de la convention
de Genéve. La protection subsidiaire que le Ministre Dewael entend
mettre en ¦uvre par son projet ne couvrira que les situations
du futur. Il y a actuellement de nombreuses personnes en Belgique qui
ont déjà reçu un ordre de quitter le territoire
et qui ont des raisons légitimes d'affirmer ne pas pouvoir retourner
dans leur pays, pour des raisons indépendantes de leur volonté.
Le troisiéme critére de régularisation est la
maladie grave lorsque le traitement n'est pas accessible, soit que les
soins n'existent pas dans le pays, soit qu'ils ne sont pas acheminés
de maniére réguliére, soit qu'ils sont hors de
prix et non couverts par la sécurité sociale. Notre troisiéme
critére concerne également les personnes handicapées,
lorsque ce handicap cause une incapacité de travail et que la
personne ne dispose d'aucune couverture sociale dans son pays d'origine
lui permettant de survivre.
Le quatriéme critére que nous proposons concerne les
personnes qui ont des attaches sociales durables en Belgique ou qui
se trouvent en situation humanitaire. Ces attaches sociales durables
peuvent résulter d'une présence longue en Belgique (Il
nous semble que 5 années de présence en Belgique permettent
de présumer l'existence de ces attaches sociales) ; ou d'une
procédure administrative longue de trois ans (autre que celle
visée dans notre critére 1) : par exemple, une procédure
de regroupement familial qui a duré trois ans. Le fait d'avoir
de la famille en Belgique également est un exemple d'attaches
sociales durables.
Notre cinquiéme critére concerne les personnes qui ont
un projet socio économique en Belgique. De nombreux sans papiers
ont exprimé le souhait d'être perçus autrement que
sous l'angle humanitaire car ils sont désireux de travailler,
bien souvent travaillent déjà en noir depuis plusieurs
années et ont la possibilité de travailler légalement
soit sous contrat de travail, soit comme travailleur indépendant
parce qu'ils ont des qualifications professionnelles qui le leur permettrait.
Nous souhaitons également que les demandes de régularisation
soient traitées par une commission indépendante composée
de trois membres à l'image de la commission des régularisation
mise sur pied par la loi du 22 décembre 1999, qui pourrait d'ailleurs
être investie d'une nouvelle compétence à notre
égard.
Nous avons trop souffert de la procédure actuelle dont le traitement
des demandes se fait par :
- un fonctionnaire de l'Office des étrangers qui n'a aucun contact
personnel avec nous, et avec lequel nous ne pouvons jamais entrer en
contact autrement que par courrier ;
- qui traite des situations humaines sur base de dossiers écrits,
comme si nous n'étions que des numéros ;
- et qui met des années avant de rendre une décision tout
à fait arbitraire.
Les principes contenus dans notre proposition de loi ont finalement
été repris par un nombre important de députés
et nous nous en réjouissons.
Nombreux sont ceux qui ont compris la légitimité de nos
revendications parmi la population belge qui trés souvent s'émeut
d'apprendre que telle ou telle personne, telle ou telle famille est
expulsée alors qu'elle séjournait en Belgique avec des
attaches sociales trés fortes ou aprés avoir attendu trop
longtemps l'issue d'une procédure.
Tout récemment, le Ministre de l'Intérieur s'est enfin
décidé à préciser oralement les critéres
auxquels son administration se référait pour régulariser
ou non la situation administrative des sans-papiers. On pensait sincérement
qu'au terme du Conseil des Ministres, une décision aurait été
prise pour améliorer la clarté des critéres et
chercher réellement une solution à la situation actuelle
des sans papiers.
Au lieu de cela, on assiste à des critéres inchangés
et même pire, qui semblent durcis:
Inchangés sont les deux premiers critéres:
1. la demande d'asile déraisonnablement longue
2. les personnes atteintes d'une maladie grave ou d'un handicap physique
Le troisiéme critére est celui des circonstances humanitaires.
Il est présenté de maniére extrêmement restrictive
parce que les exemples donnés représentent des cas extrêmement
rares. Les exemples cités par le Ministre sont le parent d'enfant
belge ou la personne sourde et muette qui aurait appris le langage des
signes en néerlandais ...
Premiérement, nous constatons que ces critéres ne répondent
absolument pas à la situation de l'immense majorité des
sans-papiers.
Deuxiémement, nous connaissons des exemples de personnes qui
répondaient à ces critéres et qui n'ont pas été
régularisés.
On en déduit, outre que ces critéres ne rencontrent pas
la réalité des sans-papiers, la pratique de l'Office des
Etrangers reste arbitraire par rapport à l'application de ces
critéres.
Ceci nous améne à revenir sur l'idée que ces critéres
doivent être précisés dans la loi et tenir réellement
compte de la situation de tous les sans-papiers, comme le propose la
loi UDEP.
Les soutiens dans la société ont commencé par les
citoyens belges, avec l'église Saint-Boniface. Ils nous ont écoutés
puis se sont organisés pour nous soutenir de maniére à
mettre en place cette formidable solidarité qui a permis à
notre mouvement de se renforcer, de se faire entendre et d'être
relayé par les médias.
Ce soutien des citoyens belges, nous l'avons retrouvé dans les
différentes églises où nous nous trouvons, que
ce soit en à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie : Partout la
même écoute, la même compréhension, partout
la même mobilisation pour nous soutenir.
En Flandre, les sans papiers ont eu un accueil incroyable.
Par exemple, à Gand, dans l'église où nous avons
été nombreux à être accueillis, la mobilisation
est formidable. Des belges viennent avec leurs enfants, ils partagent
nos repas, parlent avec nous.
Une famille est venue, ils nous ont expliqué qu'avant ils votaient
Vlaams Belang mais que ce qui se passe les a fait réfléchir
et qu'ils ne veulent pas revenir à la Belgique de la seconde
guerre mondiale.
Nous avons le soutien d'une quarantaine d'écoles : tous les trois
jours, des écoliers viennent nous rendre visite avec leurs instituteurs.
Nous avons le soutien d'une vingtaine d'associations.
Deux manifestations importantes ont eu lieu en Flandre : une à
Anvers en février et une récente à Gand en mai,
qui ont réuni chacune d'elle plus de 5.000 personnes.
A Bruxelles, les occupations se déroulent également avec
une mobilisation importante de la population environnante.
Le 25 février 2006, nous avons mobilisé plus de 10.000
personnes pour soutenir les revendications de l'UDEP.
Les sans-papiers sont accueillis par une des universités les
plus importantes de Belgique : à savoir l'Université Libre
de Bruxelles, ainsi que dans quatre églises : à Etterbeek,
à Schaerbeek, à Forest et à Anderlecht.
De plus, la maison de la laicité, à deux pas du Parlement,
nous a ouvert ses portes.
Enfin, le CIRE est aussi occupé par des sans-papiers.
Beaucoup sont émus de la situation des grévistes de la
faim du Petit Château qui en sont aujourd'hui à leur 37éme
jour.
Des artistes se mobilisent. Des assemblées de voisin se créent
autour de chaque lieu d'occupation et marquent leur solidarité
avec la lutte des sans-papiers.
En Wallonie, nous avons également des échos trés
positifs des occupations :
Ce qui est frappant en Wallonie est le nombre important d'églises
et autres lieux symboliques qui ont ouvert leurs portes aux sans-papiers.
D'Arlon à Tubize en passant par Verviers, Ecaussines et Namur.
Si chacune de ces occupations est rendue possible, c'est grâce
aux nombreuses personnes qui les soutiennent.
Ainsi, à Erezée, petit village de 2.500 personnes, plus
de 1.000 personnes ont déjà signé une pétition
en faveur des sans-papiers, petition qui circule toujours et qui n'a
pas terminé de réunir toutes les signatures.
A Namur, toutes les tendances religieuses et philosophiques ont accueilli
les sans-papiers : mosquées, églises et maison de la laicité.
Du côté de l'église catholique de Belgique, le soutien
a été trés important. Tout d'abord le simple fait
pour les curés d'accepter que nous occupions leur église.
En Flandre, l'accueil des Eglises était telles qu'elles ne voulaient
pas que l'on parle d'occupation mais bien de protection : « leur
église n'est pas occupée par des sans papiers »
mais plutôt « leur église offre la protection aux
sans papiers ».
Sur le plan symbolique, cette position est trés importante pour
nous.
Aprés les prêtres, les autres personnalités religieuses
ont pris le relais. Le mouvement a reçu la bénédiction
de l'évêque d'Anvers Monseigneur Van den Berghe, et du
Cardinal Daneels.
L'abbé Léonard nous a également soutenu en mettant
à notre disposition deux piéces de l'évêché.
Maintenant c'est le représentant du Vatican en Belgique qui nous
soutient officiellement.
Un nombre important d'associations nous ont apporté leur soutien.
Les syndicats aussi en acceptant l'affiliation des sans papiers et en
prenant position clairement sur la nécessité de régulariser
les sans-papiers avec des critéres précis et permanents,
dans l'esprit notamment de la proposition de loi UDEP.
Diverses personnalités politiques, tant francophones et flamandes,
tant du niveau fédéral que communautaire, régional
et local, sont venus nous rencontrer dans les lieux d'occupations.
Pourquoi devez vous régulariser par une loi ?
Les occupants et leurs nombreux soutiens revendiquent tous la même
chose, à savoir établir des critéres clairs et
permanents pour la régularisation des sans-papiers.
Ces soutiens, de nombreux citoyens belges ou étrangers en situation
réguliére (et bientôt électeurs pour les
élections communales d'octobre prochain), les voisins, habitants
et commerçants, ont démontré que la population
belge pouvait exprimer autre chose que ce qu'on lui fait souvent dire.
A défaut d'écouter les sans-papiers qui ne représentent
certes rien pour le moment au niveau électoral, le gouvernement
gagnerait donc à répondre à ce large front de soutien
aux sans-papiers.
La régularisation des sans-papiers est profitable à l'Etat,
car elle lui permettrait d'encaisser enfin les impôts sur le travail
au noir que des dizaines de milliers de sans-papiers effectuent dans
des conditions parfois inhumaines, et casser dans le même temps
leur « compétitivité » forcée, qui
ne profite qu'au petit patronat. C'est d'ailleurs tout le sens du soutien
des syndicats à ce mouvement.
La régularisation est aussi gage de paix sociale, car elle évite
de créer une nouvelle catégorie d'exclus dans la société.
La régularisation est souhaitable et inéluctable.
Laisser le choix des critéres de régularisation au pouvoir
discrétionnaire du ministre est totalement anti-démocratique.
Par contre une régularisation sur base de critéres clairs
et permanents pour tout sans-papiers est signe de justice, de solidarité,
d'humanisme et démocratie.
En refusant d'établir une bonne fois pour toutes des critéres
clairs et permanents pour la régularisation des sans-papiers,
le gouvernement et les parlementaires envoient un signal confirmant
les théses de l'extrême droite.
D'un autre côté, pour tromper les trés nombreux
Belges, qui soutiennent les sans-papiers, le gouvernement définit
oralement des critéres qui n'ont pas force de loi et qui ne répondent
absolument pas aux revendications des 10.000 personnes dans la rue le
25 février dernier, ni à celles des occupants d'églises
et autres lieux.
Ces critéres ne concernent en effet qu'une infime minorité
de sans-papiers, et en tous cas aucun de ceux qui se retrouvent dans
les églises, les centres laïcs et autres lieux et qui sont
soutenus par un trés large front allant même jusqu'aux
universités.
Le gouvernement et le Parlement doivent donc choisir les valeurs
Soit la solidarité, l'humanisme, la démocratie, et la
justice, et dans ce cas le parlement vote une loi établissant
des critéres clairs et permanents pour la régularisation
des sans-papiers,
Soit la peur de l'autre, l'exploitation économique hypocrite
des sans-papiers, et la crainte d'affronter l'extrême droite et
ses théses, et alors le gouvernement et le Parlement persistent
dans leur voie du refus de discuter d'une telle loi.
Pour toutes ces raisons, nous, les sans-papiers, demandons :
1. l'adoption de critéres clairs et permanents de régularisation
consignés dans une loi, tels que définis plus haut;
2. La mise en place d'une commission indépendante et permanente
de régularisation;
3. Une procédure de régularisation respectueuse des droits
de la défense.
Les sans-papiers suivent de trés prés les travaux parlementaires.
Ils sont déterminés et leurs porte-parole sont présents
ici dans la salle.
Ceux-ci me chargent d'ailleurs de vous dire qu'à défaut
d'apporter urgemment une réponse favorable aux problémes
des sans-papiers, la majorité d'entre eux sont déterminés
à rentrer dans une gréve de la faim généralisée.
Devront être tenu responsables de cette situation ceux qui s'opposent
aux mesures permettant de mettre fin à la précarité
et la clandestinité des sans-papiers.
J'espére que les sans-papiers ne devront pas en arriver là
et qu'une réaction parlementaire aura lieu.
Mesdames, Messieurs les parlementaires sachez que le pouvoir législatif
n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'améliorer le sort de
ceux qui en sont dépourvus et nul ne peux nier que les sans papiers
sont dépourvus des droits fondamentaux et de la reconnaissance
administrative. Je vous remercie.
02/06/06 - La plainte de deux Belges contre
la Belgique recevable à l'ONU
Le Comité des droits de l'Homme des Nations Unies a déclaré
recevable la plainte déposée par deux ressortissants belges,
Nabil Sayadi et Patricia Vinck, qui s'estiment injustement repris sur
la liste noire du terrorisme de l'ONU.
La Belgique a désormais six mois pour se justifier. Nabil Sayadi
et Patricia Vinck figurent depuis janvier 2003 sur la liste des personnes
"appartenant ou associées à al-Qaïda ou aux
talibans d'Afghanistan". Cette liste est établie à
huis clos à New York, puis répercutée dans le monde
entier.
Depuis cette année-là, leurs avoirs financiers ont été
gelés, ce qui les empêche, selon leur avocat, "de
travailler, de voyager, d'accomplir des mouvements de fonds, de bénéficier
d'une carte bancaire, de recevoir une lettre recommandée sans
qu'elle soit ouverte, de recevoir des rémunérations ou
honoraires et de faire face à toute dépense qu'impose
une vie familiale, bref, de mener une vie normale".
Source : belga, 1er juin 2006
27/05/06 - «Halte au racisme - La diversité
est une réalité» : 20 000 manifestants contre le
racisme à Anvers
20
000 personnes ont manifesté contre les crimes racistes à
Anvers le vendredi 26 avril. Les autorités communales, organisatrices
du défilé, attendaient 50 000 manifestants. La participation
relativement faible a été attribuée à la
pluie battante. Lire les compte-rendus et commentaires ci-dessous.
Une "marche blanche" contre le racisme réunit près
de 20 000 personnes à Anvers
Deux semaines après le meurtre d'une fillette et de sa nourrice
africaine par un jeune, proche de l'extrême droite, la Belgique
se mobilise contre le racisme. Près de 20 000 personnes ont manifesté,
vendredi 26 mai, dans les rues d'Anvers.
Fort de "plus de 11 000 personnes" au moment où il
s'est ébranlé dans le quartier nord, selon les chiffres
de la police, le cortège a continué à se gonfler
le long du parcours tracé dans le centre-ville et le long des
quais de l'Escaut, pour atteindre "15 000 à 20 000 personnes".
La marche a été préparée en commun accord
avec les familles et les diverses communautés de la ville en
mémoire des victimes de l'agression raciste commise le 11 mai
par un skinhead anversois, Hans Van Themsche.
Ce jour-là, ce lycéen de 18 ans a abattu avec une carabine
de chasse une fillette de 2 ans et sa nourrice malienne après
avoir grièvement blessé une femme turque. Immédiatement
arrêté, il a expliqué son geste par des motifs racistes.
"LA DIVERSITÉ EST LA RÉALITÉ"
Comme les organisateurs l'avaient demandé, les manifestants
ne portaient ni pancartes ni calicots. En revanche, beaucoup de participants
avaient revêtu un vêtement blanc, en signe de solidarité.
A la tête du cortège, des enfants portaient uniquement
deux banderoles avec les inscriptions "Le chagrin est sur Anvers"
et "Stop au racisme, la diversité est la réalité".
"Ce qui me plaît, c'est le côté très
métissé de cette marche. Il y a des Africains, des Arabes,
des Flamands pure souche, des juifs orthodoxes... C'est ça la
Belgique, c'est ça Anvers", s'est réjoui Radouane
Bouhlal, président du Mouvement belge contre le racisme et la
xénophobie (MRAX).
Les autorités municipales, coorganisatrices de cette "marche
blanche", avaient dit s'attendre à la venue de 50 000 personnes.
De nombreux participants ont cependant souligné que le mauvais
temps expliquait sans doute en partie la participation moins importante
que prévu.
La marche d'Anvers se voulait également un message lancé
au parti d'extrême droite Vlaams Belang (L'Intérêt
flamand), dont les discours teinté de xénophobie sont
pointés du doigt depuis le double meurtre du 11 mai.
Source : AFP, 26 mai 2006
Meurtres racistes d'Anvers: qui dit A doit dire
B
par
David Pestieau, Solidaire n° 21 du 24 mai 2006
Luna Drowart et Oulematou Niangadou ont été tuées
et Songul Koç blessée le 11 mai à Anvers. Par racisme
et par un proche du Vlaams Belang. Qu'il y ait un lien entre ces meurtres,
le racisme et le Vlaams Belang, c'est un fait avéré.
Pourtant ces vérités ne sont pas reconnues par la plupart
des médias et des grands partis du nord du pays. Le Vlaams Belang
y a depuis des années pourri le climat politique. Les meurtres
du 11 mai ne seraient qu'un acte individuel. Toute responsabilité
précise d'un parti ou des autorités serait ainsi écartée.
Les autorités communales anversoises ont ainsi choisi «le
chagrin de tous»1 comme slogan unique à la marche du 26
mai. L'ex-éditorialiste du Morgen, Paul Goossens, a parlé
«d'opération de blanchiment»: «Comme s'il n'y
avait pas de coresponsables, voire de complices », a-t-il ajouté.
Il a raison.
Ainsi, aujourd'hui, le Vlaams Belang ose appeler à participer
à cette marche (même si ces dirigeants ne seront pas présents).
Mais le chagrin n'est pas celui du Vlaams Belang. La grand-mère
de Luna, cette petite fille tuée parce que sa nounou était
noire, a mis les points sur les i. «Il existe une idéologie
qui tolère ce genre d'horreur», a-t-elle dit. L'idéologie
des grands dealers de racisme qui n'ont pas leur place à cette
marche. Et qui ont été condamnés pour ça
en 2004.
Mais écoute-t-on vraiment les familles? «Il s'agit de
racisme et nous exigeons que le bourgmestre dise clairement qu'il s'agit
d'agressions racistes», déclare Youssouf Diawara, l'oncle
d'Oulematou. Mais le bourgmestre Janssens (SP.a) s'est tu. Le neveu
de Songul Koç, blessée car elle portait un foulard, a
dit: «Ce qui s'est passé est un scandale. Non seulement
pour cette ville, mais pour tout le pays aussi. Ce n'était pas
une agression contre un groupe de population. C'était un acte
de racisme généralisé. Des gens comme l'auteur
des faits puisent bien leurs idées quelque part, non?»
S'il faut dire A en pointant la responsabilité morale du Vlaams
Belang, il faut également dire B. C'est-à-dire reconnaître
que le racisme au quotidien grandit. Pour la mère dont l'enfant
se voit refuser l'inscription dans une école. Ou encore le jeune
dont la demande d'emploi est jetée à la poubelle. Parce
qu'ils ont un nom qui ne «convient» pas.
Des mesures efficaces sont nécessaires si on veut faire reculer
le racisme. Pour toutes les Luna, Oulematou et Songul, pour tous les
autres, nous devons être présents ce vendredi 26 mai à
Anvers. Aussi du sud du pays, car la Wallonie et Bruxelles ne sont pas
immunisés contre ce genre d'actes. Pour marcher derrière
le slogan que les familles ont choisi elles-mêmesd'ajouter à
celui de la ville d'Anvers: «Halte au racisme. La diversité
est une réalité.»
1 «Le chagrin de tous» (Het verdriet is van A) était
le slogan officiel original de la marche en mémoire des victimes.
Ce slogan fait référence à la campagne de promotion
de la ville autour de la lettre A. Suite à l'insistance des familles
et des représentants des communautés étrangères,
il a été ajouté à ce slogan: «Halte
au racisme, la diversité est une réalité»
Les Flamands peu mobilisés après
les meurtres racistes
par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 23 mai 2006
Le climat politique reste lourd en Flandre, après le double meurtre
commis, jeudi 11 mai, à Anvers, par Hans Van Temsche, 18 ans,
issu d'une famille proche du parti xénophobe et ultranationaliste
Vlaams Belang. Le jeune homme avait tué, à l'aide d'un
fusil de chasse une Malienne et le bébé belge de 2 ans
et demi qu'elle surveillait. Il avait, par ailleurs, grièvement
blessé une Turque portant un voile.
Une "marche blanche" doit avoir lieu, vendredi 26 mai, à
Anvers, à l'appel, notamment, de la municipalité. Le cortège,
censé dénoncer le racisme et la violence, permettra de
mesurer la mobilisation d'une opinion publique qui, jusqu'ici, semble
manifester moins d'émotion qu'en d'autres occasions : des manifestations
éparses n'ont rassemblé que quelques milliers de personnes.
Lors de ses auditions, M. Van Temsche n'aurait manifesté aucun
remords. Il aurait décidé de passer à l'acte en
apprenant qu'il risquait d'être exclu de son internat parce qu'il
fumait dans sa chambre. "Les étrangers sont devenus pour
lui une cible logique lorsqu'il a décidé de calmer sa
haine en assassinant des gens", a expliqué un psychiatre.
"SKINHEADS ET PARASITES"
Le débat politique s'est concentré pendant quelques jours
sur le rôle du parti nationaliste flamand d'extrême droite
Vlaams Belang, crédité de 25 % d'intentions de vote en
Flandre. Il a été accusé, notamment par le premier
ministre fédéral libéral Guy Verhofstadt, d'avoir
engendré un climat propice à un tel acte.
Les dirigeants de cette formation qui, trois jours après les
faits, tenait un congrès sur le thème "une société
sûre, vivable et flamande", nient toute responsabilité.
Ils condamnent, affirment-ils, "les skinheads et autres parasites"
et s'en prennent à M. Verhofstadt, "pyromane irresponsable".
"Personne n'a le droit de nous faire moralement porter le chapeau",
a souligné leur président, Frank Vanhecke.
Le Vlaams Belang a seulement promis de retirer une de ses affiches
illustrée d'une photo d'enfant ressemblant à la fillette
tuée par Hans Van Temsche. Les parents de la jeune défunte,
des restaurateurs anversois, lui ont demandé de ne pas tenter
de récupérer leur douleur à des fins politiques.
L'une des critiques les plus radicales en Flandre est venue de Karel
De Gucht, le ministre libéral flamand des affaires étrangères.
Dimanche 21 mai, il s'en est pris aux dirigeants du Vlaams Belang, mais
aussi à ses électeurs : "On ne peut voter impunément
pour le Vlaams Belang. Si on le fait, on est aussi responsable de ce
que ce parti provoque. Les électeurs votent pour (lui) parce
qu'ils adhèrent à son discours raciste."
Un propos marquant qui va à contre-courant d'une opinion souvent
exprimée dans des médias flamands. Depuis quelques jours,
ces derniers s'efforcent d'opérer une distinction entre le message
du parti et ses électeurs. Pour ne pas, affirment-ils, provoquer
une identification entre le Belang et ceux qui leur donnent leur voix
; pour tenter de cerner les motivations de ces derniers. Mais, interroge
Rik Van Cauwelaert, éditorialiste du magazine Knack, "ne
sont-ce pas les mêmes médias qui, il y a quelques mois,
avaient annoncé urbi et orbi qu'ils allaient désormais
considérer le Vlaams Belang comme un parti ordinaire ?".
A l'exception du SP. a (parti socialiste néerlandophone), aucun
parti flamand n'a emboîté le pas des formations francophones
qui ont introduit un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir la
suppression du financement public du Vlaams Belang.
Selon un sondage publié mardi 16 mai dans la presse belge, 45
% des Flamands considèrent que le Vlaams Belang n'a pas de responsabilité
morale dans l'acte de Hans Van Temsche ; 50 % sont opposés à
ce qu'il soit privé de sa dotation, seulement 30 % sont pour.
PJM/ DÉGRADANTES SOUMISSIONS
Dans une diatribe qui reste, après plus d\'un an, d\'une brûlante
actualité, le PJM avait prophétisé (...), suite
à l\'intronisation par Clothilde Nijssens (CDH) dans les antichambres
du sénat d\'une secrétaire portant le voile, la disparition
progressive des Arabes de service au profit des musulmans de service.
Ironisant sur \"le service indigène en continu\", il
écrivait, visionnaire: \"On narrache plus les voiles des
musulmanes, on se les arrache!\".
Aujourd\'hui, à quatre mois du scrutin communal, CDH et PS (qui,
bien entendu, ont suivi pas à pas l\'évolution du marché
électoral) annoncent la présence sur leurs listes schaerbeekoises
de deux oies blanches foulardées! (1)...
A lire sur le site du PJM :
http://www.mvjm.be/dossiers/ELECTIONS/COMMUNALES/08_octobre_2006/degradantes_soumissions_CDh_PS.html
PJM
Parti Jeunes Musulmans
+32 485 481 486
pjm@mvjm.be
www.mvjm.be
19/05/06 - Le crime d'Anvers
Le jeudi 11 mai 2006, le jeune Hans van Temsche, 18 ans, après
avoir acheté une carabine Winchester, s'est rendu dans le Schipperskwartier,
au centre d'Anvers. Là, près de la cathédrale,
il a tiré d'abord sur une femme turque de 46 ans, Songul Koç,
qui lisait sur un banc public. Elle a été blessée
à la poitrine. Puis, dans la Zwartezuster Straat, il a abattu
à bout portant une jeune Malienne, Ndoye Yatassaye, 24 ans, et
Luna Drowat, 2 ans, la fillette belge dont elle était la nourrice
depuis un an. La jeune femme et l'enfant sont mortes. Pris en chasse
par un policier en civil, le meutrier a été atteint au
ventre après avoir refusé de déposer son arme.
Les motivations de Hans van Temsche ? Habillé de noir, crâne
rasé, il portait sur lui des signes celtiques et des tracts fascistes.
Le jeune homme a de qui tenir : sa tante Frieda van Temsche est députée
du partie fasciste Vlaams Belang, dont son père Peter est un
militant endurci, et son grand-père a combattu sous l'unioforme
allemand dans les troupes flamandes
Au-delà des réactions des hommes politiques, comme le
Premier ministre Guy Verhofstadt, qui a dénoncé ces "crimes
horribles et lâches", les Anversois ont peu réagi à
ces crimes. Moins de 300 personnes, dont très peu de Belges de
souche, ont participé le 12 mai à la marche silencieuse
organisée à la mémoire des victimes.
Cette nouvelle grave affaire survient après une série
d'autres :
Le 10 ami, le cadavre de Mohammed Bouazza, un Marocain de 23 ans, a
été retrouvé dans le fleuve Escaut. Il avait disparu
dix jours plus tôt, après une dispute « raciste »,
selon sa famille, devant une discothèque d'Anvers.
Dans la nuit du 8 au 9 mai, la maison de la famille Ouassou, d'origine
marocaine, a été incendiée dans la localité
de Heule, à l'ouest de la Belgique flamande.
A Bruges, le 6 mai, cinq skinheads ont passé à tabac un
Parisien d'origine africaine, Raphaël Mensah, qui se promenait
avec un ami belge non loin d'un bar skinhead, De Kastelein. Alors que
la victime se trouvait toujours dans le coma, le bar a été
temporairement fermé, le 11 mai, par la mairie.
Un mois auparavant, une autre affaire avait fait beaucoup plus de bruit
et suscité beaucoup plus d'émotions : un ycéen
belge de 17 ans, Joe van Holsbeeck, avait été tué
dans le hall de la Gare centrale de Bruxelles par deux jeunes pour son
baladeur MP3. Pendant plusieurs jours, les images du meurtre prises
par des caméras de vidéosurveillance avaient été
diffusées en boucle par les médias belges. Tout le monde
avait cru voir dans les deux agresseurs des "Nord-Africains" et tout
un chacun y était allé de sa petite déclaration,
y compris des "représentants" de la "communauté arabo-musulmane",
dont certains avaient carrément demandé pardon... Puis
on a découvert que les deux hommes en question étaient
des Polonais.
Cette version belge de l'affaire parisienne du RER D a sans aucun dout
contribué à créer les conditons propices aux crimes
d'Anvers. Une fois de plus, l'irresponsabilité des médias
de masse est mise en relief.
La classe poltique belge semble tétanisée par ces graves
événements. La décision de la minisre socialiste
de la Justice, Laurette Onkelinx, de réformer les ventes d'armes
semble dérisoire face à une situation qui voit 30% des
électeurs anversois voter en faveur du Vlaams Belang, qui risque
bien de gagner les élections municipales en octobre prochain.
quibla.net, 16 mai 2006
L'ancienne loi "génocide" à
nouveau valable le 1er avril
Dès le 1er avril prochain, les victimes de crimes présumés
contre l'humanité pourront à nouveau entamer elles-mêmes
une procédure contre des criminels de guerre étrangers.
La Commission Justice de la Chambre a en effet approuvé mercredi
plusieurs amendements à la "loi génocide" ou
"loi de compétence universelle". Avant 2003, les victimes
présumées pouvaient simplement se rendre devant un juge
d'instruction. Mais depuis 2003, seul le procureur fédéral
a le pouvoir d'entamer des poursuites ou non. La cour d'arbitrage avait
annulé cette disposition dans un arrêt, parce qu'elle ne
garantissait pas le contrôle d'une juridiction indépendante
- telle que le juge d'instruction - sur la décision du procureur
fédéral, dans le cas où ce dernier décidait
de ne pas poursuivre. La cour d'arbitrage souhaitait que le procureur
présente devant la chambre des mises en accusation les plaintes
auxquelles il ne comptait pas donner de suites, afin que cette juridiction
indépendante prenne une décision.
Source : Agence Belga, 30 mars 2006

Une manif pour l'Irak au pas des sionistes islamophobes
par le Parti des Jeunes Musulmans, Bruxelles, 20 mars 2006
Le PJM, a appelé activement la population musulmane et non musulmane
de Belgique à manifester ce dimanche 19 mars contre le terrorisme
anglo-américain qui sévit en Irak depuis 3 ans. Il avait
reproduit mot pour mot dans ses tracts les stipulations de la plate-forme
anti-guerre d’obédience globalement marxiste cosignée
par près de 80 associations politiques et syndicales pour la
plupart d'idéologie chrétienne, socialiste et écologiste.
Et bien qu'en est-il résulté?
Outre que les organisateurs lui montrèrent un visage hargneux
pendant la manif et qu'un membre de l'association marxiste communautariste
des "CoCABe" lui chercha querelle, ces faux-culs islamophobes
tentèrent par tous les moyens d'empêcher Abdullah BASTIN
de déambuler derrière eux, dans le peloton de tête,
et le prièrent même, avec insistance, après quelques
échauffourées verbales avec d'autres membres du PJM, de
partir, sous le prétexte aberrant, totalement opposé à
l'esprit même d'une manifestation comme celle-ci, et tout aussi
opposable à d'autres signataires bien accueillis de la plate-forme,
que le PJM ne serait pas exactement dans la ligne de leur idéologie!
Or, c'est Pierre GALAND, un sénateur PS qui sera demain le prélat
de la laïcité belge, un palestinophile anti-foulard, un
crypto-sioniste notoire (les "sionistes de gauche", partisans
de la "Paix", ne soutiennent les Palestiniens que pour les
détourner de tout appel à la résistance islamique),
qui, lorsqu'il fut averti que "BASTIN" se trouvait juste derrière
lui (il lui aura fallu quand même un moment pour s'en rendre compte),
s'éclipsa subrepticement, craignant, sans doute, d'être
compromis par les portraits que les médias se faisaient un malin
plaisir de tirer de lui et de Abdullah BASTIN réunis dans une
même manifestation anti-sionisto-américaine!
Pierre GALAND (PS), le palestinophile "orienté" (mais
qui considère néanmoins l'accession démocratique
du Hamas comme un "mauvais choix", et même la présence
de représentants musulmans lors de cette manif, comme inopportune,
c'est dire!), Pierre GALAND (PS), le "tiers-mondiste" qui
"joue sur l'islamophobie" à la tête de l'Association
belgo-palestinienne et qui est contesté par le lobby sioniste
du Centre d'Action Laïque dans le choix qui sera fait, ce 25 mars,
de son président (lequel devrait être plus irréprochablement
encore sioniste et islamophobe), n'a, bien évidemment, pas besoin
en ce moment de pareil surcroît de publicité!
La même intolérance sectaire fut exercée sur les
manifestants musulmans par ces menteurs fascisto-marxistes totalitaires
ennemis de toute religion, qui prônent l'évacuation des
pays musulmans, on l'aura compris, aussi bien des Américains
que de l'islam (le hic, c'est que les Américains ne sont là
que suite à leur distanciation de l'islam, et que ce n'est qu'avec
sa réactivation qu'ils partiront...), lorsqu'ils exigèrent
que des membres du PJM abaissent, devant l'ambassade des États-unis,
tenez-vous bien, les quelques drapeaux qui levaient haut, enfin, le
nom d'Allah! (Y était écrit en lettres arabes "Dieu
est le plus grand" et "Il n'y a de Dieu que Dieu, Mohammed
est son prophète").
Pour les progressistes athées soi-disant défenseurs des
Arabes et autres musulmans humiliés, qui osent donner des leçons
de liberté d'_expression, arborer ces ultimes témoignages
de leur dignité la plus haute a bien entendu été
considéré comme une effronterie totalement inacceptable!
Combien nombreux, mais éparpillés, étaient les
musulmans qui se trouvaient rejetés, sans voix ni repère,
dans cette manifestation qui était plus que pour tout autre la
leur, et qui se voyaient refuser, pourtant, une fois de plus, une fois
encore, toute représentation!
Quelle fut alors leur joie quand ils virent que se dressaient les bannières!
Combien de personnes vinrent demander ce qu'elles signifiaient! Un autre
drapeau fut hissé au sommet d'un arbre, témoignage ultime
de leur refus de toute résignation.
Autre lieu, autre honte! Dans une salle de Bruxelles, au même
moment, était projeté en première vision (!) un
dessin animé sur le prophète Mohammed (sur lui le salut),
dans le cadre d'une journée festive organisée par l'Union
des mosquées de Molenbeek, avec Hani Ramadan, l'imam-pompier
Toujgani, Yacob Mahy et d'autres "collabeurs" engagés
(de près ou de loin) dans une partie de lèche-cul politique
des plus dégradante, avec le couple contre-nature Philippe MOUREAUX
(PS) - Joëlle MILQUET (CDh) pacsés le temps d'une campagne
électorale (coalition PS-CDh) pour une nouvelle conquête
de la commune de Molenbeek.
Des huiles islamiques (attention: Moureaux et Milquet n'en sont pas!)
qui ne ratent pas une occasion de parler de solidarité islamique,
mais qui ne jugent pas nécessaire de participer à l'indignation
des populations contre le terrorisme yankee qui les hallucine! Pas un
imam, pas un représentant de l'Exécutif ou d'une association
islamique n'avait cru bon de marquer de son soutien, de sa présence,
cette manif. De lever au-dessus des hypocrisies, le nom d'Allah et de
Son envoyé...
Certes, les organisateurs n'étaient pas musulmans et leur attitude
islamophobe est et a été scandaleuse. Mais ils étaient
quand même là! Ils se sont dérangés, eux,
et ont conspué le grand terroriste Bush!
Devons-nous ajouter à notre tristesse l'humiliation de devoir
les remercier?
Source : http://www.mvjm.be/dossiers/SOCIETE/manif_IRAK_190306_2.htm
Tom et Jerry, c'est fini !
par le Parti des Jeunes Musulmans, 1er février
2006
Depuis sa création, le PJM a accordé plusieurs dizaines
d'interviews à des chaînes télévisées
publiques et privées, et à la presse écrite, nationales
et internationales (Pays-Bas, États-Unis, Japon, France, Belgique,
pays arabes...).
Il n'a jamais reculé devant des médias
farcis de préjugés, souvent hostiles (cela n'en a pas
l'air, mais c'est un euphémisme !) à notre démarche.
Il a toujours exprimé sans langue de bois ni de coton, ses positions
sur tous les sujets, indistinctement, en toute connaissance des pièges
qui lui étaient systématiquement dressés.
Il a été sollicité (à de très rares
occasions) par de petites radios "arabes" périphériques
politisées à l'extrême (PS) sur des sujets polémiques
qu'il avait lui-même, le plus souvent, initiés.
Mais le jeu du chat et de la souris (qui consiste pour Jerry, rappelons-le,
à en faire voir de toutes les couleurs à Tom !) a ses
limites ! Quand le chat, soi-même, renonce à revendiquer
sa propre félinité (aussi ridiculisée soit-elle),
la souris ne sait plus, forcément, où donner de la tête...
Monsieur le présentateur de la radio EL WAFA ! (*). Vos petits
jeux de Raminagrobis indigéné nous ont, vos auditeurs
(on l'espère pour eux) et nous-mêmes, suffisamment bassinés
!
Assez de vos confiscations de micro, de coupures intempestives et de
caviardages de paroles, de menaces de suspension d'émission,
de dénigrements humiliants sur le plateau (et hors de lui : le
silence entretenu sur notre existence, lors même que nous sommes
au coeur des débats, en est une, et des plus graves, pour une
émission qui se prétend d'"information") ! Assez
d'invitations ampoulées à des "débats ouverts"
(voir ci-dessous) que vous fermez dès que nous ouvrons la bouche,
de promesses fallacieuses de pouvoir répondre "aux accusations
ou calomnies qui sont proférés (sic) en (sic) votre encontre"
dans une cour de justice à l'irakienne instaurée par un
pouvoir occupant où vous-mêmes, juge et harki, prétendez
nous "entendre" ! Qu'entendez-vous par là ? Ne cessons-nous
pas de nous exprimer (sans que jamais vous nous entendiez, justement,
ou plutôt, nous fassiez entendre ?).
Qu'entendez-vous, vous, par "islamiste radical" ? Une nouvelle
forme d'intégriste, pénalement condamnable, cette fois,
qui désignerait comme tel, ainsi que l'a fait le nouveau président
de l'Exécutif, celui qui refuserait de donner la main à
une personne étrangère à sa famille ?
Voici l'herbe qu'on fauche et les lauriers qu'on coupe.
Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés !...
Continuez sans nous ce petit jeu, qui vous enchante tant (mais pas une
majorité d'auditeurs, croyez-nous), de supplétif agréé
qui se croit à l'abri de toute suspicion derrière les
paravents de la citoyenneté, de la démocratie, d'un modernisme
islamique servi à la sauce laïco-progressiste...
Par respect des auditeurs, et de nous-mêmes, nous déclinons
toute invitation adressée en votre nom à venir "débattre"
en vos locaux.
Cela vous donnera tout loisir pour accueillir les nombreux hommes de
main qui vont bientôt se bousculer au portillon des prochaines
élections communales. Partagez donc avec eux le pain de l'humiliation,
dont ils raffolent.
Au PJM, nous n'en mangeons pas.
(*) Courriel envoyé au PJM le 29 janvier 2006
Monsieur Bastin,
Suite à votre mise en cause au sein du magazine le Vif l'Express
[celui de Marie-Cécile suffira à son bonheur] ainsi que
dans d'autres médias de notre pays ou (sic) vous êtes directement
mis en cause comme un (sic) islamiste radical, nous réalisons
[sans aucun souci de réalité, bien entendu] à cet
effet [n'en faites pas trop tout de même !], une émission
radio ce jeudi entre 17h00 et 18h00 avec notamment la journaliste [spécification
professionnelle totalement usurpée] du Vif l'Express Marie Cécile
Royen [ici, partout et toujours les virgules et autres signes diacritiques
restent totalement superfétatoires, bien entendu].
Une invitation sera également envoyé (sic) à la
ministre de la justice (sic) [mais vaut-elle vraiment une majuscule
?], Madame Onkelinx.
Nous aimerions dans ce (sic) cadre d'un débat ouvert [Onkelinx-Royen,
c'est un cadre forcément ouvert ! M. Bastin, vous voilà
averti : vous devrez vous intégrer dans ce mirobolant corset,
cousu sur mesure, de suspicion hégémonique et de pure
haine faussement journalistique, pour vous défendre des crimes
à vous imputés], vous inviter afin de vous entendre par
rapport aux accusations ou calomnies qui sont proférés
(sic) en (sic) votre encontre.
Dans l'attente d'une réponse rapide de votre part, je vous prie
d'agréer, Monsieur Bastin, mes salutations les plus distinguées
Mouedden Mohsin
[M. Bastin n'agrée en aucune manière ces salutations,
qui n'ont rien de distingué : il vous les renvoie par un chemin
détourné, sans doute, mais qui n'est en rien plus critiquable,
en conviendrez-vous ? que le détournement dont ses paroles, son
action, ses convictions sont perpétuellement et lâchement
(vu la position que vous occupez) mises en cause par vous].
Source : http://www.mvjm.be/dossiers/PJM-MEDIAS/TOM_JERRY_c_fini_el_WAFA.html
L’AÏD DE LA HONTE !
KIR, DÉMISSION
EXÉCUTIF, DÉMISSION !
Les malheureux musulmans qui ont cru aux belles paroles
des prétendus organisateurs de la fête des Sacrifices ont
vécu ce mardi 10 janvier un véritable cauchemar.
Honte au secrétaire d’État chargé de la propreté
publique qui vient de faire la preuve sur le dos des musulmans écoeurés
de son incompétence et qui croit pouvoir se tirer d’affaire
en leur présentant des excuses !
C’est sa démission qu’il aurait dû spontanément
donner pour avoir ainsi humilié la communauté musulmane.
Honte tout autant, sinon plus, à l’Exécutif
des musulmans de Belgique qui ne s’est même pas excusé,
lui, à son président Beyazgül, à son vice-président
Kissi Benjelloun, qui se vantaient la veille de la fête, encore,
d’avoir assuré les conditions "optimales" de
sécurité et de salubrité, alors même qu’ils
ne songeaient qu’à profiter de leur position au sein de
l’institution pour leurs seuls intérêts personnels.
Honte à ces exploiteurs mercantiles qui ont manifesté,
en sus, un incroyable mépris de leur religion en décrétant
qu’un seul jour d’abattage DEVAIT être imposé
!
Les musulmans, leurs bêtes, ceux qui sont arrivés
à sacrifier dans pareil chaos, comme ceux qui n’y sont
pas parvenus (ils ont abandonné leur mouton, ou l’ont emporté
chez eux !), ceux qui y ont renoncé, comme ceux qui se sont résolus
à opérer chez eux (très nombreux, forcément),
TOUS ONT ÉTÉ SACRIFIÉS. TOUS ONT VÉCU LA
TERREUR.
Tous ont juré de ne plus se laisser berner, ni humilier, ni escroquer
(les organisateurs de la désorganisation ont eu le culot d’exiger
25€ aux victimes de cette ignoble pagaille).
Le PJM, qui avait averti la communauté du sort
qui l’attendait inéluctablement au vu des dispositions
insensées arrêtées par une Région et un Exécutif
totalement incompétents salue la constitution d’un
COMITÉ BLANC
dont les exigences rejoignent exactement les siennes : celles de voir
les pousse-au-crime, devenus eux-mêmes criminels, éjectés
des postes de responsabilité qu’ils occupent indûment,
et traduits en justice.
Peuple musulman qui avez tant souffert ou vu souffrir
vos frères et leurs bêtes, faites bon accueil aux représentants
de cette association quand ils vous présenteront les pétitions.
IL EN VA DE NOTRE HONNEUR À TOUS.
Infos 2005 Belgique II
Infos 2005 Belgique
Infos Belgique I
Infos Belgique
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