15/12/04
- Après son adhésion à l'UE, la Pologne se referme
sur les demandeurs d'asile
Jusqu'à son adhésion à l'Union européenne
le 1er mai 2004, la Pologne était, pour la plupart des demandeurs
d'asile, une terre de passage, d'où ils tentaient de passer "à
l'Ouest", en Allemagne notamment. Mais depuis le 1er mai, la Pologne
se referme sur les réfugiés. Ils ne peuvent plus faire
leur demande d'asile que dans un seul pays de l'Union. C'est ainsi qu'un
millier de demandeurs d'asile dispersés dans divers pays de l'Union
sont en train d'être réexpédiés vers la Pologne,
pays de leur première entrée dans l'Union européenne.
La colère gronde donc chez les demandeurs d'asile. Cela s'est
manifesté par une grève de la faim de deux semaines des
200 demandeurs d'asile du centre d'hébergement de Debak, près
de Varsovie. Les grévistes, tchétchènes pour la
plupart, exigeaient des meilleurs conditions mais surtout, le droit
de se rendre dans un autre pays de l'Union. En effet, même si
le taux des demandes d'asile accueillies favorablement est de l'ordre
de 80% pour les Tchétchènes, la situation sociale et économique
de la Pologne, avec ses 20% de chômeurs, rend difficile de trouver
un travail et une insertion. Finalement, la direction du centre a accepté
de négocier avec les grévistes et a promis d'améliorer
les conditions. Mais quant à la revendication principale, rien
à faire. En adhérant à l'Union européenne,
la Pologne, tout comme la Slovaquie et la Hongrie, s'est refermée
comme une souricière sur les fuyards.
11/11/04
- La Pologne s'inquiète du nombre croissant de Tchétchènes
demandeurs d'asile
par Christophe Châtelot, Le Monde, 11 novembre 2004
Les réfugiés fuyant la guerre voient ce pays comme une
porte d'entrée dans l'Union.
Varsovie
de notre correspondant - Une mère de famille pleure à
la réception du camp de Deka, à une vingtaine de kilomètres
de Varsovie. Les baraquements de cette ancienne caserne perdue au milieu
des bois, reconvertis en centre d'accueil abritent 213 réfugiés,
à 90 % originaires de Tchétchénie. Cette femme,
son mari et ses deux jeunes enfants ont été interceptés
par la police allemande alors qu'ils tentaient de passer illégalement
la frontière. Retour à la case départ, en Pologne,
où les autorités du centre ne savent pas trop où
les mettre.
Pour la quatrième année consécutive, les Tchétchènes
forment environ 80 % de la population réfugiée ou requérante
d'asile en Pologne. Ils étaient 1 300 en 2001, 3 000 puis 5 300
en 2002 et 2003 et enfin 4 300 au cours du premier semestre de cette
année, selon les chiffres du ministère de l'intérieur.
Depuis le début de la deuxième guerre que mènent
les Russes dans la petite République du nord du Caucase, "c'est
un flot relativement limité mais continu avec des pics à
chaque grande crise", explique Jan Wegrzyn, directeur général
du bureau de rapatriement et des étrangers.
La prise d'otages et le massacre de Beslan en Ossétie du Nord
début septembre n'ont pas failli à la règle. En
atteste le parcours de cette jeune femme qui vient de fuir son village
proche d'Argoun. "Trop de violences et d'insécurité",
explique son père venu l'accueillir, réfugié en
Pologne depuis deux ans et demi. Le périple de plus de 2 000
km de sa fille a duré quatre jours jusqu'à l'arrivée
en train à la frontière biélorusso-polonaise de
Brest-Terespol.
Aide
financière
"Les passages de frontières jusqu'à la Pologne ont
l'air faciles", affirme Marek Szimianski, responsable de l'organisation
non gouvernementale Caritas dans la ville polonaise orientale de Bialystok,
qui comptabilise les mouvements de réfugiés à la
frontière. "Les Russes sont trop contents de les voir s'en
aller. Il suffit donc de verser des bakchichs au long du voyage aux
policiers, douaniers et autre garde-frontières, russes, biélorusses
ou ukrainiens", ajoute Marek Szimianski. Pour le reste, les réfugiés
se présentent au poste-frontière polonais muni de leur
passeport russe, sans visa pour la Pologne, et déclarent qu'ils
demandent le statut de réfugiés. Ils sont alors dirigés
sur le centre de Deka, où ils accomplissent les premières
démarches administratives et d'où on les répartit
dans l'un des douze centres du pays.
"Les autorités polonaises font des efforts pour les accueillir
et leur accorder un statut. Tous ceux qui le demandent à la frontière
sont acceptés en Pologne", constate Agnieszka Kosowicz,
responsable des relations extérieures du Haut-Commissariat des
Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) à Varsovie.
La procédure de demande d'asile dure de six à douze mois
pendant lesquels les requérants sont logés, nourris dans
des centres ; bénéficient d'une aide financière
minimale équivalente à 15 euros par mois et par personne,
de l'assistance médicale et sociale.
"Les vrais problèmes commencent lorsqu'ils obtiennent le
statut de réfugiés", explique Agnieszka Kosowicz.
Il leur faut alors quitter les centres et se débrouiller pour
trouver logement et travail dans un pays qui compte près de 20
% de chômeurs et où l'aide sociale est sacrifiée
à l'orthodoxie budgétaire. "L'assistance financière
publique versée pendant un an ne permet pas à une famille
de survivre, or la grande majorité des Tchétchènes
arrivent ici avec femme et enfants", constate Malgorzata Gebert,
de l'Action humanitaire polonaise.
Théoriquement, les Tchétchènes n'ont aucun problème
pour se placer sous la protection de la convention de Genève
sur les réfugiés couvrant toute personne qui craint "avec
raison d'être persécutée du fait de sa race, de
sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à
un certain groupe social ou de ses opinions politiques". Or, selon
le HCR, "les autorités accordent ces derniers temps davantage
le statut de résidence tolérée que celui de réfugiés".
Cette distinction, établie sur des critères assez peu
transparents, est apparue avec l'entrée en vigueur d'une nouvelle
loi sur la protection des étrangers en septembre 2003. Or les
ONG redoutent que ce statut de toléré ne crée une
catégorie de réfugiés de second rang, sans assistance
sociale ni liberté de mouvement hors de Pologne.
Pas
de "position commune"
Cette double insécurité statutaire et économique
pousse les réfugiés à quitter la Pologne, même
illégalement. "La plupart attendent la décision administrative
et partent. La Pologne est un pays de transit vers des pays plus riches
où ils disposent déjà de réseaux de solidarité",
reconnaît Jan Wegrzyn, du bureau de rapatriement et des étrangers.
Conscient de la sensibilité de ce problème au niveau européen,
le ministre polonais de l'intérieur a récemment interpellé
ses collègues de l'Union européenne (UE) lors d'une réunion
à Scheveningen (Pays-Bas).
"Nous n'aimerions pas que la Pologne devienne un pays cible pour
les réfugiés et que cela soit dommageable pour notre pays",
explique Jan Wegrzyn. Le fonctionnaire ajoute que "l'idéal
serait non seulement l'harmonisation des politiques des différents
pays sur les réfugiés, mais également que l'UE
définisse une position commune vis-à-vis de la Tchétchénie".
Et donc de la Russie, qui reproche à la Pologne une attitude
protchétchènes. Mais c'est beaucoup demander à
une diplomatie européenne commune balbutiante.
11/06/04
-Des pisteurs amérindiens pour faire la chasse aux migrants clandestins
Ils s'appellent les "Loups de l'ombre" et sont soixante, originaires
de réserves Navajos dans le sud-ouest des USA. Ils constituent
un groupe spécial formé par le Pentagone, qui opère
dans la chasse aux migrants clandestins le long de la frontière
USA-Mexique. Et généreux, les USA viennent de prêter
3 détachements de Loups de l'ombre à la Pologne pour mener
la chasse aux migrants clandestins et aux "criminels" le long de la
frontière entre la Pologne et l'Ukraine. 10 000 personnes traverseraient
clandestinement cette frontière chaque année. Les 3 détachements
viennent d'arriver en Pologne après avoir suivi une formation
dans la Baltique. Leur commandant Charmin Harris aura sous ses ordres
20 policiers polonais, 2 hélicoptères, un avion et dix
chiens policiers. Désormais, les Ukrainiens qui "trouent" la
frontière devront utiliser des ruses de ...Sioux...
Source : PRIMA-News, 8 juin 2004
28/04/04
- Varsovie,
29 avril : contre le Forum économique mondial
20 000 policiers mobilisés, des check-points à chaque carrefour,
des frontières hermétiquement fermées aux altermondialistes étrangers
depuis mardi : la scène est prête pour le Forum économique
européen qui s’ouvre à Varsovie le 29 avril. Beaucoup de
Varsoviens ont préféré partir à la campagne pendant
ces journées qui risquent d’être chaudes. Jeudi est prévue
une grande manifestation mêlant Polonais et étrangers, syndicalistes,
libertaires, féministes et toutes sortes de gens menacés par le
nouvel ordre économique. Pour donner une idée de lambiance régnant
dans la capitale polonaise, nous publions un texte de la Koalicja Grup Wolnosciowych « Antyszczyt
Wa29 » / La Coalition de Groupes Libertaires « Anti-sommet » Warsovie-29,
posté à Varsovie le 15 avril 2004.
La
Coalition de groupes libertaires « Anti-sommet Wa29 » déclare
etre bouleversée par la politique des autorités par
rapport aux opposants au Forum économique européen.
La police et les services secrets (ABW – Agencja Bezpieczenstwa
Wewnetrznego) ont construit autour de nous une ambiance de psychose
et d’hystérie, créant ainsi un climat de peur
montant. La répression et l’escalade de la violence
deviennent de plus en plus systématiques contre les participant-e-s
du mouvement libertaire impliqué-e-s dans l’organisation
de manifestations.
Plusieurs semaines avant le Forum, a Varsovie et a d’autres villes, une
campagne de répression contre les activistes a été enclenché.
Parmi les pratiques qui viennent d’être utilisées par la
police et l’ABW il y a : des menaces orales, des appels téléphoniques
répétés de propositions de rencontres, des convocations
au commissariat, des interrogatoires, des visites a domicile, des enquêtes
chez l’employeur et chez les voisins, des interpellations dans la rue
de personnes portant des affiches et des tracts. Et enfin, des écoutes
téléphoniques et la surveillance des correspondances électroniques.
Les fonctionnaires en civil sont allés aux squats et aux centres de
la culture indépendante. Ils empêchent la tenue de spectacles,
de débats et de journées d’information, effrayant les propriétaires
de cinémas et de locaux où des rencontres avaient été prévues.
En s’engageant dans la préparation de manifestations et du Forum
alternatif économique, nous nous opposons a la « pensée
unique » de la voie de l’économie néolibérale
qui mene vers la mondialisation. Nous y cherchons des alternatives. Cependant,
les autorités, qui manquent de compréhension précise au
sujet de « l’anti-sommet », essaient à tout prix de
s’en prendre aux organisateurs. Etant peu doués de capacités à mener
une conversation ou a présenter des arguments cohérents, elles
cherchent a se servir des seuls moyens qu’elles connaissent – la
force et la violence.
Nous n’allons pas accepter d’etre intimidé-e-s ! Conscient-e-s
du fait que des interventions similaires de la police et des services secrets
ont précédé toutes les protestations internationales,
nous resterons fermes en face de la répression ! Elle n’est qu’une
honte et un scandale, surtout maintenant que la Direction Centrale de la Police
vient de présenter des opinions positives sur l’autorisation de
la manifestation.
L’une des formes d’_expression des convictions : la participation
a une manifestation pacifique, est un droit civique fondamental dans un Etat
Démocratique.
Etant menacé-e-s par le brigandage et la terreur de la part de la police
et de l’ABW, nous nous sommes adressés a la Fondation des Droits
Humains de Helsinki, dans le but de lui demander un soutien pour la réalisation
de ce droit. Dans le cas d’une répression politique et d’une
rupture des principes par la police, elle a promis de fournir un soutien juridique
et de des observateurs indépendants.
Aujourd’hui 15 avril 2004, nous avons présenté a la Fondation
les premiers témoignages de personnes soumises à la répression
de la police et de l’ABW.
Une rencontre de réprésentants de la Fondation avec le Commandant
Siewierski, pendant lequel on a informé la police que ses actions envers
les alter-mondialistes sont surveillées, a eu lieu hier.
Conformément aux déclarations précédentes, la Coalition
envisage de faire tout son possible pour que la démonstration principale
ait un caractere pacifique.
Nous voulons qu’elle attire non seulement des partisans du mouvement
alter-mondialiste au sens large, mais aussi des habitants de Varsovie. Il n’y
a aucune raison de fermer la ville contre nous.
Nous ne réclamons qu’une liberté d’_expression de
nos propres opinions ! Nous voulons signaler pourtant, qu’en tant qu’anarchistes,
dans le cas d’une agression non justifiée de la part de la Police,
nous ne resterons pas passifs et nous allons adopter la tactique de défense
active.
En conclusion, nous demandons au Commandant Siewierski qu’il s’excuse
auprès de la direction du Cinéma Praha [à Varsovie] pour
une intervention non-justifiee de ces fonctionnaires, et qu’il déclare
que la Police n’a rien a voir avec les critiques envers les antimondialistes
et que ce n’est pas elle qui déconseille de collaborer avec eux,
car cela serait contraire au droit constitutionnel à la liberté d’_expression.
Nous souhaiterions également que Monsieur Siewierski demande a la direction
du Cinéma Praha qu’elle autorise a nouveau la présentation
de films socio-politiques prévues antérieurement.
Sites : http://www.wa29.org ou http://www.antyszczyt.w.pl
Telefon dla prasy : 00 48 697 248 526 . Contact de presse : 00 48 697 248 526 |