Saint
Nicolas accusé d'esclavagisme
Une fondation s'apprête à porter plainte contre la tradition
voulant que l'assistant du saint soit peint en noir.
par Stéphane Kovacs, Le Figaro, 5 décembre 2005
LORSQUE, de son Togo natal, Olympe est arrivé, en plein hiver,
aux Pays-Bas, il a eu un «gros choc». La neige ? Les prostituées
dans les vitrines ? Le cannabis en vente libre ? Non, «le cri
de frayeur d'un petit garçon, qui s'est caché lorsqu'il
m'a vu, raconte-t-il. En fait, pour le punir, ses parents lui avaient
dit que saint Nicolas et son assistant, Zwarte Piet (littéralement
«Pierrot noir»), allaient l'enfermer dans un sac. Et il
m'avait pris pour Zwarte Piet !».
Aux Pays-Bas, la tradition veut que le 5 décembre – la
veille de sa fête –, saint Nicolas, sur son cheval blanc,
vienne apporter des cadeaux aux enfants. A ses côtés, les
Zwarte Piet, d'espiègles bouffons, font rire les petits. Quant
à ceux qui n'ont pas été sages, ils sont, selon
la coutume, enfermés dans un sac et envoyés en Espagne.
Aujourd'hui, Olympe en rit de bon coeur. «Cela fait des années
que je suis ici, précise ce laveur de carreaux. J'ai compris
l'histoire, et je n'y vois aucune offense.»
Cette tradition séculaire ne fait cependant pas rire tout le
monde. Si certains affirment que l'assistant de saint Nicolas est noir
car il passe par la cheminée, d'autres ne s'en laissent pas compter
: «Quand j'étais petit, je n'y voyais que du feu, se souvient
Roy Groenberg, natif du Surinam, ancienne colonie néerlandaise,
où l'on pratique la même tradition. Mais ensuite, je me
suis aperçu qu'en sortant de la cheminée Zwarte Piet avait
aussi les cheveux crépus, de grosses lèvres rouges, et
le même accent que moi !» Quant aux paroles de la chanson,
elles le révulsent : «Je suis noir comme de la suie, claironne
Zwarte Piet, mais je suis quand même gentil...»
Un Pierrot Noir bleu
Président de la fondation «Honneur et réparation»,
Roy Groenberg «n'arrête pas de protester : quand on veut
créer une société multiculturelle, insiste-t-il,
on ne fait pas des fêtes qui chaque année rappellent aux
Noirs la période de l'esclavage. Je ne veux pas que nos enfants
soient condamnés à marcher à côté
du cheval, mais qu'un jour ils puissent eux aussi être assis dessus»,
comme saint Nicolas. Après avoir bataillé contre l'appellation
«Tête de Nègre» – la pâtisserie
doit maintenant changer de nom –, la fondation s'apprête
à porter plainte contre l'esclavagiste saint Nicolas.
Les protestations de Roy Groenberg n'ont pour l'instant rencontré
que bien peu d'écho. Dans les grands magasins, saint Nicolas
et Zwarte Piet continuent d'attirer les enfants. La «commission
saint Nicolas» d'Amsterdam n'a rien modifié du programme
des festivités. Pis : un prix du «meilleur Zwarte Piet»
sera pour la première fois décerné cette année.
«C'est l'une de nos rares traditions ! s'émeut le sociologue
Eric Duivenvoorden. On note cependant quelques changements ces dernières
années : Zwarte Piet ne parle plus «petit nègre»,
mais comme un immigré bien intégré.»
Plusieurs quartiers à forte population immigrée d'Amsterdam
ont été jusqu'à établir un «code saint
Nicolas» : Zwarte Piet ne doit plus avoir d'accent, ni de comportement
stupide ou paresseux. Ce vendredi, à l'école de la Ligne-Bleue,
les bouffons étaient peints en bleu ou en rouge. Mais les réactions
n'ont pas toutes été convaincantes. «Oh, un Zwarte
Piet bleu !» s'est écrié un petit garçon.
«C'est bizarre», a renchéri une mère de famille
noire.
«Nous aussi, on a eu un débat intense, indique une élue
d'un autre quartier. Et puis on a tout laissé tomber : quand
on est arrivé dans les classes avec nos bonnes intentions, les
enfants, et même les petits Noirs, ont insisté pour être
peints... en noir.»
Les Néerlandais bousculent le débat
sur l'islam
par Laure Mandeville, Le Figaro, 26 novembre 2005
Pour favoriser l'émergence d'un «consensus», des
intellectuels néerlandais ont ouvert un débat «qui
dérange» avec les communautés musulmanes, sur la
question de la compatibilité entre islam et modernité.
DANS LA BELLE maison blanche peuplée de livres et de tableaux
du sociologue Paul Scheffer, au coeur d'Amsterdam, un dialogue étonnant
s'est engagé, en ce froid samedi de novembre, sous l'oeil attentif
d'une caméra de télévision canadienne. Il y est
question de l'islam et de sa place dans la société, sujet
de haute actualité aux Pays-Bas, depuis l'assassinat il y a un
an, du cinéaste Theo Van Gogh, par l'extrémiste islamiste
Mohammed Bouyeri.
Face à Paul Scheffer, intellectuel néerlandais au style
nordique décontracté, qui fut le premier à critiquer
l'échec du «modèle multiculturel» hollandais
il y a six ans, se tiennent Esmee et Jihad, deux jeunes Néerlandaises
musulmanes d'origine marocaine, la tête couverte de voiles. Nées
aux Pays-Bas, ces deux soeurs, qui animent l'émission documentaire
«Les Filles de Hallal» sur une télévision
locale musulmane, ont accepté de débattre de l'islam et
de la modernité.
Paul Scheffer : «Mon journal avait décidé de faire
un numéro spécial sur le Coran et avait publié
en une, une page du Livre pour illustrer ce choix. Mais les jeunes Marocains
qui assuraient la distribution du quotidien ont décidé
de jeter tous les exemplaires à la poubelle, car on touchait
selon eux au Livre sacré. Ce n'est pas normal. On doit payer
le prix, pour vivre dans une société libre.»
Jihad : «Vous dites qu'on doit payer un prix... Mais sur cette
affaire de publication d'une page du Coran, je ne suis pas théologienne,
je ne peux dire si c'est correct.»
Paul Scheffer : «C'est correct pour cette société.»
Esmee : «Mais c'est un livre sacré, la page en question
pourrait atterrir aux toilettes et être souillée...»
Paul Scheffer : «Si vous pensez ça, cela vous donne-t-il
le droit d'interdire à d'autres de lire ce journal ? Pourquoi
les droits des croyants devraient-ils être mis au-dessus de ceux
des non-croyants ?»
«Nous devons refuser de nous laisser impressionner»
Pendant près de trois heures, la discussion va continuer, parfois
dialogue de sourds, parfois plus fructueuse. Portant sur ces écoles
musulmanes qui refusent d'enseigner l'histoire de la Shoah ; ou sur
Aboutaleb, ce vice-maire d'Amsterdam d'origine marocaine, menacé
de mort par des éléments radicaux de sa communauté.
«Il faut continuer, explique Paul Scheffer, convaincu qu'avec
des partenaires comme Esmee et Jihad, on pourra toujours finir par s'entendre
car elles ne sont pas dogmatiques.»
Pour lui, la discussion publique est devenue «vitale», pour
bâtir un nouveau consensus entre les différentes communautés
de la société néerlandaise. Aussi Paul Scheffer
multiplie-t-il les face-à-face. La veille de sa rencontre avec
Jihad et Esmee, il tenait tête au leader musulman extrémiste
d'Anvers, Abou Jahjah, devant un parterre de Marocains d'Amsterdam.
Ce dernier tente aujourd'hui d'agiter l'opinion musulmane aux Pays-Bas,
dans le but de créer un parti musulman. «Nous devons refuser
de nous laisser impressionner, poser les questions qui dérangent,
afin de rallier les couches moyennes musulmanes comme Esmee et Jihad
à notre combat pour la démocratie, c'est l'enjeu majeur
!» dit Paul Scheffer.
Pendant longtemps, le dialogue que prône le sociologue n'apparaissait
pas nécessaire. Il était même tabou. Confiants en
leur modèle des piliers communautaires, qui avait permis au cours
des siècles la pacification des conflits entre protestants et
catholiques, les Pays-Bas se percevaient comme un havre de tolérance.
Chaque pilier, catholique, protestant, gay ou musulman, vivait en vase
clos. «Nous n'avions en commun que nos différences»,
regrette Scheffer.
Redéfinir des règles du jeu communes
Le 11 septembre 2001 fait éclater ce fragile équilibre.
Brusquement, les Néerlandais découvrent avec stupéfaction
l'existence de l'islam politique radical, jusque dans leurs quartiers,
où certains immigrés fêtent la chute des tours jumelles
de New York. Ils réalisent que certains imams se permettent de
condamner les moeurs néerlandaises, voire de traiter les «homosexuels
de porcs». Ils apprennent que les immigrés vont chercher
femme ou mari dans le pays d'origine, signe de l'échec de l'intégration.
Leur inquiétude croissante va s'exprimer par la voix du politique
populiste Pim Fortuyn, qui connaît une ascension spectaculaire,
avant de se faire assassiner. Le réveil est brutal pour le pays
de la tolérance.
Dans le sillage de cette prise de conscience, des intellectuels et des
politiques, regroupés pour l'essentiel autour du parti libéral
VVD et de la députée d'origine somalienne Ayan Hirsi Ali,
appellent à sortir du modèle communautaire pour redéfinir
des règles du jeu communes. L'assassinat de Theo Van Gogh porte
le débat sur l'islam à son apogée, suscitant une
crispation identitaire au sein des différentes communautés,
et rendant plus urgent encore le besoin de dialogue. Depuis un an, «celui-ci
a beaucoup progressé, nombre d'intellectuels musulmans éprouvant
le besoin de se dissocier des extrémistes», explique l'intellectuel
iranien Ashin Ellian.
Pourtant, le succès de Scheffer et de ses proches est loin d'être
garanti. Car malgré ces ponts lancés entre communautés,
les frustrations restent immenses, la radicalisation évidente.
De plus, dans les rangs du parti chrétien-démocrate au
pouvoir, on reste très attaché au modèle communautaire.
Et l'échec du modèle républicain français
que les libéraux voulaient utiliser, donne aujourd'hui des arguments
aux partisans du statu quo.
Accord sur une formation universitaire complète des imams
Le gouvernement néerlandais et cinq associations musulmanes ont
signé une déclaration d'intention visant à créer
une formation universitaire complète pour imams à la prochaine
rentrée académique, a-t-on appris vendredi de source ministérielle.
Une aide de 375.000 euros a été dégagée
par la ministre de l'Immigration et de l'Intégration Rita Verdonk
et sa collègue en charge de l'Enseignement Maria van der Hoeven.
"Le choix des imams reste du ressort des mosquées, mais
cette déclaration d'intention permettra de proposer un programme
complet en concertation avec les associations musulmanes et le monde
enseignant", a expliqué à l'AFP Arnoud Strijbis,
porte-parole du Ministère de la Justice.
Ces associations sont réunies sous l'égide de l'Organe
de contact des musulmans (CMO), désigné comme interlocuteur
privilégié des autorités.
Elles collaboreront avec l'école supérieure Inholland
d'Amsterdam pour établir un programme complet d'enseignement
d'une durée de quatre ans.
Le débat sur la formation des imams agite périodiquement
les Pays-Bas depuis quelques années et a été relancé
après l'assassinat le 2 novembre 2004 du cinéaste Theo
van Gogh par Mohammed Bouyeri, un Marocco-Néerlandais de 19 ans
ayant avoué avoir agi au nom de l'islam radical.
Jusqu'à présent, les imams des quelque 150 mosquées
aux Pays-Bas sont presque tous originaires de Turquie ou du Maroc, et
n'ont donc pas d'ancrage dans la société néerlandaise.
A plusieurs reprises, le gouvernement néerlandais s'est exprimé
sur la question, affirmant qu'il ne voulait plus en 2008 d'imams venus
de l'étranger.
Depuis septembre, l'Université d'Amsterdam (VU), établissement
à l'origine protestant et mondialement connu pour son département
de théologie, propose une formation d'imams à une vingtaine
d'étudiants, mais leur permettant uniquement d'accompagner les
fidèles dans les hôpitaux ou dans les prisons.
Cette formation a été subventionnée à hauteur
d'un million et demi d'euros.
Source : AFP, 24 novembre 2005
Lonsdale, la griffe étiquetée
fasciste
Aux Pays-Bas, les jeunes néonazis détournent la marque
pour affirmer leurs convictions.
par Sabine CESSOU, Libération, 7 septembre 2005
En vitrine d'un magasin de Sint Antoniebreestraat, à Amsterdam,
des posters montrent un jeune boxeur noir sous le slogan «Lonsdale
aime toutes les couleurs». A l'intérieur, il n'y a pas
foule. Les soldes sont pourtant massives dans la boutique de Punch,
distributeur aux Pays-Bas de Lonsdale, une marque britannique de vêtements
de sport. «Trois sweats pour le prix d'un», insistent les
vendeuses auprès d'un couple de touristes français.
«Les jeunes Lonsdale n'existent pas !» Enervé, Ronald
Krijger, responsable du catalogue Lonsdale chez Punch, dément
le penchant supposé de ses clients pour l'extrême droite.
La marque, spécialisée dans le vêtement de boxe
depuis 1960, est pourtant devenue le signe de ralliement de toute une
jeunesse néonazie en Europe du Nord. Si elle n'est pas la seule
griffe fétiche de ce marché de niches, aussi amateur des
marques anglaises Fred Perry et Ben Sherman, elle est la seule à
avoir été détournée à des fins politiques.
Certains de ses clients n'en laissent, en effet, apparaître que
les quatre lettres centrales, NSDA, dans l'entrebâillement de
leur blouson. L'allusion au National Sozialistische Deutsche Arbeiter
Partei (NSDAP) d'Adolf Hitler est ainsi faite en toute impunité,
sans risque de poursuites pour port d'insignes nazis. Des lycéens
ont par ailleurs donné un sens nouveau à Lonsdale, en
déclinant chaque lettre à leur manière : «Laat
ons Nederlanders samen de allochtonen elimineren» («Néerlandais,
éliminons ensemble les étrangers»).
«Les services secrets ont confirmé ce que nous avons toujours
dit, martèle Ronald Krijger. Il n'y a qu'une toute petite poignée
de gars qui porte nos vêtements et qui n'ont pas de bonnes idées.»
Dans un rapport intitulé «Faits et fiction sur une sous-culture
présumée d'extrême droite», les services de
renseignement (AIVD) ont estimé qu'à peine 5 % des «jeunes
Lonsdale» affichent des sympathies pour le fascisme. Les autres
ne seraient pas sensibles aux tentatives de recrutement des groupuscules
d'extrême droite, Nouvelle droite (NR) et Alliance nationale (NA).
Transmis à tous les élus du pays le 12 juillet, ce rapport
évoque «la plus importante sous-culture jeune» des
Pays-Bas, tout en estimant que «le problème a été
grossi par les médias».
Vague d'agressions racistes
Cette enquête a été commandée en avril par
le ministre de l'Intérieur Johan Remkes, au sommet de la vague
d'incidents racistes survenue après l'assassinat du cinéaste
Theo Van Gogh. Pas moins de 174 menaces, incendies, actes de vandalisme
et autres agressions physiques ont été dénombrés
dans le seul mois qui a suivi le meurtre, perpétré le
2 novembre 2004 par un islamiste néerlando-marocain. Selon une
étude publiée en décembre par la fondation Anne-Frank,
15 % de ces incidents pouvaient être imputés à l'extrême
droite. Ou du moins, à ses partisans présumés,
les «jeunes Lonsdale», selon l'_expression désormais
consacrée.
S'ils ne sont pas plus de 1 500, sur une population de 16 millions d'habitants,
ils inquiètent beaucoup. «Jamais les jeunes n'ont été
aussi impliqués dans les cultures d'extrême droite»,
affirme Jaap Donselaar, coauteur du rapport de la fondation Anne-Frank.
De manière significative, remarque cet universitaire, les deux
tiers des incidents racistes se sont produits dans de petites villes
de province, au nord et au sud, au coeur des régions les moins
nanties du pays.
Interdictions dans les boîtes et au collège
A Venray, dans le Limbourg, l'attaque d'une mosquée s'est terminé
le 3 avril par une bataille rangée entre 20 «jeunes Lonsdale»
et 60 jeunes Turcs. A Uden, dans la province voisine du Brabant, 9 jeunes
de 14 à 18 ans viennent d'écoper de peines de détention
pour l'incendie d'une école islamique, acte signé d'un
graffiti «Théo, repose en paix» et d'une croix gammée.
Choqué, le conseil municipal d'Uden n'a pas voulu envisager de
proscrire la marque de la ville, comme le proposait l'un de ses membres.
Joke Kersten, la maire d'Uden, ne pense pas que ce soit la bonne façon
de répondre à «des frustrations largement partagées,
chez les Néerlandais comme chez les allochtones, sur notre modèle
de société multiculturelle».
Dans le nord, à Groningue, deux discothèques ont, elles,
banni la marque en février, de même que Karl Kani, une
ligne prisée par les jeunes Noirs, pour faire bonne mesure. Quant
au collège de Landgraaf, un bourg coincé entre l'Allemagne
et la Belgique, il a été le premier à interdire
Lonsdale en 2003, en même temps que les bottes de l'armée
et les insignes nazis, pour empêcher les écoliers de venir
habillés en skinheads. Une dizaine d'autres établissements
scolaires ont suivi, au risque d'alimenter un sentiment d'injustice.
«C'est typique du multiculti (terme péjoratif qui désigne
le multiculturalisme néerlandais, ndlr), râle Niels, 17
ans, lycéen à Amsterdam. On interdit Lonsdale, mais le
foulard islamique reste OK.»
Opération de sauvetage
Malgré son demi-millimètre de cheveux et sa parka kaki,
cet adolescent ne revendique pas l'héritage du mouvement skinhead,
mais celui des gabbers. Parmi ces adeptes d'une house music dure et
rapide, apparue dans les années 1990 à Rotterdam, a figuré
un noyau néonazi. «Moi, je n'en sais rien», déclare
Niels, qui signale pour sa part un mouvement de gabbers «contre
le racisme et le fascisme» sur le site Internet lonsdalenews.nl.
Ambigu, ce site monté par des fans de la marque, consacre aussi
aux symboles nazis une page d'explications détaillées.
Ronald Krijger a beau tenir les «jeunes Lonsdale» pour imaginaires,
il ne peut que déplorer le coup bien réel porté
à ses affaires. Comme en Belgique et en Allemagne, Punch participe
depuis un an à une vaste opération de sauvetage, pour
une marque qui se veut désormais multicolore. Des défilés
gays et une équipe de football issue de l'immigration africaine
ont été sponsorisés par Lonsdale en Allemagne,
des opérations similaires sont prévues aux Pays-Bas. Outre-Rhin,
Punch a décidé de rompre ses contrats avec des magasins
trop spécialisés dans les panoplies d'extrême droite.
En Hollande, ce sont les détaillants qui ont pris leurs distances.
De 130 points de vente fin 2004, la marque étiquetée fasciste
n'en compte plus que 80 aujourd'hui.
L'extrême droite aux Pays-Bas
Une enquête judiciaire a été ouverte le 17 août
à La Haye sur Stormfront, un forum Internet américain
d'extrême droite qui aurait une branche active aux Pays-Bas. Des
députés ont demandé la poursuite des membres néerlandais
de ce site, qui nient par ailleurs tout lien avec Stormfront Nederland,
un groupe informel de bagarreurs néonazis. Mais l'extrême
droite néerlandaise ne se résume pas à une poignée
de skinheads et autres «Lonsdalers» et aux sites Internet
de quatre minuscules partis. Avec ses thèses populistes contre
«l'islamisation de la société», Pim Fortuyn,
leader nationaliste assassiné en 2002, a ouvert un débat
national sur l'immigration. «A cause de Fortuyn, qui accusait
l'élite de gauche d'en faire un sujet tabou, une culture du "tout
doit être dit" a émergé», explique Jeroen
Bosch, de l'association antifasciste Alert ! Un nouveau parti fondé
par Geert Wilders, qui veut combler le vide laissé par Fortuyn,
récolterait 10 des 150 sièges au Parlement si des élections
avaient lieu aujourd'hui.
Pays-Bas
: Bière, fromage et accordéon : comment s'intégrer
chez les Bataves
"Un drapeau pour tout nouveau Néerlandais",
titre De Volkskrant à propos des nouveaux plans de naturalisation
de la ministre de l'Intégration, Rita Verdonk. Celle-ci veut
faire du 24 août une journée de fête à l'échelle
du pays. Au programme de la prochaine édition, une cérémonie
de naturalisation avec un exemplaire du drapeau et de la Constitution
néerlandaise offerts à toute personne qui acquiert la
nationalité néerlandaise, mais aussi du fromage, de
la bière du pays et de la musique d'accordéon.
Source : Courrier international, 25 août 2005
Mohamed Bouyeri condamné à la
réclusion criminelle à perpétuité pour le
meurtre de Theo van Gogh
Le juge Udo Willem Bentinck lit
la sentence |
L'assassin du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh qui
avait reconnu sa culpabilité en affirmant avoir agi par conviction
religieuse a été condamné mardi à la réclusion
criminelle à perpétuité.
Âgé de 27 ans, Mohammed Bouyeri était accusé
d'avoir tué le cinéaste en pleine rue le 2 novembre 2004.
Il avait tiré plusieurs balles sur Van Gogh avant de l'égorger
et de laisser une lettre de menaces sur son corps, promettant d'autres
assassinats au nom de l'islam. Il avait été arrêté
au terme d'une fusillade avec la police, quelques minutes plus tard.
Mohammed Bouyeri n'a présenté aucune défense et
ne reconnaissait pas la légitimité de la cour. Son crime
était considéré comme un acte terroriste par nombre
de Néerlandais dans la mesure où Theo Van Gogh était
l'auteur d'un film dénonçant l'intégrisme islamiste.
En rendant son verdict, le juge Willem Bentinck présidant le
panel de trois juges a estimé que la prison à vie était
la seule sanction possible pour un crime qui cherchait à déstabiliser
la démocratie néerlandaise et son système politique.
Le tribunal a en outre considéré qu'il n'y avait aucune
possibilité de réintégration de Bouyeri dans la
société, citant son absence de remord et de l'improbabilité
qu'il modifie ses opinions extrémistes.
Source : AP, 26 juillet 2005
Mohamed
Bouyeri :
aucun remords, donc “irrécupérable”
|
A la fin de son procès, le meurtrier
de Theo Van Gogh a réaffirmé ses convictions
par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 14 juillet 2005
Si j'étais libéré, je ferais exactement la même
chose." A la fin du procès intenté contre lui par
le tribunal d'Amsterdam pour l'assassinat, le 2 novembre 2004, du cinéaste
Theo Van Gogh, Mohammed Bouyeri a au moins confirmé, mardi 12
juillet, la profondeur de ses convictions. Le jeune Néerlando-Marocain
a revendiqué haut et fort son engagement pour un islam radical,
sur lequel le président Udo Willem Bentinck et le procureur Frits
Van Straelen l'avaient interrogé en vain.
Ne reconnaissant pas la légitimité de ses juges, revendiquant
l'entière et unique responsabilité de l'assassinat, interdisant
à ses avocats de le défendre, Bouyeri avait, jusque-là,
décidé de ne rien dire. Lundi, il s'était contenté
de réciter en arabe un mantra pour indiquer qu'il espérait
que Dieu "ne fasse pas en sorte que, demain, [il] pense autrement
qu'aujourd'hui". Portant une barbe noire, vêtu d'une robe
noire traditionnelle, coiffé d'un keffieh drapé, à
l'en croire, conformément aux préceptes du prophète,
il avait brandi le Coran pour répondre à une interpellation
de l'ancienne compagne de Theo Van Gogh.
Le lendemain, le procureur a, pendant plus de quatre heures, dénoncé
"un meurtre lâche" , détaillé les convictions
d'un jeune homme qui estime qu'Oussama Ben Laden est innocent de tout
crime et analysé, dans ses moindres aspects, le meurtre préparé
et exécuté par Mohammed Bouyeri. Un "crime rituel"
, "une attaque contre notre société, qui, ce jour-là,
a perdu son innocence" , soulignait M. Van Straelen, qui, sans
suprise, requérait finalement la peine maximale, à savoir
la détention a perpétuité.
"J'ai agi en accord avec ma foi, j'aurais fait la même chose
à mon père ou à mon frère ; je ne me sens
pas enfermé, je suis libre" , répliquait alors le
meurtrier, en néerlandais teinté d'un fort accent.
OBSESSION DE LA MORT
Voulait-il absolument parfaire le portrait qu'avaient esquissé
les enquêteurs, des experts et un tribunal ? Ces derniers, par
moments, semblaient espérer qu'une expertise mentale permettrait
d'expliquer une telle fascination pour la violence, une obsession telle
de la mort, que le prévenu avait indiqué aux policiers
présents à l'audience que, lors de son arrestation, il
avait tiré sur eux dans le but de les tuer et d'être tué
à son tour ? Les psychologues n'ont décelé qu'une
faille dans son attitude : lorsqu'il a présenté de vagues
excuses à la mère du cinéaste, soulignant cependant
que, n'étant pas une femme et n'ayant pas d'enfant, il ne pouvait
mesurer sa douleur.
Pour le reste, Mohammed Bouyeri refera, s'il en a "la chance"
selon son _expression, les gestes qui à l'époque ont bouleversé
les Pays-Bas et dont l'évocation a glacé la maigre assistance
de la salle ultraprotégée d'Osdorp, dans la banlieue d'Amsterdam
: 15 balles tirées, un égorgement, des coups de poignard,
puis, avec un calme qui a frappé tous les témoins de la
scène, un message posé sur le corps de la victime et destiné
à la députée Ayaan Hirsi Ali. Le texte, "une
fatwa", selon cette élue opposée au fondamentalisme
islamique, se terminait par une formule évoquant "un baptême
dans le sang, comme je l'avais espéré" . Après
ces deux journées d'audience sous haute tension, le verdict du
tribunal est attendu le 26 juillet.
Ce procès apaisera peut-être la famille Van Gogh, les témoins
du drame et des responsables politiques qui redoutaient la multiplication
des actes de vengeance semblables à ceux qui ont éclaté
après l'assassinat (incendies d'écoles islamiques, de
mosquées).
Il n'a pas, pourtant, répondu à diverses questions. Le
silence obstiné de Mohammed Bouyeri n'a pas aidé à
élucider la question des complicités, notamment financières,
dont il a semblé bénéficier. On ignore aussi quel
rôle a joué un mystérieux Syrien, Bassam Al-Issa,
un prêcheur qui a fui les Pays-Bas quelques heures après
l'attentat, pour une destination inconnue. Enfin, on ne voit pas clairement
comment le groupe Hofstad, cette cellule radicale à laquelle
appartenait le prévenu et qui est citée dans d'autres
dossiers européens, se connectait, ou non, à un réseau
transnational. Plusieurs membres du groupe Hofstad doivent être
jugés, à l'automne, à Rotterdam.
Le tribunal d'Amsterdam a, pour sa part, refusé de s'engager
dans la voie du "réseau". Il a centré ses audiences
sur un assassinat symbolique, évitant du même coup d'avoir
à se prononcer sur des dossiers qui, dans l'histoire récente
du pays, ont parfois mené à des acquittements très
discutés.
Le procès de l'assassin
présumé du cinéaste Theo Van Gogh s'ouvre à
Amsterdam
par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 11 juillet 2005
Si cela ne tenait qu'à lui, Mohammed Bouyeri, alias Abou Zubair,
n'aurait pas comparu, lundi 11 juillet, devant le tribunal d'Amsterdam
appelé à le juger en deux ou trois jours pour l'assassinat,
le 2 novembre 2004, du cinéaste Theo Van Gogh. Dans ses plans,
retrouvés après son arrestation, à l'issue d'une
fusillade avec des policiers qui le blessèrent, il avait, en
fait, tout prévu sauf de se retrouver un jour devant des juges
: le 2 novembre, il portait sur lui son "testament de martyr".
Il avait, auparavant, vidé son compte en banque, suspendu le
paiement de son loyer et dressé l'inventaire de ses livres avec
la mention : "voyez qu'en faire" .
Apparu publiquement pour la première fois il y a quelques semaines,
lors d'une audience préparatoire, l'islamiste néerlando-marocain,
27 ans, avait le crâne rasé et une barbe noire en désordre.
Il avait, à l'époque, marmonné quelques réponses
au juge qui l'interrogeait sur les circonstances et les motivations
d'un acte commis, au petit matin, sur un homme qui roulait paisiblement
à vélo dans une rue d'Amsterdam et que l'on retrouva poignardé,
égorgé avec, planté dans le coeur, un couteau portant
des messages appelant à la guerre sainte et à d'autres
meurtres.
"SOLDAT D'ALLAH"
Le texte visait surtout Ayaan Hirsi Ali, une députée
d'origine somalienne, avocate des femmes victimes des excès de
l'islam rigoriste et coscénariste du film Submission , le violent
réquisitoire sur ce sujet réalisé par Theo Van
Gogh. La députée étant protégée en
permanence par des gardes du corps depuis l'assassinat de Pim Fortuyn,
le leader populiste abattu en 2002 par un défenseur de la cause
animale, Mohammed Bouyeri avait choisi une autre cible.
L'avocat du prévenu a fait savoir, à la fin de la semaine
dernière, que "Mohammed B.", ainsi que le désignent
toujours les médias néerlandais, ne répondrait
à aucune question, ne ferait aucun plaidoyer et refusait d'être
défendu. Il a résumé dans un livre intitulé
Le Vrai Musulman son opinion sur la justice : "Allah m'a interdit
de me soumettre à toute autre loi que la sienne . (...) Allah
dit que la loi, le gouvernement et la sanction lui sont réservés
et qu'il n'accepte en cela aucun associé." Lors de ses auditions
par la police et par des psychiatres, "Abou Zubair" a suivi
la même ligne, refusant d'expliquer les raisons précises
de son acte.
Si l'assassin de Theo Van Gogh a refusé de parler de lui autrement
que comme d'un "soldat d'Allah", les Néerlandais ont
cependant appris à bien connaître cet homme qui vivait
à Amsterdam-Ouest, un quartier aux rues bordées de bâtiments
uniformes : quatre étages, pierre couleur marron, petit balcon
bleu, paraboles blanches permettant aux nombreux immigrants vivant là
de capter les chaînes de télévision satellitaires.
Bon élève, dépourvu d'humour, irritable : les témoignages
de ceux qui l'ont connu, comme ceux de ses comparses du "groupe
Hofstad", une cellule terroriste d'une vingtaine de membres, aujourd'hui
emprisonnés pour la plupart, décrivent essentiellement
un jeune homme solitaire, marqué par le décès d'une
mère à laquelle il était très attaché
et par la séparation de ses parents. Après avoir décroché
un diplôme technique supérieur, il se retrouve en détention
pour avoir participé à une bagarre. Il découvre
alors, véhiculé par d'autres détenus maghrébins,
le message d'un islam radical auquel il se montre particulièrement
sensible. A sa sortie de prison, il apprend que sa soeur est devenue
prostituée - d'autres témoignages affirment qu'elle était,
en réalité, enceinte. Le jeune Bouyeri va alors rechercher
un soutien à la mosquée Al-Tawhid d'Amsterdam, haut lieu
du radicalisme sur lequel les autorités néerlandaises
ont longtemps fermé les yeux.
IDÉOLOGIE SALAFISTE
Selon le témoignage d'un membre du groupe Hofstad,
ce sont toutefois les attentats d'Al-Qaida aux Etats-Unis, en 2001,
qui vont vraiment faire basculer Mohammed Bouyeri dans l'idéologie
salafiste. Cornaqué par "Abou Khaled", un prêcheur
syrien aujourd'hui en fuite, recherché par la police de plusieurs
pays pour ses liens présumés avec Al-Qaida, il va s'enflammer
de plus en plus fréquemment contre les juifs, les Américains
et ceux qu'ils appellent les "vampires", à savoir l'ensemble
des dirigeants occidentaux et le roi du Maroc. En 2002, il abandonne
ses activités d'animateur dans son quartier pour entrer dans
une semi-clandestinité et se consacrer, de manière quasi
frénétique, à la rédaction de textes, dont
une nouvelle Constitution de l'islam.
Il s'incarne alors en chef du groupe Hofstad, un groupe connecté
à une centaine de personnes aux Pays-Bas et qui, sans être
apparemment lié directement à Al-Qaida, va entrer dans
la nébuleuse islamiste européenne. Certains de ses membres
se sont rendus dans les camps afghans, d'autres, très jeunes,
sont nés aux Pays-Bas et n'avaient jusque-là qu'une connaissance
très vague de l'islam. Des enquêtes ont évoqué
de possibles relations entre cette structure et les attentats de Casablanca
et Madrid, oeuvres du Groupe islamique combattant marocain.
A l'évidence, Mohammed Bouyeri ne donnera aucun détail
sur tout cela. Il se contentera d'estimer que l'assassinat de Theo Van
Gogh a atteint son but : entraîner une crispation entre les Néerlandais
et ceux qui rejoindront bientôt les rangs des "chevaliers
d'Allah". Ceux qui, selon ses écrits, s'empareront demain
du Parlement de La Haye pour décréter l'application de
la charia.
28/01/05 - Mohamed Bouyeri, le meurtrier de
Van Gogh, voulait "créer la peur pour bouleverser l'ordre
constitutionnel" (Frits van Straelen, procureur)
Le meurtrier présumé du réalisateur
Theo van Gogh, l'islamiste Néerlando-marocain Mohamed Bouyeri,
voulait "créér la peur" et le chaos dans la
société néerlandaise, a affirmé mercredi
le procureur lors d'une audience préliminaire au tribunal de
haute sécurité d'Amsterdam.
«Le meurtre de Theo van Gogh par le choix de
la victime, et par l'horrible manière dont il a été
commis (...) avait pour but de réduire au silence Theo van Gogh
mais aussi le peuple néerlandais et de créer la peur pour
bouleverser l'ordre constitutionnel», a déclaré
le procureur, Frits van Straelen. Theo van Gogh, un réalisateur
et polémiste connu pour ses diatribes contre l'Islam et la société
multiculturelle, a été abattu et touché de plusieurs
coups de couteau alors qu'il faisait du vélo dans une rue d'Amterdam,
le 2 novembre 2004. Son meurtrier présumé, Mohamed Bouyeri,
un homme de 26 ans possédant la double nationalité néerlandaise
et marocaine, n'était pas présent à cette audience
destinée à faire le point sur l'enquête. Il est
notamment accusé de meurtre, tentatives de meurtre, tentative
d'entrave du travail d'une parlementaire ainsi que de participation
à une organisation terroriste. Il risque la prison à vie.
M. Bouyeri, arrêté juste après le meurtre, s'est
retranché dans le silence. Son avocat, Peter Plasman, a cependant
indiqué qu'il "peut et veut être pleinement tenu responsable
de son acte".
La défense s'oppose ainsi à ce qu'il soit soumis à
une analyse psychologique et psychiatrique. L'accusation réclame
une telle mesure afin de tenter "de déterminer comment est
né son radicalisme", a expliqué le procureur. Il
a brossé le portrait d'un homme devenu un fondamentaliste convaincu
et violent qui espérait "mourir en martyr" après
avoir tué Theo van Gogh. M. Bouyeri a notamment laissé
quatre lettres en testament: deux à sa famille dans lesquelles
il expliquait vouloir "remplir les v¦ux d'Allah en échangeant
son âme contre le Paradis" et appelait ses proches "à
vivre l'Islam comme il l'avait vécu", une avec de l'argent
et une adressée à un certain Zakaria, un homme inculpé
de terrorisme par le parquet national dans le cadre de l'enquête
sur le "Groupe Hofstad", un réseau islamiste terroriste.
L'accusation estime que Mohamed Bouyeri a pu recevoir de l'aide de ce
réseau pour commettre le meurtre de van Gogh. Plusieurs des suspects
du groupe Hofstad se trouvaient dans sa maison la veille du meurtre.
L'enquête se poursuit et ces chefs d'accusation seront examinés
lors d'un autre procès relatif aux poursuites contre 12 accusés
du groupe Hofstad. Une audience dans cette affaire est prévue
le 7 février prochain.
Dans ses écrits laissés à Zakaria, Mohamed Bouyeri
laisse cours à ses idées radicales, en appelant au Jihad
violent. Il prédit que le Parlement néerlandais deviendra
"un tribunal islamique" et que "les louanges d'Allah
résonneront" du bureau du Premier ministre des Pays-Bas.
D'après le procureur, l'accusé continue de croire à
cette idéologie et a tenté de faire sortir de sa prison,
illégalement, un tome 5 de sa "Constitution du fondamentaliste",
la semaine dernière. M. van Straelen a espéré que
le procès du meurtrier de Van Gogh, qui devrait se tenir "avant
l'été", "montrera aux jeunes qui suivent les
mêmes idées, qu'il vaut mieux qu'ils se tournent vers la
société plutôt que de lui tourner le dos".
Le meurtre de Theo van Gogh avait suscité de violentes tensions
inter-communautaires aux Pays-Bas qui comptent environ 900.000 musulmans
sur 16 millions d'habitants.
Source : AFP, 26 janvier 2005
Ayaan Hirsi Ali persiste et signe
«Mesdames et Messieurs, je continue». De retour au Parlement
de La Haye, après un séjour de deux mois aux Etats-Unis
pour raison de sécurité, la députée libérale
néerlandaise Ayaan Hirsi Ali a annoncé la couleur. Connue
pour ses critiques virulentes contre l'islam, qu'elle accuse d'être
une «culture rétrograde», cette femme d'origine somalienne,
issue d'une famille musulmane orthodoxe, avait fait l'objet de menaces
de mort. Un projet visant à l'assassiner le soir du nouvel An
avait été découvert dans le cadre de l'enquête
sur la mort du réalisateur Theo van Gogh, poignardé à
Amsterdam par un islamiste présumé le 2 novembre. Elle
avait participé au film de van Gogh sur l'oppression de la femme
musulmane, intitulé «Submission».
Source : Libération, 18 janvier 2005
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