Contes et légendes du Londonistan
Certains
membres du personnel du métro londonien ne manquent ni d’humour
ni de courage. Cet avis a été placardé à
la station de métro de Notting Hill Gate à Londres,le
26 juillet 2005.
Traduction du texte :
« 26.07.2005 - Avis valable pour toute la journée
Avis à tous les passagers
Vous êtes prié de ne pas courir sur les quais, ni dans
les couloirs.
En particulier si vous transportez un sac à dos, si vous avez
un grand manteau ou si vous avez l'air légèrement étranger.
Ceci, pour votre propre sécurité.
Merci pour votre attention »
Pourquoi
faire sauter un bus vide ?
Voici
l'une des photos présentées par la police londonienne
pour nous prouver que des terroristes avaient essayé de faire
exploser un bus le 21 juillet. Mais pourquoi le terroriste a--t-il choisi
un bus sans voyageur ? That is the question. Qui plus est, seule une
bombinette sans matière explosive, juste un détonateur
enrobé de patte à modeler jaune a été déposé
dans ce bus.
Ajoutez à ce mystère les photos visiblement trafiquées,
qui devaient représenter des présumés terroristes
entrant dans le métro et qui n'ont montré que la maladresse
du faussaire (consulter
les photos) et vous avez les éléments d'une vraie
manipulation, pas la vérité.
Surtout ne croyez pas que l'arrestation des poseurs de bombinettes apportera
un quelconque éclaircissement à ce mystère. S'ils
ont tout fait pour que la police les retrouve, et s’ils se sont
laissés arrêter aussi facilement, c'est qu'ils n'ont rien
à dire et qu'ils n’ont fait que ce que l'on attendait d'eux.
Après tout, que risquent-ils ? Ils n'ont rien fait de bien méchant.
Juste un peu de fumée.
Gilad Atzmon avait
déjà relevé des anomalies dans la présentation
des attentats du 7 juillet :
(..) les kamikazes soupçonnés ont placé des tickets
de stationnement valides sur le pare-brise de leur voiture. Puis ils
ont acheté des tickets de train de banlieue Luton Londres
et retour. Une fois dans la station de métro, ils ont acheté
à nouveau des tickets allez-retour. Inutile d'avoir fait Saint-Cyr
pour comprendre que des kamikazes ne se préoccupent pas d'économiser
sur leur « trajet de retour » La police avance l'argument
qu'ils auraient transporté leurs explosifs dans des sacs à
dos. C'est vraiment très inhabituel. En Palestine et en Irak,
les kamikazes s'attachent leurs explosifs à même le corps.
Quoi qu'il en soit, la police parle des kamikazes en disant qu'ils ne
transportaient pas plus de cinq kilogrammes d'explosifs chacun. Là
encore, cela ne tient pas vraiment debout. Des gens qui veulent tuer
n'économisent pas les explosifs. Ils en emportent, tout simplement,
autant qu'ils peuvent en porter. La seule explication que je puisse
entrevoir, c'est que les jeunes gens ne se doutaient pas de ce qui allait
arriver. Ils ne savaient pas ce qu'ils transportaient, dans leurs sacs.
Ils ne savaient pas ce qu'ils allaient faire.
Les quatre jeunes gens n'étaient pas des kamikazes. Il s'agissait
soit de leurres, soit, plus vraisemblablement, de victimes d'une troisième
composante assassine, au programme d'action manifestement pervers. Il
semblent qu'ils aient été envoyés commettre aveuglément
un acte, sans avoir réellement conscience de ce dans quoi on
les avait engagés. Sans le moindre doute, aucun d'entre eux ne
fut le coordinateur de l'attaque.(..)
Lire l'article de Gilad Atzmon
Les
assassins démasqués
L'enquête
progresse à grands pas : le service de renseignement
du site quibla.net était fort déçus du déroulement
de l’enquête sur les attentats de Londres du 7 juillet.
Surtout qu’une diversion a été opérée
le 21 juillet. Une série de pseudo-attentats et d’arrestations
spectaculaires des présumés terroristes devaient nous
faire oublier les vrais attentats. Ceux qui ont tué des dizaines
d’innocents le 7.
Nous étions déçu
et nous avons décidé de pister les terroristes nous même.
Ce n’est pas sans fierté que nous vous présentons
le résultat de nos recherches. Nous avons retrouvé les
photos des caméras de surveillances du métro de Londres
(avant retouche) et nous avons remonté la piste des assassins.
Les 2 suspects en arrière
plan sont parfaitement connus des services de Police. Ils se nomment
Tony et Georges (avec sa casquette de baseball). Mais leur implication
dans d’autres affaires internationales, ont forcé certains
à cacher leur présence sur les lieux du crime.
Les responsables sont démasqués. Seront-ils jugés
?
Les
vidéos de Londres ont été trafiquées
Flagrant
délit : après le passeport de Mohamed Atta retrouvé
miraculeusement intacte au pied du WTC, les débris de l'avion
tombé sur le Pentagone volatilisés, une nouvelle étape
a été franchie par les services de communication de l’Empire.
Les photos diffusées par les médias, tirées des
bandes vidéos des caméras de surveillance du métro
de Londres, ont été visiblement bidouillées.
L’homme à la casquette blanche en arrière plan a
la partie haute de son corps devant la barrière métallique
et les jambes derrières. Autrement dit le personnage a été
ajouté et le bidouilleur a oublié d’effacer une
des trois barres horizontales. Du travaille d’amateur ou du travail
de pro effectué dans la panique.
Toutes
les photos : http://news.stcom.net/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=1304
Les explications : http://news.stcom.net/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=1257
La Hache et la Cagoule
par Gilbert Léonard, 31 juillet 2005
A Huyton, Liverpool, ce vendredi 29 juillet 2005, à 23h00, Anthony
a été attaqué à la hache.
Antony avait 18 ans. C'était un jeune Noir étudiant en
droit, joueur de basketball et fréquentateur assidu de l'église.
Il attendait le bus avec sa copine Blanche et son cousin.
Sky News TV précise:
- Un individu portant une cagoule sort d'un bar et lance des injures
racistes à l'encontre d'Anthony.L'individu a environ une vigntaine
d'années.
- Anthony et ses amis ne répondent pas et préférent
se diriger vers un autre arrêt de bus.
- Ils sont rattrapés par quatre individus
Le responsable de la police raconte qu'à son arrivée,
la hache était enfoncée dans la tête d'Anthony.
Mais aucune précision n'est donnée sur la nature de la
cagoule que portait le jeune agresseur qui sortait du bar.
Les meurtriers étaient plusieurs; ce n'est donc pas l'acte d'un
fou isolé.
CAGOULE + RACISME ANTI-NOIR: on ne peut s'empêcher de penser au
Ku Kux Klan ?
Cela pourrait donner des indications sur les activités type KKK
en Angleterre, et particulièrement à Liverpool où
les hooligans sont très actifs et où les arrestations
d'individus non Blancs sont importantes.
Dans le contexte actuel des vagues d'arrestations dans les milieux activistes
noirs, cette cagoule n'est peut-être pas un détail anodin.
Vous ne voyez pas le rapport ?
Il convient de se rappeler qu'aux USA, dans les plus dures années
de la Ségrégation Raciale, les services secrets US ont
loué les services du KKK pour commettre des attentats et ensuite
en faire endosser la responsablilité aux activistes noirs ou
autres militants anti-racistes.
Des policiers étaient attaqués et on fabriquait les preuves
pour accuser les Noirs..
Le FBI avait justifié ainsi une vague d'arrestations et d'emprisonnements
tous azimuts..
Cétait le fameux programme COINTELPRO du FBI (COunter INTELligence
PROgram) des années 60 et 70.
Cette cagoule pourrait mettre à nu une instrumentalisation raciste
des jeunes dans la lutte dite contre le terrorisme.
L'analyse systématique des récents évènements
en Grande Bretagne ne permet pas d'écarter l'hypothèse
de ce type d'opérations.
En effet, il est troublant qu'au tout début de l'enquête
sur les attentats du 7 juillet 2005, les experts affirmaient que les
traces d'explosifs révélaient leur très haute qualité
militaire.
Jusqu'à très récemment, toute trace d'explosifs
de très haute qualité militaire en Grande Bretagne, faisait
penser "tout naturellement" à l'IRA (Armée Républicaine
Irlandaise).
Après les attentats de Londres on annonce parallèlement
que l'IRA met fin officiellement à toutes ses activités
militaires,
Le meurtre très controversé de Robert McCartney ayant
déclenché une campagne médiatique par sa famille.
L'IRA et le Sinn Fein ont été discrédités,
officiellement, aux yeux de Bush et de nombreux Irlando-américains.
Il fallait que l'IRA dépose officiellement les armes, toutes
les armes; Mais selon quelle procédure ?
- La découverte de caches d'explosifs un peu partout sur le territoire
britannique et une vague d'arrestations tous azimuts en GB et dans toute
l'Europe.
De jeunes gens se retrouvent experts en manipulation d'explosifs. On
retrouve un peu facilement ces experts. Même on essaie de les
éliminer ou les isoler rapidement.
Sont-ce des témoins gênants ?
Sont-ce de pauvres victimes piégées dans une opération
de vraie fausse simulation des services secrets ?
( voir http://www.prisonplanet.com/video/,
cliquer sur london_terror_games.wmv
http://www.prisonplanet.com/video/london_terror_games.wmv <http://www.prisonplanet.com/video/london_terror_games.wmv>
)
Cela pourrait expliquer pourquoi on a des photos, des vidéos
des individus:
- que penser de la photo d'un suspect, SEUL, DANS UN(le?) BUS VIDE,
avant l'explosion ?
- que penser des raids de la police filmés et diffusés
par les chaines TV ?
Dans le meutre d'Anthony, une caméra de surveillance était
placée non loin de la sortie du bar.
Nous verrons bien si les yeux et la mémoire des caméras
de surveillance sont à fonctionnement variable et sélectif.
On vient d'apprendre un suspect est interrogé par la police;
il a 18 ans.
Verra-t-on sa photo ?
Saura-t-on plus sur ces relations ?
Sources:
Sky News TV en direct
Sky News Internet: http://www.sky.com/skynews/article/0,,30100-13397514,00.html
BBC News http://newsvote.bbc.co.uk/mpapps/pagetools/print/news.bbc.co.uk/1/hi/england/merseyside/4730559.stm
Attentats: sept arrestations
supplémentaires à Londres, vers l'extradition de Zambie
du "cerveau" indien présumé du 7 juillet
La police britannique a arrêté dimanche sept personnes
supplémentaires dans le cadre de l'enquête sur les attentats
manqués du 21 juillet à Londres, en attendant les extraditions
d'un quatrième suspect arrêté à Rome et d'un
homme présenté par la presse comme le "cerveau"
des attentats du 7 juillet, actuellement détenu en Zambie.
Six hommes et une femme ont été interpellés dimanche
à Brighton (sud), dans le cadre de la loi antiterroriste, a annoncé
la police britannique, sans plus de précisions.
Un homme a également été arrêté à
la gare de Stockport (nord) dans le cadre de la loi antiterroriste,
mais cette interpellation "n'est pas liée pour le moment
avec les attentats du 21 juillet", a précisé un porte-parole
de la police de Manchester.
Au total, la police britannique interroge toujours 18 personnes dont
trois auteurs présumés des attentats du 21 juillet: Mokhtar
Saïd Ibrahim, alias Mokhtar Mohammed Saïd, et Ramzi Mohammed,
arrêtés vendredi dans l'ouest de Londres, ainsi que Yacine
Hassan Omar, interpellé mercredi à Birmingham (centre).
L'enquête s'oriente désormais vers le réseau de
soutien et d'aide aux auteurs des attentats manqués du 21 juillet.
"Il est tout à fait probable qu'il y ait d'autres personnes
impliquées dans l'hébergement, le financement et la fabrication
d'engins" explosifs, a expliqué une porte-parole de Scotland
Yard.
Même si la police a refusé d'évoquer l'existence
d'une troisième cellule après celles qui ont organisé
les vagues d'attentats du 7 et 21 juillet, thèse avancée
par la presse britannique, Scotland Yard maintient ses mises en garde.
"Nous ne pouvons exclure la possibilité que nous soyons
la cible d'un autre acte de terrorisme, mais pour l'instant, nous n'avons
rien de spécifique indiquant que c'est le cas", a dit la
porte-parole de Scotland Yard.
Tous les auteurs des attentats manqués du 21 juillet, qui n'ont
pas fait de victimes, sont désormais sous les verrous: le quatrième
homme recherché avait été arrêté vendredi
à Rome: Hamdi Issac, alias Osman Hussain, est l'homme soupçonné
d'avoir voulu faire exploser une bombe à la station de métro
de Shepherd's Bush, dans l'ouest de Londres.
La justice italienne a confirmé dimanche son maintien en prison
dans l'attente d'une décision sur son éventuelle extradition
vers la Grande-Bretagne, réclamée par Londres mais à
laquelle l'intéressé est opposé.
Par ailleurs, son frère, Fati Issac, a été interpellé
dimanche par la police antiterroriste italienne (DIGOS) à Brescia,
dans le nord de l'Italie. Il est soupçonné d'avoir caché
ou détruit des documents considérés comme importants
par la justice.
Un autre frère d'Hamdi Issac, Remzi Issac, avait été
interpellé pour l'avoir accueilli et pour détention de
documents contrefaits dans son magasin à Rome
De son côté, la Zambie a annoncé l'extradition prochaine
d'un important suspect vers la Grande-Bretagne: Haroon Aswat, un Britannique
d'origine indienne au passé djihadiste, serait selon les médias
britanniques et américains le "cerveau" des attentats
du 7 juillet.
Enfin, à Londres, le gouvernement était sous pression
alors que l'opposition critiquait les dispositifs de contrôles
aux frontières mis en place après les attentats du 7 juillet.
"Je sais que le Home Office (ministère de l'Intérieur)
va examiner cette question", a déclaré dimanche à
la BBC Geoff Hoon, ministre chargé des relations avec le parlement.
Hamdi Issac, alias Osman Hussain, arrêté à Rome,
a quitté le Royaume-Uni pour l'Italie le 26 juillet en prenant
l'Eurostar, le service de trains reliant Londres à Paris ou Bruxelles,
qui part de la gare londonienne de Waterloo.
Le ministère de l'Intérieur a simplement indiqué
que des contrôles de passeports à la gare de Waterloo avaient
été mis en place après les attentats du 7 juillet,
avant d'être suspendus à partir du 17 juillet puis réintroduits
après les attentats du 21 juillet.
Source : AFP, 31 juillet 2005
Musharraf chasse les
talebs étrangers du Pakistan
Des centaines d'étudiants étrangers des écoles
coraniques (madrassas) au Pakistan se préparaient dimanche à
rentrer chez eux, à regret, après l'ordre d'expulsion
les concernant donné par le président Pervez Musharraf
à la suite des attentats meurtriers de Londres.
Sous la pression des Occidentaux qui lui demandent de combattre plus
résolument l'extrémisme islamique, M. Musharraf a ordonné
aux quelque 1.400 étrangers où détenteurs d'une
double nationalité, inscrits dans les écoles coraniques
du Pakistan, de quitter le pays.
"Cette décision m'a consterné, mais je suppose que
je n'ai pas le choix", a déclaré à l'AFP Mohammed
Tahir, un Français d'origine pakistanaise âgé de
24 ans, qui suit des études à la madrassa Jamia Ashrafia,
l'un des plus importants séminaires islamiques de Lahore (est).
"Je respecterai la loi, mais j'aurais voulu terminer ma formation
ici", explique l'étudiant, père de trois enfants
laissés à Paris, qui était venu étudier
la théologie et la jurisprudence islamique à Lahore.
"Il me reste un an et demi d'études à faire, mais
j'ai l'intention de les accomplir dans un séminaire en France",
ajoute-t-il.
Le directeur de la madrassa, Abdul Rehman Ashrafi, a affirmé
qu'il obtempérerait à l'ordre d'expulsion qui concerne
entre 25 et 30 étudiants étrangers de son école
où sont inscrits au total plus de 1.800 élèves.
Il estime que ces étrangers peuvent poursuivre leurs études
chez eux. "Nous avons nos madrassas partout", explique-t-il
à l'AFP. "Nous allons demander à nos étudiants
étrangers de terminer leur formation dans un de nos séminaires
dans leur propre pays en Europe, aux Etats-Unis et en Asie".
Suheiri bin Bahadur, venu il y a trois mois de Malaisie pour suivre
une formation de cinq ans à la Jamia Ashrafia de Lahore, exprime
lui aussi ses regrets face à cette interruption prématurée
de ses études.
"Si l'administration de la madrassa me demande de partir, je vais
devoir partir, mais j'aurais aimé achever ce pour quoi j'étais
venu", dit-il. "J'avais choisi le Pakistan parce que la qualité
de l'éducation religieuse y est très bonne. Je poursuivrai
mes études après mon retour en Malaisie".
M. Musharraf a pris d'autres mesures en ordonnant une vague d'arrestations
dans les milieux islamistes, où quelque 800 militants ont été
interpellés à travers le pays.
Il a aussi décrété l'interdiction de "prêches
de la haine" dans les mosquées. Une autre mesure porte sur
l'obligation d'enregistrer cette année toutes les madrassas auprès
des autorités et de changer si nécessaire leurs programmes.
Une des principales fédérations d'écoles coraniques,
Wafaqul Madaris Pakistan, est prête à coopérer avec
les autorités, a déclaré le porte-parole du ministère
pakistanais des Affaires étrangères Muhammad Naeem Khan,
cité par l'agence de presse officielle Associated Press of Pakistan.
Le pays compte plus de 12.000 madrassas, a-t-il précisé,
affirmant que la "menace de l'extrémisme" serait éradiquée
par la diffusion du savoir, l'éducation et des réformes
de la société pakistanaise.
Bon nombre des écoles coraniques qui sont aujourd'hui considérées
comme des viviers du militantisme islamiste anti-occidental ont été
créées, souvent avec des fonds américains et saoudiens,
dans la période 1979-1989 comme centres d'endoctrinement et de
formation militaire pour les moudjahidine qui combattaient l'occupant
soviétique dans l'Afghanistan voisin.
Après les attentats du 7 juillet à Londres, la Grande-Bretagne
a demandé à Islamabad d'agir contre les écoles
du fondamentalisme islamique, à la suite d'informations selon
lesquelles plusieurs des kamikazes s'étaient auparavant rendus
au Pakistan et que l'un d'eux aurait étudié dans une madrassa.
Source : AFP, 31 juillet 2005
Blair,
l’homme à la caméra
par Gilad Atzmon, http://peacepalestine.blogspot.com,
27 juillet 2005. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
Au cas où vous les auriez ratées, voici les convictions
assénées par Tony Blair, hier :
« Tant que nous ne nous serons pas débarrassés de
l’absurdité totale qu’il y a à tenter de mettre
le signe d’égalité entre ce que nous faisons pour
aider les Irakiens et les Afghans à édifier leur démocratie
et ce que font ces gens qui tuent délibérément
des innocents pour le plaisir de tuer, nous ne nous serons pas opposés
à cette idéologie criminelle comme il convient de le faire
» - Tony Blair.
Tony Blair est un penseur politique éminent. A suivre son analyse
très explicite, les terroristes tueraient des gens « pour
le plaisir ». Les militaires dont il a veillé à
ce que la Grande-Bretagne les envoie en des terres lointaines, quant
à eux, ne tueraient que parce que Blair et la Grande-Bretagne
voudraient aider les Arabes et les Afghans à « édifier
leur démocratie »…
Allez : arrête ton char, Tony ! On a vraiment l’air aussi
cons que ça ?
Si l’on cherche à déterminer quelle est la visée
réelle du discours politique de Blair, il ne nous reste que deux
options : soit Blair est limité, du point de vue intellectuel
; soit il produit les messages les plus idiots et les plus simplistes
qu’il est possible, en faisant la supposition que l’opinion
publique britannique est assez idiote pour gober tout ce qu’il
dit. Sans doute pense-t-il, en lui-même : « si cela marche,
avec Bush, en Amérique, ça pourrait très bien marcher
aussi, pour moi, en Angleterre… »
Blair parle sans cesse de l’idéologie maléfique
qui préside aux actes terroristes, mais il est incapable de nous
expliquer quelle est cette idéologie. De fait, il nous dit que
ces êtres malfaisants « tuent délibérément
des gens, pour le plaisir de tuer ». Mais alors, si tel est le
cas, il ne s’agit pas d’idéologie, mais purement
et simplement d’une soif de sang. Laissez-moi vous dire qu’en
la matière, Blair n’invente rien. Traditionnellement, les
Anglo-Américains présentent leur ennemi sous les traits
de primitifs sauvages, barbares et assoiffés de sang. Ils l’ont
fait à propos des Indiens américains autochtones, ils
l’ont fait à propos des Allemands, dès la Première
guerre mondiale, et aujourd’hui, ils le font, à propos
des nationalistes arabes. C’est là une tactique tout ce
qu’il y a de plus générale et commune, utilisée
par les colonialistes et les polémologues suprématistes.
Mais, au début du 21ème siècle, on pourrait s’attendre
à ce qu’un « libéral démocrate »
éminent abandonne cette vieille formule rhétorique. Regardons
les choses en face ; Blair n’est ni démocrate, ni libéral.
En fait, Blair est un valet empressé d’un capitalisme impitoyable
et d’un colonialisme brutal.
Blair est déterminé à vaincre le terrorisme. Sa
philosophie est simple : si le terrorisme est mal, tout ce qui nous
reste à faire, c’est tuer les terroristes. Apparemment,
ce sont les Israéliens qui ont inventé cette philosophie
de jardin d’enfants. A l’époque, elle portait un
intitulé choc : « Guerre Anti-Terroriste ». Dans
le cas des Israéliens, il s’agissait d’une guerre
locale contre un mouvement nationaliste de résistance. Par la
grâce de Blair et de Bush, entièrement sionisés,
ce conflit local est en train de s’étendre sous nos yeux,
à toute vitesse, acquérant l’ampleur d’une
crise globale, et peut-être même d’une guerre mondiale.
Mais alors, peut-être avons-nous notre mot à dire quant
à la tactique utilisée ? Blair est là pour ça.
Comment combattre réellement un ennemi sans visage, anonyme ?
C’est très simple, il suffit de mettre un visage sur ce
qui n’en a pas.
En matière de TVCF [télévision en circuit fermé],
la Grande-Bretagne est championne d’Europe. Aucun autre pays,
sur Continent, n’a autant de caméras de télésurveillance
par tête de pipe. Si l’on doit en croire les données
publiques, il semble que chaque Britannique, effectuant simplement son
trajet pour se rendre à son travail, est capturé environ
300 (trois cents) fois par jour par les innombrables caméras
installées partout. Il n’est donc pas surprenant que la
Police métropolitaine de Londres ait publié aussi rapidement
les clichés des « kamikazes » présumés.
Trois jours après les attentats du 7/7, nous les avons vus, en
train de pénétrer dans la gare de banlieue de Luton, portant
d’énormes sacs à dos. Moins de vingt-quatre heures
après la seconde attaque contre Londres, cette même police
a rendu publiques les photos des quatre terroristes présumés.
Nul doute que la modernité et la technologie ne représentent
un grand avantage. Mais nous ne devrions pas nous en tenir là
: nous devons compter sur notre supériorité technologique
et la mettre à la disposition de la société, en
général. Nous devons installer encore beaucoup plus de
caméras ; dans chaque appartement, dans chaque chambre à
coucher, dans chaque salle de restaurant, dans chaque toilette publique.
Nous pourrons dès lors, quelques minutes seulement après
le prochain attentat, voir les terroristes présumés manger,
chier, baiser, se curer le nez, voire même curer le nez de quelqu’un
d’autre. Voilà qui serait grandiose, à la télé,
et encore plus génial, dans la presse de caniveau. Telle doit
être la prophétie de Blair, adressée au monde occidental
: plus de caméras, plus de cartes d’identité, en
bref : plus de contrôle !
Apparemment, nous aimons les photos. Vivant dans cette société
technologique et scientifique que nous disons nôtre, nous sommes
obsédés par « les preuves matérielles ».
Nous aimons bien que la terreur soit pornographique. Nous sommes capables
de rester scotchés, des journées entières, devant
nos télés, à regarder des Boeings se fracasser
sur les Tours jumelles. Nous aimons les images explicites, et nous en
réclamons toujours plus. Nous voulons voir le corps, le visage
et les yeux du Malin. Mais il nous manque encore certainement quelque
chose : nous ne pouvons sonder les esprits et les cœurs. Ces soi-disant
démons suicidaires demeurent un mystère. Nous avons de
plus en plus d’indices, mais nous avons de moins en moins de compréhension.
De fait, la rhétorique creuse de Blair montre à quel point
certains, chez nous, n’entravent que couic. Vingt jours après
les attentats londoniens du 7/7, nous n’avons toujours pas la
moindre idée de ce qui s’est véritablement passé.
Qui a fait le coup, et pourquoi cela a-t-il eu lieu ? Tout ce que nous
obtenons de Blair, c’est sa rhétorique creuse, agrémentée
de photos de visages au teint olivâtre.
Nous ferions mieux de le reconnaître, une bonne fois pour toutes
: des photos ou de quelconques preuves matérielles ne nous mèneront
nulle part. A l’évidence, ce n’est pas ça
qui va empêcher le prochain attentat de se produire. La terreur
à motivation religieuse est idéologique, terme totalement
inconnu de Blair et de ses séides. Des millions de fragments
d’une preuve micronisée ne nous rapprocheront jamais d’une
compréhension idéologique du phénomène.
L’idéologie et les preuves appartiennent à des catégories
bien trop différentes et éloignées l’une
de l’autre.
Pour citer Mark Jurgesmeyer : « Le « kamikaze » de
quelqu’un est un « combattant de la liberté »,
aux yeux de son voisin. Pour ceux qui n’arrivent pas à
le comprendre : la guerre suicidaire est la forme ultime du combat pour
la liberté. Un martyr n’est jamais seul. Il est, toujours,
soutenu par une communauté. »
Le psychanalyste français légendaire Jacques Lacan nous
a appris que l’ « inconscience est le discours de l’Autre
». Il a sans doute raison. Un attentat suicide se définit
au mieux comme un échange fatal entre un protagoniste et beaucoup
de discours. Autrement dit : le kamikaze laisse derrière lui
une image de sacrifice. Cette image est installée, à jamais,
au sein du discours de la communauté solidaire avec lui, ainsi
qu’au sein de la communauté à laquelle appartenaient
les victimes. En un mot, un seul : le terrorisme suicidaire est une
forme ce communication. A l’évidence, Blair échoue
lamentablement à comprendre cette forme de communication. Mais,
apparemment, la majorité du peuple britannique est plus que motivée
à écouter, et, c’est à espérer, à
comprendre.
D’après plusieurs sondages effectués récemment
au Royaume-Uni, les Britanniques ont parfaitement conscience du fait
que les récents attentats de Londres sont la conséquence
de la politique désastreuse de Blair au Moyen-Orient. Apparemment,
ils comprennent mieux que le Premier Ministre le sens du message envoyé
par les terroristes.
Le martyre est la production d’une communauté qui a été
humiliée et opprimée. Malheureusement, même si c’est
dur à admettre, dans cette histoire, les oppresseurs, c’est
nous ! En réalité, le martyre est un message adressé
à chacun d’entre nous. Il est grand temps d’essayer
de faire face à nos responsabilités. Si nous voulons affronter
le terrorisme suicidaire, nous devons au préalable tenter de
le comprendre. Nous devons étudier ce qui motive réellement
de jeunes personnes à faire le sacrifice de leur vie. Si nous
voulons relever le défi du terrorisme suicidaire, nous devons
commencer par le reconnaître et le respecter. Aussi longtemps
que nous demeurerons enfermés dans un discours scientifico-technologique,
nous serons incapables d’aller jusqu’au fond de ce problème
émergent.
Des millions de caméra de télésurveillance ne nous
permettront pas de pénétrer dans l’esprit des gens.
Trois millions de caméras ne nous aideront jamais à saisir
à quel point l’humiliation doit être profonde pour
amener des êtres humains à sacrifier la vie d’autrui,
ainsi que la leur propre. Si nous voulons arrêter ceux qui sont
déterminés à nous tuer, nous devons commencer par
nous regarder dans la glace.
La rhétorique de Blair n’a qu’un seul but : nous
empêcher tout simplement de le faire.
EUROPE, CHAMP DE BATAILLE?
par Gilles Munier, AFI-Flash n° 48, 23 juillet 2005
Les deux tiers des Britanniques pensent que les attentats de Londres
sont la conséquence directe de la guerre d'Irak. Ils ont raison.
Mais savent-ils que ce qui les attend risque d'être pire que ce
que les Français ont vécu à l'époque de
la guerre d'Algérie ?
Pourquoi pire? Parce qu'aujourd'hui les résistants irakiens sont
seuls. La plupart des peuples arabes sont muselés par leurs gouvernements.
L'URSS qui aidait l'anti-impérialisme à condition de ne
pas dépasser certaines limites, n'existe plus. La solidarité
internationale se révèle inopérante. A quoi servent
la modération et le dialogue, se disent certains, quand la force
brutale prévaut partout ?
Leurs exemples : en 1973, l'OLP a abandonné les opérations
hors de Palestine sur les conseils de ses amis étrangers : pour
quel résultat ? Il y a toujours plus de colons israéliens
et de destructions.
Des millions de personnes ont manifesté contre l'agression américaine
contre l'Irak. Pour rien. Dans les démocraties, le poids des
opinions est maintenant sans effet sur les décisions gouvernementales.
Aucun tribunal n'ose même se déclarer compétent
pour juger les criminels de guerre américains.
Alors, certains résistants irakiens, baasistes ou non, se sont
posé la question que se posent tous les résistants : quand
un pays est agressé, est-il légitime de porter le feu
sur le territoire ennemi ? Le débat semble tranché. Les
victimes à Londres seront moins nombreuses, mais pas moins innocentes
qu'en Irak, quand les bombardiers US déversent à l'aveuglette
leurs cargaisons.
On a comparé la guerre d'Irak à celles du Vietnam, d'Algérie
ou du Liban. Elle est toutes ces guerres à la fois, la mondialisation
en plus. Avec les TV satellitaires, l'appel contre l'injustice est plus
prégnant que dans les années 50. Les volontaires prêts
à combattre l'Occident sur place n'ont pas besoin d'ordres venus
d'ailleurs. Ils sont nombreux et disposent de moyens bien supérieurs
à ceux des Algériens.
Aujourd'hui, les pires craintes énoncées avant l'agression
de l'Irak sont réalité. Le terrorisme est par nature injustifiable
mais, pour sortir du bourbier, il ne faut pas confondre une cause avec
ses effets, ou accuser ceux qui cherchent une issue à la guerre
d'approuver le terrorisme. Face à des chefs de gouvernement butés,
on se demande avec horreur si les cris des victimes de Londres n'ont
pas plus d'influence que les opérations lointaines de résistance.
Le bruit des bombes pèsera-t-il autant que celles du FLN en «
métropole » le jour où le général
de Gaulle décida d'accorder l'indépendance à l'Algérie
?
Yacine
Hassan Omar arrêté à Birmingham
L'un des quatre auteurs présumés des attentats du 21 juillet
à Londres, le Somalien Yacine Hassan Omar, a été
arrêté mercredi à Birmingham, deuxième plus
grande ville du Royaume-Uni située à 190 km au nord-ouest
de la capitale, a déclaré Peter Clarke, chef de la brigade
antiterroriste de la police métropolitaine. Il a précisé
que, pour maîtriser le suspect, les policiers ont fait usage d’un
pistolet électrique (“Taser gun”).
Il a ajouté que la police recherchait toujours les trois autres
hommes dont les photos ont été diffusées. L'interpellation
de Yacine Hassan Omar, âgé de 24 ans, représente
"un important progrès dans l'enquête", a estimé
M. Clarke.
Scotland Yard a publié mercredi soir une nouvelle image extraite
des enregistrements des caméras de télésurveillance
pour tenter d'attraper le suspect de l'explosion de la station de métro
de Shepherd's Bush.
Les attentats du 21 juillet n'ont fait aucune victime en raison de problèmes
matériels, apparemment, alors que ceux du 7 juillet, exactement
deux semaines auparavant, avaient tué 56 personnes, dont les
quatre kamikazes. La police n'exclut pas qu'un cinquième auteur
de l'opération de la semaine dernière n'ait pas été
repéré.
« Ils sont capables de tuer à nouveau, nous devons les
trouver », a déclaré le chef de la police métropolitaine,
l’inénarrable Ian Blair.
Source : AP, 26 juillet 2005
Le syndrome du Londonistan
fait tache d’huile
Éditorial du 27 juillet 2005
Ce que les attentats de Madrid de mars 2004 n’avaient pas provoqué,
les attentats de Londres du 7 juillet - tout aussi obscurs et pour le
moins tout aussi bizarres - l’ont provoqué : la panique
gagne le reste de l’Europe. L’Italie adopte de toute urgence
des nouvelles mesures antiterroristes, la France va en adopter d’ici
fin août et met d’ores et déjà le plan Vigipirate
au niveau suprême d’alerte, le niveau rouge. Tandis qu’à
Washington, Moscou, Tel Aviv, Alger et Tunis, les pouvoirs politico-militaro-policiers
peinent à cacher leur jubilation intime à voir l’Europe
frappée [à croire qu’ils sont dans le coup], à
Bruxelles on s’interroge sur les “motivations inconscientes
des terroristes” (sic) et on mobilise les psychologues de toutes
les écoles et tendances pour pallier les déficiences des
services de renseignement. Quant aux terroristologues, islamologues,
sociologues et sondeurs d’opinion, ils se frottent les mains :
y a du boulot et des contrats en perspective !
Dans tout ce méli-mélo, une catégorie est singulièrement
absente de la scène publique européenne : les véritables
journalistes d’investigation, capables de mener des enquêtes
parallèles susceptibles de contrer le déferlement de désinformation
et de propagande. On croyait que le sommet de la propagande avait été
atteint après le 11 septembre. Mais non, le 7 juillet a vu un
véritabnle saut qualitatif dans la désinformation sur
le thème “islamistes-terroristes” avec sa litanie
sur les “madrasas pakistanaises”, les “chimistes égyptiens”
et autres invraisemblances qu’on veut nous faire avaler. Y a-t-il
encore un véritable journaliste dans la salle ?
Les Musulmans d’Europe ne peuvent plus faire le dos rond et attendre
que le cyclone passe. Ils sont sommés de prendre leurs responsabilités
de citoyens du pays où ils vivent et du monde, et de prendre
des initiatives intelligentes, exemplaires et fédératrices
de toutes les forces et personnes qui, tout en étant non-musulmanes,
sont résolues à défendre la liberté, la
justice et la démocratie. Elles sont plus nombreuses que les
pessimistes pourraient croire.
Laisser des Brésiliens manifester tout seuls lorsqu’un
Brésilien est assassiné est une honte et un grand danger.
Répétons-le : nous sommes désormais tous des électriciens
brésiliens en sursis !
Les services de renseignement étudient
la motivation inconsciente des terroristes
par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 24 juillet 2005
Les experts européens de la lutte antiterroriste s'intéressent
de plus en plus aux outils que pourrait leur offrir la psychologie pour
prévenir des attaques, obtenir des renseignements mais, également,
endiguer le phénomène de radicalisation. Des spécialistes
de diverses disciplines (psychologie comportementale, cognitive, clinique,
etc.) sont appelés à la rescousse pour tenter d'expliquer
un phénomène que l'approche classique, basée sur
le renseignement - obtenu essentiellement grâce à la technologie
- et une action de type policier, endigue de plus en plus difficilement.alie
renforce ses mesures antiterroristes
Les spécialistes européens ne sont pas les premiers à
songer à ces nouvelles pistes, d'ailleurs creusées par
certains pays, comme le Royaume-Uni et sans doute la France. Ces recherches
sont cependant incluses, partout en Europe, dans les matières
"ultra-classifiées". Il est, en revanche, connu que
les services russes ont eux aussi déjà recours à
des diverses techniques pour préparer leurs officiers à
l'action, interroger des témoins ou tenter d'influer sur les
terroristes. L'aide de psychologues leur a, par exemple, servi à
mettre au point le "bruit blanc", un signal sonore porteur
d'informations cachées et affectant le subconscient, afin de
réduire les facteurs d'agressivité d'un preneur d'otages,
par exemple.
La revue britannique de défense Jane's Terrorism and Security
Monitor vient de détailler l'ampleur du plan développé
et financé par le département américain de la sécurité
intérieure. Un Centre national pour l'étude du terrorisme
et la réponse au terrorisme (START) envisage un recours massif
aux sciences du comportement. Basé à l'université
du Maryland, il dispose d'un budget de 12 millions de dollars sur trois
ans. Le centre devrait coordonner trente-cinq projets d'étude
au plan mondial et impliquer des psychologues, mais aussi des criminologues,
des anthropologues, des sociologues et des experts de la science politique.
LE BASCULEMENT
Les thèmes des travaux concerneront aussi bien
l'étude de la formation des groupes terroristes que la dimension
sociétale de la menace qu'ils entretiennent. START devrait se
pencher également sur la motivation inconsciente des poseurs
de bombes, l'analyse des phénomènes de "basculement"
dans l'action violente, ou la mise au point de méthodes de prévention
du recrutement de nouveaux djihadistes
La propagande, l'étude du rôle des médias en tant
qu'amplificateurs des effets d'un attentat, les méthodes d'interrogatoire
des suspects ou de négociation avec des preneurs d'otages devraient
également faire partie des sujets analysés. Selon Jane's,
ces travaux, dont une partie flirtent clairement avec une stratégie
de type militaire, devraient relancer, aux Etats-Unis, des débats
sur le rôle et l'éthique des psychologues et des psychiatres.
Le rôle que certains d'entre eux auraient joué, au camp
de Guantanamo, a déjà suscité de vives discussions.
En Europe, les questions des experts se limitent au comportement des
terroristes. Des spécialistes jugent qu'on pourrait en exploiter
certaines vulnérabilités afin de détourner, à
temps, certains djihadistes potentiels de l'action violente et offrir
à d'autres, engagés dans le radicalisme violent mais désireux
de le quitter, l'échappatoire qu'ils recherchent parfois. On
pourrait leur promettre des peines allégées et faciliter
leur retour dans une vie normale.
Les études envisagées ne sont pas entièrement nouvelles.
Marc Sageman, psychiatre et sociologue américain, s'est livré,
sur la base de tous les documents dont il pouvait disposer, à
une étude détaillée du profil d'une soixantaine
de combattants de la guerre sainte. Il en a tiré un livre publié
récemment en français et intitulé Le Vrai Visage
des terroristes (Denoël). Ses conclusions vont à l'encontre
de nombreuses idées reçues. Elles affirment que, à
l'exclusion de trois ou quatre terroristes - dont Richard Reid, l'homme
aux chaussures piégées -, aucun ne souffre de troubles
du comportement. Il indique toutefois que juste avant son entrée
dans le djihad, le futur combattant se trouve, en général,
dans un état d'isolement social et spirituel, voire de détresse.
"Il n'a a priori pas grand-chose du candidat idéal à
la constitution d'un groupe extrêmement soudé, dont les
membres sont prêts au sacrifice ultime. C'est pourtant très
précisément ce qui se produit" , affirme l'auteur.
Londres va accélérer
l'indemnisation de la famille de Jean Charles : ils sont persuadés
que l’argent peut tout acheter
La Grande-Bretagne s'engage à donner suite "avec bienveillance
et rapidement" à une demande d'indemnisation de la famille
de Jean Charles de Menezes, l'électricien brésilien abattu
vendredi par la police londonienne qui l'avait pris pour un kamikaze.
La police a reconnu qu'il s'agissait d'une tragique erreur.
La commission d'enquête indépendante sur les plaintes concernant
la police a précisé lundi que le jeune Brésilien,
qui était âgé de 27 ans, avait été
atteint de huit balles.
Lors d'une conférence de presse donnée avec son homologue
brésilien Celso Amorim, le chef de la diplomatie britannique,
Jack Straw, a dit que la police avait promis de remettre très
rapidement le corps de Menezes à sa famille, qualifiée
de "modeste" par Amorim.
La police a expliqué que le jeune homme était sorti d'un
immeuble sous surveillance dans le cadre de l'enquête sur les
attentats manqués perpétrés la veille dans les
transports publics londoniens.
Il a ensuite pris l'autobus jusqu'à la station de métro
de Stockwell, où il n'a pas obtempéré lorsque les
policiers l'ont sommé de s'arrêter. Il a été
abattu au moment où il s'engouffrait dans une rame de métro.
La BBC a rapporté que son visa était parvenu à
expiration, ce qui expliquerait sa fuite, mais Straw et Amorim ont tous
deux déclaré que, d'après leurs informations, il
était en situation régulière en Grande-Bretagne,
ce qu'a confirmé sa famille.
Le ministère de l'Intérieur s'est refusé à
tout commentaire sur la situation de la victime vis-à-vis des
services d'immigration.
Amorim a dit avoir souligné, dans son entretien avec Straw, la
nécessité de mener la lutte contre le terrorisme dans
le respect des droits de l'homme.
"Bien sûr, si les choses se passent de la manière
dont cela s'est apparemment passé cette fois, cela peut faire
le jeu du terrorisme", a noté le chef de la diplomatie brésilienne.
Parents et amis veulent savoir pourquoi la police n'a pas tenté
d'intercepter Menezes dans l'autobus et de quelle manière exactement
elle lui a demandé de s'arrêter.
Une centaine de témoignages ont déjà été
recueillis, a indiqué la commission.
Source : Reuters, 25 juillet 2005
Lendemain des attentats de Londres
: Contre la création d'une psychose de peur! Abolissez la politique
du «tirer pour tuer»!
par le Parti communiste révolutionnaire de Grande- Bretagne (marxiste-léniniste),
23 juillet 2005
Vers 10h10 jeudi matin, une vingtaine de policiers armés ont
abattu un homme à la station de métro Stockwell. Un témoin
a dit à la BBC: «J'ai vu homme de type asiatique qui courait
vers la rame. Il était poursuivi par trois policiers en civil.
L'homme a trébuché et a été plaqué
au sol, et un des officiers a tiré cinq fois sur lui.»
Le PCRGB(M-L) condamne ce meurtre qui représente une intensification
du terrorisme et de la violence directs de l'État. En affirmant
que quatre jeunes musulmans sont responsables des attentats du 7 juillet
et qu'il s'agissait d'«attentats-suicides», le gouvernement
et les médias ont créé un climat leur permettant
d'agir avec impunité. Nous condamnons la politique de «tirer
pour tuer». Les agences de l'État et les médias
doivent se calmer.
Le gouvernement et l'État sont responsables pour la sécurité,
et celle-ci exige un climat de tranquillité. Mais c'est tout
le contraire qu'on voit depuis les attentats du 7 juillet, dont l'origine
n'a pas encore été révélée. Le 14
juillet, pendant que des milliers de manifestants au Trafalgar Square
dénonçaient l'usage de la terreur par qui que ce soit,
le gouvernement annonçait que les policiers, réagissant
à une situation d'alerte, ont reçu l'ordre de «tirer
pour tuer» et de «viser la tête». Une semaine
plus tard, le public londonien a été directement témoin
du résultat de cette politique.
En créant une psychose de la peur, on crée un climat dans
lequel il devient difficile de penser. On crée le sentiment d'impuissance
face aux événements et de résignation face aux
attaques contre les droits des citoyens et la violence de l'État.
Plutôt que de s'organiser pour s'attaquer aux problèmes,
on crée la méfiance et l'hostilité envers des communautés
entières. Une fois que le gouvernement et les médias sont
parvenus à diviser les gens sur une base raciale, ils peuvent
blâmer le peuple pour tous les malheurs qui s'ensuivent.
On ne peut se permettre la confusion sur la responsabilité des
problèmes auxquels le peuple, la société et le
monde sont confrontés aujourd'hui. Le peuple doit être
organisé pour être en mesure de déterminer lui-même
comment défendre ses intérêts. Sinon c'est la voie
du désastre, celle choisie par le gouvernement.
Le PCRGB(M-L) appelle ses membres, sympathisants et amis à discuter
parmi la population des mesures à prendre pour contrer cette
psychose de peur. En identifiant nos intérêts, nous pourrons
nous défaire de l'habitude de discuter des spéculations
des médias, des agences de l'État et de leurs apologistes
qui criminalisent le peuple, blâment les jeunes et les musulmans
pour tout. Nous pouvons combattre la pression du gouvernement qui demande
que les musulmans adoptent «les valeurs civilisées britanniques»
comme la «tolérance» et la primauté du droit,
valeurs qui sont totalement exposées par la politique de tirer
pour tuer.
Le PCRGB(M-L) appelle la classe ouvrière et le peuple à
exiger que le gouvernement cesse d'utiliser la force pour régler
les problèmes sociaux, politiques, économiques et culturels.
Le gouvernement doit assumer sa responsabilité dans la création
d'un climat de tranquillité et respecter l'État de droit.
Exigeons le retrait de la politique de «tirer pour tuer»
et de toutes les autres pratiques du terrorisme d'État et de
violence!
Opposons-nous à la création de la psychose de peur!
Organisons-nous contre la terreur d'État au pays et à
l'étranger!
Abolissez la politique de «tirer pour tuer»!
Veillées à Londres
pour la paix, contre la guerre
Le 9 juillet, 1 500 personnes se sont rassemblées à Londres
près de Travistock Square où a eu lieu un des attentats
deux jours plus tôt. L'appel à tenir des Veillées
a été lancé par la coalition Stop the War, la Campagne
pour le désarmement nucléaire et l'Association musulmane
de Grande-Bretagne.
Les députés George Galloway et Jeremy Corbyn, des artistes
et des gens de tous les milieux sont venus exprimer leur humanité
ainsi que leur opposition à la «guerre contre la terreur»
qui est responsable des horribles attentats dont le monde a été
témoin la semaine dernière.
Galloway a dit qu'il était venu par respect pour les victimes.
«Ce sont des gens ordinaires, qui se rendaient au travail, qui
ont été tués, et cela ne se justifie pas.»
Le prof. Assami Tamimi de l'Association musulmane a déclaré:
«Ce n'était pas une attaque contre une croyance ou une
race. C'était contre tous les Londoniens.»
C'était le premier rassemblement en importance du mouvement contre
la guerre depuis les attentats.
La coalition Stop the War a déclaré dans un communiqué
suite aux attentats: «Nous nous devons à nous-même
de ne pas permettre aux fauteurs de guerre d'exploiter cette tragédie
pour accélérer leur cycle de violence. Contrairement à
Tony Blair et George Bush, présentement réunis à
Gleneagles, prenant une pause de leur «guerre contre la terreur»
qui consiste à bombarder des innocents, hommes, femmes et enfants,
dans des pays étrangers, le mouvement international pour la paix
ose faire une distinction entre le gouvernement d'un pays et le peuple.
Nous avons toujours dit que la guerre contre la terreur est immorale
et qu'elle va à l'encontre du but visé.»
Le député Galloway avait dit plus tôt: «Nous
pressons le gouvernement à mettre la population à l'abri,
comme l'a fait le gouvernement espagnol, en mettant fin à l'occupation
de l'Irak et en consacrant ses énergies à la recherche
d'une vraie solution aux conflits du Moyen-Orient.
«Alors seulement les innocents, ici et à l'étranger,
pourront-ils jouir de la vie loin des menaces de violence insensée.»
Il y a également eu un rassemblement au Russel Square à
la mémoire des victimes du 7 juillet. Les orateurs ont dit que
la «guerre contre la terreur» n'a apporté la sécurité
à personne et se sont engagés à continuer de la
combattre. Wasar Altikriti, du Muslim Youth Group, de Leeds, a dénoncé
les attaques contre la communauté musulmane et demandé
à tous les Britanniques de se montrer solidaires d'elle.
Une vigile a eu lieu au Trafalgar Square le 14 juillet. La coalition
Stop the War organise une vigile le 25 juillet au métro Stockwell
en mémoire de Jean Charles de Menezes, tué le 22 juillet
par la police qui pratique l'ordre de «tirer pour tuer».
Le terrorisme d'État
et la «logique perverse»
Le gouvernement a subi plusieurs revers cette semaine dans ses tentatives
de convaincre le monde que les attentats de Londres et autres attentats
n'ont rien à voir avec la politique étrangère de
la Grande-Bretagne. Et pourtant le premier ministre et le gouvernement
n'en continuent pas moins d'affirmer que ceux qui disent qu'il y a un
lien font preuve d'une «logique perverse».
Pour commencer, Chatham House a publié le rapport Security, Terrorism
and the UK. C'est le premier d'une série de documents de travail
issus d'un programme de recherche de cinq ans financé par le
Economic and Social Research Council visant à démontrer
que la Grande-Bretagne est une proie spéciale d'attentats de
ce genre. Selon le document, «c'est entre autres parce qu'elle
est un proche allié des États-Unis et qu'elle a déployé
des forces armées dans des campagnes militaires visant à
renverser le régime en Afghanistan puis en Irak».
Le secrétaire aux affaires étrangères, Jack Straw,
interviewé à la BBC, a dit être «étonné
d'entendre Chatham House affirmer que nous n'aurions pas dû soutenir
nos alliés de longue date aux États-Unis». Il a
continué en disant que «le temps des excuses est terminé»
et réaffirmé que les attentats terroristes ont eu lieu
autant dans des pays qui ont soutenu l'invasion de l'Irak que dans des
pays qui ne l'ont pas soutenue.
Le rapport de Chatham House a été suivi d'un sondage d'opinion
de la firme ICM dont les résultats, publiés dans le Guardian,
indiquent que: «Deux tiers des Britanniques croient à l'existence
d'un lien entre la décision de Tony Blair d'envahir l'Irak et
les attentats de Londres, malgré les affirmations à l'effet
du contraire du gouvernement.» Ensuite, mercredi, le maire travailliste
de Londres, Ken Livingston, interviewé à l'émission
Today de BBC Radio 4, a soutenu que plusieurs facteurs ont créé
les conditions de cette attaque, y compris «80 années d'intervention
occidentale dans des pays à prédominance arabe à
cause du besoin de pétrole de l'Occident». Il a continué
en disant que la Grande-Bretagne et les États-Unis ont «soutenu
des gouvernements détestables» et «renversé
des gouvernements qu'ils ne considèrent pas comme sympathiques».
Il a ajouté que «beaucoup de jeunes gens reconnaissent
la pratique de deux poids, deux mesures, ils voient ce qui se passe
à la baie de Guantanamo et ne croient pas que c'est une politique
étrangère juste». Il a dénoncé «les
gouvernements qui recourent au massacre pour avancer leur politique
étrangère».
La position du gouvernement se résume à affirmer que lui
et ses alliés peuvent recourir à tous les moyens pour
atteindre leurs fins, même si ces moyens sont violents et illégaux,
parce que leurs objectifs sont louables et fondés sur des valeurs
«civilisées» et «universelles». Ainsi,
alors qu'il dit condamner l'usage de la violence à des fins politiques,
le gouvernement britannique cherche à formuler une idéologie
qui justifie le terrorisme d'État. Pendant même qu'on annonce
que des soldats de l'armée britannique vont être traduits
en justice pour crimes de guerre en Irak et que les médias font
état d'une situation frôlant la guerre civile dans ce pays,
le gouvernement veut continuer de faire croire qu'il est une «force
pour le bien dans le monde», qu'il répand la démocratie
et qu'il est un facteur de paix et de sécurité.
Le gouvernement de Grande-Bretagne exploite les attentats du 7 juillet
et les événements de cette semaine à ses fins.
On ne sait pas encore toute la vérité sur ce qui s'est
produit mais déjà les explications du gouvernement (que
ce sont des actes influencés par une «idéologie
du mal» et qu'ils n'ont aucun rapport avec les crimes que commettent
la Grande-Bretagne, les États-Unis et d'autres) sont discréditées.
Il est clair que le gouvernement refuse d'assumer la responsabilité
de ses crimes passés et de ceux de ses prédécesseurs.
En fait, il continue à tous les jours de commettre des actes
criminels dans le monde et contribue ainsi à créer une
situation de plus en plus dangereuse, en Grande-Bretagne et dans le
monde entier.
Source : - Workers' Daily, journal internet du Parti communiste révolutionnaire
de Grande-Bretagne (marxiste- léniniste), 20 juillet 2005
Attentats de Londres: 58% des
musulmans britanniques font le lien avec la guerre en Irak
Une majorité des musulmans britanniques pense que la décision
du Premier ministre Tony Blair de participer à la guerre en Irak
est un des motifs des attentats qui ont fait 56 morts à Londres,
selon un sondage ICM.
D'après les résultats du sondage publié dans le
quotidien britannique The Guardian, 58% des musulmans britanniques sont
"tout à fait d'accord" avec l'idée selon laquelle
la décision de la Grande-Bretagne de se joindre à la coalition
menée par les Etats-Unis constitue une raison des attentats du
7 juillet.
La moitié des sondés pensent que les musulmans ne font
pas assez pour empêcher les extrémistes d'infiltrer leur
communauté, et un sondé sur cinq affirme que lui ou un
membre de sa famille a été victime de mauvais traitements
ou d'hostilité depuis les attentats.
ICM a interrogé par téléphone un échantillon
représentatif de 500 musulmans entre le 15 et le 19 juillet,
sans indiquer de marge d'erreur.
Source : AP, 26 juillet 2005
Tony Blair : « Le monde
a baissé la garde après le 11 septembre »
Tony Blair estime qu'une bonne partie de la communauté internationale
a baissé la garde après le choc initialement provoqué
par les attentats suicide du 11 septembre 2001, ajoutant qu'il ne fallait
pas céder "un pouce" aux terroristes.
Alors que la police continue à rechercher quatre suspects pour
les attentats à la bombe manqués de la semaine dernière,
Blair a demandé à la classe politique d'accepter un renforcement
des lois antiterroristes.
Mardi, la police a annoncé avoir découvert des substances
pouvant servir à la fabrication d'explosifs dans une maison liée
à l'un des suspects recherchés pour les attentats manqués
du 21 juillet dans les transports de Londres. Elle a également
saisi un véhicule.
Selon des responsables, deux des suspects recherchés par la police,
dont les portraits - des clichés pris par des caméras
de surveillance - ont été diffusés dans tout le
pays, vivent légalement en Grande-Bretagne depuis dix ans. Yasin
Hassan Omar est somalien et Muktar Saïd Ibrahim érythréen.
Les attentats manqués intervenaient deux semaines exactement
après un quadruple attentat suicide qui a fait 52 morts en plus
des kamikazes, également dans les transports londoniens.
"Nous ne devons pas céder d'un pouce face à ces gens
(...), nous ne devrions même pas les laisser utiliser le moindre
prétexte pour leurs actions", a déclaré Blair
lors de sa conférence de presse mensuelle.
"Pour moi, le 11 septembre a été un signal d'alarme.
Savez-vous ce que je pense ? Qu'une grande partie du monde s'est réveillée
tout à coup puis s'est retournée, et s'est rendormie."
Le Premier ministre britannique, allié numéro un du président
américain George Bush dans son intervention militaire en Irak,
a estimé que sa décision d'y participer ne justifiait
en aucun cas les actions des islamistes radicaux.
La police britannique, qui attend des Londoniens qu'ils fassent preuve
de vigilance pour l'aider dans sa chasse à l'homme - la plus
grande jamais lancée en Grande-Bretagne - craint que les poseurs
de bombe du 21 juillet ne soient entrés dans la clandestinité,
aidés peut-être par des sympathisants.
"UN DEGRE ASSEZ ELEVE DE PREPARATION"
Roy Ramm, ancien chef de Scotland Yard, estime que
"ces attentats dénotent un degré assez élevé
de préparation comportant notamment des voies de sortie et des
lieux sûrs".
"Quelque part dans la nature se trouvent quatre hommes qui ont
déjà prouvé qu'ils étaient déterminés
à faire exploser des bombes. La police veut les retrouver très
rapidement", a déclaré Ramm à Sky News.
La famille de Saïd-Ibrahim s'est déclarée stupéfaite
qu'il soit cité comme suspect et a dit tout ignorer du lieu où
il se trouvait. "Nous sommes une famille pacifique, qui vit dans
ce pays depuis 1990", fait-elle valoir dans un communiqué.
"Nous suggérons à toute personne disposant de renseignements
de prendre contact avec la police."
Des inspecteurs espèrent désigner nommément les
deux autres suspects mercredi, a indiqué un porte-parole de la
police, ajoutant que rien ne laissait prévoir une arrestation
imminente.
Les quatre hommes qui ont perpétré les attentats du 7
juillet étaient tous des musulmans britanniques, et trois d'entre
eux étaient d'origine pakistanaise.
L'enquête a été assombrie la semaine dernière
par le décès d'un électricien brésilien
abattu par erreur par la police dans une station de métro. Jean
Charles de Menezes, 27 ans, a été tué de plusieurs
balles dans la tête après avoir été pourchassé
dans le métro par des policiers en civil qui l'avaient sommé
de s'arrêter après l'avoir pris pour un kamikaze potentiel.
Intervenant lors d'une conférence juridique en Malaisie, l'épouse
du Premier ministre britannique, Cherie Blair, une avocate renommée,
a insisté sur la nécessité de mener la lutte contre
le terrorisme dans le respect des droits de l'homme.
"Il est bien trop facile pour nous de répondre à
ce type de terreur d'une manière qui sape nos valeurs et nos
convictions les plus fondamentales, et qui brade le droit qui est le
nôtre de nous considérer comme une nation civilisée",
a-t-elle dit.
Blair, désireux de réunir un large consensus politique
sur l'adoption d'un nouvel arsenal législatif antiterroriste,
a appelé mardi les dirigeants de l'opposition à réfléchir
à la question.
Mais le chef de file des conservateurs, Michael Howard, et son homologue
libéral-démocrate, Charles Kennedy, ont formulé
des réserves quant à la demande de la police de pouvoir
détenir des suspects jusqu'à trois mois sans inculpation.
Source : Reuters, 26 juillet 2005
Militant islamiste, ou révolutionnaire
?
par Dominic Casciani, BBC News, 25 juillet 2005. Original : http://news.bbc.co.uk/1/hi/magazine/4714101.stm.
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
[Extrémiste musulman, ou pionnier de la réforme
religieuse ? Le professeur Tariq Ramadan explique pourquoi ses détracteurs
se trompent, et pourquoi les attentats de Londres signifient plus que
jamais que les musulmans occidentaux doivent se couper de l’Orient.]
Un penseur émérite. Mais M. Ramadan a des ennemis…
Il est cet homme que le Sun adore haïr.
Cinq jours après les attentats de Londres, le Sun a fait sa une
avec un article invitant ses lecteurs à " RENCONTRER L’ACTIVISTE
MUSULMAN TARIQ RAMADAN ", tout en exhortant le gouvernement britannique
à interdire une conférence de l’universitaire helvétique,
le week-end dernier.
Une semaine après, le Sun avait changé de ton, et publiait
un deuxième article, le présentant comme un " héros
des jeunes musulmans ". Le professeur Ramadan est venu à
Londres, et il s’est effectivement exprimé devant un large
auditoire sur la " Voie Moyenne ", dans l’une des plus
grandes mosquées de Londres.
Alors, le véritable Tariq Ramadan pourrait-il avoir l’amabilité
de se lever ?
Les attaques contre lui : " Ils se trompent de cible ", dit
Tariq Ramadan
La charge du Sun contre le professeur Ramadan n’est
que la dernière à laquelle il ait dû faire face,
tout au long d’une carrière controversée. Il a été
largement écrit, un peu partout, qu’il avait été
interdit aux Etats-Unis, en tant qu’extrémiste qui aurait
approuvé les attentats suicides.
Il prédit qu’il sera bientôt autorisé à
enseigner aux Etats-Unis et à répondre aux vingt invitations
prestigieuses qu’il a reçues, pour des conférences
dans ce pays. Sur le deuxième sujet de l’heure, il insiste
sur le fait qu’il condamne catégoriquement le sacrifice
de vies innocentes.
Dans les deux cas, il affirme que ces allégations ont été
délibérément lancées par des extrémistes
américains de droite, qui " voudraient nourrir cette fameuse
théorie du " clash entre civilisations ", l’idée
que l’Orient musulman et l’Occident seraient incompatibles
entre eux. "
" Il est un impératif moral : il faut dire aux gens, il
faut leur expliquer, ce qui se passe en Palestine, et il faut presser
la communauté internationale d’élever la voix ",
dit-il. " C’est là tout ce que j’ai fait. Si
nous ne le faisons pas, alors notre silence nourrit cette violence ;
notre silence est aussi malfaisant que la violence. "
" En ces heures très difficiles, ici, en Grande-Bretagne,
je suis la mauvaise cible. Je pense que c’est ce dont le Sun s’est
lui-même rendu compte : la rédaction m’a appelé
au téléphone, et ils ont publié un deuxième
article pour dire ce que je pense réellement. "
Un penseur influent
" Ces jeunes musulmans sont nés de couples
mixtes : un de leurs parents est musulman, et l’autre britannique.
L’un comme l’autre sont à blâmer, l’un
comme l’autre doivent assumer leur part de ce qui relève
de notre responsabilité à tous. "
Tariq Ramadan
Sans l’ombre d’un doute, Tariq Ramadan
est l’une des voix les plus écoutées des jeunes
musulmans, dans l’ensemble de la société occidentale.
Sa réputation académique provient du fait qu’il
provoque la génération de leurs parents. Très au
fait des subtilités des médias, il s’attache à
interpeller la mentalité des jeunes musulmans, notamment grâce
à son site ouèbe, ultra-moderne, qui assure la diffusion
de sa pensée.
Il rejette l’assujettissement des femmes, qu’il qualifie
d’anti-musulman, il rejette les châtiments traditionnels,
tels la lapidation, et il défie le droit que semble s’être
arrogé l’Orient musulman de diriger la foi. Sans effort,
avec aisance, sa conversation glisse du Coran aux grands penseurs européens.
Bref : il se considère comme le conciliateur entre l’Islam
et la pensée rationnelle européen de l’ère
des Lumières.
Bien que des détracteurs musulmans l’accusent de trahir
la foi, certains universitaires occidentaux disent qu’il n’en
promeut pas moins un agenda " musulman d’abord, Européen
ensuite " - un agenda qui porte atteinte à l’intégration.
" C’est totalement faux ", s’insurge-t-il. "
Mon travail consiste à expliquer ce que c’est, d’être
un authentique musulman et en même temps un authentique Européen.
C’est d’ailleurs ce qui me vaut la popularité dont
je bénéficie. "
" Imaginez, par exemple, que vous êtes un poète végétarien,
et que vous êtes invité à un dîner. Qu’allez
vous dire ? Que vous êtes végétarien… Mais
si c’est à une soirée que vous êtes invité,
alors là, vous direz que vous êtes poète…
" Nous avons tous une identité multiforme, qui est aussi
une identité évolutive – c’est l’équation
à laquelle les Européens musulmans doivent trouver une
solution. Comment peuvent-ils rester fidèles à leur éthique,
à leurs valeurs ? Je pense qu’ils doivent commencer par
se débarrasser de certaines confusions sur ce que sont les valeurs
musulmanes. "
Le professeur Ramadan indique que beaucoup de musulmans occidentaux
reconnaissent que, à l’instar des membres non-musulmans
des sociétés auxquelles ils appartiennent, ils peuvent
être sélectifs dans ce à quoi ils souscrivent.
" Il y a beaucoup d’éléments, dans la culture
britannique, qui ne s’opposent pas aux valeurs musulmanes. Tout
d’abord, vous n’êtes pas obligé de boire de
l’alcool, et beaucoup de Britanniques ne boivent que du thé
! ", explique-t-il.
Aussi, plutôt que d’avoir une sorte de panique théologique
à l’idée d’aller au bar avec des collègues,
le jeune Européen musulman confiant en lui-même peut simplement
reconnaître que boire de l’alcool peut faire partie de l’existence,
pour d’autres personnes, tout en n’acceptant pas que cela
puisse aller jusqu’à les exposer à un danger moral.
" Révolution silencieuse "
Ce que le professeur Ramadan affirme viser, c’est
avant tout cette " révolution silencieuse " dans la
pensée islamique. Mais cela peut-il nous aider à trouver
pour quelle raison des jeunes hommes du Yorkshire se font sauter avec
leur bombe ?
Les sévices corporels : Ramadan fait campagne
contre.
Les communautés musulmanes doivent prendre des mesures immédiate,
dit-il, y compris en laissant tomber les interprétations littéralistes
du Coran, qui n’ont rien à voir avec la vie moderne.
En tête de liste de ses bêtes noires, les librairies islamiques
qui refusent de vendre des ouvrages relatifs à l’Occident,
et qui aident à perpétuer un sentiment de " culpabilité
" chez les jeunes musulmans, résultant de leur impression
d’être incapables de s’élever jusqu’à
atteindre un idéal islamique (inatteignable par définition).
Mais, avant tout, les jeunes musulmans doivent s’extirper d’un
" ghetto social et intellectuel " aux regards tournés
vers l’Orient, et vivre un Islam autonome.
Ce n’est que lorsque l’argent venu du Moyen-Orient cessera
de financer des mosquées, et que des imams nés en Europe
prendront en main la guidance des communautés que les [Européens]
musulmans pourront se réconcilier avec leur identité européenne.
Pour cela, l’aide des gouvernements est absolument cruciale, affirme-t-il.
" Mais nous devons demander aussi à nos concitoyens [non-musulmans]
de supprimer ces ghettos en reconnaissant que la société
européenne a changé. Nous devons nous débarrasser
de l’idée fausse qu’il existerait une culture européenne
homogène, que l’Islam menacerait. Prenez l’exemple
du débat sur l’intégration de la Turquie à
l’Union européenne…
" Les gens ont peur que cela ne fasse entrer " tout un tas
de musulmans " dans l’Europe. Mais regardez : les musulmans
sont déjà là, dans les villes [européennes],
et ils s’efforcent d’être une partie de la solution
! "
Alors, jusqu’à quel point M. Ramadan applique-t-il cette
philosophie dans sa propre existence personnelle ? Comment réagirait-il
si l’un de ses quatre enfants lui annonçait qu’il
va épouser un(e) non-musulman(e) ?
" Naturellement, je préférerais qu’il s’agisse
de quelqu’un qui partage les principes qui s’attachent au
fait d’être musulman. Mais c’est à eux qu’appartient
le choix… ", répond-il.
" Voyez-vous, quand cela se produira, j’aurai fait ce que
j’avais à faire en tant que père. Je leur aurai
transmis mes principes. C’est ce que je leur dis : sachez qui
vous êtes, et connaissez les valeurs qui sont les vôtres.
"
" Quand vous savez cela, vous êtes libres. "
Malaise en Europe de la 2ème
génération de l'immigration musulmane
par AFP, 26 juillet 2005
L'apparition de kamikazes nés et élevés en Grande-Bretagne
illustre le malaise de certains jeunes de la deuxième génération
de l'immigration en Europe occidentale, mêlant difficultés
d'intégration et crise d'identité, selon les experts.
Leur malaise est aggravé par le contexte international, la guerre
en Irak, l'impasse au Proche-Orient, qu'ils peuvent suivre à
loisir sur les télévisions et les sites internet, selon
ces experts.
Les auteurs des attentats du 7 juillet à Londres étaient
nés en Grande-Bretagne, dans des familles immigrées, dans
des communautés particulièrement mal loties : trois d'entre
eux étaient d'origine pakistanaise, le dernier d'origine jamaïcaine.
"Les musulmans, pakistanais et bengladeshis, sont au bas de l'échelle
d'après tous les indicateurs : réussite scolaire, conditions
de logement, emploi, santé", explique Daniele Joly, du Centre
de recherches sur les relations ethniques de l'université de
Warwick.
Un quart des jeunes d'origine pakistanaise sont sans emploi alors que
le taux de chômage national est de 2,8%. 45% des musulmans britanniques
en âge de travailler ont un emploi contre 75% pour l'ensemble
de la population et 60% pour les minorités ethniques dans leur
ensemble, selon les chiffres gouvernementaux.
Les Britanniques originaires des Caraïbes connaissent aussi des
difficultés d'intégration, alors que les Indiens, autre
groupe important d'immigrés originaires des anciennes colonies
britanniques, réussissent au contraire très bien. "En
plus de se sentir aux marges de la société, les jeunes
ont un conflit de génération avec leurs parents. Ils ne
savent pas très bien s'ils sont britanniques ou pakistanais et
ont perdu leur identité", explique Tahir Abbas, professeur
de sciences sociales à l'université de Birmingham.
"Même s'il y a en Grande-Bretagne une politique forte de
lutte contre les discriminations, ils ressentent le racisme et l'islamophobie",
ajoute-t-il. "A cela s'ajoute le contexte international de la guerre
contre le terrorisme, de la période qui a suivi les attaques
du 11 septembre, avec les guerres en Afghanistan et en Irak", explique
M. Abbas.
"Partout en Europe, on retrouve ce phénomène de la
seconde génération des immigrants, chez les Pakistanais
en Grande-Bretagne, les Maghrébins en France, les Turcs en Allemagne",
ajoute-t-il. "Partout, c'est le même scénario avec
des jeunes enfermés dans des ghettos où règnent
la pauvreté, des conditions de vie médiocres, des perspectives
d'avenir limitées. A cela s'ajoute le contexte mondial qui affecte
l'identité de ces jeunes", indique-t-il. Tout ces facteurs
créent chez certains jeunes un sentiment de colère.
"Les jeunes sont plus idéalistes et s'emportent pour des
questions de justice, de violence, c'est un caractère de la jeunesse.
L'intervention des Etats-Unis, partout dans le monde, pour imposer un
modèle libéral, la situation au Proche-Orient et en Irak,
qu'ils peuvent suivre sur les télévisions ou sur internet,
révoltent particulièrement les jeunes musulmans",
estime Daniele Joly. Selon un récent sondage, un quart des Britanniques
de confession musulmane comprennent les motivations des auteurs des
attentats du 7 juillet qui ont fait 56 morts et 700 blessés à
Londres. 6% ont même estimé que ces attentats étaient
justifiés.
Même si plusieurs facteurs contribuent à un malaise des
jeunes musulmans britanniques, ils ne suffisent pas à expliquer
le passage à l'acte. "Ce sont avant tout des individus fragiles
qui basculent, connectés à des groupes qui les endoctrinent.
Ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble de leur communauté",
relève Christophe Bertossi, chercheur à l'Institut français
des Relations internationales (IFRI).
Grande Bretagne 2005 - Contes
et légendes de Londonistan I
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