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Contes et légendes du Londonistan

Certains membres du personnel du métro londonien ne manquent ni d’humour ni de courage. Cet avis a été placardé à la station de métro de Notting Hill Gate à Londres,le 26 juillet 2005.


Traduction du texte :
« 26.07.2005 - Avis valable pour toute la journée
Avis à tous les passagers
Vous êtes prié de ne pas courir sur les quais, ni dans les couloirs.
En particulier si vous transportez un sac à dos, si vous avez un grand manteau ou si vous avez l'air légèrement étranger.
Ceci, pour votre propre sécurité.
Merci pour votre attention »

 

Pourquoi faire sauter un bus vide ?

Voici l'une des photos présentées par la police londonienne pour nous prouver que des terroristes avaient essayé de faire exploser un bus le 21 juillet. Mais pourquoi le terroriste a--t-il choisi un bus sans voyageur ? That is the question. Qui plus est, seule une bombinette sans matière explosive, juste un détonateur enrobé de patte à modeler jaune a été déposé dans ce bus.
Ajoutez à ce mystère les photos visiblement trafiquées, qui devaient représenter des présumés terroristes entrant dans le métro et qui n'ont montré que la maladresse du faussaire (consulter les photos) et vous avez les éléments d'une vraie manipulation, pas la vérité.
Surtout ne croyez pas que l'arrestation des poseurs de bombinettes apportera un quelconque éclaircissement à ce mystère. S'ils ont tout fait pour que la police les retrouve, et s’ils se sont laissés arrêter aussi facilement, c'est qu'ils n'ont rien à dire et qu'ils n’ont fait que ce que l'on attendait d'eux. Après tout, que risquent-ils ? Ils n'ont rien fait de bien méchant. Juste un peu de fumée.

Gilad Atzmon avait déjà relevé des anomalies dans la présentation des attentats du 7 juillet :
(..) les kamikazes soupçonnés ont placé des tickets de stationnement valides sur le pare-brise de leur voiture. Puis ils ont acheté des tickets de train de banlieue Luton ­ Londres et retour. Une fois dans la station de métro, ils ont acheté à nouveau des tickets allez-retour. Inutile d'avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que des kamikazes ne se préoccupent pas d'économiser sur leur « trajet de retour » La police avance l'argument qu'ils auraient transporté leurs explosifs dans des sacs à dos. C'est vraiment très inhabituel. En Palestine et en Irak, les kamikazes s'attachent leurs explosifs à même le corps. Quoi qu'il en soit, la police parle des kamikazes en disant qu'ils ne transportaient pas plus de cinq kilogrammes d'explosifs chacun. Là encore, cela ne tient pas vraiment debout. Des gens qui veulent tuer n'économisent pas les explosifs. Ils en emportent, tout simplement, autant qu'ils peuvent en porter. La seule explication que je puisse entrevoir, c'est que les jeunes gens ne se doutaient pas de ce qui allait arriver. Ils ne savaient pas ce qu'ils transportaient, dans leurs sacs. Ils ne savaient pas ce qu'ils allaient faire.
Les quatre jeunes gens n'étaient pas des kamikazes. Il s'agissait soit de leurres, soit, plus vraisemblablement, de victimes d'une troisième composante assassine, au programme d'action manifestement pervers. Il semblent qu'ils aient été envoyés commettre aveuglément un acte, sans avoir réellement conscience de ce dans quoi on les avait engagés. Sans le moindre doute, aucun d'entre eux ne fut le coordinateur de l'attaque.(..)

Lire l'article de Gilad Atzmon

Les assassins démasqués

L'enquête progresse à grands pas : le service de renseignement du site quibla.net était fort déçus du déroulement de l’enquête sur les attentats de Londres du 7 juillet. Surtout qu’une diversion a été opérée le 21 juillet. Une série de pseudo-attentats et d’arrestations spectaculaires des présumés terroristes devaient nous faire oublier les vrais attentats. Ceux qui ont tué des dizaines d’innocents le 7.

Nous étions déçu et nous avons décidé de pister les terroristes nous même. Ce n’est pas sans fierté que nous vous présentons le résultat de nos recherches. Nous avons retrouvé les photos des caméras de surveillances du métro de Londres (avant retouche) et nous avons remonté la piste des assassins.

Les 2 suspects en arrière plan sont parfaitement connus des services de Police. Ils se nomment Tony et Georges (avec sa casquette de baseball). Mais leur implication dans d’autres affaires internationales, ont forcé certains à cacher leur présence sur les lieux du crime.
Les responsables sont démasqués. Seront-ils jugés ?

Les vidéos de Londres ont été trafiquées

Flagrant délit : après le passeport de Mohamed Atta retrouvé miraculeusement intacte au pied du WTC, les débris de l'avion tombé sur le Pentagone volatilisés, une nouvelle étape a été franchie par les services de communication de l’Empire. Les photos diffusées par les médias, tirées des bandes vidéos des caméras de surveillance du métro de Londres, ont été visiblement bidouillées.
L’homme à la casquette blanche en arrière plan a la partie haute de son corps devant la barrière métallique et les jambes derrières. Autrement dit le personnage a été ajouté et le bidouilleur a oublié d’effacer une des trois barres horizontales. Du travaille d’amateur ou du travail de pro effectué dans la panique.

Toutes les photos : http://news.stcom.net/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=1304
Les explications : http://news.stcom.net/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=1257

La Hache et la Cagoule

par Gilbert Léonard, 31 juillet 2005
A Huyton, Liverpool, ce vendredi 29 juillet 2005, à 23h00, Anthony a été attaqué à la hache.
Antony avait 18 ans. C'était un jeune Noir étudiant en droit, joueur de basketball et fréquentateur assidu de l'église.
Il attendait le bus avec sa copine Blanche et son cousin.
Sky News TV précise:
- Un individu portant une cagoule sort d'un bar et lance des injures racistes à l'encontre d'Anthony.L'individu a environ une vigntaine d'années.
- Anthony et ses amis ne répondent pas et préférent se diriger vers un autre arrêt de bus.
- Ils sont rattrapés par quatre individus
Le responsable de la police raconte qu'à son arrivée, la hache était enfoncée dans la tête d'Anthony.
Mais aucune précision n'est donnée sur la nature de la cagoule que portait le jeune agresseur qui sortait du bar.
Les meurtriers étaient plusieurs; ce n'est donc pas l'acte d'un fou isolé.


CAGOULE + RACISME ANTI-NOIR: on ne peut s'empêcher de penser au Ku Kux Klan ?
Cela pourrait donner des indications sur les activités type KKK en Angleterre, et particulièrement à Liverpool où les hooligans sont très actifs et où les arrestations d'individus non Blancs sont importantes.
Dans le contexte actuel des vagues d'arrestations dans les milieux activistes noirs, cette cagoule n'est peut-être pas un détail anodin.
Vous ne voyez pas le rapport ?
Il convient de se rappeler qu'aux USA, dans les plus dures années de la Ségrégation Raciale, les services secrets US ont loué les services du KKK pour commettre des attentats et ensuite en faire endosser la responsablilité aux activistes noirs ou autres militants anti-racistes.
Des policiers étaient attaqués et on fabriquait les preuves pour accuser les Noirs..
Le FBI avait justifié ainsi une vague d'arrestations et d'emprisonnements tous azimuts..
Cétait le fameux programme COINTELPRO du FBI (COunter INTELligence PROgram) des années 60 et 70.

Cette cagoule pourrait mettre à nu une instrumentalisation raciste des jeunes dans la lutte dite contre le terrorisme.

L'analyse systématique des récents évènements en Grande Bretagne ne permet pas d'écarter l'hypothèse de ce type d'opérations.
En effet, il est troublant qu'au tout début de l'enquête sur les attentats du 7 juillet 2005, les experts affirmaient que les traces d'explosifs révélaient leur très haute qualité militaire.
Jusqu'à très récemment, toute trace d'explosifs de très haute qualité militaire en Grande Bretagne, faisait penser "tout naturellement" à l'IRA (Armée Républicaine Irlandaise).
Après les attentats de Londres on annonce parallèlement que l'IRA met fin officiellement à toutes ses activités militaires,
Le meurtre très controversé de Robert McCartney ayant déclenché une campagne médiatique par sa famille.
L'IRA et le Sinn Fein ont été discrédités, officiellement, aux yeux de Bush et de nombreux Irlando-américains.
Il fallait que l'IRA dépose officiellement les armes, toutes les armes; Mais selon quelle procédure ?
- La découverte de caches d'explosifs un peu partout sur le territoire britannique et une vague d'arrestations tous azimuts en GB et dans toute l'Europe.
De jeunes gens se retrouvent experts en manipulation d'explosifs. On retrouve un peu facilement ces experts. Même on essaie de les éliminer ou les isoler rapidement.
Sont-ce des témoins gênants ?
Sont-ce de pauvres victimes piégées dans une opération de vraie fausse simulation des services secrets ?
( voir http://www.prisonplanet.com/video/, cliquer sur london_terror_games.wmv
http://www.prisonplanet.com/video/london_terror_games.wmv <http://www.prisonplanet.com/video/london_terror_games.wmv> )
Cela pourrait expliquer pourquoi on a des photos, des vidéos des individus:
- que penser de la photo d'un suspect, SEUL, DANS UN(le?) BUS VIDE, avant l'explosion ?
- que penser des raids de la police filmés et diffusés par les chaines TV ?
Dans le meutre d'Anthony, une caméra de surveillance était placée non loin de la sortie du bar.
Nous verrons bien si les yeux et la mémoire des caméras de surveillance sont à fonctionnement variable et sélectif.
On vient d'apprendre un suspect est interrogé par la police; il a 18 ans.
Verra-t-on sa photo ?
Saura-t-on plus sur ces relations ?
Sources:
Sky News TV en direct
Sky News Internet: http://www.sky.com/skynews/article/0,,30100-13397514,00.html
BBC News http://newsvote.bbc.co.uk/mpapps/pagetools/print/news.bbc.co.uk/1/hi/england/merseyside/4730559.stm

 

Attentats: sept arrestations supplémentaires à Londres, vers l'extradition de Zambie du "cerveau" indien présumé du 7 juillet


La police britannique a arrêté dimanche sept personnes supplémentaires dans le cadre de l'enquête sur les attentats manqués du 21 juillet à Londres, en attendant les extraditions d'un quatrième suspect arrêté à Rome et d'un homme présenté par la presse comme le "cerveau" des attentats du 7 juillet, actuellement détenu en Zambie.
Six hommes et une femme ont été interpellés dimanche à Brighton (sud), dans le cadre de la loi antiterroriste, a annoncé la police britannique, sans plus de précisions.
Un homme a également été arrêté à la gare de Stockport (nord) dans le cadre de la loi antiterroriste, mais cette interpellation "n'est pas liée pour le moment avec les attentats du 21 juillet", a précisé un porte-parole de la police de Manchester.
Au total, la police britannique interroge toujours 18 personnes dont trois auteurs présumés des attentats du 21 juillet: Mokhtar Saïd Ibrahim, alias Mokhtar Mohammed Saïd, et Ramzi Mohammed, arrêtés vendredi dans l'ouest de Londres, ainsi que Yacine Hassan Omar, interpellé mercredi à Birmingham (centre).
L'enquête s'oriente désormais vers le réseau de soutien et d'aide aux auteurs des attentats manqués du 21 juillet. "Il est tout à fait probable qu'il y ait d'autres personnes impliquées dans l'hébergement, le financement et la fabrication d'engins" explosifs, a expliqué une porte-parole de Scotland Yard.
Même si la police a refusé d'évoquer l'existence d'une troisième cellule après celles qui ont organisé les vagues d'attentats du 7 et 21 juillet, thèse avancée par la presse britannique, Scotland Yard maintient ses mises en garde.
"Nous ne pouvons exclure la possibilité que nous soyons la cible d'un autre acte de terrorisme, mais pour l'instant, nous n'avons rien de spécifique indiquant que c'est le cas", a dit la porte-parole de Scotland Yard.
Tous les auteurs des attentats manqués du 21 juillet, qui n'ont pas fait de victimes, sont désormais sous les verrous: le quatrième homme recherché avait été arrêté vendredi à Rome: Hamdi Issac, alias Osman Hussain, est l'homme soupçonné d'avoir voulu faire exploser une bombe à la station de métro de Shepherd's Bush, dans l'ouest de Londres.
La justice italienne a confirmé dimanche son maintien en prison dans l'attente d'une décision sur son éventuelle extradition vers la Grande-Bretagne, réclamée par Londres mais à laquelle l'intéressé est opposé.
Par ailleurs, son frère, Fati Issac, a été interpellé dimanche par la police antiterroriste italienne (DIGOS) à Brescia, dans le nord de l'Italie. Il est soupçonné d'avoir caché ou détruit des documents considérés comme importants par la justice.
Un autre frère d'Hamdi Issac, Remzi Issac, avait été interpellé pour l'avoir accueilli et pour détention de documents contrefaits dans son magasin à Rome
De son côté, la Zambie a annoncé l'extradition prochaine d'un important suspect vers la Grande-Bretagne: Haroon Aswat, un Britannique d'origine indienne au passé djihadiste, serait selon les médias britanniques et américains le "cerveau" des attentats du 7 juillet.
Enfin, à Londres, le gouvernement était sous pression alors que l'opposition critiquait les dispositifs de contrôles aux frontières mis en place après les attentats du 7 juillet.
"Je sais que le Home Office (ministère de l'Intérieur) va examiner cette question", a déclaré dimanche à la BBC Geoff Hoon, ministre chargé des relations avec le parlement.
Hamdi Issac, alias Osman Hussain, arrêté à Rome, a quitté le Royaume-Uni pour l'Italie le 26 juillet en prenant l'Eurostar, le service de trains reliant Londres à Paris ou Bruxelles, qui part de la gare londonienne de Waterloo.
Le ministère de l'Intérieur a simplement indiqué que des contrôles de passeports à la gare de Waterloo avaient été mis en place après les attentats du 7 juillet, avant d'être suspendus à partir du 17 juillet puis réintroduits après les attentats du 21 juillet.
Source : AFP, 31 juillet 2005

Musharraf chasse les talebs étrangers du Pakistan


Des centaines d'étudiants étrangers des écoles coraniques (madrassas) au Pakistan se préparaient dimanche à rentrer chez eux, à regret, après l'ordre d'expulsion les concernant donné par le président Pervez Musharraf à la suite des attentats meurtriers de Londres.
Sous la pression des Occidentaux qui lui demandent de combattre plus résolument l'extrémisme islamique, M. Musharraf a ordonné aux quelque 1.400 étrangers où détenteurs d'une double nationalité, inscrits dans les écoles coraniques du Pakistan, de quitter le pays.
"Cette décision m'a consterné, mais je suppose que je n'ai pas le choix", a déclaré à l'AFP Mohammed Tahir, un Français d'origine pakistanaise âgé de 24 ans, qui suit des études à la madrassa Jamia Ashrafia, l'un des plus importants séminaires islamiques de Lahore (est).
"Je respecterai la loi, mais j'aurais voulu terminer ma formation ici", explique l'étudiant, père de trois enfants laissés à Paris, qui était venu étudier la théologie et la jurisprudence islamique à Lahore.
"Il me reste un an et demi d'études à faire, mais j'ai l'intention de les accomplir dans un séminaire en France", ajoute-t-il.
Le directeur de la madrassa, Abdul Rehman Ashrafi, a affirmé qu'il obtempérerait à l'ordre d'expulsion qui concerne entre 25 et 30 étudiants étrangers de son école où sont inscrits au total plus de 1.800 élèves.
Il estime que ces étrangers peuvent poursuivre leurs études chez eux. "Nous avons nos madrassas partout", explique-t-il à l'AFP. "Nous allons demander à nos étudiants étrangers de terminer leur formation dans un de nos séminaires dans leur propre pays en Europe, aux Etats-Unis et en Asie".
Suheiri bin Bahadur, venu il y a trois mois de Malaisie pour suivre une formation de cinq ans à la Jamia Ashrafia de Lahore, exprime lui aussi ses regrets face à cette interruption prématurée de ses études.
"Si l'administration de la madrassa me demande de partir, je vais devoir partir, mais j'aurais aimé achever ce pour quoi j'étais venu", dit-il. "J'avais choisi le Pakistan parce que la qualité de l'éducation religieuse y est très bonne. Je poursuivrai mes études après mon retour en Malaisie".
M. Musharraf a pris d'autres mesures en ordonnant une vague d'arrestations dans les milieux islamistes, où quelque 800 militants ont été interpellés à travers le pays.
Il a aussi décrété l'interdiction de "prêches de la haine" dans les mosquées. Une autre mesure porte sur l'obligation d'enregistrer cette année toutes les madrassas auprès des autorités et de changer si nécessaire leurs programmes.
Une des principales fédérations d'écoles coraniques, Wafaqul Madaris Pakistan, est prête à coopérer avec les autorités, a déclaré le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères Muhammad Naeem Khan, cité par l'agence de presse officielle Associated Press of Pakistan.
Le pays compte plus de 12.000 madrassas, a-t-il précisé, affirmant que la "menace de l'extrémisme" serait éradiquée par la diffusion du savoir, l'éducation et des réformes de la société pakistanaise.
Bon nombre des écoles coraniques qui sont aujourd'hui considérées comme des viviers du militantisme islamiste anti-occidental ont été créées, souvent avec des fonds américains et saoudiens, dans la période 1979-1989 comme centres d'endoctrinement et de formation militaire pour les moudjahidine qui combattaient l'occupant soviétique dans l'Afghanistan voisin.
Après les attentats du 7 juillet à Londres, la Grande-Bretagne a demandé à Islamabad d'agir contre les écoles du fondamentalisme islamique, à la suite d'informations selon lesquelles plusieurs des kamikazes s'étaient auparavant rendus au Pakistan et que l'un d'eux aurait étudié dans une madrassa.
Source : AFP, 31 juillet 2005

 

 

Blair, l’homme à la caméra


par Gilad Atzmon, http://peacepalestine.blogspot.com, 27 juillet 2005. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Au cas où vous les auriez ratées, voici les convictions assénées par Tony Blair, hier :
« Tant que nous ne nous serons pas débarrassés de l’absurdité totale qu’il y a à tenter de mettre le signe d’égalité entre ce que nous faisons pour aider les Irakiens et les Afghans à édifier leur démocratie et ce que font ces gens qui tuent délibérément des innocents pour le plaisir de tuer, nous ne nous serons pas opposés à cette idéologie criminelle comme il convient de le faire » - Tony Blair.
Tony Blair est un penseur politique éminent. A suivre son analyse très explicite, les terroristes tueraient des gens « pour le plaisir ». Les militaires dont il a veillé à ce que la Grande-Bretagne les envoie en des terres lointaines, quant à eux, ne tueraient que parce que Blair et la Grande-Bretagne voudraient aider les Arabes et les Afghans à « édifier leur démocratie »…
Allez : arrête ton char, Tony ! On a vraiment l’air aussi cons que ça ?
Si l’on cherche à déterminer quelle est la visée réelle du discours politique de Blair, il ne nous reste que deux options : soit Blair est limité, du point de vue intellectuel ; soit il produit les messages les plus idiots et les plus simplistes qu’il est possible, en faisant la supposition que l’opinion publique britannique est assez idiote pour gober tout ce qu’il dit. Sans doute pense-t-il, en lui-même : « si cela marche, avec Bush, en Amérique, ça pourrait très bien marcher aussi, pour moi, en Angleterre… »
Blair parle sans cesse de l’idéologie maléfique qui préside aux actes terroristes, mais il est incapable de nous expliquer quelle est cette idéologie. De fait, il nous dit que ces êtres malfaisants « tuent délibérément des gens, pour le plaisir de tuer ». Mais alors, si tel est le cas, il ne s’agit pas d’idéologie, mais purement et simplement d’une soif de sang. Laissez-moi vous dire qu’en la matière, Blair n’invente rien. Traditionnellement, les Anglo-Américains présentent leur ennemi sous les traits de primitifs sauvages, barbares et assoiffés de sang. Ils l’ont fait à propos des Indiens américains autochtones, ils l’ont fait à propos des Allemands, dès la Première guerre mondiale, et aujourd’hui, ils le font, à propos des nationalistes arabes. C’est là une tactique tout ce qu’il y a de plus générale et commune, utilisée par les colonialistes et les polémologues suprématistes. Mais, au début du 21ème siècle, on pourrait s’attendre à ce qu’un « libéral démocrate » éminent abandonne cette vieille formule rhétorique. Regardons les choses en face ; Blair n’est ni démocrate, ni libéral. En fait, Blair est un valet empressé d’un capitalisme impitoyable et d’un colonialisme brutal.
Blair est déterminé à vaincre le terrorisme. Sa philosophie est simple : si le terrorisme est mal, tout ce qui nous reste à faire, c’est tuer les terroristes. Apparemment, ce sont les Israéliens qui ont inventé cette philosophie de jardin d’enfants. A l’époque, elle portait un intitulé choc : « Guerre Anti-Terroriste ». Dans le cas des Israéliens, il s’agissait d’une guerre locale contre un mouvement nationaliste de résistance. Par la grâce de Blair et de Bush, entièrement sionisés, ce conflit local est en train de s’étendre sous nos yeux, à toute vitesse, acquérant l’ampleur d’une crise globale, et peut-être même d’une guerre mondiale.
Mais alors, peut-être avons-nous notre mot à dire quant à la tactique utilisée ? Blair est là pour ça. Comment combattre réellement un ennemi sans visage, anonyme ? C’est très simple, il suffit de mettre un visage sur ce qui n’en a pas.
En matière de TVCF [télévision en circuit fermé], la Grande-Bretagne est championne d’Europe. Aucun autre pays, sur Continent, n’a autant de caméras de télésurveillance par tête de pipe. Si l’on doit en croire les données publiques, il semble que chaque Britannique, effectuant simplement son trajet pour se rendre à son travail, est capturé environ 300 (trois cents) fois par jour par les innombrables caméras installées partout. Il n’est donc pas surprenant que la Police métropolitaine de Londres ait publié aussi rapidement les clichés des « kamikazes » présumés. Trois jours après les attentats du 7/7, nous les avons vus, en train de pénétrer dans la gare de banlieue de Luton, portant d’énormes sacs à dos. Moins de vingt-quatre heures après la seconde attaque contre Londres, cette même police a rendu publiques les photos des quatre terroristes présumés.
Nul doute que la modernité et la technologie ne représentent un grand avantage. Mais nous ne devrions pas nous en tenir là : nous devons compter sur notre supériorité technologique et la mettre à la disposition de la société, en général. Nous devons installer encore beaucoup plus de caméras ; dans chaque appartement, dans chaque chambre à coucher, dans chaque salle de restaurant, dans chaque toilette publique. Nous pourrons dès lors, quelques minutes seulement après le prochain attentat, voir les terroristes présumés manger, chier, baiser, se curer le nez, voire même curer le nez de quelqu’un d’autre. Voilà qui serait grandiose, à la télé, et encore plus génial, dans la presse de caniveau. Telle doit être la prophétie de Blair, adressée au monde occidental : plus de caméras, plus de cartes d’identité, en bref : plus de contrôle !
Apparemment, nous aimons les photos. Vivant dans cette société technologique et scientifique que nous disons nôtre, nous sommes obsédés par « les preuves matérielles ». Nous aimons bien que la terreur soit pornographique. Nous sommes capables de rester scotchés, des journées entières, devant nos télés, à regarder des Boeings se fracasser sur les Tours jumelles. Nous aimons les images explicites, et nous en réclamons toujours plus. Nous voulons voir le corps, le visage et les yeux du Malin. Mais il nous manque encore certainement quelque chose : nous ne pouvons sonder les esprits et les cœurs. Ces soi-disant démons suicidaires demeurent un mystère. Nous avons de plus en plus d’indices, mais nous avons de moins en moins de compréhension. De fait, la rhétorique creuse de Blair montre à quel point certains, chez nous, n’entravent que couic. Vingt jours après les attentats londoniens du 7/7, nous n’avons toujours pas la moindre idée de ce qui s’est véritablement passé. Qui a fait le coup, et pourquoi cela a-t-il eu lieu ? Tout ce que nous obtenons de Blair, c’est sa rhétorique creuse, agrémentée de photos de visages au teint olivâtre.
Nous ferions mieux de le reconnaître, une bonne fois pour toutes : des photos ou de quelconques preuves matérielles ne nous mèneront nulle part. A l’évidence, ce n’est pas ça qui va empêcher le prochain attentat de se produire. La terreur à motivation religieuse est idéologique, terme totalement inconnu de Blair et de ses séides. Des millions de fragments d’une preuve micronisée ne nous rapprocheront jamais d’une compréhension idéologique du phénomène. L’idéologie et les preuves appartiennent à des catégories bien trop différentes et éloignées l’une de l’autre.
Pour citer Mark Jurgesmeyer : « Le « kamikaze » de quelqu’un est un « combattant de la liberté », aux yeux de son voisin. Pour ceux qui n’arrivent pas à le comprendre : la guerre suicidaire est la forme ultime du combat pour la liberté. Un martyr n’est jamais seul. Il est, toujours, soutenu par une communauté. »
Le psychanalyste français légendaire Jacques Lacan nous a appris que l’ « inconscience est le discours de l’Autre ». Il a sans doute raison. Un attentat suicide se définit au mieux comme un échange fatal entre un protagoniste et beaucoup de discours. Autrement dit : le kamikaze laisse derrière lui une image de sacrifice. Cette image est installée, à jamais, au sein du discours de la communauté solidaire avec lui, ainsi qu’au sein de la communauté à laquelle appartenaient les victimes. En un mot, un seul : le terrorisme suicidaire est une forme ce communication. A l’évidence, Blair échoue lamentablement à comprendre cette forme de communication. Mais, apparemment, la majorité du peuple britannique est plus que motivée à écouter, et, c’est à espérer, à comprendre.
D’après plusieurs sondages effectués récemment au Royaume-Uni, les Britanniques ont parfaitement conscience du fait que les récents attentats de Londres sont la conséquence de la politique désastreuse de Blair au Moyen-Orient. Apparemment, ils comprennent mieux que le Premier Ministre le sens du message envoyé par les terroristes.
Le martyre est la production d’une communauté qui a été humiliée et opprimée. Malheureusement, même si c’est dur à admettre, dans cette histoire, les oppresseurs, c’est nous ! En réalité, le martyre est un message adressé à chacun d’entre nous. Il est grand temps d’essayer de faire face à nos responsabilités. Si nous voulons affronter le terrorisme suicidaire, nous devons au préalable tenter de le comprendre. Nous devons étudier ce qui motive réellement de jeunes personnes à faire le sacrifice de leur vie. Si nous voulons relever le défi du terrorisme suicidaire, nous devons commencer par le reconnaître et le respecter. Aussi longtemps que nous demeurerons enfermés dans un discours scientifico-technologique, nous serons incapables d’aller jusqu’au fond de ce problème émergent.
Des millions de caméra de télésurveillance ne nous permettront pas de pénétrer dans l’esprit des gens. Trois millions de caméras ne nous aideront jamais à saisir à quel point l’humiliation doit être profonde pour amener des êtres humains à sacrifier la vie d’autrui, ainsi que la leur propre. Si nous voulons arrêter ceux qui sont déterminés à nous tuer, nous devons commencer par nous regarder dans la glace.
La rhétorique de Blair n’a qu’un seul but : nous empêcher tout simplement de le faire.


EUROPE, CHAMP DE BATAILLE?


par Gilles Munier, AFI-Flash n° 48, 23 juillet 2005
Les deux tiers des Britanniques pensent que les attentats de Londres sont la conséquence directe de la guerre d'Irak. Ils ont raison. Mais savent-ils que ce qui les attend risque d'être pire que ce que les Français ont vécu à l'époque de la guerre d'Algérie ?
Pourquoi pire? Parce qu'aujourd'hui les résistants irakiens sont seuls. La plupart des peuples arabes sont muselés par leurs gouvernements. L'URSS qui aidait l'anti-impérialisme à condition de ne pas dépasser certaines limites, n'existe plus. La solidarité internationale se révèle inopérante. A quoi servent la modération et le dialogue, se disent certains, quand la force brutale prévaut partout ?
Leurs exemples : en 1973, l'OLP a abandonné les opérations hors de Palestine sur les conseils de ses amis étrangers : pour quel résultat ? Il y a toujours plus de colons israéliens et de destructions.
Des millions de personnes ont manifesté contre l'agression américaine contre l'Irak. Pour rien. Dans les démocraties, le poids des opinions est maintenant sans effet sur les décisions gouvernementales. Aucun tribunal n'ose même se déclarer compétent pour juger les criminels de guerre américains.
Alors, certains résistants irakiens, baasistes ou non, se sont posé la question que se posent tous les résistants : quand un pays est agressé, est-il légitime de porter le feu sur le territoire ennemi ? Le débat semble tranché. Les victimes à Londres seront moins nombreuses, mais pas moins innocentes qu'en Irak, quand les bombardiers US déversent à l'aveuglette leurs cargaisons.
On a comparé la guerre d'Irak à celles du Vietnam, d'Algérie ou du Liban. Elle est toutes ces guerres à la fois, la mondialisation en plus. Avec les TV satellitaires, l'appel contre l'injustice est plus prégnant que dans les années 50. Les volontaires prêts à combattre l'Occident sur place n'ont pas besoin d'ordres venus d'ailleurs. Ils sont nombreux et disposent de moyens bien supérieurs à ceux des Algériens.
Aujourd'hui, les pires craintes énoncées avant l'agression de l'Irak sont réalité. Le terrorisme est par nature injustifiable mais, pour sortir du bourbier, il ne faut pas confondre une cause avec ses effets, ou accuser ceux qui cherchent une issue à la guerre d'approuver le terrorisme. Face à des chefs de gouvernement butés, on se demande avec horreur si les cris des victimes de Londres n'ont pas plus d'influence que les opérations lointaines de résistance. Le bruit des bombes pèsera-t-il autant que celles du FLN en « métropole » le jour où le général de Gaulle décida d'accorder l'indépendance à l'Algérie ?

Yacine Hassan Omar arrêté à Birmingham


L'un des quatre auteurs présumés des attentats du 21 juillet à Londres, le Somalien Yacine Hassan Omar, a été arrêté mercredi à Birmingham, deuxième plus grande ville du Royaume-Uni située à 190 km au nord-ouest de la capitale, a déclaré Peter Clarke, chef de la brigade antiterroriste de la police métropolitaine. Il a précisé que, pour maîtriser le suspect, les policiers ont fait usage d’un pistolet électrique (“Taser gun”).
Il a ajouté que la police recherchait toujours les trois autres hommes dont les photos ont été diffusées. L'interpellation de Yacine Hassan Omar, âgé de 24 ans, représente "un important progrès dans l'enquête", a estimé M. Clarke.
Scotland Yard a publié mercredi soir une nouvelle image extraite des enregistrements des caméras de télésurveillance pour tenter d'attraper le suspect de l'explosion de la station de métro de Shepherd's Bush.
Les attentats du 21 juillet n'ont fait aucune victime en raison de problèmes matériels, apparemment, alors que ceux du 7 juillet, exactement deux semaines auparavant, avaient tué 56 personnes, dont les quatre kamikazes. La police n'exclut pas qu'un cinquième auteur de l'opération de la semaine dernière n'ait pas été repéré.
« Ils sont capables de tuer à nouveau, nous devons les trouver », a déclaré le chef de la police métropolitaine, l’inénarrable Ian Blair.
Source : AP, 26 juillet 2005


Le syndrome du Londonistan fait tache d’huile


Éditorial du 27 juillet 2005
Ce que les attentats de Madrid de mars 2004 n’avaient pas provoqué, les attentats de Londres du 7 juillet - tout aussi obscurs et pour le moins tout aussi bizarres - l’ont provoqué : la panique gagne le reste de l’Europe. L’Italie adopte de toute urgence des nouvelles mesures antiterroristes, la France va en adopter d’ici fin août et met d’ores et déjà le plan Vigipirate au niveau suprême d’alerte, le niveau rouge. Tandis qu’à Washington, Moscou, Tel Aviv, Alger et Tunis, les pouvoirs politico-militaro-policiers peinent à cacher leur jubilation intime à voir l’Europe frappée [à croire qu’ils sont dans le coup], à Bruxelles on s’interroge sur les “motivations inconscientes des terroristes” (sic) et on mobilise les psychologues de toutes les écoles et tendances pour pallier les déficiences des services de renseignement. Quant aux terroristologues, islamologues, sociologues et sondeurs d’opinion, ils se frottent les mains : y a du boulot et des contrats en perspective !
Dans tout ce méli-mélo, une catégorie est singulièrement absente de la scène publique européenne : les véritables journalistes d’investigation, capables de mener des enquêtes parallèles susceptibles de contrer le déferlement de désinformation et de propagande. On croyait que le sommet de la propagande avait été atteint après le 11 septembre. Mais non, le 7 juillet a vu un véritabnle saut qualitatif dans la désinformation sur le thème “islamistes-terroristes” avec sa litanie sur les “madrasas pakistanaises”, les “chimistes égyptiens” et autres invraisemblances qu’on veut nous faire avaler. Y a-t-il encore un véritable journaliste dans la salle ?
Les Musulmans d’Europe ne peuvent plus faire le dos rond et attendre que le cyclone passe. Ils sont sommés de prendre leurs responsabilités de citoyens du pays où ils vivent et du monde, et de prendre des initiatives intelligentes, exemplaires et fédératrices de toutes les forces et personnes qui, tout en étant non-musulmanes, sont résolues à défendre la liberté, la justice et la démocratie. Elles sont plus nombreuses que les pessimistes pourraient croire.
Laisser des Brésiliens manifester tout seuls lorsqu’un Brésilien est assassiné est une honte et un grand danger. Répétons-le : nous sommes désormais tous des électriciens brésiliens en sursis !


Les services de renseignement étudient la motivation inconsciente des terroristes


par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 24 juillet 2005
Les experts européens de la lutte antiterroriste s'intéressent de plus en plus aux outils que pourrait leur offrir la psychologie pour prévenir des attaques, obtenir des renseignements mais, également, endiguer le phénomène de radicalisation. Des spécialistes de diverses disciplines (psychologie comportementale, cognitive, clinique, etc.) sont appelés à la rescousse pour tenter d'expliquer un phénomène que l'approche classique, basée sur le renseignement - obtenu essentiellement grâce à la technologie - et une action de type policier, endigue de plus en plus difficilement.alie renforce ses mesures antiterroristes
Les spécialistes européens ne sont pas les premiers à songer à ces nouvelles pistes, d'ailleurs creusées par certains pays, comme le Royaume-Uni et sans doute la France. Ces recherches sont cependant incluses, partout en Europe, dans les matières "ultra-classifiées". Il est, en revanche, connu que les services russes ont eux aussi déjà recours à des diverses techniques pour préparer leurs officiers à l'action, interroger des témoins ou tenter d'influer sur les terroristes. L'aide de psychologues leur a, par exemple, servi à mettre au point le "bruit blanc", un signal sonore porteur d'informations cachées et affectant le subconscient, afin de réduire les facteurs d'agressivité d'un preneur d'otages, par exemple.
La revue britannique de défense Jane's Terrorism and Security Monitor vient de détailler l'ampleur du plan développé et financé par le département américain de la sécurité intérieure. Un Centre national pour l'étude du terrorisme et la réponse au terrorisme (START) envisage un recours massif aux sciences du comportement. Basé à l'université du Maryland, il dispose d'un budget de 12 millions de dollars sur trois ans. Le centre devrait coordonner trente-cinq projets d'étude au plan mondial et impliquer des psychologues, mais aussi des criminologues, des anthropologues, des sociologues et des experts de la science politique.


LE BASCULEMENT

Les thèmes des travaux concerneront aussi bien l'étude de la formation des groupes terroristes que la dimension sociétale de la menace qu'ils entretiennent. START devrait se pencher également sur la motivation inconsciente des poseurs de bombes, l'analyse des phénomènes de "basculement" dans l'action violente, ou la mise au point de méthodes de prévention du recrutement de nouveaux djihadistes
La propagande, l'étude du rôle des médias en tant qu'amplificateurs des effets d'un attentat, les méthodes d'interrogatoire des suspects ou de négociation avec des preneurs d'otages devraient également faire partie des sujets analysés. Selon Jane's, ces travaux, dont une partie flirtent clairement avec une stratégie de type militaire, devraient relancer, aux Etats-Unis, des débats sur le rôle et l'éthique des psychologues et des psychiatres. Le rôle que certains d'entre eux auraient joué, au camp de Guantanamo, a déjà suscité de vives discussions.
En Europe, les questions des experts se limitent au comportement des terroristes. Des spécialistes jugent qu'on pourrait en exploiter certaines vulnérabilités afin de détourner, à temps, certains djihadistes potentiels de l'action violente et offrir à d'autres, engagés dans le radicalisme violent mais désireux de le quitter, l'échappatoire qu'ils recherchent parfois. On pourrait leur promettre des peines allégées et faciliter leur retour dans une vie normale.
Les études envisagées ne sont pas entièrement nouvelles. Marc Sageman, psychiatre et sociologue américain, s'est livré, sur la base de tous les documents dont il pouvait disposer, à une étude détaillée du profil d'une soixantaine de combattants de la guerre sainte. Il en a tiré un livre publié récemment en français et intitulé Le Vrai Visage des terroristes (Denoël). Ses conclusions vont à l'encontre de nombreuses idées reçues. Elles affirment que, à l'exclusion de trois ou quatre terroristes - dont Richard Reid, l'homme aux chaussures piégées -, aucun ne souffre de troubles du comportement. Il indique toutefois que juste avant son entrée dans le djihad, le futur combattant se trouve, en général, dans un état d'isolement social et spirituel, voire de détresse. "Il n'a a priori pas grand-chose du candidat idéal à la constitution d'un groupe extrêmement soudé, dont les membres sont prêts au sacrifice ultime. C'est pourtant très précisément ce qui se produit" , affirme l'auteur.

Londres va accélérer l'indemnisation de la famille de Jean Charles : ils sont persuadés que l’argent peut tout acheter


La Grande-Bretagne s'engage à donner suite "avec bienveillance et rapidement" à une demande d'indemnisation de la famille de Jean Charles de Menezes, l'électricien brésilien abattu vendredi par la police londonienne qui l'avait pris pour un kamikaze.
La police a reconnu qu'il s'agissait d'une tragique erreur.
La commission d'enquête indépendante sur les plaintes concernant la police a précisé lundi que le jeune Brésilien, qui était âgé de 27 ans, avait été atteint de huit balles.
Lors d'une conférence de presse donnée avec son homologue brésilien Celso Amorim, le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw, a dit que la police avait promis de remettre très rapidement le corps de Menezes à sa famille, qualifiée de "modeste" par Amorim.
La police a expliqué que le jeune homme était sorti d'un immeuble sous surveillance dans le cadre de l'enquête sur les attentats manqués perpétrés la veille dans les transports publics londoniens.
Il a ensuite pris l'autobus jusqu'à la station de métro de Stockwell, où il n'a pas obtempéré lorsque les policiers l'ont sommé de s'arrêter. Il a été abattu au moment où il s'engouffrait dans une rame de métro.
La BBC a rapporté que son visa était parvenu à expiration, ce qui expliquerait sa fuite, mais Straw et Amorim ont tous deux déclaré que, d'après leurs informations, il était en situation régulière en Grande-Bretagne, ce qu'a confirmé sa famille.
Le ministère de l'Intérieur s'est refusé à tout commentaire sur la situation de la victime vis-à-vis des services d'immigration.
Amorim a dit avoir souligné, dans son entretien avec Straw, la nécessité de mener la lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l'homme.
"Bien sûr, si les choses se passent de la manière dont cela s'est apparemment passé cette fois, cela peut faire le jeu du terrorisme", a noté le chef de la diplomatie brésilienne.
Parents et amis veulent savoir pourquoi la police n'a pas tenté d'intercepter Menezes dans l'autobus et de quelle manière exactement elle lui a demandé de s'arrêter.
Une centaine de témoignages ont déjà été recueillis, a indiqué la commission.
Source : Reuters, 25 juillet 2005

Lendemain des attentats de Londres : Contre la création d'une psychose de peur! Abolissez la politique du «tirer pour tuer»!


par le Parti communiste révolutionnaire de Grande- Bretagne (marxiste-léniniste), 23 juillet 2005
Vers 10h10 jeudi matin, une vingtaine de policiers armés ont abattu un homme à la station de métro Stockwell. Un témoin a dit à la BBC: «J'ai vu homme de type asiatique qui courait vers la rame. Il était poursuivi par trois policiers en civil. L'homme a trébuché et a été plaqué au sol, et un des officiers a tiré cinq fois sur lui.»
Le PCRGB(M-L) condamne ce meurtre qui représente une intensification du terrorisme et de la violence directs de l'État. En affirmant que quatre jeunes musulmans sont responsables des attentats du 7 juillet et qu'il s'agissait d'«attentats-suicides», le gouvernement et les médias ont créé un climat leur permettant d'agir avec impunité. Nous condamnons la politique de «tirer pour tuer». Les agences de l'État et les médias doivent se calmer.
Le gouvernement et l'État sont responsables pour la sécurité, et celle-ci exige un climat de tranquillité. Mais c'est tout le contraire qu'on voit depuis les attentats du 7 juillet, dont l'origine n'a pas encore été révélée. Le 14 juillet, pendant que des milliers de manifestants au Trafalgar Square dénonçaient l'usage de la terreur par qui que ce soit, le gouvernement annonçait que les policiers, réagissant à une situation d'alerte, ont reçu l'ordre de «tirer pour tuer» et de «viser la tête». Une semaine plus tard, le public londonien a été directement témoin du résultat de cette politique.
En créant une psychose de la peur, on crée un climat dans lequel il devient difficile de penser. On crée le sentiment d'impuissance face aux événements et de résignation face aux attaques contre les droits des citoyens et la violence de l'État. Plutôt que de s'organiser pour s'attaquer aux problèmes, on crée la méfiance et l'hostilité envers des communautés entières. Une fois que le gouvernement et les médias sont parvenus à diviser les gens sur une base raciale, ils peuvent blâmer le peuple pour tous les malheurs qui s'ensuivent.
On ne peut se permettre la confusion sur la responsabilité des problèmes auxquels le peuple, la société et le monde sont confrontés aujourd'hui. Le peuple doit être organisé pour être en mesure de déterminer lui-même comment défendre ses intérêts. Sinon c'est la voie du désastre, celle choisie par le gouvernement.
Le PCRGB(M-L) appelle ses membres, sympathisants et amis à discuter parmi la population des mesures à prendre pour contrer cette psychose de peur. En identifiant nos intérêts, nous pourrons nous défaire de l'habitude de discuter des spéculations des médias, des agences de l'État et de leurs apologistes qui criminalisent le peuple, blâment les jeunes et les musulmans pour tout. Nous pouvons combattre la pression du gouvernement qui demande que les musulmans adoptent «les valeurs civilisées britanniques» comme la «tolérance» et la primauté du droit, valeurs qui sont totalement exposées par la politique de tirer pour tuer.
Le PCRGB(M-L) appelle la classe ouvrière et le peuple à exiger que le gouvernement cesse d'utiliser la force pour régler les problèmes sociaux, politiques, économiques et culturels. Le gouvernement doit assumer sa responsabilité dans la création d'un climat de tranquillité et respecter l'État de droit. Exigeons le retrait de la politique de «tirer pour tuer» et de toutes les autres pratiques du terrorisme d'État et de violence!
Opposons-nous à la création de la psychose de peur!
Organisons-nous contre la terreur d'État au pays et à l'étranger!

Abolissez la politique de «tirer pour tuer»!

Veillées à Londres pour la paix, contre la guerre


Le 9 juillet, 1 500 personnes se sont rassemblées à Londres près de Travistock Square où a eu lieu un des attentats deux jours plus tôt. L'appel à tenir des Veillées a été lancé par la coalition Stop the War, la Campagne pour le désarmement nucléaire et l'Association musulmane de Grande-Bretagne.
Les députés George Galloway et Jeremy Corbyn, des artistes et des gens de tous les milieux sont venus exprimer leur humanité ainsi que leur opposition à la «guerre contre la terreur» qui est responsable des horribles attentats dont le monde a été témoin la semaine dernière.
Galloway a dit qu'il était venu par respect pour les victimes. «Ce sont des gens ordinaires, qui se rendaient au travail, qui ont été tués, et cela ne se justifie pas.»
Le prof. Assami Tamimi de l'Association musulmane a déclaré: «Ce n'était pas une attaque contre une croyance ou une race. C'était contre tous les Londoniens.»
C'était le premier rassemblement en importance du mouvement contre la guerre depuis les attentats.
La coalition Stop the War a déclaré dans un communiqué suite aux attentats: «Nous nous devons à nous-même de ne pas permettre aux fauteurs de guerre d'exploiter cette tragédie pour accélérer leur cycle de violence. Contrairement à Tony Blair et George Bush, présentement réunis à Gleneagles, prenant une pause de leur «guerre contre la terreur» qui consiste à bombarder des innocents, hommes, femmes et enfants, dans des pays étrangers, le mouvement international pour la paix ose faire une distinction entre le gouvernement d'un pays et le peuple. Nous avons toujours dit que la guerre contre la terreur est immorale et qu'elle va à l'encontre du but visé.»
Le député Galloway avait dit plus tôt: «Nous pressons le gouvernement à mettre la population à l'abri, comme l'a fait le gouvernement espagnol, en mettant fin à l'occupation de l'Irak et en consacrant ses énergies à la recherche d'une vraie solution aux conflits du Moyen-Orient.
«Alors seulement les innocents, ici et à l'étranger, pourront-ils jouir de la vie loin des menaces de violence insensée.»
Il y a également eu un rassemblement au Russel Square à la mémoire des victimes du 7 juillet. Les orateurs ont dit que la «guerre contre la terreur» n'a apporté la sécurité à personne et se sont engagés à continuer de la combattre. Wasar Altikriti, du Muslim Youth Group, de Leeds, a dénoncé les attaques contre la communauté musulmane et demandé à tous les Britanniques de se montrer solidaires d'elle.
Une vigile a eu lieu au Trafalgar Square le 14 juillet. La coalition Stop the War organise une vigile le 25 juillet au métro Stockwell en mémoire de Jean Charles de Menezes, tué le 22 juillet par la police qui pratique l'ordre de «tirer pour tuer».

Le terrorisme d'État et la «logique perverse»


Le gouvernement a subi plusieurs revers cette semaine dans ses tentatives de convaincre le monde que les attentats de Londres et autres attentats n'ont rien à voir avec la politique étrangère de la Grande-Bretagne. Et pourtant le premier ministre et le gouvernement n'en continuent pas moins d'affirmer que ceux qui disent qu'il y a un lien font preuve d'une «logique perverse».
Pour commencer, Chatham House a publié le rapport Security, Terrorism and the UK. C'est le premier d'une série de documents de travail issus d'un programme de recherche de cinq ans financé par le Economic and Social Research Council visant à démontrer que la Grande-Bretagne est une proie spéciale d'attentats de ce genre. Selon le document, «c'est entre autres parce qu'elle est un proche allié des États-Unis et qu'elle a déployé des forces armées dans des campagnes militaires visant à renverser le régime en Afghanistan puis en Irak».
Le secrétaire aux affaires étrangères, Jack Straw, interviewé à la BBC, a dit être «étonné d'entendre Chatham House affirmer que nous n'aurions pas dû soutenir nos alliés de longue date aux États-Unis». Il a continué en disant que «le temps des excuses est terminé» et réaffirmé que les attentats terroristes ont eu lieu autant dans des pays qui ont soutenu l'invasion de l'Irak que dans des pays qui ne l'ont pas soutenue.
Le rapport de Chatham House a été suivi d'un sondage d'opinion de la firme ICM dont les résultats, publiés dans le Guardian, indiquent que: «Deux tiers des Britanniques croient à l'existence d'un lien entre la décision de Tony Blair d'envahir l'Irak et les attentats de Londres, malgré les affirmations à l'effet du contraire du gouvernement.» Ensuite, mercredi, le maire travailliste de Londres, Ken Livingston, interviewé à l'émission Today de BBC Radio 4, a soutenu que plusieurs facteurs ont créé les conditions de cette attaque, y compris «80 années d'intervention occidentale dans des pays à prédominance arabe à cause du besoin de pétrole de l'Occident». Il a continué en disant que la Grande-Bretagne et les États-Unis ont «soutenu des gouvernements détestables» et «renversé des gouvernements qu'ils ne considèrent pas comme sympathiques». Il a ajouté que «beaucoup de jeunes gens reconnaissent la pratique de deux poids, deux mesures, ils voient ce qui se passe à la baie de Guantanamo et ne croient pas que c'est une politique étrangère juste». Il a dénoncé «les gouvernements qui recourent au massacre pour avancer leur politique étrangère».
La position du gouvernement se résume à affirmer que lui et ses alliés peuvent recourir à tous les moyens pour atteindre leurs fins, même si ces moyens sont violents et illégaux, parce que leurs objectifs sont louables et fondés sur des valeurs «civilisées» et «universelles». Ainsi, alors qu'il dit condamner l'usage de la violence à des fins politiques, le gouvernement britannique cherche à formuler une idéologie qui justifie le terrorisme d'État. Pendant même qu'on annonce que des soldats de l'armée britannique vont être traduits en justice pour crimes de guerre en Irak et que les médias font état d'une situation frôlant la guerre civile dans ce pays, le gouvernement veut continuer de faire croire qu'il est une «force pour le bien dans le monde», qu'il répand la démocratie et qu'il est un facteur de paix et de sécurité.
Le gouvernement de Grande-Bretagne exploite les attentats du 7 juillet et les événements de cette semaine à ses fins. On ne sait pas encore toute la vérité sur ce qui s'est produit mais déjà les explications du gouvernement (que ce sont des actes influencés par une «idéologie du mal» et qu'ils n'ont aucun rapport avec les crimes que commettent la Grande-Bretagne, les États-Unis et d'autres) sont discréditées. Il est clair que le gouvernement refuse d'assumer la responsabilité de ses crimes passés et de ceux de ses prédécesseurs. En fait, il continue à tous les jours de commettre des actes criminels dans le monde et contribue ainsi à créer une situation de plus en plus dangereuse, en Grande-Bretagne et dans le monde entier.
Source : - Workers' Daily, journal internet du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste- léniniste), 20 juillet 2005

Attentats de Londres: 58% des musulmans britanniques font le lien avec la guerre en Irak


Une majorité des musulmans britanniques pense que la décision du Premier ministre Tony Blair de participer à la guerre en Irak est un des motifs des attentats qui ont fait 56 morts à Londres, selon un sondage ICM.
D'après les résultats du sondage publié dans le quotidien britannique The Guardian, 58% des musulmans britanniques sont "tout à fait d'accord" avec l'idée selon laquelle la décision de la Grande-Bretagne de se joindre à la coalition menée par les Etats-Unis constitue une raison des attentats du 7 juillet.
La moitié des sondés pensent que les musulmans ne font pas assez pour empêcher les extrémistes d'infiltrer leur communauté, et un sondé sur cinq affirme que lui ou un membre de sa famille a été victime de mauvais traitements ou d'hostilité depuis les attentats.
ICM a interrogé par téléphone un échantillon représentatif de 500 musulmans entre le 15 et le 19 juillet, sans indiquer de marge d'erreur.
Source : AP, 26 juillet 2005

Tony Blair : « Le monde a baissé la garde après le 11 septembre »


Tony Blair estime qu'une bonne partie de la communauté internationale a baissé la garde après le choc initialement provoqué par les attentats suicide du 11 septembre 2001, ajoutant qu'il ne fallait pas céder "un pouce" aux terroristes.
Alors que la police continue à rechercher quatre suspects pour les attentats à la bombe manqués de la semaine dernière, Blair a demandé à la classe politique d'accepter un renforcement des lois antiterroristes.
Mardi, la police a annoncé avoir découvert des substances pouvant servir à la fabrication d'explosifs dans une maison liée à l'un des suspects recherchés pour les attentats manqués du 21 juillet dans les transports de Londres. Elle a également saisi un véhicule.
Selon des responsables, deux des suspects recherchés par la police, dont les portraits - des clichés pris par des caméras de surveillance - ont été diffusés dans tout le pays, vivent légalement en Grande-Bretagne depuis dix ans. Yasin Hassan Omar est somalien et Muktar Saïd Ibrahim érythréen.
Les attentats manqués intervenaient deux semaines exactement après un quadruple attentat suicide qui a fait 52 morts en plus des kamikazes, également dans les transports londoniens.
"Nous ne devons pas céder d'un pouce face à ces gens (...), nous ne devrions même pas les laisser utiliser le moindre prétexte pour leurs actions", a déclaré Blair lors de sa conférence de presse mensuelle.
"Pour moi, le 11 septembre a été un signal d'alarme. Savez-vous ce que je pense ? Qu'une grande partie du monde s'est réveillée tout à coup puis s'est retournée, et s'est rendormie."
Le Premier ministre britannique, allié numéro un du président américain George Bush dans son intervention militaire en Irak, a estimé que sa décision d'y participer ne justifiait en aucun cas les actions des islamistes radicaux.
La police britannique, qui attend des Londoniens qu'ils fassent preuve de vigilance pour l'aider dans sa chasse à l'homme - la plus grande jamais lancée en Grande-Bretagne - craint que les poseurs de bombe du 21 juillet ne soient entrés dans la clandestinité, aidés peut-être par des sympathisants.


"UN DEGRE ASSEZ ELEVE DE PREPARATION"

Roy Ramm, ancien chef de Scotland Yard, estime que "ces attentats dénotent un degré assez élevé de préparation comportant notamment des voies de sortie et des lieux sûrs".
"Quelque part dans la nature se trouvent quatre hommes qui ont déjà prouvé qu'ils étaient déterminés à faire exploser des bombes. La police veut les retrouver très rapidement", a déclaré Ramm à Sky News.
La famille de Saïd-Ibrahim s'est déclarée stupéfaite qu'il soit cité comme suspect et a dit tout ignorer du lieu où il se trouvait. "Nous sommes une famille pacifique, qui vit dans ce pays depuis 1990", fait-elle valoir dans un communiqué. "Nous suggérons à toute personne disposant de renseignements de prendre contact avec la police."
Des inspecteurs espèrent désigner nommément les deux autres suspects mercredi, a indiqué un porte-parole de la police, ajoutant que rien ne laissait prévoir une arrestation imminente.
Les quatre hommes qui ont perpétré les attentats du 7 juillet étaient tous des musulmans britanniques, et trois d'entre eux étaient d'origine pakistanaise.
L'enquête a été assombrie la semaine dernière par le décès d'un électricien brésilien abattu par erreur par la police dans une station de métro. Jean Charles de Menezes, 27 ans, a été tué de plusieurs balles dans la tête après avoir été pourchassé dans le métro par des policiers en civil qui l'avaient sommé de s'arrêter après l'avoir pris pour un kamikaze potentiel.
Intervenant lors d'une conférence juridique en Malaisie, l'épouse du Premier ministre britannique, Cherie Blair, une avocate renommée, a insisté sur la nécessité de mener la lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l'homme.
"Il est bien trop facile pour nous de répondre à ce type de terreur d'une manière qui sape nos valeurs et nos convictions les plus fondamentales, et qui brade le droit qui est le nôtre de nous considérer comme une nation civilisée", a-t-elle dit.
Blair, désireux de réunir un large consensus politique sur l'adoption d'un nouvel arsenal législatif antiterroriste, a appelé mardi les dirigeants de l'opposition à réfléchir à la question.
Mais le chef de file des conservateurs, Michael Howard, et son homologue libéral-démocrate, Charles Kennedy, ont formulé des réserves quant à la demande de la police de pouvoir détenir des suspects jusqu'à trois mois sans inculpation.
Source : Reuters, 26 juillet 2005

Militant islamiste, ou révolutionnaire ?


par Dominic Casciani, BBC News, 25 juillet 2005. Original : http://news.bbc.co.uk/1/hi/magazine/4714101.stm. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

[Extrémiste musulman, ou pionnier de la réforme religieuse ? Le professeur Tariq Ramadan explique pourquoi ses détracteurs se trompent, et pourquoi les attentats de Londres signifient plus que jamais que les musulmans occidentaux doivent se couper de l’Orient.]
Un penseur émérite. Mais M. Ramadan a des ennemis… Il est cet homme que le Sun adore haïr.
Cinq jours après les attentats de Londres, le Sun a fait sa une avec un article invitant ses lecteurs à " RENCONTRER L’ACTIVISTE MUSULMAN TARIQ RAMADAN ", tout en exhortant le gouvernement britannique à interdire une conférence de l’universitaire helvétique, le week-end dernier.
Une semaine après, le Sun avait changé de ton, et publiait un deuxième article, le présentant comme un " héros des jeunes musulmans ". Le professeur Ramadan est venu à Londres, et il s’est effectivement exprimé devant un large auditoire sur la " Voie Moyenne ", dans l’une des plus grandes mosquées de Londres.
Alors, le véritable Tariq Ramadan pourrait-il avoir l’amabilité de se lever ?
Les attaques contre lui : " Ils se trompent de cible ", dit Tariq Ramadan

La charge du Sun contre le professeur Ramadan n’est que la dernière à laquelle il ait dû faire face, tout au long d’une carrière controversée. Il a été largement écrit, un peu partout, qu’il avait été interdit aux Etats-Unis, en tant qu’extrémiste qui aurait approuvé les attentats suicides.
Il prédit qu’il sera bientôt autorisé à enseigner aux Etats-Unis et à répondre aux vingt invitations prestigieuses qu’il a reçues, pour des conférences dans ce pays. Sur le deuxième sujet de l’heure, il insiste sur le fait qu’il condamne catégoriquement le sacrifice de vies innocentes.
Dans les deux cas, il affirme que ces allégations ont été délibérément lancées par des extrémistes américains de droite, qui " voudraient nourrir cette fameuse théorie du " clash entre civilisations ", l’idée que l’Orient musulman et l’Occident seraient incompatibles entre eux. "
" Il est un impératif moral : il faut dire aux gens, il faut leur expliquer, ce qui se passe en Palestine, et il faut presser la communauté internationale d’élever la voix ", dit-il. " C’est là tout ce que j’ai fait. Si nous ne le faisons pas, alors notre silence nourrit cette violence ; notre silence est aussi malfaisant que la violence. "
" En ces heures très difficiles, ici, en Grande-Bretagne, je suis la mauvaise cible. Je pense que c’est ce dont le Sun s’est lui-même rendu compte : la rédaction m’a appelé au téléphone, et ils ont publié un deuxième article pour dire ce que je pense réellement. "


Un penseur influent

" Ces jeunes musulmans sont nés de couples mixtes : un de leurs parents est musulman, et l’autre britannique. L’un comme l’autre sont à blâmer, l’un comme l’autre doivent assumer leur part de ce qui relève de notre responsabilité à tous. "
Tariq Ramadan

Sans l’ombre d’un doute, Tariq Ramadan est l’une des voix les plus écoutées des jeunes musulmans, dans l’ensemble de la société occidentale. Sa réputation académique provient du fait qu’il provoque la génération de leurs parents. Très au fait des subtilités des médias, il s’attache à interpeller la mentalité des jeunes musulmans, notamment grâce à son site ouèbe, ultra-moderne, qui assure la diffusion de sa pensée.
Il rejette l’assujettissement des femmes, qu’il qualifie d’anti-musulman, il rejette les châtiments traditionnels, tels la lapidation, et il défie le droit que semble s’être arrogé l’Orient musulman de diriger la foi. Sans effort, avec aisance, sa conversation glisse du Coran aux grands penseurs européens. Bref : il se considère comme le conciliateur entre l’Islam et la pensée rationnelle européen de l’ère des Lumières.
Bien que des détracteurs musulmans l’accusent de trahir la foi, certains universitaires occidentaux disent qu’il n’en promeut pas moins un agenda " musulman d’abord, Européen ensuite " - un agenda qui porte atteinte à l’intégration.
" C’est totalement faux ", s’insurge-t-il. " Mon travail consiste à expliquer ce que c’est, d’être un authentique musulman et en même temps un authentique Européen. C’est d’ailleurs ce qui me vaut la popularité dont je bénéficie. "
" Imaginez, par exemple, que vous êtes un poète végétarien, et que vous êtes invité à un dîner. Qu’allez vous dire ? Que vous êtes végétarien… Mais si c’est à une soirée que vous êtes invité, alors là, vous direz que vous êtes poète…
" Nous avons tous une identité multiforme, qui est aussi une identité évolutive – c’est l’équation à laquelle les Européens musulmans doivent trouver une solution. Comment peuvent-ils rester fidèles à leur éthique, à leurs valeurs ? Je pense qu’ils doivent commencer par se débarrasser de certaines confusions sur ce que sont les valeurs musulmanes. "
Le professeur Ramadan indique que beaucoup de musulmans occidentaux reconnaissent que, à l’instar des membres non-musulmans des sociétés auxquelles ils appartiennent, ils peuvent être sélectifs dans ce à quoi ils souscrivent.
" Il y a beaucoup d’éléments, dans la culture britannique, qui ne s’opposent pas aux valeurs musulmanes. Tout d’abord, vous n’êtes pas obligé de boire de l’alcool, et beaucoup de Britanniques ne boivent que du thé ! ", explique-t-il.
Aussi, plutôt que d’avoir une sorte de panique théologique à l’idée d’aller au bar avec des collègues, le jeune Européen musulman confiant en lui-même peut simplement reconnaître que boire de l’alcool peut faire partie de l’existence, pour d’autres personnes, tout en n’acceptant pas que cela puisse aller jusqu’à les exposer à un danger moral.


" Révolution silencieuse "

Ce que le professeur Ramadan affirme viser, c’est avant tout cette " révolution silencieuse " dans la pensée islamique. Mais cela peut-il nous aider à trouver pour quelle raison des jeunes hommes du Yorkshire se font sauter avec leur bombe ?

Les sévices corporels : Ramadan fait campagne contre.
Les communautés musulmanes doivent prendre des mesures immédiate, dit-il, y compris en laissant tomber les interprétations littéralistes du Coran, qui n’ont rien à voir avec la vie moderne.
En tête de liste de ses bêtes noires, les librairies islamiques qui refusent de vendre des ouvrages relatifs à l’Occident, et qui aident à perpétuer un sentiment de " culpabilité " chez les jeunes musulmans, résultant de leur impression d’être incapables de s’élever jusqu’à atteindre un idéal islamique (inatteignable par définition).
Mais, avant tout, les jeunes musulmans doivent s’extirper d’un " ghetto social et intellectuel " aux regards tournés vers l’Orient, et vivre un Islam autonome.
Ce n’est que lorsque l’argent venu du Moyen-Orient cessera de financer des mosquées, et que des imams nés en Europe prendront en main la guidance des communautés que les [Européens] musulmans pourront se réconcilier avec leur identité européenne. Pour cela, l’aide des gouvernements est absolument cruciale, affirme-t-il.
" Mais nous devons demander aussi à nos concitoyens [non-musulmans] de supprimer ces ghettos en reconnaissant que la société européenne a changé. Nous devons nous débarrasser de l’idée fausse qu’il existerait une culture européenne homogène, que l’Islam menacerait. Prenez l’exemple du débat sur l’intégration de la Turquie à l’Union européenne…
" Les gens ont peur que cela ne fasse entrer " tout un tas de musulmans " dans l’Europe. Mais regardez : les musulmans sont déjà là, dans les villes [européennes], et ils s’efforcent d’être une partie de la solution ! "
Alors, jusqu’à quel point M. Ramadan applique-t-il cette philosophie dans sa propre existence personnelle ? Comment réagirait-il si l’un de ses quatre enfants lui annonçait qu’il va épouser un(e) non-musulman(e) ?
" Naturellement, je préférerais qu’il s’agisse de quelqu’un qui partage les principes qui s’attachent au fait d’être musulman. Mais c’est à eux qu’appartient le choix… ", répond-il.
" Voyez-vous, quand cela se produira, j’aurai fait ce que j’avais à faire en tant que père. Je leur aurai transmis mes principes. C’est ce que je leur dis : sachez qui vous êtes, et connaissez les valeurs qui sont les vôtres. "
" Quand vous savez cela, vous êtes libres. "

Malaise en Europe de la 2ème génération de l'immigration musulmane


par AFP, 26 juillet 2005
L'apparition de kamikazes nés et élevés en Grande-Bretagne illustre le malaise de certains jeunes de la deuxième génération de l'immigration en Europe occidentale, mêlant difficultés d'intégration et crise d'identité, selon les experts.
Leur malaise est aggravé par le contexte international, la guerre en Irak, l'impasse au Proche-Orient, qu'ils peuvent suivre à loisir sur les télévisions et les sites internet, selon ces experts.
Les auteurs des attentats du 7 juillet à Londres étaient nés en Grande-Bretagne, dans des familles immigrées, dans des communautés particulièrement mal loties : trois d'entre eux étaient d'origine pakistanaise, le dernier d'origine jamaïcaine.
"Les musulmans, pakistanais et bengladeshis, sont au bas de l'échelle d'après tous les indicateurs : réussite scolaire, conditions de logement, emploi, santé", explique Daniele Joly, du Centre de recherches sur les relations ethniques de l'université de Warwick.
Un quart des jeunes d'origine pakistanaise sont sans emploi alors que le taux de chômage national est de 2,8%. 45% des musulmans britanniques en âge de travailler ont un emploi contre 75% pour l'ensemble de la population et 60% pour les minorités ethniques dans leur ensemble, selon les chiffres gouvernementaux.
Les Britanniques originaires des Caraïbes connaissent aussi des difficultés d'intégration, alors que les Indiens, autre groupe important d'immigrés originaires des anciennes colonies britanniques, réussissent au contraire très bien. "En plus de se sentir aux marges de la société, les jeunes ont un conflit de génération avec leurs parents. Ils ne savent pas très bien s'ils sont britanniques ou pakistanais et ont perdu leur identité", explique Tahir Abbas, professeur de sciences sociales à l'université de Birmingham.
"Même s'il y a en Grande-Bretagne une politique forte de lutte contre les discriminations, ils ressentent le racisme et l'islamophobie", ajoute-t-il. "A cela s'ajoute le contexte international de la guerre contre le terrorisme, de la période qui a suivi les attaques du 11 septembre, avec les guerres en Afghanistan et en Irak", explique M. Abbas.
"Partout en Europe, on retrouve ce phénomène de la seconde génération des immigrants, chez les Pakistanais en Grande-Bretagne, les Maghrébins en France, les Turcs en Allemagne", ajoute-t-il. "Partout, c'est le même scénario avec des jeunes enfermés dans des ghettos où règnent la pauvreté, des conditions de vie médiocres, des perspectives d'avenir limitées. A cela s'ajoute le contexte mondial qui affecte l'identité de ces jeunes", indique-t-il. Tout ces facteurs créent chez certains jeunes un sentiment de colère.
"Les jeunes sont plus idéalistes et s'emportent pour des questions de justice, de violence, c'est un caractère de la jeunesse. L'intervention des Etats-Unis, partout dans le monde, pour imposer un modèle libéral, la situation au Proche-Orient et en Irak, qu'ils peuvent suivre sur les télévisions ou sur internet, révoltent particulièrement les jeunes musulmans", estime Daniele Joly. Selon un récent sondage, un quart des Britanniques de confession musulmane comprennent les motivations des auteurs des attentats du 7 juillet qui ont fait 56 morts et 700 blessés à Londres. 6% ont même estimé que ces attentats étaient justifiés.
Même si plusieurs facteurs contribuent à un malaise des jeunes musulmans britanniques, ils ne suffisent pas à expliquer le passage à l'acte. "Ce sont avant tout des individus fragiles qui basculent, connectés à des groupes qui les endoctrinent. Ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble de leur communauté", relève Christophe Bertossi, chercheur à l'Institut français des Relations internationales (IFRI).

Grande Bretagne 2005 - Contes et légendes de Londonistan I

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