| 25/12/04
- L'esprit critique bouté hors de scène
A Birmingham, une pièce de théâtre jugée
offensante par la communauté sikhe a dû être déprogrammée
à la suite d'une flambée de violence. Tout en condamnant
cette censure indirecte, les journaux britanniques s'interrogent sur
les limites de la libre _expression.
L'affiche de la pièce qui fait scandaleLe directeur du Théâtre
de Birmingham a finalement dû céder au chantage. "Neal
Foster espérait bien pouvoir reprendre la représentation
de la pièce intitulée Bezhti (Le déshonneur), déprogrammée
depuis le samedi 18 décembre à la suite d'une violente
manifestation de membres de la communauté sikhe", indique
le quotidien The Times. "Il a finalement fait marche arrière
à la demande de l'auteure de la pièce, Gurpreet Kaur Bhatti,
qui a reçu plusieurs menaces de mort".
D'après le quotidien de gauche The Independent, "l'objectif
de la jeune écrivaine sikhe était de remettre en cause
les mythes de sa propre communauté, tels que l'égalité
ou la compassion". Mais la mise en scène d'un viol et d'un
meurtre à l'intérieur d'un temple sikh a été
perçue comme une offense par ses coreligionnaires.
Dans un pays fortement attaché à la liberté d'_expression,
la réaction des médias ne s'est pas fait attendre : la
presse britannique a unanimement condamné les actes de violence
qui ont abouti à l'annulation de la représentation. "Nous
ne tolérerons pas la censure, sous aucune forme que ce soit",
avertit dans son éditorial The Independent. "Le Royaume-Uni
a beau être reconnu comme un Etat séculier, il ne semble
plus à l'abri de la vague d'intolérance et de fanatisme
qui déferle sur le monde", poursuit le journal.
Un autre éditorialiste du quotidien s'interroge, avec dépit
: "Est-il encore possible d'éviter d'offenser quelqu'un
?", avant de poursuivre: "Si l'on réfléchit
à tout ce qui pourrait être insultant, on imagine bien
voir un jour des créateurs de mode se sentir offensés
par ceux qu'ils estiment mal habillés. La notion même de
l'existence de Dieu pourrait être une offense envers les non croyants
!"
Pour son confrère de droite The Daily Telegraph, "il est
regrettable que ceux qui avaient la loi de leur côté -
l'auteure de la pièce et le directeur du théâtre
- se soient inclinés devant des vandales briseurs de vitres.
Les personnes qui se sont senties insultées par la pièce
auraient très bien pu manifester pacifiquement, utiliser les
moyens légaux ou tout simplement ne pas acheter leur place".
Le journal donne aussi la parole à un artiste résident
du théâtre de Birmingham, qui regrette que la fonction
politique de l'art soit à ce point méprisée. "Les
sikhs, qui se sont opposés à la représentation
de leur religion, entendent reléguer l'art au rang de simple
divertissement, sans lui laisser le loisir de provoquer un débat.
Or, l'art ne se limite pas à Bollywood".
Certains quotidiens notent que l'événement survient dans
un contexte particulier, au moment même où le Parlement
britannique s'apprête à incriminer l'incitation à
la haine religieuse. Pour l'éditorialiste du quotidien The Guardian,
"cet incident regrettable illustre les limites de la liberté
d'_expression, de plus en plus confrontée aux sensibilités
communautaires". Une nouvelle valeur libérale, le communautarisme,
"doit à présent être prise en compte avec honnêteté
par les tenants du libéralisme".
Le Financial Times, qui s'interroge en une : "Un nouveau cas de
Versets sataniques ?", regrette également que le théâtre
ait dû interrompre ses représentations, mais considère
que le rôle d'un artiste est justement "de savoir critiquer
avec fermeté une communauté tout en restant assez subtil
pour éviter le chaos". Le quotidien financier rappelle d'ailleurs
que "cette pièce avait reçu un accueil mitigé
avant que la manifestation de samedi ne fasse la une des journaux".
Pièce de qualité ou non, la polémique fait rage
en Angleterre. "Les artistes britanniques et les leaders des communautés
religieuses ont déjà convenu d'organiser l'an prochain
un sommet sur le thème de la liberté d'_expression",
annonce le Guardian.
Source : Courrier international, 23 déembre 2004
17/12/04
- David Blunkett démissionne du ministère de l'Intérieur
Alors que se profilent au printemps prochain des élections législatives
en Grande-Bretagne, un membre-clé du gouvernement de Tony Blair,
le ministre de l'Intérieur David Blunkett, a démissionné
mercredi sur fond d'allégations d'abus de pouvoir.
Blunkett est un proche allié de Blair et sa réputation
de fermeté en matière de lutte contre la criminalité
et de renforcement de la sécurité intérieure faisaient
de lui un atout pour les Travaillistes face au Parti conservateur, généralement
jugé plus compétent dans ce domaine.
On s'attend à ce que Blair convoque des élections générales
pour mai 2005, et le départ de ce ministre, aveugle de naissance
et connu pour son franc-parler, entraîne un remaniement imprévu
qui pourrait s'avérer dommageable pour l'équipe en place.
"C'est un coup très dur pour Blair que de perdre un ministre
qui partageait toutes ses positions sur le maintien de l'ordre, et qui
lui était extrêmement loyal", a déclaré
à Reuters Philip Stephens.
Blair a couvert de louanges son ministre démissionnaire, qui
a quitté son poste les larmes aux yeux.
"Votre intégrité est intacte alors que vous quittez
le gouvernement et votre travail est reconnu par tous", a-t-il
écrit dans une lettre adressée à Blunkett, qu'il
a qualifié de "force du bien" sur la scène politique
britannique.
Un porte-parole a fait savoir que l'actuel ministre de l'Education,
Charles Clarke, considéré lui aussi comme l'un des poids
lourds du gouvernement, prendrait la tête du ministère
de l'Intérieur.
Le portefeuille de l'Education reviendra à Ruth Kelly, ministre
du "cabinet office", équivalent du secrétariat
général du gouvernement. Kelly est créditée
d'un bilan positif en tant que secrétaire économique puis
secrétaire financière au Trésor, de précédents
postes.
Elle sera remplacée par David Miliband à la tête
du "cabinet office", dont le rôle est de favoriser une
bonne coordination et communication au sein du gouvernement.
La démission de Blunkett intervient alors qu'il est la cible,
depuis quelques semaines, d'allégations selon lesquelles il se
serait servi de sa position au gouvernement pour faire obtenir plus
rapidement un visa à une nourrice philippine employée
par l'une de ses anciennes maîtresses, l'éditrice d'origine
américaine Kimberly Quinn.
Une enquête sur cette affaire de visa est toujours en cours mais
Blunkett a expliqué qu'il avait sans le vouloir accéléré
la procédure en rédigeant une lettre dénonçant,
de manière générale, la lenteur des délivrances
de visas.
"Même si je n'ai rien fait de mal, il est vrai que la délivrance
de ce visa a été accélérée",
a déclaré mercredi Blunkett.
Selon des analystes, la démission de Blunkett pourrait s'avérer
gênante pour Blair, qui l'a défendu jusqu'au bout. Le Premier
ministre s'est vu reprocher d'avoir court-circuité l'enquête
indépendante sur cette affaire en se disant certain que son ami
et allié serait blanchi.
"(Le soutien public de Blair à Blunkett) sera perçu
comme une erreur de jugement et il sera critiqué pour cela",
estime ainsi Patrick Dunleavy, analyste à la London School of
Economics.
Les pressions allaient croissant ces derniers jours sur le ministre
de l'Intérieur en raison des critiques qu'il a formulées,
dans une biographie, contre certains de ses collègues du gouvernement.
Il a ainsi déclaré que le secrétaire au Foreign
Office, Jack Straw, avait laissé le ministère de l'Intérieur
dans un état lamentable, qualifiant d'autres ministres de "mous"
et "faibles".
Blair, arrivé au pouvoir en 1997, devrait remporter l'an prochain
un troisième mandat même si c'est avec une majorité
réduite. Mais le départ de Blunkett donne des munitions
aux Conservateurs face aux Travaillistes, qui ne se sont pas privés
de dénoncer les malversations ayant entaché, selon eux,
la longue période durant laquelle la droite a été
au pouvoir.
Quant à Blunkett, il a fait savoir qu'il s'impliquerait dans
l'effort électoral des Travaillistes.
"Je ferai campagne du mieux que je peux, et j'espère rebâtir
ma réputation politique, en me fondant pour cela sur le maintien
de mon honnêteté et de mon intégrité",
a-t-il dit.
Source : Reuters, 16 décembre 2004
20/11/04
- "Peace and Progress" : Les acteurs Corin et Vanessa Redgrave
créent leur parti
L'actrice britannique engagée Vanessa Redgrave et son frère,
le comédien Corin, vont officiellement lancer leur parti politique,
pour dénoncer les violations des droits de l'Homme du gouvernement
Blair et réclamer le retrait britannique de l'Irak.
"Peace and Progress" (Paix et Progrès), qui existait
déjà en tant qu'association depuis le début de
la guerre en Irak, se transformera le 27 novembre en parti politique
afin de pouvoir participer aux élections législatives
attendues pour le printemps 2005.
"Notre parti s'occupera de tout ce qui est relatif aux droits de
l'homme", déclare Corin Redgrave, 65 ans, dans un entretien
téléphonique avec l'AFP.
"Il se penchera sur les problèmes posés par la guerre
en Irak. Mais il prendra en compte toute une série d'autres problèmes
comme le droit d'asile, les retraites, les allocations familiales, le
logement", ajoute l'acteur, qui se trouvait à Newcastle
(nord de l'Angleterre), où il joue "Le Roi Lear" dans
une mise em scène de la Royal Shakespeare Company.
Corin et Vanessa, qui font partie d'une dynastie de comédiens,
sont depuis toujours actifs sur la scène politique. Leur père,
l'acteur britannique Michael Redgrave, avait en son temps été
mis sur la liste noire de la BBC pour ses sympathies communistes.
Vanessa, 67 ans, qui a reçu de nombreuses récompenses
pour ses talents d'actrices, dont un oscar en 1977 pour "Julia",
a pris sous son aile Akhmed Zakaïev, émissaire du président
tchétchène Aslan Maskhadov, réfugié au Royaume-Uni
et dont la Russie souhaite l'extradition.
En janvier, elle a fondé avec Corin la Commission des droits
de l'Homme de Guantanamo pour protester contre la détention sans
limitation de durée ni inculptation de personnes soupçonnées
d'être des terroristes, dans la base militaire US à Cuba.
Corin, 65 ans, a confié au Guardian s'être retrouvé
sans proposition de travail pendant un long moment du fait de ses activites
politiques et n'être revenu sur scène que depuis que "les
gens se sont rendus compte que le marxisme n'était plus aussi
dangereux".
L'acteur pourrait "envisager d'être candidat (aux élections
législatives) pour son parti si on le lui demandait".
Le gouvernement de Tony Blair et l'opposition conservatrice "se
définissent de plus en plus par leurs positions contraires aux
droits de l'Homme", estime-t-il.
"Beaucoup de personnes s'approprient le terme de droits de l'Homme
pour servir leurs propres intérêts, même ceux qui
font la guerre", observe-t-il, accusant Tony Blair et le président
américain George Bush de justifier abusivement l'invasion de
l'Irak par des raisons humanitaires.
Le parti "Peace and Progress" sera lancé officiellement
lors d'une conférence à Londres le 27 novembre, qui réunira,
outre les Redgrave, la journaliste russe Anna Politkovskaya, des avocats
US spécialisés dans la défense des droits de l'Homme
et le père d'un des détenus de Guantanamo.
Le manifeste de "Peace and Progress" appelle au retrait des
troupes en Iraq, à l'abrogation des lois antiterroristes, l'annulation
de la dette des pays pauvres et l'élimination des armes de destruction
massive. Il réclamera une nouvelle disposition constitutionnelle
pour contraindre Tony Blair et ses ministres "à rendre des
comptes sur leurs actions".
Le parti envisage de présenter trois candidats aux prochaines
élections.
"Nous ne songeons pas en priorité aux élections.
C'est plutôt ce que nous ferons entre les scrutins électoraux
qui comptera. Les élections seront juste un test pour montrer
si nous avons réussi", souligne-t-il.
Source : AFP, 19 novembre 2004
La
chasse à courre abolie en Angleterre et au Pays de Galles
Une grande tradition britannique vient de subir un coup fatal. Au terme
d'un débat acharné de plusieurs années, la Chambre
des Communes a décidé jeudi d'interdire la chasse à
courre en Angleterre et au Pays de Galles, une tradition farouchement
défendue par une partie de la population britannique et décriée
par l'autre. La mesure, déjà appliquée en Ecosse,
a pris force de loi après avoir reçu l'assentiment royal.
Des partisans de la chasse à courre ont juré de s'opposer
à cette interdiction, qui va entrer en vigueur en février
2005, et de mener leur combat devant les tribunaux.
Suite au rejet par les Lords d'un dernier geste de compromis, la Chambre
des Communes a invoqué jeudi le Parliament Act, et son président
Michael Martin a annoncé que le texte législatif avait
été adopté.
Avant jeudi, le Parliament Act n'avait été utilisé
qu'à trois reprises depuis 1949: pour abaisser l'âge du
consentement sexuel pour les homosexuels, pour autoriser les tribunaux
britanniques à juger d'anciens criminels de guerre nazis, et
pour modifier le système électoral britannique en vue
de sélectionner des représentants au Parlement européen.
Cet outil de procédure, voté en 1911 mais révisé
en 1949, permet aux députés d'imposer une loi aux Lords,
qui ne sont pas élus, en cas de blocage récurrent de ceux-ci.
Cette loi met définitivement un terme à la chasse à
courre en Angleterre et au Pays de Galles. C'est déjà
chose faite en Ecosse depuis 2002. Elle interdit aux chasseurs d'utiliser
des meutes pour traquer les cerfs et les lièvres. En revanche,
les renards pourront toujours être tirés par les chasseurs.
Au coeur d'un débat passionné pendant plusieurs années,
la question de la chasse à courre aura été un véritable
casse-tête politique pour le Premier ministre Tony Blair et pourrait
devenir un prochain enjeu électoral.
Les opposants à cette pratique arguent d'un sport incroyablement
cruel -les renards mourant sous les crocs des chiens de la meute- et
d'une tradition réservée aux aristocrates.
Ses partisans trouvent quant à eux un caractère humain
à la chasse à courre et assurent que les proies meurent
rapidement. Selon eux, toutes les classes sociales se retrouvent dans
ce sport, jugé essentiel à la culture et l'économie
britanniques. Ils craignent également que son interdiction n'entraîne
la perte de 8.000 emplois - selliers, forgerons...- liés au secteur
de la chasse.
Signe des passions déchaînées par le débat,
quelque 400.000 partisans de la chasse à cour avaient manifesté
en septembre 2002 dans le centre de Londres, au cours d'un des plus
importants rassemblements organisés en Angleterre depuis 150
ans.
Quelque 2.000 partisans de la chasse à courre se sont rassemblés
jeudi soir pour manifester bruyamment devant le château de Windsor,
où la reine Elizabeth II organisait un dîner de gala en
l'honneur du président français Jacques Chirac, en présence
du Premier ministre britannique Tony Blair.
Source : AP, 19 novembre 2004
15/10/04 - Pour remonter la pente, McDo remplace
son " M" par un point d' interrogation
Tendance mondiale ou un simple coup de pub? Dans l'espoir de changer
son image, la filiale britannique du géant américain du
fast-food McDonald's a lancé vendredi une campagne d'affichage,
où le célèbre "M" doré cède
la place à un... grand point d'interrogation.
Sous la bannière du "changement", cette campagne s'appuie
sur le slogan: "McDonald's. Mais pas comme vous le connaissez"
(McDonald's. But not as you know it).
Au moment où le taux d'obésité des Britanniques
inquiète les autorités sanitaires, la publicité
de McDonald's affiche en gros plan des photos de nouveaux produits,
fruits, salades et lait bio, censés marquer le tournant diététique
de l'entreprise. Un livret détaillant les nouveaux menus doit
être envoyé a 17 millions de foyers pour faire passer le
message: fini le "junk-food", place à une nourriture
équilibrée.
Alors qu'en France, contrairement aux idées reçues, McDonald's
est en nette progression -son chiffre d'affaires de près de 3
milliards de dollars en fait même la filiale la plus rentable
d'Europe-, en Grande-Bretagne les ventes se sont nettement tassées.
Pour tenter de renouveler son image et sa clientèle, McDonald's
UK avait déjà annoncé une réduction de la
taille de ses portions.
Sans confirmer si la disparition du fameux "M" -qui serait
l'un des signes les plus connus au monde avec Coca-Cola et le crucifix-
était sans précédent pour le groupe, McDo a affirmé
dans un communiqué qu'il s'agissait "certainement d'une
première en Grande-Bretagne".
La nouvelle campagne est "la preuve des efforts persistants de
cette entreprise pour secouer son image de marque en Grande-Bretagne",
estime Paul Lawson, directeur de Leo Brunett, l'agence de publicité
à l'origine de cette révolution marketing.
Mais différents experts en communication restent sceptiques face
à la manoeuvre de McDonald's. David Bell, professeur de marketing
à la Harvard Business School de Boston, note qu'un changement
de logo signale qu'une enseigne craint d'être associée
à une image négative, "surtout quand on parle d'une
marque aussi forte que McDonald's".
Si les nouvelles pubs sont censées incarner "de vastes et
audacieux changements", selon John Hawkes, directeur marketing
de McDonald's en Grande-Bretagne, la direction américaine du
groupe, visiblement agacée par l'ampleur du débat, considère
cette nouvelle campagne comme "beaucoup de bruit pour rien".
Elle survient après que McDonald's, qui fête ce mois-ci
ses 30 ans en Grande-Bretagne, a vu ses profits chuter de 71% en 2003,
à 23 millions de livres. Nick Hindle, porte-parole du géant
du fast-food en Angleterre, rappelle toutefois que, cette même
année, le chiffre d'affaires de McDo s'élevait a 1,8 milliard
de livres, avec en moyenne 2,5 millions de clients par jour.
La campagne "modestie" de McDo et son nouveau menu arrivent
également après l'important succès d'audience du
documentaire "Supersize Me" en Grande-Bretagne. Diffusé
outre-Manche depuis début septembre, le film montre les effets
désastreux d'un régime alimentaire exclusivement à
base de produits McDonald's sur le réalisateur Morgan Spurlock.
Son foie, comparé à "du pâté" par
des médecins, et ses problèmes d'érection, évoqués
par sa compagne, en attestent.
Hindle soutient que le documentaire, vu par plus de 200.000 Britanniques,
n'a "rien à voir avec notre nouvelle campagne", ajoutant
que "le film n'apprend rien à personne".
De l'avis d'Eugen Beer, directeur de la création à Kaizo,
agence de relations publique londonienne, en faisant disparaître
son "M", McDonald's cherche à "gagner du temps
pour se repositionner". Quant au point d'interrogation, il crée
un sentiment de vide, observe-t-il. Or, "les marques ne peuvent
laisser un vide, c'est un terrible aveu de faiblesse".
Source : AP, 14 octobre 2004
21/08/04
-La
première banque islamique d'Europe ouvre en Angleterre.
Dès septembre, des services bancaires en règle avec
la charia
par Edelweiss Vieira, afrik.com, 19 août 2004
C'est une première en Europe. Alors que 80 pays connaissent déjà la
finance islamique, la Grande-Bretagne saute le pas et vient d'autoriser l'ouverture,
en septembre prochain, de l'Islamic Bank of Britain. Un établissement
bancaire qui respecte la loi islamique, en excluant notamment l'intérêt
usuraire, interdit par la charia. De quoi réjouir les quelque 2,5 millions
de musulmans du pays.
La Grande-Bretagne compte 2,5 millions de musulmans. Certains d'entre eux règlent
leurs transactions en liquide, d'autres refusent de passer par la case banque
pour acheter une maison, d'autres encore, ouvrent un compte dans un institut
bancaire la mort dans l'âme... Car pour les musulmans pratiquants, le
dilemme est réel : s'adapter aux pratiques bancaires internationales,
c'est trahir les préceptes du Coran. En effet, la charia, la loi islamique,
interdit strictement la perception de taux d'intérêt, l'argent
devant être généré par le travail et non par l'argent
lui-même...
Pour soulager les consciences et les porte-feuilles bien remplis, l'Angleterre
vient de sauter le pas : la Financial Services Authority a agréé,
le 10 août dernier, un nouvel établissement bancaire, unique en
Europe, l'Islamic Bank of Britain (IBB). La première banque islamique
de dépôt britannique, adoubée par Lord George, l'ancien
gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui a déclaré qu'elle « offrirait
un vrai confort aux membres musulmans » de la société anglaise.
Le siège d'IBB se trouve à Birmingham (qui compte une très
forte communauté musulmane) mais sa première agence doit ouvrir,
mi-septembre, à Edgware Road, au c¦ur du quartier arabe et aisé de
Londres. L'IBB compte ouvrir cinq agences d'ici la fin 2004 (Birmingham et
Leicester à la fin du mois d'octobre, puis devraient suivre Manchester,
Leeds, Bradford et Glasgow).
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les risques, les pertes et les profits
Son capital de départ s'élève à 14 millions de
livres (20,8 millions d'euros). Il a été souscrit par des investisseurs
du Proche-Orient (Abu Dhabi, Qatar, Barheïn et Arabie Saoudite) et par
un groupe de millionnaires anglais. A sa tête : Abdul Rahman Abdul Malik,
ancien directeur de la Banque islamique d'Abu Dhabi. Son directeur du management
: Michael Hanlon, ancien directeur regional de la banque de détail au
sein de Barclays. L'IBB offre une palette de services « normaux » comme
les comptes, les cartes de crédit, la téléphonie et la
poste bancaire (les deux dès novembre), des crédits immobiliers
mis en place avant la fin de l'année ainsi que des crédits pour
les biens de consommation courante, et la banque par Internet en 2005.
Alors d'où vient la différence d'avec les autres banques ? D'abord,
cette palette des services exclut tout investissement dans des entreprises
liées « à l'alcool, au tabac et à la pornographie ».
Ensuite, IBB respecte le précepte coranique qui interdit l'intérêt
usuraire. Comment la banque dégage-t-elle des profits ? En partageant
pertes et profits et en répartissant le risque entre elle et le client.
La finance islamique compte en effet plusieurs solutions, basées sur
la dette. L'ijara est un contrat de location : la banque achète un article
pour le client et lui loue pendant une certaine période. L'ijara-wa-Iqtina
est un arrangement du même type sauf que le client peut acheter l'article à la
fin du contrat. Par la mudaraba, le client confie ses fonds à la banque
qui les fait fructifier. Le profit dégagé est ensuite partagé entre
les deux. La murabaha est une forme de crédit : la banque achète
un article pour le client, qui n'a pas à souscrire à un emprunt
avec intérêts, et lui revend ensuite en différé.
Enfin, la Musharaka est une sorte de joint-venture, un contrat entre plusieurs
associés qui contribuent ensemble au capital et au management.
Bienvenue
aux non-musulmans
Ces solutions visent bien sûr à attirer les musulmans du pays
(41% de Pakistanais, 13% de Bengladis et 11% d'Indiens), ainsi que les centaines
de milliers de visiteurs annuels en provenance du Moyen-Orient (600 000 rien
que pour les mois d'été). Visés également : les
investisseurs institutionnels, les fonds de pension et caisses de retraite
du Proche-Orient ou d'Asie, soucieux de diversifier leurs avoirs. Mais l'IBB
espère aussi séduire les non-musulmans. Car, même si un
conseil de trois docteurs de la foi est chargé de surveiller la conformité des
services financiers offerts avec la charia, ceux-ci sont bien sûr ouverts à tous.
Ainsi, en Malaisie, les produits bancaires islamiques, qui existent depuis
plusieurs années, sont plus utilisés par les Chinois que par
la population musulmane. L'IBB refuse les investissements dans des entreprises
comme les brasseries, les casinos, les banques, l'armement ou encore les sociétés
endettées. Une ligne de conduite rare... qui pourraient également
attirer les partisans de placements éthiques.
Restent certaines interrogations. Le journal Le Monde relève le « manque
de transparence du capital des institutions islamiques », pointe la « culture
financière fondée sur la parole donnée » et critique
la « structure complexe de ces banques » qui « se prête
mal à un audit en profondeur ». « Les commissions copieuses
sur les placements islamiques recourant à des techniques financières
complexes et coûteuses pèsent sur la plus-value. La charia interdit à ces
banques de garantir un rendement fixe ou de vendre un actif qu'elles ne possèdent
pas, réduisant d'autant la marge de man¦uvre des gestionnaires »,
analyse un journaliste du quotidien français.
A
l'assaut de l'Europe
Pour autant, l'essor de la finance islamique est un phénomène
auquel ne peut pas échapper l'Europe. L'Institute of Islamic Banking,
centre de recherche londonien, estime que le taux de croissance de cette activité bancaire
se situe entre 10 et 15%. Aujourd'hui, la finance islamique opère dans
près de 80 pays et près de 200 institutions financières
gèrent entre 200 et 500 milliards de dollars. En une trentaine d'années,
le système, basé essentiellement en Egypte et dans le Golfe,
est devenu une industrie, prospérant surtout à Bahreïn et
dans les Emirats arabes unis.
Sur le site de l'IBB*, on peut lire que le projet est dans les cartons depuis
2002. Date à laquelle la Grande-Bretagne a commencé à se
pencher sur le marché potentiel représenté par sa communauté musulmane
(plus de 725 000 personnes uniquement pour la ville de Londres), appelant à la
création de prêts hypothécaires islamiques. Chose faite,
depuis février dernier, par la banque HSBC... Selon Michael Hanlon,
IBB viserait plus largement le marché européen au cours des trois
prochaines années. « Les autres pays européens ne possèdent
pas de banque dont le fonctionnement est basée sur la charia. L'IBB
est unique », a-t-il expliqué. L'Europe compterait quelque 15
millions de musulmans. Un beau marché.
*http://www.islamic-bank.com/islamicbanklive/GuestHome/1/Home/1/Home.jsp
10/08/04
- Naissance
de la première banque islamique
Elle permettra aux 1,8 million de musulmans de Grande-Bretagne
d'avoir accès à une
banque respectant scrupuleusement les principes de la loi islamique.
La Banque islamique de Grande-Bretagne, première banque offrant à ses
clients des produits financiers respectant les principes de la charia, a reçu
le feu vert de la FSA, le gendarme britannique des services financiers, a-t-on
appris lundi 9 août dans un communiqué de ce dernier.
L'Islamic Bank of Britain (IBB), qui ouvrira sa première agence en septembre, à Londres,
aura son siège social à Birmingham (au centre du pays). Par la
suite, d'autres agences devraient ouvrir à Birmingham et à Leicester.
L'IBB permettra ainsi aux 1,8 million de musulmans de Grande-Bretagne d'avoir
accès à une banque respectant scrupuleusement les principes
de la loi islamique.
Des
prêts sans intérêts
La charia interdit notamment de prêter de l'argent contre intérêt.
Pour respecter ce précepte, l'IBB achètera elle-même les
biens voulus par ses clients, puis elle les leur vendra à un prix fixe
qu'elle percevra via un loyer mensuel. "Commes les banques islamiques
opèrent sans percevoir d'intérêts, les produits que nous
offrons à nos clients doivent être structurés de façon
différente des autres banques", a expliqué Michael Hanlon,
directeur exécutif de l'IBB.
Autre interdiction : celle d'investir dans des secteurs comme les industries
de l'alcool et du tabac.
Iqbal Asaria, président du comité économique du Conseil
musulman de Grande-Bretagne, a salué le feu vert accordée par
la FSA à l'IBB, estimant que cela constitue "un événement
fondateur dans l'histoire de la finance islamique au Royaume-Uni en ce sens
que cela marque l'avènement pour la communauté musulmane d'une
gamme de produits respectant la charia".
Source : AFP, 9 août 2004
04/08/04
- Le Labour a perdu la moitié de ses adhérents
depuis l'élection de Blair
Le parti travailliste au pouvoir en Grande-Bretagne a perdu la
moitié de
ses adhérents depuis que Tony Blair est devenu premier ministre, renforçant
la crainte d'un plongeon du parti provoqué par la guerre en Irak,
indique mardi le quotidien londonien Guardian.
La direction du Labour a été informée en juillet que le
nombre de ses adhérents du parti avaient chuté de 214.952 à la
fin de l'an 2003 à 208.000.
Le vrai chiffre, excluant ceux qui ont omis de payer leur cotisation pendant
six mois, est de 190.000 membres, le plus faible depuis 1930, selon le Guardian.
Quand M. Blair a été élu premier ministre en 1997, le
parti comptait plus de 400.000 membres.
Le Guardian désigne la guerre en Irak comme la cause première de
la chute des adhésions au Labour et au leadership de Tony Blair.
Cependant, selon un sondage de l'institut MORI publié mardi par le quotidien économique
Financial Times, 32% des électeurs britanniques croient que Tony Blair
serait encore le premier ministre le plus compétent.
Source : AFP, 3 août 2004
13/07/04
- Succès populaire pour Qardaoui à Wembley
L'affluence à Wembley (ouest de Londres) est celle des grands jours, mais
les quelque 3 000 personnes présentes ne sont là que pour assister à la
conférence d'un prédicateur musulman controversé en Grande-Bretagne,
en raison de sa justification des attentats-suicide en Israël.
Devant l'entrée du Centre de conférences de Wembley, la foule se
presse, hommes et femmes séparés, pour entendre Youssef al-Qardaoui,
un influent religieux qatari d'origine égyptienne, intervenir sur le thème
de l'éducation des enfants musulmans en Occident.
L'événement est parrainé par la police de Londres, qui espère
ainsi « mettre en place un partenariat avec la communauté musulmane
et améliorer (ses) relations avec elle », explique un porte-parole.
Youssef al-Qardaoui, dont les propos sur la BBC ont suscité une violente
polémique, est arrivé le 5 juillet à Londres, à l'invitation
de l'Association des musulmans de Grande-Bretagne.
S'il est souvent venu au Royaume-Uni sans susciter de contestations, sa visite
a cette fois suscité la protestation d'organisations juives. Elles lui
reprochent d'apporter son soutien aux attentats-suicide en Israël et réclament
son expulsion.
Interrogé par la BBC mercredi sur le point de savoir si l'islam justifiait
ces attentats, le prédicateur musulman avait en effet répondu : « Il
ne s'agit pas de suicide. Il s'agit de martyrs au nom de Dieu. » « Allah
est juste. Dans sa sagesse infinie, il a donné aux faibles ce que les
forts n'ont pas : la capacité de transformer leur corps en bombes comme
le font les Palestiniens », avait-il ajouté.
Afin de justifier sa demande d'expulsion, le Conseil des députés
juifs a transmis à la police un dossier rassemblant ses déclarations
les plus controversées en demandant que le religieux soit expulsé.
Mais après examen de ce dossier par le parquet, celui-ci a estimé vendredi
qu'il « n'y avait pas de preuve suffisante » justifiant des poursuites.
De son côté, le chef de Scotland Yard, Sir John Stevens, a indiqué que
la police surveillerait de près les propos de M. Qardaoui pendant sa visite à Londres,
où il a participé à plusieurs conférences et s'est
exprimé, lors du prêche de vendredi, dans la principale mosquée
de la capitale.
Parmi le public présent hier, les gens, des jeunes en majorité,
rejettent ces accusations, les estimant infondées, voire injustes. « Il
n'est pas juste de dire que M. Qardaoui soutient les attaques-suicide »,
explique Farah, une pharmacienne de 27 ans, un foulard sur la tête. Selon
elle, Youssef al-Qardaoui « est un musulman qui fait la promotion de ce
qu'est l'islam et qui est tolérant ».
« Vous critiquez l'un de nos penseurs les plus tolérants, alors
que pensez-vous de notre religion dans ces conditions ? » demande Rizwan,
28 ans, venu lui aussi assister à cette conférence.
Ce point de vue est partagé aussi au sein du Conseil des musulmans de
Grande-Bretagne, qui rassemble 350 organisations et souligne que M. Qardaoui
est considéré comme un « modéré ».
Le prédicateur est, il est vrai, l'un des premiers dignitaires musulmans à avoir
dénoncé les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis
et ceux de Madrid en mars 2004.
Mais ce point de vue n'est pas exclusif des seuls musulmans. Dans un coin
près
de l'entrée, trois rabbins attendent patiemment. Interrogé sur
leur présence en un tel lieu, le rabbin Yisrael David Weiss, responsable
d'une organisation juive antisioniste new-yorkaise, explique qu'elle se justifie
par « le soutien et la solidarité au peuple palestinien ».
Les responsables du Centre de conférences de Wembley ne sont pas de cet
avis et craignent que cette présence ne soit perçue comme une
provocation.
Souce : L'Orient-Le Jour, 12 juillet 2004
09/07/04
- Une
visite de Youssef Al Qardaoui suscite des remous
L'arrivée lundi dernier à Londres de Cheikh Youssef El Qardaoui,
un prêcheur musulman réputé d'origine égyptienne et
vivant au Qatar, suscite des remous dans le royaume. La BBC a diffusé mercredi
une interview du Cheikh effectuée le mois dernier dans laquelle il déclare, à propos
des opérations-martyre en Palestine : « Il ne s'agit pas de suicide.
Il s'agit de martyr au nom de Dieu. Allah est juste. Dans sa sagesse infinie,
il a donné aux faibles ce que les forts n'ont pas: la capacité de
transformer leurs corps en bombes comme le font les Palestiniens. » Tony
Blair a été interpellé à la Chambre des Communes
par l'opposition conservatrice, dont le chef Michael Howard a lancé : « Etes-vous
d'acord avec moi que quelqu'un qui accepte que des enfants soient tués
par des kamikazes et qui est interdit d'accès aux Etats-Unis en raison
de ses relations présumées avec des organisations terroristes ne
devrait pas être admis dans ce pays? » Blair a répondu que
son ministre de l'Intérieur Blunkett allait "regarder cela de très
près. Il y a des règles à respecter. » Il a ajouté : « Disons
le clairement: nous ne voulons rien avoir à faire avec des gens qui soutiennent
les kamikazes en Palestine ou ailleurs, ou qui soutiennent le terrorisme. Nous
devons toutefois nous assurer que si quelqu'un est interdit d'accès dans
ce pays, il le soit d'une manière conforme à la loi. » Invité par
l'Association des musulmans de Grande-Bretagne pour participer à deux événements
organisés par l'association, le Cheikh Al Qardaoui a eu ce commentaire
: « Ce n'est pas la première fois que je me rends à Londres,
ni la dixième, ni la centième fois. J'y viens depuis un tiers de
siècle. C'est une ville ouverte. Alors pourquoi cette dispute autour de
ma visite aujourd'hui ? » Bonne question.
Souce : AFP, 8 juillet 2004
14/06/04
- Sanctionné pour
son engagement en Irak, Tony Blair subit une déroute aux élections
locales
par Marc Roche, Le Monde, 13 juin 2004
Les travaillistes arrivent en troisième position, après les conservateurs
et les libéraux-démocrates. Le premier ministre est au plus
bas dans les sondages mais compte briguer un nouveau mandat.
Londres de notre correspondant - "Ces élections régionales
ne sont pas de mauvais augure pour le scrutin législatif. Certes, il
y a des leçons à tirer. Mais cela me donne envie de mener à bout
ce que nous avons commencé" : depuis Washington, où il assistait,
vendredi 11 juin, aux funérailles de l'ancien président américain,
Ronald Reagan, Tony Blair, le grand perdant du jour, a essayé de faire
bonne figure, après le sérieux revers subi par son parti lors
d'élections locales en Angleterre et au Pays de Galles.
Sanction durable ou avertissement ? On verra le 13 juin, lors de la proclamation
des résultats de l'élection européenne. Mais la punition
est d'ores et déjà cuisante pour le premier ministre britannique,
au plus bas des sondages, alors qu'il devrait briguer un troisième mandat
lors de la consultation législative attendue au printemps 2005,
ou au plus tard en 2006.
Malgré une légère hausse de la participation électorale
qui les a favorisés, les travaillistes enregistrent, en proportion de
vote, un indéniable fiasco, arrivant en troisième position avec
seulement 26 % des voix, soit le score le plus bas de l'histoire d'une formation
politique au pouvoir à des élections locales. Comble de l'humiliation,
le New Labour est devancé non seulement par les conservateurs (38 %
des voix) mais aussi par le mouvement centriste des libéraux-démocrates,
qui recueille 29 % des suffrages. D'après les résultats quasi
définitifs, le Labour enregistre une perte de plus de 450 sièges,
et sept conseils dont plusieurs de ses bastions, tels Newcastle, Cardiff
et Ipswich.
Dans ces circonstances, rien d'étonnant si la réélection
du premier magistrat de la capitale, le travailliste Ken Livingstone, a été plus
serrée que prévu. Paradoxalement, le maire sortant a pâti
de sa réintégration en janvier au sein du New Labour, dont il
avait été exclu pour avoir maintenu sa candidature en 2000, malgré la
désignation par Downing Street d'un candidat officiel. Ken Livingstone
a eu beau insister sur son opposition dès la première heure à la
guerre en Irak, le succès du péage urbain ou l'augmentation du
nombre d'autobus, rien n'y fit. Pourtant pénalisé par un problème
de conflit d'intérêts, son principal adversaire, le conservateur
Steven Norris, l'a talonné en tirant profit de l'impopularité de
Tony Blair. Le maire devra désormais compter avec une Assemblée
hostile dominée par les Tories.
A l'évidence, l'Irak a assombri l'horizon électoral du Labour.
L'électorat musulman en particulier, généralement pro-travailliste,
a lâché Tony Blair en raison de son soutien inconditionnel aux
Etats-Unis, au profit des libéraux-démocrates et des Verts.
Le lourd calendrier diplomatique n'a pas favorisé la formation au pouvoir
depuis 1997. Les cérémonies du D-Day, le G8 et le vote de la
résolution sur l'Irak ont mis encore en exergue l'amarrage de Londres à l'administration
Bush. Résultat : le premier ministre n'est pas parvenu à ramener
le débat sur le terrain de la politique intérieure où son
gouvernement peut se targuer de la bonne santé de l'économie
et de l'amélioration progressive des services publics.
Le Parti conservateur s'était battu avec un slogan simple, antieuropéen
: "Abandonnés par le Labour, votez conservateur... Mettez la Grande-Bretagne
d'abord." Pour l'heure, les conservateurs sont lavés de l'opprobre
qui les avait quasi anéantis lors des deux dernières consultations
législatives. Reste que, à l'échelon local, la droite
réalise plus ou moins le même score qu'en 2000. Le soutien de
l'opposition conservatrice au conflit en Irak a, en effet, considérablement
réduit la marge de man?uvre de son chef, Michael Howard. Les Tories
ont subi, de surcroît, la concurrence des eurosceptiques du Parti de
l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP).
Cette formation héritière du Parti du référendum,
de feu Jimmy Goldsmith, a fait recette non seulement dans le pays profond mais à Londres,
constituant une sorte de front du refus au projet de Constitution européenne,
voire à l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'euro. La
montée de l'UKIP devrait se confirmer lors du scrutin européen.
Quant à l'extrême droite du British National Party, qui puise
son électorat chez les ouvriers et les chômeurs dans les villes
du Nord à forte population issue du sous-continent indien, elle ne réalise
pas la percée attendue.
Controverse
autour du contrôle des imams étrangers
L’imam de la grande mosquée de La Mecque a dirigé hier
la prière à la mosquée de Whitechapel, dans l’est
de la capitale britannique, dans le cadre de l’inauguration du Centre
culturel islamique de Londres, le plus grand du genre en Europe. Le prêche
de cheikh Abderahman al-Soudaïss, qui officie en général à la
mosquée de la Kaaba, et à ce titre l’un des imams les plus
vénérés dans le monde musulman, a attiré quelque
10 000 fidèles dans l’East End londonien. Pour l’inauguration
de ce centre culturel – un investissement d’environ 10 millions
de livres (environ 15 millions d’euros) dont 4 millions collectés
auprès des fidèles –, plusieurs représentants des
autorités religieuses et politiques étaient présents,
dont Jonathan Sachs, le grand rabbin de Londres, et Fiona Mactaggart, secrétaire
d’État à l’Intérieur. Le prince Charles, en
déplacement à Washington pour les obsèques de l’ancien
président américain Ronald Reagan, a participé à distance
via un message enregistré. La visite de l’imam de la grande mosquée
de La Mecque intervient alors que le gouvernement britannique est sur le point
d’annoncer des mesures, déjà controversées, destinées à contrôler
les imams venant prêcher en Grande-Bretagne. Selon plusieurs fuites dans
la presse, le gouvernement travailliste devrait bientôt annoncer un dispositif
en vertu duquel les visas seraient désormais refusés pour les
imams étrangers ne parlant pas anglais et n’ayant pas une connaissance
de base de la culture britannique. Désormais, seuls seront tolérés
les imams capables d’avaler un “fish and chips” arrosé d’une
Ginger Ale...
Source : L’Orient-Le Jour, 13 juin 2004
12/06/04
- La guerre en Iraq a lourdement pesé sur
les élections
Le Parti travailliste du Premier ministre Tony Blair est en net
recul dans toute la Grande-Bretagne après son premier vrai test électoral depuis
la guerre en Irak, selon les premiers résultats des élections municipales,
vendredi. Les Britanniques se prononçaient également dans des élections
européennes.
Les ministres de Blair ont reconnu que le conflit irakien très controversé a
lourdement pesé sur la campagne, occultant même les enjeux des élections
européennes. "Il y a clairement eu un vote de protestation et nous
devons tenir compte de ce que les électeurs nous disent", a déclaré la
secrétaire à la Culture Tessa Jowell. "L'Irak est certainement
un facteur".
Après les résultats de 87 des 166 conseils municipaux en jeu, les
travaillistes perdent 215 sièges tandis que le principal parti d'opposition,
le Parti conservateur, en gagne 108 et que le troisième parti de Grande-Bretagne,
les libéraux-démocrates, en gagné 62. Ce parti avait fortement
axé sa campagne sur le fait qu'il était le seul parti à être
opposé à la guerre en Irak.
" Le sentiment c'est que l'Irak est allé de travers", a déclaré le
ministre britannique de l'Intérieur David Blunkett, interrogé par
la BBC. "Comme les choses s'arrangent, alors la perception des gens, à savoir
si nous avions tort ou raison, changera."
Selon les projections de la BBC, les travaillistes pourraient être relégués à la
troisième place avec 26% du vote total derrière les conservateurs à 38%
et les libéraux-démocrates (Lib-Dem) à 30%.
Les élections locales et européennes sont habituellement l'occasion
pour les électeurs britanniques de protester contre le parti au pouvoir
mais ces élections ne donnent aucune indication sur d'éventuels
résultats d'élections générales. Dans des scrutins
locaux en 2000, les conservateurs avaient raflé 593 sièges et les
travaillistes en avaient perdu 568. L'année suivante, Tony Blair remportait
une deuxième très large victoire dans des élections générales.
Source : AP, 11 juin 2004
01/05/04
Comment
les soldats (anglais) de l'Union européenne
apportent la civilisation et la démocratie
aux Iraquiens
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Les
Anglais font aussi bien que les Yankees :
Le Daily Mirror londonien du 1er mai 2004 publie quatre photos prises
par un soldat britannique à Bassorah. Elles montrent les tortures
infligées à un prisonnier iraquien âgé de
18 à 20 ans pendant 8 heures au mois de septembre dernier. Ils
lui ont donné des coups de crosses de fusil et de bâton,
des coups de pied, des coups de poing, lui ont uriné dessus. Au
bout de 8 heures de souffrances, il a été emporté du
camp de Bassorah où il était détenu sur un camion
et abandonné, agonisant, avec la mâchoire brisée
et les dents cassées. On ignore s'il a survécu. Le journal
a remis les photos aux chefs de l'armée britannique, qui ont promis
une enquête. Le ministère de la défense a déclaré que
la Special Investigations. Branch de l'armée avait enquêté sur
8 cas d'allégations de mauvais traitements d'Iraquiens par des
militaires britanniques.
|
25/04/04 - La prière du jour à l'école pourrait être
abolie
La place de la religion dans l'enseignement public a été remise
en question en Angleterre. L'inspecteur général pour les établissements
scolaires a proposé d'abolir l'obligation quotidienne d'une réflexion
religieuse collective dans les écoles.
« Il faudrait envisager de rendre cette obligation hebdomadaire, voire
mensuelle, plutôt que quotidienne», a estimé David Bell, le
patron de l'Ofsted, dans un discours à la chambre des Communes à l'occasion
du 60e anniversaire de la loi sur l'éducation de 1944. L'Ofsted est un
organisme public chargé d'inspecter les écoles anglaises et galloises.
« Nous ne pouvons ignorer le fait que 76 % des écoles secondaires
ne respectent pas cette obligation quotidienne», a ajouté l'inspecteur
général. De même, David Bell a plaidé pour que les écoles
disposent «de plus de liberté dans la définition de ce que
devrait représenter cet acte de réflexion religieuse».
Selon la loi sur l'éducation de 1988, qui a révisé la loi
de 1944, ces assemblées de réflexion religieuse obligatoires quotidiennement
dans les écoles doivent être principalement chrétiennes.
Cette définition pose problème dans de nombreuses écoles
publiques britanniques où la majorité des élèves
sont musulmans.
De facto, dans de nombreuses écoles, cet acte de réflexion chrétienne
a en fait été remplacé au fil des ans par un enseignement
général sur les pratiques et les coutumes religieuses.
Selon David Bell, il est temps de débattre de la meilleure façon
de participer au développement «spirituel» des élèves.
Il a proposé que cette obligation de réflexion religieuse soit
remplacée par «un espace de débat, de discussion et d'apprentissage
autant que de prière».
Source : Islamiya.info, 22 avril 2004
Un imam pour Eton
Eton, la plus huppée des écoles privées britanniques, où 18
Premiers ministres et de nombreux membres de la famille royale ont fait leurs études,
s'est assuré les services d'un imam afin que ses élèves
puissent mieux comprendre l'islam, a rapporté hier le Sunday Times.
Monawar Hussein s'occupera également des quelque 20 musulmans, qui, comme
les autres élèves de ce pensionnat de l'ouest de Londres, payent
21 000 livres (38 000 dollars) de frais de scolarité par an, ajoute
le journal.
Eton dispose déjà de quatre aumôniers anglicans et a prévu
d'ajouter à son enseignement des cours d'arabe à partir de la prochaine
année scolaire, selon le Sunday Times.
L'établissement restera une école anglicane « dans la plus
large tradition chrétienne », a assuré son proviseur Tony
Little dans une lettre aux parents d'élèves.
Source : L'Orient-Le Jour, Beyrouth, 19 avril 2004
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