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Européens, encore un effort pour devenir indépendants !

L'UE adopte la directive Big Brother et ignore l'industrie et la société civile


Le 14 décembre 2005, Strasbourg, France -- Le Parlement européen a adopté aujourd'hui une directive qui créera la plus grande base de données de surveillance au monde, traçant et stockant toutes les communications au sein de l'Union européenne. « À partir de maintenant, tous les citoyens européens seront pistés et surveillés comme s'ils étaient des criminels ordinaires », déclare Pieter Hintjens, président de la FFII.
La directive sur la conservation des données est passée avec 378 voix contre 197, se conformant aux accords entre le Conseil et les deux plus importants partis du Parlement, les conservateurs du PPE-DE et les socialistes du PSE. Le rapporteur sur cette directive, le libéral Alexander Alvaro, a fait retirer son nom du rapport en signe de protestation.
Jonas Maebe, membre du bureau de la FFII, déclare : « Parmi d'autres mesures cinglantes, la directive impose l'enregistrement de l'origine et de la destination de tous les courriels que vous envoyez et de tous les appels téléphoniques que vous passez. En outre, la directive ne dit rien à propos de qui va financer ces enregistrements, ce qui occasionne une distorsion substantielle du marché des télécommunications. »
« Par ailleurs, la directive ne tient pas compte du fonctionnement des protocoles Internet. Par exemple, le traçage des appels téléphoniques sur Internet est généralement impossible sans surveillance rapprochée du contenu des paquets de données. La raison en est que de telles connexions ne sont pas forcément établies depuis un serveur central sur lequel le stockage imposé pourrait s'appliquer. Au-dessus de tout ceci, vous avez des techniques comme le tunneling (VPN, Virtual Private Network ou réseau privé virtuel) qui rendent tout bonnement impossible de regarder le contenu », ajoute-t-il.
Les données rassemblées pourront être rendues disponibles sans garantie particulière et sans se limiter à certains types de crimes. Il n'y aura aucune évaluation indépendante, aucune mesure supplémentaire préservant la vie privée et aucun garde-fou spécifique pour la sécurité. Les données seront conservées pour des durées allant de 6 mois à n'importe quelle période pour laquelle un État membre pourra convaincre la Commission.
Hartmut Pilch, vice-président de la FFII, poursuit : « Ce résultat montre que nous devons rester vigilants en permanence et travailler sur toutes les directives pertinentes dès leur élaboration. Aujourd'hui même, le projet de seconde directive sur l'application des droits de propriété intellectuelle (IPRED2, Intellectual Property Rights Enforcement 2), également condamné unanimement par l'industrie et la société civile, menace quiconque pris dans un litige sur un brevet, d'être considéré comme criminel. »

Informations complémentaires
- Vue d'ensemble recto-verso des conséquences des principaux amendements
http://www.ffii.org/~jmaebe/dataret/plen1/summary.pdf
- Flux vidéo en anglais de la session plénière d'aujourd'hui (au format Windows Media)
http://media.vrijschrift.org/ep_vote_datared_051214_en.wmv
- Flux vidéo en VO de la session plénière d'aujourd'hui (au format Windows Media)
http://media.vrijschrift.org/ep_vote_datared_051214_or.wmv
- Conservation de données : l'usine à gaz s'emballe
http://wiki.ffii.org/DataRet0512En
- Actualités, prises de position et analyses sur le contenu de la directive
http://wiki.dataretentionisnosolution.com
- Précédents communiqués de presse de la FFII
http://www.ffii.fr/-Communiques-de-presse-
URL permanente de ce communiqué : http://www.ffii.fr/article211.html

Contacts
- Erik Josefsson
Représentant de la FFII à Bruxelles
ehj@ffii.org
+46 707 696567
(suédois/anglais)
- Gérald Sédrati-Dinet
Vice président et représentant en France de la FFII
gibus@ffii.fr
+33-6-60-56-36-45
(français/anglais)

À propos de la FFII : http://www.ffii.fr/
L'Association pour une infrastructure informationnelle libre (FFII) est une association à but non lucratif enregistrée dans divers pays européens, ayant pour objet de promouvoir les savoirs dans le domaine du traitement des données. La FFII soutient le développement de biens informationnels publics fondés sur les droits d'auteur, la libre concurrence et les standards ouverts. Plus de 850 membres, 3 000 sociétés et 90 000 supporters ont chargé la FFII de représenter leurs intérêts dans le domaine de la législation sur les droits de propriété attachés aux logiciels.

 

L'UE met en place la loi « Big Brother » anti-vie privée, alerte la FFII


Le 5 décembre 2005, Bruxelles, Belgique -- L'UE est en train de passer une loi « Big Brother » pour pister toute communication électronique, alerte la FFII, une organisation internationale basée à Munich, défendant les droits informationnels.
« Imaginez un monde dans lequel l'État suivrait tout ce que vous faites. Un monde où les ordinateurs surveilleraient chacun de vos pas et de vos actes. Un monde dans lequel toute vie privée serait morte et où les machines pourraient pister chaque dissident minute par minute. Un monde gouverné par des agences non-élues, marchant main dans la main avec de puissants intérêt commerciaux. Un monde dans lequel les citoyens n'auraient aucun droit, à part celui de consommer. Science-fiction ? L'ère des machines ? Non, il s'agit de l'Europe, version 2006. »
Pieter Hintjens, président de la FFII, nous met ainsi en garde. Il ajoute : « l'UE est sur le point de passer une directive pour pister chaque communication que vous passez. Cette loi fait passer les anciens états espions soviétiques au rang d'amateurs. »

Il poursuit : « cette loi va à l'encontre de notre tradition européenne de liberté civique. Il s'avère qu'elle va à l'encontre de l'article 9 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Elle détruira les petits fournisseurs d'accès à internet et fera grimper les prix. Pour l'appliquer, l'UE devra fermer ou surveiller chaque cybercafé, chaque accès mail au web et chaque point d'accès wifi. Un tel régime serait encore plus autoritaire qu'en Chine. Même les États-Unis, après le 11 septembre, n'ont pas de lois aussi répressives. L'UE n'en a pas besoin : c'est une mauvaise loi, votée en urgence sans respect du processus démocratique. »
Erik Josefsson de la FFII déclare : « Nous entrons dans une époque de législation à la je n'ai pas le temps. Avec les compétences étendues de la Commission (voir les conséquences de l'arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes du 13 septembre dans l'affaire c-176/03, opposant la Commission et le Conseil), le Parlement sous-armé et affaibli n'a aucune chance de faire correctement son travail. L'usine à gaz est si facilement prompte à s'emballer. »
La directive Big Brother sur la « conservation de données », oblige les fournisseurs Internet et de téléphonie à enregistrer les données relatives au trafic des communications. Et ces données peuvent être conservées jusqu'à plusieurs années. Il peut facilement y avoir des fuites dans ces quantités énormes de données personnelles détaillées, elles peuvent êtres volées et l'on peut facilement en faire mauvais usage. Ses partisans essentiellement le gouvernement britannique qui appuient cette loi Big Brother prétendent qu'elle empêchera le terrorisme. La FFII n'accepte pas cet argument simpliste. Il s'avère que les véritables cibles sont les citoyens ordinaires, remplissant leurs tâches quotidiennes.
Le président de la FFII souligne : « presque tout le monde possède un téléphone portable. Avec cette lois votre téléphone portable et votre navigateur web deviennent les fenêtres par lesquels Big Brother vous regarde. Vous ne serez plus jamais seul. Si vous n'aimez pas cette idée, contactez urgemment votre eurodéputé dès aujourd'hui et expliquez-lui pourquoi cela vous inquiète. Le 13 décembre 2005, la vie privée ne sera plus que de l'histoire ancienne. »

Informations complémentaires
- Actualités, prises de position et analyse sur le contenu de la directive
http://wiki.dataretentionisnosolution.com
- Comment le Parlement est privé de toute chance d'évaluer convenablement la directive
http://wiki.ffii.org/DataRet0512En
- Dossier de procédure législative sur la directive
http://www.europarl.eu.int/oeil/file.jsp?idR75032
- Guide de contact de votre eurodéputé
http://wiki.ael.be/index.php/MEP-Position-Lobbying-Guide

URL permanente de ce communiqué
- http://www.ffii.fr/article209.html

Contacts
- Erik Josefsson Représentant de la FFII à Bruxelles erjos@ffii.org +46 707 696567 (suédois/anglais)
- Gérald Sédrati-Dinet FFII France gibus@ffii.fr +33-6-60-56-36-45 (français/anglais)
À propos de la FFII : http://www.ffii.fr/

L'Association pour une infrastructure informationnelle libre (FFII) est une association à but non lucratif enregistrée dans divers pays européens, ayant pour objet de promouvoir les savoirs dans le domaine du traitement des données. La FFII soutient le développement de biens informationnels publics fondés sur les droits d'auteur, la libre concurrence et les standards ouverts. Plus de 850 membres, 3 000 sociétés et 90 000 supporters ont chargé la FFII de représenter leurs intérêts dans le domaine de la législation sur les droits de propriété attachés aux logiciels.

 

Rétention de données : Écarter le danger en Europe et permettre un recours contre le projet français de loi « antiterrorisme »


Dans un ultime appel au Parlement européen avant le vote sur la Directive sur la rétention de données le 12 décembre prochain, les organisations European Digital Rights (EDRI) et Privacy International (PI) demandent le rejet de cette Directive. Pour les signataires, l'adoption de cette Directive causerait en effet une modification irréversible en matière de libertés civiles dans l'Union européenne.
Elle affecterait les droits des consommateurs dans toute l'Europe. Et elle génèrerait des obstacles sans précédent à la compétitivité globale de l'industrie européenne. L'association IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire) est signataire de cette lettre ouverte en tant que membre d'EDRI, et appelle les autres organisations françaises à joindre leurs signatures.
Cette lettre ouverte fait suite au Conseil Justice et Affaires intérieures des 1er et 2 décembre derniers, au cours duquel il est apparu que le Parlement européen a soudainement consenti à la collecte d'informations sur les communications et les mouvements de tous, pour des objectifs policiers très larges, en dépit du fait qu'il avait précédemment rejeté cette politique à deux reprises.
Dans la lignée de leurs actions précédentes sur cette question, les signataires rappellent les arguments qui justifient le rejet de cette Directive : elle est intrusive pour la vie privée de tous les Européens ; elle est illégale ; elle met en danger la confiance des consommateurs ; elle pèse sur l'industrie européenne et porte tort à la compétitivité globale ; elle appelle enfin des lois encore plus intrusives.
Cette dernière conséquence est déjà une réalité en France avec le projet de loi « antiterrorisme », adopté le 29 novembre 2005 à l'Assemblée nationale. En particulier, l'article 4 de ce projet impose l'identification préalable de tous ceux qui communiquent, ce qui implique la présentation de papiers d'identités dans les cybercafés, aux bornes téléphoniques publiques, pour l'usage gratuit ou payant de bornes WiFi, ainsi que pour l'usage de communications prépayées.
Il signifie également à terme l'interdiction de tous les services internationaux de communication tels que les webmail (par exemple hotmail et gmail), voire de l'accès à des fournisseurs de service Internet non européens. L'article 5 supprime quant à lui la nécessité d'une décision judiciaire pour l'accès à ces données par les services de police.
Quant à l'article 6 de ce même projet de loi, il permet à la France de mettre en place arbitrairement vis-à-vis des pays hors UE ce que les États-Unis ont déjà imposé au reste du monde, c'est-à-dire la fourniture obligatoire au ministère de l'Intérieur des dossiers de réservation de voyageurs (Passengers Name Records ou PNR), non seulement dans le cas de transport aérien, mais de plus ferroviaire et maritime, cette disposition visant donc très clairement les citoyens et résidents français et européens voyageant en provenance et à destination de l'Afrique du Nord.
Dans leur lettre ouverte au Parlement européen, les signataires rappellent que la politique visant à imposer la rétention de données en Europe se poursuit uniquement grâce à des processus opaques, des accords établis sans examen rigoureux et des débats conduits à la sauvette, parce que le Conseil européen craint la discussion ouverte et démocratique sur ces questions. Ils n'en veulent pour preuve que l'absence de politique similaire dans les États membres où un examen parlementaire rigoureux est constitutionnellement requis.
Cette rigueur ne semble pas avoir saisi la majorité, pas plus que le principal parti de l'opposition, à l'Assemblée nationale française. Les signataires appellent donc l'Union européenne à suivre plutôt l'exemple des pays démocratiques qui ont choisi de mettre en place non pas un régime de rétention, mais un régime de préservation, dans lequel les données sont collectées et conservées uniquement pour des enquêtes spécifiques, et sont consultées uniquement sur autorisation judiciaire.
Si cette Directive était rejetée par le Parlement européen, notamment à la suite de cet ultime appel des ONG, cela permettrait non seulement d'écarter en Europe le danger de la rétention de données systématique, obligatoire et indiscriminée, mais cela permettrait de surcroît une voie de recours contre le projet de loi français, s'il venait à être définitivement adopté en l'état.


Voir en ligne : - EDRI, PI. Lettre ouverte au Parlement européen au sujet de la rétention de données. 6 juin 2005 (traduction française IRIS) :
http://www.iris.sgdg.org/actions/retention/lettre-pe-fr-1205.html
LDH, SM, SAF, DELIS, IRIS, Antivideo-IDF. Le projet de loi « anti-terrorisme » donne tous pouvoirs à la police administrative. 23 novembre 2005 (communiqué commun) : http://www.iris.sgdg.org/info-debat/comm-loi-terror1105.html
IRIS. Chronologie et suivi des mesures européennes en matière de rétention des données de trafic dans les communications électroniques :
http://www.iris.sgdg.org/actions/retention
Contact IRIS :
iris-contact@iris.sgdg.org
Tel/Fax : 0144749239
Source : http://www.iris.sgdg.org/info-debat/comm-lettre-pe1205.html

 

 

L'immigration au coeur d'une réunion des pays du flanc sud de la forteresse Europe à Toulouse


Hasard du calendrier : jeudi 3 novembre, Toulouse, la ville dont Douste-Blazy est le maire, avait été le théâtre d'un rassemblement devant le Consulat du Maroc en solidarité avec les migrants africains tués ou déportés au Maroc, en tentant de pénétrer à Sebta et Melilla; rassemblement suivi d'un meeting organisé par les participants de la Caravane des damnés de la terre, partis le matin de Paris avec pour objectif de rallier Malaga et, de là, Ceuta. Vendredi, c'était au tour des ministres des Affaires étrangères des pays du sud de l'Union européenne de tenir une ³réunion informelle² dans la ville rose, dont le thème central était l'immigration.
"Ils réfléchiront à la façon de promouvoir des coopérations régionales dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.
Organisée à l'initiative du chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy, la réunion devait comprendre ses homologues chypriote Georgios Iacovou, espagnol Miguel Angel Moratinos, grec Petros Molyviatis, italien Gianfranco Fini, maltais Michael Frendo et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes portugais Fernando Neves.
La réunion devait commencer vers 19H30.
La France soutient la proposition espagnole d'une conférence euro-africaine sur les migrations et a travaillé, avec l'Espagne et le Maroc, à une initiative sur les questions migratoires pour le sommet euro-méditerranéen de Barcelone, qui aura lieu les 27 et 28 novembre, a souligné M. Mattéi.
Il s'agit de créer une zone euro-méditerranéenne de coopération sur les migrations, l'intégration sociale, la justice et la sécurité, améliorant à la fois la formation de douaniers, de policiers aux frontières dans des pays comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie, et l'intégration sociale des migrants grâce à des actions de co-développement venant compléter le volet sécuritaire.
La question de l'immigration vers l'Europe a été relancée début octobre par les événements des enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila, dans le nord du Maroc. Des centaines de migrants africains avaient tenté de pénétrer dans ces enclaves, et nombre d'entre eux avaient été tués.
Les 25 chefs d'Etat et de gouvernement européens se sont engagés le 27 octobre au sommet de Hampton Court, près de Londres, à combattre ensemble le problème de l'immigration illégale.
Au nom de l'Espagne et de la France, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero avait présenté à ses homologues une proposition pour unifier la politique migratoire de l'UE, avec un contrôle commun des frontières.
La réunion de Toulouse vise aussi à préparer le sommet de Barcelone qui célèbrera le 10ème anniversaire du partenariat euro-méditerranéen (Euromed).
Les ministres devaient aborder également vendredi soir les moyens d'encourager les coopérations en format flexible (2+2 ou 1+3, par exemple, sur des sujets précis), la question budgétaire, puisque le budget 2000-2006 de l'Euromed (5,35 milliards d'euros sans compter les prêts de la Banque européenne d'investissement) arrive à son terme, et, enfin, le projet américain de réformes démocratiques au "Grand Moyen-Orient".
Lors d'un dîner de travail, les responsables européens devraient aussi parler de la situation en Irak et en Syrie, selon des sources diplomatiques.
> Lire le reportage du journaliste burkinabé Sita Tarbagdo à Nador en rubrique Maroc.

 

Les écologistes corses et sardes unis contre une base américaine


L'extension du site atomique de La Maddalena, en Sardaigne, est un sujet d'inquiétude sur les deux îles.
par Dominique Costa, Le Figaro, 2 novembre 2005
LA STRATÉGIE de l'US-Navy dans l'archipel de La Maddalena est parvenue à unir Corses et Sardes. «C'est un combat pour l'environnement et pour les droits nationaux de notre communauté de destin !», dit-on dans les deux îles méditerranéennes, où les mouvements de protestation s'amplifient pour réclamer le départ de la marine américaine.
Quelque deux cents manifestants se sont récemment donné rendez-vous sur l'île italienne pour dénoncer le projet d'extension du Squadron Submarine 22 sur l'îlot de San Stefano, là où les États-Unis comptent renforcer leur stratégie de défense autonome. Coloré par des bannières arborant de fières têtes de maures déclinées en corse et en sarde, le petit port de Palau a fédéré des communistes jusqu'aux indépendantistes.
«Cette base américaine devait être une installation provisoire. Mais elle comporte aujourd'hui des dizaines de milliers de mètres cubes de béton et abrite une flotte d'intervention nucléaire. Elle doit disparaître», plaide Jean-Christophe Angelini. Et l'élu corse, porte-parole du Partitu di a Nazione Corsa (PNC) de mettre en exergue les menaces que fait peser sur l'environnement et la santé publique l'édification d'un Guantanamo atomique au coeur de la Méditerranée. Le 25 octobre 2003, un sous-marin à propulsion nucléaire, l'USS Hartford, avait subi une importante avarie à moins de 10 kilomètres des côtes. Les autorités américaines s'étaient empressées d'affirmer qu'il ne s'agissait que d'un incident mineur, avant de renvoyer le bâtiment à sa base de Norfolk en Virginie et de relever le commandant de ses fonctions.
Cet accident a provoqué un début de panique sur les deux îles et réveillé les associations de défense de l'environnement. Dans le contexte actuel de terrorisme, elles redoutent une action contre le site atomique de la Maddalena, créé en 1972 pour surveiller les mouvements de la flotte soviétique...
Désormais, le gouvernement italien est disposé à offrir à la marine américaine 19 hectares de son territoire situé au coeur du parc naturel marin des Bouches de Bonifacio. Le chantier d'extension de la base, déjà engagé, permettrait de déployer au sol des forces militaires et plusieurs missiles dont chacun aurait une puissance de destruction dix fois supérieure à la bombe d'Hiroshima. Le gouvernement français étant discret sur la question, c'est de Bruxelles que les insulaires sardes et corses espèrent obtenir le démantèlement du «quai de l'Otan».