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Belgique

RÉPONSE DU PJM À "L’APPEL PACIFIQUE DES IMAMS"

La "Ligue des imams de Belgique", flanquée de l’"Union des mosquées de Bruxelles", déclare, sans rire, dans un communiqué de presse du 17.11.05, "qu’il faut poursuivre la collaboration qui s'est amorcée entre des responsables religieux, des services de sécurité et des communes pour désamorcer la crise et éviter l'envenimement des incidents en Belgique" !
http://www.lesoir.be/rubriques/belgique/page_5718_388135.shtml

C’est quoi cette Ligue ? C’est quoi cette Union ? Des officines de police adjointes au ministère de l’Intérieur ? De la Justice ? Des associations crypto-collaborationnistes d'imams et de mosquées manipulés par des politiciens qui les soupçonnent ouvertement, par ailleurs, d’être des prédicateurs extrémistes "porteurs de messages de haine" (Verhofstadt, Onkelinx, Dewael, Flahaut, Landuyt, etc.), des relais de "réseaux dormants" dont les candidats au suicide n’attendent qu’un signal d’Al-Qaïda pour passer à l’action ? Une mafia de petits dealers accusés d’être des tenanciers de "bistrots pour drogués" (Coveliers) ? Une nébuleuse occulte de propagandistes d’un islam "en association très forte avec le terrorisme" (Dewael) ?

Rien de tout cela, assurément, quoique les intéressés n’aient jamais jugé indispensable à la défense de leur honneur et de celui de leur religion de répliquer comme il convient à ces affronts particulièrement injurieux. Et certes, on les excuserait volontiers de renoncer à exiger un quelconque respect de leurs personnes et des droits afférents à la légitime reconnaissance de leur culte (et cela d’autant qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes, et encore moins leur religion), s’ils n’avaient le toupet, l’indécence, la bassesse de se proposer, dans le même temps qu’ils sont ainsi avilis, en auxiliaires incontournables des services de sécurité, des responsables politiques, au sein de cellules de crise susceptibles d’"éviter l'envenimement des incidents en Belgique", ou dans des équipes d’encadrement, "pour développer ensemble des projets dans le cadre d'un travail de prévention" ?

Bingo ! D’une seule et même envolée lyrique ces saints imams de la Ligue (Toujgani en tête, qui s’était déjà courageusement engagé, lors du combatif "DJIHAD DES POUBELLES" (1) avec ses frères turcs (2), sur le chemin sacré du martyre) déclarent en chœur vouloir assumer aujourd’hui, en ces moments difficiles qui menacent nos démocraties vacillantes, à la fois la charge des responsabilités qui pèsent sur "leurs" jeunes (auxquels il faut fournir "les moyens de mener une vie décente et digne des valeurs humanistes (3) de notre société"), et celle de prévenir cette même société de tous nouveaux "incidents" !

Quant aux catastrophes éthiques et religieuses qui menacent non seulement la communauté musulmane tout entière, mais l’ensemble de la société, ces imams d’un genre inattendu qui s’occupent exclusivement de faire régner l’ordre public et de bien remplir les sacs poubelles, n’en ont cure. Où étaient-ils, par exemple, lors des deux manifestations organisées contre la proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples homosexuels ? Pourquoi n’ont-ils rien dit, pas un mot, au sujet du député SP.A Cemal Cavdarli ("Le Turc de formation imam au Parlement belge"!) qui a commis, comme il le laissait entendre depuis juin 2005 (4), le véritable forfait de la voter, à deux voix près, dont la sienne, au parlement, ce vendredi 2 décembre ? Pourquoi n’ont-ils pas réagi quand l’imam anversois Nordine Taouil, victime d’une répressive action discriminatoire de l'Agence nationale de sécurité (ANS), a été éjecté du nouvel Exécutif des musulmans de Belgique ? Pourquoi, par contre, M. Toujgani, le président de cette corporation d’imams, s’est-il farouchement opposé à la manifestation du 22 juin 2003 contre l’interdiction du port du foulard, jusqu’à déclarer en plein sermon du vendredi "que les organisateurs (de pareils rassemblements) n’ont pas leur place dans les mosquées"(5) ?

La secrétaire d’État Brigitte Grauwels (CD&V) vient de s’élever (6) contre les "jeunes" des quartiers qui injurient "les femmes à la mode en blouse moulante ou à la taille dénudée", et demande plus d’action pour lutter contre ce phénomène. Ainsi, apprend-on que la police de Saint-Josse "va former des éducateurs de rue qui auront pour mission de rappeler à l’ordre la gent masculine qui manque de respect aux femmes". Que la pauvre Brigitte (qui fut elle-même importunée pour avoir, selon toute vraisemblance, elle n’en dit pas plus, en ces lieux de barbarie inculte, exposé son nombril à l’air) se rassure : à Molenbeek, à Anderlecht, à Saint-Gilles et partout où il le faudra, M. Toujgani et ses imams veillent au grain : plutôt que de dénoncer, pour "éviter l'envenimement des incidents", les intolérables exclusions, injures et discriminations dont sont partout et quotidiennement victimes les femmes voilées, ils la soutiendront, elle, et toutes les charmantes dames qui n’ont pas le cœur de priver l’humanité du spectacle revigorant de leur plastique, et n’hésiteront pas à déclarer, en sus de leur appel à la pacification des quartiers, un citoyen et sacrificiel "DJIHAD DE LA CIVILITÉ" !

Pour reprendre l’image des pompiers si audacieusement avancée par un représentant de l’Union des mosquées, ces "jeunes", donc (mais en fait l’ensemble des musulmans, et au premier rang les plus "pieux" d’entre eux, vu que ces imams ne s’adressent qu’à eux dans les mosquées, sous l’injonction des autorités, à l’occasion des prêches du vendredi), seraient, comme on les épingle chaque été lors des feux de forêts criminels dans le sud de l’Europe, à la fois pompiers et pyromanes !

Avec cette petite différence que les vrais faux sapeurs-pompiers sont lourdement condamnés par la justice, et que nos imams, entraînant derrière eux leurs cohortes fièrement revêtues des uniformes de la fonction (ce qui, au surplus, répond, tel un prodige, aux critiques de ceux qui dénonçaient hier encore les discriminations à relent raciste dans la profession !) se prévalent, en rejetant toute accusation d’ingérence, bien entendu, de soutenir, sinon de conduire, la stratégie gouvernementale !

Plus fort, en somme, que l'imam Mohamed Toujgani, tu brûles !

04.11.05
JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ
www.mvjm.be

(1) http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1818
(2) La Fédération Islamique de Belgique, avec laquelle il a commis, le 26.09.03, une "déclaration de presse" intitulée "Nos devoirs envers l’environnement", et qui n’a rien perdu, avec le temps, de son insondable imbécillité.
http://64.233.183.104/search?q=cache:wD-DH1fHDl8J:www.fibif.be/article.php%3Fsid%3D11%26%26thold%3D0+D%C3%A9claration+de+Presse+26.09.2003+&hl=fr&lr=lang_fr
(3) Non pas islamiques, bien entendu
(4) http://www.standaard.be/archief/dag/index.asp?snel=0&datum=4/6/2005&prev=grjfckau
(5) La réponse pour ceux qui donneraient leur langue au chat, est que la police de Bruxelles avait fait pression sur les imams pour qu’ils découragent "leurs jeunes" de se joindre à cette manif autour de Abdullah BASTIN, lequel s’était vu, pour le coup, interdit par elle d’y prendre la parole...
(6) Het Laatste Nieuws du 02.12.05

 

HARO SUR LES IMAMS ET LES MOSQUÉES !

Il y a longtemps que le courant ne passe plus, c’est le moins qu’on puisse dire, entre les musulmans, les imams, les responsables de mosquées, les représentants associatifs et institutionnels.

Le PJM peut-il faire l’économie de ne pas en parler, et laisser ce tissu "communautaire" qu’on se représente homogène et uni, mais qui n’a pour particularité qu’un goût unanimement partagé... pour la désunion, filer jusqu’à la dernière maille ? Doit-il se taire sous la pression d’une omerta soi-disant pieuse et bien pensante, mais surtout pharisaïque et complexée, qui accuse, pour les discréditer, ceux qui se risquent à révéler au grand jour les désordres qui l’agitent, d’en être les instigateurs, des agents perturbateurs plus condamnables encore que ce qu’ils dévoilent ?

Or, si la dénonciation publique, inconsidérée, de dissensions (fitna) susceptibles de déstabiliser une collectivité (religieuse ou non) réellement unie, pourrait elle-même, en soi, constituer une fitna, c’est tout le contraire, bien évidemment, quand elle se porte sur une pseudo communauté disloquée, qui n’est ni dévote ni solidaire, sinon dans la pestilence d’une morale totalement gangrenée par la fausseté des raisonnements, par la recherche effrénée de confort matériel, par une dureté de cœur qui repousse aussi bien, et plus encore, ses pareils que l’ensemble des autres membres de la société.

Ces musulmans réellement obscurantistes qui ne sont ni délivrés d’un colonialisme consenti, ni engagés dans une religion cent fois répudiée, ne sont-ils pas arrivés au point où l’idée même de "discuter entre soi" n’a plus aucun sens, où toute tentative de réformer les cœurs ne fait qu’exacerber les passions, éclater de nouvelles querelles, provoquer de nouvelles scissions rebaptisées aussitôt, sans la moindre vergogne : "Unions", "Ligues" ou "Fédérations" ?

Le PJM, aujourd’hui, et de plus en plus de musulmans dont on aurait tort de penser qu’il ne s’agit que de convertis (avec tous les sens qu’on voudra bien donner à "que" et à "convertis"), clament d’une voix de jour en jour plus excédée: "Assez de mensonges ! Assez d’intrigues ! Assez d’avanies ! Assez d’indignations muettes, d’hypocrites cécités ! L’abcès doit crever !".

Refuser de guérir le mal là et quand on le peut, là et quand on le doit est un déni de justice, un déni de vérité et de salubrité citoyenne, un déni d’islam, et ceux qui choisissent aujourd’hui de se taire (et de faire taire) répondront demain de leur crime, devant Dieu. La maladie mortelle qui gangrène la société musulmane appelle une authentique catharsis de la parole qui, pour être publique, est forcément morale et politique. Ainsi le PJM a-t-il décidé de mesurer l’impact du message de l’islam colporté par les imams et autres dirigeants des mosquées (1), sur une société qui les manipule à souhait.

Moureaux (PS) à Molenbeek, Picqué (PS) à St-Gilles, Clairfayts (MR-FDF) à Schaerbeek s’invitent, ou sont invités, on l’a dit, dans ces lieux de culte décrétés fondamentalistes, mais qui semblent à leurs yeux perdre tout caractère de dangerosité aux approches des élections.

L’Union des mosquées, qui regrouperait 45 gestionnaires de lieux de culte non reconnus, ne représente que des intérêts matériels propres, sinon personnels, en contradiction totale avec ceux de la communauté musulmane qui exige, elle, une reconnaissance effective et inconditionnelle de ses droits.

La Ligue des imams, elle, n’a pas formulé la moindre des plus humbles demandes d’explications au gouvernement sur les accusations portées sur ses membres d’être des "prêcheurs de haine". Non plus qu’à propos des évictions de MM. Marrakchi et Davidts (2) de l’appareil exécutif des musulmans de Belgique. (Le cas de l’imam anversois Nordine Taouil a déjà été évoqué) (3).

M. Beyazgûl, le jeune et sentencieux président de l’EMB, décrète, enfin, devant plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs, que, pour un(e) musulman(e), ne pas donner la main à une personne du sexe opposé susceptible d’être épousée par lui (ou elle), constitue une dérive à caractère radical de l’islam ! (4). D’où tient-il son islam, ce cadi d’opérette ? Ou, plus exactement, cet histrion d’un modernisme maçonnico-laïque sur le déclin ne réitère-t-il pas ici le coup fumant ( !) de l’imam djihadiste au grand cœur (3), en dénonçant à ses patrons, en live, devant nos yeux médusés (ce doit être là un des aspects positifs de la colonisation), les signes indubitables permettant de débusquer les dangereux tenants de l’islamisme radical ? (5).

Sur le modèle, qui a fait florès, des cellules de crise et de prévention instituées par Toujgani et sa Ligue, voici notre héros (haro sur le héros !) qui se propose d’en créer une nouvelle, et une nouvelle communauté par la même occasion : la "cellule des convertis", et la "communauté des convertis" ! Il les mettra au pas, soyez sans crainte madame la ministre des Cultes et de la Justice (quelle symptomatique association des genres !), dormez sur vos deux oreilles, monsieur le ministre de l’Intérieur, monsieur le chef de la police : les criminogènes transfuges de la foi qui croyaient jusqu’ici pouvoir échapper aux affres de l’intégration, il en corrigera comme il convient les déviances intégristes, il les amènera, par la rééducation raisonnée des encéphales, à renouer au plus vite avec un passé, une pensée, des comportements que, naïvement, ils pensaient avoir définitivement quittés (6).

Qu’il dérive, donc, ce petit imposteur cravaté de suffisance, sur les banquises de la relégation, qu’il disparaisse au plus vite, ce falot fonctionnaire arraché du néant qui usurpe, sans le moindre scrupule, la place occupée légitimement par son prédécesseur ! Quel musulman digne de ce nom, quel "converti" (tous les musulmans dignes de ce nom se sont, un jour, convertis), quel citoyen soucieux de la souveraineté de son pays accepteraient-ils d’emboîter le pas à cet "employé de l’État turc" (7) qui ne peut prétendre, au mieux, que représenter, par le truchement de la Diyanet (8), les Turcs d’obédience gouvernementale ! Qu’il dérive lui-même, avec son islam éclairé accouché du laïcisme kémaliste, vers les limbes où ont disparu, corps et biens, ses pitoyables devanciers !

Qu’un point d’orgue grandiose, aux allures de Deus Irae, une stupéfiante diatribe qui illustre plus spécifiquement, cette fois, et avec quelle intensité dans la protestation, la déchéance morale et spirituelle de ces personnes et institutions qui est, bien évidemment, la cause et l’origine des désordres décrits, mette un terme (hélas, provisoire) à ce très horrifique descriptif des musulmans et des mosquées dans notre pays !

Le PJM salue le courage, l'honnêteté, la toute simple et naturelle revendication de dignité et de compassion qui président à cette description dantesque de lieux et de gens qui semblent plutôt administrer la géhenne que des "maisons de Dieu" !

http://www.mvjm.be/dossiers/DIALOGUES-INTRA-COMMUNAUTAIRES/lettre_mustafa_abu_meryem_mosquees.html

07.11.05
JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ
www.mvjm.be

(1) En fait, de simples mais très opaques associations tantôt traitées comme telles (et encore), tantôt comme des interlocuteurs officiels (alors qu’elles n’ont ni statut, ni légitimité, pas même, parfois, d’existence avérée). Idem pour la Ligue des Imams. Qui connaît leurs noms, les critères et les raisons de leur ralliement, leurs connaissances, leur fonction, leur rétribution, les stipulations des contrats qui les lient à leurs employeurs ? Idem pour l’Union des mosquées, qui n’est, au fond, qu’une Union de syndicats de propriétaires ! Quelles mosquées en sont membres ? Qui sont les responsables ? Qui les dirige vraiment ? Qui les possède ? À qui rendent-elles des comptes ?
(2) Ce n’est pas qu’on pleure sur lui ! Il instrumentait en maître absolu "sa" radio SALLAM pour appuyer sa candidature et soutenait impudemment, pour ce faire, la ministre Onkelinx et l'Union des mosquées de Benjelloun Kissi.
(3) http://www.mvjm.be/dossiers/DIALOGUES-INTRA-COMMUNAUTAIRES/reponse_PJM_imams_appel_pacifique.html
(4) Le 04.12.05 à RTL-TVI, "CONTROVERSES".
(5) Il fallait voir la non dissimulée satisfaction que cette aussi importante qu’inattendue révélation fit naître sur les visages extasiés de Mme Lizin et de M. Duquesnes !
(6) Le 04.12.05 à la RTBF, "MISE au POINT".
(7) Ural Manço, Le Soir, 04.10.05
(8) Dénomination officielle du ministère turc des affaires religieuses, relayé par le consulat turc.

 

14 suspects interpellés dans l'enquête sur la kamikaze belge en Irak


La police belge a interpellé au moins 14 suspects au cours de plusieurs raids tôt mercredi contre des domiciles appartenant à des personnes liées à la kamikaze belge qui a commis un attentat-suicide en Irak le 9 noevmbre.
En France, la police a également interpellé un militant islamiste présumé en Seine Saint-denis : il s'agit d'un Tunisen de 27 ans.
La police a investi des domiciles situés à Bruxelles et dans le nord d'Anvers mais il n'y a encore aucune garde à vue prononcée, a dit Lieve Pellens, la porte-parole des procureurs fédéraux.
Elle a confirmé qu'une femme née en Belgique avait perpétré un attentat en Irak. D'autres responsables belges ont établi le lien entre cette femme, dont l'identité n'a pas été donnée, à un attentat à la bombe contre une patrouille américaine à Bagdad le 9 novembre dernier. Toutefois, les autorités américaines n'avaient pas pu confirmer la nationalité de l'assaillant, seule victime de cet attentat.
Pellens a précisé que les policiers fouillaient les maisons de plusieurs alliés potentiels de cette femme.
Selon les médias belges, cette femme est née en Belgique et était mariée à un islamiste avec lequel elle s'est rendue en Irak en voiture. On ignore où se trouve cet homme.
"Nous cherchons davantage à savoir si elle avait des complices que d'enquêter sur sa famille proche", a dit Pellens.
La Belgique a été mentionnée par le passé comme étant un sanctuaire pour les terroristes et il y a actuellement 13 ressortissants belges et marocains devant la justice pour appartenance présumée à une organisation islamiste soupçonnée dans des attentats à la bombe en Espagne et au Maroc.
Aucun de ces prévenus n'est formellement accusé d'avoir pris une part active dans un attentat terroriste en Belgique mais certains d'entre eux sont accusés d'avoir fourni de faux papiers d'identité ou encore un abri ou d'autres formes de soutien logistique. Ils encourent une peine de cinq ans d'emprisonnement s'ils sont reconnus coupables d'appartenir à une organisation terroriste et à une peine de dix ans d'emprisonnement s'ils sont reconnus coupables d'avoir joué un rôle de coordination dans l'aide de terroristes.
Le ministère public accuse ces 13 hommes d'appartenir au Groupe islamique combattant marocain (GICM) soupçonné d'avoir perpétré les attentats de Casablanca qui ont fait 45 morts en 2003 ainsi que les attentats de Madrid en mars 2004 qui avaient fait 191 morts.
Source : Reuters, 30 novembre 2005

 

Un Algérien violemment expulsé : la douzième tentative a été la bonne


Ce mardi 15 novembre 2005 Monsieur Saidani devait être expulsé pour la onzième fois vers son pays d’origine l’Algérie.

Suite à la présence de sa femme et de militants à l’aéroport, cette expulsion a encore échoué. La situation de Monsieur Saidani est très particulière : il est en effet marié (religieusement selon l’Islam) avec une Belge (depuis trois ans) d’origine algérienne. Il vivait avec son épouse jusqu’à son arrestation début 2005 et sa détention dans un Centre Fermé pour Étrangers depuis lors. Le mariage civil a été refusé au jeune couple car l’administration soupçonnait un mariage blanc, ce qui, au vu des trois années de vie commune, du mariage religieux et du combat mené par Madame Nadia Saidani (qui se rendait tous les jours au Centre fermé pour rendre visite à son mari) relève de l’absurdité.
Mercredi 16 dernier, nous n’avions aucune nouvelle de Mohamed et craignions le pire. Son avocat a téléphoné à la permanence de l'Office des étrangers qui lui a répondu qu’il était en route vers le centre fermé de Vottem. En réalité il était déjà expulsé et le fonctionnaire de l'OE qui a répondu à l'avocat lui a menti, ce qui constitue en soi un fait très grave pour une administration de l'Etat.

Cette fois, l'Office des étrangers n'a pas lésiné sur les moyens. Après avoir été reconduit à Vottem le 15 nov. pendant une demi-heure, Monsieur Saidani a été ramené à l’aéroport et a été expulsé le lendemain. Il a été empêché de prévenir son épouse ou son avocat. Il a été mis au cachot et battu très régulièrement pendant plusieurs heures par une dizaine de policiers de l’aéroport de Bruxelles-national.

Au moment de son embarquement, vers Milan d’abord, il a encore été battu et dans l’avion les policiers ont continué à le maltraiter, le tenant par la gorge pour l’empêcher de crier et d’alerter les passagers de l’avion. Il a à certains moments de cette « strangulation » eu peur d’étouffer et a cru qu’il allait mourir.

A Milan il devait reprendre un vol vers Alger et, là aussi, il a été battu, cette fois par des policier italiens. Il a pu voir que la police belge a donné au pilote de l’avion et à la police italienne une liasse d'euros pour « payer » son expulsion vers Alger.

Il est arrivé à Alger vers 17 heures mercredi 16 novembre 2005 où il a été arrêté pendant quelques heures puis libéré. Il est méconnaissable, le visage tuméfié, des côtes cassées, et bleu sur tout le corps.

Cette expulsion violente, malheureusement loin de représenter un événement isolé, bien que particulièrement violente, témoigne des agissement des forces de l'ordre. Ces agissements sont absolument contraires aux lois et sont condamnables.

Les expulsions accompagnées de violences policières continuent bel et bien, et dans ce cas, un nouvel assassinat a été évité de justesse.

Nous dénonçons avec force ces comportement illégaux et exigeons que la clarté soit faite sur les méthodes utilisées, le cas échéant que des mesures soient prises en conséquences.
Source : C.R.E.R., Bruxelles : http://regularisation.canalblog.com/. Contact : Eveline Dal 0473 62 87 33

 

Une centaine de sans-papiers occupent l'église Saint-Boniface à Ixelles (Bruxelles)


Mercredi 19 octobre 2005, une vingtaine de sans-papiers appartenant au mouvement UDEP (Union pour la Défense des sans-papiers) a décidé d'occuper l'Eglise St-Boniface du quartier Matongue à Ixelles. La raison qui a poussé le mouvement à mener cette action tient en l'insécurité lié au fait de vivre en clandestinité avec la peur permanente de se faire contrôler et arrêter, puis emprisonner dans un centre fermé et enfin expulser vers la guerre, la misère et la mort.
Depuis lors, une action de solidarité s'est constitutée autour de ce mouvement qui vise principalement à susciter un dialogue pour la regularisation avec les autorités. Particulièrement avec le Ministre de l'Intérieur, Monsieur Patrick Dewaele, mais aussi avec les différents acteurs politiques et syndicaux concernés.
Dans cette action de solidarité, la place la plus importante revient aux sans-papiers eux-mêmes. Lesquels, à deux semaine de l'occupation, ont réussi à regrouper une centaine de membres d'une trentaine de nationalités différentes parmi lesquels on retrouve :
Angola, Algérie, Burkina Faso, Bangladesh, Bielo Russie, Congo RDC, Cameroun, Erythrea, Equateur, Iran, Côte d'Ivoire, Guinée, Kosovo, Kazaktan, Lybie, Maroc, Mali, Macédoine, Mauritanie, Niger, Ouzbekistan, Sierra Leone, Sénégal, Soudan, Somalie, Russie, Tunisie, Togo, Ukraine.
En parallèle, une assemblée de soutien composée de voisins de quartier et de membres militants des différentes tendances politiques et associatives s'est rassemblée en vue d'organiser la poursuite du mouvement.
Cinq groupes de travail se sont formés pour assurer le bon suivi du soutien aux manifestants :
- 1 ) un groupe juridique constitué d'avocats et juristes
- 2 ) un groupe politique
- 3 ) un groupe de proximité composé de commerçants et voisins solidaires
- 4 ) un groupe logistique
- 5 ) un groupe communication
On invite d'ores et déjà toutes personnes désireuses de participer à cette action d'une manière ou d'une autre à rejoindre les groupes déjà formés. Pour ce faire, vous pouvez contacter le coordinateur de chaque groupe:
- 1) Tristan : 0496/49.35.22
- 2) Oscar : 0496/403.309
- 3) Jean-Marie : 0472/81.46.35
- 4) Evelyne : 0473/62.87.33
- 5) Essoh : 0474/96.77.27
On peut dire, que malgré une large chaine de solidarité, les politiques restent à nouveau muets et sans action concrète pour permettre une ouverture ou même un dialogue avec le mouvement créé.
On ne comprend définitivement pas cette indifférence et nonchalence à négliger un problème qui concerne autant de victimes. Les autorités politiques nient consciemment et de manière récurrente leur responsabilité dans cette affaire qui occupe des milliers de personnes toujours en attente si pas d'une solution, au moins d'une écoute.
Faudra-t-il de nouvelles grèves de la faim ? Peu probable, les précédentes n'ont servi à rien !
Faudra-t-il encore étouffer quelques enfants trop criants parce qu'expulser sans délai vers leur souffrance ?
On ne peut pas attendre des tragédies supplémentaires pour en finir.
Alors soyons nombreux, très nombreux à dire OUI à la REGULARISATION de tous les sans-papiers.
Rejoignez-nous sans délai ! MERCI à tous !!!
Source : bakkaliahmed@hotmail.com. Plus d'Info : http://régularisation.canalblog.com/

 

Un débat entre un laïcard et un musulman belges


1 - Lettre ouverte au Parti des Jeunes Musulmans
par Philippe Grollet
, président du Centre d'action laïque, Bruxelles, http://www.laicite.be « Théories consternantes.., propos haineux, diffamatoires.., intolérance.., fanatisme.., un monde qui s'abîme irréversiblement dans l'idéologie d'essence spécifiquement luciférienne.., imposture hautement spirituelle et moralisatrice du nouveau monde.., destruction dans une humiliante schizophrénie de la conscience qui lui interdit tout épanouissement .., mensonges ineptes et éc¦urants, etc. » ce sont là quelques exemples de qualificatifs que vous utilisez, Monsieur Jean-François Bastin Abdullah Abu Abdulaziz, dans votre lettre ouverte L'imposture laïque pour caractériser la laïcité défendue et promue par le Centre d'Action Laïque.

En cette période de Ramadan, faut-il le rappeler, mois d'abstinence et de piété, je vous invite Monsieur Bastin Abdullah Abu Abdulaziz à « laisser au vestiaire » ces propos blessants et stériles pour clarifier ensemble les valeurs qui caractérisent la laïcité belge d'aujourd'hui. Conformément à sa charte statutaire, le Centre d'Action Laïque entend défendre et promouvoir la laïcité.

« Par laïcité, il faut entendre d'une part :

La volonté de construire une société juste, progressiste et fraternelle, dotée d'institutions publiques impartiales, garante de la dignité de la personne et des droits humains assurant à chacun la liberté de pensée et d'_expression, ainsi que l'égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, d'origine, de culture ou de conviction et considérant que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent exclusivement de la sphère privée des personnes.

Et d'autre part :

L'élaboration personnelle d'une conception de vie qui se fonde sur l'expérience humaine, à l'exclusion de toute référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle, qui implique l'adhésion aux valeurs du libre examen, d'émancipation à l'égard de toute forme de conditionnement et aux impératifs de citoyenneté et de justice. » Il s'agit donc bien pour le CAL de défendre et de promouvoir la laïcité politique des institutions publiques c'est-à-dire le respect d'une rigoureuse impartialité à l'égard de toutes les convictions philosophiques et religieuses(1).

La laïcité politique interdit au pouvoir public de prendre parti dans le débat philosophique et religieux. Elle interdit à l'Etat et aux pouvoirs publics de favoriser une religion ou une conviction. Elle impose de traiter tous les citoyens de manière identique qu'ils adhèrent à telle religion ou à telle autre ou qu'ils n'adhèrent à aucune religion du tout. C'est en cela qu'on peut dire que les religions et convictions confessionnelles et non confessionnelles (et bien entendu l'absence de conviction) relèvent de la sphère privée des personnes en ce sens que le pouvoir public ne peut avoir aucune prise sur ces convictions ou absence de conviction qui ne confèrent comme telles aucun droit et aucune obligation quelconque, autres que ceux de droit commun.

Le CAL entend également défendre les droits et libertés de celles et de ceux qui estiment que la réponse à toutes leurs questions existentielles ne viendra ni d'un dieu ni même de plusieurs dieux, ni de la magie mais bien d'une recherche honnête sur le sens à donner à leur vie avec comme ancrage l'homme et uniquement l'homme. Cette recherche, nous sommes en droit de la mener avec tous les autres humains, nos frères, croyants et incroyants, religieux, agnostiques et athées.

Non, Monsieur Bastin, nous ne cherchons pas à « précipiter le monde dans les ténèbres de l'ignorance et de la perversité ». Nous en appelons simplement à ce que notre société, riche 1 Souligné par nous de sa pluralité, soit une société où la tolérance prime et où chacun ait le droit de s'épanouir librement sans aucune forme de pression. Je relève à cet égard une convergence de vue puisque dans votre lettre ouverte vous affirmez ceci : « en tant que citoyens respectueux des opinions d'autrui (..) et s'appliquant à vivre dans un Etat de droit qui admet et défend la pluralité des convictions, les musulmans reconnaissent naturellement que chacun soit libre de soumettre sa conscience à la miséricorde de Dieu ou à l'arrogance de l'homme (1)».

Laissons, une nouvelle fois de côté, le vocabulaire dénigrant utilisé pour qualifier les conceptions philosophiques qui s'écartent du divin, de la transcendance, pour retenir une volonté partagée par chacun, croyant ou non croyant, de respecter l'Etat de droit pluraliste dans lequel nous vivons.

Il est en effet impératif que chacun souscrive aux valeurs fondamentales qui caractérisent notre ordre démocratique et rejette tout appel à la violence et à la haine. La liberté de conscience ou de culte, qui implique l'exercice de certains droits individuels mais aussi collectifs, relève bien entendu de ces valeurs fondamentales. Mais n'oublions pas, Monsieur Bastin, que l'exercice par chacun de ces libertés n'est possible qu'en acceptant un socle commun de valeurs fondamentales d'une citoyenneté démocratique, principalement celles reprises dans la Convention européenne des droits de l'homme.

Parmi ces valeurs communes, l'égalité entre l'homme et la femme tient une place de choix. Le sort réservé par la charia à la femme adultère et la discrimination qu'elle lui réserve en matière d'autorité parentale sont assurément contraires à cette valeur essentielle, comme l'obligation de se cacher le visage, celle de se soumettre au mari. De même, serait inacceptable toute restriction au droit des filles de recevoir le même enseignement que les garçons dans des établissements mixtes ainsi que toute restriction de leur droit d'exercer n'importe quelle profession, le droit de circuler en public dans la tenue de leur choix et de conduire n'importe quel véhicule aux mêmes conditions que leur frère et que leur père. Bien entendu est aussi inadmissible la prétention à vouloir enseigner comme vérité la théorie mensongère du créationnisme.

L'égalité homme-femme est un principe fondamental. La loi civile, inspirée par le respect des droits et libertés fondamentales, reconnues par la Convention européenne des droits de l'homme doit, pour régler le statut juridique des personnes, primer sur le droit religieux. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais dit : nous ne cherchons pas à gommer les différentes conceptions religieuses. On entre, en effet, là dans le respect de la sphère privée de chaque individu ou encore dans le respect du principe de non ingérence réciproque entre l'Eglise et l'Etat.

Mais pour rendre possible ce respect mutuel des différences, il est indispensable que chacun, croyant ou non-croyant, soit conscient de la nécessité de défendre un espace public neutre et impartial dans lequel les valeurs fondamentales de notre société démocratique peuvent s'épanouir.


Vous m'avez mis au défi de vous répondre. Je suppose que vous aurez alors à c¦ur de publier ma réponse à la suite de votre lettre ouverte sur votre site www.mvjm.be.
(1) Souligné par nous

 

2 - Réplique à Philippe Grollet


par Jean-François Bastin Abdullah Abu Abdulaziz, Parti des jeunes Musulmans
, 13 septembre 2005, 23 ramadan 1426
Tout d'abord, je ne vous ai jamais mis au défi de répondre à ma lettre ouverte qui répondait elle-même aux allégations d'un chétif opuscule commis par vous sur la laïcité et à propos duquel nous avions débattu sur une radio périphérique de la capitale*
. http://www.mvjm.be/dossiers/SOCIETE/imposture_laique_GROLLET.html


Mais qu'importe ! Votre lettre, rassurez-vous, trône en majesté sur la première page du site du PJM, accompagnée, vous n'y voyez pas d'objection ? de la présente réplique qu'elle appelait assurément.
En fait, vous ne répondez pas à ma première lettre. Vous n'y remâchez que les concepts que M. Zegzaoui et moi-même avions déjà dénoncés. Auriez-vous craint à ce point que la subtile essence de vos convictions échappât à notre entendement forcément limité ? N'est pas, il faut le reconnaître, libre penseur qui veut !
Votre pensum, à vrai dire, eut été mieux accueilli s'il n'avait été si laborieusement machiné, si répétitivement didactique, s'il n'avait laissé la désagréable impression qu'il ressortit des minutes d'un registre notarial, ou d'un argumentaire apologétique emprunté à celui des témoins de Jéhovah !
Cela dit, je ne ressens aucune haine contre vous, ni contre qui que ce soit, contrairement aux tenants d'une certaine laïcité, dont vous êtes, qui témoignent quotidiennement de leur mépris à l'encontre des croyants qui ont la débilité mentale de croire en une autre religion que la leur. Votre "épître à Tartuffe" adressée en fin d'ouvrage à un bien triste abbé, assurément, mais qui vous ressemble étrangement, n'en est-elle pas une magistrale illustration ?
Ceci également : Vous affranchir de l'Église exigeait-il, frère lai, que vous rejetiez Dieu ? Le dogme n'oblige que dans la mesure où on y croit, et on ne croit que librement ! Vous n'avez connu, hélas ! que ces chrétiens infantilisés, manipulés par des "pères" qui se conduisaient avec eux comme une mère abusive. Cela laisse des traces !
Et encore : Avez-vous jamais imaginé la liberté de croyance qu'offre une religion restée conforme à elle-même telle que l'Islam ? La doctrine, le gestuel, les prescriptions divines que vous jugez aliénants sont pour le croyant les balises éclairées (1) qui jalonnent le chemin de la foi vers un monde dont, de toute évidence, aucun écho ne vous parvient, prisonnier que vous êtes de cette transcendance horizontale chère à Jules Ferry (merci de l'avoir rappelé) que vous rebaptisez, plus tristement encore, spiritualité matérialiste.
Vous nous saoulez, M. Grollet, avec les "valeurs" de la laïcité. Quelles valeurs, grand dieu, qui, lorsqu'elles ne reposent pas sur un relativisme amoral surfant au gré d'une bioéthique hasardeuse dont vous prétendez souverainement du caractère moral (laissons là l'IVG, l'euthanasie, l'assistance au suicide, le mariage homosexuel, l'adoption par eux d'enfants...), sont directement induites de ces religions que vous écartez avec mépris d'un revers d'embryon de pensée libre.
Et pourquoi donc votre nouvelle conception de vie se concevrait-elle "sans distinction de sexe, d'origine, de culture ou de conviction" ? "Sans référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle" ? Que ferez-vous de ces créatures déshabillées de tout signe ostensible, hormis celui prétendument neutre de la laïcité ? Des clones indifférenciés, exclus par la force des choses de tout dialogue avec l'autre (2), interdits de toute relation avec Dieu et l'au-delà ? Comment pouvez-vous alors, trois paragraphes plus loin, nous vanter en des termes hautement messianiques, les mérites paradisiaques d'une société "où la tolérance prime et où chacun a le droit de s'épanouir librement sans aucune forme de pression" ?
"La laïcité politique", dites-vous non sans aplomb, "interdit au pouvoir public de prendre parti dans le débat philosophique et religieux".., "de favoriser une religion ou une conviction", ce qui serait le gage d'une "rigoureuse impartialité" : Les vraies religions (excusez-moi de penser que vous en êtes une fausse) auront tôt fait de dénoncer dans ces subterfuges destinés à dissimuler l'imposture des collusions, l'incompatibilité radicale entre laïcité et neutralité. Et si l'on parlait de l'islam politique ?
À propos des "convergences de vue", du "respect partagé de l'État de droit pluraliste", du "socle commun des valeurs fondamentales", comme vous y allez, M. Grollet ! Au risque de vous décevoir dans votre ¦cuménique appel à nous aligner, nous les religieux (musulmans et autres), sur les "valeurs fondamentales d'une citoyenneté démocratique" (d'essence laïque bien évidemment), permettez-moi de vous rappeler ces propos de vous, que "le respect des convictions d'autrui n'implique évidemment pas qu'on y adhère", et cela d'autant que la liberté de culte, ou le pluralisme des convictions ne sont en aucune manière des "valeurs", mais de simples options contractuelles de coexistence pacifique (ne peut-on le dire ainsi ?) consenties entre citoyens responsables. Comme si réclamer la liberté, le respect, la reconnaissance d'un culte, d'une croyance, d'une culture spécifiques exigeait de passer sous les fourches caudines d'une laïcité qui, pour n'avoir pas plus le monopole de la démocratie que les chrétiens n'ont celui de l'altruisme, n'en prétend pas moins la contrôler et s'arroger l'exclusivité de la bienfaisance universelle !
"La volonté partagée par chacun, croyant ou non croyant, de respecter l'État de droit pluraliste dans lequel nous vivons..", chantonnez-vous sur un mode égrillard. C'est trop facile ! N'induisez pas, je vous prie, de la naturelle ouverture aux autres des musulmans une allégeance quelconque à votre système laïciste préférentiel (antidémocratique, donc) de gouvernement. C'est la démocratie qui respecte les libertés (qu'ils n'ont pas), et non le contraire. C'est l'État de droit qui doit respecter leurs droits, et il ne les respecte pas. C'est l'État de non-droit qui les maltraite au nom de cette laïcité dont vous faites assaut, qui les maintient hors de toute représentation citoyenne, de tout exercice cultuel et politique autonome.
Vous dénoncez toute ingérence des cultes dans les affaires de l'État, mais ne dites rien des ingérences de l'État dans les affaires de culte, spécialement du culte islamique. Pourquoi ne vous associeriez-vous pas avec le PJM, vous qui êtes en mal de convergences, pour exiger le respect impartial du principe laïque fondamental de la séparation de l'Église et de l'État ? Pourquoi ne le soutiendriez-vous pas dans son combat contre les graves dysfonctionnements politiques qui mettent à mal ce fameux équilibre démocratique ? Les immixtions flagrantes des pouvoirs politiques dans l'Exécutif des musulmans, l'inféodation des mosquées maintenues dans une dépendance électoralement entretenue, la mainmise sécuritaire qui s'exerce sur des "ministres de culte" non reconnus seraient-elles acceptables pour vous quand il s'agit des musulmans ?
En quoi, pareillement, la lutte pour les droits de la femme, la défense des libertés, de la démocratie, de l'égalité des sexes seraient-elles l'apanage d'une idéologie militante athée, relativiste, libertaire, contre-civilisationnelle ? Dois-je vous rappeler que la République française dont vous vous gargarisez tant n'a accordé le droit de vote aux femmes que 12 ans après la Turquie, après deux guerres, et sous la pression internationale ? Et la Belgique, 2 ans plus tard, après de multiples et historiques oppositions des "progressistes" franc-maçons dans des alliances contre-nature libéralo-socialistes ? Aujourd'hui même, il y a moins de femmes au parlement en république laïque française qu'au Mozambique.. ou en Iran ! Pourquoi donc ces combats (et bien d'autres) pour parvenir au respect mutuel des droits de chacun ne pourraient-ils être menés au nom de valeurs réellement universelles, appropriables par chacun, selon des modalités diverses, religieuses entre autres, islamiques précisément ?
Les féministes Mona Chollet, Christine Delphy, pour ne citer qu'elles, laïques et athées comme vous, le collectif Les Mots Sont Importants, une institution comme le MRAX qui vient de procéder à la saisine du Conseil d'État dans le cadre de l'interdiction du port du foulard dans les écoles, ont dénoncé la supercherie du discours assimilationniste soi-disant égalitaire, l'imposture qui consiste à contraindre les élèves de se "libérer" d'un foulard qui est l'_expression même de leur liberté.
Car enfin, il est aussi bien de leur liberté de choisir de mettre un foulard (que personne n'est en droit de leur interdire) que de se sentir libre en le portant ! Il est vrai qu'au nom de la liberté, de l'égalité, de l'émancipation, les valeurs fondamentales de la laïcité ne les autorisent tout simplement pas de choisir librement, à égalité avec leurs concitoyennes, de s'émanciper comme elles l'entendent..
Les droits de l'homme ne sont nullement en concurrence avec les préceptes de l'Islam (en fait, ils en procèdent) qui ne doit en aucune manière être saisi, comme vous le faites, au travers des sociétés musulmanes actuelles, ou de textes coraniques isolés de leur contexte, sans aucune approche historique ni exégétique. Sans aucune considération psychosociologique, et pour cause, de la place qu'occupe "l'être-femme", le couple homme-femme, le noyau parental et, enfin, le groupe social tout entier que la "libération" prônée par vous des m¦urs s'est acharnée à détruire, comme aux dominos, l'un après l'autre dans une image aliénante et dégradante de la femme, dans la promotion du mariage homosexuel, dans la liquidation de la famille, dans la faillite programmée de la société.
La discrimination des femmes dans l'enseignement, qui est particulièrement sensible, je vous le concède, dans certaines régions elles-mêmes discriminées économiquement et culturellement, est une trahison de l'Islam qui enseigne par la voix de son prophète (sur lui le salut) que "la recherche du savoir est une obligation pour tout musulman et toute musulmane".
Qu'il vous échappe que ces femmes se libèrent au nom de l'Islam et des droits qu'il leur donne de rester elles-mêmes dans une économie divine qui met chaque chose, chaque créature, chaque personne à la place exacte qui leur a été assignée en toute équité pour leur épanouissement optimal, que vous soit étrangère l'idée qu'elles ne ressentent nul besoin de s'occidentaliser, de se libre examiner, de se séculariser pour échapper à leur condition, je le conçois!
Mais l'essentialisation à laquelle vous vous livrez, d'une religion pratiquée par des citoyens belges musulmans qui jouent le jeu de la démocratie mais refusent, pour cette raison même, les contraintes laïcistes, cela porte un nom, M. Grollet : l'islamophobie, qui est une forme de racisme.
Claude Imbert, vous vous rappelez ? déclarait il n'y a guère que l'islam apportait "une débilité d'archaïsmes divers", "une manière de considérer la femme", de la "déclasser régulièrement, et en plus un souci de supplanter la loi des États par la loi du Coran", qui le rendait, il le reconnaissait, lui, "islamophobe". Pensez-vous réellement dire autre chose quand vous laissez entendre que l'idéologie islamique serait congénitalement productrice de haine et de violence, d'arriération structurelle ou de misogynie chromosomique par le truchement, au surplus ! de sociétés étrangères archaïsantes (l'Arabie saoudite que vous ne nommez pas, qui est bien le seul pays "islamique" à interdire aux femmes de conduire).
Laissez-moi, pour finir (ma lettre répondait à votre livre, la vôtre en exige un de moi !), extraire des nauséeux persiflages d'arrière-cour que vous avez crû devoir enfiler en conclusion de votre missive, et que seule peut expliquer votre stupéfiante méconnaissance de l'Islam et des religions, l'inadmissible autant qu'inepte défi à la tolérance (et à l'intelligence) que constitue votre sommation faite aux croyants qui auraient "la prétention à vouloir enseigner comme vérité la théorie mensongère du créationnisme" de cesser immédiatement leurs activités contraires au dogme laïque irrécusable, enseigné d'autorité dans les écoles "neutres", d'un darwinisme évolutionniste racial aux dérives racistes marquées, susceptible au reste d'évoluer lui-même, comme toute théorie scientifique, vers d'autres spéculations savantes.
C'est donc ainsi que le président du Centre d'Action Laïque conçoit le "respect mutuel des différences" ? C'est donc ainsi qu'il prétend "défendre un espace public neutre et impartial dans lequel les valeurs fondamentales de notre société démocratique peuvent s'épanouir" ? Combattre la religion, dénigrer les croyants, ridiculiser les doctrines ce serait donc édifier un espace neutre ! Et vous avez l'audace d'avancer qu'un tel espace karchérisé au napalm de votre athéisme agressif, déserté de toute authentique spiritualité autre que laïque (sic), favoriserait l'épanouissement des religions !
Un dernier mot, monsieur le mécréant de service (comme vous aimez vous désigner). Il ne me dérange nullement que vous soyez athée, laïque, un peu islamophobe et darwinien beaucoup, ni même que votre communauté philosophique non confessionnelle ait pris rang aux côtés des autres cultes pour percevoir de l'État, avec les catholiques, des aides financières sans commune mesure avec celles allouées aux autres confessions reconnues (3), et qui vous autorisent à poursuivre la laïcisation systématique de la société (4). C'est de bonne guerre, après tout, et comme on dit, que le meilleur gagne !
Mais je ne cesserai de dénoncer l'imposture d'une laïcité qui, sous couvert de neutralité, se permet d'envahir la totalité de l'espace public, à commencer par les écoles, et d'en exclure ceux qui ne partagent pas l'ambiguïté mystifiante de vos concepts. Cela relève d'une escroquerie intellectuelle doublée de malversation politique. Cela ne s'accorde surtout pas avec les statuts du Centre d'Action Laïque qui prétend vouloir, en son article 4, "construire une société juste, progressiste, et fraternelle, dotée d'institutions publiques impartiales, garante de la dignité de la personne et des droits humains assurant à chacun la liberté de pensée et d'_expression, ainsi que l'égalité de tous devant la loi..".
Aurez-vous à c¦ur, non d'en convenir, il s'en faut ! mais d'y réfléchir, M. Grollet et, à votre tour, de publier ce texte sur le site de votre association http://www.laicite.be ?


Notes :
*22/09/05. Radio EL WAFA 106.8 : "La laïcité à l'épreuve ?" Avec Philippe Grollet, Yacob Mahy et Abdullah Bastin.
(1) Une torche qui n'éclaire que le vide se distingue-t-elle d'une bougie qui se consume dans une cathédrale ?
(2)"Hé toi, l'être humain. Nous t'avons créé à partir d'un homme et d'une femme. Nous t'avons constitué en groupes et tribus pour que vous vous connaissiez les uns les autres". Ces versets coraniques montrent que l'islam, contrairement à la phraséologie égalitariste de M. Grollet (une forme para-raciste de racisme censée écarter tout ce qui pourrait, SELON LUI, l'entraîner à l'être !), reconnaît bien le pluralisme, dans le respect des différences, qui sont l'essence même des personnalités, et qu'il insiste sur la nécessité du dialogue entre les peuples.
(3) Globalement, les dépenses publiques consacrées aux cultes, au mouvement laïque et aux cours d'instruction religieuse (ou de morale) peuvent être estimées à 600 millions d'euros pour l'année 2000. L'Église catholique a obtenu 80 % de cette somme, et le mouvement laïque 13 %, tandis qu'aucune des autres communautés religieuses reconnues ne dépassait 0,6 % (pour l'islam, la minorité la plus importante, c'est facile à calculer, ça confine au zéro absolu!.
(4) "Car la reconnaissance de la laïcité n'est qu'une étape vers une laïcisation plus totale de l'État belge". (Le Soir, 24/10/2002, à l'occasion de la parution au Moniteur belge de la loi reconnaissant de plein droit la laïcité). Est-il possible d'imaginer les réactions qu'aurait suscitées l'Exécutif des Musulmans de Belgique, le pendant du CAL, s'il avait déclaré, de son côté, que la reconnaissance de l'islam n'est qu'une étape vers une islamisation plus totale de l'État belge ?
Source : www.mvjm.be. Contact : pjm@mvjm.be

 

 

Tout feu sur les terroristes, tout flammes sur les victimes !


par RACHID ZEGZAOUI et JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ, Parti des jeunes Musulmans, Bruxelles, 11 octobre 2005
Juste avant que le gouvernement belge adopte un avant-projet de loi modifiant le code judiciaire en vue d'améliorer la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, la ministre des Cultes et de la Justice confessait à La Dernière Heure* (en insistant lourdement sur le fait qu'"Il ne s'agit pas de focaliser l'attention sur une communauté en particulier") :
"Le code pénal précise que les ministres du culte ne peuvent pas prendre d'attitude ostentatoire contre le gouvernement. C'est une règle à respecter dans un État de droit".
Pour lutter contre le terrorisme qui menacerait gravement notre pays, madame Onkelinx a donc décidé de renforcer les effectifs de la Sûreté de l'État par 80 agents arabophones. N'ayant aucune information sur ces éventuels terroristes, et ne pouvant parer à leurs imprévisibles autant qu'incertains attentats (pas plus, assurément, qu'à New York, Bali, Taba ou Londres), elle désigne, à la traîne des médias et autres experts en agitation islamophobe, les "ministres" et "lieux" du culte musulman comme étant les instigateurs et foyers d'un activisme islamiste qui amènerait tout droit au terrorisme.
Suite au crédit inconsidéré qu'accordent les médias et les politiques aux détenteurs du label "terrorisme islamiste", aux vendeurs de psychoses, aux paparazzi du terrorisme mondial, aux prédicants millénaristes d'un monde livré à la fureur assassine des Sarrasins, qui, tel Claude Moniquet, prétendent être au courant de cellules opérationnelles, de réseaux dormants aussi invisibles qu'omniprésents, le fait musulman dans notre société n'est plus saisi que sous les feux d'une actualité internationale qui ne lui est en aucune manière structurellement lié.
La Sûreté de l'État est donc mobilisée. Pas moins de 80 personnes seront recrutées et, une fois n'est pas coutume, la qualité d'arabophone sera requise. Bien que cette mesure ne risque pas de faire baisser sensiblement la liste des demandeurs d'emploi qui compte justement un nombre alarmant de personnes dotées de cette toute nouvelle qualification, saluons ces heureux élus qui pourront désormais, dans l'intérêt majeur de la nation tout entière, faire valoir leur spécificité linguistique restée jusqu'ici désespérément sans le moindre effet.
Le terrorisme ne se conjuguerait donc, pour les profilers associés Onkelinx-Moniquet, qu'en arabe, pour qui l'intérêt majeur de l'État exige de toute évidence l'introduction d'une discrimination positive au second degré, en quelque sorte. Les turcophones, albanophones, berbérophones et autres pratiquants de l'ourdou et du tchétchène - qui ne sont donc pas soupçonnés d'activisme islamiste - tiens, pourquoi ? - apprécieront.


VOUS AVEZ DIT : "MINISTRES DU CULTE" ?
Madame Onkelinx, qui est bien la seule à connaître ces personnes et lieux qui nŒont toujours aucune espèce d'existence légale, se rend-elle compte qu'en les désignant ainsi à la vindicte judiciaire elle leur reconnaît hors de tout droit, ce même statut qui, selon ses v¦ux (et ceux de la majorité de la classe politique), leur fait cruellement défaut ?
S'agirait-il d'une farce ? Pas un seul des imams qui officient actuellement n'est connu, ni reconnu, par le pouvoir, pas même par la communauté musulmane. Pas une "mosquée" n'a de statut juridique établi. La structure organisationnelle de l'Islam en Belgique se réduit toujours, à l'heure actuelle et pour longtemps encore sans doute, à de vulgaires ASBL maintenues volontairement dans la dépendance, la précarité, parfois même dans la clandestinité.
Aucun lien juridique ne rattache ces personnes privées, dont le citoyen ignore tout, et pour cause, à l'association qui les engage et les débauche selon son bon vouloir ou celui des consulats dont elles dépendent parfois directement. Aucune reconnaissance par les pouvoirs, par l'Exécutif jugulé, par la communauté ne vient légitimer ces pitoyables otages d'un pouvoir aussi déficient que pervers qui n'hésite pas à les désigner, comble d'ironie, dans le cadre d'un véritable maccartisme de la terreur, comme "ministres du culte" !
Si ces imams faisant fonction devaient être considérés comme de dangereux éveilleurs à la foi islamique, ne faudrait-il pas leur adjoindre les professeurs de religion, les parents, tous les éducateurs religieux et, plus largement encore, tous les citoyens de confession musulmane (qui sont leur propre et ultime imam), et sonner une fois pour toutes l'hallali de l'islam ?


VOUS AVEZ DIT : "ÉTAT DE DROIT" ?
60% de mosquées turques sont propriété de l'État turc. La plupart des 40 autres dépendent d'organisations internationales qui échappent à tout contrôle national. Pareil pour les imams, lesquels, pour être, cette fois, d'authentiques "ministres du culte", le sont de la Turquie et d'elle seule !
Ces imams turcs sous contrat avec le régime turc échappent à tout contrôle national et c'est donc bien au consulat turc (ou marocain, via l'association qu'elle chapeaute) que notre ministre d'un État qu'elle dit de droit doit s'adresser pour savoir qui ils sont, ce qu'ils font, etc..., le citoyen belge (musulman ou non) restant bien entendu à l'écart de toute information sur le sujet 1.
Un État qui bafoue les institutions et le droit des gens, qui officialise la précarité d'un culte, qui, d'une part, fait de l'ingérence dans le culte islamique un mode généralisé de gestion, et de l'autre permet aux représentations consulaires d'en faire autant dans les activités politico-cultuelles de ses propres ressortissants, peut-il se targuer d'être un État de droit?
Le PJM doit-il rappeler ici que dans un État de droit, comme dit l'adage, nul n'est censé ignorer la loi ? Que celles-ci sont valables pour tous. Les imams, les rabbins, les prêtres sont, comme chacun d'entre nous, soumis au code pénal qui sanctionne bien évidemment les auteurs d'incitations à la haine raciale, à la violence, à toutes formes de malversations politico-financières (et qui ne manquent pas, c'est le moins qu'on puisse dire, dans le très socialiste parti de madame).
La ministre qui ne veut pas baisser la garde (mais qui obtempère complaisamment aux injonctions paranoïaques de Claude Moniquet 2) se complait ainsi à frapper un coup d'épée dans l'eau. Les "imams" et les "mosquées", les dirigeants de l'Exécutif des musulmans sont imposés à la communauté et étroitement contrôlés de l'intérieur et de l'extérieur. Aucun acte terroriste n'est à craindre de ce côté, et elle le sait. Mais insinuer le contraire n'est-ce pas l'occasion rêvée de s'immiscer davantage dans les affaires d'un culte qui doit impérativement être mis au pas?


VOUS AVEZ DIT : SÉCURITÉ ?
La Belgique serait-elle plus diligente que les States ou que l'UK, qui, pour avoir déjoué (prétendent-ils) de nombreux attentats, n'ont pu éviter d'être atteints ? Or, si les attentats sont imprévisibles, les victimes, elles, ne le sont pas. C'est la raison pour laquelle les responsables des mesures d'urgence tirent unanimement la sonnette d'alarme. Les pompiers, les secouristes, les hôpitaux (l'hôpital militaire de Neder-over-Heembeek en particulier, en pleine crise financière, qui est spécialisé dans le traitement des grands brûlés) crient au manque de personnel et de moyens, à l'incapacité absolue de leurs services à répondre aux exigences qu'impliquerait la gestion d'un événement du type de Londres (plusieurs foyers d'explosions concomitantes). On s'attend à des attentats imminents, mais on ne se soucie pas des victimes qu'ils feront !
Certes, traquer d'incertains attentats terroristes (en terrorisant au passage la population) est plus rentable politiquement que de prendre les mesures qu'il convient pour assurer la sécurité (ou la survie) des très certaines victimes qu'ils provoqueraient.
La question que pose le PJM à madame la ministre est donc celle-ci : le recrutement de 80 agents arabophones suppléera-t-il à la sécurité inéluctablement menacée des citoyens?

* DH du 06-09-05
1. Le nouvel Exécutif des musulmans de Belgique vient d'être désigné. "On peut parler de «hic institutionnel», relève Ural Manço. L'interlocuteur de l'État belge [Coskun Beyazgül] pour le culte musulman est, en somme, un employé de l'État turc" (LE SOIR, 04.10.05).
2. Les vaticinations de C. M. sont étalées sur deux pages du Ciné-Télé-Revue du 14 juillet 2005 ("Il est grand temps de prendre des mesures en Belgique, sous peine de vivre une tragédie comme à Londres").
Source : www.mvjm.be

 

 

Les flics qui ont tabassé le journaliste Michel Collon sont (re)condamnés

La Cour d'appel a confirmé la condamnation en première instance de policiers qui avaient tabassé notre collaborateur Michel Collon lors d'une manif contre la guerre en Yougoslavie, en 1999. Ils écopent de quatre mois de prison avec sursis, 250euros d'amende, 2.159 euros de dommages, les frais de procédures et même - une première au pénal -le paiement des frais d'avocats de la victime. «Cet arrêt, indique Michel Collon, va plus loin que le premier jugement. Il reconnaît les coups [il avait eu quatre côtes cassées], l'arrestation arbitraire mais aussi l'illégalité des deux ordonnances rendues par les autorités de Bruxelles et Woluwé, qui interdisaient de manifester.»
Il est très difficile de faire condamner les violences commises par des policiers. Quand ils ne sont pas acquittés au bénéfice du doute, c'est parfois la victime qui est sanctionnée pour une prétendue rébellion. «Mais j'ai eu de la chance: il y avait beaucoup de témoins et des caméras de télévision», note le journaliste. Il rappelle aussi combien les manifestants avaient raison de défiler contre la guerre: aujourd'hui, la Yougoslavie connaît une destruction sociale généralisée, la dictature du FMI, une épuration ethnique visant toutes les nationalités.
Source : Solidaire n° 36 du 5 octobre 2005

 

 

Le Parti des Jeunes Musulmans dénonce la complicité des élus arabes dans l’interdiction du hijab dans les écoles belges


La Communauté française intégralement dévoilée : : Hazette (MR) – Arena (PS), même arène, même combat !
par Rachid Zegzaoui, Jean-François Bastin, Abdullah Abu Abdulaziz, http://www.mvjm.be, 13 septembre 2005
A chaque rentrée scolaire, et bien avant même, comme on va le voir d’un élu en villégiature, les autorités publiques s’accordent, sans la moindre légitimité, le droit de soutenir ou d’ordonner dans les établissements scolaires dont ils ont la responsabilité, des règlements arbitraires d’ordre intérieur (ROI) qui sont autant d’atteintes aux libertés fondamentales et à la dignité des jeunes filles, de leurs parents, d’une communauté déjà si malmenée tant dans la reconnaissance de son identité que dans celle de sa citoyenneté.
Ainsi, le député régional PS El Ktibi, c’est de lui qu’il s’agit, dans une interview télévisée, diffusée sur les antennes de la RTM, (chaîne nationale marocaine), bien avant les misérables positions prises en parfaite conformité avec celles de ses prédécesseurs, par la présidente de la Communauté française, Maria Arena, rapportait avec une autosatisfaction confondante de suffisance, son éminente contribution au profit de tous pour avoir, grâce à sa vigilance citoyenne, protégé le sain derme des jeunes d’origine étrangère au travers de sa participation déterminante à l’élaboration d’une meilleure réglementation en matière d’utilisation de chlore dans les piscines publiques, rien moins que cela !
"Il y a, par exemple", le problème du chlore dans les piscines communales, de la Javel, comme ont dit communément, qu’on utilise pour tuer les microbes. Mais à la lumière de plus de 150 études défendues en Belgique et à travers l’Europe, se confirment la thèse selon laquelle ce chlore en contact avec la peau de l’enfant produit de la chloramine (sic), ce qui n’est pas sans danger. Or, 60% des élèves de l’école publique sont étrangers ou d’origine étrangère et une grande partie sont marocains et bien que nous ayons traité ce problème sur un plan général, les solutions proposées profitent, manifestement, aussi à cette population étrangère".
Il poursuivait en rappelant l’importante représentation des élus d’origine marocaine au sein des diverses assemblées de notre capitale :
"Les mandataires politiques d’origine arabe dont une grande majorité marocaine sont 18 conseillers ou conseillères au sein du parlement du Conseil régionale et environs 90 au sein des différents conseils communaux".
C’est ainsi qu’à la ville de Bruxelles où il siège également aux cotés de ses amis PS Boukhantar, conseiller communal, Faouzia Hariche, échevine de l’instruction publique et d’autres d’ÉCOLO ou du CDH, et avec le concours de TOUS les autres mandataires communaux des partis de l’opposition, il s’est, comme TOUS les élus "d’origine arabe dont une grande majorité marocaine" qui ont voté, hors de tout cadre constitutionnel, les arbitraires décrets communaux (ou qui se sont abstenus, ce qui revient au même), prononcé en faveur du maintien de cette forme particulière de persécution qu’est l’interdiction du port du foulard par les élèves musulmanes dans les écoles publiques.


Fidèle aux directives de ses maîtres à l’idéologie résolument athée
(voir http://www.mvjm.be/parti/textes/opinions_reflexions/laicite/GROLLET/lettre_ouverte.html)
qui, sous couvert de neutralité, imposent leur vision partielle et partiale de la liberté de conscience et de la pratique religieuse, il récite à la manière d’un potache la leçon apprise, prenant grand soin de ne pas évoquer le recours à une loi qui aurait indiscutablement le mérite de clarifier cette épineuse question :
"Le PS n’est pas pour une loi, mais, il est impératif de permettre aux directions d’établissements scolaires et au corps professoral d’établir des règlements d’ordre intérieur (ROI) pour prévenir tout débordement et justement pour éviter ce qu’il y a eu en France".
Comment M. El Ktibi peut-il, dès lors, hors de toute référence constitutionnelle et légale, nous tenons à le rappeler, soutenir des règlements communaux et d’ordre intérieur dans les établissements scolaires qui, loin de prévenir des débordements, les instaurent au contraire ? L’exemple qu’il donne de la France est particulièrement mal avisé, qui a posé la laïcité en dogme républicain contrairement à la Belgique : en effet, la Constitution du peuple belge oppose (nous disons bien : oppose) la notion de neutralité à celle de laïcité, qu’elle ne connaît pas.
On ne peut raisonnablement comprendre que M. El Ktibi et ses amis parviennent à légitimer une interdiction de fait (100% des écoles de la ville de Bruxelles, de Saint-Gilles et de Schaerbeek où siègent Thielemans (PS) Picqué (PS) et Mohamed Lahlali (PS), 85% tout réseau confondu, interdisent le port du foulard), alors que par la même occasion, ils refusent l’opportunité d’une loi qui légitimerait, enfin, dans une clarté législative l’arbitraire de leurs décisions !
"Il y a des écoles qui autorisent et d’autres qui n’autorisent pas le voile" poursuivait, placide, sur l’écran cathodique arabe, notre pharisaïque élu
Prôner l’intégration en justifiant cette ségrégation, cette arrogante immixtion d’un concept intégriste et partisan, éloigné de toute référence citoyenne, relève bien évidemment d’une tentative d’assimilation forcée, d’une violation éhontée des consciences avant même celle des dispositions constitutionnelles ! Et le machiavélisme de cette situation que M. El Ktibi nous susurre avec superbe, c’est que cette même population qui subit les ignobles ingérences d’une laïcité ouvertement prosélyte, demeure une des principales convoitises électorales du parti qui l’héberge !
Quel type de logique citoyenne est donc celle qui s’obstine, de façon à peine moins brutale, à peine moins voilée, à présenter la normalité en accord avec les manifestes idéologiques d’un parti qui n’est plus tenu de se conformer à l’esprit d’un Jules Ferry qui déclarait en France, en 1885, à la chambre des députés : "Les races supérieures ont un droit parce qu’elles ont un devoir: civiliser les races inférieures" ?
Ainsi, selon M. El Ktibi, qui cette fois parle vrai, les 15% d’écoles qui n’interdisent pas (encore) le port du voile ne le tolèreraient, non par "neutralité" idéologique, mais par respect archaïque à une désuète constitution, à une liberté de pratique religieuse dépassée, bientôt reléguée aux oubliettes d’une histoire révolue, et les 85% qui l’interdisent, seraient en parfaite conformité avec la bienséance idéologique qu’il prône en vue de maintenir la paix sociale.
Or, l’intérêt général n’est ni celui du PS ni celui de El Ktibi, c’est avant tout celui des normes de ce pays que l’ensemble des acteurs de la communauté éducative et des citoyens sont tenus d’assurer. Il est de dénoncer avec la plus grande fermeté ces atteintes à la dignité des jeunes filles. Il est de dénoncer les violations, d’où qu’elles surgissent, des droits de l’homme et de la femme, aussi bien au sein des établissements scolaires que dans l’espace public.
L’intérêt général, c’est de dénoncer les élus de la Communauté française et des autres assemblées représentatives qui soutiennent aveuglément la laïcité institutionnelle, celle qu’invoquent les autorités politiques et scolaires pour sanctionner des filles qui librement choisissent de porter le voile, en les accusant de succomber à des pressions parentales ou doctrinales alors que ce sont ces autorités, incontestablement, qui devraient être mises sur la sellette pour exercer, avec la circonstance aggravante d’un exercice abusif du pouvoir, d’intolérables pressions sur elles pour qu’elles se conforment à leurs directives autoritaristes.
Ces filles n’exigent nullement des pouvoirs publics qu’ils se plient à leur reconnaître un quelconque particularisme, mais bien de leur assurer une liberté d’_expression et de croyance inscrite dans la Constitution de 1831, édictée dans la déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CSDH) de 1950, le Décret de la Communauté française du 31 mars 1994, la loi belge du 3 février 2003, au même titre que celle accordée aux israélites, aux catholiques… ou aux laïques, de manière que l’ensemble de la société se les approprie.
C’est, faut-il le répéter, la non-reconnaissance de l’islam et des musulmans comme partie intégrante de la nation, et non l’islam, et non les musulmans et musulmanes qui entretient les frustrations, empêche toute intégration, génère les débordements.
Le PJM fustige ces enseignants inaptes à promouvoir des valeurs citoyennes dont ils pervertissent et la lettre et l’esprit.
Le PJM dénonce avec vigueur ces directeurs d’établissements scolaires qui, au mépris de tout principe propre à notre démocratie, instaurent des règlements intérieurs totalitaires qui déshonorent un enseignement public tenu de respecter les libertés fondamentales. Ainsi le tristement célèbre Francis Lees, ex-préfet despotique de l’Athénée de Bruxelles II qui s’était illustré, en son temps, avec la chaleureuse approbation du Ministre de l’enseignement de l’époque, M. Hazette (MR), en promulguant l’interdiction du voile, se voit promu par la ministre-présidente de la Communauté française en charge de l’enseignement obligatoire, Maria Arena (PS-CDH), collaborateur pour les questions touchant à l’interculturalité (sic), à l’éducation à l’environnement, à la nutrition et à la prévention des assuétudes, … à l’organisation générale de l’enseignement secondaire général et de transition, point d’exclamation.
On peut dire que la hargne qu’a manifestée cet enragé contre les "foulardées" et qui fut, à l’époque, savamment entretenue par son maître libéral Hazette a trouvé tout naturellement sa récompense (et sa justification) aux côtés de la socialiste Arena...
Le PJM récuse ces mandataires politiques, à tous les niveaux de pouvoir, de fermer ostensiblement les yeux, eux qui sont censés être les garants du respect des normes constitutionnelles, sur les ostentatoires violations des libertés citoyennes et religieuses de leurs très courtisés électeurs.
Le PJM désavoue la Communauté française dans son ensemble, pour avoir privilégié une politique discriminatoire qui favorise la disqualification, la ghettoïsation des élèves de confession musulmane, une ségrégation qui ruine les perspectives d’avenir d’une part importante des jeunes, qui mine toute possibilité de cohésion sociale.
Le PJM déplore l’insuffisance de réaction des citoyens et plus particulièrement de ceux issus des communautés opprimées.
Il reconnaît néanmoins une remarquable évolution dans la présence consciente d’acteurs de bonnes volontés, issus de l’immigration ou non, issus des milieux associatifs et parfois même politiques, disposés à instaurer les conditions nécessaires d’écoute et de compréhension réciproques, franches et sincères dans des débats de société auxquels nous sommes tous invités à participer.
Il salue et soutient, dans cet esprit, l’action légitime, courageuse et citoyenne du MRAX qui n’a pas hésité, pour cette fois, à dénoncer devant le Conseil d’État l’illégitimité des règlements d’ordre intérieur des écoles.


Fiche Quibla :
Pour y voir clair dans les affaires belges, voici la liste des partis francophones représentés dans les diverses assemblées parlementaires :
Partis francophones
* Gauche
* Parti socialiste (PS) http://www.ps.be
* ECOLO (Écologistes confédérés pour l'organisation de luttes originales) http://www.ecolo.be
* Centre
* Centre démocrate humaniste (CDH) http://www.lecdh.be (ancien Parti social chrétien (PSC))
* Droite
* Mouvement réformateur (MR) http://www.mouvementreformateur.be
* Front démocratique des francophones (FDF) http://www.fdf.be
* Mouvement des citoyens pour le changement (MCC) http://www.lemcc.be
* Parti réformateur libéral (PRL) http://www.prl.be
* Extrême droite
* Front national (FN) http://www.frontnational.be
* Partis ethniques
* Union des francophones (UF) http://www.uniondesfrancophones.be

 

Démolition du squat 111 à Louvain-la-Neuve


par Kreatura, http://squat.net, septembre 2005
Il n'ya pas qu'à Paris qu'on expulse des squatters par la violence de l'État. En Belgique aussi. Récit .
La journée du 5 septembre a connu la destruction sauvage à sept heures du matin des deux dernières maisons du squat 111 à Louvain-la-Neuve. L'Université Catholique de Louvain, propriétaire, n'aurait délibérément prévenu personne (ni les squatteurs, ni la commune) pour parvenir à ses fins. Deux personnes devraient subir les conséquences judiciaires de cette journée.

Le squat devait se faire évacuer depuis l'incident de mars dernier où deux enfants avaient péri dans l'incendie d'un camion et seule la zone punk demeurait. Un compagnon, qui a habité ce squat pendant 3 ans, nous raconte la journée :

« Les bulldozers sont arrivés à 7 heures du mat' ; bien sûr, les squatteurs n'avaient pas été prévenus, c'est ce que réclamaient ceux-ci. La tension est montée dans la journée (je suis parti vers midi) et au soir les occupants ont mis des briques au milieu de la nationale, mais pas sur les voitures qui passaient ; les flics étaient présent et les pompiers aussi car certains avaient bouter le feu au ruine des deux maisons qui s'étaient fait démolir.

C'est alors que les keufs ont arrêté une personne sans aucune raison (celle-ci n'étant pas spécialement véhémente) et puis une autre qui avait mis les briques au milieu de la nationale. Deux arrestations administratives, donc théoriquement il n'y aura pas de poursuite. C'est là que les choses se sont corsées et il y a eu une charge ; les flics-robocops ont repoussé les protestataires en face de l'autre côté de la nationale (côté quartier de la baraque). Là-bas ils ont sauté sur une personne (apparemment qui criait beaucoup mais c'est tout). Ils l'ont évidement roué de coup. Il a par la suite fait établir un certificat médical attestant des coups reçus, on me dit que plainte sera déposée.

Ensuite ils ont appelé une autre personne pour dialoguer mais quand celui-ci est arrivé à hauteur du commissaire les robocops se sont jetés sur lui. Dans la mêlée, un flic est tombé et s'est pété la clavicule. Donc ces deux personnes ont été arrêtées judiciairement et le premier est accusé de « rébellion, outrage à agent » et le deuxième de « violence sur agent ayant entraîné une incapacité de travail. » Voilà où ça en est pour l'instant, les deux maisons sont totalement mises a plat, mais c'est pas fini... »

Sa compagne nous relate la journée à sa façon :

« Cette journée du 5 septembre s'annonçait comme une dont il fallait profiter avant l'arrivée de l'automne, pourtant certains n'en ont pas eu l'occasion. Les occupants du squat 111 ont subi un réveil des plus animé. Pour eux, ce matin, ni eau ni électricité, mais par contre un bulldozer et quelques policiers pour leurs annoncer que les deux maisons dont ils occupaient le terrain, allaient être démolies sans autre forme de procès. Quelques squatteurs vigilant ont eu la présence d'esprit de vérifier qu'il n'y avait personne dans les maisons heureusement, sans ce réflexe, un nouvel « incident » aurait été à déplorer...

Après avoir évacué ce qui pouvait l'être, dans la précipitation, les occupants se sont rassemblés au milieu de la nationale pour observer le massacre. En quelques heures, il ne reste qu'un tas de gravas de ces maisons centenaires que la logique économique a rendues insalubres. Des représentants de l'ucl (proprio des maisons) sont sur place mais aucun ne daigne parler aux principaux intéressés.

Des personnes extérieurs au squat ont rejoint les occupants par solidarité avec eux. Cette démarche reste obscure pour les forces de l'ordre qui ont interpellé (verbalement) une de ces personnes de la manière suivante : « Vous habitiez là monsieur ? Non, alors en quoi ça vous concerne ?... » Là ça a causé solidarité, respect des êtres humains, réflexion sur le rôle qu'on joue dans notre société... Quand je dis « ça a causé », évidemment c'est pas le flic qui a dit ça, c'est l'interpellé. Ce flic lui a répondu que c'était un beau discours et qu'il respectait ces opinions, mais que la sienne d'opinion, il pouvait pas la dire dans le cadre de son boulot. C'est vrai que ça fait toujours tache de dire au milieu d'une foule de squatteurs-hippies-punks-libertoïdes qu'on est un gros facho, que les squatteurs c'est la vermine de notre société et qu'ils ont eu ce qu'ils méritaient.

Et puis les squatteurs ont eu l'idée de barrer la route aux véhicules sur la nationale et ça a pas plu à certains. Alors le ton est monté et le médiateur urbain (ex commissaire de gendarmerie), à la solde de l'ucl, a dit aux squatteurs de se calmer. Ben oui quoi ! Restons calmes. C'est pas parce qu'on vous laisse sans eau et sans électricité et qu'on vous a pas laissé le temps de sauver vos pauvres affaires que vous aller nous en chier une pendule ! Il est plein de bon sens ce médiateur. C'est vrai quoi, les squatteurs : gardez votre hargne pour le jour de l'expulsion dont cette journée du 5 septembre n'était qu'un avant goût... »

La police arrête les demandeurs d'asile dans les centres ouverts


par Riet Dhont, Solidaire, Bruxelles, 24 août 2005
Une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants se trouvent à la rue devant le Petit Château à Bruxelles. Etienne, originaire de Guinée, nous raconte: «La police vient nous arrêter tôt le matin, quand on est au lit.»

Où sommes-nous encore en sécurité? C'est le cri d'alarme de beaucoup de demandeurs d'asile dans les centres ouverts en Belgique.

Ali, responsable de l'organisation UDEP (Union de défense des sans papiers), lui-même réfugié de Côte d'Ivoire, explique: «Le service des étrangers s'est mis d'accord avec les centres ouverts pour que la police puisse venir les chercher, disons même kidnapper, pour les transporter vers les centres fermés comme Steenokkerzeel et de là les mettre dans l'avion pour les déporter dans leur pays d'origine. La police a maintenant le droit de venir au lit des gens tôt le matin et de les déporter.
Ils le font avec des familles entières. Dans le protocole de l'accord l'on indique que la police donne aux centres les listes avec les noms des réfugiés qu'ils veulent arrêter. Ces noms ne sont pas rendus publics. Les réfugiés qui veulent aller en appel sont donc tous menacés. Ce qui fait que beaucoup de gens, surtout des familles ont quitté le Petit Château. Ils errent dans les rues de Bruxelles, et ne savent pas où aller.»
Etienne de Guinée raconte: «Tout le monde a peur. Le dossier de notre demande d'asile n'est pas encore clôturé. Il est vrai qu'un appel au Conseil d'Etat ne suspend pas l'extradition. C'est la raison pour laquelle les gens viennent aux centres ouverts, pour avoir un accueil, un endroit où dormir, où manger et boire, avoir une adresse. Maintenant, même ces centres ouverts ne sont plus sûrs, on vient nous arrêter là-bas. Où est-ce que nous devons aller?»
Les réfugiés s'organisent. Ils fuient les centres ouverts et cherchent un refuge dans des églises comme à Charleroi. Ali, membre de l'UDEP, explique: «L'objectif du protocole était justement d'arrêter les réfugiés dans les centres ouverts, en catimini pour que personne ne soit au courant. Heureusement la résistance est venue des réfugiés eux-mêmes. Vendredi matin le ministre de l'Intégration sociale, Dupont (PS), a promis qu'il n'y aurait plus d'arrestations jusqu'au 1er septembre. Le gouvernement reprendra alors son travail et le ministre Dewael prendra une décision. Jusqu'à ce moment, les réfugiés continueront leurs actions comme celle à Charleroi.
Pour marquer votre solidarité, participez à la manifestation à Bruxelles le vendredi 26 août, 14h au Petit Château [voir info à http://quibla.net/agenda.htm#4 ]

Même le Petit Château ne garantit plus de protection


Le Petit Château est, depuis 1987, un centre ouvert où les demandeurs d'asile sont logés en attente d'une résidence fixe ailleurs en Belgique. Ceux-ci ont introduit une demande d'asile pour être reconnus comme réfugiés politiques.
Les demandes d'asile viennent plutôt de personnes originaires de pays africains. La Côte d'Ivoire connaît une guerre civile, le Congo est agressé par le Rwanda, au Togo il y a une répression énorme contre les opposants politiques, au Niger il y a la famine. Le Sierra Léone, la Guinée et d'autres pays africains connaissent une instabilité politique. Les gens s'enfuient vers l'Europe, à la recherche d'un futur pour eux et pour leurs enfants.
Mais l'Europe et la Belgique ferment leurs frontières. Dans 95% des cas, les demandes pour un séjour légal en Belgique sont refusées. Les demandeurs d'asile reçoivent alors un ordre de quitter le pays, contre lequel ils peuvent aller en appel. Entre temps, ils restent en Belgique, en attendant leur appel. Mais, dans cette phase ils n'ont plus droit à l'assistance des CPAS ou d'autres instances. Ils sont donc bien obligés de chercher un toit dans les centres ouverts, comme le Petit Château à Bruxelles.

«Défendre les sans-papiers, c'est défendre nos conditions de travail» - Charleroi: 54 candidats réfugiés en grève de la faim


par Myriam De Ly, Solidaire, Bruxelles, 24 août 2005
Suite à l'arrestation, à grands coups d'hélicoptères et autres moyens, d'un Togolais lors d'un simple match de foot, ce vendredi 12 août, le mouvement syndical se mobilise pour les droits des sans-papiers à Charleroi.
«Nous ne sommes pas dangereux, nous sommes en danger!»
«L'exclusion n'est pas une fatalité, mais le résultat de la façon dont les pouvoirs politique et économique organisent la société», explique Rudy Peres, du MOC.
Quand la police est venue arrêter Tata, les autres participants sans-papiers au match de foot ont essayé de l'en empêcher. La police fédérale arrive, avec plus de 20 véhicules, des hélicoptères, des chiens, des casques et des boucliers, comme ils ont fait il y a 6 mois pendant la grève d'AGC-Splintex.
Dès lundi, le mouvement syndical se mobilise. Frontières Ouvertes se joint à eux, comme dans les mouvements passés. Rudy Peres (MOC): «Le Mouvement Ouvrier Chrétien défend les travailleurs, y compris ceux qui sont obligés de quitter leur pays, parce qu'ils n'ont pas la possibilité de travailler chez eux, soit parce qu'il y a la guerre, soit pour des raisons politiques et économiques. L'exclusion n'est pas une fatalité, mais le résultat de la façon dont le pouvoir politique et économique organisent la société. D'autre part, défendre les sans-papiers, c'est aussi défendre les conditions de travail en Belgique. Les sans-papiers, qui sont obligés de travailler au noir pour survivre, sont utilisés pour faire pression sur les salaires.»
Pasquale Colicchio (FGTB): «On oublie souvent, y compris dans le mouvement syndical, que la solidarité vise à mettre au service des plus faibles, la force de ceux qui sont à l'abri de ces besoins élémentaires. Il y a déjà eu un grand mouvement en 1999, où la FGTB et le MOC à Charleroi se sont également mobilisés. Ce mouvement a eu comme résultat une campagne de régularisation. Mais le problème avait été réglé en partie seulement, pas sur le fond. Et le gouvernement continue de renvoyer chez eux, ceux qui dans d'autres pays sont victimes d'insécurité. Et lorsque les réfugiés essaient de se défendre, la réponse c'est la répression. Et ici, à Jumet avec les réfugiés, tout comme à Fleurus, avec les ouvriers d'AGC-Splintex, la répression montre son vrai visage.»

 

L'extrême droite flamande courtise les Turcs à Bruxelles

Décidément, rien n'échappe à l'excellent journaliste Steven Van Garsse de l'hebdomadaire flamand bruxellois Brussel Deze Week (BDW). Il vient cette semaine de révéler que le parti flamand d'extrême droite Vlaams Belang (VB) fait campagne en turc dans deux communes bruxelloises (Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek) où réside une forte communauté turcophone.

Même si la mauvaise traduction de l'extrait en début d'article - "Saint-Josse ta belediye baskani Demannez yaptirdigi yönlendirme" (la mobilité instaurée par le bourgmestre de Saint-Josse Demannez) - sautera aux yeux des traducteurs, l'article aborde habilement le double discours du parti d'extrême droite par rapport aux Turcs: opposition à l'adhésion de la Turquie en Europe et moquerie sur la langue turque. En effet, il suffisait de se balader il y a quelques mois en Flandre pour apercevoir les grandes affiches du VB contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Avant même l'évocation d'une possible consultation populaire sur la Constitution européenne, ce parti agitait la pseudo-menace turque sur le projet européen avec des clichés dignes de la propagande nazie de l'entre-deux-guerres à l'égard des juifs. Les eurodéputés VB Philip Claeys et Koen Dillen ont même récemment publié un ouvrage "Een brug te ver" pour marquer encore plus l'opposition du parti à l'élargissement de l'Union à la Turquie.

Comme le note aussi l'article du BDW, le turc n'était utilisé jusqu'ici dans les tracts du VB que pour se moquer des populations de cette origine. On se souviendra par exemple de la publication - en première page de leur magazine raciste - de la gaffe de l'échevin des Finances MR (Sait Köse) qui avait envoyé une lettre imprimé