RÉPONSE DU PJM À "L’APPEL
PACIFIQUE DES IMAMS"
La "Ligue des imams de Belgique", flanquée de
l’"Union des mosquées de Bruxelles", déclare,
sans rire, dans un communiqué de presse du 17.11.05, "qu’il
faut poursuivre la collaboration qui s'est amorcée entre
des responsables religieux, des services de sécurité
et des communes pour désamorcer la crise et éviter
l'envenimement des incidents en Belgique" !
http://www.lesoir.be/rubriques/belgique/page_5718_388135.shtml
C’est quoi cette Ligue ? C’est quoi cette Union ?
Des officines de police adjointes au ministère de l’Intérieur
? De la Justice ? Des associations crypto-collaborationnistes d'imams
et de mosquées manipulés par des politiciens qui les
soupçonnent ouvertement, par ailleurs, d’être
des prédicateurs extrémistes "porteurs de messages
de haine" (Verhofstadt, Onkelinx, Dewael, Flahaut, Landuyt,
etc.), des relais de "réseaux dormants" dont les
candidats au suicide n’attendent qu’un signal d’Al-Qaïda
pour passer à l’action ? Une mafia de petits dealers
accusés d’être des tenanciers de "bistrots
pour drogués" (Coveliers) ? Une nébuleuse occulte
de propagandistes d’un islam "en association très
forte avec le terrorisme" (Dewael) ?
Rien de tout cela, assurément, quoique les intéressés
n’aient jamais jugé indispensable à la défense
de leur honneur et de celui de leur religion de répliquer
comme il convient à ces affronts particulièrement
injurieux. Et certes, on les excuserait volontiers de renoncer à
exiger un quelconque respect de leurs personnes et des droits afférents
à la légitime reconnaissance de leur culte (et cela
d’autant qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes,
et encore moins leur religion), s’ils n’avaient le toupet,
l’indécence, la bassesse de se proposer, dans le même
temps qu’ils sont ainsi avilis, en auxiliaires incontournables
des services de sécurité, des responsables politiques,
au sein de cellules de crise susceptibles d’"éviter
l'envenimement des incidents en Belgique", ou dans des équipes
d’encadrement, "pour développer ensemble des projets
dans le cadre d'un travail de prévention" ?
Bingo ! D’une seule et même envolée lyrique
ces saints imams de la Ligue (Toujgani en tête, qui s’était
déjà courageusement engagé, lors du combatif
"DJIHAD DES POUBELLES" (1) avec ses frères turcs
(2), sur le chemin sacré du martyre) déclarent en
chœur vouloir assumer aujourd’hui, en ces moments difficiles
qui menacent nos démocraties vacillantes, à la fois
la charge des responsabilités qui pèsent sur "leurs"
jeunes (auxquels il faut fournir "les moyens de mener une vie
décente et digne des valeurs humanistes (3) de notre société"),
et celle de prévenir cette même société
de tous nouveaux "incidents" !
Quant aux catastrophes éthiques et religieuses qui menacent
non seulement la communauté musulmane tout entière,
mais l’ensemble de la société, ces imams d’un
genre inattendu qui s’occupent exclusivement de faire régner
l’ordre public et de bien remplir les sacs poubelles, n’en
ont cure. Où étaient-ils, par exemple, lors des deux
manifestations organisées contre la proposition de loi ouvrant
l’adoption aux couples homosexuels ? Pourquoi n’ont-ils
rien dit, pas un mot, au sujet du député SP.A Cemal
Cavdarli ("Le Turc de formation imam au Parlement belge"!)
qui a commis, comme il le laissait entendre depuis juin 2005 (4),
le véritable forfait de la voter, à deux voix près,
dont la sienne, au parlement, ce vendredi 2 décembre ? Pourquoi
n’ont-ils pas réagi quand l’imam anversois Nordine
Taouil, victime d’une répressive action discriminatoire
de l'Agence nationale de sécurité (ANS), a été
éjecté du nouvel Exécutif des musulmans de
Belgique ? Pourquoi, par contre, M. Toujgani, le président
de cette corporation d’imams, s’est-il farouchement
opposé à la manifestation du 22 juin 2003 contre l’interdiction
du port du foulard, jusqu’à déclarer en plein
sermon du vendredi "que les organisateurs (de pareils rassemblements)
n’ont pas leur place dans les mosquées"(5) ?
La secrétaire d’État Brigitte Grauwels (CD&V)
vient de s’élever (6) contre les "jeunes"
des quartiers qui injurient "les femmes à la mode en
blouse moulante ou à la taille dénudée",
et demande plus d’action pour lutter contre ce phénomène.
Ainsi, apprend-on que la police de Saint-Josse "va former des
éducateurs de rue qui auront pour mission de rappeler à
l’ordre la gent masculine qui manque de respect aux femmes".
Que la pauvre Brigitte (qui fut elle-même importunée
pour avoir, selon toute vraisemblance, elle n’en dit pas plus,
en ces lieux de barbarie inculte, exposé son nombril à
l’air) se rassure : à Molenbeek, à Anderlecht,
à Saint-Gilles et partout où il le faudra, M. Toujgani
et ses imams veillent au grain : plutôt que de dénoncer,
pour "éviter l'envenimement des incidents", les
intolérables exclusions, injures et discriminations dont
sont partout et quotidiennement victimes les femmes voilées,
ils la soutiendront, elle, et toutes les charmantes dames qui n’ont
pas le cœur de priver l’humanité du spectacle
revigorant de leur plastique, et n’hésiteront pas à
déclarer, en sus de leur appel à la pacification des
quartiers, un citoyen et sacrificiel "DJIHAD DE LA CIVILITÉ"
!
Pour reprendre l’image des pompiers si audacieusement avancée
par un représentant de l’Union des mosquées,
ces "jeunes", donc (mais en fait l’ensemble des
musulmans, et au premier rang les plus "pieux" d’entre
eux, vu que ces imams ne s’adressent qu’à eux
dans les mosquées, sous l’injonction des autorités,
à l’occasion des prêches du vendredi), seraient,
comme on les épingle chaque été lors des feux
de forêts criminels dans le sud de l’Europe, à
la fois pompiers et pyromanes !
Avec cette petite différence que les vrais faux sapeurs-pompiers
sont lourdement condamnés par la justice, et que nos imams,
entraînant derrière eux leurs cohortes fièrement
revêtues des uniformes de la fonction (ce qui, au surplus,
répond, tel un prodige, aux critiques de ceux qui dénonçaient
hier encore les discriminations à relent raciste dans la
profession !) se prévalent, en rejetant toute accusation
d’ingérence, bien entendu, de soutenir, sinon de conduire,
la stratégie gouvernementale !
Plus fort, en somme, que l'imam Mohamed Toujgani, tu brûles
!
04.11.05
JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ
www.mvjm.be
(1) http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1818
(2) La Fédération Islamique de Belgique, avec laquelle
il a commis, le 26.09.03, une "déclaration de presse"
intitulée "Nos devoirs envers l’environnement",
et qui n’a rien perdu, avec le temps, de son insondable imbécillité.
http://64.233.183.104/search?q=cache:wD-DH1fHDl8J:www.fibif.be/article.php%3Fsid%3D11%26%26thold%3D0+D%C3%A9claration+de+Presse+26.09.2003+&hl=fr&lr=lang_fr
(3) Non pas islamiques, bien entendu
(4) http://www.standaard.be/archief/dag/index.asp?snel=0&datum=4/6/2005&prev=grjfckau
(5) La réponse pour ceux qui donneraient leur langue au chat,
est que la police de Bruxelles avait fait pression sur les imams
pour qu’ils découragent "leurs jeunes" de
se joindre à cette manif autour de Abdullah BASTIN, lequel
s’était vu, pour le coup, interdit par elle d’y
prendre la parole...
(6) Het Laatste Nieuws du 02.12.05
HARO SUR LES IMAMS ET LES MOSQUÉES
!
Il y a longtemps que le courant ne passe plus, c’est le
moins qu’on puisse dire, entre les musulmans, les imams, les
responsables de mosquées, les représentants associatifs
et institutionnels.
Le PJM peut-il faire l’économie de ne pas en parler,
et laisser ce tissu "communautaire" qu’on se représente
homogène et uni, mais qui n’a pour particularité
qu’un goût unanimement partagé... pour la désunion,
filer jusqu’à la dernière maille ? Doit-il se
taire sous la pression d’une omerta soi-disant pieuse et bien
pensante, mais surtout pharisaïque et complexée, qui
accuse, pour les discréditer, ceux qui se risquent à
révéler au grand jour les désordres qui l’agitent,
d’en être les instigateurs, des agents perturbateurs
plus condamnables encore que ce qu’ils dévoilent ?
Or, si la dénonciation publique, inconsidérée,
de dissensions (fitna) susceptibles de déstabiliser une collectivité
(religieuse ou non) réellement unie, pourrait elle-même,
en soi, constituer une fitna, c’est tout le contraire, bien
évidemment, quand elle se porte sur une pseudo communauté
disloquée, qui n’est ni dévote ni solidaire,
sinon dans la pestilence d’une morale totalement gangrenée
par la fausseté des raisonnements, par la recherche effrénée
de confort matériel, par une dureté de cœur qui
repousse aussi bien, et plus encore, ses pareils que l’ensemble
des autres membres de la société.
Ces musulmans réellement obscurantistes qui ne sont ni
délivrés d’un colonialisme consenti, ni engagés
dans une religion cent fois répudiée, ne sont-ils
pas arrivés au point où l’idée même
de "discuter entre soi" n’a plus aucun sens, où
toute tentative de réformer les cœurs ne fait qu’exacerber
les passions, éclater de nouvelles querelles, provoquer de
nouvelles scissions rebaptisées aussitôt, sans la moindre
vergogne : "Unions", "Ligues" ou "Fédérations"
?
Le PJM, aujourd’hui, et de plus en plus de musulmans dont
on aurait tort de penser qu’il ne s’agit que de convertis
(avec tous les sens qu’on voudra bien donner à "que"
et à "convertis"), clament d’une voix de
jour en jour plus excédée: "Assez de mensonges
! Assez d’intrigues ! Assez d’avanies ! Assez d’indignations
muettes, d’hypocrites cécités ! L’abcès
doit crever !".
Refuser de guérir le mal là et quand on le peut,
là et quand on le doit est un déni de justice, un
déni de vérité et de salubrité citoyenne,
un déni d’islam, et ceux qui choisissent aujourd’hui
de se taire (et de faire taire) répondront demain de leur
crime, devant Dieu. La maladie mortelle qui gangrène la société
musulmane appelle une authentique catharsis de la parole qui, pour
être publique, est forcément morale et politique. Ainsi
le PJM a-t-il décidé de mesurer l’impact du
message de l’islam colporté par les imams et autres
dirigeants des mosquées (1), sur une société
qui les manipule à souhait.
Moureaux (PS) à Molenbeek, Picqué (PS) à
St-Gilles, Clairfayts (MR-FDF) à Schaerbeek s’invitent,
ou sont invités, on l’a dit, dans ces lieux de culte
décrétés fondamentalistes, mais qui semblent
à leurs yeux perdre tout caractère de dangerosité
aux approches des élections.
L’Union des mosquées, qui regrouperait 45 gestionnaires
de lieux de culte non reconnus, ne représente que des intérêts
matériels propres, sinon personnels, en contradiction totale
avec ceux de la communauté musulmane qui exige, elle, une
reconnaissance effective et inconditionnelle de ses droits.
La Ligue des imams, elle, n’a pas formulé la moindre
des plus humbles demandes d’explications au gouvernement sur
les accusations portées sur ses membres d’être
des "prêcheurs de haine". Non plus qu’à
propos des évictions de MM. Marrakchi et Davidts (2) de l’appareil
exécutif des musulmans de Belgique. (Le cas de l’imam
anversois Nordine Taouil a déjà été
évoqué) (3).
M. Beyazgûl, le jeune et sentencieux président de
l’EMB, décrète, enfin, devant plusieurs centaines
de milliers de téléspectateurs, que, pour un(e) musulman(e),
ne pas donner la main à une personne du sexe opposé
susceptible d’être épousée par lui (ou
elle), constitue une dérive à caractère radical
de l’islam ! (4). D’où tient-il son islam, ce
cadi d’opérette ? Ou, plus exactement, cet histrion
d’un modernisme maçonnico-laïque sur le déclin
ne réitère-t-il pas ici le coup fumant ( !) de l’imam
djihadiste au grand cœur (3), en dénonçant à
ses patrons, en live, devant nos yeux médusés (ce
doit être là un des aspects positifs de la colonisation),
les signes indubitables permettant de débusquer les dangereux
tenants de l’islamisme radical ? (5).
Sur le modèle, qui a fait florès, des cellules de
crise et de prévention instituées par Toujgani et
sa Ligue, voici notre héros (haro sur le héros !)
qui se propose d’en créer une nouvelle, et une nouvelle
communauté par la même occasion : la "cellule
des convertis", et la "communauté des convertis"
! Il les mettra au pas, soyez sans crainte madame la ministre des
Cultes et de la Justice (quelle symptomatique association des genres
!), dormez sur vos deux oreilles, monsieur le ministre de l’Intérieur,
monsieur le chef de la police : les criminogènes transfuges
de la foi qui croyaient jusqu’ici pouvoir échapper
aux affres de l’intégration, il en corrigera comme
il convient les déviances intégristes, il les amènera,
par la rééducation raisonnée des encéphales,
à renouer au plus vite avec un passé, une pensée,
des comportements que, naïvement, ils pensaient avoir définitivement
quittés (6).
Qu’il dérive, donc, ce petit imposteur cravaté
de suffisance, sur les banquises de la relégation, qu’il
disparaisse au plus vite, ce falot fonctionnaire arraché
du néant qui usurpe, sans le moindre scrupule, la place occupée
légitimement par son prédécesseur ! Quel musulman
digne de ce nom, quel "converti" (tous les musulmans dignes
de ce nom se sont, un jour, convertis), quel citoyen soucieux de
la souveraineté de son pays accepteraient-ils d’emboîter
le pas à cet "employé de l’État
turc" (7) qui ne peut prétendre, au mieux, que représenter,
par le truchement de la Diyanet (8), les Turcs d’obédience
gouvernementale ! Qu’il dérive lui-même, avec
son islam éclairé accouché du laïcisme
kémaliste, vers les limbes où ont disparu, corps et
biens, ses pitoyables devanciers !
Qu’un point d’orgue grandiose, aux allures de Deus
Irae, une stupéfiante diatribe qui illustre plus spécifiquement,
cette fois, et avec quelle intensité dans la protestation,
la déchéance morale et spirituelle de ces personnes
et institutions qui est, bien évidemment, la cause et l’origine
des désordres décrits, mette un terme (hélas,
provisoire) à ce très horrifique descriptif des musulmans
et des mosquées dans notre pays !
Le PJM salue le courage, l'honnêteté, la toute simple
et naturelle revendication de dignité et de compassion qui
président à cette description dantesque de lieux et
de gens qui semblent plutôt administrer la géhenne
que des "maisons de Dieu" !
http://www.mvjm.be/dossiers/DIALOGUES-INTRA-COMMUNAUTAIRES/lettre_mustafa_abu_meryem_mosquees.html
07.11.05
JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ
www.mvjm.be
(1) En fait, de simples mais très opaques associations
tantôt traitées comme telles (et encore), tantôt
comme des interlocuteurs officiels (alors qu’elles n’ont
ni statut, ni légitimité, pas même, parfois,
d’existence avérée). Idem pour la Ligue des
Imams. Qui connaît leurs noms, les critères et les
raisons de leur ralliement, leurs connaissances, leur fonction,
leur rétribution, les stipulations des contrats qui les lient
à leurs employeurs ? Idem pour l’Union des mosquées,
qui n’est, au fond, qu’une Union de syndicats de propriétaires
! Quelles mosquées en sont membres ? Qui sont les responsables
? Qui les dirige vraiment ? Qui les possède ? À qui
rendent-elles des comptes ?
(2) Ce n’est pas qu’on pleure sur lui ! Il instrumentait
en maître absolu "sa" radio SALLAM pour appuyer
sa candidature et soutenait impudemment, pour ce faire, la ministre
Onkelinx et l'Union des mosquées de Benjelloun Kissi.
(3) http://www.mvjm.be/dossiers/DIALOGUES-INTRA-COMMUNAUTAIRES/reponse_PJM_imams_appel_pacifique.html
(4) Le 04.12.05 à RTL-TVI, "CONTROVERSES".
(5) Il fallait voir la non dissimulée satisfaction que cette
aussi importante qu’inattendue révélation fit
naître sur les visages extasiés de Mme Lizin et de
M. Duquesnes !
(6) Le 04.12.05 à la RTBF, "MISE au POINT".
(7) Ural Manço, Le Soir, 04.10.05
(8) Dénomination officielle du ministère turc des
affaires religieuses, relayé par le consulat turc.
14 suspects interpellés dans l'enquête
sur la kamikaze belge en Irak
La police belge a interpellé au moins 14 suspects au cours
de plusieurs raids tôt mercredi contre des domiciles appartenant
à des personnes liées à la kamikaze belge qui
a commis un attentat-suicide en Irak le 9 noevmbre.
En France, la police a également interpellé un militant
islamiste présumé en Seine Saint-denis : il s'agit
d'un Tunisen de 27 ans.
La police a investi des domiciles situés à Bruxelles
et dans le nord d'Anvers mais il n'y a encore aucune garde à
vue prononcée, a dit Lieve Pellens, la porte-parole des procureurs
fédéraux.
Elle a confirmé qu'une femme née en Belgique avait
perpétré un attentat en Irak. D'autres responsables
belges ont établi le lien entre cette femme, dont l'identité
n'a pas été donnée, à un attentat à
la bombe contre une patrouille américaine à Bagdad
le 9 novembre dernier. Toutefois, les autorités américaines
n'avaient pas pu confirmer la nationalité de l'assaillant,
seule victime de cet attentat.
Pellens a précisé que les policiers fouillaient les
maisons de plusieurs alliés potentiels de cette femme.
Selon les médias belges, cette femme est née en Belgique
et était mariée à un islamiste avec lequel
elle s'est rendue en Irak en voiture. On ignore où se trouve
cet homme.
"Nous cherchons davantage à savoir si elle avait des
complices que d'enquêter sur sa famille proche", a dit
Pellens.
La Belgique a été mentionnée par le passé
comme étant un sanctuaire pour les terroristes et il y a
actuellement 13 ressortissants belges et marocains devant la justice
pour appartenance présumée à une organisation
islamiste soupçonnée dans des attentats à la
bombe en Espagne et au Maroc.
Aucun de ces prévenus n'est formellement accusé d'avoir
pris une part active dans un attentat terroriste en Belgique mais
certains d'entre eux sont accusés d'avoir fourni de faux
papiers d'identité ou encore un abri ou d'autres formes de
soutien logistique. Ils encourent une peine de cinq ans d'emprisonnement
s'ils sont reconnus coupables d'appartenir à une organisation
terroriste et à une peine de dix ans d'emprisonnement s'ils
sont reconnus coupables d'avoir joué un rôle de coordination
dans l'aide de terroristes.
Le ministère public accuse ces 13 hommes d'appartenir au
Groupe islamique combattant marocain (GICM) soupçonné
d'avoir perpétré les attentats de Casablanca qui ont
fait 45 morts en 2003 ainsi que les attentats de Madrid en mars
2004 qui avaient fait 191 morts.
Source : Reuters, 30 novembre 2005
Un Algérien violemment expulsé
: la douzième tentative a été la bonne
Ce mardi 15 novembre 2005 Monsieur Saidani devait être expulsé
pour la onzième fois vers son pays d’origine l’Algérie.
Suite à la présence de sa femme et de militants à
l’aéroport, cette expulsion a encore échoué.
La situation de Monsieur Saidani est très particulière
: il est en effet marié (religieusement selon l’Islam)
avec une Belge (depuis trois ans) d’origine algérienne.
Il vivait avec son épouse jusqu’à son arrestation
début 2005 et sa détention dans un Centre Fermé
pour Étrangers depuis lors. Le mariage civil a été
refusé au jeune couple car l’administration soupçonnait
un mariage blanc, ce qui, au vu des trois années de vie commune,
du mariage religieux et du combat mené par Madame Nadia Saidani
(qui se rendait tous les jours au Centre fermé pour rendre
visite à son mari) relève de l’absurdité.
Mercredi 16 dernier, nous n’avions aucune nouvelle de Mohamed
et craignions le pire. Son avocat a téléphoné
à la permanence de l'Office des étrangers qui lui
a répondu qu’il était en route vers le centre
fermé de Vottem. En réalité il était
déjà expulsé et le fonctionnaire de l'OE qui
a répondu à l'avocat lui a menti, ce qui constitue
en soi un fait très grave pour une administration de l'Etat.
Cette fois, l'Office des étrangers n'a pas lésiné
sur les moyens. Après avoir été reconduit à
Vottem le 15 nov. pendant une demi-heure, Monsieur Saidani a été
ramené à l’aéroport et a été
expulsé le lendemain. Il a été empêché
de prévenir son épouse ou son avocat. Il a été
mis au cachot et battu très régulièrement pendant
plusieurs heures par une dizaine de policiers de l’aéroport
de Bruxelles-national.
Au moment de son embarquement, vers Milan d’abord, il a encore
été battu et dans l’avion les policiers ont
continué à le maltraiter, le tenant par la gorge pour
l’empêcher de crier et d’alerter les passagers
de l’avion. Il a à certains moments de cette «
strangulation » eu peur d’étouffer et a cru qu’il
allait mourir.
A Milan il devait reprendre un vol vers Alger et, là aussi,
il a été battu, cette fois par des policier italiens.
Il a pu voir que la police belge a donné au pilote de l’avion
et à la police italienne une liasse d'euros pour «
payer » son expulsion vers Alger.
Il est arrivé à Alger vers 17 heures mercredi 16 novembre
2005 où il a été arrêté pendant
quelques heures puis libéré. Il est méconnaissable,
le visage tuméfié, des côtes cassées,
et bleu sur tout le corps.
Cette expulsion violente, malheureusement loin de représenter
un événement isolé, bien que particulièrement
violente, témoigne des agissement des forces de l'ordre.
Ces agissements sont absolument contraires aux lois et sont condamnables.
Les expulsions accompagnées de violences policières
continuent bel et bien, et dans ce cas, un nouvel assassinat a été
évité de justesse.
Nous dénonçons avec force ces comportement illégaux
et exigeons que la clarté soit faite sur les méthodes
utilisées, le cas échéant que des mesures soient
prises en conséquences.
Source : C.R.E.R., Bruxelles : http://regularisation.canalblog.com/.
Contact : Eveline Dal 0473 62 87 33
Une centaine de sans-papiers occupent l'église
Saint-Boniface à Ixelles (Bruxelles)
Mercredi 19 octobre 2005, une vingtaine de sans-papiers appartenant
au mouvement UDEP (Union pour la Défense des sans-papiers)
a décidé d'occuper l'Eglise St-Boniface du quartier
Matongue à Ixelles. La raison qui a poussé le mouvement
à mener cette action tient en l'insécurité
lié au fait de vivre en clandestinité avec la peur
permanente de se faire contrôler et arrêter, puis emprisonner
dans un centre fermé et enfin expulser vers la guerre, la
misère et la mort.
Depuis lors, une action de solidarité s'est constitutée
autour de ce mouvement qui vise principalement à susciter
un dialogue pour la regularisation avec les autorités. Particulièrement
avec le Ministre de l'Intérieur, Monsieur Patrick Dewaele,
mais aussi avec les différents acteurs politiques et syndicaux
concernés.
Dans cette action de solidarité, la place la plus importante
revient aux sans-papiers eux-mêmes. Lesquels, à deux
semaine de l'occupation, ont réussi à regrouper une
centaine de membres d'une trentaine de nationalités différentes
parmi lesquels on retrouve :
Angola, Algérie, Burkina Faso, Bangladesh, Bielo Russie,
Congo RDC, Cameroun, Erythrea, Equateur, Iran, Côte d'Ivoire,
Guinée, Kosovo, Kazaktan, Lybie, Maroc, Mali, Macédoine,
Mauritanie, Niger, Ouzbekistan, Sierra Leone, Sénégal,
Soudan, Somalie, Russie, Tunisie, Togo, Ukraine.
En parallèle, une assemblée de soutien composée
de voisins de quartier et de membres militants des différentes
tendances politiques et associatives s'est rassemblée en
vue d'organiser la poursuite du mouvement.
Cinq groupes de travail se sont formés pour assurer le bon
suivi du soutien aux manifestants :
- 1 ) un groupe juridique constitué d'avocats et juristes
- 2 ) un groupe politique
- 3 ) un groupe de proximité composé de commerçants
et voisins solidaires
- 4 ) un groupe logistique
- 5 ) un groupe communication
On invite d'ores et déjà toutes personnes désireuses
de participer à cette action d'une manière ou d'une
autre à rejoindre les groupes déjà formés.
Pour ce faire, vous pouvez contacter le coordinateur de chaque groupe:
- 1) Tristan : 0496/49.35.22
- 2) Oscar : 0496/403.309
- 3) Jean-Marie : 0472/81.46.35
- 4) Evelyne : 0473/62.87.33
- 5) Essoh : 0474/96.77.27
On peut dire, que malgré une large chaine de solidarité,
les politiques restent à nouveau muets et sans action concrète
pour permettre une ouverture ou même un dialogue avec le mouvement
créé.
On ne comprend définitivement pas cette indifférence
et nonchalence à négliger un problème qui concerne
autant de victimes. Les autorités politiques nient consciemment
et de manière récurrente leur responsabilité
dans cette affaire qui occupe des milliers de personnes toujours
en attente si pas d'une solution, au moins d'une écoute.
Faudra-t-il de nouvelles grèves de la faim ? Peu probable,
les précédentes n'ont servi à rien !
Faudra-t-il encore étouffer quelques enfants trop criants
parce qu'expulser sans délai vers leur souffrance ?
On ne peut pas attendre des tragédies supplémentaires
pour en finir.
Alors soyons nombreux, très nombreux à dire OUI à
la REGULARISATION de tous les sans-papiers.
Rejoignez-nous sans délai ! MERCI à tous !!!
Source : bakkaliahmed@hotmail.com. Plus d'Info : http://régularisation.canalblog.com/
Un débat entre un laïcard et
un musulman belges
1 - Lettre ouverte au Parti des Jeunes Musulmans
par Philippe Grollet, président du Centre d'action
laïque, Bruxelles, http://www.laicite.be
« Théories consternantes.., propos haineux, diffamatoires..,
intolérance.., fanatisme.., un monde qui s'abîme irréversiblement
dans l'idéologie d'essence spécifiquement luciférienne..,
imposture hautement spirituelle et moralisatrice du nouveau monde..,
destruction dans une humiliante schizophrénie de la conscience
qui lui interdit tout épanouissement .., mensonges ineptes
et éc¦urants, etc. » ce sont là quelques
exemples de qualificatifs que vous utilisez, Monsieur Jean-François
Bastin Abdullah Abu Abdulaziz, dans votre lettre ouverte L'imposture
laïque pour caractériser la laïcité défendue
et promue par le Centre d'Action Laïque.
En cette période de Ramadan, faut-il le rappeler, mois
d'abstinence et de piété, je vous invite Monsieur
Bastin Abdullah Abu Abdulaziz à « laisser au vestiaire
» ces propos blessants et stériles pour clarifier ensemble
les valeurs qui caractérisent la laïcité belge
d'aujourd'hui. Conformément à sa charte statutaire,
le Centre d'Action Laïque entend défendre et promouvoir
la laïcité.
« Par laïcité, il faut entendre d'une part :
La volonté de construire une société juste,
progressiste et fraternelle, dotée d'institutions publiques
impartiales, garante de la dignité de la personne et des
droits humains assurant à chacun la liberté de pensée
et d'_expression, ainsi que l'égalité de tous devant
la loi sans distinction de sexe, d'origine, de culture ou de conviction
et considérant que les options confessionnelles ou non confessionnelles
relèvent exclusivement de la sphère privée
des personnes.
Et d'autre part :
L'élaboration personnelle d'une conception de vie qui se
fonde sur l'expérience humaine, à l'exclusion de toute
référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle,
qui implique l'adhésion aux valeurs du libre examen, d'émancipation
à l'égard de toute forme de conditionnement et aux
impératifs de citoyenneté et de justice. » Il
s'agit donc bien pour le CAL de défendre et de promouvoir
la laïcité politique des institutions publiques c'est-à-dire
le respect d'une rigoureuse impartialité à l'égard
de toutes les convictions philosophiques et religieuses(1).
La laïcité politique interdit au pouvoir public de
prendre parti dans le débat philosophique et religieux. Elle
interdit à l'Etat et aux pouvoirs publics de favoriser une
religion ou une conviction. Elle impose de traiter tous les citoyens
de manière identique qu'ils adhèrent à telle
religion ou à telle autre ou qu'ils n'adhèrent à
aucune religion du tout. C'est en cela qu'on peut dire que les religions
et convictions confessionnelles et non confessionnelles (et bien
entendu l'absence de conviction) relèvent de la sphère
privée des personnes en ce sens que le pouvoir public ne
peut avoir aucune prise sur ces convictions ou absence de conviction
qui ne confèrent comme telles aucun droit et aucune obligation
quelconque, autres que ceux de droit commun.
Le CAL entend également défendre les droits et libertés
de celles et de ceux qui estiment que la réponse à
toutes leurs questions existentielles ne viendra ni d'un dieu ni
même de plusieurs dieux, ni de la magie mais bien d'une recherche
honnête sur le sens à donner à leur vie avec
comme ancrage l'homme et uniquement l'homme. Cette recherche, nous
sommes en droit de la mener avec tous les autres humains, nos frères,
croyants et incroyants, religieux, agnostiques et athées.
Non, Monsieur Bastin, nous ne cherchons pas à « précipiter
le monde dans les ténèbres de l'ignorance et de la
perversité ». Nous en appelons simplement à
ce que notre société, riche 1 Souligné par
nous de sa pluralité, soit une société où
la tolérance prime et où chacun ait le droit de s'épanouir
librement sans aucune forme de pression. Je relève à
cet égard une convergence de vue puisque dans votre lettre
ouverte vous affirmez ceci : « en tant que citoyens respectueux
des opinions d'autrui (..) et s'appliquant à vivre dans un
Etat de droit qui admet et défend la pluralité des
convictions, les musulmans reconnaissent naturellement que chacun
soit libre de soumettre sa conscience à la miséricorde
de Dieu ou à l'arrogance de l'homme (1)».
Laissons, une nouvelle fois de côté, le vocabulaire
dénigrant utilisé pour qualifier les conceptions philosophiques
qui s'écartent du divin, de la transcendance, pour retenir
une volonté partagée par chacun, croyant ou non croyant,
de respecter l'Etat de droit pluraliste dans lequel nous vivons.
Il est en effet impératif que chacun souscrive aux valeurs
fondamentales qui caractérisent notre ordre démocratique
et rejette tout appel à la violence et à la haine.
La liberté de conscience ou de culte, qui implique l'exercice
de certains droits individuels mais aussi collectifs, relève
bien entendu de ces valeurs fondamentales. Mais n'oublions pas,
Monsieur Bastin, que l'exercice par chacun de ces libertés
n'est possible qu'en acceptant un socle commun de valeurs fondamentales
d'une citoyenneté démocratique, principalement celles
reprises dans la Convention européenne des droits de l'homme.
Parmi ces valeurs communes, l'égalité entre l'homme
et la femme tient une place de choix. Le sort réservé
par la charia à la femme adultère et la discrimination
qu'elle lui réserve en matière d'autorité parentale
sont assurément contraires à cette valeur essentielle,
comme l'obligation de se cacher le visage, celle de se soumettre
au mari. De même, serait inacceptable toute restriction au
droit des filles de recevoir le même enseignement que les
garçons dans des établissements mixtes ainsi que toute
restriction de leur droit d'exercer n'importe quelle profession,
le droit de circuler en public dans la tenue de leur choix et de
conduire n'importe quel véhicule aux mêmes conditions
que leur frère et que leur père. Bien entendu est
aussi inadmissible la prétention à vouloir enseigner
comme vérité la théorie mensongère du
créationnisme.
L'égalité homme-femme est un principe fondamental.
La loi civile, inspirée par le respect des droits et libertés
fondamentales, reconnues par la Convention européenne des
droits de l'homme doit, pour régler le statut juridique des
personnes, primer sur le droit religieux. Mais ne me faites pas
dire ce que je n'ai jamais dit : nous ne cherchons pas à
gommer les différentes conceptions religieuses. On entre,
en effet, là dans le respect de la sphère privée
de chaque individu ou encore dans le respect du principe de non
ingérence réciproque entre l'Eglise et l'Etat.
Mais pour rendre possible ce respect mutuel des différences,
il est indispensable que chacun, croyant ou non-croyant, soit conscient
de la nécessité de défendre un espace public
neutre et impartial dans lequel les valeurs fondamentales de notre
société démocratique peuvent s'épanouir.
Vous m'avez mis au défi de vous répondre. Je suppose
que vous aurez alors à c¦ur de publier ma réponse
à la suite de votre lettre ouverte sur votre site www.mvjm.be.
(1) Souligné par nous
2 - Réplique à Philippe Grollet
par Jean-François Bastin Abdullah Abu Abdulaziz, Parti des
jeunes Musulmans, 13 septembre 2005, 23 ramadan 1426
Tout d'abord, je ne vous ai jamais mis au défi de répondre
à ma lettre ouverte qui répondait elle-même
aux allégations d'un chétif opuscule commis par vous
sur la laïcité et à propos duquel nous avions
débattu sur une radio périphérique de la capitale*
. http://www.mvjm.be/dossiers/SOCIETE/imposture_laique_GROLLET.html
Mais qu'importe ! Votre lettre, rassurez-vous, trône en majesté
sur la première page du site du PJM, accompagnée,
vous n'y voyez pas d'objection ? de la présente réplique
qu'elle appelait assurément.
En fait, vous ne répondez pas à ma première
lettre. Vous n'y remâchez que les concepts que M. Zegzaoui
et moi-même avions déjà dénoncés.
Auriez-vous craint à ce point que la subtile essence de vos
convictions échappât à notre entendement forcément
limité ? N'est pas, il faut le reconnaître, libre penseur
qui veut !
Votre pensum, à vrai dire, eut été mieux accueilli
s'il n'avait été si laborieusement machiné,
si répétitivement didactique, s'il n'avait laissé
la désagréable impression qu'il ressortit des minutes
d'un registre notarial, ou d'un argumentaire apologétique
emprunté à celui des témoins de Jéhovah
!
Cela dit, je ne ressens aucune haine contre vous, ni contre qui
que ce soit, contrairement aux tenants d'une certaine laïcité,
dont vous êtes, qui témoignent quotidiennement de leur
mépris à l'encontre des croyants qui ont la débilité
mentale de croire en une autre religion que la leur. Votre "épître
à Tartuffe" adressée en fin d'ouvrage à
un bien triste abbé, assurément, mais qui vous ressemble
étrangement, n'en est-elle pas une magistrale illustration
?
Ceci également : Vous affranchir de l'Église exigeait-il,
frère lai, que vous rejetiez Dieu ? Le dogme n'oblige que
dans la mesure où on y croit, et on ne croit que librement
! Vous n'avez connu, hélas ! que ces chrétiens infantilisés,
manipulés par des "pères" qui se conduisaient
avec eux comme une mère abusive. Cela laisse des traces !
Et encore : Avez-vous jamais imaginé la liberté de
croyance qu'offre une religion restée conforme à elle-même
telle que l'Islam ? La doctrine, le gestuel, les prescriptions divines
que vous jugez aliénants sont pour le croyant les balises
éclairées (1) qui jalonnent le chemin de la foi vers
un monde dont, de toute évidence, aucun écho ne vous
parvient, prisonnier que vous êtes de cette transcendance
horizontale chère à Jules Ferry (merci de l'avoir
rappelé) que vous rebaptisez, plus tristement encore, spiritualité
matérialiste.
Vous nous saoulez, M. Grollet, avec les "valeurs" de la
laïcité. Quelles valeurs, grand dieu, qui, lorsqu'elles
ne reposent pas sur un relativisme amoral surfant au gré
d'une bioéthique hasardeuse dont vous prétendez souverainement
du caractère moral (laissons là l'IVG, l'euthanasie,
l'assistance au suicide, le mariage homosexuel, l'adoption par eux
d'enfants...), sont directement induites de ces religions que vous
écartez avec mépris d'un revers d'embryon de pensée
libre.
Et pourquoi donc votre nouvelle conception de vie se concevrait-elle
"sans distinction de sexe, d'origine, de culture ou de conviction"
? "Sans référence confessionnelle, dogmatique
ou surnaturelle" ? Que ferez-vous de ces créatures déshabillées
de tout signe ostensible, hormis celui prétendument neutre
de la laïcité ? Des clones indifférenciés,
exclus par la force des choses de tout dialogue avec l'autre (2),
interdits de toute relation avec Dieu et l'au-delà ? Comment
pouvez-vous alors, trois paragraphes plus loin, nous vanter en des
termes hautement messianiques, les mérites paradisiaques
d'une société "où la tolérance
prime et où chacun a le droit de s'épanouir librement
sans aucune forme de pression" ?
"La laïcité politique", dites-vous non sans
aplomb, "interdit au pouvoir public de prendre parti dans le
débat philosophique et religieux".., "de favoriser
une religion ou une conviction", ce qui serait le gage d'une
"rigoureuse impartialité" : Les vraies religions
(excusez-moi de penser que vous en êtes une fausse) auront
tôt fait de dénoncer dans ces subterfuges destinés
à dissimuler l'imposture des collusions, l'incompatibilité
radicale entre laïcité et neutralité. Et si l'on
parlait de l'islam politique ?
À propos des "convergences de vue", du "respect
partagé de l'État de droit pluraliste", du "socle
commun des valeurs fondamentales", comme vous y allez, M. Grollet
! Au risque de vous décevoir dans votre ¦cuménique
appel à nous aligner, nous les religieux (musulmans et autres),
sur les "valeurs fondamentales d'une citoyenneté démocratique"
(d'essence laïque bien évidemment), permettez-moi de
vous rappeler ces propos de vous, que "le respect des convictions
d'autrui n'implique évidemment pas qu'on y adhère",
et cela d'autant que la liberté de culte, ou le pluralisme
des convictions ne sont en aucune manière des "valeurs",
mais de simples options contractuelles de coexistence pacifique
(ne peut-on le dire ainsi ?) consenties entre citoyens responsables.
Comme si réclamer la liberté, le respect, la reconnaissance
d'un culte, d'une croyance, d'une culture spécifiques exigeait
de passer sous les fourches caudines d'une laïcité qui,
pour n'avoir pas plus le monopole de la démocratie que les
chrétiens n'ont celui de l'altruisme, n'en prétend
pas moins la contrôler et s'arroger l'exclusivité de
la bienfaisance universelle !
"La volonté partagée par chacun, croyant ou non
croyant, de respecter l'État de droit pluraliste dans lequel
nous vivons..", chantonnez-vous sur un mode égrillard.
C'est trop facile ! N'induisez pas, je vous prie, de la naturelle
ouverture aux autres des musulmans une allégeance quelconque
à votre système laïciste préférentiel
(antidémocratique, donc) de gouvernement. C'est la démocratie
qui respecte les libertés (qu'ils n'ont pas), et non le contraire.
C'est l'État de droit qui doit respecter leurs droits, et
il ne les respecte pas. C'est l'État de non-droit qui les
maltraite au nom de cette laïcité dont vous faites assaut,
qui les maintient hors de toute représentation citoyenne,
de tout exercice cultuel et politique autonome.
Vous dénoncez toute ingérence des cultes dans les
affaires de l'État, mais ne dites rien des ingérences
de l'État dans les affaires de culte, spécialement
du culte islamique. Pourquoi ne vous associeriez-vous pas avec le
PJM, vous qui êtes en mal de convergences, pour exiger le
respect impartial du principe laïque fondamental de la séparation
de l'Église et de l'État ? Pourquoi ne le soutiendriez-vous
pas dans son combat contre les graves dysfonctionnements politiques
qui mettent à mal ce fameux équilibre démocratique
? Les immixtions flagrantes des pouvoirs politiques dans l'Exécutif
des musulmans, l'inféodation des mosquées maintenues
dans une dépendance électoralement entretenue, la
mainmise sécuritaire qui s'exerce sur des "ministres
de culte" non reconnus seraient-elles acceptables pour vous
quand il s'agit des musulmans ?
En quoi, pareillement, la lutte pour les droits de la femme, la
défense des libertés, de la démocratie, de
l'égalité des sexes seraient-elles l'apanage d'une
idéologie militante athée, relativiste, libertaire,
contre-civilisationnelle ? Dois-je vous rappeler que la République
française dont vous vous gargarisez tant n'a accordé
le droit de vote aux femmes que 12 ans après la Turquie,
après deux guerres, et sous la pression internationale ?
Et la Belgique, 2 ans plus tard, après de multiples et historiques
oppositions des "progressistes" franc-maçons dans
des alliances contre-nature libéralo-socialistes ? Aujourd'hui
même, il y a moins de femmes au parlement en république
laïque française qu'au Mozambique.. ou en Iran ! Pourquoi
donc ces combats (et bien d'autres) pour parvenir au respect mutuel
des droits de chacun ne pourraient-ils être menés au
nom de valeurs réellement universelles, appropriables par
chacun, selon des modalités diverses, religieuses entre autres,
islamiques précisément ?
Les féministes Mona Chollet, Christine Delphy, pour ne citer
qu'elles, laïques et athées comme vous, le collectif
Les Mots Sont Importants, une institution comme le MRAX qui vient
de procéder à la saisine du Conseil d'État
dans le cadre de l'interdiction du port du foulard dans les écoles,
ont dénoncé la supercherie du discours assimilationniste
soi-disant égalitaire, l'imposture qui consiste à
contraindre les élèves de se "libérer"
d'un foulard qui est l'_expression même de leur liberté.
Car enfin, il est aussi bien de leur liberté de choisir de
mettre un foulard (que personne n'est en droit de leur interdire)
que de se sentir libre en le portant ! Il est vrai qu'au nom de
la liberté, de l'égalité, de l'émancipation,
les valeurs fondamentales de la laïcité ne les autorisent
tout simplement pas de choisir librement, à égalité
avec leurs concitoyennes, de s'émanciper comme elles l'entendent..
Les droits de l'homme ne sont nullement en concurrence avec les
préceptes de l'Islam (en fait, ils en procèdent) qui
ne doit en aucune manière être saisi, comme vous le
faites, au travers des sociétés musulmanes actuelles,
ou de textes coraniques isolés de leur contexte, sans aucune
approche historique ni exégétique. Sans aucune considération
psychosociologique, et pour cause, de la place qu'occupe "l'être-femme",
le couple homme-femme, le noyau parental et, enfin, le groupe social
tout entier que la "libération" prônée
par vous des m¦urs s'est acharnée à détruire,
comme aux dominos, l'un après l'autre dans une image aliénante
et dégradante de la femme, dans la promotion du mariage homosexuel,
dans la liquidation de la famille, dans la faillite programmée
de la société.
La discrimination des femmes dans l'enseignement, qui est particulièrement
sensible, je vous le concède, dans certaines régions
elles-mêmes discriminées économiquement et culturellement,
est une trahison de l'Islam qui enseigne par la voix de son prophète
(sur lui le salut) que "la recherche du savoir est une obligation
pour tout musulman et toute musulmane".
Qu'il vous échappe que ces femmes se libèrent au nom
de l'Islam et des droits qu'il leur donne de rester elles-mêmes
dans une économie divine qui met chaque chose, chaque créature,
chaque personne à la place exacte qui leur a été
assignée en toute équité pour leur épanouissement
optimal, que vous soit étrangère l'idée qu'elles
ne ressentent nul besoin de s'occidentaliser, de se libre examiner,
de se séculariser pour échapper à leur condition,
je le conçois!
Mais l'essentialisation à laquelle vous vous livrez, d'une
religion pratiquée par des citoyens belges musulmans qui
jouent le jeu de la démocratie mais refusent, pour cette
raison même, les contraintes laïcistes, cela porte un
nom, M. Grollet : l'islamophobie, qui est une forme de racisme.
Claude Imbert, vous vous rappelez ? déclarait il n'y a guère
que l'islam apportait "une débilité d'archaïsmes
divers", "une manière de considérer la femme",
de la "déclasser régulièrement, et en
plus un souci de supplanter la loi des États par la loi du
Coran", qui le rendait, il le reconnaissait, lui, "islamophobe".
Pensez-vous réellement dire autre chose quand vous laissez
entendre que l'idéologie islamique serait congénitalement
productrice de haine et de violence, d'arriération structurelle
ou de misogynie chromosomique par le truchement, au surplus ! de
sociétés étrangères archaïsantes
(l'Arabie saoudite que vous ne nommez pas, qui est bien le seul
pays "islamique" à interdire aux femmes de conduire).
Laissez-moi, pour finir (ma lettre répondait à votre
livre, la vôtre en exige un de moi !), extraire des nauséeux
persiflages d'arrière-cour que vous avez crû devoir
enfiler en conclusion de votre missive, et que seule peut expliquer
votre stupéfiante méconnaissance de l'Islam et des
religions, l'inadmissible autant qu'inepte défi à
la tolérance (et à l'intelligence) que constitue votre
sommation faite aux croyants qui auraient "la prétention
à vouloir enseigner comme vérité la théorie
mensongère du créationnisme" de cesser immédiatement
leurs activités contraires au dogme laïque irrécusable,
enseigné d'autorité dans les écoles "neutres",
d'un darwinisme évolutionniste racial aux dérives
racistes marquées, susceptible au reste d'évoluer
lui-même, comme toute théorie scientifique, vers d'autres
spéculations savantes.
C'est donc ainsi que le président du Centre d'Action Laïque
conçoit le "respect mutuel des différences"
? C'est donc ainsi qu'il prétend "défendre un
espace public neutre et impartial dans lequel les valeurs fondamentales
de notre société démocratique peuvent s'épanouir"
? Combattre la religion, dénigrer les croyants, ridiculiser
les doctrines ce serait donc édifier un espace neutre ! Et
vous avez l'audace d'avancer qu'un tel espace karchérisé
au napalm de votre athéisme agressif, déserté
de toute authentique spiritualité autre que laïque (sic),
favoriserait l'épanouissement des religions !
Un dernier mot, monsieur le mécréant de service (comme
vous aimez vous désigner). Il ne me dérange nullement
que vous soyez athée, laïque, un peu islamophobe et
darwinien beaucoup, ni même que votre communauté philosophique
non confessionnelle ait pris rang aux côtés des autres
cultes pour percevoir de l'État, avec les catholiques, des
aides financières sans commune mesure avec celles allouées
aux autres confessions reconnues (3), et qui vous autorisent à
poursuivre la laïcisation systématique de la société
(4). C'est de bonne guerre, après tout, et comme on dit,
que le meilleur gagne !
Mais je ne cesserai de dénoncer l'imposture d'une laïcité
qui, sous couvert de neutralité, se permet d'envahir la totalité
de l'espace public, à commencer par les écoles, et
d'en exclure ceux qui ne partagent pas l'ambiguïté mystifiante
de vos concepts. Cela relève d'une escroquerie intellectuelle
doublée de malversation politique. Cela ne s'accorde surtout
pas avec les statuts du Centre d'Action Laïque qui prétend
vouloir, en son article 4, "construire une société
juste, progressiste, et fraternelle, dotée d'institutions
publiques impartiales, garante de la dignité de la personne
et des droits humains assurant à chacun la liberté
de pensée et d'_expression, ainsi que l'égalité
de tous devant la loi..".
Aurez-vous à c¦ur, non d'en convenir, il s'en faut
! mais d'y réfléchir, M. Grollet et, à votre
tour, de publier ce texte sur le site de votre association http://www.laicite.be
?
Notes :
*22/09/05. Radio EL WAFA 106.8 : "La laïcité à
l'épreuve ?" Avec Philippe Grollet, Yacob Mahy et Abdullah
Bastin.
(1) Une torche qui n'éclaire que le vide se distingue-t-elle
d'une bougie qui se consume dans une cathédrale ?
(2)"Hé toi, l'être humain. Nous t'avons créé
à partir d'un homme et d'une femme. Nous t'avons constitué
en groupes et tribus pour que vous vous connaissiez les uns les
autres". Ces versets coraniques montrent que l'islam, contrairement
à la phraséologie égalitariste de M. Grollet
(une forme para-raciste de racisme censée écarter
tout ce qui pourrait, SELON LUI, l'entraîner à l'être
!), reconnaît bien le pluralisme, dans le respect des différences,
qui sont l'essence même des personnalités, et qu'il
insiste sur la nécessité du dialogue entre les peuples.
(3) Globalement, les dépenses publiques consacrées
aux cultes, au mouvement laïque et aux cours d'instruction
religieuse (ou de morale) peuvent être estimées à
600 millions d'euros pour l'année 2000. L'Église catholique
a obtenu 80 % de cette somme, et le mouvement laïque 13 %,
tandis qu'aucune des autres communautés religieuses reconnues
ne dépassait 0,6 % (pour l'islam, la minorité la plus
importante, c'est facile à calculer, ça confine au
zéro absolu!.
(4) "Car la reconnaissance de la laïcité n'est
qu'une étape vers une laïcisation plus totale de l'État
belge". (Le Soir, 24/10/2002, à l'occasion de la parution
au Moniteur belge de la loi reconnaissant de plein droit la laïcité).
Est-il possible d'imaginer les réactions qu'aurait suscitées
l'Exécutif des Musulmans de Belgique, le pendant du CAL,
s'il avait déclaré, de son côté, que
la reconnaissance de l'islam n'est qu'une étape vers une
islamisation plus totale de l'État belge ?
Source : www.mvjm.be. Contact : pjm@mvjm.be
Tout feu sur les terroristes,
tout flammes sur les victimes !
par RACHID ZEGZAOUI et JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU
ABDULAZIZ, Parti des jeunes Musulmans, Bruxelles, 11 octobre 2005
Juste avant que le gouvernement belge adopte un avant-projet de
loi modifiant le code judiciaire en vue d'améliorer la lutte
contre le terrorisme et la criminalité organisée,
la ministre des Cultes et de la Justice confessait à La Dernière
Heure* (en insistant lourdement sur le fait qu'"Il ne s'agit
pas de focaliser l'attention sur une communauté en particulier")
:
"Le code pénal précise que les ministres du culte
ne peuvent pas prendre d'attitude ostentatoire contre le gouvernement.
C'est une règle à respecter dans un État de
droit".
Pour lutter contre le terrorisme qui menacerait gravement notre
pays, madame Onkelinx a donc décidé de renforcer les
effectifs de la Sûreté de l'État par 80 agents
arabophones. N'ayant aucune information sur ces éventuels
terroristes, et ne pouvant parer à leurs imprévisibles
autant qu'incertains attentats (pas plus, assurément, qu'à
New York, Bali, Taba ou Londres), elle désigne, à
la traîne des médias et autres experts en agitation
islamophobe, les "ministres" et "lieux" du culte
musulman comme étant les instigateurs et foyers d'un activisme
islamiste qui amènerait tout droit au terrorisme.
Suite au crédit inconsidéré qu'accordent les
médias et les politiques aux détenteurs du label "terrorisme
islamiste", aux vendeurs de psychoses, aux paparazzi du terrorisme
mondial, aux prédicants millénaristes d'un monde livré
à la fureur assassine des Sarrasins, qui, tel Claude Moniquet,
prétendent être au courant de cellules opérationnelles,
de réseaux dormants aussi invisibles qu'omniprésents,
le fait musulman dans notre société n'est plus saisi
que sous les feux d'une actualité internationale qui ne lui
est en aucune manière structurellement lié.
La Sûreté de l'État est donc mobilisée.
Pas moins de 80 personnes seront recrutées et, une fois n'est
pas coutume, la qualité d'arabophone sera requise. Bien que
cette mesure ne risque pas de faire baisser sensiblement la liste
des demandeurs d'emploi qui compte justement un nombre alarmant
de personnes dotées de cette toute nouvelle qualification,
saluons ces heureux élus qui pourront désormais, dans
l'intérêt majeur de la nation tout entière,
faire valoir leur spécificité linguistique restée
jusqu'ici désespérément sans le moindre effet.
Le terrorisme ne se conjuguerait donc, pour les profilers associés
Onkelinx-Moniquet, qu'en arabe, pour qui l'intérêt
majeur de l'État exige de toute évidence l'introduction
d'une discrimination positive au second degré, en quelque
sorte. Les turcophones, albanophones, berbérophones et autres
pratiquants de l'ourdou et du tchétchène - qui ne
sont donc pas soupçonnés d'activisme islamiste - tiens,
pourquoi ? - apprécieront.
VOUS AVEZ DIT : "MINISTRES DU CULTE" ?
Madame Onkelinx, qui est bien la seule à connaître
ces personnes et lieux qui nŒont toujours aucune espèce
d'existence légale, se rend-elle compte qu'en les désignant
ainsi à la vindicte judiciaire elle leur reconnaît
hors de tout droit, ce même statut qui, selon ses v¦ux
(et ceux de la majorité de la classe politique), leur fait
cruellement défaut ?
S'agirait-il d'une farce ? Pas un seul des imams qui officient actuellement
n'est connu, ni reconnu, par le pouvoir, pas même par la communauté
musulmane. Pas une "mosquée" n'a de statut juridique
établi. La structure organisationnelle de l'Islam en Belgique
se réduit toujours, à l'heure actuelle et pour longtemps
encore sans doute, à de vulgaires ASBL maintenues volontairement
dans la dépendance, la précarité, parfois même
dans la clandestinité.
Aucun lien juridique ne rattache ces personnes privées, dont
le citoyen ignore tout, et pour cause, à l'association qui
les engage et les débauche selon son bon vouloir ou celui
des consulats dont elles dépendent parfois directement. Aucune
reconnaissance par les pouvoirs, par l'Exécutif jugulé,
par la communauté ne vient légitimer ces pitoyables
otages d'un pouvoir aussi déficient que pervers qui n'hésite
pas à les désigner, comble d'ironie, dans le cadre
d'un véritable maccartisme de la terreur, comme "ministres
du culte" !
Si ces imams faisant fonction devaient être considérés
comme de dangereux éveilleurs à la foi islamique,
ne faudrait-il pas leur adjoindre les professeurs de religion, les
parents, tous les éducateurs religieux et, plus largement
encore, tous les citoyens de confession musulmane (qui sont leur
propre et ultime imam), et sonner une fois pour toutes l'hallali
de l'islam ?
VOUS AVEZ DIT : "ÉTAT DE DROIT" ?
60% de mosquées turques sont propriété de l'État
turc. La plupart des 40 autres dépendent d'organisations
internationales qui échappent à tout contrôle
national. Pareil pour les imams, lesquels, pour être, cette
fois, d'authentiques "ministres du culte", le sont de
la Turquie et d'elle seule !
Ces imams turcs sous contrat avec le régime turc échappent
à tout contrôle national et c'est donc bien au consulat
turc (ou marocain, via l'association qu'elle chapeaute) que notre
ministre d'un État qu'elle dit de droit doit s'adresser pour
savoir qui ils sont, ce qu'ils font, etc..., le citoyen belge (musulman
ou non) restant bien entendu à l'écart de toute information
sur le sujet 1.
Un État qui bafoue les institutions et le droit des gens,
qui officialise la précarité d'un culte, qui, d'une
part, fait de l'ingérence dans le culte islamique un mode
généralisé de gestion, et de l'autre permet
aux représentations consulaires d'en faire autant dans les
activités politico-cultuelles de ses propres ressortissants,
peut-il se targuer d'être un État de droit?
Le PJM doit-il rappeler ici que dans un État de droit, comme
dit l'adage, nul n'est censé ignorer la loi ? Que celles-ci
sont valables pour tous. Les imams, les rabbins, les prêtres
sont, comme chacun d'entre nous, soumis au code pénal qui
sanctionne bien évidemment les auteurs d'incitations à
la haine raciale, à la violence, à toutes formes de
malversations politico-financières (et qui ne manquent pas,
c'est le moins qu'on puisse dire, dans le très socialiste
parti de madame).
La ministre qui ne veut pas baisser la garde (mais qui obtempère
complaisamment aux injonctions paranoïaques de Claude Moniquet
2) se complait ainsi à frapper un coup d'épée
dans l'eau. Les "imams" et les "mosquées",
les dirigeants de l'Exécutif des musulmans sont imposés
à la communauté et étroitement contrôlés
de l'intérieur et de l'extérieur. Aucun acte terroriste
n'est à craindre de ce côté, et elle le sait.
Mais insinuer le contraire n'est-ce pas l'occasion rêvée
de s'immiscer davantage dans les affaires d'un culte qui doit impérativement
être mis au pas?
VOUS AVEZ DIT : SÉCURITÉ ?
La Belgique serait-elle plus diligente que les States ou que l'UK,
qui, pour avoir déjoué (prétendent-ils) de
nombreux attentats, n'ont pu éviter d'être atteints
? Or, si les attentats sont imprévisibles, les victimes,
elles, ne le sont pas. C'est la raison pour laquelle les responsables
des mesures d'urgence tirent unanimement la sonnette d'alarme. Les
pompiers, les secouristes, les hôpitaux (l'hôpital militaire
de Neder-over-Heembeek en particulier, en pleine crise financière,
qui est spécialisé dans le traitement des grands brûlés)
crient au manque de personnel et de moyens, à l'incapacité
absolue de leurs services à répondre aux exigences
qu'impliquerait la gestion d'un événement du type
de Londres (plusieurs foyers d'explosions concomitantes). On s'attend
à des attentats imminents, mais on ne se soucie pas des victimes
qu'ils feront !
Certes, traquer d'incertains attentats terroristes (en terrorisant
au passage la population) est plus rentable politiquement que de
prendre les mesures qu'il convient pour assurer la sécurité
(ou la survie) des très certaines victimes qu'ils provoqueraient.
La question que pose le PJM à madame la ministre est donc
celle-ci : le recrutement de 80 agents arabophones suppléera-t-il
à la sécurité inéluctablement menacée
des citoyens?
* DH du 06-09-05
1. Le nouvel Exécutif des musulmans de Belgique vient d'être
désigné. "On peut parler de «hic institutionnel»,
relève Ural Manço. L'interlocuteur de l'État
belge [Coskun Beyazgül] pour le culte musulman est, en somme,
un employé de l'État turc" (LE SOIR, 04.10.05).
2. Les vaticinations de C. M. sont étalées sur deux
pages du Ciné-Télé-Revue du 14 juillet 2005
("Il est grand temps de prendre des mesures en Belgique, sous
peine de vivre une tragédie comme à Londres").
Source : www.mvjm.be
Les flics qui ont tabassé le journaliste
Michel Collon sont (re)condamnés
La Cour d'appel a confirmé
la condamnation en première instance de policiers qui avaient
tabassé notre collaborateur Michel Collon lors d'une manif
contre la guerre en Yougoslavie, en 1999. Ils écopent de quatre
mois de prison avec sursis, 250euros d'amende, 2.159 euros de dommages,
les frais de procédures et même - une première
au pénal -le paiement des frais d'avocats de la victime. «Cet
arrêt, indique Michel Collon, va plus loin que le premier jugement.
Il reconnaît les coups [il avait eu quatre côtes cassées],
l'arrestation arbitraire mais aussi l'illégalité des
deux ordonnances rendues par les autorités de Bruxelles et
Woluwé, qui interdisaient de manifester.»
Il est très difficile de faire condamner les violences commises
par des policiers. Quand ils ne sont pas acquittés au bénéfice
du doute, c'est parfois la victime qui est sanctionnée pour
une prétendue rébellion. «Mais j'ai eu de la chance:
il y avait beaucoup de témoins et des caméras de télévision»,
note le journaliste. Il rappelle aussi combien les manifestants avaient
raison de défiler contre la guerre: aujourd'hui, la Yougoslavie
connaît une destruction sociale généralisée,
la dictature du FMI, une épuration ethnique visant toutes les
nationalités.
Source : Solidaire n° 36 du 5 octobre 2005
Le Parti des Jeunes Musulmans dénonce
la complicité des élus arabes dans l’interdiction
du hijab dans les écoles belges
La Communauté française intégralement dévoilée
: : Hazette (MR) – Arena (PS), même arène, même
combat !
par Rachid Zegzaoui, Jean-François Bastin, Abdullah Abu Abdulaziz,
http://www.mvjm.be, 13 septembre 2005
A chaque rentrée scolaire, et bien avant même, comme on
va le voir d’un élu en villégiature, les autorités
publiques s’accordent, sans la moindre légitimité,
le droit de soutenir ou d’ordonner dans les établissements
scolaires dont ils ont la responsabilité, des règlements
arbitraires d’ordre intérieur (ROI) qui sont autant d’atteintes
aux libertés fondamentales et à la dignité des
jeunes filles, de leurs parents, d’une communauté déjà
si malmenée tant dans la reconnaissance de son identité
que dans celle de sa citoyenneté.
Ainsi, le député régional PS El Ktibi, c’est
de lui qu’il s’agit, dans une interview télévisée,
diffusée sur les antennes de la RTM, (chaîne nationale
marocaine), bien avant les misérables positions prises en parfaite
conformité avec celles de ses prédécesseurs, par
la présidente de la Communauté française, Maria
Arena, rapportait avec une autosatisfaction confondante de suffisance,
son éminente contribution au profit de tous pour avoir, grâce
à sa vigilance citoyenne, protégé le sain derme
des jeunes d’origine étrangère au travers de sa
participation déterminante à l’élaboration
d’une meilleure réglementation en matière d’utilisation
de chlore dans les piscines publiques, rien moins que cela !
"Il y a, par exemple", le problème du chlore dans les
piscines communales, de la Javel, comme ont dit communément,
qu’on utilise pour tuer les microbes. Mais à la lumière
de plus de 150 études défendues en Belgique et à
travers l’Europe, se confirment la thèse selon laquelle
ce chlore en contact avec la peau de l’enfant produit de la chloramine
(sic), ce qui n’est pas sans danger. Or, 60% des élèves
de l’école publique sont étrangers ou d’origine
étrangère et une grande partie sont marocains et bien
que nous ayons traité ce problème sur un plan général,
les solutions proposées profitent, manifestement, aussi à
cette population étrangère".
Il poursuivait en rappelant l’importante représentation
des élus d’origine marocaine au sein des diverses assemblées
de notre capitale :
"Les mandataires politiques d’origine arabe dont une grande
majorité marocaine sont 18 conseillers ou conseillères
au sein du parlement du Conseil régionale et environs 90 au sein
des différents conseils communaux".
C’est ainsi qu’à la ville de Bruxelles où
il siège également aux cotés de ses amis PS Boukhantar,
conseiller communal, Faouzia Hariche, échevine de l’instruction
publique et d’autres d’ÉCOLO ou du CDH, et avec le
concours de TOUS les autres mandataires communaux des partis de l’opposition,
il s’est, comme TOUS les élus "d’origine arabe
dont une grande majorité marocaine" qui ont voté,
hors de tout cadre constitutionnel, les arbitraires décrets communaux
(ou qui se sont abstenus, ce qui revient au même), prononcé
en faveur du maintien de cette forme particulière de persécution
qu’est l’interdiction du port du foulard par les élèves
musulmanes dans les écoles publiques.
Fidèle aux directives de ses maîtres à l’idéologie
résolument athée
(voir http://www.mvjm.be/parti/textes/opinions_reflexions/laicite/GROLLET/lettre_ouverte.html)
qui, sous couvert de neutralité, imposent leur vision partielle
et partiale de la liberté de conscience et de la pratique religieuse,
il récite à la manière d’un potache la leçon
apprise, prenant grand soin de ne pas évoquer le recours à
une loi qui aurait indiscutablement le mérite de clarifier cette
épineuse question :
"Le PS n’est pas pour une loi, mais, il est impératif
de permettre aux directions d’établissements scolaires
et au corps professoral d’établir des règlements
d’ordre intérieur (ROI) pour prévenir tout débordement
et justement pour éviter ce qu’il y a eu en France".
Comment M. El Ktibi peut-il, dès lors, hors de toute référence
constitutionnelle et légale, nous tenons à le rappeler,
soutenir des règlements communaux et d’ordre intérieur
dans les établissements scolaires qui, loin de prévenir
des débordements, les instaurent au contraire ? L’exemple
qu’il donne de la France est particulièrement mal avisé,
qui a posé la laïcité en dogme républicain
contrairement à la Belgique : en effet, la Constitution du peuple
belge oppose (nous disons bien : oppose) la notion de neutralité
à celle de laïcité, qu’elle ne connaît
pas.
On ne peut raisonnablement comprendre que M. El Ktibi et ses amis parviennent
à légitimer une interdiction de fait (100% des écoles
de la ville de Bruxelles, de Saint-Gilles et de Schaerbeek où
siègent Thielemans (PS) Picqué (PS) et Mohamed Lahlali
(PS), 85% tout réseau confondu, interdisent le port du foulard),
alors que par la même occasion, ils refusent l’opportunité
d’une loi qui légitimerait, enfin, dans une clarté
législative l’arbitraire de leurs décisions !
"Il y a des écoles qui autorisent et d’autres qui
n’autorisent pas le voile" poursuivait, placide, sur l’écran
cathodique arabe, notre pharisaïque élu
Prôner l’intégration en justifiant cette ségrégation,
cette arrogante immixtion d’un concept intégriste et partisan,
éloigné de toute référence citoyenne, relève
bien évidemment d’une tentative d’assimilation forcée,
d’une violation éhontée des consciences avant même
celle des dispositions constitutionnelles ! Et le machiavélisme
de cette situation que M. El Ktibi nous susurre avec superbe, c’est
que cette même population qui subit les ignobles ingérences
d’une laïcité ouvertement prosélyte, demeure
une des principales convoitises électorales du parti qui l’héberge
!
Quel type de logique citoyenne est donc celle qui s’obstine, de
façon à peine moins brutale, à peine moins voilée,
à présenter la normalité en accord avec les manifestes
idéologiques d’un parti qui n’est plus tenu de se
conformer à l’esprit d’un Jules Ferry qui déclarait
en France, en 1885, à la chambre des députés :
"Les races supérieures ont un droit parce qu’elles
ont un devoir: civiliser les races inférieures" ?
Ainsi, selon M. El Ktibi, qui cette fois parle vrai, les 15% d’écoles
qui n’interdisent pas (encore) le port du voile ne le tolèreraient,
non par "neutralité" idéologique, mais par respect
archaïque à une désuète constitution, à
une liberté de pratique religieuse dépassée, bientôt
reléguée aux oubliettes d’une histoire révolue,
et les 85% qui l’interdisent, seraient en parfaite conformité
avec la bienséance idéologique qu’il prône
en vue de maintenir la paix sociale.
Or, l’intérêt général n’est ni
celui du PS ni celui de El Ktibi, c’est avant tout celui des normes
de ce pays que l’ensemble des acteurs de la communauté
éducative et des citoyens sont tenus d’assurer. Il est
de dénoncer avec la plus grande fermeté ces atteintes
à la dignité des jeunes filles. Il est de dénoncer
les violations, d’où qu’elles surgissent, des droits
de l’homme et de la femme, aussi bien au sein des établissements
scolaires que dans l’espace public.
L’intérêt général, c’est de dénoncer
les élus de la Communauté française et des autres
assemblées représentatives qui soutiennent aveuglément
la laïcité institutionnelle, celle qu’invoquent les
autorités politiques et scolaires pour sanctionner des filles
qui librement choisissent de porter le voile, en les accusant de succomber
à des pressions parentales ou doctrinales alors que ce sont ces
autorités, incontestablement, qui devraient être mises
sur la sellette pour exercer, avec la circonstance aggravante d’un
exercice abusif du pouvoir, d’intolérables pressions sur
elles pour qu’elles se conforment à leurs directives autoritaristes.
Ces filles n’exigent nullement des pouvoirs publics qu’ils
se plient à leur reconnaître un quelconque particularisme,
mais bien de leur assurer une liberté d’_expression et
de croyance inscrite dans la Constitution de 1831, édictée
dans la déclaration Universelle des Droits de l’Homme du
10 décembre 1948, la Convention européenne de sauvegarde
des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CSDH) de
1950, le Décret de la Communauté française du 31
mars 1994, la loi belge du 3 février 2003, au même titre
que celle accordée aux israélites, aux catholiques…
ou aux laïques, de manière que l’ensemble de la société
se les approprie.
C’est, faut-il le répéter, la non-reconnaissance
de l’islam et des musulmans comme partie intégrante de
la nation, et non l’islam, et non les musulmans et musulmanes
qui entretient les frustrations, empêche toute intégration,
génère les débordements.
Le PJM fustige ces enseignants inaptes à promouvoir des valeurs
citoyennes dont ils pervertissent et la lettre et l’esprit.
Le PJM dénonce avec vigueur ces directeurs d’établissements
scolaires qui, au mépris de tout principe propre à notre
démocratie, instaurent des règlements intérieurs
totalitaires qui déshonorent un enseignement public tenu de respecter
les libertés fondamentales. Ainsi le tristement célèbre
Francis Lees, ex-préfet despotique de l’Athénée
de Bruxelles II qui s’était illustré, en son temps,
avec la chaleureuse approbation du Ministre de l’enseignement
de l’époque, M. Hazette (MR), en promulguant l’interdiction
du voile, se voit promu par la ministre-présidente de la Communauté
française en charge de l’enseignement obligatoire, Maria
Arena (PS-CDH), collaborateur pour les questions touchant à l’interculturalité
(sic), à l’éducation à l’environnement,
à la nutrition et à la prévention des assuétudes,
… à l’organisation générale de l’enseignement
secondaire général et de transition, point d’exclamation.
On peut dire que la hargne qu’a manifestée cet enragé
contre les "foulardées" et qui fut, à l’époque,
savamment entretenue par son maître libéral Hazette a trouvé
tout naturellement sa récompense (et sa justification) aux côtés
de la socialiste Arena...
Le PJM récuse ces mandataires politiques, à tous les niveaux
de pouvoir, de fermer ostensiblement les yeux, eux qui sont censés
être les garants du respect des normes constitutionnelles, sur
les ostentatoires violations des libertés citoyennes et religieuses
de leurs très courtisés électeurs.
Le PJM désavoue la Communauté française dans son
ensemble, pour avoir privilégié une politique discriminatoire
qui favorise la disqualification, la ghettoïsation des élèves
de confession musulmane, une ségrégation qui ruine les
perspectives d’avenir d’une part importante des jeunes,
qui mine toute possibilité de cohésion sociale.
Le PJM déplore l’insuffisance de réaction des citoyens
et plus particulièrement de ceux issus des communautés
opprimées.
Il reconnaît néanmoins une remarquable évolution
dans la présence consciente d’acteurs de bonnes volontés,
issus de l’immigration ou non, issus des milieux associatifs et
parfois même politiques, disposés à instaurer les
conditions nécessaires d’écoute et de compréhension
réciproques, franches et sincères dans des débats
de société auxquels nous sommes tous invités à
participer.
Il salue et soutient, dans cet esprit, l’action légitime,
courageuse et citoyenne du MRAX qui n’a pas hésité,
pour cette fois, à dénoncer devant le Conseil d’État
l’illégitimité des règlements d’ordre
intérieur des écoles.
Fiche Quibla :
Pour y voir clair dans les affaires belges, voici la liste des partis
francophones représentés dans les diverses assemblées
parlementaires :
Partis francophones
* Gauche
* Parti socialiste (PS) http://www.ps.be
* ECOLO (Écologistes confédérés pour l'organisation
de luttes originales) http://www.ecolo.be
* Centre
* Centre démocrate humaniste (CDH) http://www.lecdh.be (ancien
Parti social chrétien (PSC))
* Droite
* Mouvement réformateur (MR) http://www.mouvementreformateur.be
* Front démocratique des francophones (FDF) http://www.fdf.be
* Mouvement des citoyens pour le changement (MCC) http://www.lemcc.be
* Parti réformateur libéral (PRL) http://www.prl.be
* Extrême droite
* Front national (FN) http://www.frontnational.be
* Partis ethniques
* Union des francophones (UF) http://www.uniondesfrancophones.be
Démolition du squat 111 à Louvain-la-Neuve
par Kreatura, http://squat.net, septembre 2005
Il n'ya pas qu'à Paris qu'on expulse des squatters par la violence
de l'État. En Belgique aussi. Récit .
La journée du 5 septembre a connu la destruction sauvage à
sept heures du matin des deux dernières maisons du squat 111
à Louvain-la-Neuve. L'Université Catholique de Louvain,
propriétaire, n'aurait délibérément prévenu
personne (ni les squatteurs, ni la commune) pour parvenir à ses
fins. Deux personnes devraient subir les conséquences judiciaires
de cette journée.
Le squat devait se faire évacuer depuis l'incident de mars dernier
où deux enfants avaient péri dans l'incendie d'un camion
et seule la zone punk demeurait. Un compagnon, qui a habité ce
squat pendant 3 ans, nous raconte la journée :
« Les bulldozers sont arrivés à 7 heures du mat'
; bien sûr, les squatteurs n'avaient pas été prévenus,
c'est ce que réclamaient ceux-ci. La tension est montée
dans la journée (je suis parti vers midi) et au soir les occupants
ont mis des briques au milieu de la nationale, mais pas sur les voitures
qui passaient ; les flics étaient présent et les pompiers
aussi car certains avaient bouter le feu au ruine des deux maisons qui
s'étaient fait démolir.
C'est alors que les keufs ont arrêté une personne sans
aucune raison (celle-ci n'étant pas spécialement véhémente)
et puis une autre qui avait mis les briques au milieu de la nationale.
Deux arrestations administratives, donc théoriquement il n'y
aura pas de poursuite. C'est là que les choses se sont corsées
et il y a eu une charge ; les flics-robocops ont repoussé les
protestataires en face de l'autre côté de la nationale
(côté quartier de la baraque). Là-bas ils ont sauté
sur une personne (apparemment qui criait beaucoup mais c'est tout).
Ils l'ont évidement roué de coup. Il a par la suite fait
établir un certificat médical attestant des coups reçus,
on me dit que plainte sera déposée.
Ensuite ils ont appelé une autre personne pour dialoguer mais
quand celui-ci est arrivé à hauteur du commissaire les
robocops se sont jetés sur lui. Dans la mêlée, un
flic est tombé et s'est pété la clavicule. Donc
ces deux personnes ont été arrêtées judiciairement
et le premier est accusé de « rébellion, outrage
à agent » et le deuxième de « violence sur
agent ayant entraîné une incapacité de travail.
» Voilà où ça en est pour l'instant, les
deux maisons sont totalement mises a plat, mais c'est pas fini... »
Sa compagne nous relate la journée à sa façon
:
« Cette journée du 5 septembre s'annonçait comme
une dont il fallait profiter avant l'arrivée de l'automne, pourtant
certains n'en ont pas eu l'occasion. Les occupants du squat 111 ont
subi un réveil des plus animé. Pour eux, ce matin, ni
eau ni électricité, mais par contre un bulldozer et quelques
policiers pour leurs annoncer que les deux maisons dont ils occupaient
le terrain, allaient être démolies sans autre forme de
procès. Quelques squatteurs vigilant ont eu la présence
d'esprit de vérifier qu'il n'y avait personne dans les maisons
heureusement, sans ce réflexe, un nouvel « incident »
aurait été à déplorer...
Après avoir évacué ce qui pouvait l'être,
dans la précipitation, les occupants se sont rassemblés
au milieu de la nationale pour observer le massacre. En quelques heures,
il ne reste qu'un tas de gravas de ces maisons centenaires que la logique
économique a rendues insalubres. Des représentants de
l'ucl (proprio des maisons) sont sur place mais aucun ne daigne parler
aux principaux intéressés.
Des personnes extérieurs au squat ont rejoint les occupants
par solidarité avec eux. Cette démarche reste obscure
pour les forces de l'ordre qui ont interpellé (verbalement) une
de ces personnes de la manière suivante : « Vous habitiez
là monsieur ? Non, alors en quoi ça vous concerne ?...
» Là ça a causé solidarité, respect
des êtres humains, réflexion sur le rôle qu'on joue
dans notre société... Quand je dis « ça a
causé », évidemment c'est pas le flic qui a dit
ça, c'est l'interpellé. Ce flic lui a répondu que
c'était un beau discours et qu'il respectait ces opinions, mais
que la sienne d'opinion, il pouvait pas la dire dans le cadre de son
boulot. C'est vrai que ça fait toujours tache de dire au milieu
d'une foule de squatteurs-hippies-punks-libertoïdes qu'on est un
gros facho, que les squatteurs c'est la vermine de notre société
et qu'ils ont eu ce qu'ils méritaient.
Et puis les squatteurs ont eu l'idée de barrer la route aux
véhicules sur la nationale et ça a pas plu à certains.
Alors le ton est monté et le médiateur urbain (ex commissaire
de gendarmerie), à la solde de l'ucl, a dit aux squatteurs de
se calmer. Ben oui quoi ! Restons calmes. C'est pas parce qu'on vous
laisse sans eau et sans électricité et qu'on vous a pas
laissé le temps de sauver vos pauvres affaires que vous aller
nous en chier une pendule ! Il est plein de bon sens ce médiateur.
C'est vrai quoi, les squatteurs : gardez votre hargne pour le jour de
l'expulsion dont cette journée du 5 septembre n'était
qu'un avant goût... »
La police arrête les demandeurs d'asile
dans les centres ouverts
par Riet Dhont, Solidaire, Bruxelles, 24 août 2005
Une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants se trouvent à la
rue devant le Petit Château à Bruxelles. Etienne, originaire
de Guinée, nous raconte: «La police vient nous arrêter
tôt le matin, quand on est au lit.»
Où sommes-nous encore en sécurité? C'est
le cri d'alarme de beaucoup de demandeurs d'asile dans les centres ouverts
en Belgique.
Ali, responsable de l'organisation UDEP (Union de défense des
sans papiers), lui-même réfugié de Côte d'Ivoire,
explique: «Le service des étrangers s'est mis d'accord
avec les centres ouverts pour que la police puisse venir les chercher,
disons même kidnapper, pour les transporter vers les centres fermés
comme Steenokkerzeel et de là les mettre dans l'avion pour les
déporter dans leur pays d'origine. La police a maintenant le
droit de venir au lit des gens tôt le matin et de les déporter.
Ils le font avec des familles entières. Dans le protocole de
l'accord l'on indique que la police donne aux centres les listes avec
les noms des réfugiés qu'ils veulent arrêter. Ces
noms ne sont pas rendus publics. Les réfugiés qui veulent
aller en appel sont donc tous menacés. Ce qui fait que beaucoup
de gens, surtout des familles ont quitté le Petit Château.
Ils errent dans les rues de Bruxelles, et ne savent pas où aller.»
Etienne de Guinée raconte: «Tout le monde a peur. Le dossier
de notre demande d'asile n'est pas encore clôturé. Il est
vrai qu'un appel au Conseil d'Etat ne suspend pas l'extradition. C'est
la raison pour laquelle les gens viennent aux centres ouverts, pour
avoir un accueil, un endroit où dormir, où manger et boire,
avoir une adresse. Maintenant, même ces centres ouverts ne sont
plus sûrs, on vient nous arrêter là-bas. Où
est-ce que nous devons aller?»
Les réfugiés s'organisent. Ils fuient les centres ouverts
et cherchent un refuge dans des églises comme à Charleroi.
Ali, membre de l'UDEP, explique: «L'objectif du protocole était
justement d'arrêter les réfugiés dans les centres
ouverts, en catimini pour que personne ne soit au courant. Heureusement
la résistance est venue des réfugiés eux-mêmes.
Vendredi matin le ministre de l'Intégration sociale, Dupont (PS),
a promis qu'il n'y aurait plus d'arrestations jusqu'au 1er septembre.
Le gouvernement reprendra alors son travail et le ministre Dewael prendra
une décision. Jusqu'à ce moment, les réfugiés
continueront leurs actions comme celle à Charleroi.
Pour marquer votre solidarité, participez à la manifestation
à Bruxelles le vendredi 26 août, 14h au Petit Château
[voir info à http://quibla.net/agenda.htm#4
]
Même le Petit Château ne garantit
plus de protection
Le Petit Château est, depuis 1987, un centre ouvert où
les demandeurs d'asile sont logés en attente d'une résidence
fixe ailleurs en Belgique. Ceux-ci ont introduit une demande d'asile
pour être reconnus comme réfugiés politiques.
Les demandes d'asile viennent plutôt de personnes originaires
de pays africains. La Côte d'Ivoire connaît une guerre civile,
le Congo est agressé par le Rwanda, au Togo il y a une répression
énorme contre les opposants politiques, au Niger il y a la famine.
Le Sierra Léone, la Guinée et d'autres pays africains
connaissent une instabilité politique. Les gens s'enfuient vers
l'Europe, à la recherche d'un futur pour eux et pour leurs enfants.
Mais l'Europe et la Belgique ferment leurs frontières. Dans 95%
des cas, les demandes pour un séjour légal en Belgique
sont refusées. Les demandeurs d'asile reçoivent alors
un ordre de quitter le pays, contre lequel ils peuvent aller en appel.
Entre temps, ils restent en Belgique, en attendant leur appel. Mais,
dans cette phase ils n'ont plus droit à l'assistance des CPAS
ou d'autres instances. Ils sont donc bien obligés de chercher
un toit dans les centres ouverts, comme le Petit Château à
Bruxelles.
«Défendre les sans-papiers, c'est
défendre nos conditions de travail» - Charleroi: 54 candidats
réfugiés en grève de la faim
par Myriam De Ly, Solidaire, Bruxelles, 24 août 2005
Suite à l'arrestation, à grands coups d'hélicoptères
et autres moyens, d'un Togolais lors d'un simple match de foot, ce vendredi
12 août, le mouvement syndical se mobilise pour les droits des
sans-papiers à Charleroi.
«Nous ne sommes pas dangereux, nous sommes en danger!»
«L'exclusion n'est pas une fatalité, mais le résultat
de la façon dont les pouvoirs politique et économique
organisent la société», explique Rudy Peres, du
MOC.
Quand la police est venue arrêter Tata, les autres participants
sans-papiers au match de foot ont essayé de l'en empêcher.
La police fédérale arrive, avec plus de 20 véhicules,
des hélicoptères, des chiens, des casques et des boucliers,
comme ils ont fait il y a 6 mois pendant la grève d'AGC-Splintex.
Dès lundi, le mouvement syndical se mobilise. Frontières
Ouvertes se joint à eux, comme dans les mouvements passés.
Rudy Peres (MOC): «Le Mouvement Ouvrier Chrétien défend
les travailleurs, y compris ceux qui sont obligés de quitter
leur pays, parce qu'ils n'ont pas la possibilité de travailler
chez eux, soit parce qu'il y a la guerre, soit pour des raisons politiques
et économiques. L'exclusion n'est pas une fatalité, mais
le résultat de la façon dont le pouvoir politique et économique
organisent la société. D'autre part, défendre les
sans-papiers, c'est aussi défendre les conditions de travail
en Belgique. Les sans-papiers, qui sont obligés de travailler
au noir pour survivre, sont utilisés pour faire pression sur
les salaires.»
Pasquale Colicchio (FGTB): «On oublie souvent, y compris dans
le mouvement syndical, que la solidarité vise à mettre
au service des plus faibles, la force de ceux qui sont à l'abri
de ces besoins élémentaires. Il y a déjà
eu un grand mouvement en 1999, où la FGTB et le MOC à
Charleroi se sont également mobilisés. Ce mouvement a
eu comme résultat une campagne de régularisation. Mais
le problème avait été réglé en partie
seulement, pas sur le fond. Et le gouvernement continue de renvoyer
chez eux, ceux qui dans d'autres pays sont victimes d'insécurité.
Et lorsque les réfugiés essaient de se défendre,
la réponse c'est la répression. Et ici, à Jumet
avec les réfugiés, tout comme à Fleurus, avec les
ouvriers d'AGC-Splintex, la répression montre son vrai visage.»
L'extrême droite flamande courtise les
Turcs à Bruxelles
Décidément, rien n'échappe à l'excellent
journaliste Steven Van Garsse de l'hebdomadaire flamand bruxellois Brussel
Deze Week (BDW). Il vient cette semaine de révéler que
le parti flamand d'extrême droite Vlaams Belang (VB) fait campagne
en turc dans deux communes bruxelloises (Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek)
où réside une forte communauté turcophone.
Même si la mauvaise traduction de l'extrait en début d'article
- "Saint-Josse ta belediye baskani Demannez yaptirdigi yönlendirme"
(la mobilité instaurée par le bourgmestre de Saint-Josse
Demannez) - sautera aux yeux des traducteurs, l'article aborde habilement
le double discours du parti d'extrême droite par rapport aux Turcs:
opposition à l'adhésion de la Turquie en Europe et moquerie
sur la langue turque. En effet, il suffisait de se balader il y a quelques
mois en Flandre pour apercevoir les grandes affiches du VB contre l'adhésion
de la Turquie à l'Union européenne. Avant même l'évocation
d'une possible consultation populaire sur la Constitution européenne,
ce parti agitait la pseudo-menace turque sur le projet européen
avec des clichés dignes de la propagande nazie de l'entre-deux-guerres
à l'égard des juifs. Les eurodéputés VB
Philip Claeys et Koen Dillen ont même récemment publié
un ouvrage "Een brug te ver" pour marquer encore plus l'opposition
du parti à l'élargissement de l'Union à la Turquie.
Comme le note aussi l'article du BDW, le turc n'était utilisé
jusqu'ici dans les tracts du VB que pour se moquer des populations de
cette origine. On se souviendra par exemple de la publication - en première
page de leur magazine raciste - de la gaffe de l'échevin des
Finances MR (Sait Köse) qui avait envoyé une lettre imprimé |