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Belgique

07/01/05 - Le patron d'une PME flamande menacé de mort parce qu'il tolère le voile d'une employée

par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 7 janvier 2005

L'affaire, qui survient dans une région où l'extrême droite xénophobe est devenue la première formation, dépassant 25 % des intentions de vote, embarrasse les partis politiques.

Ledegem (Belgique) de notre envoyé spécial - Sur le coup de 10 heures, lorsque la Renault rouge de la Poste pénètre dans la cour de son entreprise, Rik Remmery dévale les marches de son bureau. "Cela a déjà dû être examiné par la police", se rassure-t-il en scrutant le paquet d'enveloppes que lui remet le facteur. Rita, son épouse, n'est pas moins anxieuse. "Ça va, ça va, rien aujourd'hui...", lâche le patron flamand. Ce ne sera pas le jour de la sixième lettre de menaces.
C'est le 22 novembre que la série a commencé. Un envoi anonyme exige que Naïma Amzil, une Belge d'origine marocaine, âgée de 31 ans, employée depuis 1996 par cette entreprise de plats préparés, ôte son voile lorsqu'elle travaille. "Il n'y avait pas de quoi rire, mais j'ai cru à une blague", raconte Rik Remmery, un ancien policier de 51 ans, qui a commencé à cuisiner dans sa maison en 1987. Huit ans plus tard, il rachète un bâtiment qu'il agrandit et se lance dans une activité industrielle qui lui permet désormais d'employer une cinquantaine de personnes. Parmi elles, quelques Françaises venues de la banlieue lilloise, proche de cette zone baptisée la "Californie flamande" parce que les success stories d'entreprises y abondent.
Ici, le chômage est quasi inexistant et un foulard n'est pas un obstacle à une embauche. "Moi, je n'ai pas d'avis sur cette question du voile, explique le patron, dans un savoureux mélange de flamand et de français. Dans l'usine, tout le monde porte d'ailleurs un couvre-chef, pour des raisons d'hygiène. Mais, bien sûr, je sais qu'il n'y a qu'une femme voilée dans notre coin."
Remise à la police, la première missive de menaces se retrouve un peu plus tard dans un quotidien. L'affaire alerte la Flandre, une région où l'extrême droite xénophobe est devenue la première formation politique, dépassant 25 % des intentions de vote. A Ledegem, un gros bourg sans âme et sans histoire, 2 élus, sur les 5 du conseil municipal, sont membres du Vlaams Belang, l'ancien Vlaams Blok. Signée "Vrij Vlaanderen" (Flandre libre), la lettre reprend la dénomination des jeunes du parti, mais les dirigeants du Belang assurent à Rik Remmery que leur formation n'a rien à voir dans cette histoire.
Une deuxième lettre suit, menaçant la femme de Rik Remmery ainsi que ses deux enfants, et leur prédisant "un cauchemar". La troisième, signée cette fois "Nieuw Vrij Vlaanderen" (Nouvelle Flandre libre), exige de Naïma Amzil qu'elle ôte également son foulard hors de l'usine. La quatrième traite M. Remmery de "mauvais Flamand" et l'accuse de "collaborer avec les musulmans". Elle annonce que 250 000 Euro seront offerts à celui qui le tuera dans l'année. La cinquième, enfin, parvenue le 29 décembre, fait "craquer" nerveusement Rita Remmery. Manuscrite, elle contient une balle, destinée, selon l'auteur, au patron de Ledegem. Désormais, son entreprise et sa maison font l'objet d'une surveillance quasi permanente.


DÉMISSION REFUSÉE

Rik Remmery a les larmes aux yeux lorsqu'il dit son espoir que tout cela s'arrêtera bien vite, d'autant qu'un suspect a été arrêté il y a quelques jours, sans que l'on sache si cette piste mènera plus loin que celles qui ont déjà été suivies. Le patron a, en tout cas, refusé la démission que son employée lui a présentée. "Elle a besoin d'argent et, après toute son histoire, qui voudra l'embaucher ?, s'emporte-t-il. Je ne veux pas qu'elle reste chez elle, qu'elle n'ait plus de contacts sociaux ; ce n'est pas cela l'intégration."
Avant cela, la jeune femme avait accepté de retirer son foulard dans l'usine. "Elle a longuement pleuré, cela a été très poignant pour nous tous", dit Rik Remmery. "La douleur est semblable à celle d'une mère privée de son bébé, mais ma religion me force aussi à songer au bien d'autrui", explique, quant à elle, la jeune femme, qui s'est mise en congé. Elle évite de se montrer, même si ni elle ni son mari marocain n'ont été directement menacés. "C'est triste de voir à quoi conduisent certains débats", ajoute la jeune femme.
Elle ne parle pas des critiques de certains sites Web islamistes, qui lui reprochent d'avoir cédé au chantage. Pas plus que des coups de fil d'autres jeunes musulmanes, qui lui racontent que des employeurs ont profité de cette affaire pour forcer leurs employées à ôter leur voile, "par crainte des ennuis possibles". Rik Remmery, lui, a reçu les encouragements de plus de 20 000 personnes, sur le site Web d'Unizo, une association de PME flamandes. "Je ne veux être un exemple pour personne, réplique-t-il. Et je n'avais aucun besoin de notoriété", ajoute-t-il. Quelques voix discordantes affirment, en effet, qu'il a organisé sa propre publicité en montant l'affaire en épingle.
Les politiques flamands, tétanisés par le Vlaams Belang, sont silencieux, se contenant d'indiquer qu'"une enquête est en cours". Le roi Albert II, lui, recevra Rik et Rita Remmery, ainsi que leur employée, dans quelques jours. "Cela me donne du courage", commente le patron devenu, à son corps défendant, un symbole.

 

27/12/04 - Les imams rémunérés par l'Etat en 2005
par Ricardo Gutiérrez, Le Soir, Bruxelles, 16 décembre 2004
L'État rééquilibre le financement public des cultes : la loi-programme, qui sera mise au vote ce jeudi à la Chambre, prévoit, pour la première fois, la prise en charge du traitement des imams ; d'autres dispositions annoncent l'extinction des assistants paroissiaux, nommés dans de nombreuses églises ces dernières années, afin de compenser la crise de vocation des vicaires. Le rééquilibrage de la dotation publique des principales convictions philosophiques et religieuses est inscrit dans le budget de l'État 2005. Concrètement, le culte islamique se voit accorder une enveloppe de 4,83 millions d'euros afin de prendre en charge le traitement de 245 imams... Une estimation, en fait, des ministres du culte islamique qui devraient être reconnus, dans la foulée de la reconnaissance officielle des mosquées. Là encore, on ne dispose que d'une première indication : il y aurait, en Belgique, 60 grandes mosquées (plus de 1.500 fidèles), 25 moyennes (entre 500 et 1.500 fidèles) et 15 petites (250 à 500 fidèles). Les imams, selon l'importance de la mosquée qu'ils desservent, se verront octroyer par l'État un traitement annuel de 13.409 euros, 15.840 euros ou 18.652 euros. La loi-programme intègre, par ailleurs, le financement des principaux postes administratifs de l'Exécutif des musulmans de Belgique (43.228 euros pour le secrétaire général, 20.500 euros pour le secrétaire, et 16.994 euros pour le secrétaire adjoint), l'organe représentatif d'une communauté qui compte plus de 400.000 membres, en Belgique. Trente ans après sa reconnaissance officielle comme culte, en Belgique, l'islam voit enfin ses imams rémunérés par l'État au même titre que les prêtres, les pasteurs ou les rabbins. Leurs traitements ne devraient pas être pris en charge avant avril 2005, nous précise-t-on au cabinet de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS). En effet, la reconnaissance des imams passe d'abord par celle des mosquées, compétence des Régions. Dans cette perspective, la Flandre a déjà voté un décret dont on n'attend plus que les arrêtés d'application. En Wallonie et à Bruxelles, les autorités pourraient prendre assez rapidement des arrêtés instituant des « fabriques de mosquées », sur le modèle des fabriques d'église. Bref, de quoi assurer - au moins de manière transitoire - un refinancement rapide des instances musulmanes... L'islam belge bénéficierait ainsi, l'an prochain, d'une enveloppe publique de plus de 6 millions d'euros, là où il ne touchait, en 2004, que 1,27 million d'euros (subvention « pour la reconnaissance du culte islamique »). Les catholiques, en revanche, qui restent clairement privilégiés par la clé de financement en vigueur, perdent à nouveau des plumes en 2005... La loi-programme se propose de mettre un terme à la désignation d'assistants paroissiaux, des laïcs financés par l'État pour assurer le rôle des vicaires dans les paroisses catholiques. On en dénombre 261. Un cadre voué à l'extinction : l'État assumera leurs traitements et pensions jusqu'au bout, refusant toute nouvelle nomination. Au cabinet de Laurette Onkelinx, on fait valoir que ces assistants paroissiaux ont été désignés sur base d'accords informels avec les ministres précédents. Sans la moindre base légale. Les catholiques rabotés au profit des musulmans ? Le raccourci est caricatural : Il ne s'agit pas d'opposer les religions, mais d'ouvrir enfin le débat sur une répartition plus équitable du financement public des cultes, réagit la sénatrice anversoise Mimount Bousakla (32 ans, d’origine marocaine, Alternative sociale progressiste, SP.A-SPIRIT) : « Je ne défends pas l'islam, mais je constate que l'Église catholique est privilégiée au détriment de tous les autres cultes. » Pour Jean-François Husson, de l'Observatoire des relations administratives entre les cultes, la laïcité organisée et l'État, il était temps de commencer à rétablir un équilibre, instaurer une certaine transparence. Sans nécessairement remettre en cause le système de financement public en vigueur. En cumulant l'intégralité des sources de financement public, Jean-François Husson constate que la religion catholique et la laïcité organisée sont clairement les deux convictions philosophiques privilégiées... Une remise à niveau s'imposait, en vue de tendre vers une égalité de traitement. La démarche est initiée. Modestement. L'État ne pourra en rester là : Jean-François Husson prophétise d'emblée les demandes de reconnaissance de l'hindouisme ou du bouddhisme.

Neutralité de l'Etat et liberté religieuse : oui aux crêches de Noël, non à la burqa
par Martine Vandemeulenbroek, Le Soir, 9 décembre 2004
Comment concilier le droit à l'expression des convictions religieuses des citoyens avec la neutralité de l'Etat ? La Commission du dialogue interculturel a examiné trois niveaux où la neutralité de l'État peut être mise en jeu : la voie publique, les bâtiments publics et l'enseignement. Sur la voie publique, les symboles religieux - les crèches de Noël, par exemple - peuvent avoir leur place, compte tenu du caractère historique de la tradition, estime la commission. Pour les citoyens, par contre, la plus grande liberté doit être assurée. Avec une restriction : le port de vêtements qui masquent le visage, comme la burka. En ce qui concerne les bâtiments publics, l'absence de signe religieux doit être la règle. Plus de crucifix, donc, dans les maisons communales. Seuls les signes religieux ayant une grande valeur historique peuvent être admis tout comme les signes temporaires comme les crèches de Noël. La problématique de la neutralité des agents de l'État et des enseignants n'a pas trouvé de consensus au sein de la commission. Pour l'enseignement officiel, certains commissaires ont plaidé pour une interdiction de toute marque d'appartenance religieuse pour que les élèves ne soient pas influencés par l'adulte qui a autorité sur eux. D'autres voient dans ces signes religieux une image plurielle qui est donnée aux jeunes. Un consensus tout de même : l'enseignant doit s'abstenir de tout prosélytisme. La neutralité de l'État est aussi une notion clé dans le débat sur l'organisation des cultes en Belgique. Notre pays a développé une neutralité active envers les groupes religieux par un système de reconnaissance qui donne droit à un traitement préférentiel de la part de l'État. La commission estime qu'à partir du moment où l'État donne quelque chose (un financement), il est en droit d'exercer un certain contrôle. Le débat pourrait porter sur la possibilité de conditionner le bénéfice du financement public à l'acceptation de règles et principes de l'État démocratique. L'État peut donc exiger certaines qualifications pour les représentants des cultes qu'il rémunère. D'où, dans le cas de l'islam, la proposition de créer un ou des centres universitaires qui pourraient former des professeurs de religion musulmane.

15/12/04 - Les étrangers pourront devenir fonctionnaires
A la suite de l'étude d'un sociologue de l'Université catholique de Louvain, le ministre belge de l'Intégration, Christian Dupont, a déclaré vouloir ouvrir la fonction publique belge aux personnes d'origine étrangère, explique le quotidien De Morgen en une. "Le choix va se faire sur la base de listes de candidats anonymes où seules les qualifications figureront. Pour le moment, M. Dupont ne veut pas entendre parler de quotas à l'embauche parce qu'il n'est pas aisé de faire la distinction entre immigré et allochtone. Trop de discussions subsistent sur les personnes concernées par la discrimination positive : tous les individus d'origine étrangère, les nouveaux arrivants ou les Belges naturalisés ?"
Source : Courrier international, 14 décembre 2004

 

07/12/04 - « Je suis fatigué d’être un Bon Belge » : lettre à nos parlementaires
par Christian Vanderlinck, Genappe, 6 décembre 2004
L’auteur de cette lettre se présente ainsi : « Ardoisier-couvreur-zingueur depuis 1964, chef d’entreprise, père de 2 enfants, conseiller communal à Genappe, pas de casier judiciaire, pas révolutionnaire. Dégoûté, simplement dégoûté. »

Madame, Monsieur
Hier dimanche 5/12/2004, j’ai assisté à un rassemblement au
127 bis,centre fermé pour personnes sans papiers, à l’occasion de la Saint
Nicolas, pour apporter des jouets aux enfants et des cartes de téléphone
pour les adultes et pour attirer l’attention de tous à cet endroit sinistre
ou des familles, qui n’ont rien à ce reprocher sinon d’être d’ailleurs,
sont enfermées en attente d’une éventuelle expulsion.
La majorité de ces personnes (plus de cent ) vivent depuis
parfois plusieurs années en Belgique dans la clandestinité après un avis
négatif de leur demande d’asile à l’office des étrangers et ont été arrêtés
lors de contrôle ou de rafles.
Les organisateurs, avaient reçu l’autorisation du directeur du
centre pour que 3 parlementaires, 2 clowns et 2 d’entre eux rentrent dans
le centre pour distribuer les cadeaux. A leur arrivée la direction a
fait entendre qu’elle n’accepte que l’entrée des 3 parlementaires . Après de
longues discussions, ils ont permis que les 2 clowns les accompagnent pour distribuer les jouets et les cartes de téléphone mais n’ont pas permis
l’entrée des deux personnes responsables de l’initiative . Les cadeaux ont
été minutieusement fouillés et plus de la moitié ont été refusés. A
l’extérieur nous étions une centaine à parler avec les détenus à travers
trois rangées de hauts grillages et de barbelés, et ceci à plus de 80
mètres de distance, les détenus exprimaient leur détresse et leur grand
besoin de dialogue tous ça derrière leurs barreaux des fenêtres. Il
y avait à l’extérieur deux petites filles équatoriennes qui venaient avec leur tuteur et qui avaient rendez-vous pour rencontrer leur maman et papa enfermée dans le centre, malgré ce rendez vous, les petites n’ont pas pu rentrer.
Après 2 heures d’attente dans le froid , la direction nous a fait
savoir que les 2 enfants ne pourraient rentrer , qu’à partir du moment ou
le rassemblement pacifique était disloqué. Les participants ont décidé
à ce moment là de quitter les lieux et de céder à ce chantage des plus
odieux, pour permettre aux enfants de voir leur maman et papa.
Un chantage où 2 enfants sont utilisés pour disloquer un
rassemblement pacifique. Bravo les braves responsables des centres et la
politique d’intégration made in Belgium. Aujourd’hui, comme depuis
le 3 mai 1964, je vais faire mon boulot d’homme « libre » il est 6 heures
du matin, j’ai 54 ans, j’ai une petite entreprise du bâtiment, ou nous
travaillons à 7 hommes, « libres » Ma fille 19 ans va suivre ses cours
à LLN , mon fils de 24 ans s’occupera d’un de nos chantiers, mon épouse, 50 ans, va partir au bureau comme depuis 30 ans. Je suis fatigué
d’être un Bon Belge, dirigé par des égoïstes, des soi-disant démocrates,
qui font la vierge effarouchée dès que le Vlams Blook ou Belang, fait une
déclaration raciste. Je n’aime pas ce parti mais avec lui au moins on
sait à qui on a à faire, avec vous mesdames, messieurs les bons dirigeants
de partis traditionnels, c’est à pleurer de honte, oui , je suis honteux, oui, j’ai pleuré en rentrant de Bruxelles hier en pensant que vous mesdames et messieurs les hommes politiques, vous avez voté, vous avez accepté, que soient construit de tels centres, les centres de la honte, la honte sur nous Belges.
J’ai payé mes impôts toute ma vie pour que vous en fassiez ça ?
J’ai voté pour des partis traditionnels pour que leurs représentants
aux divers gouvernements fassent ça ?
Vraiment je suis dégouté…
En 1940, ma mère , mon père et mes frères et sœurs aînés, sont
partis de Genappe , abandonnant leur maison pour une région inoccupée par l‘envahisseur, même si cela n’a pas été facile tous les jours, ils ont été
accueillis par les Toulousains qui ne les ont pas enfermé dans des centres.
Ne me dites pas que ce n’est pas pareil… quelle différence entre une
famille belge et une de n’importe quel pays ?? Je ne vois pas….
Bonne fête de Saint Nicolas……. N’avez pas oublié vos enfants, j’espère

 

20/11/04 - Un juif grièvement blessé par balle à Anvers
Le secrétaire britannique d'un rabbin à Anvers a été hospitalisé dans un état critique jeudi matin après avoir reçu une balle dans la tête devant chez lui dans un quartier juif de la ville, selon le bureau du procureur.
"Nous n'excluons aucun motif mais pour l'instant il n'y a pas d'indication de ce que le motif serait raciste ou extrémiste", a déclaré la porte-parole, Dominique Reniers.
La victime s'appelle Moshe Naeh, a affirmé Yehuda Ceitlin, collaborateur local des services de secours israéliens Zaka. Ce jeune homme de 24 ans serait père de cinq enfants. Il était "très pieux", a ajouté Mme Reniers, précisant que la balle avait été tirée de près. La victime a été découverte par des passants qui ont d'abord cru à un accident de la route. Aucun témoin ne s'est signalé.
D'après M. Ceitlin, ces dernières années ont vu une recrudescence du harcèlement raciste à Anvers. Située à 50km au nord de Bruxelles, la ville compte l'un des plus grands quartiers juifs orthodoxes d'Europe occidentale. On dénombre quelque 17.000 juifs et 50.000 (10% de la population) d'habitants d'origine maghrébine.
Une responsable de l'ambassade britannique à Bruxelles a dit ne pas avoir été officiellement informée de la tentative de meurtre.
Plusieurs incidents, dont des actes d'intimidation et des agressions physiques contre des juifs, ont été enregistrés cette année à Anvers. Ils sont souvent imputés à des jeunes d'origine arabe. En juin, un élève juif de 16 ans a été tué à coups de couteau devant son lycée. Quelques jours plus tard, un juif de 43 ans était passé à tabac.
Le chef de la communauté juive de Belgique, le Dr Joseph Wybran, a été tué par balles à Bruxelles en 1989; quatre jeunes gens ont été blessés en 1982 par des tirs sur une synagogue de la capitale. Les deux attaques ont été imputés à des groupes palestiniens. En 2002, 18 balles ont été tirées sur la façade d'une synagogue de Charleroi (sud).
Source : AP, 18 novembre 2004

19/11/04 - Une sénatrice d'origine marocaine menacée
Selon le quotidien belge «La Gazette d'Anvers», Mimount Bousakla, une sénatrice belge d'origine marocaine, qui a fait des critique à l'égard des intégristes musulmans, a été placée sous la protection de la police après avoir reçu de "graves menaces". Le journal, qui citait un responsable de sa formation, le Parti socialiste, a rapporté que la sénatrice avait reçu un appel anonyme l'avertissant qu'elle serait victime d'un "massacre rituel". Le journal ajoutait qu'elle s'était réfugiée dans un lieu tenu secret, ce qu'une autre sénatrice, Myriam Vanlerberghe, a démenti. "Elle (Bousakla) se porte bien, elle travaille au Sénat et ne se cache pas", a-t-elle affirmé à une agence de presse. Bousakla, a-t-elle précisé, a reçu une protection policière là où cela s'avérera nécessaire, à la suite de "graves menaces" dont elle a été la cible. Un porte-parole de la police d'Anvers a déclaré être au courant du problème et "avoir pris les mesures nécessaires". Début novembre, la sénatrice Mimount Bousakla avait demandé la dissolution du conseil des musulmans de Belgique en reprochant à cette instance représentative de ne pas avoir invité les musulmans à protester contre la mort de Van Gogh. L'élue s'en était également prise à certaines mosquées permettant à des imams de prêcher une forme radicale de l'Islam.
Source : Aujourd'hui Le Maroc, 18 novembre 2004

16/11/04 - Le casse-tête de l'extrême droite flamande
Condamné pour racisme, le Vlaams Blok devient le Vlaams Belang. La reconversion signifie-t-elle l’arrivée d’un parti "fréquentable" sur la scène politique belge, ou ce changement n’est-il que poudre aux yeux ? La presse belge hésite sur l’attitude à adopter face aux extrémistes flamands.
Les leaders du Vlaams Belang présentent le nouveau logo du parti - AFP"Ce serait bien que le 9 novembre devienne une date symbolique pour la Flandre. Un moment d’introspection, de sentiment de culpabilité et d’incitation à une politique constructive", suggère Luc Rademakers dans le Gazet van Antwerpen au lendemain de l’arrêt de la Cour de cassation confirmant le caractère raciste et les moyens discriminatoires de trois associations satellite liées au Vlaams Blok, le deuxième parti politique de Flandre à l’issue des dernières élections régionales et le plus grand d’après le dernier sondage. Une condamnation lourde de conséquences qui a obligé tout simplement le parti flamand d’extrême droite à se transformer en Vlaams Belang (Intérêt flamand) pour éviter les poursuites judiciaires.
D’après Peter Vandermeersch, dans De Standaard, cet arrêt "est un cadeau des cieux pour la direction du parti. Cela a offert au Vlaams Blok la chance d’abandonner les vieilles idées racistes pour devenir un nouveau parti de droite respectable." L’éditorialiste du quotidien de droite se félicite de "l’évolution, après deux décennies, de la Flandre vers un paysage politique plus normal et plus sain avec une aile gauche, un centre et une aile droite. Dans ce paysage, la discussion sur le cordon sanitaire [un accord de 1992 entre les partis démocratiques flamands qui interdit à tous les niveaux de former une coalition avec le Vlaams Blok] apparaîtra superflue. Car, dans un paysage politique normal avec des partis normaux, des coalitions normales seront conclues. Le Belang prendra-t-il part à ces coalitions ? Cela dépend de leur volonté de conclure des compromis et de bâtir l’avenir de manière constructive pour une meilleure société."
Dans le même journal, Bart Sturtewagen sonne aussi le glas du système anti-Blok, mais sur un ton plus résigné : "Avec ce changement de nom, c’est donc le cordon sanitaire qui meurt dans la forme que nous connaissions jusqu’ici. On ne peut pas encore dire si ce Blok refondé avec une direction inchangée et un programme seulement formellement remodelé peut devenir un partenaire du gouvernement. Pour cela, il faudrait démontrer que les choses sont vraiment différentes."
Même son de cloche pour le Gazet van Antwerpen : "Pour les autres partis politiques, c’est le bon moment pour bannir définitivement le concept de ‘cordon sanitaire’. Certains ne demandent pas mieux", écrit le quotidien en louchant sur les autres partis de droite, car "à chaque fois qu’est évoqué ce concept, le Blok gagne des électeurs".
Mais "avant de se fondre dans le magma de la droite nationaliste, le Blok pourra se vanter d’avoir fait des petits au sein du VLD [parti libéral flamand] ou du CD & V [chrétiens-démocrates]. On songe au candidat à la présidence du VLD, Hugo Coveliers, affirmant que 'l’islam, c’est l’ennemi', et les mosquées 'des bistrots pour drogués'. On est sans doute ici davantage dans le registre de l’imbécillité que du délit. Et là, le combat est sans fin", s’énerve Martine Vandemeulebroucke dans Le Soir.
Collaborer ou non avec les dirigeants du Vlaams Belang est d’ailleurs le sujet qui domine la course à la présidence chez les 7 candidats au poste pour le VLD du Premier ministre Guy Verhofstadt. Han Renard explique dans l’hebdomadaire Knack que le débat en interne "n’est pas achevé", suggérant une discussion avec les militants libéraux sur la question. Les jeunes du VLD affirment déjà "vouloir parler avec le Vlaams Blok", en attendant plus.
Il n’en fallait pas plus pour enflammer la discussion. "Avec ou sans arrêté, avec ou sans nouveau programme, Philip Dewinter [figure de proue du Vlaams Blok/Belang] reste tout simplement Philip Dewinter", affirme Yves Desmet dans De Morgen, pour qui le parti extrémiste persévère joyeusement dans la méchanceté et n’a pas du tout l’intention de saisir sa chance. Des exemples ? Le président [du Vlaams Blok] Frank Vanhecke a indiqué que son parti, contrairement à sa position de 1995, ne votera pas la loi condamnant la négation ou la minimisation du génocide des juifs au motif que cela appartient aussi à la liberté d’_expression. Une meilleure déclaration est venue de Philip Dewinter même, trente minutes après la lecture de l’arrêté sur les marches du palais de justice : "Toutes les femmes musulmanes qui portent un foulard signent un contrat de rapatriement".
"La liberté d’_expression ne vaut donc pas pour les femmes musulmanes, doit-on comprendre, et les jeunes filles musulmanes qui portent de leur plein gré le foulard qui, du reste, ne fâche ou ne dérange pas, doivent prendre l’avion pour un pays où elles ne sont même pas nées", explique l’éditorialiste du quotidien progressiste en retournant l’argument du parti contre lui. Pour De Morgen, "les raisons pour lesquelles le cordon a été instauré, confirmées par la plus haute juridiction du pays, restent valables". "C’est le revers de la décision de justice du jour : elle va compliquer d’un cran l’effort de mémoire qui, seul, permet de repérer, sous l’habit de soie dont va se couvrir le Blok, le treillis néonazi de ses dirigeants", résume Pierre Bouillon dans Le Soir.
Le prochain rendez-vous électoral est fixé pour 2006 avec les élections municipales. Le leader du Vlaams Belang, Philip Dewinter, explique déjà dans l’hebdomadaire populaire Dag Allemaal que des contacts existent avec des hommes politiques de six communes autour d’Anvers en vue d’une collaboration. Angus Roxburgh, de l’hebdomadaire anglophone The Bulletin, a rencontré les sympathisants bourgeois du Vlaams Blok autour d’un classique barbecue-fromage et vins. Des électeurs qui sont "outragés par l’attaque contre leur fierté nationale de la part des Wallons, des étrangers, des musulmans et de tous ces ‘politiciens démocrates’ confortablement enfuis dans leur cordon sanitaire".
Même si le nom du parti change, "le Blok reste le Blok" pour Luc Delfosse dans Le Soir. "Comme s’il suffisait, au fond, de peindre sur sa façade : 'Ici, il n’y a plus de rats' pour échapper à la dératisation", écrit-il. Il suggère même d’aller plus loin en privant "de financement les partis liberticides. C’est l’arme ultime et indispensable pour contraindre le Blok à respecter à la lettre une décision de justice plutôt qu’il ne s’en serve comme d’un nouveau cheval de Troie". Une idée qui ne risque pas de trouver rapidement un écho, car seuls les écologistes flamands (Groen), dans l’opposition, semblent y accorder de l’importance.
Source : Courrier international, 16 novembre 2004

 

11/11/04 - Divers organes musulmans dénoncent une ingérence dans l'organisation du culte. Le renouvellement de l'Exécutif des musulmans risque d'être encore différé.
C'est après le ramadan que doit normalement commencer la procédure qui vise à renouveler l'assemblée de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), organe représentatif du culte auprès de l'Etat belge. Mais, cette procédure pourrait bien être reportée, voire annulée.
L'Assemblée générale des musulmans de Belgique (CFMB) a en effet décidé d'introduire un recours devant la Cour d'arbitrage pour l'annulation de la loi du 20 juillet 2004 portant sur la création d'une commission chargée d'organiser le renouvellement des organes du culte musulman. Un deuxième recours a aussi été déposé auprès du Conseil d'Etat portant cette fois sur l'annulation de l'arrêté ministériel du 23 septembre 2004 contenant les modalités d'application de la loi. Depuis le début, de nombreux membres de l'EMB - et notamment son président Mohamed Boulif - ont exprimé des critiques sur la mise en place d'une commission par la ministre des Cultes, Laurette Onkelinx. Pour eux, il s'agirait d'une ingérence inacceptable des pouvoirs publics dans l'organisation interne du culte musulman ainsi qu'une forme de discrimination de l'islam par rapport aux autres religions. La mise en place de cette commission n'a pas eu toutefois que des détracteurs. Ainsi, pour d'autres, elle doit permettre de ramener la sérénité dans une communauté partagée sur la représentativité et la légitimité de l'EMB. Cependant, à en croire un des avocats de l'Assemblée des musulmans de Belgique, Me Georges-Henri Beauthier, la plus grande partie des représentants du culte musulman en Belgique - imams, associations de mosquées, associations turques etc.- soutiendrait les deux recours en annulation, qui, par ailleurs, n'ont juridiquement pas d'effet suspensif. Reste que la remise en marche de l'Exécutif risque bien d'être encore renvoyé aux calendes grecques.
Pour mémoire, ladite et controversée commission est chargée d'organiser l'élection de la nouvelle assemblée de l'EMB qui fera, en quelque sorte, office de constituante puisqu'elle devra formuler les futures règles qui assureront ses équilibres internes et sa représentativité. Ce sont en effet les problèmes de représentation au sein de l'assemblée qui sont à l'origine de la paralysie de l'Exécutif depuis mai dernier. La direction actuelle a toujours plaidé pour le seul renouvellement d'une partie de l'assemblée, comme le prévoit d'ailleurs le règlement en cours. Mais pour d'autres, comme le président néerlandophone de l'union des mosquées, il faut au contraire procéder à un renouvellement total de l'assemblée pour restaurer sa légitimité «perdue». Les nombreuses cooptations de membres de l'assemblée auraient profondément perturbé son caractère représentatif. Pourtant, il y a urgence à ce que l'EMB soit à nouveau opérationnel. De nombreux dossiers concernant le culte musulman sont toujours en souffrance.
Source : La Libre Belgique, 5 novembre 2004

La Ministre de la Justice impose ses représentants à la Communauté Musulmane : L'ingérence continue.
par Vigilance musulmane, novembre 2004
Vigilance musulmane est une plate-forme citoyenne attentive aux nombreuses dérives que connaît le processus de l'institutionnalisation de l'Islam en Belgique.
Notre démarche est motivée par trois principes fondamentaux :
- la neutralité de l'Etat dans ses rapports avec les cultes et philosophie reconnus ;
- la non-intervention des cultes et philosophie reconnus dans la gestion des affaires de l'Etat ;
- l'égalité de traitement entre les cultes et philosophie reconnus.
Dossier complet sur le site : www.vigilancemusulmane.be
Contact : info@vigilancemusulmane.be

Nouvel affront à l'encontre des citoyennes et citoyens musulman(e)s de notre pays dans le long feuilleton de l'institutionnalisation de l'Islam en Belgique.
La Ministre de la Justice, Madame Laurette Onkelinx (Parti Socialiste) vient, à la place de la communauté musulmane, de désigner les deux représentants musulmans au sein de la commission chargée du renouvellement des organes du culte musulman.
Tout le monde se rappelle en effet qu'en prenant la décision inacceptable de contraindre l'Assemblée Générale des Musulmans de Belgique à se renouveler totalement, la Ministre de la Justice, pendant les vacances d'été, a fait voter une loi mettant en place la commission précitée[1]. Cette loi s'inscrit dans la continuité d'un projet d'Arrêté Royal abandonné suite à l'avis très défavorable du Conseil d'Etat[2]. Ce dernier considérait qu'accorder à cette commission la liberté de « prendre toutes les mesures nécessaires pour l'organisation des élections générales » ne respectait pas la « proportionnalité entre le but visé et les mesures destinées à l'atteindre ».
Pour mettre en ¦uvre cette loi, la Ministre a fait adopter un arrêté désignant les membres de cette commission, le 27 septembre dernier[3]. Pour « rassurer » les musulmans et montrer sa bonne foi, la Ministre de la Justice s'était engagée à ce que la commission comporte deux musulmans, l'un néerlandophone et l'autre francophone, ce qu'elle a fait en désignant Madame Ayse Öz[4] et Monsieur Hassan Bousetta[5].
Mais qui sont ces deux personnes pour la majorité de la communauté musulmane ?
Ont-ils dans le passé, pris part, de quelque manière que se soit, au long processus de l'institutionnalisation de l'Islam en Belgique ? Non.
Détiennent-ils alors leur légitimité suite à une élection comme peuvent s'en prévaloir les membres de l'Assemblée Générale des Musulmans de Belgique? Non, puisque, répétons-le, ils ont été imposés par la Ministre.
Soyons clairs, nous ne mettons aucunement en doute «l'islamité» ou l'appartenance à la Communauté Musulmane de Madame Öz et de Monsieur Bousetta, mais la question essentielle est : en quoi sont-ils des «représentants » de la Communauté Musulmane de Belgique ?
On est en droit de se demander sur base de quels critères la Ministre de la Justice a ordonné ce choix, qui ne fait que rendre d'avantage illégitime son projet de renouvellement des organes représentatifs du culte islamique.
Il est utile de rappeler que l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) était opposé à cette commission et que par cohérence, il n'a pas transmis une liste de candidats à la Ministre, bien que la loi le lui permette.
Il convient de souligner également, qu'au-delà des interrogations que suscite l'installation de la commission précitée, la question centrale est, et reste, l'ingérence des autorités dans l'organisation interne du Culte Musulman.
Nous espérons que l'EMB et l'Assemblée Générale saisiront, dans les délais les plus rapides, les Cours et tribunaux ad hoc pour attaquer ces ingérences contraires aux principes en vigueur dans un Etat de Droit (séparation de l'Etat et des Eglises, égalité de traitement entre les Cultes).
La phase des négociations politiques étant passée, face au coup de force du gouvernement, seuls des recours devant la Cour d'Arbitrage (contre la Loi) et auprès du Conseil d'Etat (contre l'Arrêté) permettront de rappeler à Madame la Ministre de la Justice que nous vivons dans un Etat de Droit, digne de ce nom.
Aucune communauté religieuse (catholique, protestante, juive ou autre) n'accepterait que ses représentants soient imposés par une intervention disproportionnée d'un Ministre. Une telle ingérence de l'Etat dans l'organisation du culte constitue une atteinte grave à la neutralité de l'Etat.
Nous proposons à toutes les personnes, opposées à ces nominations arbitraires, d'exiger la démission immédiate de Madame Öz et de Monsieur Bousetta pour qu'ils ne soient plus les complices de ce nouvel affront fait à notre démocratie, en général, et à la Communauté Musulmane, en particulier.

 

07/10/04 - A-t-on encore le droit de dénoncer la politique de Bush ? Wolfowitz (Pentagone) réclame 265 000 Euro à l'éditeur de Michel Collon !
par Vanessa Stojilkovic

265.000 € ! Cette somme énorme est réclamée par la firme Hasbro à l'éditeur EPO pour avoir publié le livre de Michel Collon Monopoly - L'Otan à la conquête du monde. Hasbro a intenté à Paris un procès pour une prétendue « contrefaçon » de son jeu Monopoly. Mais qui tire les ficelles de cette firme ? Paul Wolfowitz. Oui, le n° 2 du Pentagone, ministère de la Guerre de Bush. Divers indices montrent que l'attaque est politique...
La multinationale US Hasbro a fait assigner l'éditeur EPO devant le tribunal de Paris en date du 16 mai 2003. Réclamant « 150.000 euros pour atteinte à ses marques, 100.000 euros pour 'parasitisme' et 15.000 euros pour frais». Pourquoi à Paris alors que cet éditeur est belge au départ ? Parce que les tribunaux français sont connus pour être plus sévères en matière de liberté d'_expression et de droit à la parodie. Ce 9 juillet 2004, la 3ème chambre du tribunal de grande instance de Paris a donné raison à Hasbro - Monopoly et condamné l'éditeur à payer 20.000 euros. L'éditeur a décidé d'aller en appel.
S'agit-il d'un simple litige commercial et juridique ? Pas du tout :1° Le prétexte « juridique » est grossier :
Hasbro se prétend « victime de contrefaçon » parce que Michel Collon a publié sa magistrale analyse de la stratégie globale US sous le titre Monopoly - L'Otan à la conquête du monde.
Juridiquement, la manoeuvre est grossière. Car l'interdiction d'utiliser des marques commerciales existantes vise à empêcher des actes dits de 'concurrence déloyale'. Or, un livre d'analyse politique ne concurrence évidemment pas la vente d'un jeu de société. Le livre de Michel Collon a peut-être gêné les milieux dirigeants US en exposant leur stratégie de guerre globale et en démasquant leurs prétextes mensongers. Mais qui prétendra sans rire qu'il aurait fait baisser les ventes du jeu Monopoly dans le monde ? Donc, le but est ailleurs.
2° Parmi les administrateurs d'Hasbro, on trouve Paul Wolfowitz. Vice-ministre de la Guerre de Bush, c'est lui le 'penseur' qui prépare depuis 1991 la stratégie US de la « guerre globale ». C'est lui qui, le premier, a poussé Bush à attaquer l'Irak.
Certes, à sa nomination dans l'administration Bush, il a suspendu cette activité très lucrative (Hasbro est avec Mattel un des deux géants mondiaux dominant l'industrie du jouet). Mais business et politique sont aux USA des « vases communicants » avec de fréquents aller-retour. Dick Cheney a lui aussi quitté ses fonctions à Halliburton, mais bien sûr il continue à en tirer les ficelles.
Parmi les administrateurs d'Hasbro, on trouve aussi Marie-Hélène Kravis. Un nom peu connu, mais l'épouse d'un des hommes les plus riches du monde. Le couple est lié au complexe militaro-industriel et à Israël (services secrets et lobby du Congrès juif mondial). (Voir ci-après « Qui se cache derrière Hasbro ? » et « Wolfowitz, le 'penseur' de la guerre globale »).
3° Le but est clairement de mettre un éditeur en faillite. La maison EPO, active en France et en Belgique, s'est signalée ces dernières années en publiant plusieurs livres marquants sur l'impérialisme US. Citons seulement « 11 septembre » de Franssen, « Palestine » de Lucas Catherine ainsi que les ouvrages de Calvo Ospina sur les liens CIA - Bacardi - maffia cubaine. Ou Hassan  Pestieau sur l'occupation de l'Irak. (voir www.epo.be)
L'éditeur EPO se bat avec acharnement pour maintenir son indépendance face à la concentration des gros éditeurs aux mains de l'industrie et de la finance. Lui réclamer des sommes aussi exorbitantes vise manifestement à l'empêcher de continuer son activité.
4° C'est le contenu politique du livre Monopoly qui pose problème. Dans ce livre, publié en 2000, Michel Collon a magistralement démontré que la guerre contre la Yougoslavie n'était nullement humanitaire, mais annonçait d'autres guerres notamment contre l'Irak et l'Afghanistan, ce que la pratique a confirmé. Il a révélé que Washington se battait pour contrôler les routes du pétrole (projets de pipeline à travers les Balkans) qui lui permettraient de bloquer éventuellement l'approvisionnement énergétique de l'Europe. Le véritable crime de Collon, c'est d'avoir exposé sans fard la stratégie de guerre globale des Etats-Unis.
5° Michel Collon avait déjà démasqué Wolfowitz dans son livre Poker menteur. L'auteur belge avait épinglé un rapport Wolfowitz peu remarqué. Dès 1992, Wolfowitz y demandait au Pentagone de tout faire pour empêcher l'apparition d'une armée européenne. A une époque où il semblait encore qu'USA et Europe marchaient de concert, Collon avait montré que ce rapport était une déclaration de guerre à peine camouflée aux 'amis ' européens. Analyse qui fut confirmée par la suite des événements et la montée de leurs oppositions. (lien Poker menteur p. 116)
6° Michel Collon : un homme à abattre ? Depuis douze ans, l'auteur belge mène une action originale qui a beaucoup contribué à démasquer l'impérialisme US. Depuis le célèbre Attention, médias ! (1992), ses livres, abondamment réédités et traduits, combinent une analyse stratégique à la fois globale et pointue avec une démarche originale de « test - médias » qui lui a valu sa réputation de « traqueur de médiamensonges ». Co-auteur du film de Vanessa Stojilkovic Les Damnés du Kosovo, traduit en six langues, Collon a été invité à des centaines de conférences et débats à travers l'Europe et le monde.
Analyste mais aussi militant anti-guerre, Collon a mené des missions internationales importantes sur les conséquences des agressions US : les « 15 Belges sous les bombes de l'Otan » (Yougoslavie, 1999) et les 120 « Inspecteurs de la paix » (Irak, 2002). D'où l'acharnement de Washington. (www.michelcollon-info/bio)
7° Mais c'est surtout la plainte pour « crimes de guerre », déposée à Bruxelles contre le général Franks qui a  déclenché la colère de Washington. Michel Collon est un des animateurs du mouvement Stop USA. Celui-ci a aidé les familles de 17 victimes irakiennes à déposer plainte à Bruxelles en 2003 contre le général Franks, commandant en chef de l'armée US pour crimes de guerre. Basée sur des témoignages nombreux et un dossier solide, la plainte avait toutes les chances de l'emporter. Mais les menaces de Washington obligèrent Bruxelles à supprimer sa loi dite « de compétence universelle ».
'Coïncidence' : c'est quelques jours après le dépôt de cette plainte, mais... trois ans après la sortie du livre Monopoly que la firme Hasbro est passée à l'attaque. Le rapport est clair.
Tous ces indices le démontrent : l'attaque d'Hasbro - Wolfowitz est politique. On a affaire à des représentants majeurs de l'impérialisme US, avec un exemple parfait de la fusion personnelle des intérêts économiques et politiques. Les guerres détestables de cet impérialisme US se prolongent par une guerre contre la liberté d'_expression, pour le monopole de Hollywood, Bill Gates et CNN. (clair ?)


Il faut sauver l'éditeur EPO !
Ce n'est pas le soldat Ryan, ni le président Bush qu'il faut sauver, mais les éditions EPO. Les éditeurs indépendants sont de moins en moins nombreux de par le monde à avoir les moyens de publier témoignages, révélations, analyses sérieuses sur  le militarisme US, sur les agissements des grandes puissances et sur les grandes questions sociales.
Au moment où le monde entier se mobilise contre la guerre et l'impérialisme US, l'attaque d'Hasbro et Wolfowitz fait partie des tentatives du régime Bush pour faire taire la contestation. Mais, de même que Michael Moore ne s'est pas incliné lorsqu'on a essayé d'empêcher la distribution de son film Fahrenheit 9/11, Michel Collon et l'éditeur EPO ont décidé de continuer le combat. Ils refusent de se laisser museler, quels que soient les prétextes utilisés.Comment pouvez-vous les soutenir dans ce combat ?
1. En diffusant la présente information (qui existe aussi en anglais, espagnol, italien, néerlandais : www.epo.be et bientôt sur :  www.michelcollon-info.be )
2. En envoyant un mail de protestation sur leur site : www.hasbro.com ou www.hasbro.fr (Ou Hasbro, 1027 Newport Avenue Pawtucket, Rhode island, 02862, USA)
3. En faisant connaître les titres des éditions EPO, en invitant leurs auteurs à des débats, en aidant EPO à trouver des canaux de diffusion. Contact : jos.hennes@epo.be
4. En achetant, à titre de solidarité ( pour couvrir les frais du procès), un ou plusieurs exemplaires du livre Monopoly Soit pour vous-même, soit pour offrir, notamment en fin d'année. Ce livre existe en français, anglais, espagnol, néerlandais. La vente reste autorisée pour quelques semaines.  Prix : 19 Euros + port.
ENVOYEZ VOTRE COMMANDE VIA :
nessa.kovic@indymedia.be qui transmettra.
Indiquez votre adresse mail (ou postale) pour recevoir le formulaire de paiement !
POUR COMMANDER EN ANGLAIS :
Milo Yelesiyevich serbianclassics@hotmail.com
POUR COMMANDER EN ESPAGNOL :
Eva Forest : hiru@clientes.euskaltel.es
POUR COMMANDER EN NEERLANDAIS :
Jos Hennes : jos.hennes@epo.be


Qui se cache derrière Hasbro, 'respectable' firme de jeux ?
par Michel Collon
Ce n'est pas parce qu'il s'agit de jouets que nous entrons dans un monde de « petits » et de « gentils ». Le marché mondial du jouet est aujourd'hui aux mains de deux mastodontes qui ont réussi à éliminer ou racheter presque toutes les autres firmes : Mattel contrôle notamment Barbie, Fisher - Price, Scrabble... Quant à Hasbro, cette petite firme familale (Hassenfeld Brothers) a décollé dans les années 60 en lançant un jeu militariste G.I. Joe. Ensuite, de nombreuses prises de contrôle lui ont permis de devenir propriétaire des marques Monopoly, Trivial Pursuit, Playskool, Pictionary, Cluedo, Atari, Teletubbies, des dérivés du Pokemon et de Star Wars, de très nombreux jeux électroniques, des firmes de bonbons et bien d'autres encore.
Classique : les profits de ces deux géants du jouet ont explosé en fermant un maximum d'usines aux USA et en Europe et en délocalisant vers des pays pauvres du tiers monde. Ainsi, en 2002, Mattel a fermé son usine du Kentucky. Elle exploite à présent 39.000 personnes dans ses usines d'Asie. Si Hasbro n'emploie que 10.000 personnes directement, c'est qu'elle recourt surtout à la sous-traitance aux avantages bien connus. (1)
Quand vous achetez un jeu, enrichissez-vous Paul Wolfowitz, le maître à penser de Bush ?
Donc, quand vous achetez un jeu pour vous ou vos enfants, vous avez pratiquement toutes les chances d'enrichir les actionnaires de Mattel ou Hasbro. Et il faut savoir que le budget jouets moyen d'un enfant de l'U.E. s'élève à 250 €/an.
Parmi les administrateurs que vous enrichissez ainsi involontairement, on trouve du beau monde. Ou du vilain, ça dépend du point de vue. D'abord, un des plus grand va-t-en-guerre des Etats-Unis : Paul Wolfowitz. Le numéro deux de Rumsfeld, ministre de la Guerre de Bush, avec qui il forme un 'tandem parfait' selon le très conservateur hebdo US Time : « Si Rumsfeld est le visage, la bouche et le bras armé de la guerre en Irak, Wolfowitz, le parrain intellectuel, en est le coeur et l'esprit. »  (2) (voir article sur Wolfowitz, ci-après)
« Le coeur et l'esprit de la guerre » a été administrateur d'Hasbro jusqu'à la veille de sa nomination dans l'administration George Bush. Y retournera-t-il après son mandat politique, comme beaucoup de personnalités US, ferventes pratiquantes de ce sport lucratif qu'est le yo-yo business - politique ? C'est probable, mais de toute façon les liens et les intérêts communs demeurent, discrètement ou pas. Ainsi, Dick Cheney, le vice-président US, n'a théoriquement plus rien à voir avec la firme pétrolière Halliburton qu'il dirigeait avant son entrée en fonctions. Mais le scandale des « commandes gonflées » a montré qu'il avait utilisé sans vergogne l'occupation de l'Irak pour remplir les poches d'Halliburton, et très probablement les siennes aussi.Liée au complexe militaro-industriel et à Israël
Mais en parcourant la liste des administrateurs d'Hasbro, on tombe sur un autre nom extrêmement intéressant : Marie-Josée Kravis est ou a été administratrice de Ford, Canadian Imperial Bank, Vivendi Universal et Hollinger. Cette société est liée à la droite dure US et aux services de renseignements  israéliens puisque leur ancien chef Shlomo Ben Gazit siège dans un comité de Hasbro (3). Elle contrôle divers journaux britanniques et israéliens qui ont joué un rôle de tout premier plan dans le dossier irakien.
Marie-José Kravis a aussi été administratrice de Seagram. Dont le patriarche Edgar Bronfman Sr. est président du très influent lobby du 'Congrès Juif Mondial'. Elle siège aussi à la direction d'un think thank US conservateur, l'Institut Hudson. Bush Père l'avait nommée au conseil du secrétariat à l'énergie. Sur le site du Council on Foreign Relations, organe majeur où se discute et décide la politique internationale US, elle est présentée comme « experte » en économie internationale, politique publique et stratégie. (4)
Son mari, Henry Kravis, occupe le 351e rang de la liste Forbes des hommes les plus riches du monde avec une fortune estimée à 1,3 milliard $. Sa firme KKR a possédé ou possède en tout ou en partie plusieurs firmes significatives: Safeway, Union Texas Petroleum, Duracell, American Re Insurance, Nabisco...
Enfin, à ceux qui s'étonneraient si un tribunal français se montrait peut-être complaisant envers une société US, signalons que KKR est le principal actionnaire de la société française électrique Legrand. Dont le président est Ernest-Antoine Seillière, patron du Medef, c'est-à-dire patron des patrons français (5). Le monde du business est petit.
Parmi les autres administrateurs actuels d'Hasbro, on trouve encore Jack Greenberg, ex-boss de McDonalds, Paula Stern, ancienne présidente de la Commision du Commerce International des Etats-Unis, Sylvia Hassenfeld (American Jewish Joint Distribution Committe) et Alan Batkin, vice-président de Kissinger Associates. Cette société de consultance fait profiter les multinationales US des conseils expérimentés du "Docteur Henry", qui fut le boss de Pinochet et de quelques uns des dictateurs les plus sanglants de la planète.
Conclusion : Hasbro, ce n'est pas du tout un jeu. Ni pour des dizaines de milliers de travailleurs du tiers monde, surexploités au bénéfice d'actionnaires et administrateurs richissimes comme Kravis et Wolfowitz. Ni pour son rôle aux côtés des agressions militaristes US et israéliennes. Hasbro est un élément du complexe militaro-industriel qui a mis en place le régime Bush et sa guerre globale.
Notes :
(1) Chiffres de l'International Council of Toy Industry. Voir aussi Thérèse Jeunejean, Le grand jeu de la mondialisation, Le Ligueur (Belgique), 12/11/2002. Gresea (Belgique), La face cachée du jouet, juillet 2002.
(2) http://www.time.com/time/personoftheyear/2003/poywolf.html
(3) Voir l'index de Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, EPO, 2003, que nous remercions pour son aide précieuse.
(4) Source :  http://www.kkr.com/>
(5) Sur l'importance du Council on Foreign relations, voir Geuens, idem, p. 84-92.

 

 

04/10/04 - Questions sur la mort d’un jeune Nigérian à la prison de Forest
La mort du jeune Nigérian à la prison de Forest le 9 août dernier ressemble de plus en plus à une "bavure".
Contrairement à ce qui a été dit par la directrice de la prison, Emeka n'avait commis aucun délit lorsqu'il s'est fait contrôler par la police, il était simplement SANS PAPIERS !
Il se serait "rebellé", ce qui en général, se solde par une arrestation administrative de quelques heures et non par une incarcération immédiate à la prison.
La famille continue à se poser de nombreuses questions sur les circonstances de son arrestation et de sa mort prématurée.
Depuis peu, l'autopsie effectuée à la prison a enfin été transmise à la famille et ses avocats.
Elle conclut à une mort "naturelle" due à une pendaison. Un suicide, donc.
La contre-expertise effectuée à l'université de Berlin, constate des blessures et traces de coups partout sur le corps et la figure, mais AUCUNE trace de strangulation !
Cette contre expertise expliquerait donc les nombreuses taches de sang, vues dans la cellule visitée par des représentants de l'Ambassade du Nigeria, mais contredirait les affirmations de mort par pendaison.
Au vu de la divulgation des faits, un juge d'instruction a été nommé pour éclaircir cette affaire.
Aujourd'hui, une instruction pénale est en cours et l'avocat de la mère d'Emeka a demandé des devoirs complémentaires sur ce qui avait été présenté par l'administration pénitentiaire, comme un "suicide ordinaire".
Beaucoup de questions restent sans réponses convaincantes :
1- Quel était son état physique quand il est arrivé à la prison de Forest ?
2- Quand il a été présenté à la juge Cécile Panou, elle se rappelle, qu'il était agité, exubérant et désorienté. Pourquoi ne l'a-t-elle pas envoyé à l'hôpital ou au moins fait voir par un médecin?
3- La juge Panou dit qu'il a enlevé tous ses vêtements devant elle sans qu'on ne le lui demande et précise qu'il ne présentait, alors, aucune trace de contusions.
D'après la directrice de Forest, l'infirmier qui aurait vu Emeka à son arrivée, n'a constaté "aucun problème médical particulier".
Considérant que le défunt avait de nombreuses blessures et contusions, partout sur le corps et sur le visage, si l'infirmier n'a effectivement rien vu, QUE S'EST-IL PASSE A LA PRISON DE FOREST ?
4- Pourquoi l'autopsie a-t-elle été avancée d'une heure, devançant ainsi, l'arrivée des observateurs indépendants ?
5- Où se serait-il pendu? Avec quoi et comment s'est-il pendu ?
6- D'où viennent les taches de sang vues dans la cellule? Y a-t-il eu des prélèvements et des analyses ?
7- Puisque son nom était connu des fonctionnaires, avait-t-il des papiers d'identité? Si oui, où sont ses papiers ? Où sont les affaires personnelles d'Emeka (vêtements, papiers, notes, images, téléphone portable...) Pourquoi rien n'a-t-il été remis aux parents ou à l'ambassade ?
8- L'administration veut-elle cacher quelque chose ?
La famille demande au ministère de la justice belge, les réponses à toutes les questions relatives aux circonstances et aux causes de cette mort.
L'Ambassade du Nigeria continue à mettre la pression sur les autorités belges, pour qu'elles clarifient les circonstances et les responsabilités de la mort de Chukwuemeka
Source : Passe Muraille, 2 octobre 2004

Contacts :

Belgique : passe.muraille@skynet.be
Allemagne : wiedenrothe@isdonline.de
URL : http://www.emeka-ist-tot.com/
Pour lire les précédents communiqués : http://www.radioairlibre.be/, clic sur "émission" puis sur "passe muraille".

29/09/04 - La Belgique manifeste pour ses sans-papiers
par Ludovic Tomas, L’Humanité, 27 septembre 2004
« Semira, assassinat d’État ! » scandent les manifestants dans les rues de la capitale belge. Six ans après la disparition tragique de la jeune Nigériane, l’émotion et la colère sont toujours très vives chez les sans-papiers et leurs soutiens. C’est au cours de la sixième tentative d’expulsion que la jeune fille a trouvé la mort, étouffée avec un coussin par des gendarmes, dans l’avion qui devait la ramener dans un pays qu’elle fuyait, menacée d’un mariage forcé.
Avant le départ du cortège, sur le podium installé sur la place de Londres à Ixelles, commune périphérique de Bruxelles, la « marraine » de Semira parle de cette filleule qu’elle n’a rencontrée que dans le coma. « Semira était très populaire dans le centre fermé du 127 bis. Elle remontait le moral des codétenus en chantant. Dans un de ses derniers témoignages, elle avait prédit qu’il y aurait des morts dans le centre », raconte Lise Thiry, membre du mouvement des femmes en noir. À côté d’elle, la jeune femme qui partageait la cellule de Semira ne souhaite pas s’exprimer.
En Belgique, six centres fermés retiennent, dans des conditions dégradantes voire illégales, des réfugiés en attente d’expulsion. Des prisons qui, comme en France, n’avouent pas leur nom. À la fin du discours, des dizaines de fleurs sont déposées sur la scène, « en hommage à Semira, à tous les sans-papiers morts en Belgique ainsi qu’à Romain Binazon, porte-parole de la coordination nationale des sans-papiers en France, décédé dans un accident de voiture » au début du mois, explique Oscar Flores, maître d’oeuvre de la manifestation.

Des revendications qui font écho
Les images de Romain sont omniprésentes dans le défilé. Sur chaque pancarte portée par les manifestants apparaît une photographie du militant français. Rencontré le 31 mai au cours de la marche européenne des sans-papiers, celui-ci a beaucoup marqué ses compagnons de lutte belges. « Les sans-papiers français avaient une confiance absolue en lui », se souvient Catherine, qui a fait le déplacement à Paris pour la manifestation anniversaire de l’église Saint-Bernard, au mois d’août. De France, celle-ci a ramené des slogans qui vont retentir tout au long de l’après-midi. « L’an dernier, la commémoration était plutôt festive. Cette année, nous avons voulu mettre en avant la lutte. Il faut que les sans-papiers s’organisent afin de changer la politique d’immigration belge », explique la jeune fille.
Si le mouvement de soutien aux sans-papiers belges n’en est pas à ses premiers pas, il n’a pas l’organisation et la force de frappe de son voisin français. Ici, toujours pas de coordination nationale mais des collectifs parsemés dans le royaume et des actions ponctuelles. Autre point faible, les sans-papiers belges sont encore hésitants à se montrer. Ce en quoi la manifestation de samedi est un succès. Mauritaniens, Djiboutiens, Angolais, Iraniens, Bangladais ont répondu à l’appel. Les revendications, en revanche, font bien écho à celles du mouvement français. De l’incontournable demande de « régularisation immédiate et inconditionnelle » à « la libre circulation des personnes », en passant par « la suppression des centres fermés » et « l’arrêt des expulsions », les mots d’ordre belges condamnent « l’Europe forteresse » qui se construit avec l’aval des gouvernements de l’Union.

Ce sont « les mineurs d’aujourd’hui »
La première halte de la manifestation s’effectue devant l’église Sainte-Croix, où des ressortissants Afghans ont mené une grève de la faim il y a quelques mois. La compagne d’un des grévistes témoigne : « Les sans-papiers sont les mineurs d’aujourd’hui. Ils sont exploités jusqu’à seize heures par jour par des patrons qui profitent du fait qu’ils n’ont aucun droit. Pour mon compagnon, la Belgique est comme une prison. » Après une minute de silence, le cortège se dirige vers une autre église, celles des Minimes, à deux pas du palais de justice de Bruxelles. Là, ce sont des Iraniens qui ont occupé l’édifice, avec le soutien du prêtre, après avoir été chassés de l’Université libre de Bruxelles par les forces de l’ordre. « L’ambassade d’Iran nous a présentés comme des terroristes et la Belgique ne prend jamais position contre un autre pays. Elle considère l’Iran comme un pays sûr, mais si nous y retournons, nous sommes en danger de mort. 95 % de nos demandes de régularisation ont reçu une réponse négative. Votre - solidarité est notre seul espoir », explique Mehdi, réfugié - politique.
Dernière étape, la maison communale de Saint-Gilles, autre banlieue populaire de Bruxelles, où les rafles sont monnaie courante et les manifestations souvent interdites. Un symbole, en guise de conclusion d’un après-midi sous le signe de la solidarité internationale. Et un vieux militant de dénoncer : « Le capital, lui, peut circuler. Il nous fait du chantage à la délocalisation. » France, Belgique, Europe : même combat.


La xénophobie se porte bien
Le parti indépendantiste et xénophobe flamand arrive en tête des intentions de vote des électeurs flamands pour la première fois. La banalisation de l’extrême droite atteint un nouveau seuil et rien ne semble pouvoir aujourd'hui l'arrêter.
Philip Dewinter, leader du Vlaams Blok - AFP"C’est fait. C’est dramatique", déplore Francis Van De Woestyne dans l’éditorial de La Libre Belgique, se demandant s’il n’est pas "déjà trop tard" pour réagir. Réagir ? "Pour la première fois, le Vlaams Blok, avec 24,3 % des voix, devient le plus grand parti de Flandre, devançant ainsi le cartel CD&V/N-VA [formé par le CD&V, les chrétiens-démocrates flamands, et la N-VA, les nationalistes flamands], qui obtient 24,2 %. Le Blok était déjà le premier parti flamand lors des élections, mais à eux deux le CD&V et la N-VA rassemblaient 26,1 % des voix", relate en première page De Standaard. Le quotidien flamand donne ensuite la parole au nouveau ministre-Président (CD&V) de la région flamande, Yves Leterme, qui tente de trouver une explication à cette nouvelle alarmante : "Certains électeurs nous avaient choisi comme une alternative à la coalition précédente (entre les libéraux du VLD et les socialistes du SP.A). Ils ont peut-être été déçus que nous formions maintenant un gouvernement flamand avec cette même coalition. Mais le sondage a été effectué avant que nous ayons pu montrer que nous offrons une administration alternative."
Et, surtout, avant l’actuelle crise sur le "dossier DHL", qui pourrit encore plus l’atmosphère. Depuis les dernières élections régionales, en juin 2004, le gouvernement fédéral et les majorités politiques qui dirigent les régions de Bruxelles et de Flandre appartiennent à des camps différents. Or, ces trois instances collaborent à la gestion de l’aéroport de Bruxelles-National et ne trouvent pas d’accord pour réguler son trafic nocturne. Le dilemme est de permettre une extension des activités de la société allemande de courrier express (DHL) tout en préservant la santé des riverains. Mais le conflit communautaire – francophones contre néerlandophones – prend le dessus dans les débats publics.
Et les chiffres sont de plus en plus inquiétants. Le sondage – effectué par La Libre Belgique, VTM, Het Laatste Nieuws et RTL – indique que 44 % des électeurs flamands estiment que le Vlaams Blok aurait dû intégrer le gouvernement régional flamand. Le principe du cordon sanitaire, impliquant le refus de toute coalition avec le Vlaams Blok, n’est plus défendu que par 40 % de l’électorat flamand. Le chef de file du parti extrémiste, Philip Dewinter, gagne même 5 points en popularité et grimpe à la deuxième place du classement, juste derrière le Premier ministre libéral Guy Verhofstadt.
Francis Van De Woestyne, dans La Libre Belgique, s'interroge : "Ne pas imiter le Blok ? Les partis flamands ne font que cela depuis des années déjà. […] Pire, sans doute, les partis traditionnels, en fréquentant les élus du Blok dans les travées du Parlement ou dans les émissions de télévision, ont rendu ces gens fréquentables, voire sympathiques, et leur ont offert un vernis de respectabilité. Aujourd’hui, il n’est plus honteux de se dire partisan du Blok", conclut-il en appelant les présidents de partis flamands à une mobilisation nationale contre le parti extrémiste.
Dans De Morgen, Walter Pauli s’agace des commentaires politiques qui se réjouissent d’un sondage "antérieur à la crise DHL" tout en admettant que "plus personne n’ose encore prédire où et quand l’extrême droite va atteindre son ‘maximum sociologique’". Une chose est clairement acquise : "Le Vlaams Blok est devenu le cauchemar absolu de tout homme politique sensé." Malgré les différentes personnalités qui ont gouverné le pays, malgré les différentes stratégies adoptées, le Vlaams Blok n’a fait qu’augmenter d’élection en élection. "Comment le freiner ? Que faire ?", s’interroge désespérément le journaliste. "Faut-il ou non discuter avec le Blok ? Faut-il plus de présence immigrée ou féminine au Parlement ? Plus ou moins de bleus [policiers] dans les rues ? Faut-il déterminer une stratégie spécifique contre le Blok, ou simplement tenter de faire de son mieux ? Si nous restons honnêtes, nous devons admettre que toutes ces stratégies ont déjà un jour été testées, pour ensuite être rejetées suite à une nouvelle victoire ou un progrès du Vlaams Blok."
Source : Courrier international, 28 septembre 2004

 

21/09/04 - Mardi 21 septembre, dernière audience du procès Collon/ Police de Bruxelles : Le contribuable bruxellois paiera-t-il à la place de ses flics brutaux?
par Michel Collon, Bruxelles, 20 septembre 2004
C'est demain, mardi 21 septembre qu'aura lieu au palais de Justice de Bruxelles, le procès de Lucien Van Impe et Bernard Jongen, poursuivis pour m'avoir arrêté illégalement lors d'une manifestation pour la paix en 1999 et fracturé 4 côtes.
Ces deux policiers nient, mais le procureur a démontré qu'ils mentaient. Que vont-ils encore inventer?
Le procureur a aussi souligné que l'arrestation arbitraire est un délit grave. Bon à savoir pour tous les manifestants à venir.
Mais, entre temps, la Ville de Bruxelles est, comme on dit, "intervenue à la cause". Elle semble décidée à payer les dommages causés par ses policiers brutaux.
Très curieux. Car un employeur est tenu de payer les dommages causés par son employé, mais seulement s'il s'agit d'inadvertance ou de faute légère. C'est par contre tout à fait exclu en cas de faute grave ou intentionnelle comme ici. Cela veut-dire que le bourgmestre et sa majorité communale couvrent de telles violences policières ? Ce serait un curieux message 'démocratique" !
Encore plus curieux : une décision de ce genre doit normalement être approuvée par les conseillers communaux. En ont-ils vraiment discuté ? Expliqueront-ils au contribuable bruxellois que c'est à lui de payer pour ces flics brutaux ? On sera très intéressé d'entendre ce qu'en pensent les conseillers PS, PSC et Ecolo.
Sur l'attitude de l'ancien bourgmestre de Donnéa et de la Ville de Bruxelles dans cette affaire, nous en dirons davantage à l'audience.
Tous ceux qui peuvent se libérer sont bienvenus. Il est important de montrer à la police qu'elle n'a pas tous les droits!
Palais de Justice de Bruxelles, 50ème chambre correctionnelle, 8h45.

 

10/09/04 - Audience mouvementée au procès Collon / Policiers de Bruxelles - Ville : Lequel des deux ment ?
par Michel Collon, Bruxelles, 9 septembre 2004
« L'une des deux parties ment complètement. Laquelle ? » Ce commentaire d'une journaliste résume bien l'affaire Michel Collon contre police de Bruxelles - Ville, poursuivie ce 6 septembre. Deux policiers sont accusés d'arrestation arbitraire et de coups et blessures très graves commis pour briser une manifestation contre la guerre de l'Otan en Yougoslavie, le 3 avril 1999 (Voir précédent mail Les minutes les plus longues de ma vie ).
La salle est encore plus remplie que la fois passée. L'audience débute par la présentation des images tournées par différentes télés. Elles montrent Michel Collon embarqué très rudement, mais intact, dans une camionnette policière d'où il ressortira avec 4 côtes fracturées.
- Les policiers Van Impe et Jongen : « Nous n'avons pas frappé Collon dans la camionnette qui l'emmenait vers le commissariat. Il gesticulait et se démenait, alors nous avons dû le maintenir au sol mais nous ne l'avons pas frappé. »
- Michel Collon : « Dès qu'il n'y a plus eu de témoin, ces deux policiers n'ont pas cessé de me frapper à coups de poings sur la tête et de coups de pied dans les côtes, durant toute la durée du trajet. »
- Le procureur Mawet : « Les policiers disent n'avoir rien fait. Mais tous les autres témoins les contredisent. Pour ces brutalités extrêmement graves, je réclame à leur encontre un an et huit mois de prison, éventuellement avec sursis. Il s'agit de donner un avertissement face à de tels actes, commis dans l'exercice de leurs fonctions. »
Et il ajoute :
- « Les policiers prétendent que Monsieur Collon aurait eu ses 4 côtes fracturées, non dans la camionnette où il se trouvait seul avec eux, mais durant l'arrestation qui a précédé, où d'autres policiers sont intervenus. Quel intérêt aurait-il à prétendre cela, puisque de toute façon, il y aurait lieu à poursuites judiciaires ? » "Tous des connards!"
Tout le réquisitoire du procureur taille en pièces la version mensongère des deux policiers. Egalement dans une autre affaire où Van Impe est poursuivi pour avoir arrêté et violemment tabassé un jeune supporter éméché après le match Belgique - Russie en 2000. Là aussi, Van Impe ment, déclare le procureur qui réclame huit mois supplémentaires.
Comme à l'audience précédente, les deux brutes sont venues avec un 'fan club' d'une quinzaine de collègues, à l'attitude arrogante et menaçante. Lesquels 'supporters' se permettent de ricaner durant la projection des images de l'interview accordée par Michel Collon sur son lit d'hôpital, dans l'état qu'on imagine. Le procureur dénonce cette attitude, une raison supplémentaire de donner une leçon à ces policiers.
Leçon manifestement pas comprise. En sortant du tribunal, un de ces flics lance : « Ce ne sont tous que des connards ! »
Le procureur Mawet stigmatise également l'arrestation illégale et arbitraire de Michel Collon, particulièrement visé comme organisateur de la manifestation. Très important pour tous ceux qui ont eu ou auront à faire à l'arbitraire policier : le procureur a indiqué les bases juridiques de la question. « A supposer qu'il y ait un trouble de l'ordre public, on ne peut faire usage de la force que d'une manière raisonnable et après avoir épuisé toutes les autres possibilités de solution (par la négociation) ». L'arrestation d'office est pour certains flics un moyen d'intimider, d'établir leur pouvoir. Mais ils n'en ont pas le droit.
Bon à savoir. En effet, plus nous racontons cette histoire, plus nous entendons d'autres témoignages de victimes de brutalités commises systématiquement dans certaines communes bruxelloises. Si vous en avez la possibilité, ne vous laissez pas arrêter arbitrairement. Et si vous l'avez été, déposez plainte. Vous avez des droits ! Faire confiance aux PV ?
Justement. A propos de la Justice dans ce genre d'affaires en général. Le procureur dit : « Nous sommes bien obligés de faire confiance aux procès-verbaux que nous transmettent les policiers ». Mais ici, il laisse entendre clairement que les procès-verbaux des responsables de la police ne disaient pas du tout la vérité. Alors, on se demande : quand un jeune se fait accrocher arbitrairement par un policier, et qu'il se retrouve pareillement accusé de 'rébellion', 'outrage' et autres délits imaginaires, quand il n'a pas la chance d'avoir, comme dans ce cas, des caméras de télévision autour de lui à ce moment, ainsi que des témoins au-dessus de tout soupçon, quelle chance a-t-il d'obtenir justice face à des mensonges policiers ?
Une dernière anecdote qui en dit long sur certaines mentalités. Le policier Jongen a accusé les manifestants d'avoir « entonné des chants de guerre » . En réalité, comme le démontrent les enregistrements TV, il s'agissait du célèbre « We shall overcome », le chant de Joan Baez et des pacifistes à l'époque de la guerre du Vietnam. Manifestement, certains ne voient pas la paix comme tout le monde. (8.9.04)
Dernière audience : mardi 21 septembre, 8h45, Palais de Justice de Bruxelles, 50ème chambre correctionnelle. Plaidoiries des policiers, répliques des victimes et du procureur.

 

01/09/04 - Reprise du procès Collon / flics brutaux de Bruxelles le 6 septembre
par Michel Collon, Bruxelles 30 août 2004
Un document remarquable du parquet reconnaît le droit de manifester face à l'arbitraire policier
Ce lundi 6 septembre, à 8h45, reprise du procès des flics brutaux de Bruxelles - Ville, au Palais de Justice de Bruxelles (50ème chambre correctionnelle). Il s'agit des deux policiers, Frank Van Impe et Bernard Jongen, qui m'avaient arrêté arbitrairement pour empêcher la tenue d'une manifestation contre la guerre de l'Otan en Yougoslavie (3 avril 1999) et qui m'avaient tabassé avec une brutalité extrême : 4 côtes fracturées, des semaines d'immobilisation.
Ils auraient déjà dû être jugés le 14 juin dernier, mais leurs avocats ont tenté une manoeuvre de retardement en déposant des conclusions écrites au dernier moment (la règle prévoit qu'il faut déposer ses conclusions en temps utile pour permettre aux autres parties de répondre).
Motif de cette manoeuvre ? D'une part, tenter de démobiliser. En effet, une cinquantaine de personnes s'étaient déplacées pour me soutenir dans cette audience. Certaines venant même spécialement de France. Un grand merci pour ce précieux soutien ! D'autre part, ces flics brutaux sont dans leurs petits souliers, car ils ont plusieurs affaires de brutalités sur les cornes en même temps. Leurs avocats ont donc essayé de 'saucissonner' : faire juger les affaires séparément pour atténuer l'effet 'récidivistes'.
Mais leur manoeuvre a provoqué un effet boomerang. Leurs conclusions écrites ont été mises à néant par le parquet, dans un document remarquable. Qui pourra être utile à tous ceux qui se soucient de la liberté de manifester et de s'exprimer.
En effet, que disait la défense des deux policiers ? 1. Que ceux-ci n'ont rien fait, qu'ils ne sont pas responsables de quatre côtes fracturées. La preuve : le chauffeur (un policier) de la camionnette où s'est passé le tabassage dit n'avoir rien remarqué. 2. Que l'arrestation aurait été nécessaire car « le sieur Collon organisait et participait à une manifestation interdite, a gravement troublé l'ordre public, a adopté un comportement de rébellion », et cetera, et cetera... 3. Qu'enfin cette prétendue 'agressivité' des manifestants serait prouvée par le procès-verbal établi par le commissaire Leduc, chargé de diriger l'intervention des policiers.
Sur chacun de ces points, la riposte du parquet est cinglante :
1. Procès-verbal de la police : non fiable !
Le parquet met carrément en doute la véracité du dit procès-verbal qui m'accuse de toutes sortes de méfaits ! « On peut légitimement se poser la question de savoir si ce n'est pas le transfert de Michel Collon à l'hôpital qui est à l'origine de l'ouverture du procès-verbal à sa charge... »
Le procureur va même jusqu'à envisager que le procès-verbal soit au fond un faux mensonger : « Cette manière de rédiger un procès-verbal après présomption de violences policières est de nature à susciter le trouble. Une telle imprécision dans la rédaction de ce document met en outre son rédacteur à l'abri de toute procédure pour faux en écriture (sic) . » Pas tendre !
2. Oui, les policiers ont tabassé
Le Parquet soutient ma plainte et réclame la condamnation des agents brutaux : « En dehors du témoignage de l'agent De Boer (conducteur du véhicule), tous les éléments de fait accréditent la thèse de graves violences exercées à l'encontre de Michel Collon ».
3. Un policier n'a pas le droit d'arrêter arbitrairement
Peut-être plus important encore : « L'arrestation de Michel Collon apparaît illégale. » En effet, selon la loi, un policier ne peut priver une personne de sa liberté sans instruction du procureur du Roi. Sauf en cas de flagrant délit, mais alors il doit en informer le procureur. Ce qui ne fut pas fait. Arrestation illégale donc.
Certes, il existe aussi ce qu'on appelle 'arrestation administrative'. Mais « aux termes de l'article 31 de la loi du 5 août 1992 sur la fonction de police, ce type d'arrestation doit répondre à une absolue nécessité. Le trouble de l'ordre public n'est pas suffisant en lui-même pour autoriser la privation de liberté ; il faut encore que cette dernière soit la seule manière pour mener à bien la mission. Aucun autre moyen (.....) notamment ceux du dialogue et de la négociation (... n'a été tenté par les prévenus pour faire cesser le trouble supposé... Les circonstances démontrent clairement que les prévenus ont agi par représailles, voulant ainsi en découdre avec Michel Collon, pour avoir osé braver une interdiction de manifester. »
Pourquoi ce dernier point est-il essentiel ? Parce que bien des manifestants ont déjà fait l'expérience d'arrestations ou d'intimidations arbitraires de la part des policiers. Ceux-ci se permettent assez fréquemment de bafouer la loi lorsqu'une manif déplaît à leurs supérieurs.
Le scénario vécu le 3 avril 1999 à Bruxelles n'est en fait pas rare. La police arrête d'office les manifestants, avec des brutalités gratuites et si vous vous plaignez, c'est vous qui vous retrouvez accusé de rébellion et autres délits. Et, en effet, combien de p - v officiels ne sont-ils pas d'une 'valeur douteuse' , comme le dit cette fois le parquet ?
Important pour le droit de tous de manifester
Je l'ai dit dès le début : je me bats non seulement pour obtenir justice et réparation pour moi-même, mais plus encore pour le droit de manifester, le droit de s'exprimer pour des causes justes, le droit de ne pas se faire tabasser. En fait, pour toutes les victimes de telles violences, souvent passées sous silence.
En ce sens, ces conclusions du parquet me réjouissent énormément. Elles sont importantes, car elles disent clairement que des policiers ne peuvent pas se permettre n'importe quoi, ne peuvent pas vous arrêter sans raison, ne peuvent pas intimider des manifestants. C'est une première victoire, après des années de lutte contre l'étouffement.    
L'important est de se battre pour que le tribunal suive cette position, condamne les policiers brutaux et que ce jugement soit utile à tous les manifestants futurs. Merci pour votre soutien et votre diffusion de cette information !
Rendez-vous donc au Palais de Justice de Bruxelles, 6 septembre 2004, 8h45, 50ème chambre du tribunal correctionnel.
Sur ce procès, voir aussi nos documents précédents : Les minutes les plus longues de ma vie et Qui a protégé les flics brutaux de Bruxelles - Ville ?
Une autre attaque que je dois bien prendre comme un compliment :
La firme Hasbro - Monopoly réclame 265.000 Euros à mon éditeur EPO pour la publication de mon livre Monopoly - L'Otan à la conquête du monde . Il faut savoir que parmi les dirigeants d'Hasbro figure Paul Wolfowitz, le vice-ministre de la Guerre de Bush, et l'inspirateur de la guerre contre l'Irak. Le procès se déroule à Paris. Un mail suivra.
Tout cela bientôt sur le site www.michelcollon.info

 

17/08/04 - Pas de parrain musulman pour la princesse de Belgique
par Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 17 août 2004
Ce devait être un "signe" adressé à la communauté musulmane de Belgique par un membre de la famille royale ; ce sera sans doute un échec. L'idée originale du prince Laurent, désireux de donner un parrain de confession musulmane à sa fille Louise, née il y a quelques semaines, se heurte, en effet, aux règles de l'Eglise catholique. Le droit canon interdit un tel choix "parce qu'un parrain musulman ne peut aider les parents dans l'éducation catholique de leur enfant", a expliqué un porte-parole de l'archevêché de Malines-Bruxelles.
L'idée du prince, fils cadet du roi Albert II, et de son épouse avait suscité des réactions diverses en Belgique. Le Palais royal de Laeken, où certaines facéties du prince avaient déjà été peu appréciées dans le passé, s'était abstenu de tout commentaire officiel. Laurent, lui, s'entêtait et voulait apparemment montrer aux musulmans de Belgique qu'il était soucieux de leur sort.
Lesdits musulmans auront toutefois, dans leur grande majorité, dû déchanter lorsque le prince a précisé l'identité du parrain potentiel : Reza Pahlavi, fils aîné de l'ancien chah d'Iran... "Une idée idiote, risible", a décrété Rudi Bogaerts, l'ancien professeur privé du fils du roi. Car la relation entre le prince belge et le fils de Mohamed Reza s'explique non pas par un lien privilégié entre un chrétien et un musulman mais "par une fête ordinaire de la jet-set où le thème du multiculturalisme n'a vraisemblablement jamais été évoqué", selon le quotidien de gauche Morgen.
Il reste un espoir à Laurent de Belgique : que Mgr Gottfried Danneels, le primat de Belgique, leur accorde une dérogation exceptionnelle. "Cela placerait le cardinal dans une situation difficile : il pourrait, au nom de la société multiculturelle, faire un geste d'ouverture. Mais, par sa dispense, il enterrerait une partie du droit de l'Eglise", a souligné un spécialiste de l'Université de Louvain. Difficile à imaginer au moment où l'Eglise tente de se racheter aux yeux du Vatican, fâché qu'elle n'ait pas combattu avec plus de vigueur l'adoption de lois autorisant l'euthanasie ou le mariage homosexuel.

 

11/06/04 - Un Consul de Tunisie bien embarassant !
par Véronique De Keyser, Députée européenne, 9 juin 2004
Alors qu'en Wallonie la technique du cordon sanitaire semble porter ses fruits, alors qu'en Flandre les partis démocratiques s'unissent contre le Vlams Block, alors qu'on observe dans bon nombre de pays arabes une évolution positive en matière de respect des droits de l'homme et de démocratisation, quelle ne fut pas ma stupéfaction de voir figurer comme tête de liste du Front National ( Charleroi) le Consul honoraire de Tunisie, Monsieur Charles Petitjean. L'ancien bourgmestre MR-PRL de Luttre, récemment passé au FN, a conservé son mandat de Consul de Tunisie sans que cela ne semble gêner grand monde. Quand on connaît les thèses xénophobes avancées par ce groupe, ses écrits racistes, ses tracts orduriers appelant à l'expulsion des citoyens non-européens, on ne comprend pas que ce Monsieur Petitjean ait pu conserver cette fonction qui l'amène notamment à être le relais entre son pays ( la Belgique) et le pays dont il est le Consul ne serait-ce que pour faciliter l'obtention des visas. On peut supposer que l'Etat tunisien et son Ambassade bruxelloise ignorent l'appartenance politique ( si on peut encore appeler cela de la politique) de son Consul carolo. Quand on sait les efforts que la Tunisie fait pour développer ses liens avec l'Union européenne et les diverses obligations en matière de droits de l'homme qui en découlent, on ne peut qu'attendre de l'Etat tunisien et de son Ambassadeur à Bruxelles qu'ils retirent le titre de consul honoraire à Monsieur Petitjean et au FN. De plus, on comprendrait mal que les collègues " Consuls honoraires de Tunisie" de Monsieur Petitjean acceptent cette cohabitation étonnante sans sourciller ou ne présentent pas leur démission si les autorités tunisiennes restent sans réagir. Nous espérons que le respect des droits de l'homme et une attitude digne et cohérente face à l'extrême-droite seront les lignes de conduite des Consuls belges de Tunisie.
Pour tout renseignement : Marcel Conradt, Assistant parlementaire 0475 690 461