| Les
minutes les plus longues de ma vie : pourquoi je demande justice
par Michel Collon, Bruxelles, 28 mai 2004
L'auteur est un journaliste anti-impérialiste belge
Les coups pleuvent. Ils m'ont menotté et jeté sur le sol de la
camionnette. Impossible de bouger. Le premier se met à me frapper sur
la tête. Très violemment. Des coups réguliers, incessants.
Portés d'une façon caractéristique : poing serré,
phalanges à plat. Plus tard, je comprendrai : on leur enseigne comment
faire très mal sans laisser de traces.
L'autre s'y met aussi et me décoche de terribles coups de pied dans
le ventre et les côtes. Je hurle de douleur : « Arrêtez,
je vous en prie !» Mais ils continuent de plus belle. «Sale anarchiste,
tu vas voir ce que c'est de vouloir manifester ! Ici, il n'y a plus de caméras
? Eh bien, justement, nous on y va ! » Ils sont déchaînés.
Terrorisé, je me dis que je vais mourir ou rester infirme.
Ce tabassage va durer tout le temps du trajet qui m'amène au commissariat.
Les minutes les plus longues de mon existence.
Au commissariat, je devrai réclamer longtemps avant d'être enfin
conduit à l'hôpital. Quatre côtes fracturées, contusions
multiples, état de choc. Plusieurs semaines cloué dans un fauteuil.
Ce lundi 14 juin 2004, cinq ans plus tard, ils comparaissent enfin au tribunal
correctionnel de Bruxelles, pour « coups et blessures » et « arrestation
arbitraire ».
Bruxelles
: interdiction générale de manifester contre la guerre
Flash-back. Ces violences se sont déroulées le 3 avril 1999.
Dix jours plus tôt, l'Otan a commencé à bombarder la Yougoslavie.
Avec quelques amis, j'ai introduit une demande pour manifester à proximité du
siège de l'Otan. Refusé. Le bourgmestre libéral de Bruxelles,
De Donnéa, prend un arrêté ahurissant. Il interdit toute
manifestation pour la paix à Bruxelles. N'importe où, n'importe
quand.
Violation évidente de la Constitution et de la liberté de manifester
ses opinions. Immédiatement, nous introduisons un recours au Conseil
d'Etat. Lequel, en procédure d'urgence, annule la décision du
bourgmestre. Manif autorisée. Qu'à cela ne tienne, le bourgmestre
reprend tout de suite le même arrêté et, avec l'aide du
ministre de l'Intérieur Vanden Bossche, envoie sur place des centaines
de policiers, des autopompes, des blindés, un hélico. La violence
policière sera incroyable : 141 personnes arrêtées, de
nombreux blessés. Plusieurs journalistes et photographes arrêtés
aussi. Silence, on cogne !
Il paraît que l'Otan bombarde la Yougoslavie pour lui apporter la démocratie.
L'exemple donné à Bruxelles n'est pas très convaincant
!
En tant qu'organisateur de la manif, je suis le premier arrêté.
Avec une brutalité extrême et gratuite : aucun incident n'a eu
et n'aura lieu, à part les violences policières. Manifestement,
il y a des instructions pour intimider quiconque voudrait protester contre
la guerre. Et pour me mettre hors d'action. Des témoins entendront des
policiers dire : « On l'a bien eu, le journaliste ! » (C'est ma
profession).
On
avait bien raison de manifester, c'était aussi une sale guerre
Heureusement, les diverses télés belges ont bien couvert l'affaire.
Des images impressionnantes ont montré la brutalité policière.
Et l'indignation générale a vite forcé le bourgmestre à revenir
sur son interdiction. Les manifestations suivantes furent autorisées.
Les innombrables messages de sympathie m'ont aidé à surmonter
le choc. Et aussi, le fait de reprendre peu à peu mon activité pour
la paix. Agir aide beaucoup. Dès que j'ai été suffisamment
rétabli, je me suis rendu en Yougoslavie avec 15 Belges, pendant les
bombardements, afin de témoigner sur les ravages de la « guerre
propre » de l'Otan.
Nous avons pu vérifier sur place combien il était juste de manifester
contre cette guerre... L'Otan bombardait ponts, usines, infrastructures électriques
civiles, bâtiment de télévision, colonnes de réfugiés,
ambassade de Chine... Crimes de guerre évidents. L'Otan bombardait des
installations pétrochimiques importantes, avec toutes les conséquences
pour la santé des populations ! Crimes de guerre évidents. L'Otan
utilisait des armes à uranium qui provoquent une explosion de cancers
et leucémies parmi les populations civiles. Crimes de guerre évidents.
L'Otan utilisait sur des marchés et des places publiques des bombes à fragmentation
qui se dispersent en centaines de petites bombes à retardement, tuant
ou mutilant les enfants qui les prennent pour des jouets. Crimes de guerre évidents.
Le
droit de mentir, pas le droit de répondre ?
Bref, bien avant Bush, les Etats-Unis mais aussi l'Europe violaient systématiquement
la Charte de l'ONU (interdiction du recours à la guerre) et les Conventions
de Genève (interdiction de s'en prendre aux civils).
Tous ces gouvernements européens, aujourd'hui si vertueux face à Bush,
ont veillé à ce que les manifestants pour la paix soient marginalisés,
censurés, diabolisés, voire agressés. Mais aujourd'hui,
le bilan de cette guerre est accablant et chacun peut voir qu'il était
juste et important de défendre le droit de manifester.
Car, depuis cinq ans, le Kosovo est soumis au nettoyage ethnique, à la
terreur des milices UCK protégée par les USA. Une terreur qui
d'ailleurs frappe aussi de nombreux Albanais. Le Kosovo est aujourd'hui une
terre sans droit, sans justice. La maffia avec qui les Etats-Unis « ont
fait un mariage de circonstance » selon un expert canadien, a fait de
cette province la plaque tournante du trafic de la drogue, des armes et de
la prostitution vers l'Europe. De plus, comme vient de le confirmer Amnesty,
les bases Otan ont développé une énorme industrie d'esclaves
sexuels. Le vrai but, atteint, était d'installer une énorme base
militaire US, Camp Bondsteel, sur le tracé du projet US de pipe-line à travers
les Balkans. Avec des pistes pour bombardiers !
A l'époque de cette guerre, menée pour des objectifs économiques
et stratégiques cachés, et vendue à l'opinion sous des
prétextes humanitaires et des médiamensonges qu'on n'avait pas
le droit de mettre en doute, à cette époque, il ne faisait pas
bon organiser des manifs pour la paix. A Paris, un professeur serbe de la Sorbonne,
organisateur d'un grand rassemblement pour la paix, s'est fait assassiner sur
le palier de sa porte. Deux mois plus tard, au Kosovo, une autre personnalité active
contre l'Otan, le journaliste Daniel Schiffer, échappera par miracle à un
bombardement ciblé de l'aviation US contre son véhicule. Son
chauffeur et un autre journaliste seront tués. Il en réchappera
par miracle. Vraiment il ne faisait pas bon manifester en ces temps-là...
Des
policiers « protégés » ?
Voilà pourquoi je réclame justice aujourd'hui. Je réclame
le droit de continuer à manifester contre ces guerres injustes. Bush
nous en promet une accumulation, seule la résistance des peuples, irakien
et autres, l'a empêché d'aller plus vite. Mais ce que la France
fait en Afrique n'est pas non plus 'humanitaire' et n'inspire pas confiance
quant à l'usage qui sera fait de l'Euro - Armée en construction.
Une Euro - Armée nullement défensive, qui se prépare à intervenir
au Moyen-Orient, au Congo et ailleurs.
Sur la guerre contre la Yougoslavie, chacun avait le droit d'avoir son opinion,
et elles étaient diverses à l'époque. Mais le droit de
manifester est un droit fondamental.
Je réclame donc justice. Non seulement contre ces deux policiers qui
m'ont agressé, mais aussi contre leurs chefs, le bourgmestre de Bruxelles
et le chef de la police. Car de deux choses l'une : ou bien ces policiers ont
violé leurs instructions ou bien ils ont agi sur instructions.
S'ils ont violé les instructions, leur chef, le bourgmestre de Bruxelles,
aurait dû les blâmer, les sanctionner et les retirer de la voie
publique puisqu'ils sont dangereux. Et si ce bourgmestre De Donnéa avait
eu un soupçon d'humanité ou de politesse, il aurait peut-être
pu s'excuser ou au moins prendre de mes nouvelles ? Il n'en a rien fait. Il
a protégé ses flics brutaux.
Le Parquet aussi s'est d'abord montré bien indulgent à l'égard
de ces deux brutes. D'abord, le juge d'instruction Collignon jugeait impossible
les identifier. Formidable ! Des arrestations sont effectuées, sous
les caméras, avec des dizaines de témoins, avec des P-V, et pas
moyen de retrouver ces policiers ?
Ensuite, il prétendait ne pouvoir déterminer à quel moment
précis j'avais été blessé, donc ne pas pouvoir
poursuivre ces policiers. Autre stupidité ! J'entre intact dans une
camionnette, devant les caméras et des dizaines de témoins, j'en
ressors avec quatre côtes cassées, et le juge Collignon ne comprend
pas quand cela s'est produit ? Incompétence ou mauvaise volonté ?
Au
nom de toutes les victimes de « bavures »
Heureusement, mes avocats, Maîtres Jan Fermon et Selma Benkhelifa, se
sont battus pied à pied. Grâce à eux, j'ai finalement pu être
confronté à mes agresseurs dans les locaux de la police des polices.
Ils mentent toujours, mais leurs déclarations se contredisent et cela éclatera à l'audience.
Le dossier est accablant.
En fait, je veux me battre aussi pour toutes ces victimes anonymes de violences
policières. Particulièrement à la Ville de Bruxelles.
Des associations des droits de l'homme ont déjà souligné combien
il est difficile de faire juger des policiers brutaux. Les victimes d'arrestations
arbitraires, de tabassages gratuits, de démonstrations cow-boys n'ont
généralement pas ma « chance ». Quand ça leur
arrive, il n'y a pas de caméras. C'est aussi pour eux que je réclame
justice.
Le droit de mentir, le droit de frapper, le droit d'arrêter arbitrairement,
le droit d'empêcher de manifester, le droit à l'impunité ?
Pas question de l'accepter!
L'audience a lieu ce lundi 14 juin, à 8 heures 45 au Palais de Justice
de Bruxelles, 50ème chambre correctionnelle. Ceux qui peuvent se libérer,
sont les bienvenus. Je pense qu'il est important de nous mobiliser ensemble
aujourd'hui pour faire respecter et garantir nos libertés politiques
de demain.
21/02/04 - Droit
de vote municipal aux étrangers non-européens
Les députés belges ont adopté dans la nuit de jeudi
à vendredi, deux mois après les sénateurs, une
loi octroyant le droit de vote aux étrangers non-européens
lors des élections municipales.
La loi, qui s'appliquera dès le prochain scrutin municipal en
2006, stipule que pour voter, les ressortissants étrangers non-européens
devront être établis depuis cinq ans au moins en Belgique,
s'inscrire sur une liste d'électeurs et qu'ils ne seront pas
éligibles. Ils devront en outre signer une déclaration
dans laquelle ils disent adhérer aux principes de la démocratie.
Selon l'estimation d'un député, 120 000 personnes sont
concernées par cette loi.
En Europe, la Norvège, le Danemark, la Suède et l'Irlande
et les Pays-Bas ont déjà accordé le droit de vote
aux non-européens. L'Espagne et le Portugal l'ont fait pour les
ressortissants de pays appliquant la réciproque et le Royaume-Uni
pour les personnes originaires du Commonwealth.
Source : AFP, 20 février 2004
Affaire Semira Adamu
Un an avec sursis pour les gendarmes -
Satisfaction des familles - les expulsions se poursuivent - L’Intérieur
demande une évaluation
Un an avec sursis pour les gendarmes Le tribunal correctionnel de
Bruxelles a condamné vendredi 12 décembre quatre des cinq anciens gendarmes,
aujourd'hui policiers, qui comparaissaient pour le décès par asphyxie
de Semira Adamu, le 22 septembre 1998, à des peines de prison avec
sursis. La peine la plus lourde, 14 mois de prison avec sursis de trois
ans, revient à l'officier chargé d'encadrer l'opération, Marc Van den
Broeck, 36 ans, qui a été reconnu coupable de coups et blessures involontaires
ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il a par contre été acquitté de
la prévention de non-assistance à personne en danger. Les trois escorteurs,
Danny C., 44 ans, Johnny P. , 45 ans et Danny C., 44 ans, ont écopé d'un
an avec sursis de trois ans pour coups et blessures involontaires ayant
entraîné la mort sans intention de la donner. Tous quatre devont en
outre payer des dommages et intérêts de 500 euros chacun aux parties
civiles. Un cinquième gendarme qui s'occupait des relations avec les
passagers dans l'avion, a été acquitté. L'Etat belge, qui comparaissait
en tant que responsable des cinq gendarmes, a été condamné au civil à payer
des dommages et intérêts aux parties civiles. Ces dernières ce sont
déclarées satisfaisaites du jugement, très détaillé sur les responsabilités
des prévenus. Elles ont aussi souligné que le tribunal était allé plus
loin que ce qu'avait requis le ministère public, qui ne s'était pas
opposé à la suspension du prononcé. Me Karin Flament, avocate de Danny
Cornelis s'est dite relativement satisfaite du jugement, son client
et les deux autres escorteurs ayant été condamné pour coups et blessures
involontaires et non pas volontaires. "Le tribunal reconnait ainsi
qu'il s'agit d'un accident', a-t-elle déclaré. Quant au Collectif contre
les expulsions, dont le tribunal a stigmatisé l'attitude dans le climat
de tension qui a mené à la tragédie, il s'est dit également satisfait
de la condamnation, regrettant par ailleurs l'absence de responsables
politiques sur les bancs des prévenus.
Satifaction des familles
Les avocats de la famille de Semira Adamu ne cachaient pas leur satisfaction,
vendredi, après les condamnations des quatre anciens gendarmes. Ils ont notamment
obtenu que l'Etat belge soit reconnu civilement responsable dans le décès
de la jeune Nigériane. Si le tribunal a reconnu que le drame était un accident,
il n'en a pas moins infligé une peine assez lourde. Côté défense, les trois
gendarmes qui avaient immobilisé Semira Adamu jusque bien après qu'elle fut
entrée dans un coma fatal ont vu leur prévention disqualifiée en coups et
blessures involontaires (et non volontaires) ayant entraîné la mort sans
intention de la donner. Un léger motif de satisfaction, contrebalancé par
la lourdeur de la peine pour ce type de prévention. "Il y a du pour et du
contre. La disqualification prouve que le tribunal a reconnu que la tragédie était
avant tout un accident. C'est une satisfaction morale", a indiqué Me Karin
Flament, avocate d'un des escorteurs condamnés. "Etre condamné pour coups
et blessures involontaires, cela vous fait passer dans la catégorie des accidents
de la route. Et un an de prison avec sursis plus une telle prévention, c'est
très lourd, surtout pour des gens qui jusqu'ici avaient un casier judiciaire
vierge", a déclaré Filip Van Hende, avocat d'un autre escorteur, Danny Cl..
Son client est entré dans l'avion après que Semira Adamu est tombée dans
le coma et que deux gendarmes l'immobilisaient déjà depuis de longues minutes. "Le
tribunal n'a pas fait de différence entre les prévenus. En outre, il n'a
presque pas argumenté sur la participation de mon client dans les faits.
Je félicite le cinquième prévenu pour son acquittement, mais il était dans
l'avion depuis le début, lui, alors que mon client n'est arrivé que par après",
a-t-il indiqué. Les avocats des condamnés craignent également que leur peine
ne pèse lourdement dans une éventuelle procédure disciplinaire. Ils n'ont
pas encore indiqué s'ils interjetteront appel du jugement. L'officier chargé des
rapports avec les passagers, entièrement acquitté, est le seul prévenu à pouvoir
se déclarer totalement satisfait du jugement. Son avocat, Geert Jaspaert,
parle de "victoire". En parvenant à faire condamner l'Etat au civil, ainsi
qu'un des deux officiers, les parties civiles considèrent avoir remporté une
victoire. Car en chambre du conseil, le ministère public n'avait réclamé le
renvoi en correctionnelle que des trois escorteurs. Les deux officiers présents
dans l'avion ont été cités à comparaître par les parties civiles elles-mêmes,
tout comme l'État belge, pour le volet civil de l'affaire. "On peut parler
de surprise en voyant l'officier responsable du rapatriement condamné à une
peine plus lourde que les escorteurs. Ce procès n'a donc pas été celui des
lampistes qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment", a commenté Me
Hein Dieppendaele, avocat des parties civiles. La famille Adamu recevra aussi
des dédommagements, selon les tarifs en vigueur en Belgique: 7.440 euros
pour l'oncle de Semira et 2.000 euros pour chacun des membres de la famille
qui s'était constitué partie civile. Toutes les peines prononcées l'ayant été pour
coups et blessures involontaires, c'est l'État belge, civilement responsable
des gendarmes, qui indemnisera les parties civiles et paiera les amendes,
sous réserve d'un appel suspensif. Si les condamnations avaient porté sur
des coups et blessures volontaires, les condamnés auraient eu à payer eux-mêmes
les indemnisations et amendes. "Malgré cette disqualification des préventions
retenues, la peine est très lourde pour des coups et blessures involontaires.
Le tribunal a donc donné un signal clair", a encore indiqué Hein Dieppendaele.
Les expulsions se poursuivent
La condamnation des cinq gendarmes dans l'affaire Semira Adamu constitue un "jugement
légitime", a commenté la Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers
(OCIV/CIRE) dans un communiqué. L'association retient surtout du jugement que
les exécutants ont bien été condamés pour leur responsabilité personnelle,
mais aussi qu'un supérieur direct a été épinglé. Elle regrette toutefois que
d'autres membres de la hiérarchie de l'ex-gendarmerie n'aient pas dû comparaître.
La condamnation au civil de l'État belge est également un motif de satisfaction
pour le CIRE. Mais le CIRE déplore le fait que, selon lui, la politique en
matière d'expulsions n'a subi que peu de modifications depuis la mort de Semira
Adamu, alors que "le nombre de rapatriements forcés n'a jamais été aussi élevé en
Belgique qu'aujourd'hui". La plate-forme s'inquiète aussi des plaintes déposées
par des étrangers à propos de maltraitances policières lors d'expulsions. "Aucune
de ces plaintes n'a pu être examinée par une instance indépendante", indique
le CIRE. C'est pourquoi il réclame l'instauration d'un contrôle externe sur
le déroulement des rapatriements forcés, leur enregistrement sur vidéo et une
formation aux droits de l'homme pour tous les services d'ordre concernés.
L'Intérieur demande une évaluation
Le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (VLD), a demandé au professeur universitaire émérite
Etienne Vermeersch une nouvelle évaluation des procédures utilisées par les
policiers lors des rapatriements forcés. Le cabinet du ministre de l'Intérieur
devait rencontrer, ce vendredi 12 décembre, une délégation des syndicats policiers à propos
de l'action du personnel du service Rapatriements, a-t-on appris auprès du
porte-parole du ministre. Etienne Vermeersch a déjà réalisé une telle évaluation
après le décès tragique de Semira Adamu lors de son rapatriement forcé, à la
demande du ministre de l'Intérieur de l'époque, Luc Van den Bossche (SPA).
Elle portait essentiellement sur la protection de l'intégrité de la personne à rapatrier.
Ce rapport, remis en janvier 1999, avait entraîné plusieurs modifications des
procédures, mais le personnel a remis ces directives en question. Peu après
le drame Semira Adamu, l'emploi de la technique du coussin - qui empêchait
les personnes à rapatrier de mordre ou crier - a été supprimé. Dans son jugement
de ce vendredi, le tribunal correctionnel de Bruxelles a établi que le décès
de la jeune Nigériane était dû à une multiplicité de facteurs, dont notamment
l'emploi du coussin, une procédure à laquelle les gendarmes n'avaient pas été bien
formés. Source : Agence Belga
accrochages à Anvers
pour un anniversaire La police d'Anvers a arrêté
30 à 35 jeunes immigrants samedi après de violents affrontements à l'occasion
du premier anniversaire de la mort d'un enseignant d'origine marocaine
tué par balles par un voisin, selon le porte-parole de la police Sven
Lommaert. Selon les médias belges, des groupes de jeunes ont cassé des
vitres de voitures et deux abris de bus alors qu'ils tentaient d'échapper
à la police en courant. Les forces de l'ordre avaient été mobilisées
en prévision de possibles incidents et le resteront tout le week-end.
Invoquant des raisons de sécurité, le bureau du maire avait refusé d'autoriser
une manifestation pour l'anniversaire. Les tensions ont également été
alimentées par la mort une semaine auparavant d'un jeune Marocain tombé
sous les balles de la police en tentant de cambrioler un McDonald's
à Malines, non loin. Un retraité belge de 66 ans connu pour son opposition
à l'immigration a été inculpé du meurtre il y a un an de Mohammed Achrak.
Une querelle l'opposait apparemment depuis longtemps à ses voisins -la
victime, âgée de 27 ans, et le père de celle-ci. Le meurtre de l'enseignant
avait déclenché des émeutes à Anvers, bastion de l'extrême droite européenne
où environ 10% des 450.000 habitants sont d'origine maghrébine.
Bill Clinton chez les
diamantaires d’Anvers par Thomas Blommaert, 12-11-2003
«Mon amie porte un collier de 24 millions de dollars» : Le monde du
diamant invite Bill Clinton à un «petit souper» décadent Un quart de
million d'euros pour une grosse demi-heure de bla-bla. L'ancien président
américain Bill Clinton n'aura pas à se plaindre de sa visite à Anvers.
Toute la caste politicarde l'a rejoint autour d'une table, en compagnie
des gros bonnets du diamant. L'Antwerp Diamond Conference était organisée
par le Conseil supérieur du Diamant (CSD). On a vu à cet aparté Gary
Rafle, patron du fameux groupe diamantaire sud-africain De Beers - aujourd'hui
autoproclamé «éthique». Mais aussi le ministre-président flamand Bart
Somers et ses ministres Patricia Ceysens et Dirk Van Mechelen, les ministres
fédéraux Patrick Dewael et Marc Verwilghen, le maïeur d'Anvers, Patrick
Janssens, et l'ancien patron de l'Otan, Willy Claes Bref, tout homme
de pouvoir qui se respecte. Une petite place à table coûtait 750 euros
(30.000 Fb).
«Mon amie porte aujourd'hui un collier de 24 millions de dollars», a
claironné un convive à l'adresse de l'équipe de l'émission Ter Zake
(VRT). «Les bourgeois, c'est comme les cochons», chantait Brel. L'un
dans l'autre, le CSD a craché 800.000 euros (32 millions de Fb) pour
sa soirée. Mais sans regret: «Avec le sponsoring reçu des invités, nous
visons un bénef de 220.000 euros» (8,8 millions de Fb) (1), bâillait
le porte-parole Yoeri Steverlinck. Par bonheur, le Conseil peut compter
sur le soutien sympa d'entreprises comme Maybach, Davidoff et la banque
ABN-Amro. Invité d'honneur à ce dîner de gala, l'ancien président américain
Bill Clinton a touché 250.000 euro (10 millions de Fb) pour un laïus
de 35 minutes. Son rôle était d'encenser Anvers comme capitale du diamant.
«Le but est de rehausser notre image», a dit Meeuws, directeur général
du CSD. Et c'est bougrement nécessaire... La justice bruxelloise vient
de faire une descente chez 28 diamantaires soupçonnés de blanchiment.
Depuis la controverse née des diamants sanglants, la réputation du secteur
a pris un sacré coup. Les diamantaires ont leur part de responsabilités
dans les ravages de la guerre en Afrique. Les conflits en Angola, Sierra
Leone et au Congo s'éternisent du fait que les seigneurs de guerre arrivent
toujours à vendre des diamants. Et avec ce que ça rapporte, ils continuent
à s'armer jusqu'aux dents. Jusqu'en 2001, le groupe sud-africain De
Beers achetait ses petits cailloux en Sierra Leone, ravagée par une
guerre particulièrement sanglante. Mais les producteurs de diamants
tremblent à l'idée que le sacro-saint client pourrait associer leurs
produits à toutes ces mains tranchées, ces cadavres, ces ventres affamés
et ces enfants-esclaves. Après les mesures prises par l'ONU contre les
diamants de la Sierra Leone, le secteur lui-même s'est mis à développer
un système de certification. Et c'est ainsi que sans la moindre gêne,
des politiciens s'attablent avec des individus comme Gary Ralfe, le
patron de la De Beers. Depuis les années 30, cette multinationale domine
le commerce mondial du diamant. Elle régule le commerce en lâchant chaque
année sur le marché une quantité choisie de diamants et en rachetant
la production des autres afin de maintenir les prix à niveau. Le groupe
vient récemment d'étrenner une nouvelle stratégie. Maintenant qu'il
est de plus en plus malaisé de contrôler l'offre, il va se spécialiser
dans le marketing de la demande. Rafle aura déjà sûrement noué d'excellents
contacts avec Patrick, Bart, Willy et consorts. (1) - De Morgen, 4 novembre
2003.
27/09/03
la justice rejette les plaintes contre Bush
senior et Sharon Un tribunal belge s'est déclaré incompétent
pour juger les poursuites engagées contre l'ancien président George
Bush père et le Premier ministre israélien, Ariel Sharon. Les poursuites
engagées dans le cadre de la loi belge dite de compétence universelle
contre l'actuel président US George W. Bush et contre le Premier ministre
britannique Tony Blair ne devraient pas non plus aboutir, la loi ayant
été abrogée cet été. La cour d'appel de Bruxelles a rejeté mercredi
24 septembre les plaintes contre Bush père, Sharon et le général israélien
Amos Yaron, expliquant que les tribunaux belges n'avaient pas le droit
de les juger, a-t-on appris de source judiciaire. La loi de compétence
universelle, adoptée en 1993 donnait la capacité aux tribunaux belges
de juger les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l'humanité
ou de crime de guerre, quelque soit leur nationalité, celle des victimes
et le pays où les crimes s'étaient déroulés. Elle avait entraîné le
dépôt d'une série de plaintes contre des dirigeants mondiaux, ce qui
avait affecté les relations diplomatiques de la Belgique. Les USA avaient
ainsi menacé d'interrompre le financement d'un nouveau quartier général
de l'Otan à Bruxelles. En juillet, la Belgique a donc réduit le champ
d'application de cette loi. Désormais, seuls les Belges ou les personnes
résidant dans le pays depuis au moins trois ans peuvent intenter un
procès.
13/08/03 -
Belgique : 300 demandeurs d'asile afghans en
grève de la faim
Nous publions un dossier sur le combat de 300 demandeurs d'asile afghans
à Ixelles, un quartier de Bruxelles. Asile - Aucune issue en
vue dans le conflit qui oppose le ministre de l'Intérieur aux
grévistes de la faim
« Nous sommes venus librement »
Manipulés, les Afghans grévistes de la faim
?
Leurs représentants s'étonnent de ces accusations et s'expliquent
sur leur fonctionnement.
par Martine Vandemeulebroucke, Le Soir, 1er Août 2003
Cela fait maintenant plus d'une semaine que près de 300 demandeurs
d'asile afghans font une grève de la faim dans l'église
Sainte-Croix à Ixelles. Comme tous les jours, l'église
fait l'objet d'un va-et-vient continuel. A l'annonce de l'arrivée
d'une personnalité politique belge (la sénatrice PS Anne-Marie
Lizin), les représentants du mouvement se rassemblent rapidement.
Ils sont une dizaine. Des hommes, des femmes représentant différentes
ethnies afghanes. Mais lorsqu'on leur demande qui appartient à
quelle ethnie, la réponse est lapidaire : Nous sommes d'abord
afghans. Ce sont les querelles tribales qui nous ont amenés ici.
Sont-ils manipulés ou manipulent-ils tous ceux qui font la grève
de la faim ? Les accusations de Patrick Dewael (VLD), le ministre de
l'Intérieur, suscitent des haussements d'épaules. Leurs
arguments doivent être bien faibles pour en être réduits
à lancer ce genre d'accusations, dit l'un d'eux. Pascal Smet
(le commissaire général aux réfugiés, NDLR)
nous a reproché de tenir des femmes et des enfants en otage.
Tout le monde est venu ici librement. Et chacun peut en sortir aussi.
Nous avons dû refuser à d'autres Afghans de se joindre
à nous. Nous sommes déjà trop nombreux. L'idée
qu'ils prennent leurs ordres de l'extérieur provoque l'hilarité.
Nous sommes assez grands pour décider par nous-mêmes. Si
nous avons des contacts avec des Afghans à l'étranger
? Evidemment. Nos amis, nos familles sont dispersés dans toute
l'Europe. Oui, ils nous téléphonent parce qu'ils nous
ont vus à la télévision. Ils s'inquiètent
de notre sort. C'est normal non ? Mais notre mouvement nous appartient.
Comment est-il né ? Par le GSM. Nous avons tous reçu notre
ordre de quitter le territoire en même temps. Nous nous sommes
téléphoné l'un l'autre. Nous avons décidé
ainsi de passer à l'action.
Des représentants de la communauté afghane en Belgique
viennent les voir, expliquent-ils. Mais, là aussi, ils trouvent
la démarche normale.
Sont-ils prêts à accepter un statut de réfugié
temporaire ? Nous voulons pouvoir travailler et circuler librement en
Europe jusqu'à ce que la paix revienne en Afghanistan. Car certains
veulent y rentrer un jour. Mettez-vous à notre place. Croyez-vous
qu'il soit facile de vivre coupé totalement de sa famille ?
Lorsque Anne-Marie Lizin leur annonce la possible visite de l'ambassadeur
d'Afghanistan, le petit groupe est secoué comme par un électrochoc
: Nous ne voulons pas de lui ici. Il n'est pas notre représentant.
L'un d'eux ajoute : J'ai été persécuté par
les gens qui sont aujourd'hui au pouvoir à Kaboul.
L'association flamande d'aide aux réfugiés (Ociv) a lancé
un appel au calme : L'intransigeance du gouvernement comme des grévistes
n'aboutira à rien. L'Ociv propose d'accorder un séjour
provisoire jusqu'en mars ou juin 2004, le temps pour le gouvernement
de réfléchir à un statut pour les réfugiés
de guerre et de laisser à des experts indépendants le
soin de juger de la situation en Afghanistan en 2004.·
COMMENTAIRE : Afghans : qui manipule qui ?
par Martine Vandemeulebroucke, Le Soir, 1er Août 2003
Mercredi, le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael convoquait
la presse pour ce qui était présenté au départ
comme un « briefing informel ». Le ministre voulait, avec
le commissaire général aux réfugiés, faire
part de ses « impressions », à savoir que la grève
de la faim des Afghans était manipulée politiquement.
Par qui ? Le ministre répond par sous-entendus : par ceux qui
veulent faire admettre par la Belgique que l'Afghanistan est toujours
en guerre. Sur quels éléments ? Les appels de GSM vers
l'extérieur ; le fait de s'être organisé si rapidement
à Bruxelles alors que beaucoup résidaient en Flandre ;
le fait que les grévistes de la faim aient changé d'avis
après un entretien plutôt fructueux avec Pascal Smet.
Certains tirent-ils les ficelles d'une action menée par des gens
désespérés à l'idée de rejoindre
un pays qui n'est de fait toujours pas pacifié ? C'est possible.
Mais les indices du commissaire sont bien faibles. Le ministre dit qu'il
va demander une enquête. On aurait préféré
qu'il la fasse avant de lancer des rumeurs sans le moindre début
de preuve tangible. Car quel est le but final de l'opération
? Décrédibiliser une action dont on ne voit de fait pas
l'issue ?
On admet que le tout nouveau ministre VLD se trouve dans une situation
difficile. Pas seulement au sein du gouvernement. Il craint que le moindre
geste à l'égard des Afghans soit considéré
comme un signal à l'égard de tous ceux qui sont ou seront
déboutés du droit d'asile. Parce que, réfugiés
d'un pays en conflit, ils n'entrent pas dans les critères de
la convention de Genève. Et ils sont potentiellement nombreux.
Kurdes, Congolais
Mais le gouvernement devra bien un jour affronter le problème
de l'asile et de la régularisation. Assimiler continuellement
réfugiés et traite des êtres humains, c'est se mettre
la tête dans le sable. « Ce type de conflit va se reproduire
»
par Martine Vandemeulebroucke, Le Soir, 1er Août 2003
Depuis le 'er avril, l'Observatoire des migrations, créé
au sein du Centre pour l'égalité des chances, est opérationnel
avec la nomination de son coordinateur, Henri Goldmann. L'Observatoire
des migrations a notamment pour mission d'évaluer les plaintes
déposées par les occupants des centres fermés,
mais également d'« éclairer les pouvoirs publics
sur la nature et l'ampleur des flux migratoires ».
Henri Goldmann n'est pas étonné du tout par la détermination
des Afghans à Ixelles : Ce qui pose problème, c'est la
manière dont on approche la situation en Afghanistan. Qui décide
que l'on peut y renvoyer des demandeurs d'asile ? Le commissaire général
aux réfugiés, dit le ministre. On peut comprendre, dans
ce cas, que les grévistes ne lui fassent pas confiance. Mais
est-ce vraiment lui qui décide ou la décision est-elle
prise au niveau européen, comme semblent l'indiquer les justifications
du ministre à propos de l'attitude des autres pays à l'égard
des Afghans ? Dans ce cas, disons-le clairement.
La perte de crédibilité de Pascal Smet entraîne-t-elle
aussi le refus de toutes ses propositions ? Mais que leur propose- t-on
?, s'interroge Henri Goldmann. De tenter de faire réformer la
décision de Pascal Smet dans des man|uvres finalement dilatoires
dont ils ne veulent plus. On sait qu'à peine 10 % des dossiers
introduits à la Commission permanente de recours aboutissent
positivement.
Patrick Dewael, le ministre de l'Intérieur, a évoqué
une possibilité de régularisation pour les Afghans présents
depuis quatre ou cinq ans en Belgique. Aujourd'hui, plus personne ne
sait sur quels critères les régularisations sont accordées,
constate Henri Goldmann. L'application de l'article 9.3 de la loi reste
de l'ordre du discrétionnaire. Chacun sait aussi qu'il est indispensable
de régulariser la situation de tous ceux qui sont depuis des
années dans la procédure d'asile. Nous sommes exactement
dans la même situation que celle qui prévalait avant l'opération
de régularisation de 2000, et tous les partis le savent.
Pour le coordinateur de l'Observatoire des migrations, ce n'est pas
un hasard si la grève de la faim des Afghans suit de peu celle
des Iraniens. Comme les Iraniens, ces gens ne sont pas des réfugiés
économiques. Ce sont pour la majorité des personnes qui
ont les ressources culturelles et matérielles qui leur permettent
de voir plus loin. Ils veulent donner un avenir à leurs enfants.
Il faut savoir que ce genre de conflit va se multiplier. Nous allons
encore avoir affaire à une population éduquée qui
ne va pas se laisser faire.· Manifestation nationaliste contre
les grévistes
Une organisation nationaliste d'extrême-droite a lancé
un appel à se rendre à l'église qui est occupée
par des réfugiés afghans. Est-il possible que la police
utilise cette action pour évacuer l'église? 10 personnes
du Vlaams Blok ont mis des bannières devant l'église hier,
avant d'être emmenées par la police.
L'appel:
« A l'Eglise Ste Croix à Ixelles, toujours occupée
par des afghans demandeurs d'asile, les paroissiens se trouvent confrontés
à des restrictions inacceptables de leur droit de suivre la messe
: annulation de certaines messes, messe dite à l'écart
pour ne pas « gêner les occupants ». Si on ajoute
à cela, la présence d'une véritable milice privée
à l'entrée, portant brassard et filtrant et questionnant
tout citoyen voulant entrer dans l'église, on a atteint un paroxysme
dans l'inacceptable.
C'est pourquoi, en réponse à cette profanation, le Mouvement
NATION appelle tous les nationalistes à aller le dimanche 3 août
suivre la messe de '' heures à l'Eglise Ste Croix à Ixelles
ou, le cas échéant, exiger qu'elle ait bien lieu dans
les formes. Rendez-vous est donné à le dimanche
3 août à 10 h 45 sur le parking devant l'église
(qui donne accès sur la place Flagey à Ixelles).»
Assemblée de voisins
Tristan, un Belge solidaire des Afghans en lutte, écrit :
Plutôt que des répercuter les délires de l'extrême
droite et du ministère de l'intérieur, participons à
ce qui bouge. Est-ce en vertu de l'été particulièrement
ensoleillé que les Bruxellois redécouvrent les places
publiques et que de nouvelles mobilisations émergent? En juin,
la rafle particulièrement cynique d'Equatoriens vivant à
Saint-Gilles a donné lieu aux premières assemblées
de voisins, solidarité immédiate et concrète avec
les victimes d'une répression jusque-là épargnée
de toute publicité. Aujourd'hui, des Afghans sont obligés
de négocier en secret avec un gouvernement qui décidemment
n'aime pas la publicité.
Entretemps, les assemblées de voisins essaiment, les communautés
se rencontrent, les sans-papiers se mêlent à la foule solidaire,
et un nouvel horizon se constitue. Et puis c'est tellement chouette
de voir les adeptes des commissions blabla et luttes régimentées
décontenancés par ces assemblées débordantes.
"On ne veut pas des plate-formes on veut des vrais formes!"
Appel aux voisins
Nous avons de nombreux voisins sans-papiersIls ont besoin de nous. 300
Afghans (hommes, femmes, enfants) occupent l'église Sainte Croix
(place Flagey) depuis ce jeudi 24 juillet. Les adultes font une grève
de la faim depuis ce jour ! Ils refusent l'ordre collectif de quitter
le territoire. Pourtant on sait qu'aujourd'hui, en Afghanistan, la situation
est loin d'être sécurisée. La question des réfugiés
et des sans-papiers est de plus en plus présente dans les quartiers
de nos villes. De plus en plus souvent, nous côtoyons ces personnes,
ils communiquent et échangent avec nous. Pourtant, ils vivent
dans une grande insécurité et dans la
clandestinité. Les sans -papiers sont criminalisés alors
qu'ils cherchent asile. Nombreux sont ceux qui sont enfermés,
expulsés dans l'ombre, sans défense. De plus en plus d'habitants
sont en désaccord avec la situation qui frappe leurs voisins.
D'autres voisins s'organisent en assemblée dans d'autres communes
(Saint-Gilles,) Il y a urgence à parler ensemble de tout cela,
afin de comprendre, de se solidariser, d'agir et de se manifester.
Première Assemblée des voisins à Ixelles ce vendredi
1er août à 18 h 30 sur les marches de l'église Ste
Croix.(place Flagey). Contacts : Dominique 0496 84 69 01 / Jean-Marie
0472 66 85 42
Plus de 500 sympathisants devant l'Église
Ste-Croix
L'agence Belga écrit le 9 Août 2003 :
Plus de 500 personnes (selon la police) ont rallié samedi après-midi
l'Église Sainte-Croix à Ixelles pour marquer leur soutien
aux demandeurs d'asile afghans qui occupent les lieux depuis un plus
de deux semaines.
L'invitation était lancée par l'Assemblée des Voisins
d'Ixelles. « Nos amis afghans font une grève de la faim
tout à fait justifiée, indique Jean-Marie Lison, membre
de cette assemblée des voisins. "Il ne faut pas y voir un
acte de chantage mais un acte désespéré."
"Cette décision est d'une profonde injustice car elle pousse
ces Afghans vers la mort s'ils retournent dans leur pays ou vers le
statut de sans-abri s'ils restent en Belgique. Le ministre de l'Intérieur
doit comprendre qu'il ne gère pas ici des dossiers
mais le sort de nombreux êtres humains", ajoute M. Lison.
Devant l'église,
plusieurs personnes ont successivement pris la parole pour défendre
la cause des demandeurs d'asile afghans. Une animation musicale était
également prévue et plusieurs groupes devaient se produire
jusqu'à '9H. Hormis quelques porte-paroles qui se sont adressés
au public, les réfugiés afghans sont restés à
l'intérieur de l'église. Belgique : Compétence
Universelle : recul pour la lutte contre l'impunité
" L'adoption par le Parlement belge d'une nouvelle loi sur la répression
des violations graves du droit international humanitaire abroge la loi
dite " de compétence universelle " et constitue un
recul dans la lutte mondiale contre l'impunité ", ont déploré
le 'er Août six ONG de défense des droits de l'homme. Certaines
plaintes déjà à l'instruction, dont celles concernant
le Rwanda, le Guatémala et le Tchad, avec l'affaire Hissène
Habré, vont néanmoins pouvoir continuer.
La loi de compétence universelle dans sa version initiale, votée
à l'unanimité en '993 et qui avait fait de la Belgique
un modèle dans le combat pour la justice internationale est donc
définitivement enterrée. Cette loi offrait une interprétation
progressiste et courageuse du droit international. Elle se fondait sur
l'idée que le seul lien de rattachement justifiant de juger et
punir les auteurs de crimes barbares est notre humanité partagée.
" Avec son ancienne loi de compétence universelle, la Belgique
contribuait à détruire le mur d'impunité derrière
lequel les tyrans du monde entier s'abritent pour couvrir leurs crimes
" ont déclaré les ONGs. " Il est vraiment regrettable
que la Belgique oublie, aujourd'hui, les victimes pour lesquelles son
système judiciaire représentait un espoir de justice ".
Sous la pression de l'administration Bush, qui mène actuellement
une véritable campagne contre les mécanismes de justice
internationale, la Belgique a dû faire marche arrière.
Cette campagne américaine et l'abrogation de la loi belge vont
à l'encontre d'une tendance mondiale pour la justice internationale
qui s'est concrétisée par la mise en place des tribunaux
internationaux pour juger les crimes commis en ex-Yougoslavie et au
Rwanda, la création de la Cour Pénale Internationale et
l'adoption par plus d'une centaine d'Etats d'une ou l'autre forme
de compétence universelle leur permettant de poursuivre les violations
graves du droit humanitaire.
A l'avenir, les tribunaux belges seront compétents seulement
si l'accusé est belge ou a sa résidence principale en
Belgique, si la victime est belge ou réside en Belgique depuis
au moins trois ans " au moment des faits " (ce qui est pour
le moins paradoxal), ou si la Belgique a l'obligation de poursuivre
en application de ses obligations internationales. Le nouveau projet
de loi réduit considérablement l'accès direct des
victimes à la justice. En effet, hormis les cas où l'accusé
est belge ou a sa résidence principale en Belgique, seul le procureur
fédéral aura l'opportunité d'engager ou non les
poursuites. La Belgique a donc opté pour une compétence
universelle restreinte, telle qu'appliquée dans la plupart des
autres pays européens (Suède, Suisse, Danemark et Royaume
Uni pour certains crimes). Elle rentre dans le rang.
En outre, la majorité des affaires pendantes seront éliminées
par cette réforme. Tout au plus, la loi votée aujourd'hui
prévoit-elle la poursuite des actions judiciaires les plus avancées,
dont celles concernant le génocide au Rwanda, les crimes commis
contre deux prêtres belges au Guatemala et les plaintes déposées
contre l'ex-dictateur du Tchad, Hissène Habré. Le Procureur
Fédéral a requis la semaine dernière la tenue d'un
nouveau procès d'assises dans l'affaire dite " Kibungo ",
pour laquelle deux suspects rwandais sont détenus en Belgique.
L'affaire contre Hissène Habré, actuellement en résidence
surveillée au Sénégal, est également bien
avancée puisqu'un juge d'instruction s'est rendu au Tchad en
2002 et le gouvernement tchadien a officiellement levé son immunité.
Les ONG déplorent que les pressions et menaces de l'administration
Bush, conjuguées à une absence totale de solidarité
européenne sur ce sujet, aient réussi à provoquer
un tel retour en arrière.
Les ONG rappellent que, dans l'intérêt du progrès
du droit international, ce n'est pas la Belgique qui aurait dû
changer sa loi, mais la plupart des autres pays européens qui
auraient dû s'aligner sur la loi belge. Cette voie est la seule
valable pour que l'Union européenne soit véritablement
un espace de liberté, de démocratie et de justice qui
ne tolère pas que les auteurs des violations les plus graves
des droits de l'homme et du droit humanitaire se réfugient sur
son sol.
Lutter contre l'impunité de façon efficace passe par l'action
complémentaire des juridictions nationales, de la Cour Pénale
Internationale, et des Etats exerçant leur compétence
universelle. Les ONGs continueront à uvrer pour la poursuite
effective des auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité
et génocide, notamment en appelant à une concertation
au niveau européen.
Il convient dès lors que les gouvernements européens se
saisissent de la question de la mise en oeuvre du principe de compétence
universelle au plus vite, et cessent de donner d'eux-mêmes une
image frileuse alors qu'ils ont su rester unis face aux Etats-Unis pour
défendre la Cour pénale internationale.
ONG signataires: Amnesty International Belgique, La Ligue Belge des
Droits de l'Homme, Liga voor Mensenrechten, la Fédération
Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH), Avocats sans
Frontières et Human Rights Watch.
30/07/03 - Belgique : abrogation
de la loi de compétence universelle
A peine formé, le nouveau gouvernement belge, dirigé par
Guy Verhofstadt, a décidé d'abroger la loi de compétence
universelle, qui avait conduit à une forte détérioration
des relations avec les États-Unis et Israël, pour la remplacer
par un texte a la portée nettement plus limitée.
Donnant à la mesure un caractère d'urgence absolue, un
projet de loi a été adopté samedi soir par le gouvernement
dans les heures qui ont suivi sa nomination par le roi Albert Il, après
sept semaines de tractations entre libéraux et socialistes.
L'ancienne loi de compétence universelle qui date de 1993, permettait
aux tribunaux belges de juger les auteurs de crimes de guerre, de génocides
ou de crimes contre l'humanité quel que soient l'endroit où
ils ont été commis, la nationalité des auteurs
présumés ou celle des victimes. Le nouveau texte restreint
considérablement les conditions dans lesquelles les victimes
de ces crimes pourront saisir les tribunaux.
L'auteur présumé du crime devra désormais être
Belge ou résider habituellement en Belgique. Dans le cas contraire,
seules des victimes belges ou habitant en Belgique depuis au moins trois
ans au moment des faits auront le droit de déposer plainte. La
justice devra alors tenir compte des obligations internationales de
la Belgique, notamment en matière d'immunité.
La nouvelle loi, qui ne se distingue plus des textes on vigueur dans
de nombreux autres pays, « permettra de faire disparaître
les affaires en cours, sauf celles où il y a un intérêt
belge évident », a déclaré dimanche à
l'AFP Peter Moors, le conseiller diplomatique de M. Verhofstadt. «L'abrogation
de la loi de 1993 devrait aussi nous permettre d'améliorer nos
relations avec certains alliés», a-t-il ajouté,
on soulignant que le «problème devenait pressant ».
George W. Bush et Tony Blair visés
Plus de trente plaintes ont été déposées
en Belgique contre des dirigeants étrangers, visant notamment
le premier ministre israélien, Ariel Sharon, le président
cubain, Fidel Castro, le président de l'Autorité palestinienne.
Yasser Arafat, et plusieurs dirigeants africains, En juin dernier, de
nouvelles plaintes ont été déposées contre
le président américain, George W. Bush, et le premier
ministre britannique, Tony Blair, pour leur responsabilité dans
la guerre en Irak. Les Etats-Unis avaient alors demandé l'abrogation
du texte, faisant planer la menace d'un déménagement du
siège de IOTAN, situé depuis 1967 dans la capitale belge.
Dans une semaine
Une version définitive du texte sera adoptée par le gouvernement
dans une semaine, après avis du Conseil d'Etat. Elle sera ensuite
soumise pour adoption à la Chambre et au Sénat avant le
début des vacances parlementaires en août.
Soutenue par les organisations de défense des droits de l'homme,
la loi de compétence universelle de 1993 n'a conduit qu'une seule
fois à un procès, qui s'est conclu par la condamnation
de quatre Rwandais ayant participé au génocide dans leur
pays.
Communiqué de Stop USA du 14 juillet 2003 :
Jour de honte pour la Belgique! Le premier acte du nouveau gouvernement
Verhofstadt a été de baisser son pantalon devant Bush.
En supprimant la loi de compétence universelle, ce gouvernement
accorde l'impunité aux pires crimes risquant d'être commis
dans les prochaines guerres. Mais Stop USA tient à souligner
que la plainte contre le général Franks, déposée
par 17 Irakiens et 2 Jordaniens parents de victimes, reste toujours
déposée valablement en Belgique et qu'elle ira jusqu'au
bout! Explications...
Énorme, la pression de la Maison Blanche! De façon inhabituelle,
ce gouvernement a commencé son existence en abrogeant une loi
qui punissait les crimes de génocide et les crimes de guerre.
La Belgique est-elle un État souverain ou une colonie ? Une question
qui va loin: Bush ne considère-t-il pas le monde entier comme
une colonie US ?
Ainsi qu'il ressort des nombreux témoignages rassemblés,
de graves crimes ont été commis par l'armée US
contre la population irakienne: bombardements et assassinats de civils,
attaques contre des hôpitaux et ambulances, attaques contre des
journalistes, organisation et protection de pillages. En détournant
les yeux, le gouvernement belge enterre les victimes une deuxième
fois.
Sur le plan juridique, ce gouvernement commence par une monstruosité
juridique en prétendant enterrer ainsi toutes les plaintes sauf
trois. De quel droit l'exécutif s'ingère-t-il ainsi dans
le cours du judiciaire ? De quel droit décrète-t-il lui-même
quelles sont les "bonnes" et les "mauvaises" victimes
? De quel droit prétend-il que sa loi sera rétroactive,
annulant les plaintes déjà déposées ? Dans
tout système de loi qui prétend se respecter, une loi
vaut pour l'avenir, pas pour le passé.
Mais justement, le gouvernement, aidé par certains médias,
fait grand silence sur la plainte contre le général Franks,
à l'origine de la fureur de Bush. En essayant de faire croire
qu'elle était déjà renvoyée à Washington,
donc à la poubelle. En réalité, la plainte est
toujours en Belgique : l'avocat Jan Fermon s'est pourvu en appel devant
la Chambre des mises en accusation. Il disposait aussi de soixante jours
pour déposer au Conseil d'État le recours préparé
pour faire annuler la décision du gouvernement précédent.
La plainte ira jusqu'au bout. (...) Comme excuse, Verhofstadt a prétendu
vouloir "éviter les recours abusifs auxquels on assisté"
(Le Soir, 14.7.) "Abusive, la plainte contre le général
Franks ? Elle est documentée par des témoignages très
nombreux, des dizaines d'heures de vidéos, un dossier juridique
complet et solide auquel le gouvernement n'a même pas pris la
peine d'essayer de répondre. Nous vous mettons au défi,
Monsieur Verhofstadt, et le ministre des Affaires étrangères
Louis Michel, d'accepter un débat public où vous ne devriez
avoir aucune peine, n'est-ce pas, à démontrer que la plainte
n'était pas sérieuse! A moins que ce qui serait
devenu abusif, ce soit l'idée même de dénoncer les
crimes de guerre commis par 3nos amis2. L'armée US serait-elle
garantie "clean" ? Avec son long palmarès de crimes
au Vietnam (napalm), à Panama (bombardements de quartiers civils,
2.000 victimes), en Bosnie (bombardements à l'uranium de zones
civiles), en Yougoslavie (bombardements d'usines, d'infrastructures
civiles, assassinats de journalistes, violation de la Charte de l'ONU),
en Irak à nouveau...
Une autre "excuse" a été avancée : il
s'agirait d'empêcher les États-Unis de déménager
l'Otan de Bruxelles à Varsovie et de sauver ainsi l'emploi en
Belgique. Il faut remarquer que des gens comme Willy Claes (ex-secrétaire
de l'Otan) qui ressassent cet argument, n'ont pas bougé le petit
doigt lorsque Philips a fermé une usine dans sa province ou lorsque
Ford s'en est pris à l'emploi à Genk. Et le chantage aux
investissements US en Europe ? Mais l'Europe a investi beaucoup plus
de capitaux aux USA que l'inverse!
En réalité, le déménagement vers l'Est a
déjà été décidé depuis longtemps
par les États-Unis. Afin de se rapprocher des théâtres
des nouvelles guerres projetées à l'Est et au Moyen-Orient.
S'aplatir devant Washington n'arrangera rien, l'Histoire en a déjà
fourni tant d'exemples. Cela veut dire que de nouvelles guerres sont
en en préparation et que la loi de compétence universelle
offrait, au moins, une garantie pour les futures victimes de s'adresser
à la Justice.
De toute façon, tout projet de loi doit passer au parlement.
Stop USA mobilisera donc l'opinion et fera pression pour empêcher
cette honteuse loi de l'impunité. Dès la rentrée,
nous organiserons des débats publics, invitant les parlementaires
de tous partis à prendre position et nous informerons très
largement. Aidez-nous à organiser ces débats! Demandez
à des personnalités de signer notre Appel! Résister
aux diktats de Bush est indispensable pour défendre la paix des
années à venir!
En juillet et août, nous continuons notre travail d'information,
notamment aux festivals musicaux et avec le clip vidéo de 2 minutes
30 (en français et
en anglais) sur la plainte. Pour toute question, info ou suggestion,
vous pouvez vous adresser à info@stopusa.be ou bien à
GSM 0499 / 409.317. Pour interviewer l'avocat Jan Fermon : < jan.fermon@progresslaw.net
ou 0475/44.18.96.
23/06/03 - Le compétence universelle
s'en prend à Bush : Des plaintes ont été
déposées en Belgique contre le président George
Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair pour leur responsabilité
dans la guerre en Irak, a annoncé jeudi le ministère belge
de la Justice, qui les a toutefois renvoyées devant la justice
américaine et britannique.
Le président George Bush, le Premier ministre Tony Blair, le
ministre US des Affaires étrangères Colin Powell, le ministre
US de la Défense Donald Rumsfeld, son adjoint Paul Wolfowitz
et la conseillère présidentielle à la Sécurité,
Condoleeza Rice, sont les principales personnalités US et britanniques
qui font l'objet de plaintes récentes en Belgique dans le cadre
de la loi de compétence universelle, a révélé
jeudi le Premier ministre, Guy Verhofstadt. Ces diverses plaintes ont
été envoyées mercredi par le gouvernement
belge aux autorités concernées aux termes du paragraphe
4 de l'article 7 de la loi de compétence universelle amendée,
a précisé M. Verhofstadt qui participait jeudi au sommet
des partis libéraux européens précédant
le sommet européen de Thessalonique. "Nous ne voulons pas
qu'un mauvais usage soit fait de la loi de compétence universelle,
c'est pourquoi le conseil des ministres a traité ces plaintes
en moins de 24 heures", a poursuivi M. Verhofstadt.
Le procureur général a averti le 17 juin dernier le ministre
de la Justice, Marc Verwilghen, d'une avalanche de plaintes contre des
personnalités politiques étrangères. La plainte
contre MM. Bush, Blair, Powell et Rumsfeld date du 14 mars 2003. Une
plainte séparée a aussi été déposée
contre M. Powell le 2 avril dernier par un habitant de Munich. Une autre
plainte encore a été déposée contre différents
collaborateurs du gouvernement US, dont Mme Rice et M. Wolfowitz. Ces
plaintes seraient liées à des faits qui se sont déroulés
en Afghanistan.
M. Verhofstadt a par ailleurs tenu à dissiper les rumeurs selon
lesquelles Louis Michel ne "rempilerait" pas comme ministre
des Affaires étrangères au sein du prochain gouvernement.
"Il s'agit d'une bêtise qui ne repose sur aucun fondement",
a affirmé M. Verhofstadt. Plusieurs journaux écrivaient
jeudi que M. Michel voyait s'amenuiser ses chances de retrouver son
portefeuille des Affaires étrangères et présageaient
un sort identique pour André Flahaut à la défense.
M. Verhofstadt n'a pas cité le nom de M. Flahaut. Quelques heures
avant les déclarations de M. Verhofstadt, M. Michel avait menacé
de ne pas participer au prochain gouvernement s'il ne retrouvait pas
son portefeuille des Affaires étrangères. "Ou je
serai ministre des Affaires étrangères, ou je ne participerai
pas au gouvernement", avait lancé M. Michel lors d'un entretien
avec des journalistes à bord de l'avion officiel qui les amenaient
au sommet européen de Thessalonique, en Grèce. M. Michel
avait réagi ainsi aux rumeurs colportées par certains
médias selon lesquels ses chances de retrouver le maroquin
des Affaires étrangères se seraient considérablement
amenuisées ces dernières semaines, en raison des tensions
qui pèsent sur les relations belgo-US et de la controverse sur
l'avenir du siège de l'OTAN.
Source : Agence Belga
22/06/03 - Pourquoi, athée convaincu,
j'irai à la manif du foulard par Michel Collon,
20 juin 2003
Un abondant courrier et de vives discussions ont suivi mon mail d'il
y a trois jours, relayant l'appel de jeunes femmes musulmanes de Bruxelles
: «Le Collectif " TOUCHE PAS A MON FOULARD
! " vous invite à manifester votre indignation
quant au traitement dégradant dont sont victimes les jeunes filles
portant le foulard, renvoyées des écoles, interdites d'études,
humiliées dans l'expression la plus intime et la plus naturelle
de leurs convictions religieuses personnelles. »
Le foulard ou le racisme ?
Plusieurs amis progressistes ont réagi, parfois avec colère,
allant jusqu'à m'accuser de m'aligner sur « une idéologie
islamiste » et de nier l'analyse critique que Marx faisait de
la religion. Selon la plupart des critiques, le respect de l'école
laïque implique d'imposer à ces jeunes filles d'enlever
leurs voiles sous peine d'exclusion.
Bien que n'étant nullement un spécialiste de cette question,
j'aimerais expliquer pourquoi je pense que ces amis se trompent. Et
pourquoi personnellement, étant et restant un athée
convaincu, j'irai cependant à cette manifestation en solidarité
avec ces jeunes filles contre la discrimination et la répression.
Pour moi, le grand problème, ce n'est pas le foulard, mais le
racisme. Et l'actuelle attaque raciste fait partie d'une campagne de
diabolisation des Arabes et des musulmans. Cette diabolisation sert
les préparatifs de guerres de Monsieur Bush. Dont les objectifs
sont : 1° Recoloniser et dominer l'ensemble du monde musulman, pour
faire main basse sur tout le pétrole du monde et en priver ses
rivaux économiques. 2° Ecraser la contestation croissante
face à l'ordre injuste de ses multinationales qui appauvrissent
la majorité de la planète.
L'impérialisme US menace toute la planète. Après
la Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak, ses prochaines cibles seront
l'Iran, la Syrie, la Corée du Nord, Cuba. Et à terme la
Chine. Face à ce danger colossal, il est urgent que tous les
progressistes et tous les gens épris de paix forment un grand
front international de résistance à la guerre. Et à
la préparation psychologique qui l'accompagne : le racisme et
les campagnes de diabolisation frappant tous les pays, tous les peuples
visés.
L'essentiel : combattre la guerre ensemble
Le corollaire des guerres menées là-bas, c'est le racisme
anti-arabe ici. Les classes dominantes de nos pays veulent bien des
immigrés qui leur rapportent économiquement, mais leur
refusent l'égalité des droits. Pourquoi ? Pour les empêcher
de résister à l'exploitation. Qu'ils restent des citoyens
de seconde ou de troisième classe. En France, particulièrement,
les jeunes dits « des banlieues » subissent une négation
totale de leurs droits.
Cette division affaiblit la résistance commune, aussi bien face
à l'exploitation des travailleurs ici que face au déclenchement
des guerres là-bas. Au lieu de chipoter sur le foulard,
on ferait bien mieux de se battre énergiquement pour le droit
de vote pour tous et le respect des droits sociaux de tous. Nos classes
dominantes, laïques ou non, n'appliquent toujours pas leurs propres
principes constitutionnels en refusant le droit de vote à une
large frange de la population.
Le problème, ce n'est pas le foulard. Plusieurs professeurs français
ont écrit récemment : « Ce foulard recouvre des
réalités diverses, et nous avons des appréciations
diverses, voire divergentes, de sa signification ; mais nous sommes
tous d'accord pour estimer que, dans tous les cas (que le foulard soit
imposé aux jeunes filles ou qu'il résulte d'un choix),
l'exclusion est la pire des solutions. Nous ne sommes pas des «partisans
du voile» ; nous sommes simplement partisans d'une école
laïque qui oeuvre à l'émancipation de tous, et non
à l'exclusion. Car la laïcité, telle que la définissent
les lois de 1881, 1882 et 1886, est une obligation qui concerne les
locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant, et non
les élèves. Aux élèves s'imposent
des règles comme l'assiduité à tous les cours ou
le respect d'autrui, mais il n'est pas légitime de multiplier
les exigences pour des jeunes en formation, qui viennent à l'école
précisément pour apprendre, se former et se transformer
- surtout si ces exigences n'ont aucune nécessité du point
de vue du fonctionnement de l'école. Nous sommes plusieurs
à côtoyer ou à avoir côtoyé ces élèves
voilées dans des établissements scolaires, et nous témoignons
qu'à aucun moment leur présence n'a empêché
les enseignants d'enseigner, ni les élèves ou les étudiants
d'étudier. » (Libération, 20 mai 03)
On est en effet en pleine discrimination. Personne ne propose d'interdire
l'accès à l'école aux jeunes qui afficheraient
une croix chrétienne à leur boutonnière ou en bijou,
ou d'autres insignes semblables. Ce sont bien les musulmans qui sont
visés.
Notre intérêt à tous est d'empêcher qu'on
nous divise. Si vraiment nous cherchons à construire un front
de résistance à la guerre, quelle question devons-nous
mettre en avant : nos différences sur la religion ou notre
rejet commun de l'impérialisme guerrier ? Athées, chrétiens,
musulmans, nous devons apprendre à nous unir et à travailler
ensemble car notre époque exige réellement une mobilisation
totale. Cela veut dire en premier lieu qu'il faut apprendre à
se connaître, à se comprendre. Certains de mes contradicteurs
semblent n'avoir jamais discuté avec de jeunes musulmans ou musulmanes.
S'ouvrir et se comprendre
Dans la gauche européenne, on n'a pas fait assez d'efforts
(et parfois même pas du tout), pour donner aux immigrés
arabes la place qui leur revient. En Belgique, en France, et dans
d'autres pays, les jeunes Arabes représentent une partie très
importante, et très exploitée, de la classe ouvrière.
Ils représentent aussi une part
croissante des intellectuels.
Ces jeunes Arabes ont un rôle important à jouer dans les
combats d'aujourd'hui. Pour convaincre les Européens "d'origine"
que les guerres de colonisation les attaquent eux aussi. Quand une multinationale
colonise un pays pour en piller les richesses, sa guerre fait le malheur
des populations du tiers monde. Mais quand la même multinationale
délocalise afin de profiter des super-profits qu'elle a pu ainsi
se créer, elle renforce ici le chômage et la misère.
La guerre sociale et la guerre tout court sont deux faces de la même
pièce.
Ce rôle d'explication et de solidarité concrète,
les jeunes d'origine arabe doivent et peuvent le jouer. Je l'ai constaté
dans mon expérience pratique. Ayant donné de nombreuses
conférences ou formations scolaires et autres sur ces thèmes,
j'ai été frappé de voir combien les jeunes d'origine
arabe comprenaient mieux les véritables objectifs des guerres
menées par les États-Unis au Moyen-Orient. Combien ils
étaient d'office méfiants envers la propagande médiatique.
Ces derniers temps, j'ai eu plusieurs occasions de parler à
l'invitation de communautés musulmanes. J'ai constaté,
dans toutes les générations, mais particulièrement
chez les jeunes, un intérêt, une ouverture, une volonté
d'action remarquables.
Je parlais récemment dans le cadre d'un rassemblement islamique.
J'avais bien sûr été frappé de voir les hommes
et les femmes occuper des moitiés séparées de l'auditoire.
Environ les trois quarts des femmes portaient le voile. Après
de tels débats, un grand nombre de personnes s'approchent toujours
de la tribune pour prendre un renseignement, échanger des adresses
ou informer sur leurs activités. Tout en parlant, je m'étais
fait la réflexion: « Certainement, dans une telle assemblée,
ce seront les hommes qui viendront me trouver après mon exposé
! »
Autant pour moi et mes préjugés ! Des deux côtés,
on était venu extrêmement nombreux pour me parler. Avec
une légère majorité du côté des femmes.
Et des conversations très spontanées, très
ouvertes, très enrichissantes. Foulard ou pas. Cette expérience,
et d'autres, m'ont appris que chacun de nous ferait bien de laisser
ses préjugés au vestiaire. La gauche européenne
doit quitter son « eurocentrisme » qui la fait se prendre
pour le centre du monde et des valeurs.
Unir pour résister
Nous devons absolument lutter ensemble. La religion, pour moi, doit
rester une affaire personnelle, privée, et il faut
empêcher toute discrimination. C'est en se battant pour faire
respecter les droits des plus discriminés qu'on renforcera la
compréhension mutuelle, les droits de tous et le front anti-guerre.
L'expérience pratique dans le combat commun montrera bien quelles
idées permettent de résoudre les problèmes de la
société et la libération de l'humanité.
A condition de mener le combat ensemble et de ne pas l'empêcher
par des exclusives.
Ce sont les grandes puissances coloniales qui ont toujours joué
sur les divisions religieuses, nationales, etc: en Palestine, en
Yougoslavie, en Irlande, en Afrique, partout. « Diviser
pour régner ». La devise de la gauche ne peut être
que « Unir pour résister ».
C'est pourquoi j'irai manifester dimanche avec ces jeunes femmes.
18/06/03 - la Ligue de défense juive
arrive : La Ligue de défense juive (LDJ), une organisation
juive radicale, sera active en Belgique dans les mois à venir,
a expliqué le responsable européen de la LDJ, Michaël
Carlisle, dans un entretien avec l' Agence Belga.
«Pour l'instant, le projet se cristallise. Nous avons 10 à
15 personnes en Belgique qui ont commencé à être
formées, et les choses se mettent doucement en place»,
explique Michaël Carlisle. «Nous comptons nous installer
à Bruxelles, à Gand et à Anvers», a-t-il
rajouté.
Selon M. Carlisle, le principal but de la LDJ est d'assurer la sécurité
et la défense de la communauté juive en Belgique. «C'est
une sécurité d'ordre défensive», commente
le responsable européen de la LDJ, qui, comme exemple, souligne
les actions de vigilance effectuées près des lieux de
prières en France, ou encore lors de fêtes rassemblant
des juifs.
«Nous avons nos propres entraîneurs, et nous apprenons à
nos membres un sport de combat israélien de défense»,
explique Michaël Carlisle, rajoutant que les membres inscrits
sont minutieusement sélectionnés par rapport à
leur militantisme et leur sérieux. «Dans un cadre légal
d'autodéfense, nous voulons ainsi combattre l'antisémitisme
et tout ce qui met en danger l'existence d'Israël.»
Face à cette nouvelle arrivée en Belgique, le président
de l'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), Jacques Ravedovitz,
se dit «hostile et méfiant, dans un climat déjà
terrible au sein de la communauté juive».
Milice privée ?
«Derrière cette façade de lutte contre l'antisémitisme,
se cache quelque chose de beaucoup plus dangereux», explique le
président de l'UPJB, définissant la LDJ comme une «milice
privée». «Ce n'est pas parce qu'ils sont juifs qu'on
les trouve plus sympathiques que la Ligue arabe d'Abou Jahjah»,
a-t-il rajouté.
Le président de la Ligue arabe européenne (LAE), Dyab
Abou Jahjah, a quant à lui taxé la LDJ de «mouvement
extrémiste terroriste, violent et provocateur», soulignant
que «leur présence n'arrangera pas les choses en Belgique,
et qu'elle sera surtout néfaste pour la communauté juive».
Il a cependant rajouté que «la LAE ne réagira pas
à de pareilles figures».
La Ligue de défense juive a été fondée à
New York, dans les années soixante, par le rabbin Meir Kahane,
dans le but d'assurer le bien-être et la sauvegarde des juifs
contre leurs ennemis. Actuellement, ils sont présents partout
aux États-Unis (où ils se défendent notamment avec
des armes à feu), en Australie et en Afrique du Sud.
Source : La Dernière Heure, 14 juin 2003
18/06/03 - appel du Collectif “Touche
pas à mon foulard!” : Le Collectif “Touche
pas à mon foulard!” appelle les citoyens belges au respect
des dispositions constitutionnelles concernant la liberté de
chacun et de chacune de pratiquer sa foi et, particulièrement,
celle de porter le foulard.
Les citoyens démocrates de ce pays, musulmans ou non, sont indignés
par le traitement insultant qui est infligé aux très nombreuses
concitoyennes musulmanes qui portent le foulard dans les écoles
relevant de la Communauté française ou des communes bruxelloises.
C'est le refus intransigeant de reconnaître leur revendication
de porter le foulard, comme c'est le cas, notamment, dans tous les établissements
scolaires de la commune de Bruxelles-Ville, qui est la source des désordres
actuels.
C'est cette discrimination aux allures nettement anticonstitutionnelles
qui révolte un grand nombre de Belges attachés au respect
des lois fondamentales de leur pays, à l'harmonieuse cohabitation
des expressions religieuses, idéologiques et culturelles de toutes
et de tous.
Interdire le foulard à des jeunes filles qui ont choisi, en toute
liberté, de le porter, traduit une volonté partisane de
normalisation des comportements sur le modèle exclusif
d'un intégrisme laïque qui fait fi de la stricte neutralité
exigée par les lois constitutionnelles du peuple belge.
Le Collectif " TOUCHE PAS A MON FOULARD ! " réclame
une loi conforme à la constitution qui ne permettrait plus aux
directeurs d'école de prendre des décisions aussi répressives
et rétrogrades, de changer comme bon leur semble les règlements
d'ordre intérieur, notamment à propos du port du voile
par les jeunes filles musulmanes. Le Collectif dénonce avec force
le caractère foncièrement discriminatoire de ces mesures.
Elles contredisent, en effet, les principes constitutionnels garantis
par un État de droit, le nôtre, qui stipule dans l'article
24 de sa constitution sa stricte neutralité quant aux expressions
philosophiques, idéologiques ou religieuses, privées et
publiques, de tous ses ressortissants.
Le Collectif " TOUCHE PAS A MON FOULARD ! " revendique d'urgence
l'adoption d'une loi citoyenne dans la tolérance et le respect
des convictions de chacun. Une loi qui favorisera assurément
l'harmonie et la tranquillité sociales. Qui facilitera, en particulier,
dans un cadre démocratique renforcé, l'intégration
scolaire de tous les écoliers et écolières, étudiants
et étudiantes de ce pays, au bénéfice et à
la satisfaction de tous.
Le Collectif " TOUCHE PAS A MON FOULARD ! " vous invite à
manifester votre indignation quant au traitement dégradant dont
sont victimes les jeunes filles portant le foulard, renvoyées
des écoles, interdites d'études, humiliées dans
l'expression la plus intime et la plus naturelle de leurs convictions
religieuses personnelles.
Soyez nombreuses et nombreux à le rejoindre les 20 et 22 juin
prochains !
Le Collectif “Touche pas à mon foulard !” appelle
tous les citoyens démocrates de ce pays à se joindre à
son mouvement de contestation.
Ed. Responsable : Naima Boudida, 68 chaussée de Mons, B-1070
Anderlecht .
18/05/03 - des gendarmes déporteurs s'estiment
calomniés : Vincent Decroly, député écolgique
au Parlement belge, devenu indépendant et se disant "en
instance de retour dans "la société civile",
communique :
Je viens de recevoir une citation à comparaître au Tribunal
de Première instance, à la demande de deux des gendarmes
qui ont violemment expulsé M. Matthew SELLU en 1999. Ils m'accusent
d'avoir tenu des propos "malveillants et calomnieux" après
l'expulsion de ce demandeur d'asile. Sont principalement mises en cause,
des informations répercutées par le Soir du 1er décembre
1999 ainsi que par le Journal du Mardi du 4 et par l'émission
Strip-tease (RTBF) du 5 janvier 2000.
Les gendarmes s'inspirent de la version donnée au Parlement par
le ministre de l'Intérieur, M. Antoine Duquesne. Pour eux, il
y a eu "mise en scène" : je me serais concerté
avec la victime de ces violences (blessures constatées par un
médecin) avant qu'elles ne surviennent. M. SELLU les auraient
provoquées pour me permettre, à son arrivée à
Dakar, de filmer des images "sensationnalistes" de lésions
et contusions que, du reste, il se serait lui-même infligées.
M. SELLU est un demandeur d'asile de Sierra-Leone, dont la nationalité
n'était nullement contestée par la Belgique. Quelques
jours avant son expulsion, lors d'une réunion de commission à
la Chambre, M. DUQUESNE m'avait assuré que son expulsion n'aurait
pas lieu, le Sierra-Leone étant à l'époque ravagé
par un conflit sanglant entre milices, dans un scénario "à
la somalienne".
Alerté par le Collectif contre les expulsions de ce que la déportation
avait malheureusement eu lieu et qu'elle s'était mal passée,
j'ai appris de ceux qui avaient recueilli M. SELLU à Dakar qu'il
y était arrivé très mal en point. Je m'y suis rendu
avec ma propre caméra et une équipe de la RTBF car j'étais
certain que, comme lors de chaque drame semblable, le ministre responsable
allait pour toute explication se borner à me lire un compte-rendu
lénifiant rédigé par l'État-major de la
Gendarmerie. Je voulais apporter des éléments de preuve
objectifs et incontestables de mauvais traitements qui avaient déjà
valu la mort à Semira ADAMU.
Je ne retire rien de ce que j'ai filmé, dit et écrit sur
ce drame. Il était de mon devoir d'élu et de citoyen d'éclairer
le mieux possible, pour les combattre, ces pratiques qui amènent
un pays riche à se débarrasser violemment d'un réfugié
de guerre en l'expulsant vers un pays pauvre dont il ne parle même
pas la langue, où il n'a aucune attache, et où il a finalement
été soigné et recueilli par une famille elle-même
démunie.
Le dossier des réfugiés de guerre n'a hélas guère
progressé lors de la législature qui s'achève.
Le gouvernement a transcrit, en l'édulcorant, une directive européenne
"protection temporaire". Ses modalités d'application
sont tellement compliquées (l'accueil temporaire nécessite
toute une procédure et un accord des Quinze) qu'elle ne sera
probablement jamais mise en þuvre, les expulsions de réfugiés
de guerre pouvant par contre se poursuivre.
07/04/03 - le Sénat approuve la modification
de la loi de compétence universelle : Le Sénat
belge a approuvé jeudi 3 avril, par 36 voix contre 22 et 5 abstentions,
la modification de la loi dite de "compétence universelle"
qui permet de poursuivre des personnes étrangères accusées
de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Désormais,
les plaintes visant des responsables de pays "démocratiques"
seront transmises à la justice de ces pays. Cette modification
rend donc impossible la poursuite en Belgique de Sharon, Bush, Powell
et autres "démocrates". En juin 2001, 4 Rwandais
accusés d'avoir participé au génocide de 1994 avaient
été condamnés en vertu de cette loi à des
peines allant jusqu'à 15 ans de prison. Une trentaine de plaintes
ont été déposées en Belgique, notamment
contre Arafat, Saddam Hussein et Fidel Castro.
03/04/03 - la loi de compétence universelle
amendée : Sharon, Bush, Powell et d'autres peuvent respirer:
ils ne pourront plus être poursuivis pour crimes contre l'humanité
ou crimes de guerre par la justice belge. À l'initiaitive du
Parti libéral du premier ministre Guy Verhofstadt, le Parlement
belge a voté par 63 voix contre 48 un amendement excluant de
la loi de compétence universelle les pays "démocratiques".
Les socialistes et les écolos ont voté contre l'amendement.
L'application de cette loi à Sharon, poursuivi pour les massacres
de Sabra et Chatila en 1982, avait provoqué une grande colère
des sionistes, qui avaient gelé leurs relations diplomatiques
avec la Belgique. Le 18 mars, les parents de victimes iraqiennes du
bombardement d'un abri antiaérien à Bagdad en 1991 avaient
porté plainte contre Bush père et Colin Powell, ce qui
avait provoqué la colère de Washington, qui avait menacé
de retirer le siège de l'OTAN de Bruxelles. Une trentaine d'autres
plaintes ont été déposées devant la justice
belge, notamment contre Arafat, Saddam Hussein et Fidel Castro. Le Sénat
belge examinera l'amendement cette semaine et devrait aussi l'adopter.
27/01/03 - soutien inconditionnel à la
loi de compétence universelle
Human Rights Watch Bruxelles communique en date du 22 janvier 2003:
Les ONG signataires se réjouissent de l'adoption aujourd'hui
en Commission Justice du Sénat Belge des propositions de lois
qui devraient donner un nouvel élan aux poursuites pénales
internationales contre les responsables des pires violations des droits
de l'Homme. La commission a approuvé les amendements destinés
à préserver l'essentiel de la loi de 1993, dite de "
compétence universelle ".
La portée de la loi de compétence universelle, qui permet
de poursuivre en Belgique les crimes de guerre ou de génocide
commis à l'extérieur du pays, avait été
vidée de son sens par de récentes décisions judiciaires
très restrictives. Les propositions de lois votées aujourd'hui
rétablissent le champ originel de cette loi, comme voulu par
le législateur en 1993. Cependant, ces propositions doivent
maintenant être approuvées par le Sénat en session
plénière puis par la Chambre des Représentants
avant la dissolution du Parlement prévue en avril prochain.
"La loi belge de compétence universelle est une pièce
maîtresse de la lutte mondiale contre l'impunité qui couvre
les pires crimes et atrocités " ont déclaré
les ONG. "Des lois comme celles-ci sont essentielles afin de détruire
les remparts d'impunité derrière lesquels les dictateurs
et tortionnaires du monde entier s'abritent pour brutaliser leurs peuples".
La loi de 1993, amendée en 1999, donne compétence aux
tribunaux belges pour poursuivre pénalement toute personne accusée
de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes
de guerre commis à l'étranger. Un mémorandum répondant
à certaines questions sur la loi belge peut être consulté
sur le web site de Human Rights Watch : http://www.hrw.org
05/12/02 Anvers: Dyab
Abou Jahjah remis en liberté
La justice belge a prononcé mardi la remise en liberté
conditionnelle de Dyab Abou Jahjah, dirigeant de la Ligue arabe européenne
(AEL), inculpé la semaine dernière après deux nuits
d'émeutes à Anvers. Celles-ci avaient été
déclenchées après le meurtre d'un enseignant d'origine
marocaine, Mohamed Achrak.
Jahjah est inculpé de rébellion en bande avec préméditation,
grave entrave à la circulation, déprédation de
véhicules en bande et coups et blessures à agent. Le parquet
a décidé de ne pas faire appel de la remise en liberté,
Jahjah s'est par ailleurs vu interdire de participer à toute
manifestation publique pendant trois mois. Il a nié les accusations
à son encontre mais déclaré qu'il respecterait
les dispositions prises par la justice. Mais, a-t-il déclaré,
« ce n'est pas parce qu'ils ont essayé de nous liquider
que l'AEL ne sera plus l'AEL. Nous ne dévierons pas de notre
chemin ».
30/11/02 Anvers: mandat
d'arrét contre Dyab Abou Jahjah. Dyab Abou Jahjah, un
Belge de 31 ans d'origine libanaise qui dirige la Ligue arabe européenne,
a été arrété jeudi soir par la police et
inculpé vendredi de rébellion en bande, entrave à
la circulation, déprédation de véhicules et coups
volontaires à un agent des forces de l'ordre. Cette inculpation
est intervenue quelques heures avant les funérailles de Mohamed
Achrak, un enseignant marocain de 27 ans abattu mardi à Anvers
par Constant Van Linden, un voisin égé de 66 ans. Ce meurtre
a entraîné des émeutes dans la deuxiéme ville
du pays. Jeudi, devant le Parlement, le Premier ministre Guy Verhofstadt
avait demandé l'interdiction pure et simple de la Ligue, accusée
d'avoir déclenchée les émeutes d'Anvers.
29/11/02 Anvers: 20 arrestations après
2 nuits d'émeute : Après le meurtre, par un voisin
belge de 66 ans, de Mohamed Achrak, un instituteur marocain de 27 ans,
Anvers a connu 2 nuits et une journée de manifestations qui ont
tourné à l'émeute. 160 personnes ont été
interpellées par la police et 20 - 11 mineurs et 9 adultes -
ont été placées en détention pour une éventuelle
inculpation. Les manifestants affirment que le meurtrier a agi par racisme,
ce que démentent les autorités judiciaires. Une histoire
bien connue...
28/11/02 Anvers : après
le meurtre d'un enseignant marocain. La tension qui montait
à Anvers depuis quelques jours a éclaté mardi soir
dans le quartier de Borgerhout, où des groupes de jeunes, principalement
musulmans se sont heurtés à la police pendant plusieurs
heures. Ils protestaient contre le meurtre, par un Belge de 66 ans,
d'un jeune enseignant marocain, Mohamed Achrak. Le meurtrier "semblait
souffrir de problèmes psychologiques", selon les autorités
judiciaires.
« Nous sommes les Juifs du XXIème siècle
», a déclaré Ahmed Azzouz,
responsable local de la Ligue arabe européenne, qui a récemment
défrayé la chronique pour avoir organisé des patrouilles
de surveillance des agissements de la police municipale à l'encontre
des immigrés, en particulier arabes et musulmans.
25/11/02
"Bad cops, AEL is watching you" : " Protéger
les frères contre l'arbitraire ": c'est le but déclaré
de l'initiative prise depuis quelques jours à Anvers par la
Ligue arabe européenne, dirigée par le Libanais
Dyab Abou Jahjah. Cette initiative consiste à patrouiller dans
les quartiers où vivent les immigrés à Anvers,
pour surveiller les agissements de la police municipale, fortement infiltrée
par le Vlaams Blok, le parti d'extrème-droite raciste flamand,
qui a obtenu un tiers des voix dans la ville et vise la mairie en 2006.
L'initiative suscite de violentes polémiques
en Belgique, où Abou Jahjah a déjà fait l'objet
d'une plainte pour avoir déclaré que "Anvers est
le bastion du sionisme en Europe" et devait donc devenir "La
Mecque de l'action propalestinienne". La Ligue distribue lors de
ses patrouilles des tracts intitulés "Bad cops, AEL is watching
you" ("Mauvais flics, la LAE vous surveille"). Elle s'est
faite remarquer par l'organisation de manifestations pour la Palestine
et en réclamant que l'arabe devienne la quatrième langue
nationale en Belgique, après le français, le néerlandais
et l'allemand.
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