Rien ne va plus entre Schwarzenegger et sa
vile natale Graz
RIEN ne va plus entre Arnold Schwarzenegger et sa ville autrichienne
natale, Graz. Outré par l'attitude des dirigeants de la capitale
styrienne, qui envisagent de débaptiser le stade municipal portant
son nom, l'acteur devenu gouverneur de Californie a adressé une
lettre au vitriol à ses compatriotes, leur ôtant le droit
d'utiliser son nom à des fins publicitaires et touristiques,
à compter du 31 décembre.
La polémique est née avec l'exécution d'un condamné
à mort dans une prison californienne, le 14 décembre.
L'opinion américaine et européenne se mobilise pour faire
pression sur Schwarzenegger, qui peut gracier le condamné jusqu'à
la dernière minute. En vain.Le choc est rude à Graz, dont
les habitants ont toujours manifesté une fierté sans bornes
envers leur «fils prodigue». Des élus verts proposent
de débaptiser le stade Arnold-Schwarzenegger, et d'en revenir
à son appellation initiale, Liebenau. Voire «Stanley-Williams»,
en hommage au prisonnier défunt. La motion, soutenue par une
majorité du conseil municipal, doit être examinée
le 19 janvier prochain. Elle a toutes les chances d'être adoptée.
Honneur bafoué
Le Californien, humilié, décide alors de prendre les
devants. «Afin d'éviter de nouveaux embarras aux responsables
politiques de la ville de Graz, je retire avec effet immédiat
le droit d'utiliser mon nom en relation avec [ce] stade», écrit
le gouverneur au maire de Graz. Quant à la bague de «citoyen
d'honneur» qui lui avait été remise en grande pompe
en 1999, elle est «déjà à la poste»,
ajoute «Arnie». On ne badine pas avec son honneur bafoué.
Les Grazois sont battus à froid. «C'est une catastrophe,
tant sur le plan financier que pour l'image de Graz», déplore
le maire, Siegfried Nagl. La ville, située à 180 km au
sud de Vienne, retirait une notoriété mondiale de cette
filiation avec l'ancien «Monsieur Univers», émigré
aux États-Unis en 1968 et devenu célèbre pour ses
rôles au cinéma dans Conan le Barbare et Terminator.
Mais tout n'est peut-être pas perdu pour les inconditionnels du
«plus grand des Autrichiens». Celui-ci l'a promis : il reviendra
bientôt à Graz. Avec des intentions pacifiques ou belliqueuses
?
Source : Le Figaro, 23 décembre 2005
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