L’Empire contre l’humanité
Alliance militaire mondiale : Encerclement de la Russie et de la Chine
Les USA parrainent un partenariat
militaire en Extrême-Orient et dans la ceinture du Pacifique
par Mahdi Darius Nazemroaya, Global Research , 10 mai 2007
Bien que L'Australie, La Nouvelle Zélande,
Singapour, La
Corée du sud et Le Japon ne soient pas formellement
membres de l'Organisation du Traité de l’Atlantique nord (l'OTAN), ils
sont liés par des partenariats militaires, des accords intergouvernementaux,
un réseau de partenariats, et des accords militaires bilatéraux
avec les USA et La Grande-Bretagne.
La création d'une organisation parallèle
de type OTAN en Extrême-Orient et dans la ceinture du Pacifique fait
partie de la stratégie extrême pour créer une alliance militaire mondiale
unifiée. Ellen Bork, directrice
exécutif adjointe du Projet pour le nouveau siècle américain (PNAC) et
Gary Schmitt, un chercheur résident de l'institut américain d'entreprise
(American Enterprise Institute), ont préconisé la création d'un
réseau militaire en Asie semblable à l'OTAN dans un papier sur la Corée du sud écrit en décembre
2006.[1] Le PNAC est boîte à idées
(think-tank) US. Parmi ses membres on trouve Dick Cheney, George W.
Bush Jr., Richard Perle, Lewis Libby, Karl Rove, Zalmay Khalilzhad,
Richard Armitage et Paul Wolfowitz.
La militarisation du Japon
"Le Japon et les alliés de l'OTAN font face aux mêmes menaces."
(Jaap de Hoop Scheffer, sécrétaire général de l'OTAN)
Le Japon a progressivement amalgamé et harmonisé sa politique
militaire avec celle des USA et de l'OTAN. Le Japon est étroitement
lié bilatéralement et multilatéralement aux USA. Le Japon a été contrôlé
militairement par les USA pendant plusieurs années après la deuxième
guerre mondiale. En 1951 le gouvernement japonais a signé le Traité
de Sécurité Japon-USA. Cet accord a été élargi le 19 Janvier 1960 par
un autre traité bilatéral entre Le Japon et les USA.
Le Japon et La
Corée du sud sont également parties à un projet militaire
US de grande envergure impliquant le positionnement à travers le monde
de des systèmes de missile et de forces militaires rapides, conçu
pendant l'administration Reagan. Le projet militaire mondial a été avalisé
en Asie en tant que moyen de parer à la menace alléguée d'une attaque
de missiles nord-coréenne. La
Chine a été également identifiée comme justification
pour le développement d'une vaste alliance militaire, impliquant un
réseau militaire intégré en Extrême-Orient, en Asie du Sud-Est et
dans la ceinture du Pacifique.
Protestation contre la
Conférence internationale de donateurs pour la guerre
d’Irak, Tokyo, 2004
Le gouvernement japonais a également signé un second traité bilatéral
de sécurité avec L'Australie pour approfondir la sécurité et les liens
militaires [2]. L'Australie, sous le gouvernement de Howard,
est également fortement engagée dans des projets militaires dans la
région Asie-Pacifique et plus spécifiquement, dans le contexte d'une
politique d'encerclement, dans la militarisation des frontières orientales
de la Chine.
En janvier 2007, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a
fait une visite au QG de l'OTAN à Bruxelles, puis d’autres visites
pour rencontrer les dirigeants allemands et britanniques. Essentiellement,
c'était une visite à l'OTAN dans son ensemble et aux deux branches du
cœur de l'OTAN, l'entente franco-allemande largement représentée par
L'Allemagne et l'alliance anglo-américaine, représentée par la Grande-Bretagne et
les USA. Lors de ce premier voyage
d’un dirigeant japonais au QG de l'OTAN, le Premier ministre japonais
également promis que le Japon travaillerait étroitement avec l'OTAN
en Afghanistan. La poursuite de l’embargo sur les ventes d’armes
à la Chine par l’UE a été également
discutée[3]. En plus, le Japon a signé des accords
militaires de coopération avec l'OTAN.
En 1999, au moment de l’élargissement de l'OTAN et du déclenchement de
la guerre de l'OTAN contre La Yougoslavie, Le Japon
et les USA ont lancé un programme de recherche commun sur la défense
anti-missiles [4]. Le gouvernement japonais a également transformé son Agence de la
défense en un ministère à part entière, ce qui a constitué une
nouvelle infraction à la
Constitution japonaise. Le gouvernement japonais finance
également le déploiement des missiles Patriot PAC-3 et Aegis Standard
Missile-3 (SM-3). Le Japon a aussi permis l’accueil sur son territoire
d’installations de radars militaires US liées au projet mondial de boucliers
anti-missile [5].
Les responsables japonais veulent également réviser la Constitution japonaise
afin de permettre au Japon d’adhérer formellement à des alliances militaires
telles que l'OTAN. Les USA, L'Australie et l'OTAN ont largement appuyé
la détermination du gouvernement de Tokyo à militariser Le Japon.
Le gouvernement japonais viole franchement l'article 9 de la constitution
du pays, qui stipule que le Japon ne peut pas avoir de force militaire.
Il a lancé un processus pour modifier la constitution japonaise, qui préparerait
le terrain pour la formation formelle d'une force militaire au Japon.
Le Japon a déjà commencé à développer ses possibilités militaires et
ses forces armées. Ces démarches législatives ne visent qu’à légaliser
l’initiative en cours.
Le gouvernement japonais a mis en œuvre son programme de militarisation
malgré le fait que la majorité de citoyens japonais sont opposées à
la militarisation de leur pays. La législation qui permettra au gouvernement
japonais de réécrire la constitution japonaise est maintenant passée
au Parlement japonais. Selon le Premier ministre japonais cela permettra
au Japon de « repousser les limites à son autodéfense collective
et à ses possibilités de venir en aide à ses alliés en cas d’attaque. »
[6]
Une des 8 frégates de combat lance-missiles ANZAC de la marine australienne
L'Australie et le resserrement de l’alliance militaire dans le périmètre
Asie-Pacifique
L'Australie et Le Japon ont établi les liens
étroits de coopération militaire depuis la guerre froide. Des troupes
australiennes ont intégré des opérations et des missions militaires
dans l'Irak occupé par les Anglo-américains, aux côtés de soldats japonais,
classés dans la catégorie "personnel non-combattant."
L'Australie et son gouvernement, mené par le Premier ministre John Howard,
sont des membres de l'alliance anglo-américaine et sont partie prenante
de leur projet militaire mondial. Dès le départ, le gouvernement australien
a été associé à l'alliance anglo-américaine dans le déploiement de la
feuille de route militaire sous la bannière de « la guerre globale
contre le terrorisme ». Des troupes australiennes sont déployées
dans les Balkans, dans l’Irak occupé par les Anglo-américains, et en
Afghanistan, où l’OTAN est en garnison.
Le HMAS Tobruk, un transporteur multi-usages de la Marine australienne pouvant
acheminer 300 hommes et 18 chars Lepoard sur les théâtres de guerre
.
Les
forces militaires de Singapour s’entraînent en
Australie. Les forces spéciales australiennes opèrent aussi activement
en Asie du Sud-Est et la marine australienne a des navires positionnés
du Golfe Persique à la
Mer d’Arabie et au Pacifique. Depuis décembre 2003, l'Australie participe
à l’occupation de L'Irak, est associée au projet US de boucliers anti-missiles
et est un partenaire des USA dans la recherche militaire [7].
L'Australie
a également un rôle à jouer dans le défi militaire lancé à la Chine. L'Australie
a mis au point un pacte avec le Japon, qui établit les liens militaires
les plus forts avec un autre pays, après les USA. Simultanément, l'Australie s’est enfoncée encore
plus dans le camp anglo-américain avec la construction d’une nouvelle
base militaire US à Geraldton. Geraldton est en Australie Occidentale,
au-dessous de l'Indonésie et de la
Malaisie, et fait face à distance à l'Afrique de l'Est
et au Moyen-Orient. La nouvelle installation de Geraldton est sur les
rives australiennes du L'Océan Indien. Cette base militaire est sortie
de trois ans de négociations secrètes entre les gouvernements australiens
et US. On rapporte que la base militaire sera un relais important pour
un nouveau réseau des satellites militaires internationaux qui seront
employés par les USA et leurs alliés pour mener des guerres au Moyen-Orient
et en Asie [8].
« Je pense que l'accord vise vraiment un réalignement
de la sécurité en Asie orientale, en particulier avec la montée en force
de la Chine », a dit le chef
du programme de sécurité pour l’Asie du Royal United Services
Institute de Londres [9]. L'Océan Indien va être militarisé à cause
des tentatives chinoises d'assurer l’afflux et la sécurité continus
des approvisionnements chinois en énergie en provenance du Moyen-Orient
et d’Afrique.
Un des 6 chasseurs de mines Huon de la marine australienne
La Corée du nord, la Chine, et la Russie sont diabolisées pour
justifier l'intégration militaire croissante de l'Australie, du Japon
et de plusieurs autres pays d’Asie-Pacifique avec les USA et l'OTAN.
Isabel Reynolds, un correspondante internationale au Japon indique,
dans un article pour Reuters, que le durcissement de l’atmosphère
sécuritaire et militaire au Japon et en Australie vise la Chine et la Russie :
« Qu’il y ait ou pas une menace manifeste, le Japon et ceux qu’on
appelle les 'alliés littoraux’ [c’est-à-dire des pays comme les Philippines,
Taiwan et Singapour] dans la région doivent s’en occuper », a-t-il
[ l’analyste militaire Alex Neil ] ajouté.
Les essais nucléaires et de missiles de la Corée du nord l'année dernière une source d’inquiétude,
et le fait que la Chine
ait abattu un de ses propres satellites avec un missile balistique en
janvier [2007] ont suscité des craintes dans beaucoup de capitales.
« Nous ne sommes plus à une époque où le Japon ou l'Australie pouvaient
compter sur les seuls USA comme alliés », dit l’analyste militaire
Tetsuya Ozeki, qui dit qu’aussi bien la
Chine que la
Russie sont en passe d’atteindre une influence égale
dans la région. » [10]
Le Premier ministre australien John Howard a écarté la crainte que l'alliance
de dépendance entre l'Australie et Le Japon nuirait aux liens avec la Chine [11].
L’OTAN et les USA entreprennent des démarches agressives pour encercler la Russie et la
Chine. Ce sur quoi l'accord entre
l'Australie et le Japon (avec la démarche du gouvernement de
Tokyo pour modifier la constitution japonaise) débouchera, c’est
la formation d'un flanc oriental contre la
Russie et la
Chine et d'une alliance-soeur parallèle à l'OTAN.
Notes
[1] Ellen Bork &
Gary Schmitt, A NATO for Asia: Helping
South Korea despite itself, The Weekly Standard, December 11, 2006.
[2] Australia in Japan
security deal, British Broadcasting Corporation (BBC),
March 13, 2007. [3] Judy Dempsey, Japanese signal new
era in ties with NATO: Abe tells alliance it seeks security role, International Herald Tribune,
January 12, 2007.
[4] Japan’s
Cabinet approves joint missile project with US, Xinhua News Agency, December 24,, 2005.
[5] John C. Rood, International Missile
Defence: Challenges for Europe (Remarks to the 8th Royal United Services Institute (RUSI)
Missile Defense Conference, London, U.K., February 27, 2007).
[6] Japan moves to loosen
army’s role, British Broadcasting Corporation
(BBC), April 13, 2007.
[7] Rood, Remarks to the 8th RUSI, Op cit.
[8] Brendan
Nicholson, US
gets military base in Western
Australia, The
Age, February 15, 2007.
[9] Isabel Reynolds, Defence pact in focus as Australian PM visits Japan,
Reuters, March 10, 2007.
[10] Ibid.
[11] Howard backs Japan
security deal, British Broadcasting Corporation (BBC),
March 10, 2007.
Original Global Research
Mahdi
Darius Nazemroaya est un auteur indépendant basé à Ottawa et spécialisé
dans les affaires du Moyen-Orient. Il est chercheur associé au Centre
de recherches sur la mondialisation (Center for Research on Globalization).
Traduit de
l’anglais par Fausto Giudice,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial
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