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7 ème année - 21 Octobre 2007 - Courriel : redactionquibla@yahoo.fr

L’Empire contre l’humanité 

 

Bush: la Troisième Guerre Mondiale contre l'islamo-fascisme
Par Heinz Dieterich, Rebelión, 21 octobre 2007. Traduit par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice Tlaxcala.

1.     La menace de Bush et l'attaque-test du 6 septembre 2007

Dans une conférence de presse à la Maison Blanche (17.10), George W. Bush a menacé le monde de l'apocalypse d'une Troisième Guerre Mondiale. Pour l'empêcher, a t-il dit, il faut éviter que l'Iran développe des armes nucléaires. La menace de Bush survient à peine un mois et onze jours après l'attaque aérienne surprise de la Force Aérienne d'Israël (IAF) contre de prétendues installations nucléaires de Syrie à la frontière avec la Turquie (6.09).

Les caractéristiques de cette agression militaire, dans laquelle Israël n'a connu aucune perte propre, sont illustratives pour la future attaque de l'Iran. L'opération a été préparée avec les renseignements recueillis par le satellite d'espionnage israélien Ofek 7, dévié à cette fin de sa position d'observation de l'Iran. L'exécution a été réalisée par huit avions de combat F-151 et F-161 dotés de fusées et de bombes, dont les cibles furent précisées par des forces spéciales israéliennes en Syrie avec des rayons laser. La Maison Blanche était d'accord avec l'attaque et a fourni à l'attaché militaire aérien israélien à Washington les codes électroniques des avions usaméricains dans la zone, afin d'éviter un conflit. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a assisté à l'agression aérienne dans le centre d'opération qui l’a conduite. L'ambassadeur russe à Damas avait averti le Président syrien un mois avant l'attaque, mais avait suggéré que la frappe viserait les Hauteurs du Golan.

2.     L'Islam et le Mein Kampf d'Hitler

Pendant qu'Israël applique « son pouvoir de dissuasion récupéré » face à la Syrie, au Hezbollah et au Hamas – ce qui inclut son terrorisme d'État à Gaza et la mise en route de grandes manoeuvres offensives dans les Hauteurs du Golan - pour aplanir le sentier de la guerre contre Téhéran, la phalange impérial-sioniste usaméricaine intensifie la préparation psychologique de la population nationale pour la guerre annoncée. Le « Freedom Center » de David Horowitz, ex-membre de la « Nouvelle Gauche » des années 60, a appelé à une semaine de sit-ins et de « protestations » dans les universités nationales, « pour aider nos braves troupes qui combattent les Islamo-Fascistes à l'extérieur ». L'objet de ces protestations sera, entre autres, des centres d'étude sur la femme, parce qu'ils « se taisent sur l'oppression de la femme dans l'Islam » et la distribution de brochures comme « La Guerre de Jimmy Carter contre les Juifs » et le « Mein Kampf islamique ». Mein Kampf (Mon Combat, en français) est un pamphlet raciste et impérialiste qui fut écrit par Adolf Hitler en 1924 pour propager les objectifs et l'idéologie des nazis, et notamment son obsession pathologique sur la prétendue « conspiration juive pour dominer le monde », qui se désintéressait de la véritable essence du sionisme : s'identifier de manière élitiste comme partie du système de domination mondiale de l'Occident, contre les « barbares » de l'Eurasie.

3.     Le Mein Kampf du néo-fascisme actuel

Il y a quelques mois, Norman Podhoretz, l'actuel Conseiller de Politique Extérieure de Rudolf Giuliani, le futur candidat présidentiel du Parti Républicain aux élections de 2008, a exposé la pensée des chrétiens-fascistes qui prétendent combattre les « islamo-fascistes ». Dans une colonne d'opinion du Wall Street Journal, oppourtunément publiée dans le quotidien le plus important du grand capital mondial, intitulée « Les raisons de bombarder l'Iran. J'espère et je prie que le Président Bush le fasse » (30-5), Podhorez dit la chose suivante.

«Le 11 septembre 2001 nous sommes entrés...dans une nouvelle Guerre Mondiale que j'appelle la IVe Guerre Mondiale ». De même que la Guerre Froide, elle a ses « racines idéologiques et nous met face à l'islamo-fascisme, qui est une autre mutation de la maladie totalitaire que nous avons vaincu premièrement sous la forme du nazisme et ensuite du communisme; sa dimension est globale, il se combat avec une variété d'armes...et probablement durant des décennies ».

Les campagnes militaires en Afghanistan et en Irak ne doivent pas être considérées, par conséquent, comme des guerres autonomes, mais comme des « fronts ouverts dans les premières phases d'une lutte globale prolongée. Et il en est de même pour l'Iran. L'Iran est actuellement le « centre de l'idéologie islamo-fasciste, contre laquelle nous avons lutté depuis le 11 septembre et...le principal promoteur du terrorisme qui est l'arme privilégiée de l'islamo-fascisme. L'Iran est, pareillement, aussi un théâtre d'opérations dans la IVe Guerre Mondiale ». En outre, ses intentions de construire un « arsenal nucléaire en font l' élément potentiellement le plus dangereux de tous ».

La première priorité de l'Iran consiste, selon le président Mahmoud Ahmadinejad, à « effacer Israël de la carte ». Il veut aussi, « dominer le Grand Moyen-Orient et contrôler, de cette manière, le pétrole de la région et le flux du pétrole à travers le Golfe Persique ». Néanmoins, les « ambitions d’Ahmadinejad ne se limitent pas à la dimension régionale ». Il a un « rêve plus grand qui est l'extension du pouvoir et de l'influence de l'Islam sur toute l'Europe ». Et là va son rêve le plus grand: ce que Ahmadinejad décrit comme « un monde sans Amérique ».

Ahmadinejad est comme Hitler. Hitler n'était pas « un homme d'État conventionnel..., mais une révolutionnaire qui tenta de renverser le système international et de le remplacer par un nouvel ordre dominé par l'Allemagne, ce qu'a signifié aussi la culture politique du nazisme ». Ahmadinejad, tout comme Hitler, est « un révolutionnaire dont l'objectif est de renverser le système international et de le remplacer...par un nouvel ordre dominé par l'Iran et gouverné par la culture religieuse-politique de l'islamo-fascisme ». La voie des sanctions et la diplomatie ne servent à rien : « la vraie vérité est que, pour éviter que l'Iran développe un arsenal nucléaire il n'y a pas d'autre alternative que l'usage de la force, de même qu'il n'y avait pas d'autre alternative pour arrêter Hitler en 1938 ».

4.     Pétrole et démographie: les véritables motifs de l'attaque de l'Iran

Derrière ce discours propagandiste se cachent, bien sûr, les véritables raisons de la future guerre. Le point de vue d'Israël a été exprimé par l'ex vice-ministre de la Défense et membre de la Knesset, Ephraim Snehr, qui s'est référé au plus grand frein du projet expansionniste d'Israël, qui est sa faiblesse démographique. Personne ne va vouloir « vivre en Israël sous la menace nucléaire », a averti le général, et pour cela il faut détruire, si c'est nécessaire par les armes, le nouveau « Persian Empire » et ses ambitions nucléaires. 

Les intérêts de l'Occident ont été exprimés par Alan Greenspan, un des complices de l'agression usaméricaine, avec une parfaite clarté dans un entretien avec Bob Woodward, dans le Washington Post du 17 septembre 2007. « Mon point de vue est que, jugeant les trente années d'histoire de Saddam, celui-ci affirmait clairement qu'il allait contrôler le Détroit d'Hormouz par lequel passent quotidiennement 17,18, 19 millions de barils ». Selon Greenspan, la baisse du flux de l'ordre de 3 à 4 millions de barils par jour pourrrait élever le prix du baril jusqu'à 120 dollars. Et toute hausse au-dessus de ce seuil entraînerait le « chaos » dans l'économie mondiale. « Dans ces circonstances il était essentiel d'en finir avec Saddam » et sa destitution réussie « a permis d'assurer que le système [de marchés pétroliers] existant continue à fonctionner franchement, jusqu'à ce que nous trouvions d'autres [sources d'énergie] ce qu'en définitive nous parviendrons à faire ».

5.     Poutine: barrière réelle mais insuffisante contre l'agression

La Troisième Guerre Mondiale, ou comme le dit le maître allumé de Bush et Giuliani, la Quatrième Guerre Mondiale, sera pour le pétrole, le maintien de la soumission du Tiers Monde et la démographie d'Israël. La seule barrière réelle à l'agression de la phalange Bush-Olmert-Sarkozy-Merkel-Brown, a été la position courageuse du président russe Vladimir Poutine, non seulement quant à la dimension politique mais en ce qui concerne l'appui militaire.

Cet appui, néanmoins, n'est pas suffisant pour empêcher la guerre. Le gouvernement iranien n'aura pas d'autres voie que chercher une solution négociée. Et il doit la chercher rapidement.S'il ne comprend pas le temps qui lui reste et la corrélation de force réelle, il est très probable que sa « révolution islamique » finisse comme la « révolution socialiste » des partis Baath au Moyen-Orient: en ruines