![]() |
L’Empire contre l’humanité Irak-Iran-Afghanistan L’histoire ne nous pardonnera pas Par Nat HENTOFF, The Village
Voice, 28 août 2007. traduit par Boris Carrier, révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala Selon des fuites, un
rapport confidentiel de Si
jamais l’équivalent des procès de Nuremberg contre les criminels de
guerre devait avoir lieu contre les auteurs usaméricains des crimes
contre l’humanité à Guantánamo, en Irak et dans les prisons secrètes
de Alors que
le Congrès à majorité démocrate doit encore lancer une enquête sérieuse
sur ce que les législateurs européens savent déjà concernant les crimes
de guerre usaméricains, il a été fait état d’un rapport particulièrement
éloquent du Comité International de Mais
Jane Mayer de la revue The New Yorker dispose de sources qui
ont vu des comptes-rendus d’entretiens avec d’ex-détenus de prisons
secrètes. Dans son article « Les sites
noirs » (jargon des services secrets pour les prisons
secrètes, NdT), Mayer révèle aussi les effets sur nos tortionnaires eux-mêmes
des actes qu’ils commettent – sur ordre du président – pour « protéger
les valeurs américaines ».
Elle
cite un ex-agent de Mais
malgré cela peu d’Américains moyens ont changé de par ce que Si
une cour pénale internationale nous condamne un jour, nous, le peuple
(premiers mots de Nous
par contre avons le droit et la faculté d’obtenir du Congrès qu’il découvre
et révèle les détails des tortures et autres brutalités que la CIA a
infligés aux suspects de terrorisme en notre nom. Seul
un membre du Congrès, le sénateur démocrate d’Oregon Ron Wyden, s’est
obstiné pour enquêter sur la légalité des méthodes de Comme
le déclarait Jane Mayer à National Public Radio le 6 août, ce qu’elle
a découvert dans le rapport officieux de Mayer
exposa aussi le cas de Abu Zoubaydah, interrogé par Procès
de Nuremberg ou pas – et le Congrès continue de faire la sourde oreille
- , les futurs historiens qui se pencheront sur le mandat de Bush se
réfèreront certainement aussi au rapport de Human Rights First (Droits
humains d’abord) et Physicians for Social Responsability (Médecins en
faveur de la responsabilité sociale) paru en juillet sous le titre «
Leave No Marks: Enhanced Interrogation Techniques and the Risk of Criminality »(Ne
laissez pas de traces : techniques améliorées d’interrogatoire
et risque de criminalité) Le
rapport souligne que le décret de juillet du Président concernant les
interrogatoires par En
2002 le Ministre des Affaires Etrangères Colin Powell dénonça les notes
sur la « torture » et autres méthodes d’interrogatoire dans
des rapports à usage interne qui parvinrent à la Maison Blanche. Il
est regrettable qu’il ne nous ait pas informés par la même occasion.
Mais les objections de Powell avaient pour but de lui éviter de comparaître
au banc des accusés dans un éventuel futur procès international. Les
points suivants du droit usaméricain ont été bafoués par Avec
Le
rapport « leave no marks » inclut avec pertinence « Le
rapport poursuit que parmi ces droits fondamentaux auxquels se référaient
les Cours Suprêmes qui ont précédé se trouvent le droit à l’intégrité
de la personne et le droit à la satisfaction des besoins essentiels
ainsi que le droit à la dignité humaine fondamentale. Dans
la mesure où la conscience d’une majorité des membres de Carte
blanche des USA et de l'UE
1. La logique militaire et le prix du vainqueur conditionnent
la menace nucléaire impérialiste La
décision israélienne d'attaquer militairement l'Iran avant la fin de
l'année rend inévitable une frappe nucléaire ou, au moins, une menace
crédible de frappe. La double raison de cette logique est militaire
et géostratégique : a) ni Israël ni les USA n'ont la force conventionnelle
nécessaire pour étouffer la réaction belliqueuse régionale que générerait
leur agression contre l'Iran; b) le prix de cette guerre est le contrôle
de la zone géostratégique la plus importante de l'Eurasie, qui va de
2. Le scénario de l'attaque Le
scénario militaire est très clair. Israël essaiera de répéter les succès
historiques de ses forces aériennes (IAF), entre autres: la destruction
de l’aviation égyptienne en trois heures, durant la guerre de 1967;
la destruction, en peu de minutes, du réacteur nucléaire irakien « Osiraq »,
en 1981, par huit F-16; la destruction de la défense antiaérienne syrienne,
en peu de temps et pratiquement sans pertes propres, durant l'agression
du Liban, en 1982 et l'attaque de l'IAF contre des cibles syriennes
le 6 septembre 2007. La
capacité guerrière pour une telle attaque est très considérable. L’IAF
a près de mille avions et douze aéroports militaires; elle dispose de
fusées Jericho I, II et III, de courte et moyenne portée, certaines
avec la capacité de transporter des têtes nucléaires; elle utilise des
satellites spatiaux de reconnaissance et de communication propres et
des systèmes de missiles très avancés. L'attaque se dirigerait contre
trois installations nucléaires au sud de Téhéran - Natanz, Ispahan et
Arak-et, selon le Sunday Times, les pilotes ont effectué des vols d'entraînement
jusqu'à Gibraltar et essayé des tactiques d'attaque nucléaire. En plus
des avions de combat F-15L et F-16L qui peuvent être réapprovisionnés
en vol par des avions ravitailleurs, Israël peut utiliser des missiles
de croisière lancés depuis les sous-marins fournis par l'Allemagne,
et/ou les fusées Jericho. Finalement l’IAF a, sans doute, les meilleurs
pilotes du Moyen-Orient et l'expérience d'attaque de cibles à une distance
supérieure à celle de l'Iran, comme l'a démontré l'attaque du quartier
général de l'OLP à Tunis en 1985. 3. La frappe surprise Israël-USA-OTAN sera une réussite L'Iran
a considérablement amélioré ses capacités de défense militaire par l'installation
d'un système de renseignement optique dans des parties du Golfe Persique,
l'emploi d'un satellite spécial, le développement de fusées de courte
et moyenne portée et l'acquisition du système antiaérien russe TOR-M1.
Malgré tout, néanmoins, l'attaque surprise Israël-USA-OTAN, qui
pourra inclure la destruction du système de défense aérienne, des postes
de commandement militaire et des centres de communication les plus importants
du pays, sera sans doute une réussite pour les agresseurs et impossible
à contrer pour l'Iran. 4. La contre-offensive iranienne et la nécessité militaire
de l'option nucléaire impérialiste Avant
cette frappe initiale, le régime iranien peut diriger sa contre-offensive
vers trois cibles stratégiques. La première est la fermeture du détroit
d'Hormuz, au travers duquel passent plus de quarante pour cent des exportations
du pétrole mondial. Les prix du pétrole pourraient monter facilement
à 150 dollars, générant une récession économique mondiale. Les USA ne
pourront occuper avec des troupes terrestres le territoire de l'Iran,
nécessaires pour garantir les passagespar le détroit. 5. Israël a carte blanche pour une attaque nucléaire de
l'Iran Israël
est l'unique État qui peut agresser nucléairement l'Iran sans être condamné
unanimement par l'opinion publique mondiale. L'histoire de l'holocauste
nazi et les commentaires suicides de Ahmadinejad
et d'autres leaders iraniens à ce sujet, ont donné à l'élite sioniste
l’excuse du bellum iustum (guerre juste) préventif dont elle
avait besoin. Si l'Iran ne se soumet pas, cette élite ne laissera pas
passer cette occasion en or, pour démontrer aux pays limitrophes qu'il
défendra ses intérêts jusqu'à l'holocauste nucléaire. 6. Bush menace d’un holocauste nucléaire, Carter d’un « suicide »
de l'Iran Dans
un discours devant des vétérans de guerre, fin août, George W. Bush
a menacé directement l'Iran d'un holocauste nucléaire. « L'acharnement
actif de l'Iran à obtenir une technologie qui pourrait générer des armes
nucléaires menace de mettre une région déjà connue pour son instabilité
et sa violence, sous le spectre d'un holocauste nucléaire ». Bush
a ajouté : « J'ai autorisé nos commandants militaires »
à confronter « les activités meurtrières de l'Iran ». Nous
devons affronter « ce danger avant qu'il ne soit trop tard ». 7. Le dilemme de l'Iran L'Iran
se trouve dans une situation d'isolement politique et médiatique qui
rappelle celle de Saddam Hussein avant l'invasion de 2003. Bien sûr
que son pouvoir militaire, tant en termes conventionnels qu'asymétriques,
est très supérieur à celui de l'Irak d'alors, mais il est très douteux
qu'il se risque à utiliser les scénarios ébauchés, face à la menace
réelle d'une attaque nucléaire. Afghanistan: Rangin Spanta, l’homme de Berlin
à Kaboul, au centre d’une tornade Par german-foreign-policy.com , 28 septembre 2007. Traduit par Michèle Mialane et révisé par Fausto
Giudice Tlaxcala À
Kaboul le Parlement afghan est paralysé par de graves dissensions au
sujet du Ministre des Affaires Étrangères Rangin Dadfar Spanta * (Alliance
90/ Les Verts). Le ministre, qui a passé plusieurs décennies en exil
en Allemagne et continue à entretenir des liens étroits avec Berlin
est maintenu en poste Alliance
90/ Kaboul Le
Ministre des Affaires Étrangères, Dadfar Spanta, est au centre des discussions
parlementaires. Il est la cible d’attaques de la part du « Front
National Afghan », un groupe d’opposition plutôt hétérogène formé
d’ex- seigneurs de guerre de l’Alliance du Nord, de membres de la famille
royale et d’anciens cadres du Parti communiste. Dadfar Spanta
a passé plusieurs décennies à Aix-la-Chapelle (Rhénanie Nord -Westphalie)
où il est entré au parti Alliance 90/ les Verts, celui de l’ex-ministre
des Affaires Étrangères, Joseph (Joschka) Fischer. Le ministre afghan
est donc toujours membre de cet ex- parti de gouvernement, tout comme
Tom Koenig, l’administrateur onusien à Kaboul. Un duo qui garantit à
la diplomatie allemande à Kaboul une place de choix. Expulsés C’est
une décision du Ministre des Affaires Étrangères Dadfar Spanta qui a
déclenché la fronde au Parlement de Kaboul. Le ministre n’avait pas
empêché, au printemps dernier, l’expulsion hors d’Iran d’environ 50
000 réfugiés de guerre afghans. Ces gens contraints au retour « arrivent
dans un pays où le gouvernement est incapable d’assurer ne fût-ce qu’un
minimum des prestations nécessaires » dit le Dr Daud Miraki, un
sociologue de Chicago. « Ils n’ont pas de toit sur la tête, rien
pour nourrir leur famille, rien pour la mettre à l’abri. Leurs enfants
meurent de froid la nuit. » Le politicien vert Dadfar Spanta n’ayant
pas empêché l’expulsion, de violentes protestations se firent entendre.
Le 12 mai, le Parlement de Kaboul décida à une forte majorité d’exiger
sa démission. Les
« Allemands » de Karzaï Depuis
lors un bras de fer oppose Escalade
militaire Ces
dissensions politiques s’accompagnent d’une aggravation dramatique des
hostilités dans l’Hindoukouch. Peu avant la décision du Bundestag relative
à la prolongation de la présence militaire allemande en Afghanistan,
le Conseil de sécurité des Nations Unies a publié un rapport qui pointe
l’escalade des affrontements. (3) Certes l’ISAF a plus que doublé ses
effectifs, qui sont passés de 18 500 en juillet 2006 à 39 500 à ce jour,
et auxquels il faut ajouter les 10 000 soldats de l’opération Liberté
immuable (OEF) ainsi que plus de 40000 soldats de la
soidisant Armée nationale afghane. Cependant la rébellion ne cesse de
s’aggraver. Pour cette année les Nations Unies ont registré « 548
incidents par mois » soit à peu près 25% de plus que l’an passé
(« 425 incidents par mois »). Le nombre des attentats-suicides
a d’ores et déjà pratiquement atteint celui de l’année dernière toute
entière (126 attentats.) La
croisée des chemins « Selon
la plupart des observateurs, l’Afghanistan se trouve au début de l’année
2007 à la croisée des chemins », écrivait il y a neuf mois « l’Alliance
90 / Les Verts» dans une question au gouvernement fédéral.(4)Depuis
la situation s’est dégradée, non seulement sur le plan militaire, mais
aussi sur le plan humanitaire. Comme le dit le Dr Miraki dans son interview
à german-foreign-policy.com, le coût de la vie a augmenté de façon dramatique ;
c’est ainsi que le loyer mensuel d’une maison ordinaire est passé
dans la capitale de 50 $ US avant l’invasion occidentale à 1500 $
; un prix qui n’est à la portée que des nombreuses ONG étrangères présentes
ainsi que des membres de forces d’occupation et de leurs collaborateurs
de haut rang. Outre le nombre croissant des morts par suite de dénutrition,
Miraki, qui a effectué plusieurs voyages en Afghanistan depuis 2001,
déplore surtout le sort des orphelins de guerre. « Ils sont kidnappés
par des organisations criminelles », dit le sociologue « pour
être vendus à des pédophiles du monde entier ou à des entreprises militaires
des USA, à des fins d’abus sexuels ou de commerce d’organes. »
Selon Miraki, « les orphelins sont de fait les premières victimes. »
"Liberté immuable" ? Non, uranium appauvri Irradiés Miraki
tente de lutter contre les conséquences de l’emploi de munitions radioactives.
D’après lui les troupes d’occupation occidentales ont, depuis 2001,
déversé sur l’Afghanistan plus de 1200 tonnes de munitions à l’uranium
appauvri, contaminant ainsi des zones étendues du pays. Miraki a soigneusement
étudié les conséquences. Il fait état de malformations fœtales, de nombreuses
fausses-couches et d’un accroissement du nombre des cancers et autres
maladies graves- en particulier dans la région de Tora Bora, cible
à la fin de 2001 de bombardements massifs. En raison de la demi-vie
très longue de l’uranium - plusieurs milliards d’années (4,47 milliards
d’années environ pour l’uranium 238, un peu moins pour l’uranium appauvri.
NdlT), il est impossible de prévoir la fin du danger d’irradiation
en Afghanistan. La population du pays, dit Miraki, « vit pratiquement
sous le coup d’une menace de mort permanente. » Notes (1)
Les autres sont le Ministre de l’Économie, Jalil Shams, le Ministre
du Commerce, Amin Farhang, et le Ministre de l’Enseignement Supérieur,
Azam Dadfar. (2)
Dans : « (3)
United Nations General Assembly Security Council: The situation in (4)
Réponse du gouvernement fédéral allemand aux questions posées par Jürgen
Trittin, Kerstin Müller (Cologne), Winfried Nachtwei ainsi que d’autres
députés et la fraction ALLIANCE 90/ LES VERTS :
Qu’en est-il de la reconstruction et de la situation en Afghanistan ;
Bundestag, imprimé 5 - 16/312 du 06/09/2007 *Rangin Dadfar Spanta
Rangin
Dadfar Spanta est marié et père de deux enfants adultes dont l’un vit
à Berlin et l’autre à Cologne. Il possède la double nationalité afghane
et allemande. Il aurait dû renoncer à la seconde, car Le
Président Karzaï a convoqué l’ « Estere Mahkema ’ »
(Cour Suprême) pour soumettre la constitutionnalité de ce vote et la
légalité des modalités de la motion de défiance à la plus haute instance
juridique du pays. Jusqu’à cette décision Spanta- juridiquement contesté-
doit conserver son poste. Le 22 mai 2007 il a rencontré à Kaboul
Walter Steinmeier, le Ministre allemand des Affaires Étrangères. D’après wikipedia,
traduit par Tlaxcala |
|
|