Françafrique



L’armée française accusée de "crimes de guerre"
L’armée française aurait bombardé des villages

Le coordonnateur des Forces républicaines nouvelles (FRN, rébellion), Christophe Gazam-Betty a accusé, jeudi à Paris, l’armée française d’avoir commis des "crimes de guerre" début mars à Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, lors de son intervention aux côtés des Forces armées centrafricaines (FACA) contre la rébellion.
« L’armée française a bombardé des villages dans la région de Birao. Si ces actions avaient été perpétrées ailleurs qu’en Centrafrique, la France aurait déjà envoyé une enquête internationale », a déclaré M. Gazam Betty, lors d’un entretien accordé à la PANA.
"Il
s’agit d’actions qui appartiennent à la famille des crimes de guerre et qui doivent être déférées devant la Cour pénale internationale (CPI). Nous avons entre les mains des rapports onusiens très accablants à ce sujet", a dit le coordonnateur des FRN.

M. Gazam-Betty a dénoncé l’incohérence de la politique française en Centrafrique, rappelant que Paris avait refusé de répondre favorablement à la demande d’intervention militaire de l’ancien président Ange-Félix Patassé.
"Quand le président Patassé avait demandé en son temps l’application des accords de défense, la France avait refusé, lui conseillant plutôt d’ouvrir le dialogue avec ses opposants. Avec Bozizé la même France change d’attitude et engage son armée en Centrafrique", a fait remarquer l’opposant centrafricain, ancien ambassadeur de son pays en Chine.
Une information relayée par l’ONG Survie
"Les autorités françaises auraient dû imposer le dialogue à leur poulain Bozizé plutôt que de laisser bombarder des villages dans la zone de Birao", a-t-il ajouté.
Les accusations de la rébellion centrafricaine ont été relayées début avril à Paris par l’ONG française Survie qui estime qu’au bas mot, les forces françaises ont assisté sans rien faire aux représailles des FACA à Birao.
"Les commandos français agissent aux côtés des soldats centrafricains qui ont commis les exactions et Paris ne dit rien", s’est indignée Survie, réputée pour son engagement contre "la Françafrique".

La présence d’officiers français au sein de l’état-major des FACA et la nomination d’un conseiller militaire français directement rattaché au président Bozizé ont par ailleurs jeté le trouble sur le rôle exact des forces françaises en Centrafrique.
Source :
Panapress , 20 avril 2007

 

« La crise dans notre pays est endogène - le Général Omar BECHIR ne donne absolument rien aux résistants centrafricains » - Entretien avec Christophe GAZAM-BETTY, coordinateur des Forces Républicaines Nouvelles

 

 Christophe GAZAM-BETTY , pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?

Citoyen centrafricain, je porte le nom de Christophe GAZAM-BETTY. Marié, père de trois (3) enfants, j'ai exercé des responsabilités au sein de la haute fonction publique nationale, entre autres, en qualité de Ministre de la Jeunesse , des Sports et de la Culture ainsi que d'Ambassadeur de la Centrafrique auprès de la République Populaire de Chine.

Confronté à la déliquescence des structures de l'Etat dans mon pays, aux graves atteintes aux droits de l'homme, à la mise à mal des valeurs républicaines et démocratiques par la volonté du Général François BOZIZE et les thuriféraires de son régime, j'ai décidé avec plusieurs compatriotes d'entrer en RESISTANCE. A ce jour, j'assume donc la coordination des Forces Républicaines Nouvelles (FRN) plate-forme de concertation stratégique des organisations en lutte multiforme contre le régime au pouvoir à Bangui.

Quelle analyse faites-vous de la situation politique en République Centrafricaine ?

La République Centrafricaine traverse l'une des périodes les plus négatives et dangereuses de son histoire politique. Alors que les élections libres et transparentes de 1993 ont permis au pays de faire son entrée dans le cercle des Etats africains réellement en voie de démocratisation et engagés dans le combat exaltant de lutte contre la pauvreté et pour le développement ; la rébellion et le coup d'Etat du Général François BOZIZE du 15 mars 2003 a mis un terme à ce processus. Aujourd'hui, la situation qui prévaut en Centrafrique correspond à ce qu'on pourrait qualifier de retour à « l'ancien régime » avec ses corollaires : l'autocratie, les arrestations arbitraires des citoyens, les emprisonnements et tortures d'opposants politiques, la tribalisation de l'administration civile et militaire, la pratique de crimes massifs à l'endroit de populations civiles supposées hostiles au pouvoir, par exemple les incendies des maisons à Bangui, à Paoua, à Birao par les éléments paramilitaires de la sécurité présidentielle, le musellement des organisations syndicales et des partis politiques de l'opposition par la terreur et la violence physique, le règne de la prédation économique et financière au plus haut sommet de l'Etat.

D'autre part, l'Etat centrafricain n'existe que de nom. Notre pays a perdu le peu qui lui restait de souveraineté nationale avec la rébellion et le coup d'Etat du 15 mars 2003. Depuis cette date, la République centrafricaine est occupée par des forces armées étrangères conventionnelles et non-conventionnelles, la gestion politique du pouvoir se fait en dehors du peuple centrafricain. C'est au sein d'un réseau impliquant des responsables politiques et militaires des pays tels que le Tchad, le Gabon, le Congo, la France , etc. que le présent et l'avenir de la Centrafrique se décident !

Ainsi, les Centrafricains assistent désabusés et inquiets à une régression totale des acquis des luttes démocratiques et patriotiques des années 90. En 4 années de règne, le Général BOZIZE a fait 10 fois pire que tous les précédents présidents réunis.

Que dites-vous de l'accord signé à Birao entre le régime de Bangui et les rebelles ? Beaucoup pensent que cet accord est sans lendemain.

La Résistance nationale s'est fait violence pour cet accord militaire qui est un compromis opératoire et non un accord de paix. Les responsables de la Résistance ont voulu par cet acte donner la possibilité au pays pour le démarrage du dialogue politique global et inclusif sous une médiation internationale.

Malheureusement, à la lumière des dernières informations en notre possession, il semble que le Général BOZIZE et ses plus proches conseillers claniques envisagent seulement d'utiliser cette signature d'accord à Birao comme preuve virtuelle de leur « bonne volonté » auprès de la communauté internationale. Ceci dans le but inavoué de desserrer l'étau des pressions de plus en plus fermes de cette dernière sur leur régime. Mais ce que semblent oublier le Général BOZIZE et les siens, c'est que certains membres de la communauté internationale commencent à s'impatienter et ils n'entendent plus faire l'impasse sur les responsabilités directes du régime dans les derniers crimes de guerre à l'encontre de populations civiles commis particulièrement à Paoua et à Birao.

Je voudrais aussi faire remarquer que depuis la signature de l'accord de Birao, aucun acte concret, comme par exemple la libération des membres de la Résistance emprisonnés à Cotonou (Bénin) ou encore l'annonce d'ouverture officielle du dialogue politique n'a été posé par les tenants du régime. Donc, chacun en tirera les conséquences. Ce qui est sûr et certain, la Résistance ne peut envisager le désarmement de ses unités combattantes qu'après le dialogue politique et la mise en application des mesures globales qui seront collégialement retenues, notamment la présence des troupes étrangères, les réformes institutionnelles en vue d'une re-légitimation du pouvoir, les conditions d'une gouvernance transparente et équitable, etc.

Enfin, il est important de retenir que les accords de Syrte comme ceux de Birao n'ont pas abordé les fondamentaux de la crise nationale c'est-à-dire les problèmes liés à la gestion de l'Etat et de la nation centrafricaine. Ceci pour vous dire que l'entrée légitime en résistance armée ne se résume pas en termes de solution par le règlement des problèmes catégoriels, à savoir les distributions de galons aux soldats, l'énoncé d'une amnistie, les embrassades et le partage de pot de l'amitié. L'accord de Birao n'est qu'un premier pas, une ouverture, il faut donc bien se garder d'abuser de la presse en parlant d'accord de paix. C'est une fois de plus, une manipulation médiatico-politicienne du Général BOZIZE.

La politique du « ralliement/étouffement » des leaders de l'opposition politique et militaire pratiquée depuis longtemps au Tchad par le président Idris DEBY semble être aujourd'hui l'option stratégique adoptée par le Général BOZIZE. C'est dans ce sens qu'en signant ces deux accords militaires il pense pourvoir se tirer d'affaire face à la Résistance nationale. Mais, c'est une grave erreur de sa part. La Centrafrique n'est pas le Tchad même si ces deux pays ont des liens humains et historiques séculaires.

Lors de sa visite à Bangui, le secrétaire général adjoint des nations unies a tiré la sonnette d'alarmes sur les conditions de vie des habitants du nord, notamment de Paoua qui vivent dans la brousse comme des animaux sauvages,quelle est votre réaction à ce sujet ?

La situation décrite tant à Bangui lors de sa conférence de presse que dans son rapport de mission fait au siége des Nations Unies à New York par Monsieur John HOLMES, Secrétaire général adjoint de l'ONU est le condensé du bilan du régime de BOZIZE. C'est le résultat de ce que certains intellectuels et hommes politiques aveuglés par les attraits du pouvoir ont qualifié abusivement de « sursaut patriotique » ou encore de « libération » du 15 mars 2003. Le régime instauré en Centrafrique depuis plus de quatre années est le plus pire en terme d'atteintes graves aux droits de l'homme qu'ait connu le pays. Que de succession d'actes criminels, de crimes de guerre ! La communauté internationale a manqué de discernement et de vigilance à l'égard de ce régime issu d'un coup de force. Le despotisme et la mise au pas de toute opposition démocratique, l'acquisition de grandes quantités d'armes de guerre et la militarisation outrancière du régime grâce aux maigres ressources financières du pays, dont les crédits, aides et dons accordés par cette même communauté internationale n'ont suscité aucune indignation. L'aggravation de la paupérisation des populations ajoutée à la dissémination d'armes de guerre par le régime à travers tout le pays a transformé la Centrafrique en une véritable poudrière.

Le Collectif des Officiers Centrafricains Libres, organisation membre de la Résistance nationale, par la voix de son porte-parole, le commandant HASSANE Justin a demandé dans un Communiqué rendu public au mois de février dernier qu'un embargo sur les armes en Centrafrique soit décrété par l'ONU. Hélas, cet appel venant d'un officier supérieur centrafricain est demeuré lettre-morte. On préfère continuer à nous parler d'une prétendue conséquence de la « guerre du DARFOUR » sur la Centrafrique alors que la crise dans notre pays est endogène et que le Général BOZIZE et ses différents soutiens extérieurs en sont la cause et la solution. Ce que l'on ne veut pas voir ou dire sur la crise actuelle en Centrafrique au niveau de la Communauté internationale, c'est que toutes les unités combattantes de la Résistance nationale se sont servies et continueront de se servir dans les multiples dépôts d'armes de guerre disséminés sur l'ensemble du territoire national par le Général BOZIZE et non au DARFOUR où le Général Omar BECHIR ne donne absolument rien aux résistants centrafricains.

Ne pas contraindre les autorités centrafricaines à la bonne gouvernance c'est porter la responsabilité de la grave crise sécuritaire et humanitaire qui sévit dans toute la partie Nord-Ouest et Nord-Est du pays. D'ailleurs certains faits et actes posés par les hommes de la sécurité présidentielle relèvent du crime de guerre dont le Général BOZIZE et son neveu le « BOUCHER DE PAOUA » le capitaine NGAÏKOSSET devraient répondre. Que l'ONU diligente dans ces régions une enquête internationale indépendante avant de venir parler du DARFOUR qui n'a rien à voir avec la crise Centrafricaine. Que les autorités françaises qui donnent l'ordre à leurs avions de guerre Mirage ainsi qu'à leurs commandos spéciaux de bombarder et de ratisser la région Nord-Est fassent au moins preuve d'un peu d'humanité en prenant le devant de l'assistance humanitaire à Birao mis à feu et à sang pour sauver le pouvoir inique du Général BOZIZE. D'autant que ce dernier ne se gène pas pour dire à qui veut l'entendre qu'il jouit du soutien sans faille des autorités françaises actuelles.

Doit-on envisager le départ du Bonuca,comme le préconisent certaines ONG ?

L'institution en elle-même n'est pas si mauvaise que cela. Même si son budget de fonctionnement aurait mieux servi pour le règlement de vrais problèmes sociaux tels que la réhabilitation et/ou fournitures en matériels de centres de santé rurale, des établissements scolaires ou encore le paiement d'arriérés de salaires des agents de l'Etat, de bourses des étudiants, plutôt que de nourrir des fonctionnaires internationaux qui vivent à Bangui dans l'opulence ostentatoire et franchement insultante pour la grande majorité des Centrafricains.

Le séjour si prolongé à Bangui du Général sénégalais Lamine CISSE qui est à la tête du BONUCA depuis fort longtemps a fini par devenir contre productif. En effet, ce dernier a atteint un niveau de proximité, d'intimité et finalement de complicité avec quasiment tous les principaux acteurs politiques et militaires nationaux et étrangers de la crise centrafricaine, ceci est particulièrement si vrai avec le Général BOZIZE ; qu'il n'a plus la lecture objective des situations d'où ses rapports partisans. Il faut redéfinir les objectifs et la mission du BONUCA et procéder à la rotation de ses fonctionnaires au plus haut niveau sans humilier qui que ce soit. Il y'a de l'usure. L'ONU à travers le BONUCA doit être plus vigilent sur l'intégrité de ses représentants tout comme sur leur manière d'être et de faire en matière de relation avec les autorités gouvernementales ainsi que toute la classe politique et sociale de notre pays.

Que préconisez-vous pour une sortie de crise dans votre pays ?

Pour qu'enfin on retrouve le chemin de la paix, de la légitimité du pouvoir, de la stabilité des institutions et de la relance du processus de développement, seul le dialogue Inter-Centrafricain où les vrais problèmes militaires et politiques de la Centrafrique peuvent être posés avec des propositions de solutions dans un cadre consensuel. Ce dialogue ne pourrait atteindre pleinement ses objectifs que s'il est accompagné fortement par la communauté internationale à travers un mécanisme de parrainage en rupture avec les exemples du passé. Lesquels si l'on s'en tient aux faits ont tous échoués. D'autre part, si nous voulons sortir la Centrafrique de la crise, il nous faut ensemble construire une Nouvelle République sur des bases citoyennes et patriotiques. Une République acceptée et partagée par toutes les forces vives du pays.

Avez-vous un message à faire passer ?

Mon message est simple. Le Général BOZIZE doit résolument se mettre à l'écoute du peuple souverain de Centrafrique et arrêter de vassaliser le pays à ses prétendus protecteurs, particulièrement le président du Tchad Idris DEBY. Il serait plus crédible et véritablement honorable pour lui de se vanter du soutien des populations centrafricaines, des officiers et hommes de troupe des Forces armées nationales (FACA) plutôt que de l'appui toujours éphémère des dirigeants d'autres Etats, de corps expéditionnaires du Tchad, du Gabon, du Congo ainsi que de commandos spéciaux français et des mercenaires étrangers qui le portent à bout de bras.

Au peuple centrafricain, je lance un appel pour un soutien actif et multiforme à la Résistance nationale. Qu'il sache que ses filles et ses fils des unités combattantes qui se battent sur le terrain ont besoin de sa compréhension et de son adhésion. Nous luttons pour la re-fondation de la République et non la politique du ventre. Le 15 mars 2003 et sa suite constituent un accident dans notre histoire nationale. C'est pourquoi, nous avons le devoir absolu de refermer très vite cette parenthèse.  

Propos recueillis par Adrien de Serges G Poussou  pour centrafrique-presse, 19 avril 2007

 

Blocage de l’accord de paix entre le gouvernement et les rebelles


Un point de l’accord de paix signé récemment entre le président centrafricain François Bozizé et les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) le 13 avril à Birao, a bloqué la mise en application effective de tout l’accord, selon une information en provenance de Bangui mercredi. Michel Djtodjia et Abakar Sabone, respectivement président de l’UFDR et porte-parole du mouvement rebelle, sont toujours en prison à Cotonou au Bénin.
Les deux chefs rebelles avaient été arrêtés le 24 novembre 2006 à Cotonou suite à une commission rogatoire provenant du procureur de Bangui. L’accord du 13 avril à Birao stipule pourtant que les deux chefs rebelles doivent être libérés.
La demande de liberté des autorités centrafricaines, il y a quelques mois, est restée sans suite à Cotonou et aucune autre démarche n’a été entreprise entre temps par le pouvoir de Bangui. Du coup, les chefs rebelles qui ont signé l’accord du 13 avril menacent de saboter ledit accord si leurs chefs ne sont pas libérés.
Source :
centrafrique-presse

 

Hémorragie des cadres et déliquescence accélérée du pouvoir de Bozizé

 


Le général Bozizé

Le régime de Bozizé est réellement en train de vaciller non pas seulement et forcément sous les coups de boutoir assénés par la résistance armée de l’UFDR et de l’APRD mais par un propre phénomène d’auto-destruction suicidaire en somme, des principaux piliers du régime bozizéen en place depuis la fameuse « transition consensuelle » au lendemain du coup d’état du 15 mars 2003. La preuve ou la manifestation en date de cette situation est le prétexte offert par le décès le lundi 16 avril à Paris du secrétaire général de la présidence Charles Hervé Wénézoui, l’une des têtes pensantes du pouvoir bozizéen. Certains piliers du régime Bozizé qui ont cru devoir prendre part aux travaux du comité préparatoire des obsèques ont fait l’objet de menaces de la part de « gbaya boys » armés et excités à tel point que Bozizé lui-même a dû donner discrètement des instructions pour la protection de certains dignitaires.
 Depuis quatre mois où ce dernier, gravement malade, avait été évacué à Paris, non seulement son poste est resté vacant car aucun intérimaire n’a été désigné mais le directeur de cabinet de Bozizé Jean Eudes Téya, le ministre de la communication Karim Meckassoua, tous deux ministres d’état ainsi que le directeur administratif et financier à la présidence Gilbert Bomayako, ont été soupçonnés et même accusés par le clan bozizéen de l’avoir envoûté. Aussitôt la nouvelle de la mort de Wénézoui connue, à l’exception de Karim qui était déjà arrivé à Paris trois jours plus tôt, Jean Eudes Téya et Gilbert Bomayako ont juste eu le temps se mettre à l’abri car quelques énergumènes très excités du clan bézambéen voulaient les agresser. Depuis lors, ils ne peuvent plus mettre pied à leurs bureaux au palais présidentiel. En clair, Bozizé n’a plus de dircab, ni de SG ni de DAF à la présidence. Plus grave, les deux ministres d’état Karim Meckassoua et Jean Eudes Téya n’étaient pas au courant du départ à Birao de Bozizé le vendredi 13 avril où il devait rencontrer Zakaria Damane pour signer un accord de paix avec l’UFDR.
S’agissant de Karim Meckassoua, son domicile sis au quartier Sambo au Km5 a été fouillé en règle le mardi 17 avril par le procureur de la République accompagnés de deux véhicules bourrés de gendarmes et de militaires. Bangui grouille actuellement de rumeurs de toutes sortes le concernant. D’aucuns disent qu’il aurait fui le pays pour la France ; d’autres prétendent qu’il serait parti officiellement pour des soins médicaux en France. Une chose est sûre, il avait réuni ses collaborateurs du ministère de la communication le matin du jour de son départ de Bangui, pour les informer de son départ. Il leur a également dit que c’était par hasard qu’il avait appris que Bozizé allait partir à Birao le lendemain.
On a ainsi la preuve que Bozizé n’a plus confiance en ses deux ministres d’état. Tout indique qu’il a goupillé son projet et le programme de signature de l’accord de paix avec l’UFDR à Birao dans le plus grand secret avec juste les membres de son clan tout en excluant ses proches collaborateurs officiels que sont les ministres d’état Téya et Meckassoua. Tout un chacun, surtout les intéressés, peut en tirer les conclusions qui s’imposent d’une telle situation. Pourtant il n’y a pas si longtemps le 15 mars dernier, à l’occasion de la commémoration du quatrième anniversaire de son coup d’état, Bozizé s’en était retourné à Sido flanqué de Anicet Parfait Mbay actuel ministre des transports et Karim Meckassoua, qui y allaient chacun de son bon souvenir en vantant les circonstances de la rébellion et de leur arrivée au pouvoir dans les conditions que l’on sait. Parti en mission à Libreville avant la disparition de Charles Hervé Wénézoui, le retour au bercail de Parfait Mbay est attendu avec impatience. Fera-t-il aussi l’objet d’une agression par les excités du clan bozizéen, lui qu’on taxe d’être un ministre « rebelle ».
Après l’éjection du pouvoir de son ancien ministre délégué aux affaires étrangères, ex conseiller en communication et porte parole Guy Moskit, en France depuis plusieurs mois, Karim Meckassoua vient aujourd’hui le rejoindre à Paris. Edouard Franck, conseiller juridique de  Bozizé qui se trouvait également en France depuis plusieurs semaines officiellement pour raisons de santé, a demandé un asile politique auprès de l’OFPRA qu’on lui a refusé. La question se pose de savoir pourquoi tous ces dignitaires du régime bozizéen quittent-t-ils le navire à cette fréquence et maintenant ? Bozizé a du souci à se faire !

Source : centrafrique-presse

Document

L'accord de paix de Birao : texte intégral

 

L'ACCORD DE PAIX DE BIRAO: TEXTE INTEGRALAccord de Paix
Entre
Le Gouvernement de la République Centrafricaine
Et
Le Mouvement Politico-Militaire ci-après :
Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR)

Préambule

Considérant les dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies, de l'Union Africaine, de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) et des résolutions nationales relatives au règlement pacifique des conflits, notamment les recommandations fortes du Dialogue National et le Code de Bonne Conduite ;

Conscients de la nécessité du dialogue pour l'instauration d'une paix durable sur l'ensemble du territoire national, condition essentielle à la reconstruction du pays et à l'édification de la démocratie ;

Résolus à consolider l'Etat de droit, la bonne gouvernance, ayant pour corollaire le progrès social, le plein exercice des libertés fondamentales dans les conditions fixées par la Loi ;
Considérant la volonté constante de son excellence, le Général d'Armée François Bozizé, « Président de la République? Chef de l'Etat, réitérée dans son discours à la nation le 31 décembre 2006, de promouvoir la tolérance, le dialogue et la réconciliation de tous les fils de Centrafrique ;

Le Gouvernement de la République Centrafricaine et l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement conviennent de ce qui suit :

Art. 1er : L'arrêt immédiat des hostilités et l'abstention de tout acte militaire ou tout autre forme de violence, et l'arrêt de toutes campagnes médiatiques de nature à nuire aux efforts visant à faire prévaloir l'esprit de fraternité et de concorde.

Art 2 : Le cantonnement des troupes de l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement dans un endroit sur le territoire national à convenir entre les deux parties en attendant leur intégration dans les rangs des forces de défense et de sécurité, ou leur réinsertion dans la vie civile.

Art 3 : La mise en place d'un programme urgent et prioritaire de :

Création de conditions de réhabilitation des combattants de l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement et leur intégration dans les rangs des forces de défense et de sécurité et des formations paramilitaires conformément aux textes en vigueur ;

2. Réhabilitation dans leurs droits des militaires centrafricains radiés et des fonctionnaires civils de l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement dans leur formation et cadre d'origine ;

3. Création de conditions de retour, de réinstallation et de réinsertion des personnes déplacées à cause du conflit.

Art4 : La libération des prisonniers politiques et la proclamation de l'amnistie générale à l'endroit des militaires et des combattants centrafricains de l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement.

Art5 : La participation de l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement à la gestion des affaires de l'Etat, dans un esprit de réconciliation et conformément aux dispositions de la constitution.

Art 6 : L'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement s'engage à renoncer définitivement à la lutte armée comme forme d'expression.

Art 7 : Les parties signataires mettent en place une commission de suivi de l'application du présent Accord. La Commission de suivi de l'application du présent Accord peut faire appel à toute personne qualifiée susceptible de l'éclairer.

Art 8 : En cas de divergence de vues sur l'application du présent Accord, l'une ou l'autre des parties peut faire recours au Conseil National de la Médiation. En cas de persistance de la divergence de vues malgré les efforts de la médiation nationale, l'une ou l'autre partie peut faire recours au Président du Comité AD HOC sur les questions centrafricaines, son Excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba,, Président de la République du Gabon dont le compromis s'impose à tous.

Art 9 : En cas de violation flagrante et délibérée, dûment constatée, des dispositions du présent Accord, imputable à l'une des parties, l'autre partie se désengage de toute application.

Art 10. : Le présent Accord de Paix entre en vigueur dès sa signature.

Il est ouvert à la signature de tout groupe, mouvement ou individu qui y adhère et accepte formellement toutes ses clauses.


Pour le Gouvernement de la République Centrafricaine
Général NDOUGOU Raymond
Préfet de l'Ouham Pende

Pour l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement
Zacharia Damane
Conseiller municipal à gordil

Source : http://centrafrique.over-blog.com/