Coups de dent -
Le blog de Ayman El Kayman
Chronique
satirique hebdomadaire sur l'actualité politique française et mondiale

Mardi 9 octobre 2007
N°
49 - Adieu le CNR, vive la CLCF !

CNR = Conseil National de la Résistance (1945)
CLCF = Commission pour la libération de la croissance française (2007)
Je ne peux que vous encourager à lire le programme du CNR que vous
trouverez ici.
Je reçois de la liste de diffusion du site http://desmotscratie.net ceci :
[ Desmotscratiquement transmis par Alain,
co-listier.
ça
tient en 538 mots, titre compris. C'est précis et sans langue de bois.
la feuille de route du gouvernement est décryptée par Denis
Kessler dans une chronique paru dans la rubrique opinion du
magazine économique Challenges du 4 octobre. Ancien vice-président du
MEDEF (l’ancien Conseil national du patronat français), il est président
du groupe Scor (réassurance) depuis le 4 novembre 2002.C'est enfin lâché, mis explicitement sur
la table : le programme "ambitieux" de réformes tous azimuts
lancés par le gouvernement de Sarkozy "possède une profonde unité"
quand bien même "les annonces successives des différentes réformes
par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant
elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses
: statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte
de la Sécurité sociale, paritarisme...IL
S'AGIT NI PLUS NI MOINS DE :"sortir aujourd'hui de 1945, et de
défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" ]
Voici l’appel au combat de Môssieu Kessler, « sans tabou »
Le modèle social français est le pur produit du Conseil national
de la Résistance.
Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est
grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.
Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !
Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement
peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées,
d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction
publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité
à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez
tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle
est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement
le programme du Conseil national de la
Résistance !A l'époque se
forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce
programme est un compromis qui a permis aux premiers que la
France ne devienne pas une démocratie populaire, et
aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques»
- et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques
acquises.Ce compromis, forgé aune période
très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les
chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit
le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale,
le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif
et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être
nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité
syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal
pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à
contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est
à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet
plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques,
sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre
nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.Le
problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur
donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte.
Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer
apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux
qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité
et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent
à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.Il
aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition
du parti communiste, la relégation de la
CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique
du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse
envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas.
Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit
tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans
cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle
génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères
fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.
Source :http://www.challenges.fr/opinions/1191448800.CHAP1020712/adieu_1945_raccrochons_notre_pays_au_monde_.html
Et comme les habitants de la Douce France risquent
de ruer dans les brancards devant ce programme de "défaisage",
il s’agit de s’assurer un contrôle des médias, du moins de ceux qui
peuvent être contrôlés. Et voici donc le second document de la semaine.
Nicolas Sarkozy corrompt publiquement de grands éditorialistes
Après avoir dénoncé la censure qui frappe toute critique du président
Nicolas Sarkozy, les syndicats de journalistes se sont indigné des diverses
fonctions honorifiques et missions rémunérées offertes par le président
de la République
à onze chroniqueurs influents des grands médias.
• L’ancien courtisan de François Mitterrand, Jacques Attali, éditorialiste
à l’hebdomadaire l’Express, a été nommé président de la commission pour
la « libération de la croissance française »
• George-Marc Benhamou, confident officiel l’ancien président Mitterrand,
éditorialiste au quotidien Nice Matin et chroniqueur au quotidien La Provence, a été nommé «
conseiller pour la culture et l’audiovisuel » du président de la République.
• Jean-Louis Bourlanges, chroniqueur
sur la radio France Culture, a rejoint le « Comité de réflexion sur
la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Guy Carcassone, chroniqueur à l’hebdomadaire
Point, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le
rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean-Claude Casanova, fondateur de la revue Commentaire,
éditorialiste associé au quotidien Le Monde, a rejoint le « comité
de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions
de la Ve République »
• Jean Marie Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde,
chroniqueur politique sur France Inter le vendredi matin, et animateur
de l’émission « Face à face » sur la chaîne de télévision Public Sénat
a accepté une mission officielle de trois mois sur la réforme des conditions
d’adoption.
• Olivier Duhamel, chroniqueur sur France Culture, a rejoint le
« comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions
de la Ve République
»
• Yves de Kerdel, éditorialiste au quotidien
Le Figaro et chroniquer à la radio économique BFM, a rejoint
la commission pour la « libération de la croissance française »
• Éric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, a rejoint la
a commission pour la « libération de la croissance française » • Myriam
Lévy, qui suivi la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro, a été
nommée conseiller en communication du Premier ministre.
• Catherine Pégard, rédactrice en chef
du service politique de l’hebdomadaire Le Point, a été nommée conseiller
politique du président de la République.
Par ailleurs,
• Marie Drucker, présentatrice du journal télévisé de France 3,
est l’épouse d’un député et ancien ministre.
• Christine Ockrent, animatrice de l’émission « Duel sur la 3 »
sur France 3, est l’épouse du ministre des Affaires étrangères
• Béatrice Schoenberg, présentatrice du journal télévisé de France
2 est l’épouse du ministre de l’Environnement.
À l’inverse
• Laurent Solly, ancien chef de cabinet
de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, a rejoint la direction
de la principale chaîne de télévision TF1.
Source : http://www.voltairenet.org/article151925.html,
4 octobre 2007
Bref, vous l’avez compris, chers amis de France, il va vous falloir
commencer à prendre des dispositions pour une nouvelle…Résistance !
Bonne semaine, quand même !
Que la Force
de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !
|