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Tribune |
Du foyer national en tant que don du destin : le 'retour dans la patrie', dans la contradiction entre 'vaquer' et 'coloniser'par Ariella Atzmon, 2 avril 2006. Original : http://peacepalestine.blogspot.com/2006/04/ariella-atzmon-homeland-as-gift-of.html Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de TLAXCALA le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft. La question, inspirée par les "Elucidations de la poésie d'Holderlin" de Heidegger [1], et qui doit être posée, est celle-ci : "Que faut-il entendre, par 'installation' ? Par 'possession d'un territoire' et 'colonisation', ou encore par 'venir pour rester' en un lieu, à travers le fait de le fréquenter ? » Le fait d'arriver dans sa patrie, d'y rencontrer les paysans, c'est-à-dire ceux qui évoluent sur le même sol natal, voilà qui devrait être fait avec « précaution », avec « soin ». Heidegger a insisté sur la proximité qui existe entre la notion poétique inhérente au verbe 'habiter' et le nom 'soin ', comme dans l'_expression « le soin du retour chez soi ». Heidegger affirmait qu'habiter et bâtir, ça n'est pas la même chose ! « Habiter », cela signifie devenir plus proche de la nature de quelque chose qui a à voir avec la nature du mot « domicile ». L'existence des êtres humains subsiste dans la nature du fait d'habiter. Habiter ne signifie pas occuper une maison ou une loge. Habiter implique la nature mortelle des êtres humains qui vivent temporairement dans le monde afin de révéler l'immortalité du ciel et de la terre. Une vie qui se déroule quelque part est importante pour celui qui bâtit, tout en conservant, avec une modestie attentionnée et douce, la respiration de traditions passées, en se souciant d'un futur qui approche. La notion d'installation, en tant que refuge, qu'abri, en tant qu'aspiration à vaquer, est totalement niée par la notion inhérente au mot « colonisation ». Se rendre maîtres d'une terre en y érigeant des colonies nullement destinées à cultiver ni à élever quelque animal que ce soit, mais uniquement afin de déclarer une présence juive et une détention de la terre, contredit ce qui est censé être signifié par 'habiter'. Dès l'origine, la colonisation sioniste a été marquée par « le mirador et les piquets » [2], c 'est-à-dire par la manifestation d'un fait accompli. L'appel sioniste au « rachat » [au sens de rédimer] des terres de la Palestine était un abus agressif d'une volonté de s'installer. Les terres appartiennent à ceux qui y vivent. Par conséquent, l'utilisation du terme « rachat » était fallacieuse, dès le début. Le rachat : de quel péché ? Le rachat : à qui ? Sous le slogan « faire fleurir le désert », le sionisme a défini le lieu comme un désert, et il a, de ce fait, totalement ignoré les villages, les villes et les gens qui vivaient déjà là. La joie du retour ne saurait s'accomplir simplement parce qu'on arriverait aux rives de sa propre naissance tribale. Un retour chez soi authentique devrait trouver un écho dans les mutations incommensurables que le lieu a connus. Dans son poème « Retour / (dédié) à des êtres chers », Hölderlin médite sur le fardeau du retour chez soi : « Ce que vous cherchez est tout proche, vient déjà à votre rencontre », mais. le fait de rentrer chez soi n' a pas encore été atteint, du simple fait que vous y soyez arrivé. Si un lieu est habité par les gens que vous aimez, ce lieu n'en reste pas moins difficile à conquérir. Les choses deviennent plus compliquées encore quand « ce à quoi on aspire ne vient pas à votre rencontre », quand les habitants sont différenciés par leurs aspirations passées, présentes et futures, qui ne se conforment pas à celles de celui qui arrive. Mais dès l'instant où ceux qui arrivent proclament « racheter » la terre et s'installer dans leur « propriété promise », l'endroit est condamné à un conflit désastreux, insoluble, éternel. Ce phénomène n'a rien de nouveau. Toute l'histoire de l'humanité est bourrée de conquêtes coloniales, de génocides, d'atrocités et de violences perpétrées contre les indigènes de terres envahies. Notre planète a toujours été bondée de gens sans foyer, de réfugiés exilés et de « demandeurs d' sile ». Aussi, en ce qui concerne les mots 'Diaspora', 'exil' et 'absence de foyer national', il est nécessaire de faire une distinction entre les juifs et tous les autres peuples qui sont dispersés en-dehors de leur patrie. Ce qui distingue la Diaspora juive des autres groupes dispersés, c'est que tandis que ceux-ci ont été expulsés d'une patrie où ils vaquaient, les juifs, de par leur nature déracinée, n'ont jamais été réellement familiarisés avec ce que cela signifie, vaquer. Par conséquent, étant aveugles à ce que signifie vaquer, la quête d'un refuge, par les juifs errants, ou de ce qu'ils appellent un « refuge national », s'accomplit au moyen de la colonisation pure et simple. Les sionistes juifs défendent leur colonisation de la Palestine en faisant référence à ces sombres chapitres dans l'histoire des autres nations. Ils nous rappellent les atrocités contre les Indiens d'Amérique, ou les torts infligés aux Aborigènes d'Australie. C' est vrai ; coloniser un pays, massacrer et anéantir ses habitants indigènes, c'est mal. Mais retourner vers ce qu'on proclame être son propre foyer national sans prendre le « soin du retour chez soi », voilà qui représente un phénomène historique de manque de cour et de pudeur. Se rapprocher de sa patrie avec irrespect,c'est pire qu'une inconduite maligne : c'est inhumain. C'est en l'occurrence la seule et unique occurrence, dans toute l'histoire, d'un « retour chez soi » d'une tribu, qui soit suivi d'une telle obsession pour la dévastation de toute la texture de ce qui est proclamé par elle son propre territoire natal. Non qu'il s'agisse simplement de l'étrangeté de cet événement historique singulier ; ce qui est en cause, c'est le dommage irréversible et regrettable infligé à l'expérience régionale et mondiale. Dans leur enthousiasme fanatique à édifier un coin européen au cour du Moyen-Orient, ils étaient déterminés à vandaliser le paysage, en faisant une réalité du verset apocalyptique : « Ce qui était montueux sera arasé ». Durant deux millénaires « demeurèrent les juifs, aux rives de Babylone, où ils pleuraient en se rappelant Sion ». Mais il leur a suffi de cinquante ans pour faire de Sion un endroit pollué, où les rivières sont empoisonnées par les effluents industriels et où les côtes sont contaminées par les égouts. Une terre où la vieille Cité Sainte de Jérusalem est un lieu déshérité, privé de services municipaux, et où la nouvelle ville est emplie de mendiants, de lunatiques messianiques et de misérables ultra-orthodoxes vivant de charité, comme si le ghetto européen avait été transplanté au cour des collines de Judée. Quand les premiers pionniers, les « Halutzim », débarquèrent sur la plage de Jaffa, ils comparèrent, pleins de zèle, leur patrie à une femme aimée, à laquelle ils firent la promesse de la vêtir d' une robe d'asphalte, de ciment et de béton. Cette furie d'enterrer la Terre Sainte sous une couche de ciment, de passer au bulldozer et d'éventrer ses collines, de construire des murailles de séparation et d'offenser leurs voisins de palier, traduit une insensibilité crasse à l'égard du fait qu'une patrie est un « don », qui devrait être traité avec com-passion. L' appartenance à une patrie traduit la responsabilité et l'engagement vis-à-vis de son histoire, et non le contraire. Des gens qui oublient qu'une patrie est un cadeau du destin ne méritent pas un tel cadeau. L'occupation de la Palestine par les juifs se distingue de toutes les colonisations de l'Homme Blanc, en ceci qu'excepté l'indifférence au lieu et à ses habitants, elle exemplifie une attitude oublieuse de leur propre Histoire. Immédiatement après l'accord d'Oslo, en 1995, le jour même où l'armée israélienne évacua Ramallah et la remit au contrôle total des Palestiniens, la ville connut une atmosphère de carnaval, et le drapeau palestinien interdit depuis si longtemps y fut agité dans les moindres recoins. Dans son livre marquant « Des étrangers dans la maison » [Strangers in the House »] [3], l'auteur, Raja Shehadeh, un Palestinien désillusionné, décrit comment, dans la même après-midi, tandis qu'il rentrait chez lui à pied, il vit « . dans les collines, au loin, vers l'ouest, juste au-dessus de la ligne des lumières scintillantes de la côte, une lumière isolée, rouge ». Se demandant ce que ça pouvait bien être, il s'interrogea : « Une nouvelle maison, construite sur les collines disponibles ? Mais c'était trop loin. Un pique-niqueur isolé, fêtant la libération de Ramallah ? » Mais soudain, il se rendit compte que cette lumière bougeait. qu'il s' agissait du feu arrière d'une voiture qui roulait en traversant la « zone libérée ». Et ce fut la fin des réjouissances. Shehadeh prit conscience que « c'était une nouvelle route de contournement, construite afin de desservir les colons de Dolev et de Beit-El, pour les connecter sans risque à une route de substitution, conduisant à Jérusalem. » Et ce fut l' enterrement de l'accord d'Oslo ! « Les collines où il avait l'habitude d' aller se promener et contempler les changements apportés par la succession des saisons à la terre seraient désormais dangereuses, avec des colons armés et des soldats patrouillant la route toute neuve. » Sept ans plus tard, le nombre des colons juifs avait doublé, « . leurs maisons neuves sont construites sur nos collines aplaties. Ils roulent sur de larges routes toutes droites qui éventrent des collines coupées en deux. La foire d'empoigne pour les terres est en train de détruire ce paysage affligé. tandis qu'Israël prospère, nos villes et nos villages continuent à être compressés. » Toutes l'entreprise d'expansion des colonies juives est planifiée afin de rompre la continuité territoriale palestinienne. Quel « retour chez soi » on ne peut plus honteux ! En nous souvenant que c'est la langue qui nous en dit plus que tout sur la nature d'une chose, rappelons-nous qu'en hébreu, le mot 'habitation' est LISHKON, dérivé du mot MISHKAN, lui-même étymologiquement lié à SHAKHEN, qui signifie « voisinage, quartier ». Partant, les notions d' 'habiter' et de 'penser à son voisin' sont liées entre elles. Les gens vivent dans le lieu qu'ils habitent. Quant à ceux qui construisent leur maison quelque part et vont au travail ailleurs, en laissant leur maison le matin et en y revenant le soir en utilisant des routes de contournement et en évitant leurs voisins, ces gens n' « habitent » pas. Habiter, c'est cultiver la terre, partager ses richesses naturelles, l'eau et le paysage ouvert, avec ses voisins. « Ce n'est que si nous sommes capables d'habiter, que nous serons capables de bâtir. » C'est situer une maison sur le versant abrité du vent d'une colline, face à la bonne direction. C'est adapter le bâti aux conditions climatiques locales. Par exemple, dans une région où l'hiver dure longtemps, avoir un toit pentu et débordant, dont la pente suffisante lui permette de résister sous le poids de la neige, ou choisir, pour vivre dans un désert, une construction aux arcades ombreuses [4]. L'écologie, ça n'est pas l'art d'habiter. La construction, ça devrait être le fait de laisser habiter. Etre un « ami de la terre », ce n'est pas se contenter de protester contre la pollution ni tenter de sauver la nature en conservant la « faune et la flore ». Etre un « ami de la terre », cela signifie être conscient de notre présence temporaire dans le temps et dans l'espace, d'être un épisode dans l'histoire d'un lieu, une simple fibre dans le tissu des mémoires collectives d'un groupement donné. L'aspect écologique n'est qu'une facette étroite du vaste thème qu'est la relation entre l'homme et la terre. L'écologie et les politiques « vertes » sont des mentalités matérialistes, scientifiques et calculatrices au sujet de la quantification de la pollution et du réchauffement planétaire, qui annoncent la fin de cette planète. L'écologie ignore les patries, l'histoire et les traditions ; elle est aveugle à la joie et à la peine des peuples, car elle n'évalue que les dommages infligés à la terre. La Palestine, c'est cet endroit, sur la Terre, où des tribus venues du désert rencontrèrent des hommes venus de la mer, où les marchands ambulants et les bergers nomades échangeaient des biens avec les indigènes paysans, où des prophètes prêchèrent et dénoncèrent des rois, où des tribus s' affrontèrent au cours de conquêtes impériales. La paix et la prospérité ne furent que de rares épisodes, dans l'histoire de la Palestine. Nous trouvons la trace de cet état de fait dans la prière biblique juive demandant la paix et la tranquillité : « Puisse Dieu, qui fait la paix dans le ciel, faire la paix pour nous, ici bas, et pour tout Israël, et dire « Amen » » [5]. Mais dès lors, nous devons prendre conscience que cette bénédiction n'est destinée qu'aux seuls enfants d'Israël. Par conséquent, il n'y a pas à s' étonner si la promesse biblique de l'installation, « s'asseoir sous sa propre vigne et son propre figuier », soit interprétée par les Israéliens comme étant accomplie par leurs propres implantations ! Tout en priant pour la paix, sous leurs figuiers, ils effectuent des raids, ils détruisent au bulldozer, ils brûlent et ils déracinent des oliveraies palestiniennes millénaires ! La question qu'il faut se poser est la suivante : comment le fait de « rentrer chez soi » peut-il se matérialiser dans une telle frénésie destructrice de déracinement d'arbres, de destructions d'habitations de gens qui habitaient ici depuis si longtemps ? Seul un peuple affligé de la maladie du détachement peut être aussi inattentif au désir authentique d'un autre peuple de vaquer. Le problème, chez les juifs, c'est qu'ils se réfèrent à l'alliance divine, au sujet de la Terre promise, en termes légalistes. Les juifs (laïcs, autant qu'orthodoxes) font référence à la Bible comme s'il s'agissait d'un document établissant leurs droits légaux sur les terres de la Palestine. Or la loi et la justice ne sauraient en aucun cas être assimilées l'une à l'autre. Mais quand c'est une attitude pseudo-légale qui s'impose, c'est encore pire, car cela empêche les gens de penser et d'agir de manière éthique. C'est la raison pour laquelle, en ce qui concerne les juifs, la perspective de vaquer est exclue, d'entrée de jeu. Comprendre ce que l'histoire nous impartit est une vertu donnée seulement à qui a la capacité de vaquer. Dès le commencement, l'ignorance délibérée, par le retour sioniste, de la nature particulière propre à cette patrie, de son passé foisonnant, était évidente. Il y a eu échec à comprendre la patrie en tant que don fait par la destinée. Nous pouvons dire, bien sûr, que l'alliance mutuelle entre Dieu et son peuple choisi n'inclut pas les « étrangers » et que, par conséquent, les Gentils sont considérés comme des non-êtres. Cela est d'ailleurs clairement proclamé dans le chant de gloire et de victoire, « Jérusalem, ville d'Or » [Yerushalaïm shel-Zahav], datant de 1967: « Ô, Jérusalem d'or, de bronze et de lumière Vois : je suis un violon pour tous tes chants Vois comment les citernes sont asséchées Les places des marchés sont vides Et personne ne déambule sur le Mont du Temple Dans la Vieille ville Et dans les grottes, dans la montagne, les vents rugissent Et personne ne descend vers la Mer Morte Par la route de Jéricho. » On dirait que toutes ces années, avant que les juifs n'occupent la région, les gens qui vivaient là étaient des non-entités. Comme si sous souveraineté jordanienne, la ville eût été déserte. Je tiens à dire que le conflit israélo-palestinien n'est pas simplement une bataille avec pour enjeu le même territoire, c'est une bataille acharnée entre des gens qui vaquent, et des gens qui essaient de coloniser. « Vaquer », cela signifie qu'avant d'être « chez soi », il y a la nécessité de conserver la terre, de la préserver dans son essence. Le fait de procurer ce sentiment d' «être chez soi », c'est ça, l'essence d'une patrie. » [6] Retourner chez soi, voilà qui devrait être fondé sur une réflexion attentive à ce que signifie être « chez soi ». Pour cela, vous avez besoin, déjà, de connaître à quoi cela ressemble, un foyer, un chez-soi. Quelle en est la nature, ce qu'il y a de mieux en cela. Se faire une représentation romantique de la Patrie en ressassant un mythe, cela ne saurait suffire. Idéaliser la Patrie comme le « lieu où coulent le lait et le miel », c'est bien, pour les prières, mais ça ne saurait représenter une ligne directrice en vue de l'édification d'un Etat. Les sionistes imaginèrent Sion comme un endroit où ils se sentiraient « chez eux » et où ils pourraient, par conséquent, accomplir leur destin. Ils ont pensé cultiver cet endroit et en (re)faire cette terre du Lait et du Miel, mais en même temps, ils n'avaient aucune connaissance de la région, ni de ses habitants. Dès le début, il n'y eut chez eux nulle intention de vaquer. Une patrie, ce n'est pas un site géographique que nous approcherions au moyen du jargon du tourisme, ou de récits folkloriques. Une patrie, ça n'est pas la nature en soi, ça n'est pas la flore, ni la faune, en elles-mêmes, la patrie, cela signifie vaquer poétiquement. Penser au retour chez soi poétiquement, c'est accepter que ce qui devient proche n'en reste pas moins lointain et celé, et que la proximité de l'origine est quelque chose d' entièrement mystérieux [7]. Le fait de vaquer dans une Patrie ne devrait pas être rendu possible qu'au prix de la puissance militaire, des défilés de rues, des parades de tanks et de canons. Cela ne devrait pas être manifesté par des F-16 en formation de vol, ni par des jets militaires franchissant le mur du son en causant des déflagrations qui font voler en éclats les fenêtres de nos voisins, à Damas. Vaquer, ça n'est nullement dominer le ciel et la mer, mais bien plutôt rester, en paix, avec la nature, cette nature où le ciel et la terre se font face. Rentrer chez soi, c'est une tentative modeste de se rapprocher autant que possible du cour de la patrie, et de s'approcher aussi près que possible de son origine. C'est dans la fidélité à son origine, que le bon voisinage est ancré. En vaquant poétiquement, Heidegger signifie qu'à moins de se remémorer le passé de la patrie, les poèmes sont vides, et superficiels. Vaquer, cela signifie rester quelque part. Ces milliers et milliers de juifs israéliens qui font la queue devant les ambassades de Pologne, d'Estonie et de Lituanie afin d'y quémander un passeport européen, ont-ils l'intention de vaquer ? Nous pouvons conclure en disant que l'aspiration à « rentrer chez soi » n' empêche pas les gens d'être enfoncés dans leur identité apatride. L'antique rôle du Juif Errant, chassé de lieu en lieu, chez les Gentils, attend toujours au tournant ceux qui ne vaquent pas. En lisant Heidegger, nous prenons conscience que toutes les tentatives de trouver un refuge, un abri ou un foyer ne tendent pas, en réalité, au fait de vaquer. Construire un mur de séparation, des barrières de béton, des routes de contournement et des colonies entourées de haies de fil de fer barbelé : voilà qui donne un exemple repoussant de la manière dont vous êtes forcés de survivre, quelque part, dès lors que vous pensez pouvoir vous dispenser d'y vaquer. Notes : |
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