Salon de l'Auto de Genève : Diplodocus
et dinosaures, l'explosion avant l'extinction
par le Dr. Jean Brière, Lyon, 12 mars 2006
Le salon de Genève offre au conducteur en herbe émerveillé
et à ses parents, le nec plus ultra de la production automobile
mondiale :
Porsche : Turbo et GT3 une relève musclée note le journaliste
du Figaro , 2 modèles franchissent la barre des 400 chevaux.
Ferrari GTP Fiorino V12 , 620 chevaux .
Saab Aero X V8 biturbo 400 chevaux
Audi RS4 V8, 400 chevaux.
Encore ces voitures de rêve, totalement inutilisables, sinon
pour parader sur la croisette, ne pèsent-elles guère
sur la consommation de pétrole, vu leur prix .
Mais le reste est à l'avenant, profusions de chevaux, des 4x4
pour toutes les bourses .
De Sirius, l'observateur incrédule s'interrogerait sur la folie
qui emporte la planète. Il s'interrogerait sur le rôle
de la publicité qui joue sur les fantasmes de puissance et
de pouvoir de l'homo économicus, sur l'incohérence de
gouvernements qui limitent à juste titre la vitesse mais dans
le même temps favorisent la production d'automobiles de plus
en plus rapides destinées à violer les limitations de
vitesse. Curieusement en Allemagne les véhicules les plus rapides
sont 'bridés' à 250 Kmh . Il est clair que l'on devrait
retirer immédiatement le permis de conduire à ceux qui
se paient de tels bolides, tout juste bons à faire des tours
de piste sur circuits protégés
En ignorant superbement la crise pétrolière qui s'amorce,
la responsabilité de l'ensemble des managers de l'industrie
automobile est engagée. Le directeur de Renault , firme multinationale
, a toute latitude pour déballer à la télévision
son plan mirifique pour booster les dividendes des actionnaires :
Augmenter au maximum la productivité en jouant sur le facteur
humain, esprit maison et exacerbation de la compétition interne
et surtout miser sur le haut de gamme et le 4x4 qui sont plus rentables
.
Face à cette déraison, le corps politique, l'¦il
fixé sur la courbe de croissance et le courbe de chômage,
qui ont la fâcheuse tendance à diverger, refuse d'envisager
un futur proche et fait de la surenchère , il est vrai que
leur champ de vision ne va guère au-delà de leur réélection
sur l'ncoehrence de gouvernements qui limitent à juste titre
la vitesse mais dans le même temps favorisent la production
d'automobiles de plus en plus rapides destinées à violer
les vitesses limitées. Curieusement en Allemagne les véhicules
les plus rapides sont 'bridés', à 250 Kmh, il est clair
que l'on devrait retirer immédiatement le permis de conduire
à ceux qui se paient de tels bolides tout juste bons à
faire des tours de pistes sur des circuits.
Que pouvons-nous faire ?
Actuellement on ne peut guère attendre du consommateur un réflexe
raisonnable .
Il est impossible de rompre brutalement avec le courant furieux qui
emporte l'extension de l'automobile à la planète entière,
le plus simple serait d'attendre que la disparition du pétrole
règle le problème...
Cette solution implique la dilapidation de pratiquement la totalité
du pétrole disponible sur la planète, avec comme corollaire
un impact climatique qui risque fort d'être irréversible
et transformer la planète bleue en nouvelle Vénus .
La responsabilité des politiques et des électeurs qui
les élisent est entière, invoquer la puissance du lobby
automobile et affirmer que le système financier international
doit gérer la politique automobile, fait de la classe politique
de simples agents de ces groupes incontrolés. Ce « libéralisme
» remet fondamentalement en cause la démocratie.
Il est urgent de mettre en ¦uvre une politique rationnelle
du déplacement individuel.
La première préoccupation des élus, compte tenu
du désastre économique que représente l'invasion
de la ville par l'automobile privée, thrombose, nombre d'accidents,
de morts, de la pollution devrait être de réserver l'accès
de la ville aux véhicule de fonction, pompiers ambulances,
qui pourraient enfin circuler.
Sur le plan pratique, les municipalités doivent sérieusement
envisager outre la location de vélos, la possibilité
d'un parc de voitures électriques, chargées par des
panneaux solaires, louables pour certains déplacements en ville
Mais le plus important est de repenser l'automobile dont la fonction
première est le déplacement individuel, au moindre coût,
et qui doit cesser d'être un objet d'ostentation sociale somptuaire.
Un gouvernement responsable doit impulser avec l'accord ou non des
grandes firmes automobiles, des voitures adaptées à
un usage spécifique..
Tout utilisateur d'autoroutes peut constater que de nombreux véhicules
sont occupés par le seul conducteur, pourquoi déplacer
deux tonnes de mécanique et de carrosserie pour une seule personne
? Il est techniquement possible de réaliser des monoplaces
aérodynamiques, n'excédent pas 500 kilos roulant à
150 kmh et conçus d'emblée pour rouler au gaz.
Le dogme de la voiture privée empêche d'utiliser un véhicule
adapté à l'usage envisagé. Si vous avez une famille
vous serez amené à acheter un véhicule style
Espace et, en l'absence d'un deuxième véhicule plus
léger, à l'utiliser pour tous vos déplacements.
Des parcs de location , où la location pourrait aisément
se faire avec une simple carte à puce .permettrait de rationaliser
l'utilisation d'un parc de véhicules dont la maintenance serait
contrôlée et dont les véhicules, qui au lieu comme
aujourd'hui de dormir la plupart de leur existence en garage ou sur
la voie publique ( certains véhicules ne font pas plus de 5
ou 6000 Km par an) pourraient être utilisées d'une manière
optimum et renouvelées rapidement , avec l'avantage d'une moindre
inertie du turn over global.