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L'affaire des caricatures danoises du Prophète

(Suite)

Bravo, camarade Loukachenko !


Le KGB (Comité pour la sécurité d'État : eh oui, ils n'ont même pas changé le nom !) de Minsk, capitale de la république post-soviétique de Biléorussie, a fait très fort : il vient d'ouvrir une enquête judiciaire sur une hebdomadaire appelé Joda, qui a publié une des caricatures sataniques danoises en illustration d'un article sur cette affaire, dans son édition du 17 février. Le journal a, selon le KGB, agi en violation d'un article du Codé pénal punissant l'incitation à la haine raciale, nationale ou religieuse. Aboubakr Chabanovittch, dirigeant de l'Association religieuse musulmane de Biélorussie a déclaré que ces caricatures offensaient les musulmans et étaient une "provocation politique" lancéz dans la campagne élecotrale pour l'élection présidentielle du 19 mars prochain. Joda était la première publication du pays à reproduire une des carictures du Jyllands-Pesten.
Source : RADIO FREE EUROPE/RADIO LIBERTY, 23 février 2006

 

Un débat sur la "liberté d'expression" interdit à l'Université Paris XII


Un débat organisé par SOS Racisme à Paris XII "pour défendre la liberté d'expression dans l'affaire des caricatures de Mahomet" et prévu mercredi a été interdit par la présidence de l'université au motif du maintien de l'ordre public, ont annoncé mardi SOS Racisme et l'université Paris XII-Val-de-Marne.
"Nous avons eu une demande de SOS Racisme vendredi pour un débat mercredi. Nous avons refusé de leur donner une salle car nous avons considéré que le maintien de l'ordre public n'était pas assuré", a expliqué à l'AFP la présidence de l'université Paris XII-Val-de-Marne.
L'université, qui a reçu mardi matin l'association SOS Racisme, a précisé qu'elle avait fait "une contre-proposition en proposant l'organisation d'un débat sur ce sujet hors urgence et hors pression médiatique, avant l'été".
Dans un communiqué, SOS Racisme a déploré que "l'université Paris XII (située à Créteil, Val-de-Marne) censure un débat organisé par le comité étudiant de SOS Racisme et dont les invités sont Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo et Dominique Sopo, président de SOS Racisme".
"Cette réunion étudiante pour défendre la liberté d'expression dans l'affaire des caricatures de Mahomet ne saurait souffrir du manque de courage de la Présidence universitaire", a ajouté SOS Racisme.
L'association a invité les étudiants "à se mobiliser pour que la présidence de l'université cesse d'utiliser des prétextes fallacieux et qu'elle permette les meilleurs conditions à la tenue de ce débat".
NDLR Quibla : ce dont les défenseurs professionnels de la liberté d'expression (pour certains) ne semblent pas se rendre compte, c'est qu'à défendre comme ils le font une certaine "liberté d'expression", ils ne font qu'essayer d'éteindre un incendie avec du kérosène. La décision de la présidence de cette universté nous semble donc pleine de sagesse.
Source : AFp, 21 février 2006

Faux amis : Robert Ménard


par Le bouledogue rouge, CQFD N°031
Source : http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=899
À peine déclenchée la tornade des caricatures danoises, Robert Ménard fut l'un des premiers à se jeter au-devant des micros. Heureusement qu'il était là. De même qu'il n'y a pas de rhume des foins sans goutte au nez, il n'y a pas de liberté de la presse sans Robert Ménard. Pour la promouvoir, le président de Reporters sans frontières (RSF) est prêt à tous les sacrifices. « Il faut savoir utiliser les techniques d'aujourd'hui : la publicité, le marketing », plaide-t-il dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire (Albin Michel, 2001). Ce qui suppose d'entretenir des relations fraternelles avec les marchands d'armes, de béton et de Sicav qui, en France, possèdent la presse et en garantissent la liberté. « Nous avons besoin du soutien consensuel de la profession, explique-t-il. Comment organiser un débat sur la concentration des organes de presse et demander ensuite à Havas ou à Hachette de sponsoriser un événement ? » Pour ne pas contrarier ses sponsors, RSF a promis de ne jamais se mêler de leurs affaires : « Notre ligne est d'être le moins politique possible, de nous situer exclusivement sur un créneau "droits de l'homme". »
Mais le créneau est assorti d'un droit de péage. Intarissable à juste titre sur les violations de la liberté de la presse à Cuba, en Syrie ou en Corée du Nord, l'association RSF se montre beaucoup plus affable sur les petites entorses que peuvent commettre les grandes démocraties affiliées à l'axe du bien. Pas un mot, par exemple, sur les tortures infligées par les militaires US au journaliste soudanais d'Al Jazira Sami Al Hajj, arrêté en Afghanistan et transféré à Guantanamo parce que soupçonné à tort d'être lié à Al Qaïda. Alors qu'Amnesty International a consacré un rapport long comme le bras à cette affaire, Robert Ménard a soigneusement évité d'en faire un plat, ni même trois lignes de communiqué. Il est vrai que RSF jouit de la confiance de l'administration Bush, qui lui verse des fonds par le biais de l'US National Endowment Democracy (NED), une officine contrôlée par le Département d'État. « Absolument, nous recevons de l'argent de la NED. Et cela ne nous pose aucun problème », confirmait l'ex-trotskiste Ménard le 18 avril 2005 sur le forum Internet du Nouvel Observateur.
Aucun problème, en effet, tant qu'on ne heurte pas ses bienfaiteurs et leurs alliés. Dans son dernier classement, RSF a octroyé une note flatteuse à Israël, au coude à coude avec l'Espagne et l'Italie. Chacun sait le respect que montre Tsahal pour les journalistes qui s'intéressent à ses activités. Comme ce cameraman d'Al Jazira, Nabil Al-Mazzawi, tabassé par des soldats israéliens le 4 novembre dernier alors qu'il filmait une manifestation près de Ramallah contre le mur de séparation. « Le 1er novembre 2005, le ministère israélien de la Défense a interdit aux journalistes étrangers de pénétrer dans la Bande de Gaza pour qu'ils ne puissent enquêter sur le meurtre de civils palestiniens et l'usage par l'armée israélienne des bombes assourdissantes destinées à terroriser la population », explique Johannes Wahlström, chercheur israélo-suédois et co-fondateur du Centre international sur les médias du Moyen-Orient (IMEMC). RSF a trouvé un moyen astucieux d'effacer ces tâches au tableau : désormais, toute violation des droits de la presse perpétrée par Israël dans les territoires occupés sera mise au compte de l'Autorité palestinienne, « impuissante à empêcher la détérioration de la situation » (sic). « Les journalistes doivent [à leur public] une information indépendante, la plus complète et la plus honnête possible », prêche Robert Ménard à propos de l'affaire des crobards danois (Libération, 13/02/06). On a les curés qu'on mérite.

Caricatures, censure et liberté d'expression : la grande bouffonnerie ou l'obsession du complot


par F. Meziane, un indigène de la République 37, Tours, 12 février 2006..
http://www.indigenes37.org/article.php3?id_article=165
http://fr.groups.yahoo.com/group/islam_jeunesse_international/
http://www.islammessage.com/fr/


« Aujourd'hui, il n'existe plus de contrôle direct sur les journalistes, cela semblerait vulgaire. Le système est devenu tellement perfectionné que les gens qui sont mis en situation de faire du commentaire journalistique n'auraient même pas l'idée de prononcer un mot déviant. Désormais, la censure ne peut exister que lorsque, par le plus grand des hasards, le système de sélection et de reproduction a une défaillance. Ça n'arrive presque jamais. Le système est devenu parfait et la censure inutile.. » Michel Naudy (Almanach critique des médias).

Il y a quelques semaines, on nous annonça la sortie d'un livre, parait-il assez sulfureux, sur Cécilia Sarkozy, ex-femme de notre prochain président de la République. Ce livre intitulé Cécilia Sarkozy, entre le c¦ur et la raison était annoncé pour le 24 novembre 2005. Au dernier moment, alors que 25000 exemplaires étaient prêts à être distribués, First, l'éditeur du livre décida de tout annuler suite à l'intervention du ministre de l'intérieur. Le PDG ayant estimé "qu'il n'était pas possible de se mettre à dos un présidentiable, de surcroît ministre de l'intérieur" (Libération 18 11 2005).

On apprenait aussi, à la même période, que Yannick Noah, personnalité préférée des français, a vu son interview, à l'hebdomadaire Paris-Match, censurée de quelques passages où il menaçait de quitter la France si notre prochain président s'appelait Sarkozy.

Il y a quelques mois, une affaire faisait grand bruit en Grande Bretagne. Daily Mirror, un journal britannique, révéla l'existence d'une note secrète provenant de la Maison Blanche où Georges Bush évoque le projet de bombarder le siège de la chaîne arabe satellitaire Aljazeera. Cette opération militaire n'a pas eu lieu à cause, parait-il, de l'opposition de Tony Blair que le président américain souhaitait consulter. Conscient des réactions qu'elle peut entraîner, le gouvernement britannique interdira à la presse de publier des extraits de cette note confidentielle. Ce projet de bombardement d'une chaîne de télévision ne provoqua pas la moindre réaction en France et pour cause personne n'en a parlé, pas même Reporters Sans Frontières. Pourtant il s'agit d'une atteinte à la presse sans précédent dans l'histoire.

Entre 2002 et 2005 plusieurs journalistes ou intellectuels français ont fait l'objet de pressions, de menaces et de harcèlements, simplement parce qu'ils ont osé montré la réalité de l'occupation israélienne des territoires palestiniens. Curieusement aucune de ces personalités n'a bénéficié du soutien public de ceux qui hurlent aujourd'hui. Pire, plusieurs d'entre eux ont été écartés, démissionnés, ou simplement virés, quand ils ne sont pas aussi traînés devant les tribunaux. Dans cette liste on peut citer : Daniel MERMET (France Inter), Sylvain CYPEL (Le Monde), PLANTU, Charles ENDERLIN (France 2), Pascal BONIFACE (PS), Alexandra SCHWARTZBORD (Libération), Alain MENARGUES (RFI), Edgar MORIN (philosophe), Sami NAÏR (MDC)..

En 2004, on apprenait que le groupe France Télévision refusait de diffuser un spot publicitaire du groupe optique Visual. Dans ce spot, on voyait un sosie de G. Bush, portant des lunettes, s'excuser publiquement d'avoir confondu des bactéries d'anthrax avec du sucre et des armes de destructions massives avec des silos à grains.

Les exemples dans lesquels la liberté d'expression a été bafouée sans que les journalistes et les médias ne trouvent rien à redire, sont malheureusement multiples. Il faudrait sans doute écrire plusieurs livres pour pouvoir les répertorier. Or depuis le déclenchement de l'affaire des caricatures danoises, on assiste à une levée de bouclier pour dénoncer cette atteinte à la liberté d'expression. Plusieurs journaux ont décidé par "solidarité" de procéder à leur tour à la publication de ces caricatures. Cet élan de grande solidarité de la presse pour la défense de la liberté d'expression contraste de façon brutale avec le silence assourdissant de la presse française sur l'affaire du projet de bombardement américain de la chaîne d'Aljazeera. Comme si la contestation par des musulmans de quelques dessins mêmes pas drôles, était plus grave que le largage de quelques bombes américaines sur les locaux d'une chaîne d'information.

Ces exemples mettent en doute la sincérité des médias et des journaux qui évoquent la liberté d'expression pour justifier leur acharnement à publier et à republier les caricatures insultantes à l'égard des musulmans.

Comment expliquer qu'aucun journal n'ait dénoncé la campagne de harcèlement et d'intimidation menée par la ligue de défense juive et le bétar contre plusieurs médias et journalistes à chaque fois que ces derniers commettaient un article où ils parlaient d'occupation des territoires palestiniens ? Cette campagne a d'ailleurs été si efficace qu'aujourd'hui, pratiquement aucun journal ou homme politique n'ose critiquer la politique d'Israël en Palestine.

Comment peut-on croire à la sincérité de ces médias quand aucun journaliste n'a manifesté le moindre émoi ou la moindre solidarité avec une chaîne d'information arabe victime d'un projet de bombardement américain ?

Qui, en France, a entendu parler de Sami Elhaj, journaliste cameraman détenu dans le goulag de Guantanamo pour le seul motif qu'il travaille pour Aljazeera?

Pourquoi aucun journal n'a pris l'initiative de publier, par solidarité, des extraits du livre de Cécilia Sarkozy empêché de paraître sur ordre du ministre de l'intérieur ? A moins que, dans ce pays, il ne soit plus facile d'insulter la communauté musulmane que de déplaire à un futur président de la République ?

Montrer le prophète des musulmans avec une bombe en forme de turban relève, parait-il de la liberté d'expression. Imaginons un instant la situation suivante : Un journal français qui tire à 600 000 exemplaires publie une caricature où est représenté Moïse, dont les traits du visage n'affichent rien de sympathique, tenant dans une main un poignard et dans l'autre main la tête d'un enfant. Qui oserait en France défendre ce genre de caricature au nom de la liberté d'expression ?

Pourtant c'est exactement ou presque les mêmes dessins, exceptés que c'est le prophète des musulmans qui y tient le rôle principal, qui ont été publiés par le journal danois, ensuite par d'autres journaux européens, au nom de "la liberté d'expression".
Qu'un quotidien comme France-Soir dont la ligne éditoriale fait plus dans le racolage que dans le débat d'idée, qui en plus, au bord du dépôt de bilan, espère par la publication de ces caricatures redresser ses ventes et sauver sa peau, peut se comprendre.

Que Philippe Val, patron de Charlie Hebdo, connu par son animosité et son irritabilité à tout ce qui se rapporte à l'islam, aux arabes et aux palestiniens (on se souvient comment il a viré Mona Chollet, coupable de sympathie envers les palestiniens) décide d'en rajouter dans l'espoir d'attirer de nouveaux lecteurs racistes afin de remplacer ceux qui l'ont fuit après son soutien à la guerre en Irak et son aventure malheureuse pour le oui à la constitution de Giscard ; peut se concevoir à la rigueur, c'était même prévisible.

Dans ce pays, on sait qu'il n' y a rien de plus vendeur (après le sexe) que de taper sur les arabo-musulmans. Les livres racistes (toujours au nom de la liberté d'expression) d'Oriana Fallaci sont devenus des best-sellers. Quand François Bayrou gifle un petit arabe devant une dizaine de caméras et de journalistes, il gagne aussitôt cinq points dans les sondages. Quand on instaure le couvre feu pour mater "la racaille", le peuple applaudit.

Charlie Hebdo feint la surprise devant le succès de ses ventes. Pure hypocrisie, pour une fois que tous les racistes de France peuvent se payer la tête des arabo-musulmans, sans être montrés du doigt et avec les honneurs en plus. Mais il est vrai qu'il n'y a pas que les racistes, il y a aussi tous ceux qui pensent, en toute naïveté, qu'en achetant Charlie Hebdo, ils effectuent un acte de résistance. Faire de la résistance en se rendant chez son buraliste, on a connu des actes de résistance plus courageux. Il y a enfin tous ceux qui, faute de curé à bouffer, se sont mis à dévorer du musulman tout halal.

Mais que toute la presse (à quelques exceptions très salutaires), télévisions, journaux et radios, se lèvent comme un seul homme pour défendre ce qu'ils appellent la liberté d'expression, a quelque chose de révoltant et de choquant.

Choquant et révoltant, car dans les années trente, c'est le même genre de caricatures et de dessins, (à des degrés divers) qui galvanisa les foules contre les juifs et qui rendra acceptable pour une partie de l'opinion la promulgation des premières lois antijuifs. On connaît malheureusement la suite : déportation, camps de concentration et solution finale.

Le rapprochement est brutal, certes, mais il s'impose. Il ne s'agit pourtant pas de dire qu'on est à l'aube d'une nuit de cristal dont serait victimes les arabo-musulmans, il s'agit simplement de dire que, dans le contexte actuel, afficher la tête du prophète avec un turban en forme de bombe veut dire que l'Islam est par essence terroriste. Cela veut dire que derrière chaque musulman se cache un terroriste potentiel, ce qui légitime toute politique répressive et liberticide envers les musulmans. Plus grave encore, quand, au nom de la lutte contre le terrorisme, les avions américains déversent des bombes sur les populations civiles d'Afghanistan, du Pakistan ou d'Irak, il n'est plus étonnant que le téléspectateur ne se sente plus choqué devant son écran de télévision.

L'unanimité avec laquelle la classe médiatique et intellectuelle a réagi face à la colère légitime et justifiée des musulmans ne peut se comprendre qu'en se référant au contexte d'islamophobie qui s'est répandu partout en occident après le 11 septembre 2001. Ce racisme est encouragé par la radicalisation du discours d'une élite intellectuelle très médiatisée. Un discours d'autant plus percutant qu'il est souvent présenté comme "audacieux, anticonformiste et courageux, bravant l'obscurantisme des intégristes et l'angélisme de nos sociétés occidentales."

Dans La République face à ses minorités (P. 77), Ester Benbassa, historienne des juifs, écrit : « Aujourd'hui, au nom de la laïcité, avec ferveur et dans l'obsession, c'est bien avant tout contre l'Islam qu'on mène le combat, même si cela n'est pas toujours assumé ouvertement. Et derrière ce combat, lorsqu' il est revendiqué, se cache trop souvent l'hostilité à l'endroit des Arabes. Etre anti-arabe, c'est être raciste ».

La facilité avec laquelle l'islamophobie s'est ancrée dans le paysage politique médiatique français, comme un mode de pensée qui doit être respectée au nom de la liberté d'expression, s'explique par plusieurs raisons :

La première raison est la faillite des organisations antiracistes qui ordinairement constituent un rempart aux idéologies xénophobes. L'immobilisme et la passivité de ces organisations s'expliquent par le fait qu'une bonne partie de la gauche s'est retrouvée elle-même gangrenée par le discours islamophobe, parfois au nom d'une tradition anticléricale, parfois par opportunisme électoral. L'autre partie constituée de l'extrême gauche et des altermondialistes s'est retrouvée tétanisée par les accusations d'antisémitisme émanant d'une partie de l'intelligentsia parisienne. Soupçonnée d'entretenir une alliance "vert, brun, rouge", cette gauche ne pouvait à la fois dénoncer le racisme qui frappe les musulmans, quand ces derniers sont, eux-mêmes accusés d'être les responsables de la "vague" d'antisémitisme qui sévirait en France. Au nom de la hiérarchisation des racismes et parfois pour sauvegarder de futures alliances électorales, cette gauche restera passive, quand elle ne participera pas elle-même à la furie médiatique contre les musulmans de France (l'affaire du voile).

La pensée islamophobe ne pouvait connaître le succès sans le rôle prépondérant des médias qui ont consciemment ou inconsciemment participé et participent encore à la stigmatisation de l'arabo-musulman devenu, tour à tour, quand ce n'est pas tout à la fois, responsable de l'insécurité, de la violence faite aux femmes dans les banlieues et de la "nouvelle judéophobie" en France.

Quand le président du tribunal qui jugeait Marie Leblanc, l'héroïne de la fausse agression antisémite du RER D, veut savoir pourquoi Marie a accusé à tort des arabes et des noirs, celle-ci répond : « Parce que quand je regarde la télévision, c'est toujours eux qui sont accusés ».

Petit à petit, la figure du "maghrébin" petit lascar, voleur de mobylettes et de voitures, a cédé la place à celle de l'arabo-musulman, plus fascinante, plus inquiétante et plus dangereuse.

Dans l'Islam imaginaire, Thomas Deltombe démontre, preuves à l'appui, comment entre 1975 et 2005, au fil de l'actualité internationale, nationale et des faits divers, le discours raciste anti-musulman s'est peu à peu décomplexé pour s'imposer comme une pensée audacieuse et courageuse mais qui en réalité ne fait que flatter une opinion publique généralement hostile à l'Islam. Aujourd'hui , beaucoup de journalistes ou intellectuels ne se gênent plus pour exprimer les opinions les plus nauséabondes sans que cela provoque la moindre réaction. Ainsi à propos de La rage et l'orgueil, le best-seller salué par la presse où on peut lire que les musulmans « se multiplient comme des rats », Charlie Hebdo trouve que l'auteur Oriana Fallaci « fait preuve de courage intellectuel. [..] Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin. [..] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. » (Robert Misrahi dans Charlie Hebdo du 30/ 10/2002).

Dans son enquête Thomas Deltombe nous livre, aussi, quelques clés pour comprendre comment ce discours s'est facilement imposé à travers notamment le recours abusif à des "experts de la peur" invités permanents des plateaux des émissions. Il nous montre aussi la connivence entre des journalistes et des associations pseudo apolitiques comme "Démocratia" de Rachid Kaci de l'UMP ou "Ni putes ni soumises", organisation émanant du PS. Ces "bons" musulmans joueront un rôle essentiel dans la stigmatisation des arabo-musulmans.

Ainsi, dans l'opinion publique, s'est forgée l'image d'une religion de l'Islam arriérée, sauvage et violente. Une religion qui a tourné le dos au progrès et à la civilisation. Une religion d'autant plus inquiétante qu'elle se ramifie en occident en même temps qu'elle se replie sur elle-même.

Pour Esther Benbassa, Cet imaginaire « remplace le fameux " complot juif " qui a fait les beaux jours de l'antisémitisme dans un contexte moins politiquement correct » (La république face à ses minorités. Les Juifs hier, les Musulmans aujourd'hui .P. 84).

L'arabo-musulman est devenu le nouveau bouc émissaire d'une République en perte de valeurs. Quand la devise "Liberté, Egalité et Fraternité" est en panne, on convoque "la Laïcité", seul alibi capable encore de galvaniser les foules. Et quand des petites filles voilées issues des colonies viennent narguer l'ancienne puissance coloniale dans ce qu'elle a de plus sacré, c'est-à-dire l'École, le sang de la République ne fait qu'un tour. Il faut rétablir l'ordre. Il faut reconquérir les « territoires perdus ».

« Face au complot, la République doit se montrer intraitable »
« Le fascisme vert ne passera pas »
« Ne capitulons pas face aux islamistes »
« C'est eux ou nous »
« Non au Munich de la République ».

Dans ce combat, le citoyen est sommé de prendre partie, il ne peut être neutre, il ne peut être spectateur, il doit être pour ou contre. Aucune nuance n'est tolérée, on est avec les islamistes ou contre eux.

L'Islam a bon dos. Dans une société qui a perdu tout repère et toute confiance, chaque nouvelle épreuve avec les arobo-musulmans est une nouvelle occasion pour créer une cohésion éphémère autour d'une nouvelle devise : Anti-communautarisme, Laïcité, liberté d'expression.

Le procédé est toujours le même. A chaque nouvelle "affaire", le système se met en branle, en trois temps : la dénaturation, la confrontation, "la manipulation".

La dénaturation :

Il s'agit de ne pas poser les vraies questions et d'imposer par la répétition des mots et des phrases simples et percutantes, une autre conception du problème.

Pour légiférer contre le voile, la question posée était de savoir si on est pour ou contre le voile. Or la vraie question était de se demander s'il est bon d'exclure des petites filles parce qu'elles portent un foulard, un bandana ou un voile. Poser cette question revient à s'intéresser à ces filles et à ce qu'elles vont devenir une fois exclues de l'école. Lors du débat sur le voile, cette question fut écartée. A ce jour, aucun journal, ni chaîne de télévision ne s'y est intéressée.

Dans l'affaire des caricatures, le débat tourne autour de la question de la représentation du prophète et de la critique de l'Islam : Peut-on représenter le prophète ? Peut-on critiquer l'Islam ?

Or ce qui choqua les musulmans, pratiquants et non pratiquants, c'est surtout le contenu de ces caricatures. Un contenu qui diffame les musulmans puisque il sous-entend qu'ils sont tous terroristes. La question qu'on devait se poser était de savoir s'il était permis d'inciter à la haine raciale en représentant les musulmans comme des terroristes potentiels.

La confrontation :

Une fois qu'on a réussi à imposer les termes du débat, il est possible de passer à la deuxième phase qui est celle de la confrontation entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Dans l'affaire du voile, le débat opposera ceux qui disent défendre la laïcité à ceux qu'on a désigné comme opposés à cette valeur républicaine. C'est-à-dire ceux qui sont pour les valeurs de la République contre ceux qui veulent la miner. Dans ce débat aucune nuance n'est permise. Si vous n'êtes pas pour, vous êtes contre.

Dans l'affaire des caricatures, le débat va opposer ceux qui sont pour la liberté d'expression, à ceux qu'on a désignés comme ennemis de cet acquis républicain, c'est-à-dire entre ceux qui sont pour un monde libre et ceux qui sont pour l'obscurantisme.

La manipulation :

Le dernier temps se veut pédagogique. On invite le peuple à faire la différence entre le bon et le mauvais musulman. Pour convaincre l'opinion, on fait appel à la thèse de la manipulation.

Claude Imbert, islamophobe notoire ayant fait son coming out, (à lire sur ce site ici) affirmait sur LCI que l'Islam est une religion qui apporte une certaine débilité. Comme l'arabo-musulman est un crétin incapable de penser et de réfléchir, ni même d'avoir des émotions de façon rationnelle, il ne peut être, par conséquence, que manipulé ou manipulateur.

Manipulé, il appartiendrait à cette majorité de musulmans incapable de faire état, toute seule et en toute liberté, de ses émotions, de ses opinions et de ses colères. Cette majorité est toujours victime, soit de l'emprise des régimes arabes corrompus et dictatoriaux, soit de celle des groupes extrémistes, salafistes, jihadistes, etc...

Manipulateur, il appartiendrait alors à ces groupes islamistes, proches de groupes, eux même connus pour leurs liens supposés avec d'autres groupes proches d'Alqaïda. Pire, il serait même proche de Tariq Ramadan.

Dans cette affaire de caricatures médiocres, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une autre manifestation du racisme anti-arabe et anti-musulman qui sévit en France.

A ceux qui nous reprocheraient d'être contre la liberté d'expression, je réponds qu'on peut critiquer l'Islam en tant que religion et même de le blasphémer. A Ceux qui font référence à Voltaire pour justifier l'injure et l'appel à la haine, je leur réponds que dans le contexte de l'époque Voltaire prenait, lui, des risques sérieux en s'en prenant à la puissante Eglise catholique. Que dénoncer l'Islam en France n'a rien de courageux et ne comporte aucun danger hormis de celui d'acquérir la célébrité et augmenter les ventes de ses publications. Je leur réponds qu'ils oublient aussi par ignorance ou mauvaise foi que Si Voltaire a critiqué le prophète des musulmans il a aussi écrit en 1770 :

« Dans cette prodigieuse étendue de pays [terres gouvernées par le Koran] il n'y a pas un seul mahométan qui ait le bonheur de lire nos livres sacrés et très peu de littérateurs parmi nous connaissent le Koran. Nous nous en faisons presque toujours une idée ridicule, malgré les recherches de nos véritables savants. (..) l'Alcoran passe encore aujourd'hui pour le livre le plus élégant et le plus sublime qui ait encore été écrit dans cette langue. Nous avons imputé à l'Alcoran une infinité de sottises qui n'y furent jamais » (Voltaire par lui-même, Complexe, Bruxelles, 1994, pp35-36).

Entre l'appréciation de Voltaire et celle de Michel Houellebecq (« La religion la plus con, c'est quand même l'Islam, quand on lit le coran, on est effondré..effondré ! La Bible, au moins, c'est très beau parce que les juifs ont un sacré talent littéraire.. »), Les islamophobes de France ont déjà choisi leur camp.

 

Silences et omissions sur le massacre de Kaddhafi à Benghazi


par Gennaro Carotenuto, www.gennarocarotenuto.it, 18 février 2006

Traduit de l'italien en français par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

La police de la dictature libyenne de Kaddhafi a massacré dix personnes (en fait : onze, NDT) hier à Benghazi. Bon, d’accord, cette merde de Calderoli, mais est-il possible que personne ne critique plus Kaddhafi et sa police ?
Nous sommes en train de vivre un moment hallucinant pour la presse, l’information et la liberté de la presse. Chaque information est traitée comme une boîte chinoise dans laquelle semblent se cacher les choses vraiment importantes, comme celle de l’annulation des élections en Égypte, passée complètement sous silence. Parmi les informations d’hier : «Calderoli est une merde comme tous les membres de la Ligue (du Nord)», « protestations contre cette merde de Calderoli à Benghazi» et « la police de Kaddhafi massacre dix personnes », quelle est à votre avis la plus grave ? La plus grave est la troisième, mais elle passe presque à la trappe par rapport à la première. D’ailleurs, qui ignorait que Calderoli est une merde ? Mais le redimensionnement, la mnimisation, l’escamotage, la dilution de la troisième information fait partie d’une stratégie précise de communication.
Il y a encore quelques années Kaddhafi faisait partie de l’Axe du mal, on dénonçait l’existence de prisonniers politiques, la torture, le manque de liberté de la presse, la peine de mort. Depuis l’époque de Ronald Reagan et Bettino Craxi, l’Occident semblait en permanence sur le point de faire la guerre à Kaddhafi. Puis, un beau jour d’octobre 2004, Berlusconi est allé à Tripoli et a défini Kaddhafi “un grand ami à moi et de l’Italie. Kaddhafi est le leader de la liberté. » Texto.
De toute évidence, les camps de Kaddhafi se transforment en camps de la liberté. Kaddhafi n’a pas évité d’envoyer à la mort ou de torturer un seul opposant, mais désormais l’Occident allait regarder systématiquement ailleurs. Et maintenant que la police de Kaddhafi massacre dix opposants dans la rue à Benghazi, voilà que nous nous en prenons à cette merde de Calderoli ?
Berlusconi a bien fait d’exiger la démission de la merde du Pô. Berlusconi a exigé la tête (sic !) de Calderoli au nom des bonnes relations avec les musulmans. Mais simultanément il a fermé les yeux sur le massacre de musulmans qui a été bien sûr provoqué par le porc du Pô, mais perpétré par la police de l’homme de la liberté Kaddhafi, grand ami à moi et de l’Italie.
Le gouvernement italien n’a pas protesté auprès de Kaddhafi pour ces dix morts. Kaddhafi, comme Moubarak, est un laïc et un ennemi des fondamentalistes. Il y a encore quelques années, nous aurions presque bombardé Tripoli pour un massacre de cette dimension. Et Kaddhafi aurait été en tête de la liste des grands méchants mondiaux. Mais il est plus commode de s’en prendre à notre fumier du Pô.
NDT : le territoire de la vallée du Pô, qui traverse le Nord de l’Italie, est le territoire d’élection de la Ligue du Nord de Boss et Calderoli, qui veut en faire une république indépendante, appelée la Padania.

Le Danemark a perdu son innocence

par Sven Tarp, Secrétaire aux Relations internationales Parti Communiste Marxiste-Léniniste Danois 15 février 2006
Original : http://www.cpcml.ca/Tmld2006/D36016.htm#1
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

« Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark », a écrit Shakespeare dans sa célèbre pièce, Hamlet, voici plusieurs siècles. Les événements de ces dernières semaines, et même de ces derniers mois, montrent que les mots de Shakespeare viennent d'acquérir une actualité renouvelée. Nous, qui vivons au Danemark, nous pouvons confirmer que tout n'y va pas pour le mieux. D'après le nouveau mythe d'ores et déjà inventé, tout a commencé dans ma ville natale, Aarhus, le 30 septembre de l'année dernière, lorsque le quotidien à diffusion nationale mais au titre régional, Jyllands Posten [Le Courrier du Jutland], a publié douze caricatures qui présentaient une représentation offensante et stéréotypée de Mohamed. La raison officiellement invoquée pour la publication de ces caricatures était, d'après le rédacteur en chef, de vérifier la manière dont la liberté d'expression s'exerce au Danemark, dont on allègue qu'elle serait limitée par une influence musulmane croissante. Avant leur publication, ces caricatures ont été soumises à une série d'experts, qui ont expliqué qu' elles provoqueraient très vraisemblablement de la colère chez les musulmans, qui se sentiraient sans doute offensés par la manière dont leur prophète était présenté. Ainsi, on le voit : la publication des caricatures a été conçue, depuis l'origine, comme une provocation retorse.

Les mobiles officiels et les mobiles réels Il est toujours difficile de deviner quels sont les réels mobiles personnels de ceux qui prennent de mauvaises décisions. Et ces motifs sont, de fait, de peu d'intérêt. Ce qui est important, c'est le contexte historique dans lequel les décisions sont prises, et le rôle joué généralement par les décideurs. De ce point de vue, il est facile de conclure que la publication de ces caricatures s'inscrit dans un programme politique national promu par les cercles dirigeants danois, pour deux fins - diviser la classe ouvrière danoise entre nationaux et étrangers, entre chrétiens et musulmans, afin d'affaiblir sa résistance face à l'imposition brutale d'une politique néolibérale, à un moment très particulier, où l' économie danoise connaît passagèrement une prospérité exceptionnelle dans le cadre général d'une économie mondiale capitaliste en crise ; - affaiblir - en créant de toutes pièces l'image d'un monde musulman hostile - l'exigence croissante au sein du peuple danois que les troupes danoises soient retirées d'Irak, où elles prennent part à l'occupation illégale de ce pays, sous la direction de l'impérialisme américain. Dès le tout début, toute la question a été traitée avec un mélange d' arrogance et de stupidité, tant par les éditeurs du Jyllands Posten que par le gouvernement danois. Il est devenu très rapidement évident que les peuples musulmans se sont bien sentis profondément offensés. La société musulmane du Danemark, au début octobre, a organisé des manifestations, tout en exhortant les journaux à présenter des excuses pour avoir publié les caricatures. Cela fut refusé, au prétexte fallacieux de la nécessaire défense de la liberté d'expression. Le 19 octobre, les ambassadeurs de onze pays musulmans ont demandé de rencontrer le gouvernement danois, afin de débattre des caricatures. D'une manière extrêmement arrogante, le gouvernement d'Anders Fogh Rasmussen a refusé de rencontrer ces ambassadeurs, coupant court à un débat qui aurait pu éviter certains développements ultérieurs. Dans ce qui fut une initiative sans aucun précédent dans toute l'histoire de la diplomatie danoise, 27 anciens ambassadeurs du Danemark ont critiqué publiquement le refus opposé par le Premier ministre aux représentants de divers pays musulmans, qui désiraient le rencontrer. Ils ont reçu le soutien de l'ancien ministre danois des Affaires étrangères Uffe Ellemann-Jensen, un froid guerrier et un politicien de droite qui est toutefois sensible à ce genre de problème culturel. Mais le gouvernement s'est entêté dans sa décision. Il n'était apparemment pas fâché de voir que les caricatures provoquaient la désunion, et distrayaient donc l'attention populaire des conséquences sociales de ses « réformes » programmées « en vue du bien-être », lesquelles furent annoncées à l'automne dernier. Ce n'est qu'une fois ce programme national devenu une crise internationale d'une ampleur sans précédent que le gouvernement et le quotidien décidèrent de faire quelque chose. Mais même alors, leur arrogance les empêcha de sauver ce qui pouvait encore l'être. Le rédacteur en chef du Jyllands Posten s'est ainsi excusé devant les musulmans, parce qu'ils se sentaient insultés. Mais il ne s'est pas excusé d'avoir publié les caricatures offensantes, parce qu'une telle excuse, d'après lui, aurait représenté une violation de la liberté d'expression ! Si bien que ses excuses n'ont pas suffi à mettre un terme aux protestations. Et l'apparition du Premier ministre danois sur des chaînes de télévision par satellite, tant arabes que musulmanes, non plus, dès lors qu'il n'a pas fait passer le message qu'on attendait de lui.

Un journal réactionnaire

Le Jyllands Posten est un des plus grands journaux danois, et il possède une longue tradition d'alignement sur les politiques de droite. Dans les années 1930, il s'est rendu infâme en défendant des positions pro-nazies. Après la Seconde guerre mondiale, il est devenu totalement pro-OTAN. Durant la guerre au Vietnam, il était un allié loyal de l'impérialisme américain. Aujourd' hui, il est un défenseur acharné de l'État sioniste d'Israël ainsi que de l' occupation impérialiste de l'Iraq et de l'Afghanistan, ainsi que des pressions croissantes sur l'Iran, la Syrie et d'autres pays souverains.

Il est considéré comme l'organe non-officiel d'expression du Parti libéral du Premier ministre Anders Fogh Rasmussen. A ce titre, il ne saurait être un acteur innocent dans la crise actuelle. Sa défense de la liberté d' expression est rien moins qu'hypocrite. Ces dernières années, le Jyllands Posten s'est transformé au point de devenir la plate-forme nationale pour les attaques les plus acharnées contre les communistes et autres progressistes. Même le plus idiot des anticommunistes patentés a accès à ses colonnes. La liberté d'expression telle que la pratique ce journal sert à déformer, à faire taire et à criminaliser les idéaux communistes et progressistes. La manière dont les anciens pays socialistes, en Europe, et les communistes danois, qui furent très actifs durant la Seconde guerre mondiale, sont présentés est tout aussi insultante que les douze caricatures en question.

Selon la légende, le drapeau national danois, Dannebrog, serait tombé, tout dessiné, du ciel, en 1219, durant la bataille de Lyndanisse, où les Croisés danois combattirent afin de christianiser les Estoniens païens. Huit siècles plus tard, le Jyllands Posten et la bourgeoisie danoise au pouvoir présentent la liberté d'expression comme un principe sacré absolu qui, de la même manière, semble être tombé tout prêt du ciel, dans sa version danoise actuelle, particulièrement étroite d'esprit et intolérante.

Pour les communistes danois, la liberté de parole est un magnifique principe qui prend sa forme concrète en fonction du contexte historique concret et de la classe sociale qui l'exerce. Elle est absolument nécessaire, pour le développement libre des êtres humains et pour leur participation au processus démocratique de la société moderne. Mais elle ne saurait être considérée comme le droit illimité qu'aurait la classe dirigeante à insulter autrui et à causer des tensions, voire de la violence, la guerre et la destruction. La liberté d'expression devrait toujours être subordonnée à l' éthique et aux lois qui régissent un comportement civilisé parmi les peuples et les nations.

Un gouvernement réactionnaire

L'étendue des manifestations anti-danoises qui ont balayé l'ensemble du monde musulman au cours des dernières semaines ont surpris l'opinion publique danoise. Très peu de gens, ici, s'attendaient à ce que quelque chose de semblable puisse arriver. Durant des années, ont a inculqué aux Danois la persuasion qu'ils vivaient dans le meilleur des mondes ; qu'ils étaient eux-mêmes tellement tolérants et que tous les autres, en particulier les musulmans, étaient tellement intolérants ; que leur pays était respecté et que leur gouvernement était bien intentionné et généreux ; que les troupes danoises en Afghanistan et en Irak faisaient un excellent boulot humanitaire et qu'elles étaient reçues avec des pétales de rose et des grains de riz par la population locale, etc.

Si ce mensonge a perduré et s'il a pris racine, c'est parce que la presse danoise, en dépit de sa propre prétention au libéralisme et à la largeur d' esprit, est devenue parmi les plus contrôlées et enrégimentées en Europe. Ce contrôle explique aussi pourquoi le peuple danois n'a pas vu ce qui était déjà dans le tuyau depuis plusieurs années.

Le Danemark qui était connu, il y a une vingtaine d'années, pour son État providence social-démocrate, son aide humanitaire au tiers-monde et sa politique marginale qui présentait une relative résistance aux projets les plus agressifs de l'Otan et de l'impérialisme américain, s'est transformé, peu à peu, en un pays parfaitement réactionnaire. Sur le plan international, cela s'est traduit par la subordination du Danemark à l'impérialisme états-unien et à sa participation dans les guerres d'agression contre la Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak. En même temps, l' « aide » extérieure danoise est de plus en plus conditionnée par l'acceptation de positions néolibérales et proimpérialistes des récipiendaires.

Quant au plan national, la législation soi-disant « antiterroriste », les tentatives de criminaliser les communistes et le ton toujours plus intolérant du débat sur l'immigration ne sont que certaines des expressions d'un État réactionnaire qui a été censuré à plusieurs reprises par l'Onu, le Conseil de l'Europe et Amnesty International en raison de ses violations des droits de l'homme.

Aujourd'hui, le peuple danois paie le prix des agissements stupides de sa classe dirigeante arrogante et réactionnaire. Même les journalistes qui racontaient des bobards depuis des années ont fini, comme Hitler en 1941, par être pris à leurs propres mensonges. Ils croyaient apparemment à ce qu' ils écrivaient et disaient, et ils sont aujourd'hui tout aussi surpris que la plupart des gens. Mais au lieu de pratiquer leur autocritique et de remettre en question leur rôle, ils sont aujourd'hui en quête de boucs émissaires. Et ils en ont trouvé, parmi certains imams du coin qui - ils le reconnaissent eux-mêmes - se sont livrés à des manipulations contradictoires afin de promouvoir leur propre agenda politique.

Dans une telle situation, la réponse arrogante du gouvernement consiste à établir un distinguo entre les « bons » et les « mauvais » musulmans et à promouvoir une organisation nationale des « bons », tout en ignorant ou en diffamant les « mauvais ». Cela peut à la rigueur résoudre un problème concret, dans cette situation concrète où le gouvernement recherche désespérément quelques alliés chez les musulmans, mais sur le long terme, cela ne pourra que jeter encore un peu plus d'huile sur l'incendie.

Cela dure depuis plus de cent ans

La crise actuelle ne saurait être expliquée qu'au seul moyen des caricatures et de l'arrogance des cercles dirigeants danois, même s'ils y ont considérablement contribué. La véritable explication se trouve dans les humiliations répétées subies par les peuples musulmans depuis plus d'un siècle, tout d'abord sous la férule du colonialisme européen, et aujourd'hui sous la forme d'une domination impérialiste conjointe américano-européenne, faite d'agressions incessantes, d'occupations et d'imposition des intérêts impérialistes occidentaux à leurs pays respectifs. La réaction musulmane est en route depuis bien longtemps. A la lumière de ceci, est-il entièrement fortuit que ce soient précisément le Danemark et des caricatures qui aient déclenché la révolte actuelle parmi les peuples musulmans ? Cela serait produit, de toute manière, tôt ou tard.

A la surface des choses, la révolte actuelle prend la forme d'un clash entre civilisations, une sorte de guerre de religion, avec tout le fanatisme irrationnel, les différents intérêts, les dangers et les lignes de césure floues que ce genre de conflit entraîne. Mais par essence, il s'agit d'un important mouvement anti-impérialiste, dirigé contre l'impérialisme mondial dirigé par les USA d'Amérique, et dont le Danemark est un petit frère zélé et arrogant. En tant que communistes danois, nous saluons ce mouvement, et nous espérons qu'il trouvera des expressions de plus en plus claires et de plus en plus conséquentes.

Toutefois, le fait que cette crise ait pris une forme religieuse, mêlée de fanatisme et de différentes arrière-pensées locales et régionales crée aussi de la confusion et des contradictions subalternes, rendant plus complexe la constitution d'un front anti-impérialiste international. Le fait de brûler des drapeaux danois et des symboles nationaux danois, par exemple, aussi justifié soit-il, est insulte aux sentiments nationaux d'un très grand nombre de Danois, et contribue ainsi à renforcer les partis de droite et d' extrême droite. D'après les derniers sondages d'opinion, le soutien au Parti du Peuple Danois (extrême droite) s'est considérablement accru au cours des dernières semaines. Il talonne pratiquement aujourd'hui le Parti Social Démocrate, et il est donc en passe de devenir le deuxième parti au Danemark, par le nombre de ses partisans.

Mais la situation nationale est très contradictoire. Les sondages d'opinion indiquent aussi que, même si près de 80 % de la population soutient le quotidien Jyllands Posten dans son refus de présenter d'authentiques excuses, en même temps, un nombre croissant de Danois, qui représentent désormais un peu moins de la moitié de la population, comprennent que les musulmans se sentent insultés par les caricatures. Des manifestations et des démonstrations spontanées de tolérance et de solidarité sont en train d' émerger, partout. Autre résultat positif de la révolte dans les pays musulmans : un tiers des soldats danois qui auraient dû être envoyés en Irak prochainement refusent maintenant de partir. On le constate : une importante bataille d'idées est en train de se dérouler au sein de la société danoise.

La position des Communistes danois

Le Parti communiste ML du Danemark, qui prépare, avec d'autres forces communistes, la fondation d'un Nouveau Parti Communiste, lors d'un Congrès d 'Unification, en novembre prochain, prend une part active dans la lutte de classe et dans la bataille des idées aujourd'hui en cours. Notre principale ligne d'action est la lutte pour l'unité de la classe ouvrière et la mobilisation des syndicats locaux et nationaux contre la politique de division de la bourgeoisie gouvernante. En même temps, nous exigeons que les éditeurs du quotidien Jyllands Posten présentent des excuses incontestables pour avoir imprimé les caricatures et que le gouvernement donne suite d'une manière qui établisse sans aucune ambiguïté qu'il réprouve cette provocation.

Notre parti est également très actif dans la préparation de grandes manifestations contre la guerre, le 18 mars prochain, sous la bannière du retrait des troupes danoises d'Irak. En même temps, nous renforçons notre solidarité avec la résistance irakienne et avec le peuple palestinien, tout en condamnant les pressions et les menaces impérialistes qui visent l'Iran, la Syrie et d'autres pays souverains. Nous pensons que la crise actuelle doit être mise à profit afin de renforcer le mouvement anti-impérialiste de solidarité avec les peuples opprimés, dans le monde entier.

Enfin, nous souhaitons dire à nos frères et à nos sœurs, les musulmans et les musulmanes, qu'en fin de compte nous avons les mêmes ennemis : l' impérialisme américain dirigé par l'administration Bush, et que nous devons nous unir pour former un large front international afin de lutter contre cet ennemi numéro Un de l'Humanité.

Groupe Bilderberg : le monde qu’ils nous préparent…


Depuis 1954, les conférences Bilderberg réunissent chaque année dans le plus grand secret les représentants de l’élite politique, économique, financière et médiatique pour décider de la direction des marchés et de l’évolution des conflits, sans jamais rendre public le contenu de ses débats. À l’issue du groupe Bilderberg de mai dernier, le journaliste Daniel Estulin, de la revue Nexus, a su obtenir des informations sur les propos échangés. Édifiant.
Origines du Groupe Bilderberg
Le « Bilderberg Group » est apparu en 1952, sous l’impulsion du prince Bernhard des Pays-Bas, et la première réunion s’est tenue à l’hôtel Bilderberg de Oosterbeek, en Hollande. Parmi les « Bilderbergers », figuraient déjà des banquiers, des universitaires, des politiciens et des hauts fonctionnaires. Conçu au départ pour organiser l’unité occidentale contre l’expansion soviétique, le groupe a tout de suite adopté des mesures de confidentialité absolues : aucun moyen d’enregistrement des débats, aucun compte-rendu, engagement solennel des participants à ne divulguer aucune information à l’extérieur, etc. Jusqu’en 1976, la présidence fut assurée par le prince Bernhard de Lippe, puis par le milliardaire David Rockefeller, véritable initiateur du Bilderberg Group. Aujourd’hui, il est présidé par le vicomte Etienne Davignon.
Lire la suite http://lyon.novopress.info/?p=1471

 

Après le massacre de Benghazi, deux têtes tombent, Jörg Haider s'en mêle et des manifestants sont tués au Nigeria : le Jyllands-Posten mérite bien son surnom de Jyllands-Pesten (la Peste du Jylland)


Roberto Calderoli n'est plus ministre à Rome et Nasr El Mabrouk ne l'est plus à Tripoli. Le premier a dû démissionner après sa provocation télévisée - il a montré la caicature danoise qu'il portait sur son T-shirt -, le second a été suspendu de ses fonctions pour "l'usage excessif et inappropré de la force" dont ont fait preuve ses hommes face aux manifestants de vendredi à Benghazi. Le ministre libyen a de surcroît été présenté à un juge d'instruction Les policiers ont effet tué 11 manifestants, dont 4 Palestiniens et Égyptiens. Ils ont sans doute paniqué et ne disposaient pas d'un équipement permetant d'arrêter l'émeute sans tuer. Les affrontements ont duré six heures. Le gouvernement de la Jamhariya a décrété dimanche journée nationale de deuil.
Samedi, la fièvre s'est déplacée au nord du Nigeria, où seize manifestants ont été tués par la police, dont 15 à Maiduguri et 1 à Katsina. À Maiduguri, les manifestants s'en sont pris à des comemrces tenus par des chrétiens et à des églises, tandis qu'à Katsina, la fièvre a été attisée par une rumeur prêtant au président Obasanjo l'intention de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat présidentiel.
Pour en revenir à la provocation de Calderoli qui a mis le feu aux poudres en Libye, il faut préciser qu'il a fait son show dans l'émission suivant le journal télévisé de la première chaîne de la télévision publique, le TG1 de la RAI, animée par le directeur des informations Clemente Mimun, qui, outre le fait qu'il est citoyen iitalien, est aussi citoyen...israélien. C'est un vieux journaliste expérimenté et on a du mal à croire qu'il n'ait pas été prévenu par Calderoli qu'il avait l'intention de déboutonner sa chemise pour montrer son T-shirt.
Pendant ce temps, à Tripoli, c'est une autre figure pittoresque de la poliique européenne qui faisait son show : Jörg Haider, le leader d'extrême-droite du parti autrefois libéral, le FPÖ, est invité par Seif Al Islam Kadhafi, le fils du dirigeant libyen et président de la Fondation Kadhafi. Il doit rencontre le Colonel. Le 7 février, Haider avait conseillé au gouvernement de Vienne d'inviter Kadhafi en Autriche pur tenter de désamorcer la crise suscitée par les caricatures danoises. Petit détail qu'oublie sans doute Haider : Kadhafi est aussi peu musulman que lui.


Une provocation du ministre italien Calderoli provoque 11 morts et 25 blessés à Benghazi en Libye


Roberto Calderoli est un provocateur professionnel. Parmi la bande de mafieux et de coquins qui constitue le gouvernement de Silvio Berlusconi, le bandit qui se prend pour Napoléon, le ministre des Réformes se distingue particulièrement par ses gesticulations et ses propos de bas étage.
Quelques exemples, titrés des archives de Quibla :
En janvier 2003, alors qu'il est vice-Président du Sénat, il suggère à toutes les Italiennes "de cinq ans et plus" de "mettre dans leur sac une belle paire de ciseaux et de les utiliser à fond" pour se défendre des "agressions bestiales des immigrés". Et il poursuit: « Nous faisons face à des épisodes abominables, à une nouvelle urgence Vache folle: des fillettes et des jeunes filles agressées, dépouillées non seulement de leurs habits mais de leur dignité par le fait de bêtes. Il faut réagir en conséquence. »
En août 2004, il déclare qu' "il est nécessaire d'utiliser la force pour repousser les clandestins" venus par la mer et qui s'échouent sur l'île de Lampedusa quand ils ne se noient pas. "Nous ne sommes pas la Croix-Rouge. Le terrorisme islamique utilise cette porte ouverte à l'immigration clandestine pour entrer dans le pays. Notre peuple a le droit à la légitime défense."
En novembre 2005, Calderoli est avec Mario Landolfi, ministre des Communications, le seul représentant du gouvernement Berlusconi à participer à un rassemblement. "vive Israël, vive la liberté !" organisé par Giuliano Ferrara devant l'ambassade d'Iran à Rome.
Mais cette semaine, 'homme qui a pris la succession d'Umberto Bossi - réduit à l'état de légume - à la tête de la Ligue du Nord, organisation raciste et démagogique, a dépassé toute borne : interviewé à la télévision, il a déboutonné sa chemise pour montrer le T-shirt qu'il portait, orné d'une des caricatures danoises du Prophète.
Quelques heures plus tard, au sortir de la grande prière du vendredi, un millier de Libyens se sont rassemblés autour du consulat d'Italie à Benghazi pour protester contre cette énième provocation venue du Nord. Bilan officiel : 11 morts et 25 blessés. Les 60 policiers présents ont été "débordés".
Très rapidement après le début des "incidents", le ministre de l'Intérieur Pisanu a téléphoné à Mouammar Al Kaddhafi pour lui dire qu'il se distanciait des propos de Calderoli, ce à quoi le colonel lui a répondu que le moins qu'il attendait, c'était la démission du provocateur. Pisanu a insisté sur la volonté de son gouvernement de maintenir un "dialogue entre l'Islam et l'Occident".
À Nassiriyah en Iraq et à Hérat en Afghanistan, deux villes occupées par des soldats italiens, des sermons du vendredi ont condamné fermement la provocation de Calderoli, mais n'ont pas été suivis de manifestations.
Toute la classe politique s'est jetée sur cette aubaine - on est en pleine campagne électorale en Italie - et a réclamé à cor et à cri la démission du provocateur. Même son boss, Silvio Berlusconi, s'est joint au choeur de ceux qui demandent le départ du provocateur. Il a d'ailleurs déclaré s'être entretenu avec Umberto Bossi, lequel a pris ses distances de son successeur. Alors, finie la carrière de Roberto Calderoli ? Il pourra toujours chercher à se faire embaucher comme comique-troupier au Royaume du Danemark. Il lui faudra cependant faire preuve de prudence : sur un forum islamiste sur internet, un groupe armé a écrit : « Nous disons à ce Croisé d'être patient, car l'armée de l'Islam conquerra Rome. Les déclarations du ministre italien ne s'envoleront pas avec le vent. » À bon entendeur...


Una provocazione del ministro italiano Calderoli fa 11 morti e 25 feriti a Bengasi in Libia


http://quibla.net/edito2006/tribune2006-1b.htm, 18 febbraio 2006

Tradotto dal francese in italiano da Mirumir, membro di Tlaxcala, la rete di traduttori per la diversità linguistica (tlaxcala@tlaxcala.es). Questa traduzione è in Copyleft.


Roberto Calderoli è un provocatore professionista. Nella banda di mafiosi e di briganti che costituisce il governo di Silvio Berlusconi, il bandito che si crede Napoleone, il ministro delle Riforme Istituzionali si distingue soprattutto per il suo gesticolare e per le sue uscite di bassa lega.

Alcuni esempi, dagli archivi di Quibla:

Nel gennaio del 2003, quando è vicepresidente del Senato, suggerisce a tutte le italiane "dai cinque anni in su" di "mettersi in borsetta un bel paio di forbici e di usarle fino in fondo" per difendersi dalle "aggressioni bestiali degli immigrati." E prosegue: "Ci troviamo di fronte ad episodi abominevoli, ad una nuova emergenza Mucca pazza: bambine e ragazze aggredite, spogliate non solo degli abiti ma della propria dignità ad opera di bestie. Bisogna reagire di conseguenza."

Nell'agosto del 2004 dichiara che "è necessario usare la forza per respingere i clandestini" che sono venuti dal mare e che sbarcano sull'isola di Lampedusa, quando non annegano prima. "Non siamo la Croce Rossa. Il terrorismo islamico utilizza questa porta aperta all'immigrazione clandestina per entrare nel paese. Il nostro popolo ha diritto alla legittima difesa."

Nel novembre del 2005, Calderoli è, insieme al ministro delle Comunicazioni Mario Landolfi, il solo rappresentante del Governo a partecipare ad una manifestazione, "Viva Israele, viva la libertà!", organizzata da Giuliano Ferrara davanti all'ambasciata dell'Iran a Roma.

Ma questa settimana l'uomo che è succeduto ad Umberto Bossi - ormai ridotto ad un vegetale - alla testa della Lega Nord, organizzazione razzista e demagogica, ha passato il segno: in un'intervista televisiva si è sbottonato la camicia per mostrare la maglietta che indossava, sulla quale era disegnata una delle vignette danesi raffiguranti il Profeta.

Poche ore più tardi, dopo la grande preghiera del venerdì, un migliaio di libici si è riunito all'esterno del consolato italiano a Bengasi per protestare contro l'ennesima provocazione venuta dal nord. Il bilancio ufficiale è di 11 morti e 25 feriti. I 60 poliziotti presenti si sono trovati "in difficoltà."

Subito dopo l'inizio degli "incidenti" il ministro degli Interni Pisanu ha telefonato a Mohammar Gheddafi per dirgli che prendeva le distanze dal gesto di Calderoli, al che il colonnello gli ha risposto che come minimo si aspettava le dimissioni del provocatore. Pisanu ha insistito sulla volontà del suo governo di mantenere "un dialogo tra l'Islam e l'Occidente."

A Nassiriya in Iraq ed a Herat in Afghanistan, due città occupate dai soldati italiani, i sermoni del venerdì hanno condannato fermamente la provocazione di Calderoli, ma non sono seguite manifestazioni di protesta.

Tutta la classe politica si è gettata su questa fortuna inaspettata - l'Italia è in piena campagna elettorale - e ha chiesto a gran voce le dimissioni del provocatore. Perfino il suo boss, Silvio Berlusconi, si è unito al coro di coloro che chiedono l'allontanamento di Calderoli. Ha dichiarato di aver parlato con Umberto Bossi, il quale ha preso le distanze dal suo successore.

È dunque finita la carriera di Roberto Calderoli? Potrà sempre cercare di farsi ingaggiare come soldatino da varietà nel Regno di Danimarca. E dovrà anche dar prova di prudenza: su un forum islamista in rete, un gruppo armato ha scritto: "Diciamo a questo Crociato di aver pazienza, perché l'armata dell'Islam conquisterà Roma. Le dichiarazioni del ministro italiano non voleranno via nel vento". A buon intenditor...

A provocation by the Italian minister Calderoli causes 11 deaths and 25 wounded in Benghazi (Libya)


from http://quibla.net/edito2006/tribune2006-1b.htm , 18 February 2006
Translated from Italian by Mary Rizzo, member of Tlaxcala, the network of translators for linguistic diversity (tlaxcala@tlaxcala.es). This translation is on Copyleft.

[Translator's note: It is important to bear in mind the role that Italy plays in the collective consciousness of the Libyan people. In the period of European colonialism, all of Libya was an Italian colony. Only in 1951 did it obtain full independence. Italy had managed to become the first European nation to attempt to establish full diplomatic and commercial relations with Libya, setting it apart from the nations under the American umbrella. Libyans, in this way, look to Italy with a sentiment of both love and loathing, and are extremely sensitive to how Italy behaves regarding Libyan, North African and Islamic issues. There are dealings underway to allow Italians who were expelled from Libya to return.

The interview with Calderoli did not happen in a vacuum. It occurred during the prime time after news interview show "Dopo il TG", conducted by the news director of the national network's major news desk, RAI TG 1, Clement J Mimun. Mimun is a prominent and vocal supporter of one of the States he is a citizen of, Israel. He has been in the news profession for many years, and it seems peculiar that such an event could take place in a totally improvised way and without a "safety net", knowing that the newspaper that the Northern League refers to, "La Padania", had published these cartoons, and the extemporaneous nature of the guest speaker. MR]

Roberto Calderoli is a professional provocateur. In the band of mafiosi that constitutes the government of Silvio Berlusconi, the bandit who fancies himself Napoleon, the Minister of Institutional Reforms distinguishes himself particularly for his gesticulations and his comments often in bad taste.

Some examples, from the archives of Quibla:

In January of 2003, when he was the Vice President of the Senate, he suggested to all the Italian women “over five years of age" to “put in their handbags a nice pair of scissors and to use them to the limit" in order to defend themselves from the “bestial aggression from immigrants." And he continued: “We are faced with abominable episodes, with a new emergency of Mad Cow: little girls and teenagers are attacked, stripped not only of their clothing but also of their dignity, which is the work of beasts. We have to react to all of this."

In August of 2004 he declared that “it is necessary to use force to push the illegal aliens back," who have come from the sea and are disembarking on the island of Lampedusa, when they don’t drown first. “We aren’t the Red Cross. Islamic terrorism uses this open door to illegal immigration to enter into the country. Our population has the right to legitimate defence."

In November of 2005, Calderoli was, together with the Minister of Communications Mario Landolfi, the only representative of the government to participate in a protest march “Long Live Israel, Long Live Liberty!" organised by Giuliano Ferrara before the Iranian embassy in Rome.

But this week the man who succeeded Umberto Bossi - now reduced to little more than a vegetable - at the head of the Northern League, a racist and demagogic political party, has crossed the border: in a televised interview he unbuttoned his shirt to show the T-shirt he was wearing, upon which was printed one of the Danish cartoons depicting the Prophet. A few hours later, after the Friday prayers, a thousand Libyans reunited outside the Italian Consulate at Benghazi to protest against the umpteenth provocation from the north. The official number is 11 dead and 25 wounded. The 60 policemen present on the scene found themselves “in difficulty."

Immediately after the start of the “incidents" the Italian Minister of Internal Affairs Pisanu telephoned Muammar Gheddafi to distance himself from the act of Calderoli, to which the Colonel replied that at the very least they expected the dismissal of the provocateur. Pisanu insisted upon the will of his government to maintain “dialogue between Islam and the West."

At Nassiriya in Iraq and at Herat in Afghanistan, two cities that are occupied by Italian soldiers, the Friday sermons had severely condemned the provocations of Calderoli, but no protest demonstrations had followed.

The entire political class has thrown itself on this unexpected fortune - Italy is in the midst of its electoral campaign for the new parliament and government - and had loudly called for the dismissal of the provocateur, even his boss, Silvio Berlusconi, had joined the chorus of those who are asking for the head of Calderoli. He stated that he had spoken with Umberto Bossi, who had distanced himself from his successor.
Is the career of Roberto Calderoli therefore finished? He could always try to recycle himself as a head clown for the Royal family of Denmark. And he could even show a bit of prudence: on an Islamist forum on Internet, an armed group had written: “Let¹s tell this crusader to be patient, because the Islamic Army will conquer Rome. The declarations of the Italian minister will not be blown away in the wind." To those who catch the drift...

Una provocación del ministro italiano Calderoli causa 11 muertos y 25 heridos en Benghazi (Libia)


http://quibla.net/edito2006/tribune2006-1b.htm, 18 de febrero de 2006
Traducido del francés para Rebelión y Tlaxcala por Rocío Anguiano, revisado por Juan Vivanco, miembros de Tlaxcala, la red de traductores por la diversida lingüistica (tlaxcala@tlaxcala.es). Esa traducción es Copyleft.

Roberto Calderoli es un provocador nato. Entre la banda de mafiosos y bribones que forman el gobierno de Silvio Berlusconi, este facineroso que se cree Napoleón, el ministro de las Reformas, destaca especialmente por sus gestos y sus declaraciones de mal gusto.
Veamos algunos ejemplos, tomados de los archivos de Quibla:
En enero de 2003, cuando era vicepresidente del Senado, recomendó a todas las italianas de "más de cinco" años que "metieran en el bolso un buen par de tijeras y que las utilizaran como es debido" para defenderse de las "bestiales agresiones de los inmigrantes". Y seguía: "Nos enfrentamos a sucesos horribles, a una nueva emergencia Œvaca loca¹: niñas y jóvenes a las que se agrede y se despoja no solo de su ropa sino también de su dignidad por actos de animales. Hay que reaccionar en consecuencia".
En agosto de 2004, declaró que "era necesario utilizar la fuerza para rechazar a los clandestinos", que llegan por mar y que encallan en la isla de Lampedusa, cuando no se ahogan. "No somos la Cruz Roja. El terrorismo islámico utiliza esta puerta abierta a la inmigración clandestina para entrar en el país. Nuestro pueblo tiene derecho a la legítima defensa".
En noviembre de 2005, Calderoli fue, junto con Mario Landolfi, ministro de Comunicaciones, el único representante del gobierno de Berlusconi que participó en la concentración con el lema "viva Israel, viva la libertad" organizada por Giuliano Ferrara ante la embajada de Irán en Roma. Pero esta semana, el hombre que sucedió a Umberto Bossi -reducido al estado vegetal- a la cabeza de la Liga Norte, organización racista y demagógica, sobrepasó todos los límites y, en una entrevista en televisión, se desabrochó la camisa para mostrar su camiseta, estampada con una de las caricaturas danesas del Profeta.
Unas horas después, al salir de la oración del viernes, un millar de libios se concentraba frente al consulado de Italia en Bengazi para protestar contra esta enésima provocación del Norte. El balance oficial es de 11 muertos y 25 heridos. Los 60 policías que estaban allí se vieron "desbordados". Nada más empezar los incidentes, el ministro del interior Pisanu llamaba a Muammar Al Gadafi para mostrarle su repulsa ante las declaraciones de Calderoli, a lo que el coronel respondió que lo menos que esperaba era la dimisión del provocador. Pisanu ha insistido en la voluntad de su gobierno de mantener un "diálogo entre el Islam y Occidente".
En Nassiriya (Irak) y Herat (Afganistán), dos ciudades ocupadas por las tropas italianas, los sermones del viernes condenaron firmemente la provocación de Calderoli, pero después no hubo manifestaciones.
Toda la clase política ha aprovechado la ocasión -en Italia están en plena campaña electoral- y ha pedido a voz en grito la dimisión del provocador. Incluso el boss, Silvio Berlusconi, se ha unido al coro de los que piden la marcha de Calderoli. Asimismo, ha declarado que se ha entrevistado con Umberto Bossi, quien se ha distanciado de su sucesor. Entonces ¿la carrera de Roberto Calderoli está acabada? Siempre puede intentar trabajar como bufón en el Reino de Dinamarca. Sin embargo, tendrá que ser prudente. En un foro islamista en Internet un grupo armado ha escrito: "Le decimos a este Cruzado que tenga paciencia, porque el ejército del Islam conquistará Roma. Las declaraciones del ministro italiano no se desvanecerán en el aire". A buen entendedor...


Caricatures du Prophète : une manipulation néo-conservatrice ?


par Gilles Munier, AFI Flash n°55, 15 février 2006
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Des ambassades et des consulats du Danemark attaqués ou en flammes, des drapeaux danois brûlés par des manifestants en colère, des journalistes et des caricaturistes menacés de mort, le corps expéditionnaires danois en Irak calfeutré dans ses bases, des appels au boycottage des produits danois, norvégiens, françaisŠ Les extrémistes néo-conservateurs danois, américains, israéliens - ou autres - peuvent se frotter les mains : avec la publication des caricatures insultantes du Prophète Muhammad dans le Jyllands-Posten, relayé quatre mois plus tard par France-Soir et Charlie Hebdo, ils ont donné aux opinions publiques occidentales un avant goût du « Choc des civilisations ». Le bombardement préventif de l'Iran ou la Syrie, accusés par Condoleezza Rice de souffler sur les braises, est plus que jamais à l'ordre du jour.

La crise provoquée le 30 septembre 2005 par le quotidien Jyllands-Posten aurait pu se limiter au cadre danois. Il suffisait que des excuses sincères soient présentées aux musulmans du pays dans les jours qui suivaient. Mais c'est l'inverse qui s'est produit : les démarches des organisations musulmanes locales se sont heurtées à un mur de dédain ou d'arrogance. Le 20 octobre, le Premier ministre libéral Anders Fogh Rasmussen a fait savoir aux ambassadeurs de 10 pays arabes qui voulaient le rencontrer pour protester, qu'il n'avait pas le temps de les recevoir.

Quelque chose de pourri au Royaume du Danemark
Le Jyllands Posten n'a pas d'équivalent en France. C'est un quotidien xénophobe, voire raciste. Il mène des campagnes incessantes contre les immigrés musulmans, et entretient au Danemark un climat exécrable. Pour le rédacteur en chef de Politiken - autre quotidien danois ­ la publication des caricatures du Prophète n'avait pas d'autre but que « d'offenser, de conspuer la minorité musulmane » (1). La rédaction du quotidien l'avait d'ailleurs dit clairement à l'époque, avant qu'elle ne se retranche derrière la liberté d'expression.

Flemming Rose, responsable de la page « Kulture » du journal, est un proche de Daniel Pipes, néo- conservateur considéré aux États-Unis comme le principal théoricien de l'islamophobie (2). Il lui a d'ailleurs consacré en 2004 un article louangeur sous le titre « La menace islamiste »Š (3)

Daniel Pipes, très apprécié de George W. Bush, Dick Cheney et Paul Wolfowitz, dirige le Middle East Forum, un think tank dont le but est de « promouvoir les intérêts américains au Proche-Orient ». Sa grande idée a été la création de Campus Watch, un observatoire dénonçant les professeurs qui ne sont pas assez pro-israéliens à son goût. C'est en effet un fervent propagandiste d'Israël, de tendance ultra sioniste, c'est-à-dire reprochant à l'État hébreu ne pas réprimer suffisamment les Palestiniens. Pour lui les fondamentalistes musulmans sont des « tueurs potentiels » qu'il faut éliminer.

Il est l'auteur d'un article alarmiste intitulé « Les musulmans arrivent ! Les musulmans arrivent ! », publié en novembre 1990 dans la National Review, où il affirme que « les sociétés d'Europe occidentale ne sont pas suffisamment préparées à une immigration massive de gens à la peau mate, cuisinant des plats étranges et n'appliquant pas vraiment les normes d'hygiène allemandes ».

Excuses de circonstance
Excédés par le comportement méprisant des autorités, les organisations musulmanes danoises ont interpellé l'Oumma - la communauté des Croyants - à travers ses représentants officiels. Des délégués ont été envoyés au Caire par l'imam Ahmed Abou Laban, proche des Frères musulmans, pour demander à Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe, et au Cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, Grand imam de l'Université d'Al-Azhar, de réagir. Puis, le 6 décembre, Ahmed Akkari, porte parole d'un regroupement de 27 organisations musulmanes danoises, a remis les caricatures aux représentants de 57 pays réunis à La Mecque pour le sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), parmi lesquels le roi Abdallah d'Arabie et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (4).

Les libéro- conservateurs danois sont restés sourds aux protestations des États musulmans. Cela n'a rien d'étonnant quand on sait que pour le Parti populaire danois (Dansk Folkeparti - 13,3% des votes- 24 députés), qui les soutient au Parlement, les musulmans sont au Danemark pour le « conquérir, comme ils l'ont fait ces 1400 dernières années »(5). Pour ceux qui en doutaient encore, la provocation est devenue claire lorsque le Jyllands-Posten a autorisé la revue chrétienne norvégienne Magazinet à republier les caricatures le 10 janvierŠ pour l'Aïd Al-Fitr, la plus grande fête musulmane.

D'ailleurs, si le 30 janvier, Carsten Juste, directeur du Jyllands-Posten, a fini par « s'excuser », c'est uniquement parce que les intérêts commerciaux du Danemark, et la vie de Danois, sont en jeu. Et, il l'a fait de façon peu convaincante (6). Il a prévenu que c'était des « excuses » de circonstance, et que d'autres caricatures seront publiées, si besoin est. Le texte de sa déclaration publié en arabe sur son site ne trompe pas : il est différent de celui traduit en français (7).

French Connection
Les excuses hypocrites de Carsten Juste, puis celles du Premier ministre danois, auraient pu calmer le jeu et l'affaire prendre un autre cours si France-Soir n'avait pas relancé la campagne islamophobe et, par voie de conséquence, ajouter la France aux pays « blasphémateurs ». Comme Vebjoern Selbekk de Magazinet, Serge Faubert, rédacteur en chef de France-Soir, savait ce qu'il faisait en publiant les caricatures du Prophète. Au Proche-Orient ses amitiés sont pro-israéliennes et il est connu pour assimiler toute critique de l'idéologie sioniste à de l'antisémitisme. Pourquoi Rami (Raymond) Lakah, l'homme d'affaires franco-égyptien propriétaire du quotidien, a limogé le Pdg Jacques Lefranc en lui reprochant d'avoir porté atteinte aux «croyances et [aux] convictions intimes de chaque individu», alors que ce dernier était hostile, selon divers témoignages, à la publication des caricatures ?

France-Soir et Charlie Hebdo qui l'a imité, ne voulait pas seulement faire du coup publicitaire pour augmenter leur tirage ou alors il faudrait qu'ils expliquent ce qu'a à voir la recherche du profit à tout prix avec la déontologie journalistique. Dans cette affaire la liberté d'expression a bon dos et l'invocation des mannes de Voltaire par France-Soir relève de la crapulerie (8). L'incitation à la haine religieuse ­ c'est uniquement de cela qu'il s'agit - est le fond de commerce des néo-conservateurs et des extrémistes israéliens qui entraînent le monde dit chrétien dans une nouvelle croisade contre l'islam.

Deux poids, deux mesures
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a finalement porté plainte contre les médias ayant reproduit les caricatures du Prophète. Tant mieux, mais on doute qu'ils soient condamnés. En France, l'islamophobie se porte bien. L'écrivain Michel Houellbecq n'a-t-il pas été définitivement relaxé par la justice après avoir déclaré en 2001 au magazine Lire : « La religion la plus con, c'est quand même l'Islam » ; et Alain Finkielkraut, « philosophe » d'une certaine gauche française, n'a-t-il pas dit au quotidien israélien Haaretz (18 novembre 2005), sans être ensuite ostracisé: « Malgré tout ce que la France a fait pour eux les fils d'immigrés islamiques la haïssent. C'est comme çà dans leur culture. [Š] Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s'identifient à l'Islam» ?

Le 31 janvier, Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, avait raison de déclarer que la presse européenne "observe deux poids, deux mesures" envers l'islam et le judaïsme parce qu'elle «craint d'être accusée d'antisémitisme, mais invoque la liberté d'expression lorsqu'elle caricature l'islam». Il ne faut surtout pas croire que les musulmans sont les seuls à partager cette analyse.

(12/2/06)

Notes :
(1) Interview sur Europe 1 (1/2/05).
(2) Daniel Pipes, expert de la haine > http://www.voltairenet.org/article13765.html
(3) The threat of islamism, par Flemming Rose (Jyllands-Posten ­ 29/10/04). Voir traduction française sur cette même page de Quibla
(4) How a meeting of leaders in Mecca set off the cartoon wars around the world, par Daniel Howden (The Independant - 10/2/06) > > http://news.independent.co.uk/world/middleeast/article344482.ece
(5) Déclaration de Soren Krarup, prêtre a la retraite porte-parole du Dansk Folkeparti. > http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie#Au_Danemark
(6) Le dilemme du rédacteur en chef, interview de Carsten Juste, par Pierre Collignon (8/2/06) > http://www.jp.dk/udland/artikel:aid=3548096:fid=11332
(7) Le Phare ­ Blog de Gérard Klein ­ qui suit le développement de cette affaire avec beaucoup d'objectivité > http://gklein.blog.lemonde.fr
(8) France-Soir titrait en Une le 2 février : « Au secours Voltaire, ils sont devenus fou » ! Lire dans "La phrase du jour" l'opinion de Voltaire sur le Coran.

Un concours de "caricatures antisémites" réservé aux...juifs !

Un concours international de caricatures antisémites a été annoncé en Israël pour tourner en dérision celui que le grand quotidien iranien Hamshahri a récemment lancé pour se moquer de la Shoah, le génocide nazi, à la suite de l'affaire des caricatures de Mahomet. "Notre réponse à la violence, au mauvais goût et à la médiocrité, c'est l'autodérision et l'humour noir", affirme à l'AFP le dessinateur israélien indépendant Amitai Sandarovich, qui organise ce concours.

"Hamshahri n'innove pas, car jour après jour, la presse iranienne et arabe regorge de dessins antisémites (...) Je ne hais ni les musulmans ni les Arabes, et je crois que les juifs sont les mieux placés pour rire d'eux-mêmes. Aucun Iranien ne peut nous battre sur ce terrain", ajoute-t-il. "Nous n'allons ni incendier des ambassades, ni organiser des autodafés ou des manifestations sanglantes. Nous publierons ici (en Israël) les caricatures les plus haineuses de juifs encore jamais vues", dit ce dessinateur.

Il balaye les éventuelles répercussions de son initiative, estimant que "les antisémites n'ont pas besoin de prétextes".

Le concours est ouvert jusqu'au 3 mars uniquement aux juifs sur un site Internet (www.boomka.org.), et les meilleurs dessins seront exposés à Tel-Aviv et dotés de prix. M. Sandarovich compte sur la générosité des visiteurs de son site pour financer ces prix.

"Nous avons déjà reçu des centaines de réponses de juifs nous félicitant de notre initiative et se disant fiers d'appartenir à un peuple pour qui l'humour a toujours été un refuge", indique M. Sandarovich. Il cite le cas d'un juif américain dont le père est né en Iran et qui a eu ces mots: "J'espère que les juifs vont dominer le monde par l'humour". Parmi les caricatures déjà reçues, certaines relèvent du déjà vu comme le classique rabbin au nez crochu qui tient le globe terrestre dans sa main. Mais, d'autres sont plus sarcastiques. L'une d'elles montre ainsi Moïse qui descend du Mont Sinaï avec les tables de la Loi, accompagné de cette légende: "Onzième commandement: dominez les médias internationaux". Interrogé par l'AFP, le caricaturiste du quotidien Haaretz, Amos Biederman, a approuvé la tenue de ce concours.

"L'idée est sympathique. Les juifs sont les premiers à raconter des blagues juives. Nous devons effectivement réagir aux excès par l'humour et la modération. Il n'est pas question de mobiliser des foules en colère pour quelques caricatures", a-t-il dit.

Beaucoup plus circonspecte, Estie Yaari, porte-parole du Mémorial Yad Vashem de Jérusalem consacré à l'étude et au souvenir de la Shoah, estime en revanche qu'"il n'est pas évident que ce genre d'initiative soit la meilleure façon de répondre aux dangereuses prises de positions de Téhéran". Hamshahri a lancé un concours international de caricatures sur l'holocauste auquel il a invité les auteurs danois de douze dessins du prophète Mahomet publiées dans de nombreux journaux européens. Ces publications ont provoqué une vague de colère à travers le monde et plus particulièrement dans de nombreux pays musulmans. Le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a de son côté scandalisé la communauté internationale en qualifiant à plusieurs reprises la Shoah de "mythe" et en déclarant en octobre qu'Israël devait "être rayé de la carte".


Source : AFP, 16 février 2006

Des chambres à gaz hilarant(es)


par Sarah Blau, Haaretz magazine, 30 avril 2004.
Traduction de l'anglais : Yolanda Peorovich > yolapeor@hotmail.com
Source : www.israelshamir.net


C'est le plus grand tabou dans les charges satiriques israéliennes, mais c'est aussi la source intarissable de l'humour noir underground. Pourquoi il est impossible de plaisanter sur l'Holocauste en public, et ce qui, malgré le tabou, est acceptable.

Hitler... tomate. Remplacez les pointillés par l'expression correcte et vous avez une blague (Uzi Weil, The Back Page, Ha'ir weekly) Hitler et une tomate ? Le symbole du mal cosmique juxtaposé avec un légume stupide et banal ? En fait, pas la peine de rajouter quoique ce soit pour faire apparaître l'absurde. Mais un sentiment de faute apparaît immédiatement aussi. Une plaisanterie sur l'Holocauste ? Verboten ! D'un autre côté, c'est si horrible, ça dépasse tellement notre capacité de conceptualisation sur ce qui s'est passé, que tout ce qu'on peut faire, c'est de se marrer, en désespoir de cause. Ce sera donc comme un refuge pour tous ceux qui éclatent de rire en entendant par exemple ceci:

« Où se trouvait la plus haute concentration de juifs pendant l'Holocauste ? »

Réponse : « Dans l'atmosphère ».

Ne vous sentez pas mal à l'aise. Le rire libère, le rire est un moyen légitime d'auto-défense, le rire est une cure pour les maladies de l'âme, le rire ne peut que vous rapprocher du sujet, tout ça. Le seul problème, c'est qu'avec l'Holocauste, ces arguments ne marchent pas. Comme l'explique l' humoriste Kobi Arieli : « En 10 minutes je suis capable de convaincre le ministre de la justice Tommy Lapid, avec une argumentation logique, que le moyen le plus efficace de rendre hommage à la mémoire de ses parents c'est de demander un sketch à l'humoriste Gil Kopatch. Mais ça ne marchera pas, parce qu'à la deuxième phrase il squeezera le micro et quittera le studio. Et pourtant Tommy est quelqu'un qui comprend l'humour ». C'est que Tommy Lapid est aussi un survivant de l'Holocauste. Il y a des gens pour dire que c'est à cause des survivants, qu'on prend ces précautions inhabituelles. Les pessimistes diront que le lendemain de la disparition du dernier survivant, une orgie d'humour sauvage s'abattra sur le pays. Les optimistes soutiendront au contraire que le sujet atteindra dès lors le niveau de la sainteté inappréhensible et inépuisable. Quoi qu'il en soit, en 56 ans d'existence d'Israël, l'Holocauste se fait remarquer par son absence à l'appel, pour ce qui est de notre humour national. Même dans les rares tentatives faites pour amener le couteau au plus près de la jugulaire de la vache sacrée, la vache est restée impavide au centre de sa prairie, et ses mugissements ont été unanimement écoutés, sans que personne ne se mette à rigoler, parce que . 6 millions de cadavres, qu'est-ce qu'il y a de drôle, là-dedans ? Rien, six millions de juifs assassinés, il n'y a vraiment pas de quoi exercer la satire. Certes, il y a les blagues de mauvais goût, mais la satire c'est autre chose. Ce qui mérite un traitement satirique, en revanche, ce sont par exemple les gens qui commercialisent l'Holocauste, ceux qui font des affaires en mémoire des morts, ceux qui se sont approprié l'Holocauste pour eux-mêmes et qui l'invoquent dans un but politique.

« La Pologne classique en 14 jours, visite comprise de 7 camps de concentration ».

L'agente de voyage (au téléphone) : « Nous avons quelques tarifs exceptionnels pour la Pologne, que je vous recommande vraiment. Tout d' abord, le paquet touristique de base, qui comporte 5 camps de concentration en 10 jours, séjour en hôtel 4 étoiles à Varsovie, et une journée libre pour vos achats. Naturellement, nous avons aussi le circuit 'Pologne classique', en 14 jours, avec visite de 7 camps de concentration incluse, séjour en hôtel 4 étoiles et visite du ghetto de Varsovie, avec une après-midi libre pour le shopping. Sans oublier le Week-end en Pologne, un peu plus sportif, avec 7 camps de concentration en 3 jours, évidemment, pas de journée libre pour le shopping. Enfin bien sûr, le circuit de 12 jours avec visite de toute la Pologne et tous ses camps de concentration. La fille de ma sour l'a fait, avec son école, et c'était très impressionnant. Elle a pleuré, mais oui, à Auschwitz. »

La vendeuse raccroche, et revient à son client.

V : « Nous en étions à.»

Le client « Excusez-moi, mais ce que vous venez de dire, là, sur la Pologne, 7 camps en 3 jours, là, ça fait un peu.»

V. « Un peu trop, vous voulez dire? Vous n'avez pas idée de tout ce qu'on peut faire en 3 jours.»

C. Non, c'est pas ça, c'est plutôt que.»

V : « Un peu cher, peut-être ?»

C : « Non pas du tout ; je ne voudrais pas vous vexer, mais, est-ce que c'est pas un peu horrible, quelque part ? »

V : « Attendez, et ce qui a eu lieu dans ces camps, c'était pas un peu horrible peut-être ?

(« Les agents du chemin de fer » Sketch écrit par Assaf Tzipor, joué par les acteurs du Cameri Quintet Keren Mor et Shai Avivi)

Le Cameri Quintet (un groupe d'acteurs qui a un programme de gags sur la Deuxième chaîne) vise tout ce qui a rapport à la commercialisation, l' exploitation cynique, ceux qui lèvent les yeux au ciel en toute innocence et qui font des affaires avec la mémoire des morts de l'Holocauste. Quelque chose, en fait, dans leur travail, a fait tilt. Voici les sketchs en question : « Holocauste », par Assaf Tzipor, dans lequel un survivant raconte ses souvenirs des atrocités avec un grand effroi, jusqu'au moment où on découvre qu'il a été figurant dans le film La liste de Schindler ; « Le ghetto », par Tzipor aussi, où Shai Avivi explique à son partenaire Rami Heuberger comment se rendre à une soirée à Tel Aviv en prenant « l'Avenue des exécutés », le « Boulevard Auschwitz » et en passant par « Dachau Square » ; enfin « Le lobby israélien » par Etgar Kert, dans lequel deux fonctionnaires israéliens aux Affaires Sportives essaient de convaincre un Allemand qui a la responsabilité d'une course d'obstacle aux Jeux Olympiques de faire passer le joueur israélien en premier à cause de ses obligations héritées du passé

« La question, dans toutes les blagues, c'est de savoir de qui vous vous moquez », dit Uzi Weil, qui a également écrit pour le Cameri Quintet. « Si l 'humour est une arme, contre qui vous battez-vous ? C'est qui le sale type ? L'humour autour de la commercialisation de l'Holocauste s'attaque à l' hypocrisie et à la disparité entre les mots grandiloquents et ce que nous éprouvons réellement, quand nous utilisons des émotions très largement partagées pour des buts qui sont passablement plus restreints. Toutes les blagues au monde travaillent sur ce décalage, ce qui est parfaitement légitime ».

« La Knesset horrifiée par la comparaison entre Himmler et Hitler » (Comment osez-vous comparer, on ne peut pas comparer !)

1. « le Ketchup c'est l'Auschwitz des tomates » : commentaire du président du syndicat des producteurs de tomates dans la Vallée du Jourdain, dans un discours lors d'une manifestation orageuse des producteurs de tomate à la