Éditorial n°18– 4 décembre
2006
Mais quelle mouche a donc piqué
le MRAP ?
Dans un communiqué en date du 1er décembre 2006
– à lire ci-dessous dans son intégralité
– le MRAP demande au ministère de l’Intérieur
et au ministère de la Justice français l’interdiction
de notre site quibla.net, ainsi que celle de trois autres
sites web, tous qualifiés par le MRAP de « tribunes
internet de la haine », qu’il faudrait donc, selon
lui, « mettre hors d’état de nuire ».
Le communiqué du MRAP est étrange à plus
d’un titre : il ne cite quibla.net qu’en toute
fin de texte, au détour d’une virgule, comme
si une voix avait soufflé au rédacteur du texte
de rajouter ce nom.
Ce qui motive apparemment ce communiqué, c’est
l’appel au boycott lancé par un ou deux sites
islamophobes et adeptes du suprématisme blanc contre
une entreprise française qui vient de lancer une gamme
de produits halal, dont du foie gras. Mais le MRAP ne traite
cette affaire que par allusion, pour aussitôt enchaîner
sur un amalgame entre deux sites racistes et un site musulman.
On reconnaît bien là la technique préférée
de ces messieurs-dames du boulevard Magenta. Dans leur compétition
effrénée avec les deux autres officines de l’antiracisme
politiquement correct que sont la LICRA et SOS-Racisme, ils
ont un souci permanent d’équilibre dans la délation.
Ils n’attaquent jamais un groupe, site ou publication
islamophobe sans attaquer en même temps un groupe ou
site antisioniste, évidemment qualifié d’antisémite.
Ceci dans un souci de se protéger contre les accusations
de partialité « pro-islamique ».
Le MRAP se trompe d’époque et de pays : nous
ne sommes pas dans l’Union soviétique des années
1950 et Internet n’est pas la Pravda. Internet est par
définition pluraliste. Tout le monde ne peut pas être
d’accord avec tout ce qui se publie sur Internet. On
peut combattre des publications avec lesquelles on n’est
pas d’accord par d’autres moyens que l’interdiction
policière, indigne d’une démocratie et
qui constitue une insulte à la faculté de discernement
des internautes. Nous-mêmes, nous avons par exemple
combattu en leur temps des sites sionistes ou suprématistes
blancs par la dérision et la contre-information.
Nous laissons le soin aux autres sites dont le MRAP demande
la « mise hors d’état de nuire »
de se défendre eux-mêmes.
Pour notre part, nous demandons publiquement au MRAP d’apporter
la preuve de ses allégations contre quibla.net ou de
les retirer publiquement, faute de quoi nous nous verrons
obligés d’engager des poursuites judicaires.
Ce ne sera pas de gaieté de cœur car nous avons
mieux à faire que de perdre notre temps dans les tribunaux.
Mais nous ne pouvons tolérer d’être rangés
parmi les sites qui « publient des textes accusant les
juifs de crimes rituels » ou qui « incitent à
la haine contre les populations musulmanes, arabes ou africaine
». Cette double accusation est évidemment grotesque
pour toute personne sachant lire mais nous ne pouvions nous
taire face à elle, car, c’est bien connu, qui
ne dit mot consent.
La rédaction de quibla.net
Le texte du MRAP :
"Je suis partout" bientôt dans les kiosques
?
La question est posée dès lors que des sites internet
publient des textes accusant les juifs de crimes rituels dans
des termes qui rappellent le journal antisémite de Céline
"je suis partout". D'autres sites incitent aussi à
la haine contre les populations musulmanes, arabes ou africaine.
Des artistes, des magistrats, des avocats, des associations
et leurs représentants, des entreprises, des maires subissent
les campagnes de haine développées par ces médias
racistes, par exemple quand une
municipalité autorise l'implantation d'une mosquées
dans le cadre des textes en vigueur ou quand une entreprise
développe une ligne de produits Hallal conformément
au code rural qui en détermine la
production : ils font l'objet de campagnes ignobles émanant
des racistes du Net.
Faute de réponse ferme de la société, le
MRAP s’interroge car comment justifier la totale impunité
dont bénéficient des centaines de sites ou de
blogs qui distillent une prose digne des années sombres.
Les journaux, libraires, radios, télévisions sont
soumis aux exigences de la loi, dont celle contre le racisme.
Comment tolérer que sur internet soit diffusée
en toute impunité, dans des centaines de sites Ou de
blogs, une campagne de haine, sans poursuite juridique, sans
condamnation ?
Les libertés fondamentales, la protection des citoyens,
ne sauraient être soumises à l'évolution
des techniques. L'esprit des lois en vigueur dans ce domaine
d'expression ne doit pas devenir caduc du fait de l'existence
du web. Il est inacceptable que les racistes du net aient un
statut privilégié.
Alors qu'on vide les tribunes racistes de nos stades, allons
nous laisser sans réaction les tribunes de la haine,
telles qu'on peut les découvrir sur des sites comme:
France-Echos, STCOM, Occidentalis et Tant d'autres sur internet.
Le MRAP estime qu’il convient de faire une application
systématique de la loi contre le racisme aux délinquants
du Net. Il dénonce l’attitude qui consiste à
classer sans suite des signalements effectués par le
MRAP au Parquet. Il attend du Ministère de l’Intérieur
et du Ministère de la Justice une mobilisation conséquente
pour mettre hors d’état de nuire les tribunes internet
de la haine telles que STCOM, QUIBLA, France-Echos, Occidentalis
et tous les sites similaires : c'est une question de volonté
politique.
Paris, le 1er décembre 2006
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les
Peuples
43 bd Magenta - 75010 Paris
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