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Edito



Poète militaire, par Enzo Apicella :
Tourments poétiques du général chargé des noms de massacres - Dans la bulle : Soupirs d'enfants, Brise du soir, Douce est la nuit - Sur la feuille : Vent chaud, Souffle suspendu, Mensonge à chaud - Sur le tableau : Pluie d'été OK ! 240 morts; Nuages d'automne, en cours

Avis de forte tempête

Éditorial n° 16 – 13 novembre 2006
Au lendemain du 11 novembre, jour où les belligérants de 14-18 ont rituellement commémoré leurs morts (le Première Guerre mondiale fit entre 10 et 17 millions de morts), il nous faut parler des vivants qui meurent sous nos yeux ici et maintenant.

À Gaza, la machine génocidaire sioniste a lancé sa dixième opération « Nuit et brouillard » depuis le soi-disant retrait de Gaza, qui a fait une bonne centaine de morts en moins d’une semaine. Il y a, à l’État-major israélien, un poète anonyme chargé de trouver des noms poétiques pour qualifier les crimes de guerre planifiés. Après « Pluies d’été », voici donc « Nuages d’automne », en attendant « Frissons d’hiver » et « Soleil printanier ».

Les sionistes ne sont pas arrivés à déclencher la guerre civile entre Palestiniens. Ils pensaient faire faire le sale boulot, consistant à liquider le Hamas et la résistance, par le Fatah. Celui-ci a déçu ses commanditaires. Il faut donc, une fois de plus, que Tsahal fasse elle-même le « travail » consistant à tuer à bout portant des femmes et des enfants, à assassiner et torturer des hommes, à détruire toutes les infrastructures, bref à poursuivre son génocide tranquille.

Et pourtant, ils n’arrivent pas à briser le peuple palestinien, qui fait preuve d’une résistance admirable. À Beit Hanoun, ce sont les femmes qui ont affronté les tanks à mains nues pour tirer leurs garçons, frères et maris des griffes de l’agresseur. Lisez à ce sujet le témoignage très fort de Jamila Al Shanti, députée du Hamas, qui a pris la tête de cette résistance.

Les sionistes, ayant désormais dépassé toutes les bornes connues de la « chutzpah » (le culot en hébreu) continuent à nous seriner leurs couplets sur « l’antisémitisme », dont Ils s’acharnent à nous répéter, contre toute évidence, qu’il est en augmentation en Europe et en France. Et la classe politique des pays démocratiques continue, à quelques exceptions près, à entonner les couplets de cette rengaine. Pour répondre à tout ce beau monde, nous publions les caricatures primées au concours international de caricatures sur l’Holocauste, organisé à Téhéran en réponse aux caricatures danoises du prophète (voir dans Coups de dent).


Stupeur militaire, par Ferreres
-Je ne comprends plus rien.
-Après le boulot d'extermination de la population, on nous ordonne de faire une enquête.
-Au moins, qu'ils nous le payent en heures sup !
Ferreres, El Periódico de Catalunya, 11-11-06

Ce week-end à Paris, le Congrès juif mondial a réuni son conclave annuel. Il s’agissait pour lui de faire le point sur l’état de ses troupes à travers le monde et de définir les tactiques à adopter pour l’année qui vient dans la « hasbara » (la propagande en hébreu). Et Dominique de Villepin, Premier ministre français, a fait un discours pour clore ce congrès, où auront défilé Bernard Henri Lévy, Monseigneur André Vingt-Trois et…Dalil Boubakeur.
Tout cela n’est pas réjouissant. Mais pour vous consoler, il y a de bonnes nouvelles :

Aux USA, Bush et sa bande ont pris une raclée. Résultat immédiat : la disparition du sinistre Rumsfeld. Sans nous faire d’illusions, reconnaissons tout de même que c’est une bonne chose.

Au Mexique, le valeureux peuple d’Oaxaca est parti à l’assaut du ciel et poursuit son combat pour la liberté, la justice et la démocratie. À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca vient d’achever congrès constitutif. Dans les jours et les semaines qui viennent, cette forme d’organisation populaire et originale, inventée par les gens d’Oaxaca, devrait se généraliser à tout le Mexique. Les gens d’Oaxaca semblent être en train de réussir là où aussi bien les zapatistes que la gauche institutionnelle – le PRD de Lopez Obrador - avaient échoué : réaliser une union populaire de lutte contre le régime « libéral » corrompu. Lire à ce sujet nos documents

Au Nicaragua, l’Empire a pris une nouvelle baffe avec l’élection de Daniel Ortega, leader du sandinisme officiel. Quoiqu’on puisse penser du « comandante », une chose est sûre : il est fermement opposé à l’Empire. Le Nicaragua rejoint donc ainsi le camp des pays qui résistent officiellement à l’Empire : Cuba, Venezuela et Bolivie. Ce camp pourrait prochainement s’élargir à l’Équateur, si le candidat Rafael Correa l’emporte au deuxième tour.
Bref, comme dit la célèbre chansonn de Bob Dylan, « pas besoin d’être un météorologue pour savoir d’où le vent souffle ».