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Edito

12/06/06 - Paris/Palestine : historique des négociations avec la Préfecture de police pour la manifestation interdite du 4 juin 2006

par Ginette Hess Skandrani, 7 juin 2006

NDLR Quibla : Chargée par les organisateurs de la manifestation prévue le dimanche 4 juin 2006 place Denfert-Rochereau à Paris " pour la survie du peuple palestinien", de déclarer la manifestation à la Préfecture de police, lauteur retrace ci-dessous lhistorique des négociations avec la Préfecture de police, afin de faire comprendre les enjeux de cette interdiction ainsi que la subordination des services de l'ordre public à certains groupes "qui n'existent pas. Cette interdiction a un précédent, qui remonte à mars 1994. On trouvera ci-après un compte-rendu de cet autre événement. Puissent ces deux documents relatant une expérience précieuse servir à lusage des jeunes et moins jeunes générations.

Lorsque nous avons déclaré la manifestation au nom de "La Pierre et l'Olivier", le 17 mai 2006, nous avons proposé une marche partant de la place Denfert-Rochereau jusqu'à l'Assemblée Nationale, passant par les boulevards Raspail et Saint Germain.
Un fax a été envoyé au Préfet de Police, Bureau du Cabinet du service de l'ordre Public.

Le mercredi 31 mai, M. Desmaret Directeur du Service de l'ordre public, me téléphone en disant que la manifestation ne pouvait se faire car il y avait des groupes qui ont proféré des menaces, suite à ce qui s'était passé dans la rue des Rosiers, avec la Tribu Ka, le dimanche précédent, 28 mai. Il ne pouvait protéger les manifestants et m'a demandé de remplacer cette marche par un rassemblement. place Denfert-Rochereau.
Après quelques hésitations et discussions entre les organisateurs, nous avons fini par accepter et nous avons convenu que je viendrasi signer l'autorisation le vendredi 2 juin à 16 heures.

Vendredi, vers midi, M. Desmaret m'appelle pour me dire de ne pas venir car la manifestation n'était plus autorisée et qu'il me
rappellerait le soir pour m'en donner les raisons car ils étaient toujours en train d'en discuter avec le Préfet et le Ministère.

Vers 18 heures, je reçois un coup de fil du lieutenant Mme Busson,
qui me donne rendez-vous le lendemain 3 juin à la BRDC (Brigade de répression de la délinquance contre la personne) rue du Château des Rentiers dans le 13è, pour me remettre un arrêté portant interdiction d'une manifestation sur la voie publique.

Nous avons pris connaissance de cet arrêté. J'ai téléphoné au service de M. Desmaret pour leur signifier que nous étions dans
l'incapacité de contacter toutes les personnes prévenues par tractage, internet, presses parallèles et radios libres et qu'il nous
fallait aller place Denfert Rocherau pour accueillir les gens et leur expliquer les raisons de cette interdiction.
Il nous en a donné l'autorisation.

Le dimanche 4 juin, les organisateurs ont commencé à se rassembler à partir de 13 heures 30.

Entretemps l'interdiction du rassemblement avait été annoncée à midi par Jean François Poirier, sur Radio Méditerranée, dans une
émission sur la Palestine.

Les premiers policiers en civil sont arrivés vers 14 heures. Ils étaient une dizaine. Nous avons discuté à plusieurs reprises avec eux, surtout M. Abdelhakim Sefrioui, représentant du Comité Cheikh Yassine, co-organisateur de la manifestation.

Entretemps, la place commençait à être bouclée par la gendarmerie.
Toutes les rues alentour étaient remplies de cars de CRS.
Le responsable des policiers en civil nous a autorisé à déballer le
matériel sono, avec baffles et groupe électrogène, nous interdisant toutefois les banderoles et les panneaux dénonçant le génocide palestinien.
Puis tout à coup, suite à un coup de fil échangé, le contexte a brusquement changé : il n'était plus question de prendre la parole, nous devions avertir les gens un à un et leur intimer l'ordre de partir.
Ils nous ont ordonné de remballer la sono.

Le responsable des agents en civil nous a ordonné de quitter la place à 15 heures (heure de début de la manif), ce qui nous a
semblé aberrant car les gens commençaient à arriver de tous côtés.
Il nous a signifié que tous ceux qui restaient sur le terre-plein après 15 heures seraient embarquées.
Nous avons décidé de rester après avoir expliqué l'interdiction, afin de prévenir les retardataires, car la Préfecture n'avait pas fait son boulot, elle n'avait prévenu personne de l'interdiction de cette manifestation, ni sur son site, ni par voix de presse.

Nous avons lancé un appel demandant aux gens qui ne voulaient pas se faire embarquer, de se retirer.
Mais les gendarmes les ont empêchés de quitter la place et certains d'entre eux ont été mis dans des cars, y compris des femmes et des enfants.

Un adolescent a été violemment tabassé par deux gendarmes qui l'ont jeté à terre et cogné à coups de poing.

Une soixantaine de personnes réparties dans trois cars et emmenées dans différents commissariats, ont été mises en garde à vue jusqu'à 18 heures trente.
Comme j'avais déposé, au nom des organisations, la déclaration de manifestation, j'ai été retenue jusqu'à 21 heures 15. On m'a
également signalé que je serai convoquée par le parquet pour organisation de manifestation interdite.

Nous devons réagir à cette interdiction, car si nous acceptons que les organisations sionistes dirigent notre pays et dictent leur loi aux aux différents ministère, nous ne pourrons plus dénoncer les injustices, ni amener notre solidarité à ceux qui subissent de plein fouet cette mondialisation arrogante.

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12/06/06 - Le précédent de mars 1994

LA DEMOCRATIE BAFOUEE. DE LETAT DE SIEGE EN PALESTINE OCCUPEE LE 25 FEVRIER 1994 à LETAT DE SIEGE PLACE DE LA REPUBLIQUE à PARIS le 5 MARS 1994.
par Ginette Hess Skandrani, Paris, 5 mars 1994

VENDREDI 25 FEVRIER 1994 : HEBRON 5 heures du matin.
Au moment de la prière de laube dans le tombeau des Patriarches, Baruch Goldstein et ses complices, officiers de larmée israélienne et colons illégaux ont commis un crime contre lhumanité : 29 musulmans assassinés, des centaines de blessés. Larmée israélienne continue à assassiner et à blesser les Palestiniens qui manifestent leur colère contre cette boucherie : des dizaines de morts , des centaines de blessés et cela continue......

25 FEVRIER 1994 : PARIS 14 heures.
Coup de fil de Mazem (Union Générale des Etudiants Palestiniens : GUPS) pour me prévenir dune réunion prévue ce soir à 19 heures à lAGECA, pour organiser un rassemblement pour protester contre le massacre dHEBRON. Jai immédiatement averti plusieurs
associations arabes leur demandant dêtre représentées à cette
réunion.

25 FEVRIER 1994 19 heures.
Etaient présents à cette réunion : G.U.P.S., A.F.P. (Association France-Palestine), C.I.C.U.P., A.M.F.P. (Association médicale Franco-palestinienne, LIGUE INTERNATIONALE, LA PIERRE ET LOLIVIER, L.C.R., JUSTICE ET PAIX EN PALESTINE, A.S.F.P., M.R.A.P., LAPPEL FRANCO-ARABE, C.A.I.F., C.D.D.A., A.S.A.D.H., A.N.C., GROUPE LA COMMUNE, A.R.E.V., C.S.C.M., COMITE INTERNATIONAL EN DEFENSE DES PRISONNIERS PALESTINIENS, TUNISIE DEMOCRATIE MAINTENANT.
LA.F.P. nous propose un rassemblement place du Trocadéro sur le Parvis des droits de lhomme, en nous proposant de discuter de leur texte et de leurs revendications. Après de longues discussions, souvent houleuses et virulentes, nous sommes arrivés à sortir un tract commun appelant au rassemblement.
Nous avons décidé dun commun accord de ne pas évoquer les
négociations qui causaient problème, car certaines associations
défendaient ces Accords (dOslo) dautres y étant opposés, afin de dénoncer tous ensemble la tuerie du tombeau dAbraham. Dautres problèmes avaient été soulevés : le droit à la résistance du peuple palestinien qui a été rajouté in extremis, la protection de la population civile par lO.N.U., la référence à lO.N.U. a été supprimée.
Nous décidons ensemble dorganiser une manifestation le samedi 5 mars, sur les mêmes mots dordre pour protester plus massivement contre le massacre, car le rassemblement du 26 février ne pouvait quêtre symbolique et pas du tout à la hauteur du massacre. Certains dentre nous ont proposé dy associer les associations musulmanes, de lancer un appel dans les mosquées et proposé un parcours à travers les quartiers populaires, ce qui nous a été vivement reproché avec des discours à la limite de lintolérance. . Nous décidons de nous revoir le lundi 28 février à 20 heures à lAGECA.

SAMEDI 26 FEVRIER 1994 : PLACE DU TROCADERO 15 heures
Nous étions quelques centaines de personnes. Lors des
interventions, chacun des orateurs, contrairement au consensus
établi la veille, nous ressort le soutien aux négociations et la
protection civile de la population par les Nations unies : lA.F.P., le M.R.A.P., Abraham Serfaty, la G.U.P.S, la L.C.R.qui avaient pourtant participé à la réunion de la veille ont délibérément cherché la division. Leila Chahid, au nom de lO.L.P., remercie le P.C.F, le M.R.A.P., lA.F.P., la L.C.R. en oubliant sciemment toutes les autres associations.
.Alain Krivine fait encore mieux, il appelle à une manifestation le
mercredi 2 mars et propose une réunion lundi 28 février à 19 heures au local du M.R.A.P., pour court-circuiter les différentes propositions décidées la veille.

LUNDI 28 FEVRIER : AGECA, 19 heures.
La G.U.P.S. qui devait retenir la salle ne la pas fait, encore un oubli à moins que ce soit le hasard... Nous nous replions sur le C.A.I.F., une salle ayant été réservée par Abdallah.
Etaient présentes, les associations suivantes : FEDERATION DES
MUSULMANS DE FRANCE, CONSEIL DES IMAMS DE FRANCE, A.M.F., la PIERRE et lOLIVIER, A.N.C., SOS ENFANTS dIRAK, TUNISIE
DEMOCRATIE MAINTENANT, RASSEMBLEMENT NATIONAL ARABE
(FRANCE), A.S.A.D.H., A.S.F.P., GROUPE LA COMMUNE, COMITE
INTERNATIONAL EN DEFENSE DES PRISONNIERS PALESTINIENS.
Pendant ce temps, à linitiative du M.R.A.P., de la L.C.R., du P.C.F., de lA.F.P., de lA.M.F.P., de SOS RACISME, de lUNEF-ID, du M.J.C.F, se tenait une autre réunion qui devait préparer une manifestation.
Nous ny étions ni invités, ni consultés, ni surtout désirés. Notre
coordination dassociations réunies au C.A.I.F. a décidé de lancer un appel pour une manifestation pour samedi 5 mars de Château Rouge à République avec lensemble des associations présentes à la réunion, plus celles qui veulent se joindre à nous.
Vers 22 heures, sont arrivés deux délégués de la réunion au
M.R.A.P. : Mazem, de la G.U.P.S., Hassan de lO.L.P. Ils étaient
chargés de négocier avec nous un accord pour une manifestation
République-Nation avec départ à 15 heures. Trois personnes ont été désignées par la réunion pour négocier avec eux sur les bases qui avaient été désignées : ne pas parler de la protection des populations civiles, appeler au droit à la résistance du peuple
palestinien et départ à 14 heures à cause des Musulmans qui
faisaient le Ramadan et seraient moins fatigués en début
daprès-midi. Les personnes désignées étaient : Abdelhakim, Fayçal et moi-même. En fait, toute discussion a été impossible car ils avaient un mandat non négociable qui était de nous demander de nous joindre à leur appel sur leurs propres mots dordre, le M.R.A.P. ayant déjà déposé la demande de manifestation République-Nation.
Nous avons refusé et fait la proposition suivante : nous allions partir de Château Rouge à 14 heures, eux de Nation pour nous
rejoindre place de la République. Il y aurait deux prises de parole :
une de leur regroupement et une du nôtre. Ils se réunissaient le
mercredi 2 mars au local du M.R.A.P. et nous le jeudi 3 mars au local du C.A.I.F. Les négociations pouvaient continuer.

MERCREDI 2 MARS 22 heures.
Walid (JUSTICE ET PAIX EN PALESTINE) me téléphone
complètement paniqué, les organisations suivantes : M.R.A.P., P.C.F., FRANCE PALESTINE, A.M.F.P., SOS RACISME, UNEF ID, M.J.C.F., L.C.R. se sont désistées et nappellent plus à manifester. La G.U.P.S., JUSTICE ET PAIX EN PALESTINE, C.I.C.U.P, C.S.C.M. se joignent à nous. Walid prend rendez vous pour le lendemain jeudi 3 mars à 14 heures, chez moi, pour discuter du communiqué de presse et propose de déposer le lendemain 3 mars, la demande de manifestation du 5 mars à la préfecture, au nom de JUSTICE ET PAIX EN PALESTINE ,

JEUDI 3 MARS 14 heures
Réunion entre Mazem (G.U.P.S) Walid, et moi pour rédiger le
communiqué de presse. Walid arrive avec un brouillon de texte. Je propose ce qui a été défini en réunion c.à.d. : supprimer la demande de protection civile, rajouter le droit à la résistance, les mots lors de la prière à la phrase sur le massacre, plus larrêt total de la coopération franco-israélienne. Mazem et Walid me font la remarque que la demande de protection civile par les N.U. était une demande de lO.L.P. Je leur réponds que rien ne les empêchait de sexprimer sur cette demande en leur propre nom, mais pas au nom de la coordination des associations.

JEUDI 3 MARS : C.A.I.F. 19 heures.
Le C.A.I.F. ne voulant pas louer la salle, après avoir reçu des pressions du M.R.A.P., nous cherchons une autre salle dans le quartier, car il était impossible de prévenir toutes les associations. Abdallah a négocié toute laprès-midi avec le C.A.I.F., qui a finalement cédé vers 18 heures. Nous avons accès à la salle.
Walid nous informe que le parcours de la manifestation nous a été imposé par la préfecture : République-Bastille. Ils ne veulent rien savoir dun parcours à travers les quartiers populaires. Nous nous résignons.
Nous organisons concrètement la manifestation :
-Une banderole de tête : HALTE AU MASSACRE DU PEUPLE
PALESTINIEN (Abdelhakim prend en charge la confection de la
banderole).
Nous décidons que ceux qui auront des banderoles et des mots
dordre qui ne correspondent pas à lesprit de lensemble de la
coordination seront priés de se mettre en queue du cortège.
- Il y aura trois prises de paroles : une pour la G.U.P.S., une pour la coordination et une pour lensemble des associations musulmanes de France qui étaient aussi concernées par le massacre dHEBRON.
-Walid continuera à soccuper des médias ainsi que de la location de la sono.
-Un groupe de trois personnes est désigné pour travailler le texte de lintervention au nom de la coordination : Abdel, Abbdallah et moi. Jai été sollicitée pour le lire au micro.
- Abdallah, Walid, et Abdelhakim sont nommés responsables du
service dordre, chaque association devant fournir quelques
personnes pour les seconder.
- Le tract distribué à la manifestation est le même que celui du
communiqué de presse.

VENDREDI 4 MARS PLACE DE LA REPUBLIQUE 18 heures.
Bernard et moi sommes interpellés par les agents de police en
distribuant des tracts appelant à la manifestation. Nous sommes
embarqués dans le car de police et emmenés au poste pour
contrôle didentité. Nous apprenons quil est interdit de distribuer
des tracts sur la voie publique. Nous leur faisons remarquer que
cela fait vingt ans que nous distribuons des tracts sur la voie
publique et que cest la première fois quon nous interpelle pour cela. Ils nous ont gardés 3/4 dheures en nous demandant les noms et prénoms de nos parents. Ils ont prétendu que quelquun leur a téléphoné pour dire que nous distribuons des tracts sur la Palestine.

VENREDI 4 mars 20 heures.
Javertis Walid de cette interpellation, il mannonce que la
manifestation est interdite. Il a été convoqué à la préfecture cet
après-midi, on lui a signifié cette interdiction, motif : risques de
trouble de lordre public. Le M.R.A.P. ayant déposé une demande de manifestation et layant retirée, ils ont connaissance des problèmes existant entre les organisations et les associations et ne veulent pas autoriser la manifestation. Un rassemblement est autorisé place de la République.

SAMEDI 5 MARS 12 heures30 CAFE DEJAZET.
Walid nous apprend quil est toujours en train de négocier pour le
rassemblement de 14 heures. Il doit revoir le commissaire à 13
heures 30. Déjà toutes les rues alentour sont prises dassaut par les cars de la gendarmerie, un impressionnant déploiement, comme on nen avait plus vu depuis longtemps.

SAMEDI 5 MARS 13 heures 45.
Walid et Abdallah vont voir le commissaire. La réponse est NON :
tout rassemblement est interdit, pas de banderoles, aucun signe
distinctif, aucun attroupement de plus de 10 personnes ne sera
toléré et entraînera linterpellation immédiate des gens. Le
commissaire nous demande de rejoindre le terre-plein central pour
prévenir les gens et leur demander de quitter les lieux. Abdallah lui fait remarquer quon ne connaissait pas tout le monde, et que les gens ne sachant pas que la manifestation était interdite risquaient darriver entre deux heures et trois heures. Déjà, malgré toutes les rues bloquées, les gens refoulés, les stations de métro bouclées, du monde commençait à affluer. Nous avons pris la décision à cinq personnes (Abdallah, Jacques, Bernard, le président de la F.M.F. et moi) de nous regrouper sur le terre-plein central en nous donnant rendez-vous devant le café Déjazet à 15 heures30. Nous avons prévenu les gens de linterdiction de la manifestation, et leur avons demandé de ne pas rester groupés. Nous avons décidé de rester les derniers sur le terre-plein. Abdallah est parti faire le tour de la place.
Nous avons déployé la banderole pour crier dignement notre colère et notre solidarité avec nos frères palestiniens. Nous étions tous sous le choc de cette interdiction. Nous avons calmé les gens pour éviter tout affrontement avec les forces de lordre. Abdelhakim a annoncé Nous allons faire comme Gandhi, nous sommes non-violents. Les gendarmes commençaient à avancer par plusieurs rangées et à cerner la place. Le Commissaire Blanchard a dit à Abdallah Vous dégagez sinon dans 5 mn, les forces de lordre interviennent .
Deux TV étaient présentes : M6 et une TV iranienne. Abdelhakim et le président de la F.M.F. ont été interviewés.
Nous avons été embarqués et entassés dans des cars, par
paquets de 20 dans au moins dix cars qui faisaient la navette. Ils
ont aussi emmené les enfants qui nous accompagnaient. Nous avons tous crié " Nous sommes tous des Palestiniens . Nous avons été emmenés et parqués dans le commissariat du 10è, "fouillés à corps.
Nous avons rédigé un communiqué de presse signé par toutes les
associations présentes qui na pas été repris par la presse.
Faut-il sen étonner ? Nous avons aussi senti un forte odeur de gaz lacrymogènes au moment où les Musulmans ont fait leur prière. Les gens ont commencé à être relâché vers 17h. La police nous ayant annoncé quils allaient déférer Walid devant le procureur de la république, nous avons décidé à six personnes (deux de la G.U.P.S., une de la F.M.F., Fayçal, Abdelhakim et moi) de rester et dattendre la sortie de Walid. Ils nous ont énergiquement vidés du commissariat vers 19 heures et nous avons attendu Walid jusquà 20 heures15 devant le commissariat. Malheureusement nous navons pas pu lui exprimer notre solidarité car il a été immédiatement embarqué dans une voiture par Hassan qui nous a ignorés.
Il faudra faire une analyse très sérieuse en recoupant tous les
témoignages pour comprendre la collusion entre la gauche
humaniste et Pasqua [il semble bien que linterdiction de la manifestation ait éé demandée par le MRAP, qui nous a traités dsiamistes]. Il faudra porter sur la place publique
laffront qui a été fait aux personnes qui voulaient exprimer leur
solidarité au peuple Palestinien, et aussi plus largement à tous les
Musulmans qui ont été très choqués par ce massacre pendant la
prière du Ramadan.

NDLR Quibla : cette expérience de 1994 est lune des expériences qui ont contribué à la constitution de la Coordination pour la décolonisation de toute la Palestine en 2001, qui a organisé plusieurs grandes manifestations pour la Palestine à Paris et Strasbourg en 2001 et 2002.

 

 

La police française invente le check-point démocratique


par la rédaction de http://quibla.net, 4 juin 2006



Place Denfert-Rochereau, 4 juin 2006

En plein Paris, en ce bel après-midi de la Pentecôte de l'an de grâce 2006, place Denfert-Rochereau, sous le regard impassible du Lion de Belfort, la police parisienne a inventé le check-point démocratique. Une innovation qu'il faudra verser au dossier déjà très épais de son chef, Nicolas Sarközy. Qui a eu cette idée ? Est-ce sur les conseils des collègues de la police israélienne, dont le chef éait venu donner des conseils au squatteur de la Place Beauvau en janvier dernier, sur la manière de combattre les intifadas ?
Qui sait.
Toujours est-il que les personnes qui avaient répondu à l'appel à manifester pour la survie des Palestiniens lancé par plusieurs organisations se sont, une fois sur place, mises devant l'alternative suivante par les policiers présents : soit elles passaient la barrière installée sur la place et dans ce cas, elles seraient interpellées, soit elles restaient au-dehors du check-point, dans le "public innocent" et dans ce cas, il ne leur arriverait rien, sauf évidemment si elles s'avisaient de manifester bruyamment leur soutien aux Palestiniens étranglés.
Une soixantaine de personnes ont décidé de traverser ce nouveau check-point démocratique et se sont retrouvées interpellées et embarquées dans divers commissariats de la capitale, dans les 11ème et 13ème arrondissement. Tous ont été relâchés en soirée, sauf un jeune mineur.
La manifestation avait été interdite à la dernière minute par la Préfecture de police, sur ordre du ministère de l'Intérieur, et sur pression des organisations sionistes qui se prétendent représentatives de la "communauté juive". Un des arguments invoqués était que la Tribu Ka risquait de venir assurer le service d'ordre de cette manifestation, ce qui n'était qu'une invention.
La police connaît bien, et depuis longtemps, les organisateurs de cette manifestation. Elle sait parfaitement bien que ce sont des gens responsables, qui se maintiennent dans les limites imposées par la légalité républicaine [ce qui est d'ailleurs aussi le cas, sauf erreur et jusqu'à nouvel ordre, de la Tribu Ka].Il n'y avait donc aucun risque de "débordement". Mais nous sommes entrés en période électorale et il s'agit de donner des gages aux groupes de pression pro-israéliens, sans quoi ils risquent de faire "mal voter" leurs troupes. Et nombreux sont les policiers de plus en plus mécontents de devoir exécuter les ordres des maîtres à penser sionistes.
Les temps qui viennent vont être de plus en plus difficiles pour les défenseurs authentiques du peuple palestinien et de sa résistance en France.

Dernières nouvelles
La Tribu Ka n'était pas à Denfert-Rochereau puisqu'elle était en réunion dans son local de Belleville, à l'autre bout de Paris, au moment de la manifestation. Cela n'a pas empêché la police de venir interpeller vers 14 heures Kémi Seba, fara (leader) de la Tribu et 14 autres militants devant le Quick de Belleville, juste avant leur réunion et de les garder à vue jusqu'à 20 h 15. Pour quels motifs ? Mystère.

Un jeune homme de seize ans a été violemment tabassé par les gendarmes et blessé au visage sur la place Denfert-Rochereau. Il a été soigné à l'Hôtel-Dieu et était toujours en garde à vue dimanche soir. Tout témoin ayant assisté à la scène est prié de contacter la rédaction de quibla > redactionquibla@yahoo.fr

Arrêté portant interdiction d'une manifestation sur la voie publique
« Considérant les récents incidents liés à la situation internationale au Proche-Orient qui se sont déroulés dans la capitale,
Considérant qu'il convient de prévenir le renouvellement de tels incidents,
Considérant que le déroulement de cette manifestation présente également un rique important de survenance de débordements violents et de troubles manifestes à l'ordre public,
Considérant en effet qu'il a été porté à la connaissance des services de la Préfecture de police que le déroulement de cette manifestation serait de nature à donner lieu à des contre-manifestations susceptibles d'entraîner des troubles graves à l'ordre public,
Considérant que pour prévenir ces menaces à l'ordre public et assurer la sécurité des personnes et des biens,
Il convient de prendre immédiatement toute disposition nécessaire pour empêcher la tenue d'une telle manifestation.
Signé
Le Préfet de police
Pierre Mutz
Paris, 2 juin 2006 »

 

Manifestation interdite : la confiscation par Monsieur Sarkozy des moyens de police au service du sionisme et de ses milices terroristes se poursuit


par le Le Bureau de campagne de Dieudonné Mbala Mbala Candidat à l'élection présidentielle, 4 juin 2006
Un rassemblement pacifique de soutien au peuple palestinien était organisé ce jour Place Denfert Rochereau à l'initiative de diverses associations, et avec le soutien de Dieudonné.

Monsieur Sarkozy, l'homme qui soutient les organisations terroristes LDJ et Betar en France et sert les intérêt de l'empire Américain contre son propre pays, s'est une nouvelle fois illustré en décrétant la veille au soir l'interdiction du rassemblement pour des prétextes fallacieux.

Plusieurs dizaines de personnes incluant des membres du bureau de campagne de Dieudonné, et notamment Ginette Skandrani et Abdelhakim Sefrioui ont été interpellées et embarquées par les services de monsieur Sarkozy.

Ce nouveau coup de force communautaire initié par le représentant dorénavant officiel de l'axe américano-sioniste en France vient souligner la confiscation de la République par des forces racistes et anti-démocratiques, au service de puissances étrangères et impérialistes.

Une nouvelle fois, nous demandons donc la démission du Bushiste Sarkozy et la reprise en main de la police par la République.
Source : http://www.dieudo.net

 

Petit Nicolas, tu viens de faire une bêtise : fallait pas toucher à Ginette


par Christian Cotten ­ 4 juin 2006
Je viens de recevoir en ce dimanche soir de Pentecôte une nouvelle fort désagréable mais qui est tout autant jubilatoire : notre amie Ginette Hess-Skandrani, militante du droit à la vie pour les Palestiniens, fondatrice des Verts d'où elle fut récemment jetée comme une malpropre, vient de passer 6 heures au commissariat du XIIIème, suite à l'interdiction musclée de la manifestation qu'elle organisait ce dimanche, en soutien aux Palestiniens victimes d'un génocide en cours dans l'indifférence générale.
Petit Nicolas, tu as encore une fois obéi à tes maîtres et cédé aux pressions des organisations de l'extrême-droite sioniste si bien représentée de droite et de gauche dans notre pays et infiltrée dans trop de services de l'État.
Petit Nicolas, faut pas toucher à mes copines.
Petit Nicolas, tu as fait une bêtise, en ce dimanche de Pentecôte.
Lire la sute à http://www.politiquedevie.net/

Rafle française de 100 hommes, femmes et enfants, dimanche pour empêcher un soutien aux Palestiniens


par les Ogres, 5 juin 2006
Une manifestation "Survie des Palestiniens" était prévue dimanche 4 juin 2006 à 15h de Denfert Rochereau vers l'Assemblée Nationale en « Solidarité avec le peuple palestinien » et « afin de dénoncer la politique européenne et française à l'encontre du peuple palestinien » et l'embargo économique contre le nouveau gouvernement palestinien élu.

Cette manifestation a été interdite au prétexte de préservation de « l'ordre public ».

Les personnes commençaient à se rassembler vers 15h15 lorsque un cordon d'une cinquantaine de policiers est venu encercler les premiers arrivants et procéder à une véritable raffle.

Une centaine de personnes, enfants, femmes, hommes, a été interpellée et embarquée progressivement dans divers commissariats de Paris, les nouveaux arrivants étaient priés de déguerpir ou de rentrer dans la nasse pour se faire embarquer...

Des scènes assez violentes se sont déroulées, en particulier un adolescent d'une quinzaine d'années essayait de crier aux passants un numéro de téléphone à prévenir et s'est vu violemment plaqué la tête au sol pour le faire taire.

Les derniers manifestants quittaient semble-t-il le commissariat du treizième arrondissement de Paris vers 21 heures après six heures d'arrestation et d'interrogatoire.

La police politique sarkozienne a donc fait du "renseignement".

Nul doute que les organisations néosionistes les plus radicales et violentes, en application des instructions de l'ambassade d'Israël, avaient demandé et obtenu cette interdiction, et ce processus qui rappelle les pires heures de notre histoire.
Lire la suite à http://lesogres.org/article.php3?id_article=2156