![]() le quotidien online francophone et multilingue pour les Musulmans libres et actifs et leurs alliés ! Actualisé chaque jour avec des documents de référence sur tous les dossiers chauds ! 24 chabane - 1427 - 18 septembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr
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![]() Illustrations de Juan Kalvellido, membre de Tlaxcala, pour quibla.net |
N° 13 – 30 octobre 2006
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![]() Dessin de Florian Doru Crihana, Roumanie |
« Demain on rasera gratis » : c’est
ce à quoi se résument l’ensemble des discours
électoraux de tous les candidats à toutes les élections
dans les démocraties représentatives. Et comme l’a
dit le Grand Corse (Charles Pasqua), « les promesses n’engagent
que ceux qui y croient ». Si j’étais électeur
en France – ce qu’heureusement, je ne suis pas -, j’avoue
que j’aurais bien du mal à faire mon choix, le dimanche
22 avril 2007, entre la quinzaine de candidats qui se proposeront
aux suffrages. À droite, il y aura le choix entre Nicolas Sarkozy,
Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen et, peut-être, Bruno
Mégret, Corinne Lepage et deux ou trois autres candidats. À
gauche, il y aura le choix entre Ségolène Royal, Marie-Georges
Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot et,
là aussi, deux ou trois autres. Au centre, il y aura le choix
entre…François Bayrou et François Bayrou, le paysan
béarnais qui se proclame « centriste révolutionnaire
». Parmi tous ces candidats, seuls trois ont des chances sérieuses
de se maintenir au second tour : Sarkozy, Royal et/ou Le Pen. Bref,
le choix sera entre peste et choléra.
Vous trouvez peut-être que je vais trop vite en besogne dans
mon énumération des candidats et pensez qu’il
faudrait attendre les « primaires » au sein de l’UMP
et du PS pour savoir qui sera candidat. Mais franchement, je crois
que les jeux sont déjà faits : à droite, le petit
Nicolas Dupont-Aignan ne fait vraiment pas le poids face au bulldozer
hongrois ; à gauche, une fois éliminés Jack Lang
et Lionel Jospin, Canine Royale devance largement DSK et Lolo. C’est
que la gaillarde a bénéficié d’un lancement
professionnel digne des plus célèbres marques de lessive.
En l’occurrence, sa conseillère en communication-publicité
n’est personne d’autre que Natalie Rastoin, directrice
générale d’Ogilvy France, une vieille amie. Ogilvy
est l’une des sociétés du groupe transnational
WPP (Wire Plastic Products), aujourd’hui le deuxième
groupe mondial de marketing-publicité-communication du monde,
avec 94 000 employés, fondé il y a vingt ans par Sir
Martin Sorrell, un homme capable de vendre n’importe quoi à
n’importe qui, et proche de Bill Clinton. Ogilvy possède
entre autres deux grandes sociétés mondiales de désinformation,
Hill&Knowlton et Burson-Marsteller. Ce qui explique bien des choses,
par exemple la curieuse proposition faite par Canine Royale en plein
mois d’août, alors que la guerre israélienne contre
le Liban battait son plein, que Bill Clinton devienne médiateur
dans cette guerre. Et aussi l’efficace stratégie de communication
adoptée par Royale, avec son blog « Désirs d’avenir
».
Le succès de Royale sur Internet a d’ailleurs des effets
pour le moins curieux : ainsi, 85 000 nouvaux adhérents étaient
censés avoir rejoint le PS en adhérant en ligne. Il
suffisait pour cela de remplir un formulaire sur le web et de payer
20 Euro, toujours en ligne. Mais par prudence, le PS demandait aux
nouveaux adhérents de prendre contact avec la section locale
du parti pour confirmer leur adhésion. Et ainsi 20 000 de ces
nouveaux adhérents sont restés virtuels. Et au PS, on
s’inquiète, car on découvre que ces nouveaux adhérents
sont prêts à tout, sauf à aller coller des affiches
ou distribuer des tracts. Comment le PS va-t-il gérer sa transformation
en parti virtuel ?
Cette question se pose d’ailleurs pour tous les candidats et
leurs partis. Car tous ont investi fortement le web, créant
des blogs, des sites, faisant des mailings de masse. Cela donne des
choses plutôt curieuses : ainsi les » blogs coopératifs
» de Le Pen, De Villiers et…Besancenot ont exactement
la même apparence, et la publicité pour les uns s’affiche
sur les blogs des autres.
Le monde politique français est donc en train d’achever
sa mutation culturelle, son « américanisation »
(il faudrait plutôt dire sa « yankeeisation »).
Désormais, même les dinosaures comme Arlette Laguiller,
la « seule porte-parole du camp des travailleurs », sollicitent
le client sur la toile.
À ce compte, il n’y aurait plus qu’à franchir
le cap. Pourquoi maintenir ces vieilleries que sont l’Assemblée
nationale et le Sénat, pourquoi conserver des bureaux de vote,
des isoloirs et des bulletins de vote en papier ? Pourquoi ne pas
passer au tout-électronique et inventer la République
virtuelle ? D’autant plus sa devise « Liberté,
égalité, fraternité » est déjà
totalement virtuelle ? Citoyens de tous les pays, dématérialisez-vous
!
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
16 octobre 2006
Retrouvez les chroniques hebdomadaires d'Ayman El Kayman sur son blog
http://fr.blog.360.yahoo.com/aykay06
Versione italiana :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1341&lg=it
N° 10 – 2 octobre 2006
Un
grand absent sur la photo de famille : Émile Lahoud, le
pestiféré |
Le XIème Sommet de la Francophonie (les majuscules
sont obligatoires) vient donc de se terminer à Bucarest. Tout
s’est bien passé, on a bien mangé, on a bien bu
et on s’est agrandis, en cooptant de nouveaux membres (Grèce,
Albanie, Macédoine et Andorre ont été admis comme
membres de plein droit, Chypre et le Ghana comme membres associés,
le Mozambique, la Serbie et l'Ukraine comme observateurs).
Tout s’est bien passé, mis à part un petit couac
qui en dit long sur les “valeurs francophones”. Le président
libanais Émile Lahoud a été déclaré
persona non grata. Est-il vrai que c’est à la demande
de Jacques Chirac que Traian Basescu, le président roumain,
a refusé d’inviter Lahoud ? C’est ce qu’on
a murmuré très fort, mais l’Élysée
et Bucarest ont démenti et Basescu a juré ses grands
dieux qu’il avait pris sa decisión tout seul, comme un
grand. En tout cas, du coup, Fouad Siniora, le Premier ministre, qui
avait été invité en lieu et place de Lahoud,
n’est pas non plus venu et c’est le ministre de la Culture
Tarik Mitri qui a finalement représenté le Liban, ou
plutôt qui a représenté Siniora. Une chose est
sûre : au sein de l’Organisation internationale de la
francophonie, il y a des francophones plus égaux que d’autres
et le véritable patron ce n’est pas le Sénégalais
Abdou Diouf mais le locataire de l’Élysée. Alors
Jacques, on se prend à rêver et à se prendre pour
le constructeur du monstrueux Palais où s’est tenu le
Sommet, Nicolae Ceausescu ? Et c’est quoi, exactement, les valeurs
francophones ? Et qui les porte ? Le Tunisen Ben Ali ? Le Cambodgien
Hun Sen ? Le Centrafricain Bozizé ? Le Gabonais Bongo ? Ils
seraient donc, eux, des démocrates et Lahoud ne le serait pas
?
Vous me direz que tout cela n’est que broutilles sans importante,
vu que l’organisation internationale de la francophonie n’a
strictement aucun impact sur la politique mondiale. Je vous le concède.
C’est dommage : ça aurait pu être un outil de remise
en cause de l’Empire yankee. Elle n’y est pas arrivée.
Je la rebaptise donc solennellement Organisation internationale de
la FrancoAphonie…
Cette
incroyable carte de l’Iraq est parue dans Libération
du 28 septembre 2006, en page 7.
Ainsi donc, les 25 millions d’Iraquiens se répartiraient
en trois ETHNIES :
Arabes chiites, Arabes sunnites et Kurdes sunnites.
Drôles d’ethnies, vous en conviendrez. Et que deviennent
les Arabes chrétiens, les Kurdes chiites, les Persans chiites
ou zoroastriens, les Turkmènes, les juifs et j’en passe
? Pour ne pas parler des athées et des agnostiques !
On attend une carte de la répartition ethnique (notez le caractère
gras) de la France : quelles ETHNIES le quotidien de Rotschild pourrait-il
inventer ? En tout cas, il faudrait un petit point jaune du côté
de la Rue Béranger à Paris, pour indiquer la présence
de…Mais au fait, comment qualifier l’ethnie qui peuple
le quotidien rotschildien ?
Libération est en train de crever, et c’est tant mieux.
Qu’on ne compte pas sur nous pour rejoindre la « société
des lecteurs » censée apporter de l’argent frais
à cette entreprise dégénérée qui
fait chaque jour un peu plus honte à la corporation journalistique.
En fançais courant, Sarcelles était dans les années
70 et 80 un synonyme de “grand ensemble mal foutu où
sont empilés des citoyens de seconde classe”. Mais désormais
cette ville de la banlieue nord de Paris, dans le Val-d’Oise,
a des chances de devenir le Colombey-les-deux-Synagogues du candidat
à la candidature à la présidence française
de Dominique Strauss-Kahn. Il en a effet été le maire
de cette ville de 1995 à 1997 et reste député
de la circonscription. C’est donc Sarcelles qu’il a choisi
pour lancer sa campagne pour être investi par le Parti socialiste,
dont les adhérents éliront le canidat à la canidature
le 16 novembre prochain. “C’est d’ici que je pars”
à la conquête du monde. La phrase la plus célèbre
de DSK lorsqu’il était maire de Sarcelles ? “Chaque
matin, en me réveillant, je me demande ce que je vais bien
pouvoir faire pour Israël, car ce qui est bon pour Israël
est bon pour Sarcelles”. Il faut savoir que Sarcelles est peuplée
par un grand nombre de Juifs du Maghreb, en particulier tunisiens.
Il y a quelques années, lorsque DSK était ministre des
Finances, un site web tunisien juif, harissa.com, avait publié
une lettre ouverte –pour rigoler bien sûr, les “Tunes”
aiment bien la rigolade – demmandant au ministre, en tant que
“Juif tunisien d’honneur” (sa mère était
Tunisienne juive), d’exempter les Tunes d’impôts…
Si DSK devait se retrouver en train d’affronter Nicolas Sarközy,
on assisterait donc à une campagne entre Tel Aviv et Herzliya.
Du coup la Sénégauloise blonde – en devient sympathique
-, mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, Royale canine
voyons ! En tout cas, les tríos candidats à la candidature
n’arrêtent pas se marcher sur les pieds : Sarkö va
à New York ? la semaine suivante, c’est DSK qui y va.
Sarkö va à Dakar ? La semaine suivante c’est Ségo
qui y va. Et lorsque Sarkö ira en enfer, est-ce que nos deux
socialistes chéris le suivront aussi ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
N°9 – 25 septembre 2006
La semaine passée, nous avons tous été
les témoins de trois moments magiques : à New York,
les discours d’Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad et à
Beyrouth, le discours d’Hassan Nasrallah lors du « Festival
de la victoire divine ».
Ces trois hommes, le Vénézuélien, l’Iranien
et le Libanais, sont les éclaireurs de l’immense armée
des ombres qui, à travers la planète, se forme pour
affronter l’Empire, dirigé par les Quatre Cavaliers de
l’Apocalypse (Bush, Cheney, Rumsfeld et Condoleeza).
Non, n’en déplaise à Mister Fukuyama, l’histoire
n’est pas finie et l’ « american way » n’est
pas la seule solution pour l’humanité.
Les discours prononcés par les trois nouveaux héros
de notre temps vont tous dans le même sens : il faut –et
on peut - combattre la prétention de l’Empire à
tout diriger, à tout régenter, à tout décider.
Et ces discours ne sont pas des paroles en l’air : ils s’appuient
sur une réalité visible à l’œil nu.
Cette réalité, c’est que l’Empire va de
défaite en défaite : en Afghanistan, en Iraq, au Liban
et en Palestine, il n’a subi ces derniers temps que des échecs.
Face à la résistance du Venezuela, de la Bolivie, de
l’Iran, il se casse les dents. À trop tirer sur la corde
avec ses « alliés » européens, il va finir
par la casser. Et il a quelques difficultés à imposer
ses vues à la Russie et à la Chine, qui sont dirigées
par de vrais renards.
Bref, les Cavaliers de l’Apocalypse sont de plus en plus isolés
sur le plan mondial et ils ne pourront bientôt plus compter
sur le Caniche en Chef, Tony Blair, qui va bientôt quitter Downing
Street, pour rejoindre Berlusconi et Aznar dans les poubelles de l’histoire.
Et ce n’est pas avec les Iles Marshall, la Pologne,l’Ukraine,
le Danemark et l’Albanie qu’ils pourront continuer dans
leur projet d’hégémonie totale.
Le monde est donc entré dans une nouvelle période révolutionnaire.
Et la révolution qui s’avance a le profil d’un
« étrange soldat », comme le dit une vieille chanson
italienne. Ce soldat ne correspond à aucune des anciennes catégories
: il n’est ni nationaliste, ni communiste, ni islamiste. Il
est à la fois tout cela et rien de tout cela.
Le nouveau combattant engagé contre l’Empire est attaché
à sa terre natale ou d’adoption mais il est en même
temps citoyen du monde, connecté en temps réel avec
le reste de la planète.
Le nouveau combattant parle sa langue maternelle mais il en connaît
au moins une autre.
Le nouveau combattant défend les traditions de son peuple,
mais il est conscient de ce que le monde est divers, et qu’il
faut donc construire un « monde contenant tous les mondes ».
Le Festival de la Victoire de Beyrouth, le vendredi 22 septembre,
illustre bien cela : il y avait là un million de Libanais –soit
le quart de la population du pays – et ils appartenaient à
toutes les communautés (17) et tendances qui forment le puzzle
libanais : chiites, sunnites, chrétiens de diverses confessions,
druzes, mais aussi communistes, nationalistes, nassériens et
autres.
C’est que le nouveau combattant n’appartient pas à
une avant-garde autoproclamée, censée apporter la vérité
au peuple. Il est à l’écoute de son peuple, car
il est issu de la multitude. Et il sait que la colonne de guérilla
doit avancer au rythme de son membre le plus lent.
Bien sûr, l’Empire garde encore une capacité de
nuisance et de destruction considérable. Les stratèges
du Pentagone planchent depuis des années sur la stratégie
et la tactique à adopter face à la nouvelle révolution
mondiale en marche, à la manière d’adapter les
théories de la guerre contre-insurrectionnelle à la
nouvelle situation de ce début de siècle. Militaires
usaméricains et israéliens ont des échanges intensifs
sur leurs expériences respectives, à Jénine,
Naplouse, Gaza, Falloujah, Bakouba, Bassorah et Bagdad. Ils ont inventé
le concept de « caporal stratégique » : un soldat
polyvalent et bardé d’électronique, qui soit à
même d’intervenir dans le cadre des « MOUT »
(Military Operations in Urban Territory), en s’adaptant aux
circonstances, très rapidement changeantes. Bref, un mélange
de Robocoop et de guérillero.
Mais quoiqu’ils fassent, ils restent enfermés dans leurs
schémas et leurs lourdeurs bureaucratiques et ne seront jamais
capables d’opposer des ripostes efficaces à une résistance
très mobile, multiforme, enracinée dans la population
et connectée au reste du monde.
L’Empire n’est certes pas mort, mais l’Empereur,
désormais, est nu. Plus personne ne croit à sa démocratie
imposée par des bombes au phosphore, à l’uranium
appauvri ou à fragmentation. Et sa propagande dérisoire
contre « l’islamo-fascisme » a de moins en moins
de prise sur les multitudes. L’idéal serait évidemment
que l’Empire meure tout simplement de ridicule, ce qui nous
épargnerait bien du sang et des larmes. Mais le ridicule peut-il
encore tuer ? Je vous laisse réfléchir à cette
question.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
Lundi 25 septembre 2006
N°8 - 18 septembre 2006
![]() Elie Wiesel et Geroge Clooney à l’ONU le 14/09/ 2006 |
« Urgence Darfour », « Save Darfour
» : c’est le slogan d’une campagne internationale
qui bat son plein depuis quelques mois à travers le monde occidental.
Pendant le week-end des 16-17 septembre, des rassemblements ont eu
lieu à New York et à Paris, avec une faible participation,
pour exiger une « intervention des Casques bleus pour mettre
fin au génocide ».
Une précédente mobilisation avait rassemblé 5
à 7 000 personnes à Washington le 30 avril dernier.
Les médias yankees avaient accordé une couverture plus
importante à cette manifestation qu’à celle de
300 000 personnes la veille à New York contre la guerre d’Iraq
ou encore aux millions de manifestants qui avaient défilé
le 1er mai dans tous les USA pour protester contre les projets de
loi répressifs contre l’immigration.
C’est que la campagne pour le Darfour bénéficie
de la figure populaire de l’acteur George Clooney, qui en est
le porte-parole. Le célèbre médecin de la série
« Urgences » a été convaincu par son père
Nick, journaliste de télévision et démocrate
du Kentucky de se lancer dans cette nouvelle bataille douteuse.
Le 14 septembre 2006, George Clooney était donc la guest star
du Conseil de sécurité des Nations Unies, aux côtés
de la pleureuse professionnelle Elie Wiesel. Ils avaient été
invités par John Bolton, l’ambassadeur US à l’ONU,
pour plaider la cause, la cause…Mais au fait, la cause de qui
et de quoi ?
Une guerre civile bat son plein au Darfour depuis 3 ans. Elle met
aux prises des Soudanais de diverses factions et tribus, mais qui
ont tous en commun d’être Noirs, musulmans et arabophones.
Il n’y a pas ici de chrétiens comme au Sud-Soudan, où
une guerre civile a duré 25 ans. Un des enjeux fondamentaux
de cette guerre civile est le contrôle des points d’eau,
vital dans une région frappée par la sécheresse
depuis deux décennies.
Récemment, un accord de paix a été signé
entre le gouvernement de Khartoum et les groupes « rebelles
», qui sont soutenus notamment par la régime du Tchad
voisin. 7 000 hommes de troupes de l’Union africaine sont censés
faire respecter ce cessez-le-feu, avec l’aide logistique de
l’OTAN Mais ces troupes doivent quitter le pays le 1er octobre.
Le Conseil de sécurité a voté le 1er septembre
une résolution stipulant l’envoi de 20 000 casques bleus
au Soudan, mais le gouvernement de Khartoum a opposé un refus
clair et net d’accepter ces troupes, disant qu’il les
considèrerait comme des troupes d’invasion et les traiterait
de la même manière que la résistance libanaise
a traité les troupes israéliennes.
![]() John Bolton, Elie Wiesel et Geroge Clooney |
Du coup, Washington a mis en branle la machine à
faire pleurer les chaumières, pour préparer le terrain
à un coup de force militaire contre le Soudan ; Son objectif
est clair : renverser le régime de Khartoum. Objectif partagé
depuis longtemps par les Démocrates et les Républicains.
Rappelons-nous en 1998 le bombardement , sur ordre de Bill Clinton,
de l’usine de médicaments qui assurait 80% des besoins
en médicaments du Soudan, présentée par Washington
comme une usine de « gaz toxiques ». Et c’est cette
position qui motive le refus de Khartoum de laisser pénétrer
les Casques bleus sur son territoire.
Le Darfour est la région occidentale du Soudan. Il a la taille
de la France, avec une population de 6 millions d'habitants.
Des ressources récemment découvertes ont suscité
un intérêt très grand pour le Soudan parmi les
compagnies yankees. On croit qu'il possède des réserves
en pétrole rivalisant avec celles de l'Arabie saoudite. Il
possède également de vastes poches de gaz naturel et
son sous-sol abrite en outre l'un des trois gisements les plus importants
au monde d'uranium de haute pureté, sans oublier qu'on y trouve
aussi le quatrième gisement le plus important de cuivre.
Qui est à l’initiative de la campagne internationale
« pour le Darfour » ? Comme par hasard, les grandes organisations
sionistes juives et évangéliques (protestantes) US,
relayées en France par la LICRA, SOS-Racisme et une nébuleuse
de groupuscules juifs, noirs, laïcs et « humanitaires ».
L’objectif de cette campagne est donc double :
1° - Détourner l’attention de la situation en Iraq,
en Palestine et au Liban
2° - Faire pression pour une « ingérence humanitaire
» au Soudan.
La campagne « urgence Darfour » n’est qu’une
manière de préparer une nouvelle guerre d’agression
contre un pays dont le gouvernement a commis le crime impardonnable
de ne pas se plier aux ordres de l’Empire. George Clooney, qu’on
croyait intelligent, n’a pas l’air d’avoir compris
quels intérêts se cachent derrière cette campagne.
Ou alors, il en est parfaitement conscient, ce qui est encore plus
grave.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
18 septembre 2006
N° 7 – 11 septembre 2006
Il en est des candidats à une élection présidentielle
comme des marques de lessive : il faut concocter un plan marketing
d’enfer pour conquérir le marché, car les places
sont chères et la concurrence féroce. Et ce marché
est segmenté. On ne peut pas convaincre avec les mêmes
arguments la ménagère de 50 ans, sa maman de 75 ans,
le fiston étudiant de 25 ans et son père de 52 ans.
Il faut donc trouver pour chaque type de client potentiel l’argument
qui va le toucher.
Nicolas Sarközy, fils d’un immigré non choisi, veut
donc devenir président de la République française.
Pour cela, il faut qu’il ramasse au premier tour de l’élection
d’avril 2007 au moins 30% des voix et au deuxième tour
50 et quelques %. Même si la France est un pays de vieux, il
ne pourra pas contenter de recueillir les voix du troisième
et du quatrième âge, toutes ces mamies de 75 à
100 ans qu’un rien effraye. Il ne pourra pas non plus se contenter
de détourner les voix des beaufs de 40 à 65 ans de leur
Jean-Marie habituel. Il lui faudra forcément trouver le chemin
des électeurs de 18-30 ans, banlieusards, basanés et
métissés. Pour draguer les grands-mères, il avait
Michel Sardou (l’homme qui chantait en 1973 : « Ils (les
Arabes) ont le pétrole, nous on s’en fout, on a le bon
vin » et en 1981 « vive la guillotine ») et Pascal
Sevran, l’animateur mielleux des thés dansants du dimanche
après-midi pour maisons de retraite . Pour les mères,
il avait le rocker vieillissant et citoyen belge Johnny Halliday,dont
le public est tout sauf jeune. Pour le cœur de cible «
racaille », il lui fallait donc trouver un rappeur. Manque de
pot pour Sarköléon, la plupart des rappeurs connus préfèreraient
avaleur leur micro tout cru plutôt que de se transformer en
griots de ce Hongrois digne descendant d’Attila. Mais en cherchant
bien, il a fini par dénicher le rappeur qui est censé
lui ouvrir une brèche dans le mur des banlieues.
Le griot retenu s’appelle Bruno Beausire. Il est né à
Clichy sous-Bois en 1974 dans une famille guadeloupéenne. Nom
d’artiste : Doc Gynéco. Le bonhomme est assez particulier
: il balance des textes plutôt pornographiques avec un ton désabusé
et, sur tous les plateaux de télé où il est invité,
il donne en permanence l’impression d’être soit
sur le point de s’endormir soit d’être tombé
du lit. Bref, il semble bien que l’abus de marihuana lui ait
quelque peu ramolli le cerveau.
La rencontre entre le Triste Sire de la Place Beauvau et le Beausire
de la Porte de la Chapelle a eu lieu en novembre dernier, lors de
l’intifada des banlieues. Les deux hommes se sont plus et Gynéco
a décidé de faire un bout de chemin avec l’Attila
de l’UMP. Le timing a été parfait et on a profité
de l’université d’été de l’UMP
à Marseille pour lancer le tandem, immortalisé par la
photo ci-dessus. Et Gynéco se targuant d’être intello
(ça, pour enfiler les mots comme des perles, il s’y entend,
même si son verbiage n’a pas toujours un sens très
clair) , on l’a invité à une table ronde sur "La
Nation: une idée d'avenir", ou il a trôné
avec ses habituelles mines énigmatiques – son genre,c’est
: »je ne dis rien, mais je n’en pense pas moins »
- aux côtés des ministres Jean-François Copé
(Budget) et Renaud Donnedieu de Vabres (Culture).
Tout cela est ma foi fort affligeant. On murmure dans les milieux
du show business que l’opération viserait tout simplement
à redorer le blason du pauvre Doc Gynéco, dont les œuvres
éphémères ne se vendent plus si bien que cela.
Quoiqu’il en soit, il a déjà commis, lors du show
de Marseille, quelques phrases inoubliables, que je vous laisse méditer.
«On a décidé peut-être d’avoir une
idée sociale de droite qui pourrait stopper cette idée
de vivre toujours avec des aides et peut-être redynamiser des
endroits ou des quartiers où les gens ne vivent à 100%
qu’avec des aides sociales. » (sic)
«Les banlieusards, c’est des clowns. Ils sont choqués
d’avoir entendu ’racaille’ ou ’kärcher’
quand tous les jours entre eux ils s’insultent»(resic)
« Sarkozy, c’est un ami avant tout, quelqu'un qui m'aide
à penser, un petit maître à penser... puisque
mon père, c'est déjà Johnny » (Halliday)
(reresic).
Pauvre France ! Faut-il en rire, faut-il pleurer ?
Heureusement, Doc Gynéco reste une exception dans la génération
des stars « négropolitaines » (Noirs de métropole),
qui, toutes, à part lui, ont pris position contre Sarkökärcher,
que ce soit Joey Starr et Stomy Bugsy, deux autres rappeurs, ou Liliam
Thuram, le capitaine de l’Équipe de France de football,
qui a déclenché un tollé à l’UMP
et au gouvernement en invitant au stade de France, pour assister à
un match France-Italie, 80 des « 1000 de Cachan », ces
squatters vidés manu militari de la résidence universitaire
qu’ils occupaient, faute de trouver à se loger décemment,
depuis plusieurs années, et qui se sont repliés dans
un gymnase cruellement appelé « Belle image ».
Comme le chante Doc Gynéco, « Dans le foot, les affaires,
le rap, les ministères, c'est toujours un gangster qui contrôle
l'affaire. »
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
11 septembre 2006
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