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24 chabane - 1427 - 18 septembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr


Coups de dent

La chronique hebdomadaire d'Ayman El Kayman
Paraît sur quibla.net chaque lundi matin


Illustrations de Juan Kalvellido, membre de Tlaxcala, pour quibla.net

N° 13 – 30 octobre 2006


Dialogues d’en France


« Quand on a osé comparer à la déportation, ramener un Malien au Mali ou un Roumain en Roumanie, comparer cela à la déportation des Juifs, c’est profondément injurieux à l’encontre de ceux qui ont connu la Shoah »

Je vous propose cette semaine de lire la transcription d’une drôle de dialogue qui a eu lieu le 21 octobre dernier dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, lors de la quinzième édition de la « Cité de la Réussite », un forum annuel de promotions nouvelles élites. À la tribune Nicolas Sarközy, ministre de l’Intérieur et candidat à la candidature à la présidence de la république. Dans salle un jeune Noir, Franco, président de l’association Alliance Noire Citoyenne. L’ANC a eu la bonne idée de filmer la scène, que l’on peut visionner ici :
http://www.anc.monespace.net/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

 

Franco :
Bonjour messieurs, mesdames,
Je voulais vous poser une question mais j’introduirais ça en disant que je n’ai rien contre vous en tant qu’homme. J’ai assisté à un de vos meetings où je vous ai remis un tee-shirt et j’ai d’ailleurs trouvé que vous aviez beaucoup d’humour. Mais je pense que ça ne servira pas à la politique...
Ceci étant, j’en reviens à ma question.
Nous faisons partie d’une des associations qui a soutenu les expulsés de Cachan et nous ne nous considérons pas comme des irresponsables.
Ceci étant, au sujet de l’immigration choisie, j’aimerais que vous nous donniez votre avis sur la question que je vais vous poser. Et c’est comme ça que je l’introduis, je l’ai écris... Donc, aujourd’hui, j’ai peur, lorsque quand vous parlez d’immigration choisie, et j’ai peur que vous ne raviviez l’esprit de l’esclavage et de la colonisation qui nous a déstructuré.
Dois-je vous rappeler qu’hier, vous avez choisi ceux que vous avez déporté dans l’intérêt de notre beau pays.
Aujourd’hui, vous reprenez les mêmes que vous expulsez, toujours dans l’intérêt de la France.
A croire que de M. Colbert à vous-même, nous demeurons toujours des biens meubles et non des êtres humains. Nous sommes là pour vous dire que vivants nous ne laisserons pas disparaître à nouveau notre humanité entre vos mains comme par le passé.
D’autant qu’en traitant comme des sous-hommes, des dits « sans papiers », qu’il serait plus juste d’appeler des "sans droits". Vous nous insultez directement.
Avant la loi CESEDA, il y a eu le code noir de Colbert, qui siège comme une insulte à notre mémoire devant l’Assemblée Nationale, alors que nous sommes pour la plupart français et que l’esclavage a été reconnu comme crime contre l’humanité avec la loi de Mme Taubira en 2005.
J’ai donc peur qu’avec votre politique intitulée « immigration choisie », vous vous rendiez complice d’un "crime contre l’humanité".
Car vous avez conscience de renvoyer des gens vers la misère, et parfois vers la mort, vu que vous êtes le plus souvent à la base du pillage et de la dégradation que connaissent nos pays d’origine. Voilà...
Une dernière précision, sachez que ce n’est pas la France que nous combattons aujourd’hui, mais les idées racistes et criminelles de certains. Ne craignez vous pas rejoindre cette lignée de criminels ?(dernière phrase incertaine).


Nicolas Sarközy :
Crime contre l’humanité !....Esclavage !
Vous participez, monsieur, je vous le dis très simplement, à une stratégie de l’amalgame qui est inadmissible et qui est odieuse.
Je vais vous dire pourquoi.
Quand on a osé comparer à la déportation, ramener un Malien au Mali ou un Roumain en Roumanie, comparer cela à la déportation des Juifs, c’est profondément injurieux à l’encontre de ceux qui ont connu la Shoah.
Je commence à en avoir assez de ces histoires de blancs, de noirs, et d’ethnies.
La question de l’immigration choisie elle s’adresse autant aux européens de l’Est qu’à l’Afrique.
Arrêtez d’opposer (ou de poser) tout en terme de revanche des noirs sur les blancs, d’humiliation des blancs sur les noirs. La république Française elle est mieux que ça. Et nous n’avons pas à nous justifier de racisme dès que nous disons que la France ne peut pas accepter toute la misère du monde. Et que nous ne pouvons pas accueillir, dans un pays de 62 millions d’habitants, tout le monde. C’est vraiment impossible d’insulter notre pays comme ça alors que je ne fais que proposer ce que tous les autres pays font dans le monde.
Nous ne pouvons quand même pas être le seul pays au monde qui n’ait le droit de décider de qui doit venir sur son territoire, de qui doit y demeurer, et dans quelle condition il doit le demeurer.
L’Angleterre paraît aux yeux du monde entier comme l’expression la plus accomplie de la démocratie parlementaire. Essayez de vous installer sans papier en Angleterre !
Les Etats-Unis, grand pays d’immigration - permettez moi de vous dire d’ailleurs qu’aux Etats-Unis, on écoute l’hymne la main sur le cœur, et ils ont d’ailleurs le génie de faire de leurs nouveaux américains des patriotes qui ne se permettrait pas de dire la moitié de ce que vous venez de dire sur leurs pays. Essayez donc de dire que la France est un pays de racistes. Essayez donc de vous installer au Canada sans demander de papiers.
Je réfute l’idée même du racisme, crime contre l’humanité. Et puis alors maintenant, c’est l’histoire de la France. Notre pays a des pages douloureuses, c’est vrai. Mais arrêtez de nous demander d’expier en permanence un passé que vous revisitez avec les clichés d’aujourd’hui, alors que c’était il y a plusieurs siècles.
En ce qui concerne la France, elle a regardé son histoire avec beaucoup de courage. Quand je vois ce qu’il se passe dans un certain nombre de pays, je n’ai pas honte de mon pays. Notamment lorsque le président de la république qui a fait le discours qu’il a fait sur l’affaire du Veldiv.
Mais entre lucidité sur notre histoire et cette repentance perpétuelle, permettez moi de vous dire que nous sommes un certain nombre à être choqués et que, nous aussi, nous avons le droit d’être respectés.
Et ce n’est pas parce qu’on est la majorité qu’on est moins respectable.
Et vous ne me conduirez pas à m’excuser d’avoir des convictions qui, pour ne pas être les mêmes que les vôtres, ne sont pas moins bonnes que les vôtres. Je ne dis pas que vous êtes raciste quand vous parlez comme vous me parlez.
Alors ne me faites pas de procès en racisme. Parce que ce procès est dangereux, parce que ce procès est injuste, parce que ce procès est ............ ?.................. (Inaudible à cause des applaudissements).
Monsieur, je ne suis pas raciste, je ne suis pas antisémite, je déteste la discrimination et l’injustice ; mais j’ai le droit de dire que tous les immigrés n’ont pas vocation à avoir des papiers dans notre pays. Je le dis calmement mais je le dis fermement.
Et sur ce, monsieur le Ministre se lève et quitte la tribune.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
30 octobre 2006
Retrouvez les chroniques hebdomadaires d'Ayman El Kayman sur son blog http://fr.blog.360.yahoo.com/aykay06

 

N° 12 – 23 octobre 2006

Présidente sinon rien, sur un air de zouk


Il y a donc de très fortes chances que Ségolène Royal se retrouve présidente de la République française en mai 2007. Elle est pratiquement assurée de remporter les primaires organisées au Parti socialiste le 16 novembre prochain pour choisir son candidat. Ensuite, il lui faudra affronter Sarközy et Le Pen. Cette dame gagne donc à être connue.
J’emprunte cette biographie de Canine Royale à la revue satirique Le Réveil des Marmottes, qui se définit comme « Ni de gauche, ni de droite, bien au contraire ! » (http://www.reveil-des-marmottes.net/). En bonus, je vous offre une chanson, à chanter sur un air de zouk bien connu, composée par Mariam Séri Sidibé.

Marie-Ségolène Royal est née le 22 septembre 1953 à Dakar au Sénégal. Sa mère, Hélène Dehaye, a eu huit enfants avec Jacques Royal, un colonel d’artillerie sympathisant de l'extrême-droite. Marie-Ségolène Royal va étudier au lycée de Charmes dans les Vosges puis au lycée privé Saint-Joseph à Épinal en 1968, toujours dans les Vosges. Elle poursuit ses études en Lorraine à l’Université de Nancy II en sciences économiques. Marie-Ségolène Royal obtient un diplôme à l’IEP de Paris puis entre à l’ENA, l'École Nationale d'Administration (promotion Voltaire) et s'envole pour une affectation de magistrat au tribunal administratif. Son frère, Gérard Royal, fut lieutenant à la DGSE en 1985 et participera à l'attaque meurtrière menée en Nouvelle-Zélande contre le Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace (1). Anne-Christine Royal fut candidate à Limoges sous l'étiquette Front National. Hélène Royal est "légitimiste" (2). Véronique Royal-Jallas fut une écuyère du Vicomte Philippe le Jolis de Villiers de Saintignon.

Premier constat, la famille Royal n'est pas franchement une dynastie de gauche, elle est plutôt bien plantée à droite voire même à l'extrême-droite. Vers la fin des années 1970, Ségolène Royal, qui a gommé "Marie" de son nom, rencontre François Hollande, futur premier secrétaire du Parti Socialiste. Ils auront quatre enfants. En 2001, Ségolène Royal s'est PACSée avec François Hollande pour assurer au couple concubin un contrat civil en règle. Elle est Conseillère au Tribunal Administratif (en disponibilité) lorsque Jacques Attali flashe sur elle et la propulse "conseillère technique au secrétariat général de la Présidence de la République" de 1982 à 1988 où elle sera d'abord chargée de la jeunesse et des sports puis des affaires sociales. En 1988, elle est parachutée dans les Deux-Sèvres où elle est élue députée de Saint-Maixent-l'École. La Belle en Charentaise (sorte de sabots lorrains des Charentes) a de grands projets pour réformer la France sans toucher à rien: La bataille contre l’heure d’été (c'est très important pour la vie des vaches). La bataille contre le sexe à la télévision. Le RdM vous l'avait déjà écrit, avec des théories pareilles, la télé finira par censurer Blanche Neige et les 7 nains pour scènes trop suggestives. «Oh shocking ! On voit les chaussettes de la Belle !» Ségolène a trouvé le temps d'écrire une collection de livres comme "Le ras-le-bol des bébés zappeurs". Ségolène Royal se bat pour l’appellation d’origine du fromage de chèvre "Chabichou". Noble combat qui doit rassurer les jeunes bébés zappeurs. Elle milite également pour le label AOC des vaches "Parthenaises" (3) et "Maraîchines". Mais si mais si.

Elle a signé l'appel du «Club de Jacques Delors» dont François Hollande était le secrétaire général. Ce n'est pas la pelle du 18 juin mais c'est presque le râteau de la méduse (avec l'accent alsacien quoique les vaches en charentaises parlent rarement l'Alsacien). Notons aussi durant cette vache parenthèse que Ségolène Royal, marquée par sa jeunesse estudiantine en Lorraine, est devenue une fan de Jeanne d'Arc. Les mauvaises langues diront «Oui, mais Ségolène ne peut pas être vierge puisqu'elle a eu 4 enfants avec François Hollande, sans être mariée et avant d'être PACSée.» Certes, certes... Mais ils sont nés de l'opération du saint esprit et pas par la fornication perpendiculaire horizontale de bipèdes normaux. Pourquoi François Hollande bégaie depuis la lancée de sa compagne au firmament des magazines People ? En Hollande, c'est la reine qui couve le mâle, bien qu'il n'y ait pas de roi en Hollande, seulement une reine. François est donc un sujet Royal d'apparat, il fond lorsque la reine apparaît.
En 1994, Ségolène Royal passe le concours d’avocat au barreau de Paris et devient "Conseiller au tribunal administratif de Paris" puis avocate au barreau de Paris tout en siégeant à l’Assemblée Nationale et au Conseil Général des Deux-Sèvres. Elle entre ensuite au cabinet Teitgen (juriste et ex-plusieurs-fois-ministre de droite). Premier couac dans la course au pouvoir, elle est battue en 1995 aux élections municipales à Niort par le socialiste Bernard Bellec. Est-ce cette humiliation qui lui fera dire: «Nous vivons dans un monde de machos, un jour je serai reine du PS» ? En juillet 1997, elle chausse son armure anti-sexe et fait une entrée triomphante au gouvernement de Lionel Jospin. Ségolène avait mis au chaud son mandat de députée qu'elle reprend en juin 2002. En avril 2004, Ségolène, sur son cheval du PS, gagne la bataille des charentaises et prend d'assaut la présidence de la région Poitou-Charentes. Elisabeth Morin, l'écuyère de Jean-Pierre Raffarin, ex-président de ladite région et premier ministre de Jacques Chirac, est vaincue. En 2005, Ségolène, toujours avec en arrière-goût sa jeunesse passée en Lorraine, entend des voix: Celles de Valéry Giscard d'Estaing et de Michel Barnier. Elle enfile son armure anti-images-cochonnes et part en guerre contre le "non" au traité européen, en compagnie d'une autre femme dans ce monde de machos, Martine Aubry, fille du professeur es-Oui Jacques Delors, le père de l'Écu tourné en Euro. Leur missel bleu braqué vers le ciel, les deux chèvr... femmes, mille pardons, récitent leur prière sur les plateaux de télés: «Vous n'avez que deux choix dans une démocratie, voter "oui" ou "oui".» Deuxième couac, le "non" a gagné.
Ségolène Royal (ement de droite) est donc membre du Parti Socialiste. Ségolène passe pour une femme toute neuve en politique. Voyons sa virginité politique en détails: Du 3 avril 1992 au 29 mars 1993, elle est ministre de l'Environnement dans le Gouvernement Bérégovoy. Du 4 juin 1997 au 27 mars 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement auprès du ministre de l'Éducation Nationale Claude Allègre dans le Gouvernement Jospin. Du 27 mars 2000 au 27 mars 2001, elle est ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance auprès de la ministresse de l'Emploi et de la Solidarité Martine Aubry au Gouvernement Jospin. Du 28 mars 2001 au 5 mai 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées auprès de la ministresse de l'Emploi et de la Solidarité Elisabeth Guigou au Gouvernement Jospin. Du 13 juin 1988 au 2 mai 1992, elle est députée des Deux-Sèvres. Du 2 avril 1993 au 21 avril 1997, elle est députée des Deux-Sèvres. Du 1er juin 1997 au 4 juillet 1997, elle est députée des Deux-Sèvres. Depuis juin 2002, elle est députée des Deux-Sèvres. Ségolène des Charentes ira même plus loin dans la variété extensible des mandats. En 1983, elle est conseillère municipale de Trouville-sur-Mer dans le Calvados. Seule exception à une fidélité sans faille, elle quitte le Calvados. Une voix lui a soufflé qu'elle ne serait pas investie par le PS du Calvados pour les législatives de 1986. Elle revêt son armure, et, parée de son étendard opusien anti-films-cochons, elle envahit le Poitou-Charentes (4). Du 13 mars 1989 au 18 juin 1995, elle est conseillère municipale de Melle dans les Deux-Sèvres. Du 18 juin 1995 au 18 mars 2001, elle est conseillère municipale de Niort dans les Deux-Sèvres. Du 2 avril 1992 au 23 mars 1998, elle est conseillère générale des Deux-Sèvres. Du 23 mars 1992 au 3 avril 1992, elle est conseillère régionale de Poitou-Charentes. Depuis 2004, elle est présidente du syndicat mixte du Parc interrégional du Marais Poitevin et le 2 avril 2004, elle devient présidente de la région Poitou-Charentes.
En juin 1998, Ségolène Royal (ement prude) fait voter une loi contre le bizutage. En 2006, Ségolène déclare être candidate à la candidature pour 2007. Elle s'allie au président socialiste de sa région natale (5), la Lorraine, Jean-Pierre Masseret, un Franc-Maçon. Ségolène Royal est capable de battre des records comme le plus grand nombre de contradictions dans un discours vide de 5 minutes. Sa tactique que tique tique est simplette: Si on me critique, on critique les femmes. Nous vivons dans un monde de machos cochons. Résultat, plus personne, même à droite, n'ose plus la mettre en boîte par peur de passer pour un macho voire pour une machotte. Si Ségolène n'a rien à vendre hormis le fromage des deux chèvres et les charentaises de la Hollande, elle a néanmoins réussi à s'imposer comme la seule femme dans une France machiste. Sa condition de femme est devenue son unique slogan. La star de la rigidité est pourtant devenue la chouchoute des Français, de tous les médias, de la droite et même de Bernadette Chirac bien qu'on ne l'ait jamais vue en string en couverture des magazines. Ceci pour une bonne raison, Ségolène est contre le port du string. D'accord, mais que se passe-t-il si on enlève le string ?

Notes
1) Le 7 juillet 1985, le «Rainbow Warrior», navire de l'organisation écologiste Greenpeace, est coulé par la DGSE à Auckland à coups d'explosifs. 12 personnes étaient à bord du bateau, Fernando Pereira, le photographe officiel de Greenpeace, est mort dans l'attaque. Greenpeace protestait contre les essais nucléaires français à Mururoa.
2) «Légitimisme»: Tendance politique royaliste selon laquelle le roi de France ne peut être que l'aîné des Capétiens.
3) La Parthenaise est réellement une marque de vaches françaises destinée à finir en saucisse. Son nom est issu de Parthenay, une ville de la région Poitou-Charentes.
4) Les Deux-Sèvres (79) est un département de la région Poitou-Charentes.
5) Un mensonge de plus: Elle est née le 22 septembre 1953 à Dakar, pas en Lorraine mais au Sénégal.

 

SE-SE-SE- SEGOLENE, par Mariam Séri Sidibé. Sur l'air de "Célimène" de David MARTIAL


Depuis deux mois,
j'en reviens pas,
j'm'demande c'qu'elle a d'mieux que moi
pour faire passer tous ces droits

Imaginez, une poupée
Présidente du Charente Poitou
et ca ca ne passe pas du tout.

Mais c'est pour ça ... SEGOLENE
que j'la kif pas ... SEGOLENE
Mais c'est pour ça .... SEGOLENE
qu'ça passe pas ....SEGOLENE

SE-SE-SE- SEGOLENE
SE-SE-SE SEGOLENE

Elle est pire que Sarkozy
C'est Flamby qui me l'a dit
Elle veut tout s'approprier
C'est Strauss-Kahn qui va craquer

SE-SE-SE SEGOLENE

Elle veut pas l'Lolo Chéri
Parce qu'elle a rien compris
Et c'est pour ça qu'elle fait du chichi
et faut pas qu'il la contredise

SE-SE-SE- SEGOLENE

Depuis toujours, elle meurt d'amour
pour le pouvoir et ses discours
avec qui elle tourne court
Mais pour cela, elle s'emballe pas,
elle va voir son Arnaud chéri
qui lui dit qu'il faut dire ainsi

SE-SE-SE-SEGOLENE

Faut toujours être d'accord sur tout
même quand ça va pas du tout
faut toujours d'mander l'avis
même de ceux qu'on jamais rien compris

SE-SE-SE- SEGOLENE
SE-SE-SE- SEGOLENE

Même si tu t'en fous d'leur avis
Attends 2007 qu'ils t'aient choisie
Et donc tu pourra ainsi
bien te passer d'leur avis

SE-SE-SE SEGOLENE
SE-SE-SE SEGOLENE

Elle a rien à proposer
et c'est compris dans le forfait
Mais comme Jako le Mako
elle est sûre de gagner le gros lot

SE-SE-SE- SEGOLENE
SE-SE-SE- SEGOLENE


Et je vous laisse le loisir de compléter la suite.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
23 octobre 2006
Retrouvez les chroniques hebdomadaires d'Ayman El Kayman sur son blog http://fr.blog.360.yahoo.com/aykay06


N° 11 – 16 octobre 2006

Vers la République virtuelle


Dessin de Florian Doru Crihana, Roumanie

« Demain on rasera gratis » : c’est ce à quoi se résument l’ensemble des discours électoraux de tous les candidats à toutes les élections dans les démocraties représentatives. Et comme l’a dit le Grand Corse (Charles Pasqua), « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Si j’étais électeur en France – ce qu’heureusement, je ne suis pas -, j’avoue que j’aurais bien du mal à faire mon choix, le dimanche 22 avril 2007, entre la quinzaine de candidats qui se proposeront aux suffrages. À droite, il y aura le choix entre Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen et, peut-être, Bruno Mégret, Corinne Lepage et deux ou trois autres candidats. À gauche, il y aura le choix entre Ségolène Royal, Marie-Georges Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot et, là aussi, deux ou trois autres. Au centre, il y aura le choix entre…François Bayrou et François Bayrou, le paysan béarnais qui se proclame « centriste révolutionnaire ». Parmi tous ces candidats, seuls trois ont des chances sérieuses de se maintenir au second tour : Sarkozy, Royal et/ou Le Pen. Bref, le choix sera entre peste et choléra.
Vous trouvez peut-être que je vais trop vite en besogne dans mon énumération des candidats et pensez qu’il faudrait attendre les « primaires » au sein de l’UMP et du PS pour savoir qui sera candidat. Mais franchement, je crois que les jeux sont déjà faits : à droite, le petit Nicolas Dupont-Aignan ne fait vraiment pas le poids face au bulldozer hongrois ; à gauche, une fois éliminés Jack Lang et Lionel Jospin, Canine Royale devance largement DSK et Lolo. C’est que la gaillarde a bénéficié d’un lancement professionnel digne des plus célèbres marques de lessive. En l’occurrence, sa conseillère en communication-publicité n’est personne d’autre que Natalie Rastoin, directrice générale d’Ogilvy France, une vieille amie. Ogilvy est l’une des sociétés du groupe transnational WPP (Wire Plastic Products), aujourd’hui le deuxième groupe mondial de marketing-publicité-communication du monde, avec 94 000 employés, fondé il y a vingt ans par Sir Martin Sorrell, un homme capable de vendre n’importe quoi à n’importe qui, et proche de Bill Clinton. Ogilvy possède entre autres deux grandes sociétés mondiales de désinformation, Hill&Knowlton et Burson-Marsteller. Ce qui explique bien des choses, par exemple la curieuse proposition faite par Canine Royale en plein mois d’août, alors que la guerre israélienne contre le Liban battait son plein, que Bill Clinton devienne médiateur dans cette guerre. Et aussi l’efficace stratégie de communication adoptée par Royale, avec son blog « Désirs d’avenir ».
Le succès de Royale sur Internet a d’ailleurs des effets pour le moins curieux : ainsi, 85 000 nouvaux adhérents étaient censés avoir rejoint le PS en adhérant en ligne. Il suffisait pour cela de remplir un formulaire sur le web et de payer 20 Euro, toujours en ligne. Mais par prudence, le PS demandait aux nouveaux adhérents de prendre contact avec la section locale du parti pour confirmer leur adhésion. Et ainsi 20 000 de ces nouveaux adhérents sont restés virtuels. Et au PS, on s’inquiète, car on découvre que ces nouveaux adhérents sont prêts à tout, sauf à aller coller des affiches ou distribuer des tracts. Comment le PS va-t-il gérer sa transformation en parti virtuel ?
Cette question se pose d’ailleurs pour tous les candidats et leurs partis. Car tous ont investi fortement le web, créant des blogs, des sites, faisant des mailings de masse. Cela donne des choses plutôt curieuses : ainsi les » blogs coopératifs » de Le Pen, De Villiers et…Besancenot ont exactement la même apparence, et la publicité pour les uns s’affiche sur les blogs des autres.
Le monde politique français est donc en train d’achever sa mutation culturelle, son « américanisation » (il faudrait plutôt dire sa « yankeeisation »). Désormais, même les dinosaures comme Arlette Laguiller, la « seule porte-parole du camp des travailleurs », sollicitent le client sur la toile.
À ce compte, il n’y aurait plus qu’à franchir le cap. Pourquoi maintenir ces vieilleries que sont l’Assemblée nationale et le Sénat, pourquoi conserver des bureaux de vote, des isoloirs et des bulletins de vote en papier ? Pourquoi ne pas passer au tout-électronique et inventer la République virtuelle ? D’autant plus sa devise « Liberté, égalité, fraternité » est déjà totalement virtuelle ? Citoyens de tous les pays, dématérialisez-vous !
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
16 octobre 2006
Retrouvez les chroniques hebdomadaires d'Ayman El Kayman sur son blog http://fr.blog.360.yahoo.com/aykay06


Versione italiana :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1341&lg=it

 

N° 10 – 2 octobre 2006


L’ombre de Nicolae sur Jacques, Traian et Émile

Un grand absent sur la photo de famille : Émile Lahoud, le pestiféré

Le XIème Sommet de la Francophonie (les majuscules sont obligatoires) vient donc de se terminer à Bucarest. Tout s’est bien passé, on a bien mangé, on a bien bu et on s’est agrandis, en cooptant de nouveaux membres (Grèce, Albanie, Macédoine et Andorre ont été admis comme membres de plein droit, Chypre et le Ghana comme membres associés, le Mozambique, la Serbie et l'Ukraine comme observateurs).
Tout s’est bien passé, mis à part un petit couac qui en dit long sur les “valeurs francophones”. Le président libanais Émile Lahoud a été déclaré persona non grata. Est-il vrai que c’est à la demande de Jacques Chirac que Traian Basescu, le président roumain, a refusé d’inviter Lahoud ? C’est ce qu’on a murmuré très fort, mais l’Élysée et Bucarest ont démenti et Basescu a juré ses grands dieux qu’il avait pris sa decisión tout seul, comme un grand. En tout cas, du coup, Fouad Siniora, le Premier ministre, qui avait été invité en lieu et place de Lahoud, n’est pas non plus venu et c’est le ministre de la Culture Tarik Mitri qui a finalement représenté le Liban, ou plutôt qui a représenté Siniora. Une chose est sûre : au sein de l’Organisation internationale de la francophonie, il y a des francophones plus égaux que d’autres et le véritable patron ce n’est pas le Sénégalais Abdou Diouf mais le locataire de l’Élysée. Alors Jacques, on se prend à rêver et à se prendre pour le constructeur du monstrueux Palais où s’est tenu le Sommet, Nicolae Ceausescu ? Et c’est quoi, exactement, les valeurs francophones ? Et qui les porte ? Le Tunisen Ben Ali ? Le Cambodgien Hun Sen ? Le Centrafricain Bozizé ? Le Gabonais Bongo ? Ils seraient donc, eux, des démocrates et Lahoud ne le serait pas ?
Vous me direz que tout cela n’est que broutilles sans importante, vu que l’organisation internationale de la francophonie n’a strictement aucun impact sur la politique mondiale. Je vous le concède. C’est dommage : ça aurait pu être un outil de remise en cause de l’Empire yankee. Elle n’y est pas arrivée. Je la rebaptise donc solennellement Organisation internationale de la FrancoAphonie…


L’Iraq selon Libérotschild



Cette incroyable carte de l’Iraq est parue dans Libération du 28 septembre 2006, en page 7.
Ainsi donc, les 25 millions d’Iraquiens se répartiraient en trois ETHNIES :
Arabes chiites, Arabes sunnites et Kurdes sunnites.
Drôles d’ethnies, vous en conviendrez. Et que deviennent les Arabes chrétiens, les Kurdes chiites, les Persans chiites ou zoroastriens, les Turkmènes, les juifs et j’en passe ? Pour ne pas parler des athées et des agnostiques !
On attend une carte de la répartition ethnique (notez le caractère gras) de la France : quelles ETHNIES le quotidien de Rotschild pourrait-il inventer ? En tout cas, il faudrait un petit point jaune du côté de la Rue Béranger à Paris, pour indiquer la présence de…Mais au fait, comment qualifier l’ethnie qui peuple le quotidien rotschildien ?
Libération est en train de crever, et c’est tant mieux. Qu’on ne compte pas sur nous pour rejoindre la « société des lecteurs » censée apporter de l’argent frais à cette entreprise dégénérée qui fait chaque jour un peu plus honte à la corporation journalistique.


DSK à Sarcelles : “C’est d’ici que je pars”


En fançais courant, Sarcelles était dans les années 70 et 80 un synonyme de “grand ensemble mal foutu où sont empilés des citoyens de seconde classe”. Mais désormais cette ville de la banlieue nord de Paris, dans le Val-d’Oise, a des chances de devenir le Colombey-les-deux-Synagogues du candidat à la candidature à la présidence française de Dominique Strauss-Kahn. Il en a effet été le maire de cette ville de 1995 à 1997 et reste député de la circonscription. C’est donc Sarcelles qu’il a choisi pour lancer sa campagne pour être investi par le Parti socialiste, dont les adhérents éliront le canidat à la canidature le 16 novembre prochain. “C’est d’ici que je pars” à la conquête du monde. La phrase la plus célèbre de DSK lorsqu’il était maire de Sarcelles ? “Chaque matin, en me réveillant, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire pour Israël, car ce qui est bon pour Israël est bon pour Sarcelles”. Il faut savoir que Sarcelles est peuplée par un grand nombre de Juifs du Maghreb, en particulier tunisiens. Il y a quelques années, lorsque DSK était ministre des Finances, un site web tunisien juif, harissa.com, avait publié une lettre ouverte –pour rigoler bien sûr, les “Tunes” aiment bien la rigolade – demmandant au ministre, en tant que “Juif tunisien d’honneur” (sa mère était Tunisienne juive), d’exempter les Tunes d’impôts…
Si DSK devait se retrouver en train d’affronter Nicolas Sarközy, on assisterait donc à une campagne entre Tel Aviv et Herzliya. Du coup la Sénégauloise blonde – en devient sympathique -, mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, Royale canine voyons ! En tout cas, les tríos candidats à la candidature n’arrêtent pas se marcher sur les pieds : Sarkö va à New York ? la semaine suivante, c’est DSK qui y va. Sarkö va à Dakar ? La semaine suivante c’est Ségo qui y va. Et lorsque Sarkö ira en enfer, est-ce que nos deux socialistes chéris le suivront aussi ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
N°9 – 25 septembre 2006


Non, l’histoire n’est pas finie !

La semaine passée, nous avons tous été les témoins de trois moments magiques : à New York, les discours d’Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad et à Beyrouth, le discours d’Hassan Nasrallah lors du « Festival de la victoire divine ».
Ces trois hommes, le Vénézuélien, l’Iranien et le Libanais, sont les éclaireurs de l’immense armée des ombres qui, à travers la planète, se forme pour affronter l’Empire, dirigé par les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Bush, Cheney, Rumsfeld et Condoleeza).
Non, n’en déplaise à Mister Fukuyama, l’histoire n’est pas finie et l’ « american way » n’est pas la seule solution pour l’humanité.
Les discours prononcés par les trois nouveaux héros de notre temps vont tous dans le même sens : il faut –et on peut - combattre la prétention de l’Empire à tout diriger, à tout régenter, à tout décider. Et ces discours ne sont pas des paroles en l’air : ils s’appuient sur une réalité visible à l’œil nu.
Cette réalité, c’est que l’Empire va de défaite en défaite : en Afghanistan, en Iraq, au Liban et en Palestine, il n’a subi ces derniers temps que des échecs. Face à la résistance du Venezuela, de la Bolivie, de l’Iran, il se casse les dents. À trop tirer sur la corde avec ses « alliés » européens, il va finir par la casser. Et il a quelques difficultés à imposer ses vues à la Russie et à la Chine, qui sont dirigées par de vrais renards.
Bref, les Cavaliers de l’Apocalypse sont de plus en plus isolés sur le plan mondial et ils ne pourront bientôt plus compter sur le Caniche en Chef, Tony Blair, qui va bientôt quitter Downing Street, pour rejoindre Berlusconi et Aznar dans les poubelles de l’histoire. Et ce n’est pas avec les Iles Marshall, la Pologne,l’Ukraine, le Danemark et l’Albanie qu’ils pourront continuer dans leur projet d’hégémonie totale.
Le monde est donc entré dans une nouvelle période révolutionnaire. Et la révolution qui s’avance a le profil d’un « étrange soldat », comme le dit une vieille chanson italienne. Ce soldat ne correspond à aucune des anciennes catégories : il n’est ni nationaliste, ni communiste, ni islamiste. Il est à la fois tout cela et rien de tout cela.
Le nouveau combattant engagé contre l’Empire est attaché à sa terre natale ou d’adoption mais il est en même temps citoyen du monde, connecté en temps réel avec le reste de la planète.
Le nouveau combattant parle sa langue maternelle mais il en connaît au moins une autre.
Le nouveau combattant défend les traditions de son peuple, mais il est conscient de ce que le monde est divers, et qu’il faut donc construire un « monde contenant tous les mondes ».
Le Festival de la Victoire de Beyrouth, le vendredi 22 septembre, illustre bien cela : il y avait là un million de Libanais –soit le quart de la population du pays – et ils appartenaient à toutes les communautés (17) et tendances qui forment le puzzle libanais : chiites, sunnites, chrétiens de diverses confessions, druzes, mais aussi communistes, nationalistes, nassériens et autres.
C’est que le nouveau combattant n’appartient pas à une avant-garde autoproclamée, censée apporter la vérité au peuple. Il est à l’écoute de son peuple, car il est issu de la multitude. Et il sait que la colonne de guérilla doit avancer au rythme de son membre le plus lent.
Bien sûr, l’Empire garde encore une capacité de nuisance et de destruction considérable. Les stratèges du Pentagone planchent depuis des années sur la stratégie et la tactique à adopter face à la nouvelle révolution mondiale en marche, à la manière d’adapter les théories de la guerre contre-insurrectionnelle à la nouvelle situation de ce début de siècle. Militaires usaméricains et israéliens ont des échanges intensifs sur leurs expériences respectives, à Jénine, Naplouse, Gaza, Falloujah, Bakouba, Bassorah et Bagdad. Ils ont inventé le concept de « caporal stratégique » : un soldat polyvalent et bardé d’électronique, qui soit à même d’intervenir dans le cadre des « MOUT » (Military Operations in Urban Territory), en s’adaptant aux circonstances, très rapidement changeantes. Bref, un mélange de Robocoop et de guérillero.
Mais quoiqu’ils fassent, ils restent enfermés dans leurs schémas et leurs lourdeurs bureaucratiques et ne seront jamais capables d’opposer des ripostes efficaces à une résistance très mobile, multiforme, enracinée dans la population et connectée au reste du monde.
L’Empire n’est certes pas mort, mais l’Empereur, désormais, est nu. Plus personne ne croit à sa démocratie imposée par des bombes au phosphore, à l’uranium appauvri ou à fragmentation. Et sa propagande dérisoire contre « l’islamo-fascisme » a de moins en moins de prise sur les multitudes. L’idéal serait évidemment que l’Empire meure tout simplement de ridicule, ce qui nous épargnerait bien du sang et des larmes. Mais le ridicule peut-il encore tuer ? Je vous laisse réfléchir à cette question.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
Lundi 25 septembre 2006

 

N°8 - 18 septembre 2006


Quand Hollywood découvre un génocide


Elie Wiesel et Geroge Clooney
à l’ONU le 14/09/ 2006

« Urgence Darfour », « Save Darfour » : c’est le slogan d’une campagne internationale qui bat son plein depuis quelques mois à travers le monde occidental. Pendant le week-end des 16-17 septembre, des rassemblements ont eu lieu à New York et à Paris, avec une faible participation, pour exiger une « intervention des Casques bleus pour mettre fin au génocide ».
Une précédente mobilisation avait rassemblé 5 à 7 000 personnes à Washington le 30 avril dernier. Les médias yankees avaient accordé une couverture plus importante à cette manifestation qu’à celle de 300 000 personnes la veille à New York contre la guerre d’Iraq ou encore aux millions de manifestants qui avaient défilé le 1er mai dans tous les USA pour protester contre les projets de loi répressifs contre l’immigration.
C’est que la campagne pour le Darfour bénéficie de la figure populaire de l’acteur George Clooney, qui en est le porte-parole. Le célèbre médecin de la série « Urgences » a été convaincu par son père Nick, journaliste de télévision et démocrate du Kentucky de se lancer dans cette nouvelle bataille douteuse.
Le 14 septembre 2006, George Clooney était donc la guest star du Conseil de sécurité des Nations Unies, aux côtés de la pleureuse professionnelle Elie Wiesel. Ils avaient été invités par John Bolton, l’ambassadeur US à l’ONU, pour plaider la cause, la cause…Mais au fait, la cause de qui et de quoi ?
Une guerre civile bat son plein au Darfour depuis 3 ans. Elle met aux prises des Soudanais de diverses factions et tribus, mais qui ont tous en commun d’être Noirs, musulmans et arabophones. Il n’y a pas ici de chrétiens comme au Sud-Soudan, où une guerre civile a duré 25 ans. Un des enjeux fondamentaux de cette guerre civile est le contrôle des points d’eau, vital dans une région frappée par la sécheresse depuis deux décennies.
Récemment, un accord de paix a été signé entre le gouvernement de Khartoum et les groupes « rebelles », qui sont soutenus notamment par la régime du Tchad voisin. 7 000 hommes de troupes de l’Union africaine sont censés faire respecter ce cessez-le-feu, avec l’aide logistique de l’OTAN Mais ces troupes doivent quitter le pays le 1er octobre. Le Conseil de sécurité a voté le 1er septembre une résolution stipulant l’envoi de 20 000 casques bleus au Soudan, mais le gouvernement de Khartoum a opposé un refus clair et net d’accepter ces troupes, disant qu’il les considèrerait comme des troupes d’invasion et les traiterait de la même manière que la résistance libanaise a traité les troupes israéliennes.


John Bolton, Elie Wiesel et Geroge Clooney

Du coup, Washington a mis en branle la machine à faire pleurer les chaumières, pour préparer le terrain à un coup de force militaire contre le Soudan ; Son objectif est clair : renverser le régime de Khartoum. Objectif partagé depuis longtemps par les Démocrates et les Républicains. Rappelons-nous en 1998 le bombardement , sur ordre de Bill Clinton, de l’usine de médicaments qui assurait 80% des besoins en médicaments du Soudan, présentée par Washington comme une usine de « gaz toxiques ». Et c’est cette position qui motive le refus de Khartoum de laisser pénétrer les Casques bleus sur son territoire.
Le Darfour est la région occidentale du Soudan. Il a la taille de la France, avec une population de 6 millions d'habitants.
Des ressources récemment découvertes ont suscité un intérêt très grand pour le Soudan parmi les compagnies yankees. On croit qu'il possède des réserves en pétrole rivalisant avec celles de l'Arabie saoudite. Il possède également de vastes poches de gaz naturel et son sous-sol abrite en outre l'un des trois gisements les plus importants au monde d'uranium de haute pureté, sans oublier qu'on y trouve aussi le quatrième gisement le plus important de cuivre.
Qui est à l’initiative de la campagne internationale « pour le Darfour » ? Comme par hasard, les grandes organisations sionistes juives et évangéliques (protestantes) US, relayées en France par la LICRA, SOS-Racisme et une nébuleuse de groupuscules juifs, noirs, laïcs et « humanitaires ». L’objectif de cette campagne est donc double :
1° - Détourner l’attention de la situation en Iraq, en Palestine et au Liban
2° - Faire pression pour une « ingérence humanitaire » au Soudan.
La campagne « urgence Darfour » n’est qu’une manière de préparer une nouvelle guerre d’agression contre un pays dont le gouvernement a commis le crime impardonnable de ne pas se plier aux ordres de l’Empire. George Clooney, qu’on croyait intelligent, n’a pas l’air d’avoir compris quels intérêts se cachent derrière cette campagne. Ou alors, il en est parfaitement conscient, ce qui est encore plus grave.


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
18 septembre 2006

 

N° 7 – 11 septembre 2006

Un gynécologue griot dans la Sarko Academy


Il en est des candidats à une élection présidentielle comme des marques de lessive : il faut concocter un plan marketing d’enfer pour conquérir le marché, car les places sont chères et la concurrence féroce. Et ce marché est segmenté. On ne peut pas convaincre avec les mêmes arguments la ménagère de 50 ans, sa maman de 75 ans, le fiston étudiant de 25 ans et son père de 52 ans. Il faut donc trouver pour chaque type de client potentiel l’argument qui va le toucher.
Nicolas Sarközy, fils d’un immigré non choisi, veut donc devenir président de la République française. Pour cela, il faut qu’il ramasse au premier tour de l’élection d’avril 2007 au moins 30% des voix et au deuxième tour 50 et quelques %. Même si la France est un pays de vieux, il ne pourra pas contenter de recueillir les voix du troisième et du quatrième âge, toutes ces mamies de 75 à 100 ans qu’un rien effraye. Il ne pourra pas non plus se contenter de détourner les voix des beaufs de 40 à 65 ans de leur Jean-Marie habituel. Il lui faudra forcément trouver le chemin des électeurs de 18-30 ans, banlieusards, basanés et métissés. Pour draguer les grands-mères, il avait Michel Sardou (l’homme qui chantait en 1973 : « Ils (les Arabes) ont le pétrole, nous on s’en fout, on a le bon vin » et en 1981 « vive la guillotine ») et Pascal Sevran, l’animateur mielleux des thés dansants du dimanche après-midi pour maisons de retraite . Pour les mères, il avait le rocker vieillissant et citoyen belge Johnny Halliday,dont le public est tout sauf jeune. Pour le cœur de cible « racaille », il lui fallait donc trouver un rappeur. Manque de pot pour Sarköléon, la plupart des rappeurs connus préfèreraient avaleur leur micro tout cru plutôt que de se transformer en griots de ce Hongrois digne descendant d’Attila. Mais en cherchant bien, il a fini par dénicher le rappeur qui est censé lui ouvrir une brèche dans le mur des banlieues.
Le griot retenu s’appelle Bruno Beausire. Il est né à Clichy sous-Bois en 1974 dans une famille guadeloupéenne. Nom d’artiste : Doc Gynéco. Le bonhomme est assez particulier : il balance des textes plutôt pornographiques avec un ton désabusé et, sur tous les plateaux de télé où il est invité, il donne en permanence l’impression d’être soit sur le point de s’endormir soit d’être tombé du lit. Bref, il semble bien que l’abus de marihuana lui ait quelque peu ramolli le cerveau.
La rencontre entre le Triste Sire de la Place Beauvau et le Beausire de la Porte de la Chapelle a eu lieu en novembre dernier, lors de l’intifada des banlieues. Les deux hommes se sont plus et Gynéco a décidé de faire un bout de chemin avec l’Attila de l’UMP. Le timing a été parfait et on a profité de l’université d’été de l’UMP à Marseille pour lancer le tandem, immortalisé par la photo ci-dessus. Et Gynéco se targuant d’être intello (ça, pour enfiler les mots comme des perles, il s’y entend, même si son verbiage n’a pas toujours un sens très clair) , on l’a invité à une table ronde sur "La Nation: une idée d'avenir", ou il a trôné avec ses habituelles mines énigmatiques – son genre,c’est : »je ne dis rien, mais je n’en pense pas moins » - aux côtés des ministres Jean-François Copé (Budget) et Renaud Donnedieu de Vabres (Culture).
Tout cela est ma foi fort affligeant. On murmure dans les milieux du show business que l’opération viserait tout simplement à redorer le blason du pauvre Doc Gynéco, dont les œuvres éphémères ne se vendent plus si bien que cela. Quoiqu’il en soit, il a déjà commis, lors du show de Marseille, quelques phrases inoubliables, que je vous laisse méditer.
«On a décidé peut-être d’avoir une idée sociale de droite qui pourrait stopper cette idée de vivre toujours avec des aides et peut-être redynamiser des endroits ou des quartiers où les gens ne vivent à 100% qu’avec des aides sociales. » (sic)
«Les banlieusards, c’est des clowns. Ils sont choqués d’avoir entendu ’racaille’ ou ’kärcher’ quand tous les jours entre eux ils s’insultent»(resic)
« Sarkozy, c’est un ami avant tout, quelqu'un qui m'aide à penser, un petit maître à penser... puisque mon père, c'est déjà Johnny » (Halliday) (reresic).
Pauvre France ! Faut-il en rire, faut-il pleurer ?
Heureusement, Doc Gynéco reste une exception dans la génération des stars « négropolitaines » (Noirs de métropole), qui, toutes, à part lui, ont pris position contre Sarkökärcher, que ce soit Joey Starr et Stomy Bugsy, deux autres rappeurs, ou Liliam Thuram, le capitaine de l’Équipe de France de football, qui a déclenché un tollé à l’UMP et au gouvernement en invitant au stade de France, pour assister à un match France-Italie, 80 des « 1000 de Cachan », ces squatters vidés manu militari de la résidence universitaire qu’ils occupaient, faute de trouver à se loger décemment, depuis plusieurs années, et qui se sont repliés dans un gymnase cruellement appelé « Belle image ».
Comme le chante Doc Gynéco, « Dans le foot, les affaires, le rap, les ministères, c'est toujours un gangster qui contrôle l'affaire. »


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman
11 septembre 2006