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Tribune |
Le 29 mai nous avons dit non .. du 13 au 18 décembre ils diront oui !
« Ils », ce sont les gouvernements des pays riches, dont
l'Union Européenne, et les lobbies industriels et financiers
qui y sont attachés. Du 13 au 18 décembre 2005 aura
lieu la 6ème conférence de l'Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) à Hong Kong. A cette occasion, les 148 pays
membres vont négocier âprement nos avenirs et nos vies.
Le but de l'OMC, des pays riches et des multinationales : ouvrir toujours
plus de marchés, accroître les profits des entreprises,
enrichir encore plus les riches, appauvrir encore plus les pauvres,
contrôler et marchandiser toute chose sur Terre, y compris le
vivant et le patrimoine de l'Humanité. UNE MEME LOGIQUE : LE TRIOMPHE DU TOUT LIBERAL Dans ses articles III-314 et III-315, le TCE avait parfaitement
résumé la logique de l'OMC et l'avait intégré
à son projet constitutionnel « l'Union contribue, dans
l'intérêt commun, au développement harmonieux
du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions
aux échanges internationaux et aux investissements étrangers
directs, ainsi qu'à la réduction des barrières
douanières et autres. » (III-314), « La politique
commerciale commune est fondée sur des principes uniformes,
notamment en ce qui concerne les modifications tarifaires, la conclusion
d'accords tarifaires et commerciaux relatifs aux échanges de
marchandises et de services, et les aspects commerciaux de la propriété
intellectuelle, les investissements étrangers directs, l'uniformisation
des mesures de libéralisation, la politique d'exportation,
ainsi que les mesures de défense commerciale, dont celles à
prendre en cas de dumping et de subventions. » (III-315). UN MEPRIS DE LA DEMOCRATIE L'OMC cumule les trois pouvoirs - exécutif, législatif,
judiciaire alors qu'elle forme une seule et même organisation.
La plupart des négociations se font dans le secret, ignorées
par les parlementaires eux-mêmes, sans consultation ou information
de l'opinion publique. Elles sont menées par le QUAD, le groupe
des pays les plus puissants (UE, Etats-Unis, Canada, Japon), et s'affranchissent
des règles de la démocratie mais parfois même
de celles de l'OMC convoquant des réunions non statutaires
et invitant des pays soigneusement choisis. Et après pressions
sur les pays invités, les accords qui y sont signés
ont force de loi. Et dans l'ombre, se sont les lobbies industriels
et financiers qui établissent les dossiers de négociations
des pays riches. BOLKESTEIN PUISSANCE 10 La directive sur les services dite « Bolkestein » est
remise sur le tapis européen. Son but : libéraliser
les services y compris non marchands, permettre la dérégulation
des pratiques fiscales et sociales par la mise en concurrence des
pays, des législations et des travailleurs avec à terme
une concurrence totale entre les entreprises et la fin des législations
sociales (impôts et taxes des entrprises, droit du travail).
Le principe : employer des travailleurs étrangers à
la législation des pays d'origine. Gérer une entreprise
par rapport à la législation du pays d'origine. Et tout
cela, contrôler par le pays d'origine et non pas l'Etat accueillant
l'entreprise. Mais, dans l'état actuel des travaux et des mobilisations,
la directive peine à passer et se limite à certains
secteurs. L'Accord Général sur le Commerce des Services
en est une version améliorée parce que : L'originalité de la directive Bolkestein est le Principe du
Pays d'Origine (PPO). Mais, de fait, l'AGCS conduira à ce principe,
soit par la voie des négociations puisque l'AGCS est un traité
en perpétuelle négociation, soit par les tribunaux quand
les entreprises attaqueront les Etats pour obtenir toujours moins
de restrictions à la concurrence comme le maintien par exemple
du droit du travail ou du SMIC. LE TRAITEMENT NATIONAL : LA FIN DES SERVICES PUBLICS Article III-143 du TCE : « Les États membres accordent
le traitement national en ce qui concerne la participation financière
des ressortissants des autres États membres au capital des
sociétés ». Voici une application limitée
mais néanmoins dangereuse que proposait le TCE du traitement
national. L'AGCS lui en propose une application encore plus menaçante
et décisive pour la fin des services publics. L'article XVII
de l'AGCS sur le traitement national déclare : « chaque
Membre accordera aux services et fournisseurs de services de tout
autre Membre, en ce qui concerne toutes les mesures affectant la fourniture
de services, un traitement non moins favorable que celui qu'il accorde
à ses propres services similaires et à ses propres fournisseurs
de services similaires. ». LA TOUTE PUISSANCE DE LA SPHERE FINANCIERE Le TCE confirmait la puissance et l'indépendance de tout
pouvoir politique de la sphère financière à travers
notamment l'indépendance de la Banque Centrale Européenne
(I-30), la notion d'investissements étrangers directes (III-314,
qui permet à des capitaux étrangers de prendre le contrôle
de sociétés des autres pays). L'article III-156 parle
de lui-même et illustre cette toute puissance : « Les
restrictions tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre
les États membres et entre les États membres et le pays
tiers sont interdites. ». Cette mesure empêchait toute
taxe de type « taxe Tobin » ou taxes globales qui auraient
permis de taxer les capitaux à une hauteur infime et qui auraient
pourtant permis de régler les problèmes d'accès
aux soins, à l'eau et à l'éducation dans les
pays pauvres. Cela confirmait aussi l'impunité des paradis
fiscaux qui permettent la perte d'au moins 100 milliards d'euros par
an en fraudes et évasions fiscales en France. LA FIN DE LA DEMOCRATIE ? Si le TCE n'avait pas été rejeté ? Le libéralisme
aurait été gravé dans le marbre. La loi de la
concurrence et des profits auraient eu plus de valeur que les Droits
de l'Homme et du Citoyen. Le pouvoir aurait été confisqué
aux peuples et le politique aurait abandonné lui-même
son pouvoir à la main invisible du marché (voir l'article
III-209). La Constitution européenne aurait eu cours pendant
50 ans, laissant le temps au patronat de fixer les règles nécessaires
pour assurer le maintien total et durable du libéralisme. Le
« marché » au sens libéral aurait été
si omnipotent et incontournable que la possibilité légale
de se retirer de l'Union Européenne aurait été
irréalisable. Le choix démocratique, le vote n'aurait
eu plus aucun sens car une seule politique aurait été
constitutionnellement légale : la politique libérale.
Une condamnation à perpétuité pour chaque citoyen. ALORS ENCORE UNE FOIS DISONS NON.. NON A LA FIN DES SERVICES PUBLICS ! NON A LA FIN DU DROIT DU TRAVAIL ! NON AUX SALAIRES DE MISERE ! NON A UN MONDE OU LE CITOYEN N'EST QU'UNE OUI A UN AUTRE MONDE PLUS JUSTE ! |
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