Le poulet, la racaille et la boîte d'allumettes
par René BALME, 3 novembre 2005
Au plus loin que je puisse remonter dans le passé, il m’a
toujours été inculqué que pour être respecté
il faut être respectable et que lorsqu’on a quelque fonction
élective ou une once de pouvoir, il convient de donner l’exemple.
Par la parole et par les actes.
On est donc tout à fait fondé d’exiger d’un
ministre qu’il soit exemplaire tant dans ses propos que dans
ses actes. Qu’il soit un modèle en quelque sorte et qu’il
ne déshonore pas la République.
Monsieur Sarkozy, rappelons-le, n’occupe pas une fonction élective
au sommet de l’État. Il a été désigné
ministre. En bon technocrate qu’il est, de fait, cela ne lui
donne aucunement le droit de s’affranchir de la volonté
du peuple qui s’exprime par le suffrage universel. Cela ne lui
donne pas plus le droit d’éructer avec de forts emprunts
au vocabulaire lepéniste une haine aux accents calculés.
La République et la démocratie ne peuvent pas et ne
doivent pas permettre de tels dérapages, à fortiori
quand ils émanent de la bouche d’un ministre qui porte
le numéro deux sur l’échiquier gouvernemental.
En d’autres temps où la déliquescence de la pensée
n’avait pas encore fait les ravages que nous constatons, de
tels propos auraient conduit au limogeage et à la condamnation
unanime de l’intéressé par la classe politique
et intellectuelle. Aujourd’hui que les intellectuels «
officiels » sont formatés donc aphones, que les «
programmes politiques » s’élaborent à grand
coup de sondages et d’idées puisés dans les discussion
avinées des « café du commerce »... Aujourd’hui
donc, Sarkozy parle à la France et aux Français comme
parlent les « beaufs ». Sauf que Monsieur Nicolas Sarkozy
de Nagy Bosca n’est pas un « beauf » comme les autres
et que les mots qu’il nous sert, s’ils ne lui étaient
pas totalement inconnus hier, ne faisait pas partie de ses habitudes
de langage.
« Respect » - comme on dit en pied d’immeubles -
pour les agences de communications qui l’ont si bien briefé
!
Cette mise en scène serait pathétique si elle ne portait
pas en elle la volonté affirmée d’en découdre
avec les banlieues pour que s’embrasent les quartiers populaires
et que la peur fasse son ouvrage. C’est cette stratégie
qui a conduit au pouvoir quelques fascistes tristement célèbres
et c’est cette stratégie là que le ministre de
l’Intérieur français - et président de
l’UMP - a décidé de porter dans chacun de ses
déplacements au cœur des quartier dits « difficiles
». Notons que si ces quartiers sont si difficiles, c’est
en grande parti à cause de la politique menée par l’UMP
et ses représentants. Le PS avait aussi, on s’en souvient,
bien balisé le chemin et entretenu le foyer.
Embraser les banlieues et reproduire une énième fois
un scénario qui, en 2002, a porté l’extrême
droite au deuxième tour de la présidentielle. Telle
est l’ambition du premier flic de France, telle est l’ambition
du patron de l’UMP, telle est l’ambition du MEDEF qui,
demain, tirera seul les marrons du feu.
La peur, la peur, toujours la peur comme façon de gouverner
ou pour cacher une absence de gouvernement, qu’importe, c’est
cette manipulation là qu’il convient de dénoncer
au moment où les médias officiels en rajoutent dans
la surenchère... et n’analysent plus rien sur le fond.
Des voitures qui flambent, des jeunes encagoulés, des pierres
qui volent.... Ce ne sont que les effets spectaculaires d’une
cause que l’on voudrait tenir cachée, comme une vieille
recette mise à jour par les gouvernements successifs à
l’approche d’une élection que l’on dit capitale.
Depuis 1982, combien de fois le peuple des banlieues a été
instrumentalisé ?
Et cette peur encore si l’on se réfère aux médias
: de la grippe du poulet aux intoxications alimentaires dues au steaks
surgelés en passant par les dérèglements climatiques,
les attentats et l’embrasement de la planète, c’est
bien une succession de prétextes à avoir peur qui nous
sont servis quotidiennement et plus particulièrement le soir
à l’heure du souper.
Il est définitivement établi que dans ce monde, le positif
n’a plus droit de cité.
Une stratégie planétaire
Comme une stratégie qu’aucun journaliste digne de ce
nom ne peut ignorer et devrait dénoncer, l’œuvre
de Big Brother se fraye ainsi un passage dans chaque état en
suivant une procédure identique et dont seule l’ampleur
diffère en fonction des objectifs à atteindre.
Car ne nous y trompons pas, c’est bien le pouvoir économico-financier
représenté par l’OMC qui dirige le monde avec
ses filiales ou complices que sont les pouvoirs politiques chargés
de mettre en place des gouvernements et des technocrates parfaitement
inféodés. Une des filiales française s’appelle
l’UMP et son président - qui ignore les conflits d’intérêts
- a été nommé ministre de l’intérieur
ce qui lui donne un pouvoir considérable et lui attribue une
folle sensation d’invincibilité.
Mais à jouer avec le feu, à utiliser des peurs mal contrôlées,
à surenchérir avec aveuglement, à trop flirter
avec la droite extrême et à se croire indomptable et
au dessus de tout... parfois la machine se grippe. Même les
stratégie les mieux pensées ont une faille. Cette faille
existe forcément. Certains qui la connaissent où l’ont
déjà décelée attendent le faux-pas.
Et nous, modestement, mais avec opiniâtreté et conviction,
nous portons encore et toujours le même rêve : celui de
l’avenir de l’homme.
Peur et haine de l'Islam
par Paul Draszen, 5 novembre 2005
La peur et la haine de l’Islam semblent être partagées
par un nombre croissant d’individus, du moins c’est ce
que l’observation des médias pourrait nous amener à
penser.
Qui n’a pas entendu les propos d’un Jean-Marie Le Pen,
d’un Philippe Villiers ou d’un George Frêche ? Qui
n’a pas lu les écrits d’un Michel Houellebecq,
d’une Oriana Fallacci ou d’un Alexandre Del Valle ? Qui
n’a pas vu un reportage avec tel « expert en terrorisme
» ou tel « journaliste spécialiste des banlieues
» ?
Mais cette peur et cette haine ont évolué. Pendant longtemps
ce fut une spécialité de l’extrême droite
qui visait les « Arabes ». Puis ce discours a été
repris et modifié. De nos jours si les propos racistes et outranciers
à l’égard des immigrés et des maghrébins
sont généralement condamnés, les mêmes
propos racistes et outranciers lorsqu’ils sont formulés
à l’égard de l’islam et des musulmans sont
tolérés pour ne pas dire acclamés par nos médias
et nos donneurs de leçons médiatiques.
Ces derniers justifient ce discours à l’égard
de l’Islam et des Musulmans par le droit légitime reconnu
à tous de pouvoir critiquer toutes les religions. Pourtant
cette justification est prise à défaut par ceux-là
même qui la brandisse.
Parmi ceux qui ressentent cette peur et cette haine, certains sont
cohérents dans leurs idées et leurs sentiments car ils
ne font pas de différence entre les religions et plus précisément
entre les trois religions monothéistes dont les points communs
ne manquent pas. Leur peur et leur haine concernent donc sans la moindre
distinction tant les religions juives que chrétiennes et musulmanes.
D’autres n’éprouvent cette peur et cette haine
qu’envers la religion musulmane qui à leurs yeux est
la seule qui soit véritablement dangereuse du fait qu’elle
comporterait des aspects inquiétants et particulièrement
dangereux qui lui seraient spécifiques. Ce sont ces personnes
qui nous intéressent ici.
Alors pourquoi cette haine et cette peur ? Et pourquoi uniquement
et exclusivement à l’égard des Musulmans et de
la religion musulmane ? Interrogeons nous et essayons de trouver ce
qu’il y a de si spécifique chez les Musulmans et dans
leur croyance qui puisse justifier une telle peur et une telle haine.
Est-ce parce que les Musulmans croient en un seul Dieu ?
Cet argument est très loin d’être pertinent étant
donné que la croyance en un Dieu unique est l’un des
points communs essentiels que les Musulmans partagent avec les Juifs
et les Chrétiens. Rappelons d’ailleurs qu’il s’agit
d’un seul et même Dieu. Donc un individu qui aurait une
peur et/ou une haine à l’égard du monothéisme
devrait avoir le même sentiment tant à l’égard
de l’Islam, que du Judaïsme et du Christianisme. Est-ce
parce que les Musulmans croient en Jésus ?
Certainement pas étant donné que les Chrétiens
croient eux aussi en Jésus.
Est-ce parce que les Musulmans ne reconnaissent pas Jésus comme
étant le fils de Dieu ?
Ça n’a pas plus de sens car ceux qui auraient ce raisonnement
devraient agir de même à l’égard des Juifs
qui eux non seulement ne reconnaissent pas Jésus comme le fils
de Dieu mais ne le considèrent même pas comme un prophète
contrairement aux Musulmans.
Est-ce parce que les Musulmans reconnaissent notamment Abraham, David,
Salomon et Moïse comme des prophètes ?
On ne peut pas plus retenir cet argument puisque tant les Juifs que
les Chrétiens croient également en ces prophètes.
Est-ce parce que les Musulmans ont un prophète qui est originaire
du Moyen-Orient ?
Cela n’est pas plus pertinent car tant Jésus que Moïse
mais aussi Salomon, David ou Abraham ne sont pas originaires d’Europe.
Si l’on s’en tient à ces trois religions monothéistes
et à leurs Livres Saints respectifs, tous les prophètes
sans exception sont natifs du Moyen-Orient. Il n’y en a pas
un seul qui soit née ou ait vécu en Europe et plus généralement
en Occident.
Est-ce parce que le livre saint, le Coran, des Musulmans est rédigé
dans une langue qui n’utilise pas l’alphabet que nous
connaissons ?
Cet argument doit immédiatement être écarté,
puisque la Torah est rédigée en hébreux, langue
dont on ne peut pas dire qu’elle utilise le même alphabet
que « le nôtre ». Quant à Jésus, il
ne parlait pas en latin ou en italien et encore moins en français
ou en anglais.
Est-ce parce que les Musulmans vont prier en groupe dans une mosquée
?
Là aussi on ne peut que constater que les Juifs et les Chrétiens
font de même. Les premiers vont prier dans une synagogue et
les seconds dans une église ou un temple ! Sans oublier que
notamment les Bouddhistes et les Shintoïstes vont également
prier dans des temples.
Est-ce parce que les Musulmans sont circoncis ?
Ce serait ignorer que les Juifs sont également circoncis. Quant
aux Chrétiens, ils ont continué pendant plusieurs siècles
à suivre cette tradition, n’oublions pas que Jésus
était circoncis. Rappelons également qu’aujourd’hui
nombreux, sont ceux, notamment aux USA, qui bien que ni juif ou musulman
se font circoncire pour des raisons purement médicales.
Est-ce parce que les Musulmans ne mangent pas de porc ?
Comment prendre cet argument au sérieux quand on sait que les
Juifs ne mangent pas non plus de viande de porc. N’oublions
pas non plus ceux et celles qui végétariens ou végétaliens
vont bien plus loin car ils se refusent à consommer la moindre
viande.
Est-ce parce que les Musulmans doivent manger de la viande dite «
halal » qui a subi un certain rituel ?
Là non plus, l’argument ne tient pas car les Juifs ont
non seulement pour obligation de manger une viande dite « casher
» qui a subi un rituel particulier, mais tous leurs aliments
doivent en théorie être également « casher
».
Est-ce parce que les Musulmans ne doivent pas boire d’alcool
?
Il est vrai que les Juifs et les Chrétiens peuvent boire de
l’alcool mais il y a de nombreuses personnes, croyantes et non-croyantes
d’ailleurs, qui décident de ne pas boire d’alcool.
Ce n’est donc pas une spécificité des Musulmans.
Est-ce parce que les Musulmans jeûnent ?
Mais les Juifs et les Chrétiens jeûnent aussi. Le jeûne
est d’ailleurs une pratique que l’on retrouve dans beaucoup
de religion et de philosophie car il constitue un moyen de purifier
son corps et d’aider dans le même temps à purifier
son esprit.
Est-ce parce que les Musulmans sont opposés à l’homosexualité
?
Il est vrai que l’Islam interdit l’homosexualité
qui est considérée comme un grave pêché.
Mais n’oublions pas que l’homosexualité est traitée
de la même façon par les religions juive et chrétienne.
L’homosexualité n’est d’ailleurs pas uniquement
interdite dans les sociétés juives, chrétiennes
et musulmanes. Dans le bouddhisme l’interdit est sujet à
interprétation mais l’actuel Dalaï Lama s’est
exprimé sur cette question en déclarant que cette pratique
sexuelle était « une mauvaise pratique sexuelle ».
Est-ce parce que les Musulmans ont la possibilité de pratiquer
la polygamie ?
Il s’agit effectivement d’une pratique qui nous paraît
étrange pour ne pas dire barbare à nous occidentaux.
Mais c’est très vite oublier qu’il s’agit
d’une possibilité et non d’une obligation pour
les musulmans et que la très grande majorité des musulmans,
et notamment ceux vivant dans les pays occidentaux ne sont pas polygames.
Il ne faut pas non plus oublier qu’en dehors de toute considération
religieuse, cette pratique se retrouve sur différents continents.
Pour ceux qui souhaitent porter le débat sur le terrain de
la morale et des droits de femmes, il serait des plus intéressant
d’avoir leur avis sur des pratiques « bien de chez nous
». Car si la polygamie est officiellement interdite dans les
pays occidentaux, il en existe des formes plus pernicieuses. De nombreux
hommes dans nos sociétés occidentales et modernes ont
des maîtresses virtuelles que ce soient par l’intermédiaire
des jeux vidéo, du téléphone ou de l’Internet
(et avant du minitel !) quand il ne s’agit pas de vraies maîtresses.
Pour certaines personnes l’adultère est devenu un véritable
sport.
Mais étrangement si la polygamie provoque scandale et indignation,
l’adultère et l’infidélité font l’objet
de plaisanterie et dérision.
Est-ce parce que les femmes musulmanes doivent être voilées
?
Cet argument paraît bien plus pertinent que les précédents
du moins si nous limitons notre analyse. Car il ne faut pas ignorer
que les femmes chrétiennes pendant longtemps ont couvert leurs
têtes en public, certaines continuent à le faire même
s’il est vrai que cela concerne plutôt des femmes d’un
certain âge. Dans l’aristocratie occidentale le port du
chapeau, et de toute coiffe en général, par les femmes
n’a pas son origine dans la mode mais bien dans la religion.
N’oublions pas non plus les femmes juives qui volontairement
ou non se couvrent la tête ou portent une perruque par prescription
religieuse.
Est-ce parce que certaines musulmanes réclament des piscines
avec des horaires d’accès réservés exclusivement
aux femmes ?
Cet argument n’est pas plus valable que les précédents
étant donné que des femmes de confession juive ont déjà
obtenu ce type d’aménagement notamment dans la commune
de Sarcelles par l’intermédiaire de son ancien Maire
un certain Dominique Strauss-Kahn sans que cela n’émeuve
le moindre média ni le moindre défenseur de notre laïcité
républicaine.
Est-ce parce que les femmes musulmanes auraient un statut inférieur
à celui des femmes non musulmanes ?
Voilà encore un argument souvent utilisé et qui semble
faire mouche. N’entrons pas sur le terrain de la théologie
et admettons que le statut de la femme en islam est bien celui que
nous pouvons voir de nos jours notamment dans des pays comme l’Iran
et l’Arabie Saoudite. Et interrogeons nous alors sur le statut
de la femme non musulmane.
Toutes les femmes à travers le monde qui ne sont pas en contact
avec l’islam seraient donc les égales de l’homme
?
Force est de constater que les femmes européennes (et non musulmane)
subissent une discrimination à l’embauche, tout comme
au niveau des salaires. Car a travail équivalent, les femmes
européennes (et non musulmane) n’ont toujours pas dans
leur grande majorité le même salaire qu’un homme.
Les femmes européennes (et non musulmane) n’échappent
pas non plus au harcèlement sexuel ni malheureusement aux agressions
ainsi qu’aux excès de la jalousie ou de la possessivité
de leurs conjoints (non musulmans). Et elles ne sont pas toutes parfaitement
libres de s’habiller comme elles le souhaitent. Les femmes européennes
(et non musulmane) subissent des mauvais traitements psychologiques
et physiques de la part de leurs conjoints (non musulman) pouvant
conduire à la mort, les statistiques à ce sujet sont
d’ailleurs effrayantes.
Et bien que nos états occidentaux soient des démocraties,
on ne peut que constater et regretter la faible représentation
des femmes aux postes les plus importants. En Grande-Bretagne, il
a fallu attendre 1979 pour qu’une femme, Margaret Thatcher,
soit pour la première fois chef du gouvernement, en France
nous avons dû attendre 1993 pour que Edith Cresson atteigne
le même poste et en Allemagne il a fallu attendre 2005 pour
qu’une femme devienne enfin Chancelier.
Quand on voit les réactions et les comportements de certains
responsables politiques à l’annonce de l’éventuelle
candidature de Ségolène Royale à la présidence
de la République, on peut se poser des questions sur la place
de la femme dans notre société républicaine et
laïque !
Est-ce parce que les Musulmans font intervenir leur religion dans
tous les aspects de leur vie ?
On ne peut pas nier que les Musulmans, principalement les pratiquants,
fassent intervenir leur croyance dans chacun des aspects de leur vie.
Cette caractéristique nous surprend en occident voir nous choque.
Ce comportement ne paraît normal que lorsqu’il émane
d’un prêtre, d’un moine ou d’un rabbin. Mais
voilà en Islam, il n’y a pas de clergé. Les Musulmans
vivent leur foi en tout temps et en tout lieu.
Pourtant c’est une conception que l’on retrouve aussi
bien au Moyen-Orient qu’en Asie. La croyance et la philosophie
font intimement partie de la vie. Chaque action en est imprégnée.
Nous est-il jamais venu à l’esprit de faire remarquer
à un bouddhiste qu’il devait, en occident, laisser ses
principes et sa philosophie en sortant de chez lui ? Nous est-il jamais
venu à l’esprit de dire à un bouddhiste qu’il
devait, en occident, mettre entre parenthèse ses principes
et sa philosophie à l’entrée de son travail ?
Est-ce parce que les Musulmans mettent en péril le principe
de laïcité dans les établissements scolaires voir
même universitaire ?
Voici un nouvel argument majeur pour certains. Pourtant la religion
est présente à l’école et à l’université
depuis bien longtemps. Les cours n’ont jamais lieu le Dimanche,
« le jour du Seigneur ». Il y a les vacances scolaires
et les jours fériés fixés en fonction de fêtes
religieuses comme Pâques et Noël.
Cela fait des dizaines d’années que dans les établissements
scolaires, les élèves juifs et musulmans se voient proposer
des plats de substitution à la viande de porc. Tout comme dans
certain établissement, il y a une tolérance vis-à-vis
de l’absentéisme le samedi et lors de certaines fêtes
religieuses, juives et musulmanes.
Il y a des universités, notamment sur Paris, qui déplacent
régulièrement des cours et des examens pour qu’ils
n’aient pas lieu le samedi au motif qu’il y a des fêtes
religieuses ce jour-là.
Est-ce parce que les Musulmans s’opposeraient à toute
forme de démocratie ?
A première vue, cet argument paraît des plus pertinents.
On ne peut pas dire que les pays à majorité musulmane
soient des exemples de démocraties. Cette constatation serait-elle
suffisante ? Si oui, sans aller bien loin que dire des Espagnols,
des Portugais et des Grecs ?
Ces trois pays ne sont pas des états musulmans, la communauté
musulmane n’y est pas non plus majoritaire. Pourtant la démocratie
telle que nous la connaissons et que nous prenons en exemple n’est
apparue en Espagne qu’en 1975 avec la mort de Franco, au Portugal
qu’en 1974 avec La Révolution des œillets et en
Grèce qu’en 1973 avec la fin de la Dictature des Colonels.
Est-ce à dire que tant les Espagnols que les Portugais et les
Grecs ont une culture qui a ralenti leur évolution vers la
démocratie moderne ?
À cela il nous faut souligner l’immense paradoxe qui
consiste en occident à d’un côté faire remarquer
que les pays musulmans sont des dictatures et d’un autre côté
à soutenir les plus cruelles despotes à l’image
d’un Ben Ali qui n’a pas grand-chose à envier à
un Saddam Hussein (si ce n’est le pétrole et l’aplomb).
Est-ce parce que les Musulmans seraient particulièrement belliqueux
?
Nous voici face à un argument de poids. Nous avons tous les
jours, si l’on en croit nos média, des exemples de violences
commises par des musulmans et au nom de l’islam. Pourtant force
est de constater qu’à travers l’histoire et aujourd’hui
même la violence n’est pas une spécificité
de l’Islam et des Musulmans.
Les premières armes à feu ne sont pas apparues dans
les pays musulmans quant aux armes chimiques, bactériologiques
et nucléaires elles n’ont pas plus été
inventées par des musulmans. Les plus grands pays fabricants
d’armes ne sont d’ailleurs pas musulmans. Les plus grandes
armées du monde n’appartiennent pas plus à des
pays musulmans.
Néron, Attila, Torquemada et Gengis Khen n’étaient
pas musulmans, pas plus que Staline, Mussolini, Hitler, Pétain,
Pinochet, Mao, Pol Pot ou Franco. L’Inquisition, le Massacre
de la Saint-Barthélemy, la conquête des Amériques
et le massacre des indiens, la première et la seconde guerre
mondiale n’ont pas non plus pour origine l’Islam.
Ce ne sont pas non plus des musulmans qui sont à l’origine
de la Terreur sous la Révolution Française, de la Guerre
de Sécession, du Gouvernement de Vichy, de la Shoa, des bombes
atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, de la Guerre d’Indochine,
de la Guerre du Vietnam, de la guerre froide ou de l’édification
du Mur de Berlin...
Est-ce parce que les Musulmans seraient naturellement enclins à
la violence et au terrorisme ?
Cet argument est particulièrement simpliste car c’est
vite oublier que les membres d’Action Directe (France), des
Brigades Rouges (Italie), de la bande à Baader (Allemagne),
de l’Irgoun (Palestine) et du Groupe Stern (Palestine) n’étaient
pas des Musulmans. Quant aux indépendantistes Bretons (France),
ou les membres du FLNC (France), de l’ETA (Espagne), de l’IRA
(Royaume-Uni), du FLNKS (France), du Sentier Lumineux (Pérou),
de la secte FNLKS (Japon) ils ne sont pas plus Musulmans.
Quant à la Mafia, qu’elle soit originaire d’Italie,
d’Europe de l’Est ou des États-Unis, elle n’a
pas pour origine l’Islam et les Musulmans.
Finalement que peut-on réellement reprocher aux Musulmans ?
Qu’il y en aient des bons et des mauvais ?
Qu’il y en aient des tolérants et des intolérants
?
Qu’il y en aient des pacifistes et des belliqueux ?
Qu’il y en aient des intelligents et des imbéciles ?
En somme nous devrions leur reprocher d’être tout simplement
des Humains comme les Athées, les Agnostiques, les Juifs, les
Chrétiens et tant d’autres le sont. Bien évidemment,
nous ne pouvons pas leur faire ce reproche et encore moins ressentir
de la peur et de la haine.
A moins que la gêne vienne de leur peau un peu foncée,
de leurs cheveux crépus, de leurs moustaches et barbes ou encore
du fait qu’ils parlent avec un accent et portent des vêtements
différents de ceux portés en occident...
Mais à y bien réfléchir, ces reproches n’ont
rien à voir avec la religion : ils sont plutôt en rapport
avec les origines non occidentales des personnes concernées.
Et une telle réaction s’apparente beaucoup plus à
du racisme et à de la xénophobie qu’à une
simple critique ou analyse.
N.B : Je fais volontairement un amalgame entre musulmans et arabes
car ceux qui ont cette peur et cette haine des musulmans le font systématiquement.
Il est bon de rappeler que la majorité du monde musulman est
originaire d’Asie et qu’en Europe et aux États-Unis
il y a un nombre non négligeable « d’occidentaux
de souches » qui sont de confession musulmane.