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Tribune |
« Tout a commencé avec la malédiction
de Cham, mais les noirs ne sont pas des enfants » - Entretien
avec les Kémites atoniens de la Tribu Ka, jeunes Noirs révolutionnaires
de France
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![]() Le dieu unique Aton, représenté par un disque solaire, orné d'un uræus, dont les rayons terminés par des mains tiennent des croix de vie (ankh). Bas-relief découvert à Tell El Amarna en Moyenne Égypte, où était situé le lieu de culte principal d’Aton, appelé Akhétaton (horizon d’Aton) |
par Ginette Hess Skandrani, Avec la contribution de Joss
E.
, Paris, 14 juillet 2005
Ce mercredi soir, 13 Juillet, du côté de Belleville [quartier
populaire du nord-est de Paris], nous avons rencontré trois
représentants de Tribu Ka, anciennement Parti Kémite
: Kemi Seba, Hor Aha et Ayad.
Je connaissais déjà le Parti Kémite, ayant participé à la marche en hommage au petit Ibrahim, le 7 août 2004 organisée par eux. Le petit Ibrahim était cet enfant tué suite au nettoyage imprudent d’une arme par un policier qui avait " oublié " d’en retirer les balles. Le Parti Kémite avait organisé cette marche, alors que l’ensemble de la classe politique - y compris gouvernementale - et associative française brillait par son absence de solidarité avec les parents d’Ibrahim. Le Parti Kémite avait réussi, en pleine période estivale, à rassembler près d’un millier de personnes, en majorité des jeunes, afin de soutenir la douleur des parents et amis. Cela faisait un moment que j’avais envie de les rencontrer afin mieux les connaître tout en essayant de comprendre leur organisation.
GHS : Je vous remercie de participer à cette interview. Pourriez-vous m’expliquer ce que veut dire " Tribu Ka " et surtout la raison du changement de nom de votre structure ?
T K : Tribu renvoie à la notion de famille, de groupe avec une connotation guerrière. KA est l’abréviation de Kémite Atonien en référence au culte africain d’Aton [voir note à la fin du texte] . La Tribu Ka, structure spirituelle et monothéiste existe depuis des siècles en Afrique. La Tribu Ka s’appuie évidemment sur cette spiritualité monothéiste africaine pour défendre les intérêts du peuple Kémite (noir). Le Parti Kémite avait une connotation uniquement politique, donc trop restreinte, sachant que nous ne faisons pas que de la politique. Notre combat est avant tout un mode de vie et non un métier.
GHS : Vous avez la réputation d’être anti-blancs. Enfin c’est l’étiquette qu’essaient de vous accoler certaines personnes. D’où vous vient cette connotation ?
TK : En France, prétendu pays des " droits de l’Homme " , dès qu’un noir déclare qu’il veut lutter contre le système qui l’opprime, il est immédiatement catalogué d’anti-français et donc par extension d’anti-blancs. La tribu Ka pense qu’il est nécessaire que les noirs s’organisent entre eux. Cela ne veut pas dire que nous détestons les blancs. Mais dès qu’une famille a été divisée et brisée, elle doit d’abord songer à s’unir entre elle avant de songer à s’unir avec d’autres.
GHK : C’est bien de la famille Kémite dont vous parlez ?
TK : Évidemment. Toute famille a un noyau. Toute civilisation a une base culturelle, un socle sur lequel elle s’appuie pour exister. L‚Occident s’appuie sur la civilisation gréco-romaine, le Monde Arabo-musulman s’appuie sur l’Islam pour exister. Les Noirs sont les seuls de l’histoire de l’humanité qui se retrouvent éparpillés dans des cultures autres que les leurs. Un arbre sans racines ne peut tenir.
GHS : Est-ce que cet éparpillement ne serait pas le résultat direct de la traite négrière, de la mise sous esclavage, du colonialisme et du pillage des ressources qui a été à l’origine de la déculturation du continent africain ?
TK : C’est évident que la situation actuelle du peuple Kémite est le résultat direct d’une planification de destruction de notre peuple organisée par les Hébreux en 398 avant JC. Organisée par l’un des leurs, en l’occurrence Esdras, un scribe sacrificateur qui a rédigé la malédiction de Cham. Cette malédiction nous a poursuivis pendant des siècles et a été responsable du fait que des générations entières ont été décimées. Elle a abouti à l’esclavage programmé et institutionnalisé pour finalement aboutir au colonialisme.
GHS : Si je comprends bien c’est à cause de cette malédiction, que personne n’a jamais pu prouver, que les Kémites (noirs) ont été considérés pendant plusieurs générations comme des êtres humains inférieurs aux autres ? Ce qui a permis à toutes les Institutions, y compris aux églises de couvrir ce marché honteux ?
TK : C’est à cause de cette malédiction que nous sommes perçus comme cela. Avant cela, on ne retrouve aucune trace historique d‚’nfériorité du peuple Kémite. Puis la rédaction du Code noir a été une deuxième justification de l’esclavage et du colonialisme.
GHS : Ce n’est que récemment que cette référence à la malédiction de Cham a été dénoncée par plusieurs historiens noirs. Pourquoi durant ces dernières décennies, n’avons-nous eu aucune connaissance de cet événement ?
TK : Je veux faire un parallèle avec la maladie du sida : beaucoup de gens étaient atteints et personne n’a su identifier la maladie. Pour nous cela revient à dire : ce n’est que lorsqu‚on s’est penché sur nous-mêmes que nous avons su identifier les racines du mal. À savoir, à une certaine époque, notre civilisation ancestrale était en déclin. Les Hébreux qui ont volé une grande partie de notre histoire ont, afin d’exister, à l’image de ce que dit Freud, asséné un coup fatal à leur père (en l’occurrence l‚Afrique) en le maudissant.
GHS : Vous revenez toujours à cette malédiction de Cham, mais vous n’êtes pas les seuls. Lors de la conférence d’Afrikamat, plusieurs intervenants avaient également soulevé ce sujet. Cette référence est-elle très importante pour vous ?
TK : Cham, étymologiquement parlant vient de l’égyptien ancien : Kem, qui signifie noir. Cham est un personnage fictif qui a été crée dans le seul but de pouvoir nous asservir un moment donné. Il n‚y a aucune preuve historique que Noé, ses enfants Sem, Japhet et Cham aient vraiment existé.
GHS : Après ce petit détour historique, pourrions-nous revenir à nos jours ? Quels sont vos objectifs et actions à venir ?
TK : A l’image des prédicateurs musulmans, qui vont vers les leurs, nous allons là où les jeunes noirs se situent en France, c’est-à-dire dans les cités, les foyers afin de pouvoir leur diffuser le message de la connaissance de soi.
GHS : Avez-vous beaucoup de sympathisants ?
TK : Il suffit de voir le dernier meeting au Théâtre de la main d’or où il n’y avait plus de places car la salle était archi - comble.
GHS : Quels sont vos rapports avec Dieudonné ?
TK : Dieudonné a compris avant beaucoup de gens que nous n’étions pas les racistes pour lesquels certains voudraient nous faire passer. Il a compris, même s’il est en désaccord sur la forme, que nous ne voulons que la défense de l’intérêt de notre peuple. Lui propose le métissage et le multiculturalisme alors que nous proposons le regroupement entre nous, Kémites avant d’aller vers les autres. Quand nous serons reconstruits culturellement et spirituellement, alors nous pourrons songer à nous unir avec les autres. Mais ne nous leurrons pas, cette idée est encore très lointaine.
GHS : Ne pensez-vous pas que l’apport d’une autre culture pourrait également vous apporter un plus ?
TK : Nous sommes déjà dans toutes les autres cultures et nous voyons le résultat. Concentrons nous sur nous-mêmes afin de mieux regarder les autres. Le meilleur moyen pour les non-noirs de nous aider est de conscientiser les leurs, pas de venir s’incruster dans nos actions.
GHS : Lors de la Marche pour l’Honneur et le Respect du 22 mai dernier, il y a eu un incident dont on vous a attribué la responsabilité. On vous a reproché d’être intervenus sur scène pour dénoncer le fait qu’à une manifestation pour l’honneur et le respect de notre peuple, un discours qui n’avait rien à voir avec le thème de la marche ait été tenu par une non-Kémite.
TK : Notre action, ce jour-là consistait à faire comprendre que les noirs ne sont pas des enfants. Ils n’ont pas besoin d’être maternés par des gens qui ne comprennent pas leur combat. Pour tout contact : Tribu_ka@yahoo.fr, 06 23 66 31 81
*NDLR Quibla
Aton : En 1372 avant Jésus-Christ, Aménophis IV, 4ème
pharaon de la 18ème dynastie, instaure le culte unique d’Aton,
dieu solaire dispensateur de vie, et prend le nom d’Akhénaton
(“Pieux envers Aton”). C’est là la première
forme de monothéisme connue des historiens. Aton remplace le
dieu-soleil Amon-Rê, dont les puissants prêtres reprennent
le pouvoir sous Ramsès II, après la disparition mystérieuse
d’Akhénaton. Toute trace d’Akhénaton est
alors détruite et il sera interdit de parler de lui pendant
un millier d’années.
Dans les rares monuments qui ont échappé à la
destruction totale, Aton est représenté comme un disque
duquel descendent des rayons se terminant par de petites mains qui
offrent au pharaons et à sa famille le symbole de la vie. Cette
représentation abstraite et symbolique s’oppose aux représentations
traditionnelles des dieux égyptiens sous forme humaine ou,
surtout, animale.
L’Hymne à Aton composé par Akhénaton dit
:
« Tu apparais, splendide, à l'horizon du ciel, ô
Aton vivant, créateur de la vie. [...] Tu remplis toute contrée
de ta perfection... Quand tu dissipes les ténèbres en
dardant tes rayons [...] les habitants se lavent, s'habillent, et
leurs bras se dressent pour t'adorer; le pays tout entier se met au
travail, tout le bétail est satisfait de sa pâtures;
arbres verdoient; les oiseaux s'envolent de leur nid »
Cheikh Anta Diop, le très grand savant sénégalais,
a établi la négritude des Égyptiens anciens et
les liens très étroits entre l’Égypte ancienne
et le reste de l’Afrique. À commencer par Kem’t,
le nom de l’Égypte en égyptien ancien, qui signifie
tout simplement “la Noire”. Pour en savoir plus sur l’oeuvre
de Cheikh Anta Diop, on peut lire l’excellente introduction
de “Afrique pluriel” : http://www.afrology.com/litter/pdf/cadiop1.pdf
Immanuel Velikovsky, grand savant “hérétique”
américain d’origine russe, a établi, en partant
d’hypothèses émises par Sigmund Freud, dans Moïse
et le monothéisme, que la trilogie théâtrale du
grec Sophocle sur Oedipe décrivait très exactement la
vie d’Akhénaton. D’autres chercheurs se sont penchés
sur l’hypothèse que Akhénaton, Moïse et Oedipe
auraient été une seule et même personne. Que la
religion juive ait été fondée par des Noirs,
voilà qui ne plaît pas trop aux sionistes. Pas plus que
ne plaît aux “penseurs” européens l’idée
que la civilisation grecque et donc romaine ait puisé aux sources
africaines noires Pour en savoir plus, on peut lire les ouvrages de
Velikovsky traduits en français par Robert Laffont (Akhénaton
et oedipe, 1992) et par le Jardin des Livres (Mondes en collision
et Le désordre des siècles, deux livres fondateurs dans
lesquels Velokvsky reconstitue intégralement la chronologie
de l’Antiquité, notamment égyptienne, ce qui lui
a valu d’être excommunié par le courant dominant
de l’égyptologie).
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