En attendant Godot. Un projet palestinien
prétendant être un Etat et imitant les rituels de souveraineté
israéliens, tout en étant dépourvu d’Etat.
« Mais la libération, elle est où ? » s’interroge
Azmi Bishara
par Azmi Bishara
in Al-Ahram Weekly
http://weekly.ahram.org.eg/2005/745/op21.htm
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
La question de savoir si Oslo a mis le projet de l’OLP en crise,
ou bien si ce n’est pas plutôt une crise inhérente
à ce projet qui a conduit à Oslo : telle est la teneur
de l’une de ces discussions du type « est-ce la poule
qui fait l’œuf, ou est-ce l’œuf qui fait la
poule ? » portant sur des phénomènes sociaux complexes.
Il est cependant clair que ce projet n’a émergé
d’Oslo ni intact, ni en bonne santé. Il y a eu toute
une période au cours de laquelle le keffiyéh d’Arafat
recouvrait bien plus que sa tête. Et, une fois Arafat disparu,
l’Autorité palestinienne n’avait plus rien à
sa disposition pour dissimuler des réalités amères.
Arafat était le deus ex-machina d’Oslo. Il était
convaincu que cet accord pourrait servir le projet d’Etat qu’il
avait fait sien dès les années 1970. Ce projet d’Etat
en lui-même se fondait sur une corruption à grande échelle
de l’esprit et des valeurs de la libération. Toutefois,
Arafat continuait à donner aussi à des combattants de
la liberté, à l’intérieur de l’establishment
de l’OLP, de l’argent, des armes et un soutien moral.
En retour, ils lui apportaient leur soutien. D’aucuns disaient
que sa politique était duplice. D’autres affirmaient
qu’elle était à multiples facettes. D’autres
encore disaient qu’il n’y avait pas de politique du tout,
dans un monde arafatien essentiellement fait de pragmatisme. Nous
ne le saurons probablement jamais avec certitude. Mais une chose est
sûre : Arafat participait, à parts égales, d’au
moins deux traditions antithétiques.
A Ramallah, le jour du dernier anniversaire de la Naqbah (la «
catastrophe », c’est-à-dire la défaite arabe
de 1948, consécutive à la création de l’Etat
d’Israël), les sirènes se sont mises à hurler,
à une heure largement annoncée à l’avance.
Les télévisions satellitaires arabes étaient
sur place, afin de couvrir l’occasion (pouvait-il en aller autrement
?). Les gens étaient supposés laisser en plan tout ce
qu’ils étaient en train de faire, où qu’ils
se soient trouvés, afin d’observer une minute de silence.
Si ce comportement traduit quelque chose, c’est bien la tragédie
de la politique palestinienne découlant de la Naqbah. Je ne
suggère pas ici qu’il ne demeure rien d’autre qu’un
souvenir de la naqbah, ni que ce jour ne devrait pas être commémoré.
Ni qu’il y aurait quelque chose d’intrinsèquement
erroné à commémorer ce jour, comme les Israéliens
commémorent l’Holocauste, d’une manière
qui les fait apparaître fallacieusement comme s’ils étaient
idéologiquement identiques entre eux. Toutefois, c’est
pousser les choses un peu trop loin que de singer le rituel israélien
jusque dans les moindres détails: tout se fige, tout le monde
est cloué sur place, au hululement d’une sirène,
dans tous les lieux, publics comme privés. On dirait bien que
la victime a décidé que la seule manière de commémorer
sa tragédie consiste à reproduire les cérémonies
de celui qui a perpétré ladite tragédie.
Ce phénomène me rappelle ce fameux passe-temps palestinien
consistant à inventer une solution magique au « problème
palestinien », comme s’il s’agissait d’une
charade qui requerrait une seule réponse pertinente. Presque
inévitablement, les joueurs qui se croient particulièrement
malins à ce petit jeu proposent des « solutions »
imitées du modèle sioniste : « On pourrait créer
une Agence palestinienne, comme l’Agence juive ! », ou
bien : « Il faut qu’on prenne le contrôle des médias
! ». Un dirigeant palestinien m’a dit, un jour, qu’il
envisageait « la convocation d’une conférence…
Tiens, pourquoi pas à Bâle » ! Tout ce que je puis
faire, c’est qualifier de colonisation des esprits cette attraction
qu’exerce l’entreprise de colonisation sur un peuple de
colonisés, tant sont enfiévrées leurs imaginations,
à un point tel qu’ils semblent tout à fait incapables
d’imaginer une quelconque forme de résistance.
A aucun moment, le projet de l’OLP n’a atteint son objectif.
Et pourtant, il a perdu tous les avantages d’un mouvement de
libération. Les phénomènes décrits plus
haut sont les manifestations évidentes de ce dilemme. La naqbah
a été transformée en un rite officiel, modelé
d’après les cérémonies d’un Etat
qui a trouvé sa concrétisation dans la réalité,
tandis que la tragédie palestinienne, elle, perdure. Aujourd’hui,
en réalité, nous sommes en présence d’un
projet national palestinien qui prétend être un Etat,
et qui imite les Israéliens – même dans leurs rituels
nationaux – mais sans avoir atteint lui-même à
la nationalité. Non seulement ce projet national palestinien
a éliminé le mouvement de libération, en tant
que programme (politique) possible, mais il a fini par se reposer
entièrement sur les diplomaties américaine et israélienne.
Ceci, nous le savons tous, vise non pas à trouver une solution
au problème, mais à le dissoudre et c’est ce sur
quoi certains de nos amis les moins fiables au Liban sont en train
de miser lorsqu’ils soulèvent la question des réfugiés
palestiniens (première conséquence de la naqbah : il
conviendrait de nous en souvenir, si nous voulons que nos commémorations
aient une quelconque signification).
Comment le problème palestinien peut-il être dissout,
plutôt que résolu ? Très simplement : il suffit
de créer un Etat palestinien. Dès lors, les réfugiés
peuvent être transformés en « expatriés
», simplement en leur fournissant des passeports. Leurs papiers
d’identité portent l’emblème d’un
Etat, il est totalement indifférent que cet Etat ait été
créé en tant que phase intérimaire de long terme,
ou en tant que solution définitive. L’important, ici,
étant que ces papiers d’identité obèrent
toute possibilité d’un retour. Cela ne doit rien à
la coïncidence si l’on parle aujourd’hui d’une
« solution au problème des réfugiés »,
et non pas « du droit au retour »…
Quant aux questions de Jérusalem, des colonies israéliennes
et des autres sujets de négociations listés par Oslo
sous le titre de « questions du statut final » –
un de ces nombreux termes abscons entrés dans le pauvre lexique
diplomatique palestinien – ce sont là aussi des questions
qu’il est tout aussi aisé de diluer. Créez un
Etat palestinien, et ces questions deviendront, toutes, de simples
sujets de « dispute territoriale » entre deux Etats. Dès
lors, tout ce qui restera, ce sera une minute de silence quand les
sirènes se déclencheront, exactement de la même
manière que les Israéliens commémorent les victimes
de l’holocauste et leur « guerre de libération
», que les Palestiniens nomment, pour leur part, « la
naqbah ».
Nous pouvons dès lors avoir, vivant côte à côte,
deux mémoires, deux narrations – chacune avec leurs vérités
relatives et toutes sortes d’inventions qui transforment la
subjectivité de la défaite en une forme de pluralité
culturelle, et le conflit entre un mouvement de libération
nationale et une entreprise coloniale en différentes versions
également valables (fussent-elles conflictuelles entre elles)
d’une réalité inéquitable. Comment convaincrions-nous
ceux qui ont subjectivé la défaite de rentrer chez eux,
si ne nous imposions ces rituels, lesquels signifient que nous acceptons
cette défaite ?
Si beaucoup de termes ont fait leur entrée dans le lexique
officiel palestinien, d’autres ont disparu, tel le mot «
ennemi », comme dans « ennemi israélien »,
pour ne pas parler de l’ « ennemi sioniste ». Comment
ne l’auraient-ils pas fait, dès lors qu’un traité
a été signé entre « les deux parties »
? Ce traité n’a certes pas apporté de paix juste,
mais il a fait des « deux parties » des « partenaires
», étant entendu qu’il revenait à la «
partie » palestinienne de démontrer au monde et à
Israël qu’elle méritait d’être qualifiée
de « partenaire ». Le « partenariat en vue de la
paix » englobe l’économie, les projets conjoints,
la société civile (« civile » : ô
combien !), les modérés, les extrémistes et encore
beaucoup d’autres choses.
Ce n’est pas l’Autorité palestinienne qui a publié
l’appel à un boycott universitaire et culturel d’Israël
; ce sont des militants palestiniens qui l’ont fait, de leur
propre initiative. Mais quelle est la position de l’Autorité
palestinienne, sur ce boycott ? Le président de l’Université
Al-Quds s’est élevé véhémentement
contre la décision prise par l’Association Britannique
des professeurs d’université (AUT – Association
of University Teachers) de boycotter des universités israéliennes.
Cette condamnation n’était pas sans importance, formulée
comme elle l’était par le président de l’université
palestinienne située à Jérusalem Est. Elle était
par conséquent extrêmement offensante, non seulement
pour les sympathisants de la cause nationale palestinienne, mais même
pour les sympathisants de toute cause humanitaire. Néanmoins,
aussi longtemps que des organisations universitaires ou des syndicats
seront tentés de gueuler contre telle ou telle individualité,
cela ne les dispensera nullement de se poser la question de la position
adoptée par l’Autorité palestinienne sur ce boycott.
Le soutient-elle ? Bien sûr que non !
Non que l’on sache à quoi, précisément,
appelle l’Autorité palestinienne. Elle appelle à
une cessation de la lutte armée, mais elle ne cherche pas pour
autant à organiser une lutte civile collective contre l’occupation
israélienne, qui pourrait s’y substituer. On le sait,
elle n’a jamais appelé à des mesures punitives
internationales contre Israël, pas même au niveau de l’opinion
publique mondiale. Elle préférerait que tous les militants
unis contre les Etats-Unis et Israël le fassent à sa place,
s’épargnant, du même coup, l’embarras d’être
prise sur le fait, après avoir laissé toutes ses cartes
dans les mains de Washington et de Tel Aviv.
Le plus que je comprenne, c’est que si l’Autorité
palestinienne appelle à quelque chose, c’est à
la patience. « Wait and see », nous intime-t-elle, jusqu’à
ce que les élections américaines soient passées,
ou que la visite de Sharon à Washington soit derrière
nous, jusqu’à ce que l’on sache les résultats
de sa prochaine visite à Washington et de ses rencontres avec
Avi, Yossi et Dani – ces officiers d’état major
auxquels on s’adresse familièrement par leur prénom
– jusqu’à ce que telle ou telle conférence
ou tel ou tel sommet ait eu quelque chance de montrer à quoi
ils pouvaient bien servir.
Quand on est un (vrai) dirigeant, perd-on son temps à attendre
? Peu vraisemblable. Mais nous ne devons pas minimiser l’importance
de l’attente ; cela occupe le brave monde beaucoup plus que
vous ne l’imagineriez. D’aucuns tirent sur leur clope,
totalement absents, à l’arrêt de bus. D’autres
font de l’attente un art qu’ils mettent au service de
leurs projets d’auto-promotion. Le projet national palestinien
a été entièrement privatisé avant même
d’être atteint. Cela a ouvert les portes devant toutes
sortes de possibilités : élever les échelons
de positions sociales existantes, voire en créer de nouvelles,
produire des élections et des lois électorales qui autorisent
la réélection de ceux qui ont la patience d’attendre,
des projets économiques [nationaux]par dizaines et des centaines
de projets [individuels] pour les Palestiniens, en Palestine et à
l’étranger.
Au lieu de privatiser le secteur de la production matérielle,
le monde arabe a privatisé le secteur de la conscience individuelle.
En même temps, l’Etat est devenu le domaine des entreprises
détenues par des particuliers, mais gérées par
ses élites politiques et militaires, et leurs familles.
Dans le monde entier, les gouvernements procèdent à
des privatisations. Dans le monde arabe, c’est l’Etat
lui-même qui a été privatisé : il est devenue
une entreprise familiale. En Palestine, le projet national est en
train d’être vendu par appartements, divisé entre
diverses entreprises privées, avant même la création
de l’Etat, et le concept mutilé d’Etat que Bush
et Sharon ont en tête ne pourra que pérenniser durablement
ce type de privatisations.
Une fois l’Etat (palestinien) créé, le problème
pendant entre l’Etat nouveau-né et Israël sera un
contentieux frontalier – il ne saurait mériter le qualificatif
de « conflit » - sur lequel les deux camps pourront chipoter,
des générations durant. Si tel est le cas, quels seront
vos mérites ? Tout restera à régler pour les
générations futures, comme si cette médiation,
comme si ce bain de sang, comme si cette exaltation des espoirs du
peuple et cette parade sanglante et ceux qui en bénéficient
n’avaient jamais existé. Des intérêts communs
entre entrepreneurs privés, en Palestine et en Israël,
peuvent contrebalancer une simple dispute sur un tracé de frontière
!
Ces temps-ci, le fric se déverse sur la Palestine. Il noie
des segments entiers de l’élite politique, les classes
moyennes et d’autres secteurs de la populace qui sont soit achetés,
soit impliqués dans la préservation du calme et dans
le maintien de nos différends avec Israël comme en en
suspens. Les avenues vers la grande vie sont largement dégagées,
mais ces avenues dépendront dans une large mesure de la continuation
de la production d’une cause palestinienne en tant que question
d’identité, et aussi du maintien de la production de
cette version de la cause et de ses produits dérivés
culturels dans les mains d’une élite profiteuse.
En ces temps de « pétrole contre richesse », le
monde arabe accueille à bras ouvert le « retour de conscience
» concernant les Palestiniens. Après avoir encouragé
les Palestiniens dans cette voie, le monde arabe ne peut plus désormais
se montrer plus palestinien que les Palestiniens eux-mêmes.
Par conséquent, les Palestiniens ne peuvent que devenir les
fers de lance de la « normalisation », dans le contexte
de laquelle les dirigeants de l’establishment palestinien propre
à cette phase historique auront pour mission de vendre à
l’opinion publique arabe des personnages suspects, tant israéliens
qu’arabes.
Une grande partie du monde arabe non seulement accepte Israël,
mais reconnaît même qu’Israël est une puissance
majeure de cette région du monde, et la clé permettant
d’accéder au cœur de l’Amérique. Pourrait-il
y avoir d’incitation plus grande à s’acharner à
correspondre à l’agenda politique de Sharon et à
obtenir de lui qu’il leur rende les choses plus faciles ? Comme
il est étrange, également, que certains « Arabes
israéliens » (j’utilise cette expression à
dessein) aient grandi en prestige, en raison de leurs accointances
israéliennes ? La dissolution morale a tout bouleversé,
cul par-dessus tête. Elle menace de saper le moral de ceux qui
ne veulent pas capituler, alors même que d’autres prennent
désormais le refus de capituler pour une insulte personnelle.
Dans de telles conditions, la conscience nationale palestinienne
ne peut trouver de salut que dans des forces oeuvrant à l’extérieur
du cadre national traditionnel. Bien que ces forces n’aient
pas de programme politique, il suffit désormais que les têtes
de leurs dirigeants soient mises à prix par l’occupant.
En même temps, Israël accélérant la construction
des colonies, la judaïsation de Jérusalem et l’infrastructure
d’annexion en général, et puisque Sharon déclare
qu’il ne commencera même pas à négocier
avec les Palestiniens sur un règlement définitif, l’attention
des Palestiniens est en train d’être détournée
vers des chamailleries internes autour de postes, d’intérêts
et de prérogatives. Tout ceci fait partie d’une tendance
insidieuse à tirer le mouvement de résistance vers les
conflits internes afin d’en miner l’énergie.
Si les mouvements de résistance islamistes n’ont pas
de programme, au moins, ils agissent comme s’ils avaient une
cause autre que l’avancement personnel. S’ils ont conquis
le soutien d’une large majorité du peuple palestinien,
c’est précisément parce qu’ils ont montré
qu’ils étaient prêts à mourir pour leurs
idées. Bien que dépourvu de vision politique, leur mouvement
de résistance défend au moins quelque chose. Mais ce
mouvement, même lui, est en train d’être entraîné
dans les marécages des dissensions intestines. La gestion de
la cause palestinienne est entrée dans une nouvelle phase.
Pour Israël et les Etats-Unis, créer un Etat palestinien
sur un vieux morceau de territoire représente la clé
permettant de résoudre tous les torts portés au peuple
palestinien depuis la naqbah. Beaucoup de gouvernements arabes ont
été séduits par cette approche et, de plus, ils
ont adopté la formule d’un « Etat palestinien viable
» comme condition (bien que le mot « prétexte »
serait sans doute mieux adapté) à la normalisation de
leurs relations avec Israël. Plusieurs régimes et organisations
arabes maintiennent un silence sournois, voire même crient leurs
encouragements aux Palestiniens, lors des confrontations armées
avec l’occupant, tout en priant secrètement afin que
cette confrontation échoue et que les Palestiniens tombent
dans la dépression. Ils misent sur leur temps jusqu’à
ce que le temps soit mûr pour la normalisation. Contrairement
à leurs objurgations, ces régimes, ou ces groupes, ne
sont ni démocratiques, ni intéressés à
une quelconque réforme. De fait, la normalisation est la monnaie
d’échange avec laquelle ils espèrent échapper
à la réforme. Des forces authentiquement démocratiques
en appelleraient à la justice pour le peuple palestinien, de
la même manière qu’elles en appellent à
la justice et à la démocratie pour leur propre peuple.
Les forces politiquement dépravées, moralement dissolues,
humanitairement faillies qui sont en train de capitaliser sur l’agressivité
américaine tout en tentant d’échapper aux pressions
américaines dans le sens de la réforme ont inauguré
la phase « pétrole contre richesse ».
Ces forces, qui fleurissent concomitamment au déclin des mouvements
de masse, à l’affaiblissement de l’esprit de résistance
et à l’apathie née du désespoir, sont en
train d’inciter le peuple – désespérément
– à accepter quoi que ce soit que les Américains
veuillent. Car ce n’est qu’alors qu’ils auront la
paix et le calme qui les dispensera de recourir à leurs connexions
avec l’Etat, ou à leurs connexions avec leurs pairs ou
d’autres canaux d’influence afin de s’enrichir et
de répandre encore plus de corruption afin de devenir encore
plus riches. C’est ce qu’ils espèrent mener à
bien, sur fond de calme imposé militairement, une poignée
de réformes étant jetée pour décorer la
vitrine avec, en retour, un énorme influx d’aide étrangère,
qui en engraisse certains, tout en laissant les autres crever de faim.
[Note : Le régime irakien déchu plaça son peuple
dans la situation la plus déplorable qu’il eut jamais,
au cours de la phase « pétrole contre nourriture ».
Empruntant à cette terminologie, j’ai utilisé
l’expression «pétrole contre richesse » afin
de décrire la transition entre la phase où des régimes
rentiers corrompaient et politisaient la religion dans le but de prouver
leur légitimité et celle où ces régimes
entrent en collusion afin de corrompre la culture, de manière
générale, en capitalisant sur la bellicosité
de l’Amérique et, ce, afin de marquer des points contre
leurs adversaires, tout en essayant d’éviter les répercussions
internes potentielles de cette bellicosité, en faisant quelques
concessions (pour la galerie et payées d’avance) aux
exigences américaines en matière de démocratie.]