01/02/05
- Complément d'information au sujet de la campagne menée
par les pouvoirs publics français contre l’intellectuel
Suisse Tariq Ramadan
par Silvia Cattori, 29 janvier 2005
Tout ce qu’a affirmé récemment Tariq Ramadan des
pressions faites contre lui par l’ambassadrice de France à
la Haye est véridique.
Les révélations de Tariq Ramadan, qui dans un premier
temps avaient été niées par le Quai d’Orsay,
embarrassé que cette affaire peu glorieuse sorte, est très
important. Cela permet de désigner du doigt qui sont les véritables
instigateurs de sa mise à mort.
Ce n’est pas insignifiant de savoir que l'ambassadrice de France
à la Haye, Anne Gazeau-Secret, socialiste, qui a cherché
de faire le vide autour de Tariq Ramadan – ancienne porte parole
du quai d'Orsay durant la cohabitation Chirac/Jospin - est l’épouse
de Richard Labévière.
Richard Labévière, est très critique à
l’égard d’Israël. Toutefois son antisionisme
va de pair avec son antiislamisme. Tariq Ramadan, musulman, n’est
pas aimé de lui.
Editorialiste de politique étrangère à RFI, Richard
Labévière est aujourd’hui dans la ligne de mire
des sionistes pour ses éditoriaux ouvertement critique à
l’égard d’Israël.
Il y a quelques mois, suite à son compte rendu sur la mort
d'Arafat, il a reçu des menaces de mort par le biais d’un
tract qui disait « On aura ta peau, salaud". Tract signé
d'une étoile de David, distribué à l’intérieur
de la rédaction de RFI, par des journalistes très engagés
dans la défense d'Israël. Ces tracts ont fortement secoué
RFI. Une enquête de police est ouverte.
Le compte rendu du « Monde » ci-dessous reflète
bien la vérité.
Tariq
Ramadan se dit victime de la malveillance de l'ambassadeur de France
à La Haye
par Xavier Ternisien, Le Monde, 27 janvier 2005
Tariq Ramadan a l'impression que les pouvoirs publics français
mènent une campagne contre lui. C'est ce qu'il a affirmé
en présentant, mercredi 26 janvier, à Paris, un livre
d'entretiens avec le journaliste Aziz Zemouri, intitulé Faut-il
faire taire Tariq Ramadan ? (L'Archipel). Tariq Ramadan en veut pour
preuve l'intervention directe de l'ambassadeur de France aux Pays-Bas,
Anne Gazeau-Secret, qui aurait tenté de dissuader plusieurs
intellectuels de participer avec lui à une table ronde organisée
le 21 janvier, à La Haye, par le Festival international de
littérature. Un article paru, le 25 janvier, dans le quotidien
chrétien Trouwrelate cet incident, qui a agacé les autorités
néerlandaises.
L'ambassade de France à La Haye dément avoir
exercé des "pressions".
Cependant, Mme Gazeau-Secret reconnaît avoir diffusé
un dossier sur l'intellectuel suisse auprès des participants
à la table ronde. "Sollicitée, par plusieurs personnes
invitées à assister à ce débat, sur la
question du choix des intervenants, j'ai donné ou fait donner
les informations dont je disposais, y compris sur le statut de Tariq
Ramadan et sur le caractère controversé de ses discours
et de ses activités, explique-t-elle dans un communiqué
adressé au Monde. Les organisateurs notamment ont reconnu au
cours de notre conversation qu'ils ne connaissaient pas bien ce personnage.
J'aurais agi de la même manière pour tout autre prédicateur
ou théologien du même type."
Le sociologue néerlandais Paul Scheffer, qui était invité
à la table ronde, livre une version différente de celle
donnée par l'ambassade de France. Il confirme qu'il n'a pas
"sollicité" l'avis de l'ambassadeur. "C'est
elle qui m'a contacté, raconte-t-il. J'ai été
un peu surpris par cette démarche, car ce n'est pas courant
qu'une ambassade intervienne directement de cette manière.
Mme Gazeau-Secret m'a demandé si je connaissais bien Tariq
Ramadan.
Je lui ai répondu par l'affirmative. Elle m'a quand même
envoyé un dossier, composé d'articles paru dans l'hebdomadaire
L'Express, consacrés à Ramadan."
Le chercheur français Olivier Roy, qui participait également
à la table ronde de La Haye, indique qu'il a été
contacté par un journaliste de Radio France internationale,
Richard Labévière, un proche de Mme Gazeau-Secret.
"Il m'a téléphoné et m'a dit à propos
de ma participation : "Si tu y vas, ta réputation va en
prendre un coup."" Le chercheur français, qui n'a
pas suivi ce conseil, trouve le procédé "inadmissible"
: "Avant la table ronde, j'ai appris que tous les participants
avaient reçu un coup de téléphone pour les dissuader
d'y participer. Je trouve scandaleux qu'une telle campagne se monte
avec l'appui de l'ambassade."
Au ministère des affaires étrangères, on fait
valoir que l'attitude de l'ambassadeur à La Haye, ancienne
porte-parole du Quai d'Orsay à l'époque où Hubert
Védrine était en fonction, est "une initiative
personnelle". "Des interventions de ce genre ne sont pas
du tout dans les procédures de la maison, affirme un porte-parole.
Il s'agit d'une démarche isolée, peut-être motivée
par une animosité personnelle. En tout cas, nos diplomates
n'ont reçu aucune directive contre Tariq Ramadan."
L'intellectuel musulman se plaint, de son côté, d'être
en butte à de nombreux refus de location de salle en France,
de la part d'élus locaux ou de présidents d'université.
"Pourquoi n'aurais-je pas le droit de m'expliquer dans des salles
publiques ?", demande-t-il.
28/01/05
- L'ambassadrice de France ment, le Quai d'Orsay tente de la couvrir
par Tariq Ramadan, 27 janvier 2005
Après que le journal néerlandais TROUW a révélé
les pressions exercées par l'ambassadrice de France, Mme Anne
Gazeau-Secret, sur les organisateurs et les journalistes de la table
ronde du 21 janvier à la Haye (pour annuler mon invitation
ou pour se retirer du débat), celle-ci a d'abord affirmé
aux journalistes hollandais avoir simplement voulu avertir des «
amis » (ce que ceux-ci ont nié être). Interrogé
par l'AFP, l'ambassadrice change de version et affirme que c'est elle
qui a reçu deux coups de téléphone. Les organisateurs
du festival et les deux journalistes concernés ont affirmé
avoir précisé au journal Le Monde, qui les a contactés
hier, que l'ambassadrice mentait et que c'est bien elle qui les a
contactés avec l'objectif d'exercer une pression pour m'empêcher
de participer à la table ronde. Ils confirment ainsi la version
du journal hollandais TROUW.
Par ailleurs, en date du 26 janvier, l'AFP a fait circuler une dépêche
qui affirme que « [j'] accuse une ambassade de France d'avoir
voulu [me] faire taire » sans autre détail sur la source
de cette information. En agissant ainsi, l'AFP se borne à présenter
ma parole contre celle du Quai d'Orsay qui « dément de
telles pressions ».
Or, ce n'est pas moi qui affirme que l'ambassade de France est directement
intervenue, mais les organisateurs du festival et deux des journalistes
participant à la table ronde organisée le 21 janvier
à la Haye. C'est le journal néerlandais TROUW qui s'en
est fait l'écho dans son édition du 25 janvier 2005
(on trouvera la traduction intégrale de l'article ci-dessous.)
Mis au courant de la version de l'ambassade de France relayée
par le quai d'Orsay (par le journal Le Monde), les organisateurs et
les journalistes cités dans l'article confirment donc leur
version des faits : l'ambassadrice est personnellement intervenue
et a tenté de les dissuader de m'inviter. La version de l'ambassadrice
et du quai d'Orsay ne correspond donc en rien à la vérité.
La dépêche de l'AFP omet de mentionner la source de l'information
et l'agence n'a pas pris contact avec les journalistes hollandais
concernés ni avec les organisateurs du festival (ce que le
journal Le Monde semble avoir fait) : le compte rendu est partiel
et ne rend pas compte du fait que trois personnes confirment avoir
été contactées par l'ambassade de France et se
disent outrées par de tels agissements.
Enfin, Olivier Roy, cité dans l'article, tient à préciser
que Richard Labévière l'a bien contacté pour
le dissuader de participer à la table ronde (« ce qui
entacherait sa réputation ») mais celui-ci, contrairement
à ce qu'affirme le journaliste hollandais, n'a jamais fait
mention de son rôle de consultant auprès du Ministre
des affaires étrangères. Olivier Roy désire que
l'on s'en tienne aux faits qui, dit-il, « sont déjà
suffisamment graves »
L'ambassade
de France tente d'empêcher le débat
par Kustaw Bessems, TROUW, 25 janvier 2005
La Haye - L'ambassade de France a exercé une pression sur les
participants à une conférence à La Haye afin
que ceux-ci refusent tout débat avec le penseur musulman Tariq
Ramadan. Les organisateurs ne sont pas contents de cette ingérence.
Ce vendredi eut lieu, à La Haye, une conférence-débat
sous le titre « Le malaise de l'Orient, » qui fait partie
du Festival littéraire Les Nuits d'Hiver. L'un des participants
était Tariq Ramadan, un philosophe égyptien-suisse qui
propage un "islam européen' et fort populaire parmi le jeunes
musulmans européens. Ton van de Langkruis, directeur artistique
du festival, reçut un appel téléphonique le 20
décembre de la part de l'ambassade de France. Il eut Gilbert
van de Louw, l'attaché scientifique, au bout du fil ; «
Il ne mentionna pas sa fonction » se souvient Langkruis. «
Il demanda : savez-vous ce que vous faites en invitant Ramadan ? Savez-vous
comme il est explosif ? Il m'a dit que notre conférence était
trop informelle. »
Selon van de Langkruis, l'attaché n'a pas dit explicitement
que nous devions renoncer à notre programme, mais c'est bien
cela que cela voulait dire. « Le ton était très
autoritaire. » Michaël Zeeman, le journaliste qui dirigea
le débat reçut un coup de fil de l'ambassadrice Anne
Gazeau-Secret. « Elle essaya de me convaincre que Ramadan était
dangereux, qu'il faisait patte de velours et qu'elle ne comprenait
pas que j'allais présider ce débat. Je répondis
: même si Ramadan est dangereux, ce que je ne pense pas, il
pourra s'exprimer. Nous sommes aux Pays-Bas. »
Un des participants au débat, Olivier Roy qui est un islamologue
français, reçut un appel de la Suisse de la part du
journaliste Richard Labévière. Il ne mentionna pas l'ambassadeur,
mais j'ai lu que ces deux-là étaient de vieux amis.
« Il m'a dit que par ma contribution au débat, on pourrait
penser que je soutenais Ramadan et que cela pourrait nuire à
ma réputation. » Selon Roy, il faisait allusion à
son poste de conseiller au Ministère français des Affaires
Etrangères. Gazeau-Secret appela elle-même Paul Scheffer
qui était aussi invité au débat. « Elle
fit remarquer que Ramadan était très controversé
en France. Elle était déjà fâchée
que Ramadan ait été invité auparavant par le
Ministère de l'Intégration aux Pays-Bas. Alors ce débat
à La Haye était de trop. Elle ne m'a pas déconseillé
de participer au débat, mais je trouvais déjà
qu'elle avait outrepassé ses limites. »
Van de Langkruis, le directeur du Festival et Scheffer reçurent
de l'ambassade un article paru dans le magazine français l'Express
du 18 octobre. Dans cet article, une journaliste d'investigation démontre
qu'après avoir écouté les prêches de Ramadan,
celui-ci est un fondamentaliste qui séduit les gens avec un
discours libéral. Ainsi, selon Ramadan, une femme ne pourrait
pas rester seule avec un homme et un musulman ne pourrait accepter
une loi qui contredirait sa foi. Ce même article fut aussi envoyé
à notre journal en octobre par l'ambassade, après que
nous ayons publié une interview avec Ramadan. L'ambassade ne
diffuse jamais les informations qui seraient moins préjudiciables
au sujet de Ramadan.
L'ambassadrice Gazeau-Secret qui a bientôt terminé son
mandat aux Pays-Bas laisse entendre par une porte-parole que ses actions
n'étaient "pas officielles'. Par ses coups de fil à
Scheffer et Zeeman, « son souhait était de prévenir
ses amis, et ceci avec les meilleures intentions » nous dit
la porte-parole. Scheffer dit qu'il "connaît' l'ambassadrice.
Ceci est aussi le cas pour Zeeman qui se dit "honoré', mais
que de son point de vue « il n'a pas de lien d'amitié
avec l'ambassadrice. »
Quant aux coups de fil aux organisateurs de l'événement
ainsi qu'au conférencier Roy, l'ambassadrice ne sait pas donner
d'explication. Elle insiste seulement sur le fait que Ramadan n'est
pas le bienvenu en France ni aux Etats-Unis. L'ambassadrice admet
aussi par la suite qu'elle faisait allusion à Ramadan lorsqu'elle
écrivit dans le supplément du journal "Trouw Letter
en Geest' : « Prenons-nous suffisamment nos précautions
avant de donner la parole à certains prêcheurs média
géniques qui se présentent comme des philosophes lors
de débats sérieux ? » Dans cet article, elle reproche
au gouvernement néerlandais de ne pas faire preuve de réalisme
face à la menace des groupuscules islamistes.
26/01/05
- Trop, c’est trop !
Liberté
d’ expression : la France se ridiculise
par Tariq Ramadan, oumma.com, 25 janvier 2005
Dans son
édition de ce matin (mardi 25 janvier), le journal national
néerlandais Trouw révèle que l’ambassadrice
de France en Hollande, Mme Anne Gazeau-Secret, est intervenue en personne
pour que les organisateurs du Festival international de littérature
de la Haye (Winternachten) annulent l’invitation qu’ils
m’avaient faite à participer à une table ronde
vendredi 21 janvier 2005 (L’Orient et l’Occident). Le
journaliste Richard Labévière (RFI)[1] a également
téléphoné à Olivier Roy, participant à
la table ronde, pour le dissuader de prendre part à la rencontre
[2] il l’a averti que sa participation entacherait sa bonne
réputation et il a fait allusion à l’avenir de
sa fonction de conseiller auprès du Ministre français
des affaires étrangères (nous ne sommes pas loin de
la menace). Les organisateurs du festival se sont dit excédés
et outrés par ce type de procédés, a fortiori
provenant d’une ambassade, et ont affirmé que j’avais
le droit de m’exprimer, qu’ils ne partageaient pas les
réserves de la France à mon sujet et que « Nous
étions en Hollande ! » Interpellée par les médias,
l’ambassadrice de France a affirmé qu’elle était
intervenue afin de prodiguer un conseil à « un ami »,
en l’occurrence le journaliste Michaël Zeeman : ce dernier
a répondu que Mme Anne Gazeau-Secret ne comptait pas parmi
ses amis. La France se ridiculise !
L’ambassade de France était déjà intervenue
en octobre dernier auprès du Gouvernement hollandais, après
que celui-ci, et en particulier la Ministre de l’intégration,
m’ait invité à m’entretenir avec elle et
divers comités officiels de la situation des musulmans en Hollande
et des perspectives d’avenir (citoyenneté, statut des
femmes, formation des imams, etc.) Le Gouvernement avait déjà
opposé une fin de non recevoir à « ces ingérences
» dans les affaires intérieures hollandaises.
Ce n’est pas la première fois que j’entends que
des pressions françaises, provenant de sources plus ou moins
officielles, sont exercées pour m’empêcher de m’exprimer
au niveau des institutions européennes ou directement sur des
gouvernements étrangers. Faut-il rappeler que Daniel Pipes
[3] avait affirmé que des « organisations françaises
étaient sans doute intervenues » pour que mon visa américain
soit révoqué à la dernière minute [4].
Non contentes de m’empêcher de m’exprimer en France,
les autorités françaises et diverses sphères
d’influence, notamment médiatiques, cherchent à
exporter des méthodes pour le moins antidémocratiques.
Trop, c’est trop ! Il y a plus d’une année déjà,
le CSA comme la direction de France 5 (entre autres) sont intervenues
auprès de certains responsables d’émissions ou
d’animateurs en affirmant que j’étais « trop
invité », ce qui a de quoi surprendre quand on observe
l’omniprésence de certains « intellectuels médiatiques
» en France depuis plus de dix ans.
Depuis des mois, on ne compte plus les salles qui ont été
refusées, ou retirées à la dernière minute,
à des organisations qui m’invitaient. Des députés,
des maires, des Président d’Universités et les
Renseignements Généraux n’hésitent pas
à intervenir pour m’empêcher de m’exprimer
: à Paris dans le XIIème, à Dreux, à la
Rochelle, à Marseille, à Aix-en-Provence, à Jussieu,
ces deux dernières semaines à Montpellier et à
Angers et tant et tant d’autres pressions exercées sur
des propriétaires de salles privées, des hôtels,
des particuliers.
Jusqu’à où ira-t-on en France pour m’empêcher
de parler ? Fadela Amara est même allé jusqu’à
demander que l’on m’interdise de territoire ! Que craint-on
? Pourquoi ma parole, celle d’un intellectuel musulman libre,
fait-elle donc aussi peur ? Craint-on que les Français, en
m’entendant m’exprimer de vive voix, prennent conscience
des mensonges et des calomnies qui sont véhiculés à
mon sujet ? A-t-on peur que les Français de confession musulmane
cessent d’adopter une posture victimaire et revendiquent d’être
reconnus comme citoyens libres et indépendants comme je les
invite à le faire ?
Le journaliste du Figaro Magazine Aziz Zemouri publie ce mercredi
26 janvier un livre au titre bien nommé : Faut-il faire taire
Tariq Ramadan ? (Avec un entretien de près de 300 pages aux
éditions de L’Archipel) Telle est bien la question, en
effet. Je serai présent à la conférence de presse
organisée par le Centre d’Accueil de la Presse Étrangère
ce mercredi 26 janvier (16h30, Maison de Radio France). Je viendrai
entre autre dire et répéter que ces méthodes
(un acharnement médiatique qui ne laisse plus de place aux
débats raisonnables et dont on disqualifie presque systématiquement
chacune de mes réponses) et la censure caractérisée
sont des méthodes indignes d’une démocratie.
La liberté d’expression est en danger en France parce
que les droits élémentaires d’accès à
la parole libre et indépendante ne sont pas respectés.
Et si l’on fait aujourd’hui silence parce qu’il
s’agit d’un intellectuel « musulman », l’histoire
ferait bien de nous revenir en mémoire pour nous rappeler la
honte que fut ce même silence quand il s’est agi de traiter
ainsi l’ intellectuel « juif ». N’a-t-on donc
rien appris ? Il est bien détestable ce racisme multiforme
qui n’en finit pas de rôder devant nos consciences et
qui se satisfait et se nourrit de nos tant et tant répétées
démissions intellectuelles.
Notes :
1 Richard
Labévière était un témoin en faveur de
Lyon Mag dans le procès en diffamation que j’ai intenté
à ce magazine et que j’ai gagné (cours de Cassation,
9 novembre 2004). Son témoignage était empli d’approximations
et de mensonges graves à mon sujet.
2 On ne sera pas étonné d’apprendre que le journaliste
du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch, qui a proprement lancé
la polémique en octobre 2003 autour de mon texte sur La critique
des (nouveaux) intellectuels communautaires était curieusement
dans l’assistance de cette table ronde à la Haye.
3 Daniel Pipes anime aux États-Unis un site « Campus
Watch », un Observatoire des Universités, dans lequel
il établit la liste des Professeurs trop « propalestiniens
» ou trop « antiisraéliens » et dans laquelle
je figurais avant même d’enseigner à l’Université
de Notre Dame.
4 Élisabeth Schemla ou Gilles Kepel, parmi de nombreux autres,
ont visité les États-Unis et n’ont eu de cesse
de prévenir et d’essayer de convaincre les autorités
américaines de m’empêcher de m’installer
et d’enseigner aux États-Unis.