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Tribune |
Culture
: USA ATTACK ! La mondialisation a donné des ailes à cette offensive. Depuis toujours, la vision américaine de la culture l'assimile, contrairement à celle qui prédomine encore en Europe, à un secteur marchand comme les autres. Audiovisuel, spectacle vivant, livre même, tout cela est de l'entertainment, du divertissement. Cette vision n'est évidemment pas partagée par tous les citoyens américains, et nous savons bien ici mesurer l'apport majeur des Etats-Unis à la création culturelle dans le monde. Nous avons pu mesurer la désolation de bien des créateurs ou universitaires américains face à cette notion dominante de culture-entertainment. L'offensive américaine passe notamment par l'UNESCO. Pour la culture comme pour l'éducation, les Etats-Unis tentent de vider de leurs contenus les chartes préparées par cet organisme, considérant ces secteurs comme biens communs de l'humanité, devant être protégés du marché. Il semble qu'aujourd'hui une vaste coalition, englobant notamment l'Allemagne, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l'Inde soit en état de mettre en échec les tentatives américaines, mais rien n'est encore joué. Pour résumer un peu abruptement le débat, la question est de savoir si les échanges culturels doivent être organisés à partir de la future charte, non-marchande, de l'UNESCO, ou être traités dans le cadre, bien entendu marchand, de l'OMC. Et les Etats-Unis tentent par ailleurs de tourner une éventuelle charte en négociant dans le monde entier des accords bilatéraux. Très récemment, une tentative de mainmise sur le cinéma marocain émergent a échoué de justesse. En Corée du Sud, qui a pu développer un cinéma national dont la qualité a depuis quelques années franchi les frontières, grâce à une politique de quotas (40%) de films nationaux sur les écrans, est sommée de réduire ce quota de moitié sous peine de représailles commerciales. Deux exemples parmi de nombreux autres. Chantages et business, voilà les fondements de l'offensive culturelle américaine. Face à cela, une fois de plus, l'Europe peine à faire front commun : les Pays-Bas, la Grande-Bretagne sont sur les positions américaines, l'Italie vient de décider de réduire l'aide publique au cinéma indépendant (traduire en italien : indépendant de Berlusconi). En France, ce sont les créateurs qui avaient lancé la résistance à l'AGCS. Nous avons confiance dans leur mobilisation. Mais celle-ci doit être relayée par les citoyens, à travers les associations, les partis politiques, les syndicats. Nous appelons donc à la vigilance. |
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