Guantanamo,
deux ans déjà ...
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Cela
fait deux ans, jour pour jour, que l'Empire yankee, au nom de la "guerre
sans fin contre le terrorisme", bafoue l'humanité en détenant,
hors du droit, 660 citoyens de 42 pays, sur la base militaire de guantanamo. Étiquetés "combattants
ennemis étrangers", ces prisonniers n'ont aucun statut et pour la
plupart d'entre eux, ni nom ni visage. La Maison blanche et le Pentagone ont
clairement fait savoir que ces hommes seraient détenus tant que la "guerre
sans fin" n'aurait pas pris fin. Autrement dit : guantanamo, loin d'être
une installation provisoire d'urgence, est la pierre angulaire d'un nouveau système
concentrationnaire fait pour durer et s'étendre. On avait connu pendant
70 ans l'Archipel concentrationnaire soviétique du Goulag. On a désormais à faire
avec un nouvel archipel du Goulag, cette fois-ci "libéral",
c'est-à-dire planétaire, décentralisé et en partie
secret. Aux 660 détenus de guantanamo s'ajoutent les prisonniers détenus
en Afghanistan, en Iraq et aux quatre coins de la planète, soit dans des
prisons secrètes US, soit dans des prisons d'autres pays. Ainsi, 14 Musulmans étrangers
sont détenus au secret en Grande-Bretagne. Plusieurs milliers de personnes,
généralement des Musulmans, ont fait les frais de la "guerre
contre le terrorisme" depuis l'automne 2001. Dans la plupart des pays dominés
par les USA ou alliés à eux, les appareils répressifs locaux
se sont déchaînés contre les suspects de terrorisme. Les
méthodes varient, mais l'objectif est unique : briser les résistances à l'ordre
impérial.
Ceux qui se présentent comme les champions du droit sont les premiers à le
bafouer, ne respectant ni les conventions et déclarations internationales
ni les "lois de la guerre".
Un moment tétanisée, l'opinion mondiale a progressivement tenté de
se faire entendre. Mais pour le moment, les protestations sont très faibles
et en-deçà des enjeux. Des parlementaires arabes, puis européens
et enfin US ont protesté. Des juristes ont protesté. des organisations
de défense des droits humains ont protesté. Mais tout cela est
encore loin d'être suffisant. La seule réponse aux méfaits
de l'Empire yankee ne peut être qu'à la mesure de cet Empire, c'est-à-dire
mondiale. Encore faudrait-il que les défenseurs occidentaux des droits
de l'homme trouvent le courage de briser le chantage imposé par l'Empire
: "si vous défendez les terroristes, c'est que vous partagez leurs
objectifs". Nous revivons à l'échelle mondiale ce que l'Europe
a vécu dans les années 70, à l'époque de la "bande à Baader",
des Brigades rouges et de l'IRA. Peu d'intellectuels avaient alors eu le courage
d'un Jean-Paul Sartre ou d'un Heinrich Böll pour défendre les droits
des "terroristes". En France, le silence radio sur guantanamo a été jusqu'ici
assourdissant. Pourtant, six jeunes Français sont détenus dans
ce Goulag tropical. Pourtant, il est facile de comprendre que la tolérance
des abus ne peut qu'encourager leurs auteurs à persévérer
et à étendre leurs opérations prédatrices, ce qui
met la substance même des démocraties en danger.
Toutes celles et tous ceux qui disent combattre pour les droits du peuple iraquien
ou du peuple palestinien doivent intégrer dans leurs préoccupations
le sort des oubliés du Goulag impérial. Cela doit être une
dimension logique, évidente de leur combat.
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