Éditorial, 13 septembre 2005
Non, Monsieur Raoult, il n'y a pas eu de "Nuit
de cristal" à Gaza !
La destruction des mosquées abandonnées à Gaza
par les colons juifs suscite des cris d'orfraie chez les "amis
d'Israël". Bien sûr, Sylvan Shalom a qualifié
ce geste de "barbare". Pour ce qui est de la "barbarie",
les sionistes d'Israël devraient savoir de quoi ils parlent.
Mais bon, ils sont en guerre, et il est normal qu'ils ne reculent
devant aucune énormité. Plus inquiétante est
la prise de position de Monsieur Eric Raoult.
Vous ne connaissez pas Eric Raoult ? L'homme gagne à être
connu : 1 mètre 90, 104 kilos, le vice-président du
groupe UMP à l'Asemblée nationale à été
ministre de l'Intégration il y a une dizaine d'années.
C'est lui qui avait, en 1996, émis l'idée géniale
de "déraciner les familles à problèmes",
anticipant de 9 ans la politique du "Karcher" de SarkoLéon.
Entre autres propositions interéssantes de ce monsieur, on
peut signaler celle de la suppression du Revenu minimum d'insertion
(RMI) et celle d'une alliance électorale avec le Front national.
Celui qu'on a surnommé "le Bernard Tapie de droite"
est député-maire de Drancy, en Seine Saint-Denis.
Drancy, où, en juillet 1943, furent parqués les juifs
raflés par la police française pour être déportés
à Auschwitz. Drancy, où un hôtel meublé
habité par des immigrés, Le Petit Savoyard, vient
de brûler. Mais ce genre d'incendies n'est pAs médiatique
ni médiatisé et n'intéresse donc pas notre
ténor, qui est, en revanche, président du groupe des
élus Amis d'Israël. Il a donc interpellé lundi
12 septembre le ministre des Affaires étrangères Douste-Blazy
pour lui demander "quelles réactions de désapprobation
la France avait transmises à l'Autorité palestinienne"
après la destruction des synagogues de Gaza. Pour lui, ces
actes "inqualifiables de violence" sont "particulièrement
choquants et semblent prouver que l'Autorité palestinienne
n'aurait pas réellement organisé son arrivée
en laissant ces scènes de violence se produire". "Ces
images rappellent de sombres périodes de l'antisémitisme
nazi qui brûlait ainsi les synagogues", poursuit Raoult
dans son communiqué, en ajoutant que "la France se devrait
de protester contre ces agissements qui révoltent et bouleversent
tout le judaïsme et notamment la communauté juive de
notre pays".
Vous avez tout faux, Monsieur Raoult !
Les synagogues brûlées par les nazis le 9 novembre
1938, lors de la "Nuit de cristal" n'avaient pas été
construites par des occupants armés sur des terres volées
à la population autochtone et, de plus, elles étaient
fonctionnelles. Ces actes étaient donc des profanations.
Les synagogues de Gaza étaient vides de tout contenu religieux
et avaient été abandonnées par les colons.
Qu'auraient du faire les Palestiniens ? Les transformer en entrepôts
ou en bars, comme les sionistes l'ont fait avec les mosquées
? Les raser au bulldozer, "proprement", à l'israélienne
? Les transformer en mosquées ? Les entretenir ? Aux frais
de qui ? À leurs propres frais ? Il ne faut quand même
pas exagérer ! Quoiqu'ils auraient fait, les Palestiniens
auraient de toute façon été critiqués
par les "amis d'Israêl", qui ne bougent pas un quart
de cil devant les pogroms organisés par les colons à
Al Khalil (Hébron). Ce n'est pas nous qui parlons de "pogroms",
mais le respectable Gideon Levy, journaliste au quotidien Ha'aretz
(voir article ci-dessous). Ces mêmes "amis d'Israël"
ne pipent mot devant les atrocités commises ces derniers
jours par l'armée israélienne à Bil'in, et
dont témoigne une juive, Greta Berlin (voir articles ci-dessous
et lire aussi la lettre de Martine Monville au même Douste-Blazy
à ce sujet). Lire aussi l'article de Meron Benvenisti, un
vieux sage israélien, ancien adjoint au maire de Jérusalem
Ehud Olmert, et devenu désormais partisan d'un seul État
démocratique en Palestine/Israël, qui rappelle utilement
les profanations de mosquées commises par les sionistes depuis
1948.
Le vrai déracinement
est à Hébron par Gideon Levy
Un général israélien recherché pour
crimes de guerre échappe de peu à une arrestation
en Grande-Bretagne
Et que fait Israël des mosquées ?
Colons et bergers, ou : Quand de jeunes sionazis se déchaînent
par Greta Berlin,
- Des soldats israéliens évoquent des assassinats
arbitraires perpétrés par l'armée ainsi qu'une
culture de l'impunité : les témoignages de ces tireurs
de signal d'alarme montrent qu'il existe un désir de se venger
contre les Palestiniens