Éditorial
n°36 - 1er novembre 2004
Halloween
19 Ramadan 1425/1er novembre 2004 : en ce jour, les uns, s'ils sont
musulmans, poursuivent leur jeûne, les autres, s'ils sont chrétiens,
vont sur la tombe de leurs chers disparus, mais les enfants des uns
et des autres, quant à eux, "fêtent" presque
tous Halloween. Demandez à ces enfants arabes et noirs, ou
même "blancs", qui frappent à votre porte pour
vous demander des bonbons ce qu'ils fêtent, s'ils savent ce
qu'est Halloween. Ils n'en savent rien, mais ils font comme "tout
le monde". Un garçon arabe de 14 ans, interrogé
dans une banlieue d'une grande ville française, alors qu'il
venait de sonner à une porte pour demander des bonbons, à
répondu à la question "Mais vous êtes américains
?" : "Oui, M'sieur, et je m'appelle Jimmy !".
Sorcières, chats noirs, fantômes, squelettes, diseuses
de bonne aventure, vampires, loups-garous, citrouilles : voilà
les ingrédients de cette curieuse fête, introduite en
France et dans le reste de l'Europe depuis une dizaine d'années.
Cette "tradition" américaine est devenue, en France
comme en Amérique du Nord, une grande affaire commerciale,
l'occasion d'un business juteux. Tout comme Noël. À ce
propos, savez-vous d'où vient le costume rouge et blanc du
"Père Noël" ? Eh bien, tout simplement d'une
publicité de Coca-Cola au début du XXème siècle.
Quant à Halloween, c'est une fête païenne d'origine
celte, transposée aux USA par les émigrants irlandais
après la grande famine de 1846-1849 en Irlande.
Il serait bon que les parents musulmans (et les autres aussi, d'ailleurs)
expliquent à leurs enfants que Halloween n'appartient ni à
leurs traditions ni à leur religion et qu'ils aident leurs
enfants à résister au déferlement d'incitations
à consommer n'importe quoi.
L'anniversaire
de la première révolution algérienne
Pour les Algériens et pour tous les anticolonialistes, le 1er
novembre, c'est autre chose : c'est une date historique fondamentale,
celle de la "Toussaint rouge". Ce jour-là (ou plutôt
cette nuit-là), il y a 50 ans, une série d'attentats
avaient lieu dans l'Algérie "française". Le
3 novembre 1954, le ministre de la Justice François Mitterrand
déclarait : "La seule négociation, c'est la guerre."
Ainsi débutait une guerre de libération qui allait durer
7 ans et demi, au terme de laquelle l'Algérie devenait indépendante.
L'événement qui avait hâté les préparatifs
de l'insurrection avait été la reddition des troupes
françaises à Dien Bien Phu, le 7 mai 1954. cette écrasante
victoire vietnamienne avait convaincu les nationalistes algériens
qu'il était possible de vaincre sur la puissance coloniale.
50 ans plus tard, l'Algérie "indépendante"
est très, très mal en point. Elle connaît une
paix apparente qui est celle des cimetières et des charniers
: 200 000 morts et au moins 7 000 disparus, 1 million et demi d'exilés
aux quatre coins de la planète, tel est le bilan de 16 années
de crise et de guerre civile. Derrière le mannequin exposé
en vitrine - le président Bouteflika -, ce sont toujours les
mêmes qui détiennent le pouvoir réel : une poignée
de généraux constituant la bande des "sept salopards",
autour desquels se regroupent quelques centaines d'affairistes et
de "démocrates". Cette oligarchie a réussi
la prouesse de neutraliser toutes les critiques et réticences
internationales et à gagner le soutien apparemment indéfectible
à la fois de l'Union européenne et des USA. Bouteflika,
qui vient de réaliser un beau coup en obtenant que le "centre
de lutte contre le terrorisme" de l'Union africaine soit établi
à Alger, a décidé, pour ce 1er novembre, d'annuller
le défilé militaire prévu à cette occasion.
Cela au nom de la "paix". Craignait-il de finir comme Anouar
Es-Sadate, abattu par des militaires dissidents lors d'un défilé
militaire ? Ou plus simplement ne s'agit-il pas, pour le pouvoir d'Alger,
d'effacer jusqu'au souvenir de la guerre de libération ? L'oubli
et l'effacement de la mémoire sont l'arme favorite de toutes
les dictatures. Il vaut mieux fêter Halloween que la lutte de
libération nationale...
L'évolution
de Quibla
Durant les deux mois écoulés de septembre et d'octobre,
le nombre des visites quotidiennes à notre site n'a cessé
d'augmenter. La moyenne du mois d'octobre a été de 445
visites par jour, soit 28% de plus qu'en septembre et 110% de plus
qu'en août. En un an, le nombre de visiteurs sur notre site
s'est multiplié par 3,5 ! Si cette progression continue, nous
atteindrons un millier de visites quotidiennes à la fin de
l'année. Ces chiffres nous encouragent et nous motivent à
continuer et à émliorer notre travail. Dans les mois
qui viennent, Quibla va être amélioré, afin de
devenir plus transparent, plus performant, plus interactif.
Nous sommes conscients que les archives constituées par Quibla
en 4 années d'existence constituent une véritable mine
d'or pour toutes sortes d'utilisateurs. Plus qu'un outil d'information,
Quibla est désormais devenu un site de référence
et un outil d'éducation populaire accessible gratuitement à
tous les francophones, à travers toute la planète. Nous
tenons à maintenir cette gratuité. La conséquence
de cette gratuité est double : les collaborateurs de Quibla
sont strictement bénévoles et nous manquons de fonds
pour améliorer le site et créer des outils performants.
Pour investir dans des transformations, il nous faut des fonds. Nous
lançons donc un appel aux contributions financières.
Écrivez-nous pour que nous puissions vous indiquer la démarche
à suivrre
La rédaction de Quibla
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