Éditorial
n° 35, 28 octobre 2004
Les 120 représentants du “peuple israélien”
ont donc voté sur le plan de “désengagement
de Gaza” d’Ariel Sharon, qui l’a emporté
par une majorité de 67 voix contre 45 contre,7 abstentions
et 1 député en arrêt-maladie. Comme Chirac en
2002, Sharon a triomphé grâce aux voix de la gauche
“pacifiste”, ce qui illustre bien toute la misère
de la “politique démocratique isarélienne”*.
Ce que la gauche semble ne pas voir ou ne pas comprendre, c’est
que le “plan Sharon” n’est qu’une étape
dans son plan suicidaire d’éradication définitive
du “problème palestinien”. Le “plan de
désengagement” ne vise qu’à accélérer
la transformation des territoires palestiniens occupés en
1967 en bantoustans séparés les uns des autres et
gouvernés d’une main de fer par des mini-dictateurs
palestiniens inféodés au sionisme. Pendant que le
monde entier regarde vers la Knesset et applaudit la victoire de
Sharon, la construction du Mur d’annexion [que Sharon projetait
depuis...1973], qui permettra l’annexion d’un quart
du territoire cisjordanien, se poursuit à marche forcée.
Les massacres à Gaza, depuis bien longtemps enfermée
dans un mur métallique, n’ont connu qu’un bref
répit relatif. Les menaces de guerre civile israélienne
ne sont qu’un leurre pour faire croire au monde occidental
qu’Israël est une démocratie. Les colons, furieux
d’avoir été manipulés depuis 40 ans par
le même Sharon, devront finir par comprendre qu’on ne
peut impunément coloniser une terre volée. S’ils
sont incapables de partager la terre qu’ils occupent avec
les Palestiniens au sein d’un seul État appliquant
le principe : “Une personne, une voix”, ils finiront,
non pas comme les Blancs d’Afrique du Sud, mais comme les
Pieds-Noirs d’Algérie.
* À ce propos, François Hollande, premier secrétaire
du Parti socialiste français, a eu une phrasemémorable
: "La gauche israélienne a pris toutes ses responsabilités,
puisque c'est elle qui a permis a Sharon d'avoir une majorité
sur le retrait"...