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Edito
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Syndrome algérien à Bagdad ? |
Éditorial
n°33 - 9 septembre 2004 Les GIA algériens sont-ils en train de faire école en Iraq ? Plusieurs éléments militent en faveur de cette hypothèse. Rappelons que les GIA - “Groupes islamiques armés” - ont été les auteurs, de 1994 à 1998, de massacres de populations civiles sympathisantes du FIS, d’attentats en France et d’enlèvements meurtriers d’étrangers en Algérie (marins italiens, moines français, techniciens croates etc.). On sait aujourd’hui que les GIA et leur successeur, le GSPC, ont été infiltrés par la Sécurité militaire algérienne - rebaptisée DRS en 1990 - qui en a rapidement pris le contrôle et que, de groupe de guérilla islamiste qu’ils étaient peut-être au début, ils sont devenus l’arme principale de la contre-insurrection menée par les généraux éradicateurs algériens. Les massacres, enlèvements et attentats qu’ils ont commis ont servi à l’oligarchie militaro-affairiste algérienne à se maintenir au pouvoir, en réduisant la population au silence et en contraignant les gouvernements des “pays amis” - France en tête - à lui apporter un soutien indéfectible. Tout cela est parfaitement documenté par un livre explosif et largement passé sous silence par les médias français : “Françalgérie, Crimes et mensonges d’État”, de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire (éditions La Découverte, 2004, 23 Euros). Les événements récents en Iraq font penser à l’Algérie. Les dernières prises d’otages sont de plus en plus bizarres. Pourquoi enlever et exécuter 12 malheureux travailleurs népalais ? Pourquoi enlever un malheureux chauffeur de camion philippin ? Pourquoi enlever deux journalistes français sympathisants de la cause palestinienne et arabe ? Pourquoi enlever et assassiner un journaliste pacifiste italien ? Pourquoi enlever deux militantes altermondialistes italiennes, bénévoles d’une association créée pour combattre l’embargo en 1991 ? Selon certains témoins de l’intrusion du commando de 20 hommes qui a enlevé mardi après-midi Simona Torretta et Simona Pari ainsi que Ra'ad Alì Abdul Aziz et Mahnaz Bassam en plein Bagdad, les membres du commando, qui étaient en tenues militaires, ont d’abord dit parler au nom du gouvernement d’Iyad Allaoui. Ils connaissaient les noms de toutes les personnes travaillant dans l’immeuble, où se trouvaient les bureaux de plusieurs ONG italiennes. Qui a intérêt à entraîner la France dans la guerre d’occupation de l’Iraq ? Qui a intérêt à un retournement de l’opinion italienne, majoritairement opposée à la participation de l’armée italienne à l’occupation militaire de l’Iraq ? Qui a intérêt au départ d’Iraq de toutes les ONG qui ne sont pas inféodées aux forces d’occupation de la “coalition” ? Pour contrer le mouvement d’opinion qui, en France en 1997, demandait une commission d’enquête internationale sur les massacres en Algérie, les généraux éradicateurs d’Alger avaient lancé une campagne d’intoxication sur le thème : “Qui tue qui ?” Aujourd’hui, pour Bagdad, on est en droit de poser la question : “Qui enlève et tue qui, pour qui et pour quoi ?” La réponse à cette question sera difficile à trouver. Il suffit de rappeler que la question : “Qui a organisé et mené l’opération du 11 septembre ?” n’a toujours pas trouvé, trois ans plus tard, de réponse crédible. Mais on peut d’ores et déjà dire à qui ces crimes ne profitent pas. Pas au peuple iraquien. À qui donc profitent-ils ? Le lecteur aura de lui-même trouvé la réponse. La rédaction de Quibla |
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