Éditorial
n°25 - 7 juin 2004
Le mouvement national palestinien est une fois de plus à la
croisée des chemins. Deux voies s'offrent à lui : poursuivre
la résistance civile et armée et préserver l'unité de
cette résistance ou capituler devant le plan sioniste de création
de bantoustans dirigés par des roitelets et enterrer pour une
ou plusieurs générations tous les rêves de souveraineté sur
la terre natale. Deux hommes symbolisent aujourd'hui ces deux voies.
Le premier est Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah en Cisjordanie.
Un tribunal sioniste vient à Tel Aviv de le condamner à une
peine de prison à vie augmentée de 40 ans de réclusion.
Son crime : avoir commandé des opérations armées
de résistance contre l'occupant sioniste.
Le second est Mohamed Dahlan, ancien ministre de l'Intérieur
de Yasser Arafat et futur "roi de Gaza". Cet homme qui a
dirigé la répression contre la résistance palestinienne
et a collaboré étroitement avec les services secrets
sionistes, US et égyptiens, est pressenti pour devenir "l'homme
fort" à Gaza, après le retrait des troupes et des
colons sionistes. Il deviendrait ainsi une sorte d'Ahmed Kaydrov palestinien,
chargé de faire régner par procuration l'ordre sioniste,
avec l'appui militaire et policier des services égyptiens de
Hosni Moubarak.
Mais Gaza n'est pas plus une terre égyptienne qu'elle n'est
une terre "israélienne". Sa population, qui offre
un exemple de résistance depuis 37 ans, n'acceptera jamais de
se retrouver enfermée dans un bantoustan dirigé d'une
main de fer par un roitelet, fût-il palestinien.
Le modèle du Ghetto de Varsovie, appliqué à Gaza,
est condamné à l'échec.
La rédaction de Quibla