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Edito
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Dans une guerre injuste, on risque de perdre la tête |
1°- Les exécuteurs de Nick Berg ont lu avant de le décapiter une déclaration disant notamment : « Aux mères et femmes de soldats US, nous vous disons que nous avons demandé à l'administration US d'échanger ce prisonnier avec certains des détenus d'Abou Ghraïb et qu'elle a refusé. Nous vous disons donc que la dignité des hommes et des femmes musulmans à Abou Ghraïb et ailleurs ne peut être rachetée que par le sang et les âmes. Vous ne recevrez de nous rien d'autre que cercueil après cercueil d'hommes excutés de cette manière. » Le prisonnier Nick Berg avait été affublé de la même salopette orange que portent les prisonniers de guantanamo ou des prisons US en Iraq. 2° - À la différence des maquisards algériens ou vietnamiens ou des guérilleros cubains, les combattants iraquiens de toutes tendances - il y aurait une quarantaine de groupes - regardent les télévisions du monde entier et utilisent Internet. L'image est donc une arme au même titre que le lance-roquettes ou la Kalachnikov. Ils tentent à leur manière d'utiliser les images pour terroriser leur ennemi. Leur utilisation du choc des images n'est pas élégante, mais elle est sûrement efficace. 3° - Pendant la guerre du Vietnam, environ 600 000 militaires US ont été envoyés en Indochine, un peu plus de 50 000 sont revenus dans des cercueils, mais plus de 200 000 ont déserté, principalement au Canada. France 2 vient de diffuser un reportage sur les deux premiers déserteurs US de la guerre d'Iraq, réfugiés au Canada et pris en charge poar les mêmes Quakers qui avaient pris en charge les déserteurs du Vietnam. La vidéo de la décapitation de Nick Berg, ajoutée aux images des tortures de prisonniers, aux images de cercueils, aux listes de morts US, militaires et civils, devraient entraîner une vague de désertions et de refus d'obéir. Et une armée démoralisée est une armée déjà défaite. 4° - La décapitation de Nick Berg a confirmé les pires craintes d'un certain nombre de responsables militaires et de juristes militaires US opposés aux violations des Conventions de Genève que représentent l'incarcération de "combattants ennemis illégaux" à guantanamo, en Iraq, en Afghanistan dans un "trou noir" juridique et les tortures "allégées" auxquelles ils sont soumis. Ces craintes sont résumées par un simple raisonnement logique : «Si nous les traitons mal, nos soldats ou ressortissants faits prisonniers risquent d'être traités tout aussi mal ou pire. » 5°- Dernière remarque sur la psychologie yankee : on ne peut qu'être ébahi par l'inconscience de ces jeunes aventuriers néo-libéraux qui, comme Nick Berg, croient qu'ils peuvent se balader impunément à la recherche de "business" juteux dans un pays occupé et ravagé par leur propre armée. Son enseignant retraité de père lui avait pourtant vivement déconseillé d'aller en Iraq, mais qui écoute son père, à 26 ans ? Cette inconscience n'est qu'un aspect de l'incroyable arrogance des Yankees. Tous les Nick Berg de l'Amérique profonde savent désormais que l'Iraq est plus dangereux que le Bronx. Il leur faudra trouver d'autres moyens, plus sûrs à défaut d'être plus moraux, de gagner des dollars. |
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