Il est d'usage,
lors des changements d'année de calendrier,
de faire des bilans et de prendre des bonnes
résolutions. Nous entrons dans cette
nouvelle année 2006 avec un mélange
de pessimisme et d'optimisme.
Pessimisme : rien
n'a changé pour les peuples occupés,
martyrisés, massacrés, de la
Palestine au Cachemire, en passant par l'Iraq,
l'Afghanistan et la Tchétchénie.
Optimisme : en Amérique
latine, avec l'accession à la présidence
d'Evo Morales, l'axe de résistance
à l'Empire s'est allongé, La
Havane à Caracas et à La Paz.
Au Mexique, cette année sera dominée
par la campagne pour l'élection présidentielle
du 2 juillet prochain, et les zapatistes y
feront entendre un autre son de cloche, avec
leur "autre campagne", qui commence
ces jours-ci, par une tournée dans
tout le pays du sous-commandant Marcos. Marcos,
dont la devise, "commmander en obéissant",
a été adoptée par Evo
Morales. Le Pérou risque à son
tour de porter en avril à la présidence
un Indien, Ollanta Humala, dont l'objectif
est d'établir une "république
Inca". Encore une source de migaine pour
les maîtres de Washington.
Au Moyen-Orient, l'Empire va encore plus s'enfoncer
dans le bourbier iraquien et va poursuivre
ses gesticulations contre la Syrie et l'Iran.
Une agression militaire contre l'un de ces
deux pays n'est pas exclue : les sionistes
israéliens font tout pour y pousser
Washington, qui hésite et a de bonnes
raisons d'hésiter. En Palestine, la
perspective de création d'un État
palestinien sur une portion congrue de la
Cisjordanie et de Gaza s'éloigne toujours
plus. De plus en plus de Palestiniens et d'Israéliens
se rendent compte que la seule solution pour
les habitants de la Terre sainte est la disparition
de l'État sioniste en tant que tel
et son remplacement par un seul État
démocratique reposant sur le principe
simple : «Une personne, une voix »
Les partisans des deux États ont comme
souci principal de "préserver
le droit à l'existence de l'État
juif". Ceux parmi eux qui protestent
contre la construction du Mur de séparation
devraient au contraire soutenir la construction
de ce Mur, puisqu'elle est censée entériner
la séparation entre "Israël"
et "Palestine". Les bombardements
sur le Nord de la bande de Gaza, la semaine
dernière, ont enfin révélé
l'objectif principal du "plan de désengagement"
de Sharon : avoir les mains libres pour bombarder
Gaza sans risquer de tuer des juifs. Ce n'est
pas nous qui le disons, mais le vice-Premier
ministre Ehud Olmert.
En Méditerranée, la fin de l'année
aura été marquée par
une nouvelle horreur : le massacre de 25 réfugiés
soudanais en plein centre du Caire, devant
la siège des Nations Unies et de leur
Haut commissariat aux réfugiés.
Comme la police et l'armée marocaines
à Sebta et Melilla, la police égyptienne
a joué son rôle de garde-frontières.
À ceux qui fuient la misère,
la guerre, la famine et la dictature, l'Europe
riche et démocratique oppose un "niet"
franc et massif et construit elle aussi un
mur d'apartheid.
Enfin, aux Caraïbes, l'ordalie des prisonniers
sans nom et sans visage de guantanamo se poursuit.
Ces 500 musulmans détenus en dehors
de toute légalité poursuivent
leur combat acharné pour la survie,
commencé le 10 janvier 2002, lors de
l'inauguration de ce nouveau goulag impérial.
Au moins 84 d'entre eux sont actuellement
en grève de la faim et une partie d'entre
eux sont nourris de force. Ne les oublions
pas.
En 2005, le site Quibla a reçu
300 000 visites, soit en moyenne
821 par jour, ce qui représente une
multiplication par 2,2 par rapport à
2004. Ces chiffres ne peuvent que nous encourager
à poursuivre notre travail d'information.
Le nombre de nos amis, usagers et correspondants
ne cesse d'augmenter. Depuis le mois de décembre,
nous avons engagé une coopération
étroite avec le groupe
Tlaxcala, un réseau de
traducteurs pour la diversité linguistique,
qui souhaite contribuer au combat contre
le monopole impérial de la langue anglaise
- ou plutôt anglo-américaine
- sur Internet. Le but de ce
réseau est de rendre accessible des
informations et des documents importants dans
toutes sortes de langues, dont le français
bien sûr. Pour tout contact avec Tlaxcala
: transtlaxcala@yahoo.com.