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  20 mars 2004
 
Edito

Échec à l'Empire !

Un an jour pour jour après le début de l'attaque militaire US contre l'Iraq, le bilan de l'occupation de ce pays est catastrophique. Pas plus qu'en Afghanistan ou au Kosovo, l'Ocident "démocratique" n'a pu ni rétablir la paix ni instaurer la démocratie dans ces pays occupés. L'Iraq est bien devenu un nouveau Vietnam pour l'Empire yankee. Et le bilan catastrophique de cette occupation militaire injuste pourrait bien coûter son fauteuil à George Bush. Les électeurs US pourraient bien faire payer à Bush ses mensonges sur les "armes de destruction massive", introuvables en Iraq, tout comme les électeurs espagnols ont fait payer à Aznar ses mensonges sur le 11 mars à Madrid.
Un an après, le peuple iraquien n'a toujours pas accepté l'occupation démocratique et même s'il n'est pas arrivé à surmonter les divisions - tribales, ethniques, religieuses, politiques -, il a somme toute fait preuve d'une capacité de résistance assez remarquable. Bien sûr, tous les attentats qui ont lieu tous les jours ne sont pas le fait de groupes de résistants. Il faut prendre en compte que les agents secrets de toute la planète s'agitent et s'activent sur le territoire iraquien. L'objectif principal des occupants yankees est d'empêcher l'émergence d'un front patriotique uni regroupant toutes les factions et tous les mouvements iraquiens. C'est le but non seulement des distributions d'argent à des groupes et personnes prêts à se mettre au service de l'occupant mais aussi des bombes de l'Achoura contre la population chiite, attribuées sans preuves à Al Qaïda.
Pour se désengluer du bourbier iraquien, l'Empire yankee n'a d'autre issue que la fuite en avant. Il prépare désormais activement une intervention contre la Syrie, où les affrontements entre Kurdes et Arabes des derniers jours sont sans aucun doute le fruit des activités des agents kurdes des services US. Au nom de la "démocratie", l'Empire yankee cherche à détruire toute résistance à son ordre anarchique. Mais plus il avance dans sa course folle et plus il perd des alliés. D'où la visite quelque peu désespérée de Colin Powell au Pakistan, soudain proclamé le plus "important allié" de l'OTAN. Verra-t-on bientôt des soldats pakistanais remplacer les soldats espagnols et peut-être polonais en Iraq ? On peut s'attendre à tout. Mais pas plus que Aznar, Bush ou Blair, Musharraf n'est éternel et sa marge de manoeuvre est plutôt étroite : il doit prendre garde aux sentiments de ses officiers et soldats qui, après tout, sont des Musulmans.