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Huwaei (Chine) choisi pour étendre le réseau
de Tunisie Télécom ! Quels sont donc les dessous de cette affaire
? par Abdel Wahab Hani, 10 novembre 2003 Comment le chinois Huwaei a
pu décrocher le contrat Tunisie Télécom eu nez du français Alcatel ?
A lire ce passage de Libération du 4 novembre 2003: "...En Tunisie,
l'opérateur public de téléphonie mobile a choisi Huawei pour étendre
son réseau, contre Alcatel qui l'avait initialement installé. Ses détracteurs
font valoir les aspects sulfureux de Huawei : les liens de ses fondateurs,
tous d'anciens militaires, avec le pouvoir chinois..." Après les irrégularités
qui ont accompagné l'attribution des licences de la téléphonie moblie
à l'égyptien Orascom, "sans argent, ni capacité de développement, ni
partenariat solide", le patron du groupe avait meme déclaré sur les
colonnes de Arabies qu'il avait commis deux erreurs: "entamer une grande
politique de développement régional sans argent et des partenariats
locaux plutôt politiques qu'économiques". Tout est dit dans ces aveux.
Orascom/Tunisiana a certes adopté une politique commerciale intéressante,
mais quel apport technologique a-t-elle engendré? Et aujourd'hui, c'est
l'opérateur public tunisien lui-même qui opte pour Huwaei pour étendre
son réseau. Est-ce que les règles de la concurrence ont été respectées?
Est-ce que l'opérateur public a pris en compte l'apport technologique
escompté? Est-ce qu'il a exigé l'intégration des ingénieurs et des ouvriers
tunisiens dans la conception, l'exécution et l'évaluation du projet,
pour conquérir une parcelle du savoir? Les Tunisiens ont le droit de
savoir comment sont gérés les appels d'offres internationaux et qui
sont les partenaires locaux de ces géants mondiaux des Télécom. Des
annonces à l'image de celle faite par l'actuel chef de l'Etat en exercice
sur le démarrage de la première radio privée, sans appel d'offres, modification
du cadre juridique wa la hom yahzanoun ne font que discrédibiliser encore
le régime. Mais, il s'agit des deniers publics et de l'avenir de la
nation: Est-ce que le partenariat avec les militaires-entrepreneurs
de Huwaei va assurer un bond technologique à la Tunisie ou pas. Et puis
où sont nos Ingénieurs Télécoms/Réseaux? Où est passée la matière grise
tunisienne? Ne sommes-nous pas capable de faire ce que les ingénieurs
égyptiens accomplissent en Chine? Où est passé le sens légendaire de
l'initiative chez les entrepreneurs tunisiens? Plein de questions, mais
l'inhibition de la création et de l'activité sont telles qu'il faut
en arrêter l'hémorragie causée par des assoifés du pouvoir qui ne cherchent
qu'à s'enrichir et le plus vite possible. La nation a le droit d'éxiger
des comptes à Tunisie Télécom
Et voici l'intégralité de l'article de Libération: Des
marques conquérantes Huawei, gagnant sur toute la ligne Vitrine technologique
de la «nouvelle Chine», l'équipementier téléphonique bouscule un secteur
dominé par le français Alcatel. Shenzhen (province de Canton) envoyé
spécial, mardi 04 novembre 2003 - Les ingénieurs des télécoms égyptiens
descendent du bus et pénètrent dans le centre de formation avec un visage
ébahi : le bâtiment a plus l'allure d'un musée postmoderne que du lieu
où ils vont s'initier au matériel de l'équipementier téléphonique chinois
Huawei dont s'est équipée leur société. Le siège de Huawei, dans un
parc technologique de Shenzhen, la «zone économique spéciale» du sud
de la Chine, est composé de plusieurs bâtiments de verre, d'acier et
de marbre, modernes et élégants, dispersés dans un espace aéré comme
un campus américain, loin de l'image d'Epinal d'une industrie chinoise
à la Zola. Vitesse C'est que Huawei est la vitrine technologique de
la «nouvelle Chine», le fer de lance de l'internationalisation de ses
entreprises. L'équipementier chinois privé a fait irruption sur la planète
télécoms là où nul ne l'attendait : il est un concurrent direct des
géants du secteur comme Alcatel, Nortel ou Nokia, grignotant avec appétit
des parts de marché grâce à des prix imbattables, à une vitesse de réaction
très grande et, disent ses responsables, à une technologie désormais
éprouvée. Au Salon mondial des télécoms à Genève, début octobre, Huawei
a été la véritable vedette, profitant de l'absence de ses principaux
concurrents. Résultat : la société a remporté, cet été, un contrat en
France pour installer un réseau de 5 700 kilomètres de fibre optique
entre 77 villes pour l'opérateur privé Free, battant Alcatel, numéro
1 mondial du secteur, dans son propre pays ! Avec des prix de deux à
cinq fois inférieurs à ceux de ses concurrents, Huawei a aussi réussi
une petite percée en Europe, loin de sa base asiatique, auprès de l'opérateur
espagnol Telefonica, du français LDCom ou encore de British Telecom.
En Tunisie, l'opérateur public de téléphonie mobile a choisi Huawei
pour étendre son réseau, contre Alcatel qui l'avait initialement installé.
Ses détracteurs font valoir les aspects sulfureux de Huawei : les liens
de ses fondateurs, tous d'anciens militaires, avec le pouvoir chinois,
les accusations américaines concernant des affaires douteuses en Irak
au temps de Saddam Hussein ou dans l'Afghanistan des talibans. Ils rappellent
la pla inte pour piratage déposée par l'américain Cisco, qui vient de
se régler à l'amiable début octobre. Et ils rabaissent les prétentions
à l'innovation technologique de Huawei. Diplômés Dans leur siège ultramoderne
de Shenzhen, les porte-parole de l'entreprise répondent à ces critiques
avec assurance. Ils sont d'autant plus à l'aise pour contre-attaquer
que le visiteur peut juger de lui-même le nombre de délégations qui
débarquent chez Huawei : on y vient du monde entier, Occidentaux cravatés,
Moyen-Orientaux ou Asiatiques en costumes nationaux, beaucoup de clients
chinois aussi, qui visitent le grand hall où sont présentés les produits
de la firme. L'argument choc de la firme : près de la moitié - 46 %
pour être précis - des 22 000 salariés de Huawei travaille dans la recherche
et le développement, contre 12 % seulement à la production. Et 85 %
des employés sont diplômés de l'enseignement supérieur. De plus, Huawei
est allé chercher les talents là où ils se trouvent : un centre de recherche
de 1 000 personnes a été créé à Bangalore, la capitale indienne de la
high-tech, et un autre au coeur de la Silicon Valley californienne.
Des milliers d'ingénieurs travaillent également à Shenzhen, dans un
immense centre de recherche (impossible à visiter depuis que Huawei
a été victime d'espionnage), payés «entre un tiers et un cinquième»
du salaire d'un poste équivalent en Europe ou aux Etats-Unis, admet-on
chez Huawei. «Qui, dans l'univers concurrentiel des télécoms, achèterait
un matériel moins cher s'il n'était pas aussi bon que celui de ses concurrents
? Qui peut prendre le risque de s'équiper en matériel pas fiable ?»,
interroge Richard Lee, le porte-parole de Huawei, formé aux Etats-Unis.
En téléphonie mobile, en transmission de messages multimédia, en fibre
optique, et même depuis peu dans les combinés téléphoniques (en alliance
avec le japonais Matsushita), Huawei se dit à la pointe de la technologie.
Sa montée en puissance à l'international tendrait à le confirmer. Fondé
en 1988, Huawei a commencé à sortir des limites de la Chine il y a cinq
ans, d'abord sur les marchés du tiers-monde où la concurrence était
moins rude, puis de manière globale : seuls les Etats-Unis restent hors
de portée, mais un récent accord commercial avec l'américain 3Com pourrait
y remédier. La croissance du chiffre d'affaires à l'exportation est
exponentiell e : 550 millions de dollars l'an dernier, 1 milliard cette
année, une prévision de 1,4 milliard l'an prochain... Plus du tiers
du chiffre d'affaires de la société devrait bientôt provenir de l'international.
Licences L'entreprise chinoise attend avec impatience le lancement de
l'UMTS, la téléphonie mobile de troisième génération, sur laquelle elle
a beaucoup investi en recherche et en développement, pour faire un nouveau
bond en avant. Le retard dans l'attribution des licences chinoises la
pénalise d'ailleurs beaucoup, s'agissant du premier marché mondial des
télécoms. Mais, quoi qu'il arrive, la planète télécoms s'est assurément
enrichie d'un nouvel acteur majeur. Pierre Haski Source: http://www.liberation.fr
Le mythe Abdallah tombe, l'énigme Ben Dhia prend
encore du volume... par Abdel Wahab Hani, 8 novembre 2003 Le
Limogeage L'energumène et indébobinable AA vient de sauter. Il n'est
plus Ministre-Conseiller Porte-parole officiel de la Présidence de la
République. C'est le Ministre d'Etat Conseiller Spécial auprès du Président
de la République qui s'octroie le poste en sus de ses fonctions actuelles.
Le Général Zine El Abidine Ben Ali se sépare ainsi de l'un des ses principaux
fidèles en exercice depuis 16 ans après tant de services. AA, ou "Ettabou"
comme l'appellent certains de ses détracteurs de l'intérieur meme du
système, est Monsieur Information et Communication de son Président
de Général. Il confectionne la Com du Bunker de Carthage, supervise
quotidiennement, et en personne, le journal télévisé de la seule télévision
nationale, distribue les parts de pub et les fonds "d'aide" de la présidence
aux plumitifs, écrivassiers, faux et fausses journalistes, se charge
de "corriger" tel rédacteur en chef ou tel journaliste, organise les
grandes opérations du milieu journalistique, crée ses propres satellites,
antennes et informateurs au sein de l'opposition.
Qui est Abdelwaheb Abdallah Avec son poste de Porte-parole officiel
du Président de la République (et de son épouse), ce journaliste, professeur
de Communication à l'Institut de la Presse et des Sciences de l'Information
(IPSI) règnait sur un vrai Ministère de la Propagande diffus dans les
organes et structures de l'État. Et à l'image d'un Goebbels, il organise
les compagnes de désinformation et d'intox: C'est à lui qu'on doit la
négation de toute filiation entre le narco-trafiquant notoire Habib
(dit Moncef) Ben Ali et son frère de Président Général. C'est lui qui
gère aussi les basses manoeuvres de la bassesse de la dictature et orchestre
le dénigrement des opposants. C'est lui qui invente et orchetre via
une antenne parisienne, les torchons de "Al-Haqiqa" (La Pravda, traduction
littérale) et des "Masques". C'est lui qui orchestre depuis le Bunker
les accusations d'antisémitisme lancées depuis 1993-1994 contre les
opposants tunisiens exilés en France. C'est lui qui édifie jour après
jour la politique négationniste du gouvernement tunisien: Les victimes
n'exitent pas, pas de prisonniers politiques en Tunisie, pas de morts
sous la torture et pas de morts dans les prisons tout court *. C'est
lui qui orchestre les "sorties" de son Président de Général. Récemment,
il a passé une bonne semaine à Paris et il a tenu rencontrer les journalistes
français qui vont accompagner Chirac dans sa visite en Tunisie les 3
et 4 décembre prochain et qui vont couvrir le 1er Sommet Euro-méditerranéen,
dit 5+5, les 5 et 6 décembre. Il a sugéré "les sujets que le gouvernement
souhaite voir traités: le Terrorisme islamique et le Voile intégriste"
(sic) et a tenu à rencontrer les journalistes qui se préparent à couvrir
l'événement. Sa silhouette de voleur discret, de corpulence trapue,
a été aperçue devant le siège parisien d'un grand journal français.
Elle m'a été signalée par un tunisien anonyme au Carré juif du cimetière
de Monrtparnasse à l'enterrement du regretté Léon Schwartzenberg, puis
l'information a été confirmé par des amis journalistes français plus
tard. Pour comprendre les pleins pouvoirs et l'arrogance de ce Goebbels
des temps modernes tunisiens, il faut demander son sentiment à n'importe
quel journaliste tunisien, à n'imoprte quel rédacteur en chef ou à n'imoprte
quel directeur de journal ou ma magazine, national ou étranger, y compris
les plus fidèles du régime. Il est clair que ce jour du 8 Novembre 2003
va être célébré par tous les journalistes de la Tunisie, des bagnes
et de la diaspora. Il aura le même traitement : l'ingratitude Le Goebbels
tunisien aura le même traitement qu'il avait résérvé aux autres: l'igratitude.
Le communiqué laconique de la TAP ne mentionne même pas son nom, ni
aucune formule de politesse diplomatique à son égard. Elle sont comme
ça, les dictatures et les dictateurs ne changeront jamais de nature,
ils ont des traits identiques partout. N'est-ce pas le supra-ministre
tout puissant Himmler chassé par son Maître de Führer, qui erra avant
d'être capturé par les Anglais et se suicida avant le procès de Nuremberg.
Les serviteurs de la dictature de Ben Ali sont traités par le Dictateur
Ben Ali* comme des chiens. Jamais il ne seront taités avec mépris qu'avec
leur propre Maitre. L'opposition sera plus clémente avec eux et n'usera
jamais du registre de la haine maladive et de la vengence aveugle. Ceux
qui restent encore au service du Bunker doivent méditer la leçon Abdallah...
Le pourquoi de ce limogeage surprise Reste à comprendre le pourquoi
de ce limogeage. Tunis bouillonne déjà d'analyses, de versions et d'anecdotes.
Mais une chose est sûre, les pleins pouvoirs et l'envahissement de ce
type de personnage finissent toujours par encombrer et exacerber, même
ses propres serviteurs. Un erreur de gestion de la Propaganda, de l'Iimage,
de l'Info ou de la Com présidentielle ou un faux-pas politique, une
phrase malveillante ou un coup bas de règlement de compte mafieux? Il
y a l'histoire de sa bonne femme qui a "gagné" le poste de PDG de la
première banque tunisienne contrôlée par la BNP française, un tour de
passe-passe conférent un positionnment stratégique au couple Abdallah,
source elle aussi d'intrigues du Palais-Bunker de Carthage. Et puis
surtout les conflits entre Serviteurs du Dictateur sur fond de succession
avec une culture de superstition institué en Culture par, celle que
l'Audace de Tunisie nomme à juste titre, la Première Drame de la Tunisie.
Une chose est sûre aujourd'hui, la guerre des clans ne connait pas de
raison dans l'entourage du Dictateur et le maitre-mot des zélés semble
etre "que le meilleur reste". Et c'est le trop encombrant Abdelaziz
Ben Dhia qui gagnge le poste et se fait annexer les attributs de son
rival Abdallah en l'envoyant aux oubliettes. Ce même Abdallah avait
reçu un premier revers les deux premiers jours du semblant de Congrès
du RCD, cet été, mais il est revenu au troisième jour par on ne sait
quel miracle et réussit même à occuper une place au Comité Central du
"parti" (RCD) nommé par le Ben Ali en personne, juste après le lot des
vieux et celui des membres du Politburo, mais ce n'était que partie
remise... Qui est le Trop Voluminuex Ben Dhia, Ministre d'Etat, Ministre-Conseiller
Spécial, Ministre-Conseiller Porte-parole officiel de la Présidence
de la République ? (ça fait plus long que Ben Ali, Chef de l'Etat...)
Ben Dhia, cet "éminent juriste", formé et marié à Toulouse (cette ville
semble être le point commun d'un grand nombre du seviteurs du Dictateur,
pourquoi?), originaire de Moknine dans le Sahel tunisien, est fils d'un
grand Moonafhil Watani, une sorte de "compagnon de la libération" à
la tunsienne. Bourguiba le rapprochait pour rendre hommage à son père.
Feu Hédi Nouira le fit venir au gouvernement dans une manoeuvre visant
à opérer une ouverture sur le milieu intellectuel après la crispation
de la fin des années 60 et le fiasco de la collectivisation hâtive et
mal préparée. Une sorte de prof d'Université, la tête pleine de diplômes,
qui doit assumer la fonction d'intellectuel du gouvernement. Et depuis,
le Mokninien est indébobinable. Feu Nouira nous a quitté, son successeur
Mohamed M'zali vit un double exil, entra Paris et Tunis, son successeur
Rachid Sfar est parti dans les oubliettes, son successeur le Général
Zine El Abidine Bel Ali est prisonnier de sa peur, de sa folie et de
son Bunker, son successeur Hédi Baccouche s'occupe à manigancer ce que
son Général lui demande pour venger la mémoire du Vieil Homme parti
lui aussi aux côtés des Immortels, son successeur Hamed Karoui, continue
à figurer dans les shows du "parti", et le dernier successeur en date,
Mohamed Ghannouchi multiplie les "demandes" de congé au Mamelouk de
Carthage, mais en vain. Et Ben Dhia a survécu à tout ce beau monde.
Un record de longévité auquel feu Bourguiba donna une prémice d'explication:
"Trouvez-moi un autre Mokninien et je le ferai remplacer tout de suite"
s'écria le Vieil Homme à un de ses proches conseillers exacerbés dans
les années 80, déjà!, par l'encombrant Ministre. Les raisons d'une longévité
Mais la raison de cette longévité est à trouver ailleurs, Ben Dhia et
Ben Ali se connaissent depuis un certain temps et ont travaillé "ensemble"
longtemps, Le 1er était Ministre de l'Enseignement Supérieur, le Second
Directeur puis Secrétaire d'Etat à la Sûreté. Et les deux hommes se
voyaient quoitideinnement au Bureau du dernier dans le sinistre bâtiment
gris du Ministère de l'Intérieur. C'est un article de propaganda paru
dans Jeune/Afrique L'Intélligent qui dévoile le secret de cette "rencontre
historique", dans un numéro paru il y a un an si ma mémoire est bonne.
Et ils discutaient de quoi les deux hommes: des troubles à l'Université!!!
De cette rencontre est née la "militarisation de l'Université" décidée
dans le Projet Ben Dhia, le seul projet gouvernemental de l'époque,
et depuis d'ailleurs, qui porte le non de son Ministre! "Al Haqaiq Assitt
Wa Ijra'et Assab" (Les Six vérités et les Sept mesures, le Sept déjà!,
et je laisserai à mon ami Lecteur Assidu le soin d'apporter l'appellation
qu'à trouvé le mouvement étudiant à l'époque). Et depuis, le couple
Ben (Ali, Dhia) ne se s'est jamais séparé et résiste aux épreuves du
temps, de l'usure et du coeur, pour dire la force de la raison qui les
unit, celle de la militarisation du pouvoir et sa concentration entre
les mains d'un Seul, et seulement Un Seul. Un fond de rude guerre de
succession D'où, peut-être, le retour en grace des frères Chiboub, ennemis
jurés de la Première Drame, et les dernières péripéties de Abdallah,
ce dernier multiplie les signes d'allégeance et s'occupe de "la formation
universitaire" et des "discours" et "apparitions" de l'actuelle épouse
du Chef d'Etat en exercice. Celui-ci est habité par la maladie et la
peur de la fin, biologique et surtout politique. Et son épouse de Première
Drame a une tribu "à nourrir" et à placer dans la guerre de succession.
D'où un affaiblissement du pouvoir du Seul et une réduction de son poids
psychologique dans le Sérail. Hier même, elle s'est fait prendre en
photo au premier rang de l'assistance venue écouter "la célébration
du Changement de Ben Ali" par Ben Ali en personne, la Com de la Présidence
a fait de même lors des travaux du dernier Congrès du "parti". Pire,
elle usurpe depuis un certain temps le Drapeau solennel (Pour la république
(Pour la Patrie, Lil Watan), que seuls le Président de la Répu blique
et celui de la Chambre des Députés ont le droit d'accrocher dans leurs
Bureaux et lors de leurs déclarations officielles. Et elle se fait écrire
cet été, par le Ministre-Conseiller Abdallah, porte-parole de son mari,
l'édito d'un magazine féministe officiel, où elle martèle : "l'avenir
ne se fera pas sans la femme"! Comprendra qui voudra... Ali semble alors
se retourner vers Dhia pour consolider le couple Ben (Ali, Dhia) et
protéger son pouvoir du Seul contre Tous. Est-ce de l'hallucination,
l'émotion causée par la chutte de cet Immortel de la Propagande ou le
manque de sucre en ce moment de la journée de la mi-Ramadhan qui me
fait dire ça, peut-être, mais le roi est nu. Il n'a même plus le choix
vers qui se retourner. Après 16 ans de règne, il se retourne vers un
septuagénère qui a passé plus de trente ans au gouvernement, et parle
encore de Changement et de sang neuf pour la nation! Un Président affaibli
qui cherche à donner l'impression de contrôler le navire qui chavire
Le prisonnier de la maladie et du Bunker n'a plus la marge de manoeuvre
étroite, il n'arrive même pas à trouver un Ministre-Conseiller Porte-parole
officiel et charge encore son Conseillier spécial de cette lourde tâche,
en plus de ses fonctions de Seul Ministre d'Etat du gouvernement de
la République. Le pouvoir se concentre encore entre les mains de ce
vrai patron du gouvernement parrallèle opérant à l'ombre des institutions
de la République. Un malheureux député de "l'opposition participative"
m'avait confié il y a quelques mois que les "questions écrites des Députés
sont adressées à Abdelaziz (Ben Dhia) au Palais pour préparer les réponses
du Gouvernement (sic!!!)", alors que la tâche des Relations avec le
Parlement revient au Ministre Kachiche, Secrétaire général du gouvernment,
siégeant près le Premier Minsitre au Palais de la Kasbah et pas à Carthage.
Le danger Le pouvoir se concentre entre les mains de très peu de personnes
au Bunker de Carthage. Et cette configuration est la moins bonne pour
l'évolution future des choses dans le pays. Imaginons le Roi mort, l'entourage
peut cacher la nouvelle à la nation, en attendant de monter un scénario
bien ficelé policièrement, juridiquement, politiquement et vendable
au pays et à l'étranger. Et si ce scénario n'était pas déjà en marche...
Ben (Dhia, Ali) est un couple dangereux. Vigilance accrue... *(J'utilise
le terme négationniste en connaissance de cause, dans le sens de Bergson:
"La négation n'est qu'une attitude prise par l'esprit vis-à-vis d'une
affirmation éventuelle", et ne cherchant en rien à relativiser les crimes
nazi d'extermination du peuple juif durant la seconde guerre mondiale,
comme aiment à le suggérer certainEs de nos commentateurs. Je confirme
que j'accuse l'Ambassadeur Ben Salem, l'Ambassdeur Mansour, le Ministre-Conseiller
Abdallah, le Général Ammar, le Général Ben Ali et l'ensemble des Hauts
responsables de la dictature de Négationnisme à l'égard des souffrances
des prisonniers politiques en Tunisie, moi Abdel Wahab Hani, à l'annonce
officielle du débobinage officiel du Ministre Négationniste de la Propaganda,
en ce 8 Novembre 2003, 92e anniversaire des Emeutes de Jellaz des 7
et 8 novembre 1911) Et voici la dépeche laconique de la TAP: (source:
Nouvelles de Tunisie) M. Abdelaziz Ben Dhia porte-parole officiel de
la Présidence de la République 08/11/2003-- (TAP) -- Le Président Zine
El Abidine Ben Ali a reçu M. Abdelaziz Ben Dhia, ministre d'Etat Conseiller
spécial auprès du Président de la République, que le Chef de l'Etat
a chargé, outre ses responsabilités actuelles, des fonctions de porte-parole
officiel de la Présidence de la République. Mauritanie : “hold-up” électoral
Le principal chef de l'opposition mauritanienne a été arrêté dimanche
quelques heures après la proclamation de la victoire du président sortant
Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya à une élection présidentielle qualifiée
de "hold up" par ses rivaux. Mohamed Khouna Ould Haidalla, ancien dirigeant
militaire renversé par Taya en 1984, était le rival le plus sérieux
du chef de l'Etat lors du premier tour de scrutin. Il a été arrêté par
la police à son QG de campagne, a déclaré son conseiller juridique,
Diabira Maroufa. "On a un sentiment d'indignation. On est dans un Etat
policier qui terrorise les gens", a réagi Cheikh Ould Horma, directeur
adjoint de la campagne de Ould Haidalla. "On ne sait pas ce que le peuple
va faire. Je pense que le peuple ne va continuer à se laisser faire".
Soupçonné de préparer un coup d'Etat dans cette ancienne colonie française
qui n'a connu aucune transition par la voie des urnes depuis son indépendance
en 1960, Ould Haidalla avait déjà été brièvement détenu à la veille
du scrutin. Ould Taya a officiellement remporté deux tiers des voix
lors du scrutin de vendredi, loin devant Ould Haidalla, crédité de 18,7%
des suffrages. La campagne s'était déroulée dans un climat tendu et
les opposants se sont empressés de contester la validité des résultats
en annonçant leur intention de déposer un recours devant le Conseil
constitutionnel. Vendredi, Ould Haidalla était passé dans la clandestinité
avant de refaire surface le lendemain tout en déclarant s'attendre à
être de nouveau appréhendé. "Il a été arrêté. La police a cerné le bâtiment
et vers 06h00 locales (07h00 heure française) a pénétré de force et
l'a emmené", a précisé Diabira Maroufa. Des témoins rapportent qu'au
moins sept partisans de Ould Haidalla ont également été interpellés.
L'un des gardes du corps de Ould Haidalla a raconté que ce dernier était
en train de prier dans son bureau lorsque des policiers sont entrés.
"Ils l'ont laissé finir sa prière et ils l'ont pris". Selon les résultats
officiels du premier tour, Ahmed Ould Daddah, demi-frère du "père" de
la Mauritanie indépendante, est arrivé en troisième position avec 6,9%
des voix, devant Messaoud Boulkheir (5%), un candidat haratine (descendant
des esclaves noirs affranchis, arabisés et islamisés par les Maures
au pouvoir). Le taux de participation s'est élevé à 60,8% des inscrits.
guantanamo Le chef de la Croix-Rouge danoise dénonce le sacndale de
guantanamo Sortant de l’obligation de réserve qui est dans la tradition
de l’organisation fondée par Henri Dunant, le chef de la Croix-Rouge
danoise, Freddy Karup Pedersen, a dénoncé en termes très vifs le scandale
de guantanamo lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation.
Il a déclaré que c’était le devoir de l’organisation de “crier haut
et fort quand les règles de la guerre ne sont pas respectées” ou quand
les gouvernements ne respectent pas les droits humains stipulés par
les Conventions de Genève. Il a déploré “l’inaction” des responsables
et parlementaires danois devant cette situation et les a appelés à “prendre
leurs responsabilités”. Un détenu danois se trouve à guantanamo. Pedersen
a aussi déclaré : « Nous sommes inquiets quand nous entendons le Premier
ministre danois Anders Fogh Rasmussen dire que les USA respectent toutes
les conventions internationales, y compris la Convention de Genève,
à propos de guantanamo. [De telles remarques] risquent de constituer
un précédent et nous aurons du mal à convaincre d’autres États de respecter
les conventions internationales sur le traitement des prisonniers de
guerre lorsque des États démocratiques comme le Danemark et les USA
prétendent les respecter alors qu’en fait, ils les sapent. Ces prisonniers
sont détenus pour un temps indéterminé et ne sont pas présentés à un
juge ou un tribunal indépendant. Ce vide légal est inacceptable pour
nous. »
Abderrahmane Tlili à la retraite !
par Abdel Wahab Hani, 21 août 2003
C'est officiel, Abderrahmane Tlili part à la retraite. Depuis
ce matin, il n'est plus le super-puissant PDG de l'Office de l'Aviation
Civile et des Aéroports (OACE pour La Presse de Tunisie et OACA
pour Le Quotidien). Ce "départ" intervient deux semaines
après que le "PDG-opposant" eut été reçu
en grande pompe, au Palais présidentiel de Carthage, en ses qualités
de SG de l'Union Démocrate Unioniste (UDU), parti "d'opposition"
représenté au Palais du Bardo par Sept députés.
Il l'est aussi à l'échelle locale avec une dizaine
de conseillers municipaux sur les quelques 4000 sièges issus
des municipales de 2000.
Abderrahmane Tlili a été choisi, avec Mohamed Belhaj Amor,
patron du Parti de l'Unité Populaire (PUP), pour "affronter"
le "président sortant" aux présidentielles de
1999. Et contrairement à son collègue Belhaj Amor qui
est venu en grande pompe présenter sa candidature au Palais du
Bardo, siège de la Chambre des députés, Tlili est
venu tout seul accompagné de son chauffeur et de son fils arrivé
tout droit des États-Unis. La grogne montant dans son parti,
"le patron" cria sa colère aux journalistes et à
ses partisans, en arguant que c'était une simple comédie
et que son role était de "figurer". À la presse
il déclara que programme est celui de son adversaire, Ben Ali
et pas Belhaj Amor bien sûr.
Et malgré son rôle de figurine pour donner un aval "démocratique"
à ces "premières élections plurielles dans
l'histoire de la Tunisie moderne", ses supporters ont travaillé
dur et ont silloné le pays. Bases solides d'un parti disent certains,
âmes achetées disent d'autres. Mais il est vrai qu'il y
a de nomreux opposants authentiques dans ce parti qu'est l'UDU, qui
sont capables de donner une forte impulsion militante à la base.
Il est vrai aussi que le PDG le plus ambitieux et énigmatique
du pays a beaucoup d'argent et qu'il est capable de le "distribuer"
pour organiser une campagne électorale. Et l'argent il y en a.
Fait rare en politique, ce manager-commis de l'Etat a eu en charge plusieurs
sociétés étatiques. Ancien PDG de l'Office Nationale
des l'Huile, de la Société Italo-Tunisienne d'Expolitation
Pétrolière (SITEP), il a une fortune inéstimable
et ses détracterus, au sein de son propre parti, le considèrent
comme l'homme d'affaires tunisien qui le plus d'avoir à l'étranger.
Ses fonctions à la tête de plusieurs sociétés
présentes à l'export, et avec un grand flux avec l'étranger,
font de lui un destinataire potentiel de "commissions" légales
et occultes, en plus de la possibilité de gérer d'énormes
flux d'argent entre le pays et son enviromment. Le Dr Sahbi Amri et le
mensuel parisien L'Audace de Tunisie avaient consacré plusieurs
pages à la forutune de Tlili, on y voit même une copie
du registre foncier de la ville de Genève. Seule une commission
d'enquête indépendante peut éclairer le public et
faire la part de ce qui est le fruit de son travail acharné durant
des décennies et ce qui est le résultat d'opérations
occultes. Une chose est sûre, c'est que ce gafsien a pu tisser
un réseau très efficace à l'intérieur du
pays en "mettant" ses proches un peu partout.
Fils du célèbre militant nationaliste et syndicaliste
Ahmed Tlili, auteur de la fameuse lettre historique à Bourguiba
lui demandant d'ouvrir le parti et le pays à la démocratie,
Abderrahmane a profité de l'estime que porte la région
minière de Gafsa toute entière à son défunt
père. Héritage qu'il a dilapidé au fil des
ans, vu qu'il n'a rien du courage et de l'honnêteté
de son père. Il a été chargé par l'actuel
chef de l'État en personne pour "sutrcturer" le courant
"unioniste arabe". Il a multiplié les signes d'allégence
au pouvoir en place jusqu'à l'arrogance. Certains de ses "alliés"
du RCD vont même jusqu'à dire qu'il a travesti sa "fonction
d'ami" en soutenant trop le pouvoir en le privant de tout "regard
critique ami". Avec Mohamed Mouaada et d'autres figurines, il a
inventé cette conception de "l'opposition participative".
L'opposition tout court ne se remet pas des dérapages de cette
faction de "l'opposition participative". Mustapha Ben Jaafar,
SG du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés
(FDTL) estime (dans des termes qui se rapprochent), dans sa première
conférence de presse après l'obtention de l'agrément
légal pour son parti, que "cette opposition-là" a
trahi ses engagements, les aspirations du peuple et les attentes
de ses alliés qui sont au pouvoir. Même constat du SG du
mouvement Tajdid (Ex-PC) qui consacre l'édito, du dernier numéro
de son organe Attariq Al Jadid, à "cette opposition"!
Et malgré cette position embarassante, Abderrahmane Tlili a su
convaincre une partie de la base de l'UDU que ses relations privilégiées
avec le président (sic!!!), sont un gage de sécurité
pour le parti, permettant aux militants de hausser un peu la tête
et de critiquer l'adminisration et les ministres. Il s'est lui-même
pris à son propre jeu, en traînant les ministres de Ben
Ali sur les plateaux télévisés, au point de les
tourner en dérision. L'objectif étant de se faire une
certaine aura, mais surtout de faire croire à l'existence de
vrais débats, alors que tout est orchestré depuis le Bunker
par l'actuel président en personne et par son porte-parole officiel,
ministre de tous les coups bas.
Reste qu'une partie de l'UDU croit à Tlili qui a su gérer
son parti avec une main de fer en instrumentalisant les rares voix qui
se sont élevées pour réclamer la libération
des prisonniers politiques et l'urgence de la nécessaire ouverture
politique dans le pays.
L'énigme Tlili est-elle en train de tomber et le processus de
descente aux enfers enclenché? Rien n'est sûr, bien qu'il
perde un atout indispensable à son empire berlusconien. Celui
qui est donné successeur potentiel d'un président mourant
peut avoir d'autres cartes à jouer. Trois scénarios sont
envisageables: celui de la mort, celui de la ré-édition
et celui du virage.
Celui de la mort consiste à lancer la machine infernale des querelles
internes de l'UDU, avec un probable limogeage par une commission de
discipline. Les sujets ne manquent pas: la fortune colossale amassée
rapidement et sans grand apport initial, le suicide suspect de sa femme
et ses affaires de coeur dévoilées au grand jour, la gestion
autoritaires des différents internes. Dans ce scénario,
des éléments proches du Bunker de Carthage actionneraient
la gâchette, pour une "re-fondation" du parti, sans
rupture avec son rôle d'auxiliaire de la présidence de
la République. Les candiadats ne manquent pas. Celà nécessite
un préalable: que le Bunker décide que la carte Tlili
n'est plus valable. Mais ce scénario comporte un risque de voir
des personnalités comme le député Mohamed Mokhtar
Jallali se débarraser du poids et de l'ombre de Tlili et prendre
les rênes d'un parti qui peut basculer dans l'opposition radicale.
Une variante de ce scénario pourrait faire d'une pierre deux
coups. Amorcer la descente de Tlili et céer une scission pour
priver quiconque de se prévaloir de sa qualité de "membre
d'une instance dirigeante depuis au moins cinq ans, d'un parti reconnu,
représenté à la Chanbre des députés",
conditions dérogatoires prévues par l'Article 40 modifié
par la Chambre et promulgué par l'actuel président en
juin dernier. Nombreux au sein du système craignent que cette
disposition ne soit utilisée par l'opposition pour imposer un
candidat pouvant forcer la barrière de l'éligibilité.
J'y reviendrai à ce sujet plus tard dans une réflexion
à part.
-Celui de de la ré-édition consiste à préparer
les "présidentielles" de 2004 dans le même esprit
que celles de 1999. C'est à dire, deux ou plutôt plus de
candidats pour faire croire à une avancée, mais s'assurer
de la bonne volonté des "figurines". L'expérience
de Mohamed Belhaj Amor a nécéssité un ménage
qui a duré près de trois ans avant que le Bunker ne re-prenne
totalement le PUP. Et pour faire preuve d'une amélioration par
rapprot à 1999, le candidiat, choisi par le président
sortant pour le cautionner, doit avoir un peu de crédibilité.
Ce scénario prévoit que Tlili soit autorisé à
une certaine marge de manoeuvre, en sa qualité "d'opposant".
Du style communiqués communs sur la "libérations
des prisonniers" pour "l'image du pays". On peut même
s'attendre à des "soties" su style "les impératifs
de la transition démocratique", formule déjà
utilisée dans une interview accordée à Réalités
il y a une année et demi.
Mais Tlili, qui est une carte de l'actuel président, reste une
énigme pour certains cercles du pouvoir en place. Les familles
qui s'affrontent ont déjà leurs plans et tout va se jouer
au niveau des alliances qui vont se nouer entre le gouvernement parallèle
de Abdelazizi Ben Dhia, le porte-parole du président et de sa
femme, et les familles. Et ce scénario ne peut être envisageable
que dans le cadre de la maitrise totale par Ben Ali et son conseilleir,
le Ministre d'Etat Ben Dhia.
-Celui du virage consiste à une prise de consicence par Tlili
que ses alliances au sein du Bunker ne lui apporteront plus rien et
qu'il lui suffit d'amorcer un virage vers des positions plus indépendantes
vis-à-vis du pouvoir en place lui apporteront le soutien de son
propre fief à Gafsa et dans le sud, ainsiq que dans des couches
de la base syndicale. Ce scénario se mettra très probablement
en place si la maladie de Ben Ali s'aggrave encore et si les "grandes
puissances" qui suivent cette maladie choisissent un candidat "venu"
de l'opposition, mais qui fait partie du système. Tlili compte
de solides connaissances dans le monde arabe, en France, en Europe et
aux États-Unis d'Amérique. Ses longues années passées
aux affaires lui ont permis des ouvertures énormes avec le monde
de l'argent, indispensable à tout successeur potentiel de l'actuel
président, vu l'étendue des dégâts et l'incontournable
éveil de la société après le départ
du dictateur et le dévoilement de l'étendue des dégâts
causés par son règne. Ce scénario est celui du
point de non-retour. Tlili en-est-il capable? Certains de ses proches
estiment que oui, bien qu'il sera rattrapé par les affaires et
par des proches qui le haïssent. Déjà en France,
une affaire l'oppose à Khémais Toumi et des membres de
son parti se sont rendus à Genève pour enquêter
sur ses nombreux avoirs immobiliers. Mais ce Gafsien a la qualité
de pouvoir encaisser les coups les plus tordus. Lui qui avait été
exclu de France après les événements de mai 68,
n'en est-il pas aujourd'hui l'hôte privilégié!
Retraite ou re-naissance, l'avenir nous le dira. Une chose est sûre:
cet homme est une énigme, il faut le suivre de près...
À suivre...
En marge de la réunion
annuelle des gouverneurs :qui sont ces Wollat de Ben Ali?
par Abdel Wahab Hani, 9 juillet 2003
Il y a une semaine, la presse tunisienne annonçait la tenue de
la réunion annuelle des Wollat (pluriel de Wali: Gouverneur/Préfet).
Les Wollat sont des inconnus, à l'instar de tout le personnal
de l'Etat à l'exception du Dictateur, personne ou presque ne
connait leur identité, ni leurs parcours. Et à l'exception
de la presse du "parti" au pouvoir qui rend compte de leurs
activités au même titre que celles des responsables régionaux
du "parti", la presse, la société civile et
le commun des mortels ne peut deviner qui sont ces représentants
de la République. Pour y arriver, une recherche de deux
mois sur le serveur d'Al-Hurria (organe du RCD, parti au pouvoir) m'a
permis d'identifier ces personnages. Je les livre au public des médias
tunisiens d'information libre.
Mais qui sont-ils? D'où viennent-ils? Quel est leur profil? Des
questions sans réponse... Certains ont un long passage de spécialistes
de la désinformation en matière des Droits de l'Homme,
à l'instar de Youssef Néji, jeune Wali de la Manouba,
longtemps chef de la cellule des Droits de l'Homme du Ministère
de l'Intérieur, patron du Bureau des Analyses politiques au meme
bâtiment gris de l'avenue Bourguiba et membre du Haut Comité
des Droits de l'Homme du Dictateur. D'autres sont d'anciens membres
de la cellules du RCD pour les avocats tel un certain M'hiri. D'autres
encores sont les proches de tel ou de tel clan mafieux des sept familles...
Il est de notre devoir d'identifier leurs parcours et de leur adresser
un message ferme: Vous êtes les garants de l'ordre et de la légalité
républicaine et point les commis du Dictateur et de sa famille.
Vous êtes responsables de vos actes et agissements devant le peuple,
devant les instances de la République et devant la Justice.
Aucune considération de l'autorité due ne vous permet
de vous hisser au dessus des lois de la République.
Messieurs les Wollat, on a écrit vos noms, on vous regarde.
Prenez-y garde...
Liste artisanale construite à partir du suivi des informations
régionales:
Faïez Ayed: Wali de l'Ariana
Salem Jribi: Wali de Béja
Abdeljélil Zaddem: Wali de Ben Arous
Mohamed Habib Brahem: Wali de Bizerte
Kamel Ben Ali: Wali de Gabès
Mohamed Aouinti: Wali de Gafsa
Ali Ksiksi: Wali de Jendouba
Habib El Awwal: Wali de Kaïrouan
Mohamed Elid Kaddoussi: Wali de Kasserine
Mohamed Faouzi Ben Arab: Wali de Kébili
Mohamed Chebib Déli: Wali du Kef
Mohamed Lamine El-Abed: Wali de Mahdia
Youssef Néji: Wali de La Manouba
Jameleddine Bouslimi: Wali de Médenine
Brahim Briki: Wali de Nabeul
Khlifa Jbéniani: Wali de Séliana
Mohamed Tounsi: Wali de Sfax
Mohamed Ben Salem: Wali de Sidi Bouzid
Abderrahman Limam: Wali de Sousse
Fathi Bousoffara: Wali de Tataouine
Mahmoud M'hiri: Wali de Tunis, Chef du district du Grand Tunis
Mohamed Sghaïer Mâali: Wali de Tozeur
Mohamed Négra: Wali de Zaghouan
Jeu de chaises musicales
au ministère de l'Agriculture et de l'Environnement
par Abdel Wahab Hani, 10 juillet 2003
Dans un communiqué publié le mardi 8 juillet le Ministère
de l'Agriculture, de l'Environnement et des Ressources Hydrauliques
vient d'annoncer les nominations suivantes:
-Souilem Fehri: Président Directeur Général de
l'Office National de l'Huile (ONH)
Coordonnées: Adresse : 10, av. Mohamed V 1001 - Tunis
Téléphone : 71 339 093/334 165
Site web: http:// www.onh.com.tn
Email : info@onh.com.tn
-Abderrahman Qnoun (Knoun): Directeur Général de l'Agence
Nationale de Protection de l'Environnement (ANPE)
Coordonnées: Rue du Cameroun, 1002 Tunis, Téléphone
: (+216) 71 847 122
Site web: http://www.anpe.nat.tn
E-mail : anpe.boc@anpe.nat.tn
-Belkacem Henchi: Directeur Général du Centre International
des Tecnologies de l'Environnement en Tunis (CITET)
Coordonnées: Adresse : Boulevard de l'Environnement, 1080 Tunis
CEDEX
Téléphone : (216) 71 770.998
Site web: http://www.citet.nat.tn
E-mail : boc@citet.nat.tn
Et bien qu'il s'agisse de postes hautement sensibles et que changer
les hauts responsables à la tête des Services de l'Etat
n'ait rien d'anormal, ces nominations n'ont été annoncées
que dans un coin de page illisible de Al-Hurria, organe en arabe du
parti au pouvoir dans son édition de mercredi 9 juillet, mise
en ligne jeudi 10 juillet. Et ce, comme à l'accoutumée,
sans annoncer le parcours des nouveaux arrivés ni souffler mot
sur les anciens et leur destin.
Ces nominations, à l'Environnement, sont à mettre
en liaison avec le dernier remaniement partiel du gouvernement, qui
a fait sauter Habib Essid, l'ancien Secrétaire d'Etat chargé
de l'Environnement et a amené le nouveau Nadhir Hamada, ancien
PDG de la très polluante TRAPSA qui gère à elle
seule le port de la Skhira et s'occupe du transport des hydrocarbures
et des oléoducs reliant les puits d'El Bourma et de Tiaret à
l'extrême Sud et l'extrême Sud-Ouest du pays au port le
plus pollué de Tunisie.
Pendant ce temps, le discours officiel, les médias de la propaganda
et les têtes bien-pensantes martèlent la population par
un discours de "responsabilisation du citoyen", comme si "le
manque de civisme environnemental des Tunisiens" était
responsable à lui seul des catastrophes environnementales que
connait le pays. Alors que la protection de l'Environnement passe
par la re-fondation du système politique pour re-mettre le citoyen
au centre de la décision.
Un citoyen qui ne participe pas aux choix de la gestion de la Cité,
ne peut "appliquer les sages directives" concernant les poubelles
et les déchets ménagers. "La protection de l'Environnement
néccessite que le Citoyen soit le premier de la chaine de patrticipation
et non le dernier comme on fait chez nous, il faut renverser l'ordre
des choses pour que le citoyen puisse s'impliquer", comme l'a très
bien dit notre concitoyen Salem Essahli de l'Association de l'Education
Environnementale basée à Hammamet, lors d'un débat
télévisé qui a accompagné le départ
de l'ancien Serétaire d'Etat et l'arrivée du nouveau.
(On fera l'économie dans ce texte d'analyser cette logique de
fonctionnment de la télévision nationale qui laisse dire,
occasionnellement, des choses qui sortent de l'idéologie
officielle pour légitimer un remaniement ministériel ou
pour annoncer une décision présidentielle. Toujours est-il
que les associations indépendantes ne partagent pas du tout la
conception de la léthargie officielle, bien qu'elles se fassent
parfois instrumentaliser, mais il s'agit là d'un domaine assez
attaché au vécu et au quotidien et où l'association
ne se trouve pas, ne veut pas ou ne peut pas se trouver, dans une logique
de rupture avec l'autorité. Il est dommage que ce type d'action
citoyenne indépendante mais non dissidente ne trouve pas l'encouragement
nécessaire des politiques et le regard des chercheurs et scientifiques.)
Et malgré l'étau et la passivité des autorités
occupées à autre chose, les Tunisiennes et les Tunisiens
font un travail admirable au quotidien pour améliorer leur quotidien.
Et un mouvement associatif indépendant des autorités,
mais aussi de l'opposition, prend l'initiative jour après jour
et fédère les efforts dans les plages, les villes et les
villages pour une hygiène de la Cité. De tout cela l'Etat,
le gouvernement et son Serétaire d'Etat ne peuvent se vanter.
Il revient au premier responsable gouvernemental de la protection de
l'Environnement d'identifier les soruces et les responsables de la pollution,
qui sont essentiellement industrielles, de créeer le cadre juridique
de l'action et de piloter les programmes d'ation en accord avec les
acteurs de la société civile qui doivent participer à
l'élaboration du processus national dès sa genèse.
Les accords internatonaux de la Tunisie et surtout avec l'Union Européenne
exigent un certain respect de l'Environnement. Les Institutions internationales
ont financé énormément de projets dans ce sens,
mais l'argent n'est pas bien arrivé à destination et le
Ministère de l'Environnement fut relégué au statut
de Secrétariat d'Etat. Et le trop controversé ancien ministre
de l'Environnement et neveu de l'actuel président de la République
fut limogé et mis au chaud chez le Premier Ministre en personne.
Mahdi Malika "s'occupe" depuis du Développement durable,
avec un poste à la géométrie bizarroïde de
Ministre-Conseiller auprès du Premier Ministre (le seul d'ailleurs
dont la presse de la place fait état). Et ce, sans que son nom
n'apparaisse sur la liste officielle du gouvernement de la République.
En fait, c'est un autre membre du gouvernement parallèle du Bunker,
avec rang de Ministre-Conseiller, mais en mission au Palais du gouvernement
à la Kasbah. N'est-il pas Ministre-Conseiller (donc Ministre
Doublon) auprès du Premier Ministre, donc chargé de le
doubler sur le dossier du "développement durable" donc
du respect de l'Environnement, donc de l'Environnement. Et voila que
le Bunker dégage la responsabilité du neveu tout en contrôlant
sataniquement un Département qui ramène beaucoup
d'argent et qui a soulevé beaucoup de soupçons...
Quant au nouveau PDG de l'Office National de l'Huile, et bien que ce
secteur soit imoprtant pour les exportations donc pour la balance des
paiements, les recettes sont si faibles que l'on ne peut retenir l'amélioration
des compétences à l'internatiaonal. Dans une célèbre
étude publiée il ya quelques mois, Le Monde Diplomatique
nous faisait découvrir que la franchise tunisienne sur l'ensemble
du marché européen est équivalente au même
volume accepté sur le seul marché français il y
a un siècle, alors que la Tunisie était sous le régime
colonial du Protectorat! Pire encore, l'huile d'olive tunisienne
est vendue au prix international, très faible, puis revendue
sur les marchés européens sous étiquette italienne
au prix fort!!!
Qu'y a-t-il donc derrière l'arrivée d'un nouveau
PDG à la tête de ce secteur? On peut se demander si
sa nomination n'est pas à mettre en liaison avec les projections
de la récolte attendue à la prochaine saison. Les précipitations
record enregistrées en Tunisie cette année laissent penser
à une bonne "récupération" de la nappe
et à une bonne activité agricole générale
et surtout au niveau des oliviers qui peuplent le pays du Nord au Sud.
L'huile d'olive devient un enjeu des "groupes" de la grande
distibution, liés directement aux "aaylet" (les familles).
Et dans la pure logique indutrielle, le prix de revient est un facteur
important, mais lorsque la maffia double la logique, le "prix ami"
l'emporte et il devient indispensable d'avoir "des amis" partout
où "des amis" peuvent servir. C'est tout un fonctionnement
maffieux qui marche par clientélisme et qui brade les richesses
du pays, s'opposant au passage au bon fonctionnment de l'économie.
C'est peut-être à la limite de la paranoia, mais ce gouvernement
nous a habitués à ce que les nominations des
hauts responsables de l'Etat n'obéissent à aucune noble
considération de service public, de la personne adéquate
au bon endroit, du jugement en fonction de la compétence et de
la notion de l'intérêt général et suprême
de la nation. Les nominations obéissent à une logiqe de
maffia, de clans qui s'entre-déchirent pour avoir la plus grosse
part du gâteau ou pour priver le cousin-ennemi d'en goûter
ne serait-ce que les miettes.
En attendant, les partenaires internationaux de la Tunisie vont continuer
à cautionner, à verser encore des sous pour faire tourner
la machine afin que "le modèle" puisse encore
donner des allures de fonctionnement et des bribes de satisfécits
à ceux qui en ont encore besoin.
Ce texte n'a rien contre des hauts fonctionnaires de l'Etat, qui sont
peut-être et même très probablement ce que la Tunisie
compte de meilleur, mais le système est fait de nature à
ne favoriser que le clientélisme, l'affairisme, le jmenfoutisme,
bref le BenAlisme tout court.
Messieurs les nouveaux Hauts fonctionnaires, vous n'avez de compte à
rendre qu'à la République et à ce peuple qui vous
a enfanté. Prenez-y garde...
Abdelfattah Amor en Géorgie . Qui
sont les membres de l'Académie Internationale de Droit Constitutionnel?
par Abdel Wahab Hani, 3 juillet 2003
Abdelfattah Amor part en mission en Géorgie, dans le cadre de
ses activités de Rapporteur Spécial de la Commission des
Droits de l'Homme, sur la Liberté de Religion et de Croyance.
On découvre au passage que cet éminent juriste, proche
des cercles du pouvoir du Général ZEA Ben Ali, préside
le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies, depuis cette
année 2003. Abdelfattah Amor est le plus connu et le plus ancien
des Tunisiens, experts indépendants des Nations Unies.
Hatem Qotrane vient d'effectuer son entrée au Comité des
Droits de l'Enfant (CRC) et Abdessattar Grissa (ancien de la Banque
Mondiale) fait des émules au Comité des Droits Economiques,
Sociaux et Culturels.
Et bien que ce soit toujours un plaisir de croiser un Tunisien
dans une fonction qui honore la patrie, on ne peut que s'interroger
sur les modes de sélection de ses "experts" présentés
par leurs États respectifs et nommés par un vote de marchandage
entre États. Cette question de l'indépendance des experts
a poussé le Haut Commissaire aux Droits de l'Homme à demander,
récemment, aux États de respecter les critères
d'impartialité, de haute moralité et d'idépendance
en présentant leurs candidats. Sinon on peut se retrouver avec
Abdallah Kallal, Sadok Chaabane, Béchir Tekkari, Mondher Znaidi,
Hédi Jilani, Belhassan Trabelsi, Slim Chiboub ou Leila Trabelsi
épouse Ben Ali, dans des postes d'experts internationaux
en matière de respect des droits de l'homme, de contrôle
des activités de blanchiment ou de respect des droits
de la femme.
Mais qui est Abdelfattah Amor ? Éminent juriste, ancien conseiller
juridique du Premier ministre Mohamed M'zali. Avec Yadh Ben Achour,
Mohamed Charfi et Sadok Belaid, notre éminent Rapporteur fait
partie du cercle très restreint des juristes tunisiens vivants
les plus connus dans la planète.
A lire sa biographie officielle, on découvre qu'il préside
l'Académie Internationale de Droit Constitutionnel depuis 1996.
"Académie" basée à la Faculté
de Droit et des Sciences Politiques de Tunis (Campus Universitaire de
TunisI). Qu'y trouve-t-on?
Un certain Sadok Chaabane, numéro 13 du Poliburo, Sinistre Ministre
de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
plusieurs fois ministre du Général ZEA Ben Ali et surtout
son ministre de la Justice, dans la période la plus noire, où
la répression battait son plein et les tribunaux étaient
mis à contribution pour exterminer la germe de l'opposition.
Chaabane est l'écrivassier de la Dictature et le biographe officieux
du Dictateur. Il est l'auteur des âneries les plus ridicules et
les plus fascistes qui resteront dans les annales politiques tunisiennes,
ayant dit dans des termes qui se rapprochent (n'ayant pas la possibilité
de documenter ce texte, je cite les perles de Chaabane de mémoire) :
"La particularité du système politique du changement
du 7 novembre est que c'est l'État lui meme qui crée et
qui gère la société civile". En commentant
la condamnation des quatres geôliers du sportif Ali Mansouri,
amputé des deux jambes suite à une séance de torture,
Chaabane est plus cruel: "il ne s'agit absolument pas de torture,
mais de simple négligence, les agents ont serré un peu
plus et ont laissé l'accusé un peu trop longtemps dans
cette position"...
On trouve aussi Abdelaziz Ben Dhia, numéro 6 du politburo, Supra
Ministre de Rien, pour dire qu'il est ministre de Tout, Ministre d'Etat
Con-Seiller Principal du Président de la République, le
Général ZEA Ben Ali. Il trône sur une sorte de véritable
gouvernement parallèle, avec une armada de Con-seillers logés
dans une aile aménagée du Bunker, dont cinq ayant
le rang de Ministres: Yadh Ouedreni, Abdelwahab Abdallah, Abdelhamid
Slama, Rafik Belhaj Kacem, Abdallah Kallal (liste incomplète
constituée à partir des informations des journaux de la
propaganda: La Presse, Le Renouveau, Al Horria...).
Ben Dhia est un habitué des cabinets minsteriels de tout temps.
Feu Bourguiba disait de lui: "Trouver moi un Mokninien et je le
remplacerai tout de suite" (citation dans le livre de Mohamed M'zali:
Lettre à Bourguiba), une manière élégante
de dire que cette masse d'hypocrisie et d'incompétence que représente
Ben Dhia est nécessaire aux équilibres du "Parti
et de l'Etat", hier régionaux aujourd'hui mafieux. Moknine
est une ville du Sahel qui a son mot à dire et que le régime
craignait et Monsieur Ben Dhia père était un militant
de la cause nationale, campagnon de la Libération. Le Mokninien
avait un autre atout, il fut introduit par feu Hédi Nouira pour
intégrer les "intellectuels" dans le moule et les rouages
de l'Etat. Avant de se distinguer au milieu des années
80, Ministre de l'Enseignement Supérieur du gouvernement M'zali,
il arrive à pondre un projet portant son sinistre nom et ayant
pour surtitre: "Al haqaiaq assitt wal ijra'et assabaa" (Les
Six vérités et les Sept mesures), qu'un humouriste du
bulletin "Al-Nachra'a" de l'UGTE (Union Générale
Tunisienne des Etudiants) appelait très justement "haqaiq
bousetta wa ijra'et assabaa alhayya!" (qu'on peut traduire, approximativement,
par: les vérités de Bousetta -le type à six doigts-
et les mesures de Sept de Pique!).
Mais ce n'est qu'une quinzaine d'années après que Jeune
Afrique/L'Intelligent nous apporte l'explication de cette alliance entre
l'esprit "intello" des "six vérités"
et l'esprit militaro-flico-fasciste des "sept mesures". L'intello
du parti et le militaire du régime se voyaient quotidiennement
et s'enfermaient dans le Bureau du dernier dans "le batiment gris"
de l'avenue Bourguiba, abritant le Sinistre Ministère de l'Intérieur.
Ben Dhia et Ben Ali avaient des choses à se dire et des plans
à mettre en place pour extraire le germe dissident de l'Université
et des établisements scolaires. Une sorte de préalable
et d'exercice avant la mise en place du système militaro-policier
à plus grande échelle et son élargissement à
tout le pays.
Pourquoi Jeune Afrique/L'Intelligent revient-il en arrière ?
Parce que le Mokninien était en vue pour un éventuel poste
de Premier minsitre, ou pour la succession du Dictateur tout court,
avec la création d'un poste de Vice-Président, qui lui
irait tout droit et "de droit". N'est-ce pas lui qui a mobilisé
ses connaissances toulousaines, à la fac de droit et ailleurs,
pour "trouver" la solution de l'amendement de la Constitution,
permettant l'impunité à vie et la présidence éternelle
(Ma'a Ben Ali Ilaa Al Abad, "avec Ben Ali pour l'éternité",
disait un slogan conçu par le Mokninien, depuis le Bunker de
Carthage) ? Pour se préparer à la succession, le juriste
le plus diplomé des membres du Politburo (Andou Qoffa Ch'hayed)
multiplie les opérations de charme. Sa belle Toulousaine vient
de se faire annoncer sa conversion à la religion musulmane!,
il a égorgé un fartoul (veau) pour l'occasion!
C'est dire quelles éminences l'Académie Internationale
du Droit Constitutionnel a fécondé. Et c'est en Tunisie,
que l'une des escroqueries du droit constitutionnel fut élaborée
et organisée: faire croire à une évolution et opérer
une régression des plus dangereuses, en ce sens qu'elle exclut
toute chance d'alternance pacifique au pouvoir et qu'elle hypotèque
l'avenir du pays.
Le Professeur Abdelfattah Amor n'était-il pas au courant? Le
Doyen honoraire de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques
et Sociales n'at-il rien vu ? Le Président de l'Académie
Internationale du Droit Constitutionnel n'a-t-il rien compris des agissements
de ses collègues "de l'Académie" ?
Professeur, vous portez avec vous le drapeau de la nation. A vous de
choisir, portez l'héritage millénaire de cette terre de
juristes, depuis la nuit des temps ou portez les intérets de
la dictature. Jugurtha, Hannibal, Al Imam Sohnoun, Les Bayram, Ben Achour,
Ben Miled, Haddad, ou Ben Ali, Chaabane, Kallal, Trabelsi Ben Dhia...
Que votre mission en Géorgie soient réussie et vos
contacts fructueux. Mais sachez qu'on vous regarde, Monsieur Le Professeur
Amor.
Et voici le texte de l'annonce de la visite du Rapporteur spécial
en Géorgie, avec les coordonnées de son bureau à
Genève. Bonne lecture...
La Tunisie dans la série américaine
ALIAS. Quelle image?
27 juin 2003
La Tunisie de Ben Ali est reconnue par les majors de Hollywood comme
un "État voyou" qui abrite et facilite les activités
criminelles du "SD6", organisation mafieuse et criminelle,
combattue par la "CIA", dans la série ALIAS diffusée
sur la chaine de trélévision française M6.
Ce n'est pas une blague, les téléspectateurs ont pu reconnaitre,
ce Mercredi 25 juin 2003, facilement Gafsa et le Golfe de Gabès,
entre autres lieux tunisiens. S'il s'agit d'une opération de
promotion du tourisme tunisien, envers un public américain,
, trop attaché à la culture série de Télévision,
et par extension un public planétaire américanisé,
c'est loupé, ça donne l'image d'un "État voyou"
qui abrite une organisation mafieuse et qui se résume à
une place internationale des trafics et des trafiquants.
Les autorités tunisiennes n'ont pas réagi à la
diffusion planétaire de la série et les services du Ministre
de la Culture Abdelbaki Hermassi semblent ne pas être au courant
du "scandale". Ils sont en quête perpétuelle
de finances et d'une fausse image d'ouverture à tout prix. Les
services de la Propaganda n'ont pas jugé utile de commenter,
comme à l'accoutumée, cette "publicité calomnieuse
loin de la réalité et qui donne une image négative
de la Tunisie du changement, havre de paix et de prospérité,
grace au génie du 7 novembre et de son artisan réalisateur",
comme le veut la liturgie officielle.
Et ce n'est pas la première fois que la Tunisie apparaît
sous cet angle ripoux. Hollywood et ses dérivés cherchent
l'exotisme et l'étrangeté lorsqu'il s'agit de choses et
de faits étranges. L'industrie du cinéma ne connait pas
de frontière et les lieux et endroits gratuits ou presque sont
hautement prisés. La Tunisie offre son sol et tout ce qu'il offre
à tous types de réalisateurs et de producteurs.
Il y a quelques semaines, La Repubblica, le très sérieux
quotidien italien, relatait le démantelement d'un réseau
de pédophilie sur Internet avec des enregistrements effectués
en Tunisie et l'arrestation du financier du réseau ("Internet
e pedofilia, arresti e sequestri in tutta Italia", La Repubblica
du 6 mai 2003). Un prêtre chargé d'acheter les cadeaux
et d'offrir les facilités. Les deux bandes d'enregistrement vidéo
sont confisquées par la police italienne qui enquête sur
ce réseau international, qui sévit à Venezia, Veneto,
Piemonte, Trentino, Lazio, Toscana, Sardegna, Emilia Romagna, Calabria,
Puglia et à Genova en Italie, en Tunisie et en Thaïlande.
Les enfants victimes ont tous entre 10 et 14 ans. La justice italienne
enquête sur le réseau, mais rien n'a été
engagé par les autorités tunisiennes pour mettre à
jour les agissements de ce réseau de la cyber-criminalité,
bien que le passage suivant est édifiant: « La police retrouvé
des traces d'un voyage accompli par le prêtre en Tuinisie avec
un complice...»
Le cinéma et l'industrie cinématographique ne connaissent pas
de frontières. Mais la criminalité est une frontière
que l'art ne dépasse pas, sinon l'artiste tombe sur le coup de
la loi. La Tunisie qui offre un paysage tant prisé est confrontée
à cette obligation de veiller à ce que la production artistique
ne tombe pas dans le domaine du crime.
Le deuxième problème posé par cette universalité,
qui est inhérente à l'art, est lié à l'image
véhiculée de tel ou de tel groupe, religion, langue, ethnie,
région, pays ou individu. La critique, et surtout cinématographique,
est pleine de débats sur cet aspect d'image. En donnant l'autorisation
de tourner des images, l'autorité en place assume en fait une
certaine image. Et un pays comme les États-Unis d'Amérique
ou comme l'Italie, qui connaissent une imoprtante industrie de tournage
ne se posent peut-être pas de questions quant à l'image
véhiculée par tel ou tel support média, tout simplement
parce que leur production est tellement abondante que le message d'une
image devient parfois dérisoire. Mais surtout parce qe l'image
planétaire des USA ou de l'Italie est tellement plus présente
et plus forte qu'un tournage cinématographique ne peut affecter.
Le problème se pose pour un petit pays, ayant encore un
besoin de se faire connaître et donc d'exporter une image, en
focalisant sur un paysage, un animal, un vestige, un objet, une
boisson, des habits, une façon de parler, bref un élément
que la mémoire peut garder et appeler à tout moment.
L'image véhiculée par la série ALIAS n'est qu'un
révélateur de l'absence de toute réflexion chez
les autorités in-compétentes tunisiennes, que le Bunker
a réduit à l'état de végétation.
Que raconte la série ALIAS: des activités de l'organisation
mafieuse et criminelle "SD6" et des intrigues de l'agent de
renseignement Sydney qui découvre que son père, membre
influent de "SD6", entretient des liens étroits avec
l'Agence centrale américaine du renseignement "CIA",
une trahison qui distend encore plus des liens déjà très
fragiles entre le père et la fille, et tout ça entre le
Golfe de Gabès et Gafsa en TUNISIE...
Jennifer Garner vient de recevoir le Golden Globe de la meilleure actrice
de série dramatique pour son interprétation de Sydney
Bristow. Le réalisateur J.J. Abrams est un génie de l'action,
à la fois créateur, producteur, réalisateur, scénariste
et compositeur, nous dit M6 dans sa présentation de la série
(http://www.m6.fr). Bref tout ce que la propaganda
attribue à "l'Homme du changement", dépositaire
de tous les attributs. C'est sans doute pour celà qu'il a obtenu
l'agrément de tourner par le Bunker. A quand les images de J.J.
et de Jennifer Garner dans la peau de Sidney à Carthage, à
la recherche de son double agent de père et des membres
de "SD6"...
PS: Le magnat de l'image, Tarek Ben Ammar, se prépare à
re-lancer l'industrie de tournage en Tunisie. Ce commentaire ne
s'intéresse pas à l'activité Ben Ammar, ni à
la série signé Adams, mais focalise le regard sur la gestion
des autorisations de tournage, par le Bunker.
13/06/03 - 8 juin 2003 : 120ème anniversaire
de la Convention de La Marsa par Abdelwahab Hani
"Je veux partir avec un traité en poche établissant
le Protectorat, garntissant la dette et supprimant les capitulations.
Je voudrais le faire signer au Bey en lui remettant son sabre",
Cambon à D'Estournelles, le 11 juin 1882
C'est le 8 juin 1883 que la Tunisie fut mise sous la tutelle du
Protectorat français. Forme d'occupation inventée par
le génie diplomatique de la France coloniale, sous le cabinet
de Jules Ferry. C'était deux ans après le Traité
dit du Bardo (Kasr Essaid, 12 mai 1881), qui avait officialisé
l'occupation militaire française de la Régence de Tunisie
en stipulant que "Son Altesse le Bey de Tunis consent à
ce que l'Autorité militaire française fasse occuper les
points qu'elle jugera nécessaires pour assurer le rétablissement
de l'ordre et la sécurité des frontières et du
littoral...", en contrepartie de quoi "le Gouvernement de
la République française prend l'engagement de prêter
un constant appui à son Altesse le Bey de Tunis, contre tout
danger qui menacerait la personne ou la dynastie de Son Altesse ou qui
comprometterait la tranquilité de ses Etats". À la
Marsa, la "Convention spéciale" institua le Régime
du Protectorat après de nombreuses hésitations. La Convetion
porte les signatures de Ali Bey, Bey de Tunis et de Paul Cambon, Ministre
Résident, Plénipotentiaire du Président de la République
française.
Que trouve-t-on dans ce texte?
"Article Premier: Afin de faciliter au Gouvernement français
l'accomplissement de son Protectorat, Son Altesse le Bey de Tunis s'engage
à procéder aux réformes administratives et judiciaires
et financières que le Gouvernement français jugera utiles"
Tout est dit dans cet Artcile Premier. Mais les conditions de la signature
ont très peu été étudiées. L'historien
tunisien Mondher Sfar vient d'y consacrer un livre, au titre bien parlant:
LA CONQUETE DE LA TUNISIE. Il s'agit d'une réédition du
livre de Paul D'Estournelles De Constant, Prix Nobel de la Paix en 1909
et vrai concepteur et militant du statut du Protectorat. Ce grand "colonialiste-humaniste"
fut d'une grande utilité pour l'entreprise coloniale française.
Son récit est un des rares témoignages historiques de
première main sur l'époque de l'occupation et l'établissement
du Protectorat. D'un côté, un peuple et sa résistance
et de l'autre une cour inculte et corrompue, mais aussi le climat
d'une époque, où concevoir une forme plus insinueuse de
colonialisation est considéré comme une grande oeuvre
humaniste.
Et pour situer l'état d'esprit du colonisateur et du colonisé,
deux passages sont révélateurs du désastre tunisien.
19/04/03 - Le Ministre Chedhli Naffati au service
de l'épouse de l'actuel chef de l'Etat : par Abdel Wahab
Hani, 15 avril 2003
Le Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité, membre
du Politburo, troque son costume de membre du gouvernement, pour
le rôle ridicule de charitable agent de charité de
la femme de son président. Au menu: "Distribution
de 216 lunettes de vue et de 50 couvertures et draps, généreuse
donation de Madame Leïla Ben Ali, épouse du chef de l'Etat"*,
titrait ce matin le trop officiel et zélé "Le Renouveau",
organe du parti au/du pouvoir. C'était à l'occasion du
3ème anniversaire du lancement du Programme National d'Alphabétisation.
Le ministre s'est déplacé au Kram-Ouest (Proche Banlieue
Nord de Tunis), en compagnie de M. Salem Makki, concepteur et coordinateur
général du Programme.
Outre le fait révélateur que l'analphabétisme
sévit dans Tunis et dans sa plus proche banlieue, le ministre, de
l'épouse de l'actuel chef de l'Etat, semble ne pas s'occuper
du reste du pays. Il s'est livré au rituel des auto-satisfactions,
surpassant son président. Avec un cinéma de "chiffres",
il démontre que son programme accuse un taux de réussite
de 101%, "vu que les objectifs tablaient sur 270.000 et que le
résultat est de 273.000 apprenants". A l'entendre, on se
croirait débarrassé de l'analphabétisme à
jamais. Hélas, ce fléau sévit dans les villes et
les campagnes du pays. Menaçant de dilapider la principale richesse
de la Tunisie: Al-Madda Al-shakhma, la matière grise, que l'agent
de bienfaisance, de l'épouse de son président, insulte
en se comportant de la sorte.
Chedhli Naffati est un habitué des départements ministériels,
des Affaires sociales, à l'Intérieur, à la Solidarité,
au Secrétariat général du RCD, quasi ministère
d'embrigadement, d'endoctrinement et de quadrillage. Le gabésien
avait même tenté de créer "son" propre
courant au sein du "parti", en ramassant des intellos en mal
d'être, vu qu'il pensait être lui même une lumière
des lunmières. C'est lui qui a négocié la liste
des membres de "l'opposition légale" acceptés à
la députation. Et c'est lui même qui a patronné
les opérations de falsification massive des législatives
de 1989. Il a l'habitude des "chiffres" le faussaire.
Après la chute du dictateur, il nous dira qu'il était
le représentant de l'aile démocratique et modéré
du régime, et pour preuve: les élections de 1989! Mais
ne comptez pas sur moi pour gober encore vos mensonges, Monsieur le
ministre de l'épouse de votre président... Heureusement
le ridicule ne tue pas... Monsieur Naffati, vous faites honte aux Neffat
et à la fonction de Ministre. Taisez-vous donc...
*"A cette occasion, M. Chedli Naffati, ministre des A ff
a i r e s sociales et de la Solidarité, a effectué une
visite au centre d'enseignement pour adultes du Kram-Ouest. Une occasion
d'impulser l'action solidaire en faveur des personnes nécessiteuses,
puisque 216 lunettes de vue et 50 couvertures et draps, généreuse
donation de Mme Leïla Ben Ali, épouse du Chef de l'Etat,
leur ont été distribuées." Source: http://www.tunisieinfo.com/indexrenouveau.html
18/04/03 - "Limogeage du gouverneur de Sfax!"
ou "La gestion policière des problèmes sociétaux"
par Abdelwahab Hani, 15 avril 2003
Drôle de présentation des nouvelles. Les hauts fonctionnaires
n'ont plus droit à la formule rituelle "Untel à été
nommé en remplacement d'untel qui a été appelé
à d'autres fonctions". Le public n'a non plus le droit à
une explication sur la gestion des affaires publiques. La presse se
contente de répercuter les dépêches de la langue
de bois du Bunker. Ainsi décide la dictature.
Revenons aux faits. Ben Ali reçoit son ministre de l'Intérieur,
le Dr Hédi M'henni, ce lundi 14 avril, pour annoncer un "mouvement"
dans le corps des Wali (gouverneurs, préfets). Mohamed Tounsi
est muté à Sfax et quitte La Manouba, Youssef Néji
prend les destinées de cette dernière Wilaya. Mais qui
était à Sfax? Silence radio. Il faut remonter 3 semaines
plus tôt pour trouver que Ali Trabelsi est nommé Directeur
Général des Douanes Tunisiennes, en remplacement de Salah
El-Abed qui n'aurait fait que huit mois à la tête de cette
administration sensible.
Et c'est ce même Trabelsi, ancien de l'Intérieur qui occupait
alors les fonctions de Wali de Sfax. La deuxième grande ville
du pays, qui en est la capitale économique, est restée
pendant 21 jours sans gouverneur, sans que personne ne s'en émeuve.
Dans le même temps, le Commissaire principal de la police de la
Wilaya de Sfax, le dénommé Riadh Sakkouhi, était
limogé, sans que l'heureux remplaçant ne soit annoncé
jusq'à ce jour. Ali Trabelsi et Riadh Sakkouhi faisaient équipe.
Le premier est promus, le deuxième disparaît dans la nature
du Ministère de l'Intérieur.
Mais qui sont donc ces serviteurs de la dictature. Riadh Saccouhi fait
l'objet d'une plainte pour "coups et blessures", agressions",
"abus d'autorité"... pour son rôle dans
la répression des manifestations syndicales de Sfax à
la veille de la guerre Blairo-Bushiste en Irak.
Ali Trabelsi a été muté du Grand Tunis pour être
bombardé à Sfax l'été dernier pour y ramener
l'ordre. Mais quel ordre? Sfax est un bastion de l'industrie tunisienne,
du syndicat ouvrier aussi. C'est une grande ville qui abrite la deuxième
grande Université du pays. Sa situation géographique de
capitale du Sud et son rayonnement tant économique que culturel
font qu'elle attire du monde. Ce "monde" des compagnes asphixiées
par de longues années de sécheresse, ce monde qui vient
chercher du travail après que l'Etat ait abondonné les
villages, ce monde de l'exode que la dictature n'aime pas du tout. Parceque
tout simplement elle n'y a ni les réponses ni les solutions.
Un proche de la famille régnante, du nom de Slim Affés,
patron de la marque de couscous "Couscsi diari", s'est fait
braquer en compagnie de sa douce compagne, dans les rues de Sfax. L'actuel
chef de l'Etat s'est ému de cette récrudescence de la
petite criminalité, et dépêchait alors sur les "lieux
du crime" un proche collaborateur et ami, en la personne de Ali
Trabelsi, avec les pleins pouvoir d'un gouverneur hors norme.
Les non-Sfaxiens avaient souffert de ses méthodes de facho. Rafles,
contrôle d'identité, avec questionnaires pour les extra-sfaxiens,
ceux qui n'ont pas de domiciliation dans la ville de Sfax, ces "étrangers"
dans leur propre pays, en majorité étudiants, visiteurs
de leurs proches, chômeurs, jeunes et moins jeunes. Les services
de police du commissaire Sakkouhi, de qui dépendait la délivrance
des cartes nationales d'identité, faisaient le reste du travail.
Rendre la domiciliation à Sfax presqu'impossible. Les heureux
candidats qui finissaient par y obtenir la domiciliation organisèrent
des fêtes dans les cafés de la ville.
Au moment des manifestations de Sfax de février dernier, les
deux hommes de leur patron de président agissaient de concert.
Le Wali interdit de manifester, le commissaire principal de police charge
les manifestants, puis le Wali dépêche sur les lieux une
ambulance avec un grand et moche bandeau "Offert par Son Excellence
Zine El Abidine Ben Ali Président de la République Tunisienne".
Le ton de la dictature est donné. Mais Sfax ne plie pas, elle
donne le signal aux autres villes du pays. Gafsa sera la première
à suivre, histoire minière aidant, puis le reste du pays
s'enflamma. Le Bunker dû commanditer des manifestations officielles
sur invitation, puis accepta sous la pression de la rue les manifestations
indépendantes de l'opposition, de la société civile
et du syndicat. Un ban des méthodes de la dictature est mis hors
de nuire... Sakkouhi en fait les frais...
Mais Ali Trabelsi peut encore servir. Dans la guerre de succession d'un
puissant président mourant, les Douanes sont à "sécuriser"
par un proche de la "coalition de la famille et ses ramifications
maffieuses". Le "président" veut croire à
"son projet d'avenir" et donner les signes d'un capitaine
qui reprend les choses en main. Il a fallu le cinéma d'une "visite
présidentielle" au port international commercial de Radès
pour que le "copain" soit bombardé au poste sensible.
Qu'en est-il de Salah El Abed? Il peut encore servir. Il prend la direction
de la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale,
la Sécurité Sociale tunisienne, poste moins sensible dans
la guerre de succession.
Une guerre qui se fait sur un fond de gestion policière et mafieuse
des problèmes du pays. Le jour où ça va expolser,
ces hauts fonctionnaires de la dictature auront du mal à nous
expliquer qu'il ne savaient pas...Tunisie : expulsés du Luxembourg,
emprisonnés à Tunis
Taoufik Salimi alias Mohamed Kalifi, originaire de Sidi Bouzid, et
sa famille (sa femme bosniaque Nadia Fazilic et leurs trois filles Amina,
Imen et Khadija ) ont été expulsé du Luxembourg
jeudi 3 avril 2003 suite au refus des autorités du Luxembourg
de lui octroyer le statut de réfugié politique. Selon
les informations recueillies par la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme,
M. Salimi a été arrêté par les services
de la police à Tunis dès son arrivé, sa femme et
ses trois enfants seraient retenus et hébergés dans un
hôtel de la capitale. Selon son avocat l´expulsion aurait
un rapport avec son ancienne appartenance au parti Ennahdha. La LTDH
a envoyé une lettre au ministre de l´Intérieur concernant
le cas de M. Salimi et sa famille mais elle n´a reçu aucune
réponse à ce jour.Tunisie : "Non à l'impunité
des auteurs d'incestes"
C'est par cette interpellation que la Commission de lutte contre les
violences à l'égard des femmes de l'Association
Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) présidée
par Mme Azza Ghanmi a tenu le 11 avril 2003 une conférence de
presse sur les enfants victimes d'inceste pour tenter de protéger
ceux-ci en attendant de mettre fin à un fléau dont cette
association féministe indépendante a eu à connaître
à travers les affaires dont elle a été saisie par
les mères de petites filles (elles ont entre 6 et 12 ans) dont
l'une va voir son affaire arriver devant la justice dans les prochains
jours. La campagne que mène l'ATFD vise à lever un tabou
dont la chape de plomb pèse sur la société tunisienne
afin d'arriver à ce que les droits fondamentaux de l'enfant soient
respectés quelque soit la situation.Tunisie : suivi de la situation
des Tunisiens en Iraq
La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l´Homme
informe les familles des citoyens tunisiens résidents en Irak
ou partis en tant que volontaires contre l´agression américaine
qu´elle mène une série d´actions pour suivre
la situation de ces citoyens et pour intervenir en leur faveur. Sachant
que la Ligue s´occupe actuellement des cas qui lui sont parvenus,
les citoyens et les familles concernés peuvent prendre contact
avec la LTDH.
21, Rue Baudelaire - El Omrane - Tunis € Tél : 00 216 71
894 145 . Fax : 00 216 71 892 866 € Courriel : ltdh.tunisie@laposte.net
€ ltdh.tunisie@caramail.com
15/04/03 - Les limites d'un "modèle"
que Bruxelles voulait exporter
Un commentaire de Abdel Wahab Hani
Bien qu'elle mette l'accent sur les limites du "modèle"
tunisien, la correspondante du Matin d'Alger oublie d'opérer
une critique des chiffres. Une simple présentation en miroir,
dans l'autre sens, rend compte du danger qu'encourt l'économie
tunisienne: les PME/PMI purement tunisiennes sont passées de
82% à 67%, soit une reculade de 15%. On n'est pas loin des prévisions
de la Commission de Bruxelles, qui prévoyait, déjà
en 1996, la disparition du tiers du tissu économique local, fait
dans sa grande majrité par des PME/PMI! Quelles conclusions tirer...
L'entrepreneur tunisien ne veut ou ne peut plus investir et laisse une
partie du marché faute de pouvoir résister. Ceux qui se
maintiennent se protègent de la mafia des familles présidentielles
en s'associant aux étrangers, beaucoup plus à l'abri des
agissements de la pègre. La majorité des partenariats
entrent dans le cadre de la sous-traitance, ce qui fait que les exportations
ne profitent pas à l'entreprise tunisienne ni à l'économie
nationale dans son ensemble.
Mais revenons au "chiffre" et bien que le "Chiffre"
représente un enjeu énorme dans le débat public,
les autorités le manipulent comme elles veulent et nient aux
économistes indépendants et à l'ensemble du public,
la possibilité d'axaminer la réalité économique
du pays. Les autorités tunisiennes restent muettes et trop allusives
quant à l'examen des perspectives économiques réelles
et réalistes.
Jusqu'à ce week-end, et dans un climat stalinien, devant la réunion
de la 9e session du Comité Central du RCD (Parti au/du pouvoir),
Ben Ali et ses ministres ne font que proclamer le rituel des auto-satisfactions
monotones. Et même le poulain du "parti", Mohamed Hédi
Jouini, ministre du Développement et de la Coopération
Internationale, reste trop débutatif et vague, malgré
le trop-plein de son cinéma d'exposés High Tech, destiné
à impressionner et non à comprendre, à expliquer
ou à convaincre.
La presse, quant à elle, reste timide et ne fait que relayer
la léthargie officielle. Ceux qui s'aventurent sont rappelés
à l'ordre par le Saint office du Bunker, en la personne du ministre
porte-parole officiel de la présidence, Abdelawahab Abdallah.
Ce dernier a intimé l'ordre "présidentiel" à
Moncef Ben M'rad, directeur de "Akhbar Al-Joumhouriyya" (Les
nouvelles de la République) de ne plus s'intéresser à
l'économie. Le journal avait publié un reportage édifiant:
"Les causes du rétrécissement et du ralentissement
de l'activité économique en Tunisie". La propaganda
veut toujours un modèle de stabilité, de prospérité,
bref un paradis sur terre, sans problèmes, ni difficultés,
ni possibles choix erronés.
Quant à la Commission de Bruxelles, elle est prise à son
propre piège: faire de la Tunisie un modèle à tout
prix. Le régime en place se vante d'être le premier de
la rive sud de la Méditerranée à avoir signé,
seul et sans ses voisins et "associés" de l'UMA (Union
du Maghreb Arabe), un accord d'Association avec l'Europe en 1996, mais
il est vrai aussi que c'était presque sans négociateurs,
ni négociation, ni débat. L'idée de modèle
paralysait les esprits des deux cotés. Et les Tunisiens n'ont
pu ni exprimer leurs opinions ni fixer leurs conditions, comme dans
tout partenariat.
Mais de quoi s'agit-il? Comme dans tout modèle, on simplifie
au maximum, en éliminant les paramètres qui risquent de
perturber la clareté intellectuelle et de déranger la
vue d'esprit. Résumons donc:
-Primo: Le libéralisme peut être saucissonné: l'Economie
d'abord, puis on verra le reste, le liberalisme politique suivra par
un effet de réactions en cascade. Le développement économique
imposera un développement social et politique. Et puis la Démocratie
ne peut pas être la même pour tous. A chacun son modèle
de gouvernement, le marché pour tous.
-Secundo: La stabilité est indispensable. Il faut l'avoir à
tout prix et le plus vite possible. Le régime en place fait l'affaire,
il faut lui apporter le soutien nécessaire et plus que nécessaire.
-Tertio: Ouvrir le pays au marché. Le capital étranger,
largement puissant injectera de l'argent et imposera un nivellement
par le haut.
-Quarto: Un niveau acceptable de corruption est toléré.
De nouveau, le capital étranger assumera la tâche du nivellement
par le haut des habitudes et des moeurs du marché local
Mais rien n'y fait. La corruption prend des proportions galopantes et
inquiétantes. "Hormis le fait que l'aide est dérisoire,
l'omnipotence des familles et surtout celle du président Ben
Ali pèse lourd sur l'économie tunisienne" s'alarmait
il y a quelques mois l'économiste français Jean-Claude
Riffiers, directeur de l'Institut de la Méditerranée,
sur les ondes de France Culture, dans l'émission hebdomadaire
"L'Economie en questions". La répression ne se relâche
pas et la torture est pratiquée à une large échelle,
avec une impunité inquiétante pour les tortionnaires,
exécutants et donneurs d'ordre. Mieux, le Prési-Monarque
en place se taille une Constitution sur mesure lui garantissant la présidence
éternelle et l'immunité à vie. Le pays se vide
de sa jeunesse, de son élite, de ses intellectuels, de ses entrepreneurs
et de ses capitaux.
Le régime continue à profiter du renflouement de ses caisses
par les fonds européens, mais jusqu'à quand? Les opérations
de sauvetage publiques et clandestines ne peuvent remettre en marche
ce que la dictature a cassé, avec son lot de répression,
d'incompétence, de mauvaise gestion et de corruption.
L'Europe a traité jusqu'ici avec légéreté
des aspirations démocratiques du peuple tunisien. Les courageuses
voix qui se sont élevées au Parlement européen
n'ont eu que des effets déclaratoires trop timides de la part
de la Commission.
Mais au-delà du non respect par le pouvoir en place en Tunisie
de la clause relative aux Droits de l'Homme, le malaise de cet accord
réside dans cette dangereuse conception même de modèle,
et qui de surcroît est basée sur une démarche qui
ne voulait pas d'intégration maghrébine, pourtant élément
clef de tout partenariat entre les deux rives de la Méditerranée.
C'est aussi le désintérêt que les politiques européennes
portent au Sud par rapport à l'Est. "183 dollars par an
par tête d'habitant d'aide pour l'Est, 0,5 dollar pour le Sud",
pour les programmes d'ajustement structurel de 1992 à 1998. Une
sorte de deux poids deux mesures, dénoncé par le journaliste
et écrivain Jean-Pierre Séréni ( dans un article
inntitulé: "Le sud de la Méditerranée oublié",
in: Le Monde Diplomatque, N° 588, mois de mars 2003, page 6).
"Deux poids, deux mesures. L'agriculture illustre bien cette inégalité
de traitement. Dans les négociations sur l'élargissement,
le débat a porté sur l'accès des Dix à la
politique agricole commune (PAC) et à ses prix garantis, en général
très supérieurs à ceux du marché international.
Leurs paysans en bénéficieront en principe. En revanche,
pour les pays du Sud signataires d'un accord de libre-échange,
il n'était pas question de bénéficier des largesses
de la PAC, mais de limiter au plus juste l'entrée de leurs produits
agricoles les plus compétitifs sur le marché européen."
"Un exemple: l'huile d'olive tunisienne. Principale production
agroalimentaire du pays, elle a été admise en franchise
de droits de douane pour 40 000 tonnes; le même montant était
déjà autorisé sur le seul marché français
il y a près d'un siècle, quand la Régence était
un protectorat. Au-dela de ce contingent, récemment augmenté
de 35%, l'huile tunisienne est payée au prix mondial, très
inférieur, et revendue sous étiquette italienne aux consommateurs
européens. Au prix fort..." . "Veut-on vraiment qu'au
rideau de fer de l'Est succède, vingt ans après, le fossé
de la Méditerranée?" s'exclamait, il y a un mois,
l'auteur du "Suicide de Bercy".
Conscient de ce risque et des limites des "Accords d'association",
Romano Prodi, le Président de la Commission de Bruxelles a plaidé,
la semaine dernière à Tunis, pour un nouveau statut bâtard,
entre association et adhésion. Va comprendre...
Après l'occupation américaine de l'Irak, le soutien inattendu
des anciens pays de l'Est à l'administration Bush et les nouvelles
visées américaines sur les pays du Maghreb avec le projet
Easinstat, l'Europe est confrontée à la nécessité
de reviser ses copies. La France, l'Espagne et l'Italie, mais aussi
l'Allemagne sont appelées à revoir leur politiques vis-à-vis
des pays du Maghreb en général et du "pays proche"
qui y faisait figure de modèle dans la bouche des politiques
européens.
L'Europe, et la France, ne peuvent plus ignorer que le respect effectif
des droits de l'homme va de pair avec le développment et la stabilité
durables dans la région. Un Maghreb Arabe Uni et Démocratique
en est une condition et non une menace.
Une des premières priorités après le rétablissement
du droit et de la souveraineté, serait, pour le premier gouvernement
démocratique qui succédera à la dictature en Tunisie,
la re-négociation de cet accord, sur une base plus équilibrée
et équitable. Le respect mutuel et le désir commun de
ne pas faire passer les intérets d'une partie au détriment
de l'autre. L'intérêt national n'aura aucun sens s'il n'est
pas porté par la voix du Grand Maghreb. Les négociateurs
des deux parties, l'Europe et le Maghreb, devront définir, ensemble,
l'intérêt régional commun autour de la Méditerranée,
pour en faire un havre de paix, de dialogue et de prospérité.
Pour que le développement et la stabilité soient vraiment
durables et qu'ils profitent vraiment à tous.
07/02/03 - les 18 "mousquetaires"
de l'AISPP : AW Hani nous présente une nouvelle venue
dans le monde associatif tunisien: l'Association internationale de soutien
aux prisonniers politiques.
L'AISPP continue d'étonner par son militantisme et son sérieux,
mais aussi par son professionnalisme. Dernier né du mouvement
associatif indépendant tunisien, l'AISPP a réalisé
d'énormes avancées en l'espace de quelques semaines. Deux
campagnes d'opinion, l'une sur l'isolement total dans les prisons tunisiennes
et l'autre sur l'ensemble des prisonniers politiques et un suivi quasi-quotidien
des procès politiques et de la situation de détenus, et
ce dans des conditions de travail très difficiles, allant parfois
jusqu'au kidnapping du juge Yahyaoui, de Mes Akrémi, Ben Amor
et Dilou et le bouclage des cabinets du Président Nouri et de
la Secrétaire Générale Akrémi. Et lorsque
les militantes et les militants de l'AISPP parlent, c'est avec des listes,
des noms et des dossiers réalisés selon des normes et
des critères d'une stricte exigence professionnelle.
Dresser des listes, donner un chiffre, donner des noms permet d'humaniser
le combat, de mettre un nom, une famille derrière chaque calvaire.
Cela permet aussi de redonner la parole aux victimes et de redonner
vie à cette parole. Et ce n'est pas un hasard si plus de la moitié
des membres fondateurs de l'AISPP sont d'anciens détenus. Cette
composition facilite le travail avec les victimes elles-mêmes.
Elle permet au mouvement de défense des droits de la personne
dans son ensemble de gagner et en crédibilité et en profondeur,
mais aussi en militants, denrée rare par les temps dictatoriaux.
L'autre aspect novateur est cette rencontre des générations.
Entre le septuagénaire Me Mohamed Nouri et le trentenaire Me
Samir Ben Amor, le courant passe, comme si l'artefact générationnel
n'avait aucune valeur, sauf celle de l'enrichissement et du respect
mutuel. Entre le juge Mokhtar Yahyaoui et Me Saïda Akrémi,
rien ne semblait faciliter le contact entre le cri de l'avocate des
anonymes et des humiliés et le haut magistrat à l'esprit
légaliste, mais le courant passe, mieux la synthèse produit
un discours et une action exemplaires. Universitaire, taxi-driver, syndicalistes,
avocats, juge, enseignant du secondaire, instituteur, retraité,
rien ne semble plus important pour ces militants que la qualité
de citoyen, celle-là même que la dictature veut détruire.
Et c'est cette démarche civique et citoyenne qui anime nos 18
"mousquetaires" tunisiens qui se battent et arpentent les
tribunaux et les prisons du pays pour défendre le millier de
détenus politiques humiliés dans les jardins secrets de
Z E A Ben Ali.
Mais il est aussi un autre aspect qui semble être spécifique
aux luttes tunisiennes: la présence féminine. Et bien
que leurs nombres n'atteigne pas la parité tant rêvée
et souhaitée, nos sþurs dans le combat brillent par leurs qualités,
tant militantes qu'humaines, et occupent de ce fait les premiers rangs.
Me Saïda Akrémi, SG de l'AISPP, confirme ainsi une règle
inaugurée par Sihem Ben Sédrine, Oum Ziad, Souheyr Belhassen,
Radhia Nasraoui, Khadija Chérif, Hasna Hamzaoui, Souad Abderrahim,
Jamila Chemlali, Safoua Aissa, Aïcha Dhaouadi, Najoua Khorchani,
Bouchra Belhadj-Hmida, Noura Borsali, Radhia Aouididi, Héla Abdeljaoued,
Fatma Daadaa et tant d'autres concitoyennes dont l'histoire dévoilera
un jour le rôle ô combien méritoire dans notre bataille
pour la liberté et la dignité.
Ce travail magnifique de l'AISPP permet au mouvement de défense
des droits de la personne et au mouvement démocratique dans son
ensemble de pallier ainsi une carence majeure qui était le manque
criant en informations personnalisées, circonstanciées
et précises sur l'ensemble des prisonniers d'opinion. C'est un
PLUS incontestable que d'avoir une association qui se spécialise
sur une question particulière, et qui devient de surcroît
trop importante en Tunisie. Le travail, sans égale mesure, accompli
par les comités ad hoc et les associations généralistes
(CNLT, LTDH, ...) se trouve ainsi complété, enrichi et
approfondi. Une sorte de partage de tâches semble s'opérer
entre la toute nouvelle association spécialisée et ses
aïeules généralistes. La guerre et les conflits de
chapelle tant attendus et souhaités par le régime n'a
pas eu lieu. Mieux, la société civile tunisienne semble
établir ses codes de bonne conduite et une forme de coopetition
(compétition dans la coopération, terme qui qualifie les
relations entre les firmes les plus performantes de la planète,
celles de la Silicone Valley) se met en place dans le cadre que Sihem
Ben Sédrine appelle l'inter-associatif, au sein d'un mouvement
qui arrive à fédérer les Tunisiennes et les Tunisiens,
toute génération, région, dialecte et tendance
confondus, tout simplement parce que l'injustice ne fait pas de distinction
de couleur et que la réponse à l'injustice ne doit pas
non plus faire cette distinction. Les droits de l'homme sont ainsi indivisibles
dans leur acception la plus large, au sein du mouvement démocratique
tunisien, malgré la persistance de certaines conceptions extrêmes,
karakouzardes et bouffonnes qui ne profitent qu'à la dictature.
Le site de l'AISPP, complet en arabe, nous laisse un peu sur notre faim
dans sa partie française, alors que le soutien actif des opinions
publiques est à chercher partout dans le monde. Un communiqué
en arabe fait "bouger" nos concitoyens et nos frères
dans les malheurs du monde arabe, mais nous prive, s'il n'est pas traduit,
de millions d'hommes et de femmes libres et sensibles aux injustices
de par le monde. L'exemple du CNLT est à méditer: opter
pour le bilinguisme n'enlève rien à notre attachement
à notre belle langue arabe, mieux cela nous permet de nous adresser
à des franges entières de la population mondiale qui n'attendent
que notre parole pour venir apporter leur indispensable soutien. Et
c'est là, peut être, une dimension de l'internationale
de l'AISPP, tant contestée par certains.
Toujours est-il que le travail est méritoire et que maintenant
que le plus gros est fait, c'est à chacun de nous, à l'intérieur
du pays ou dans la diaspora, de retrousser les manches et de mettre
la main à la pâte. D'enrichir et de mieux utiliser cette
énorme base de données qu'est la liste de l'ensemble des
prisonniers politiques. L'objectif étant la libération
inconditionnelle et sans délai de l'ensemble des prisonniers
politiques et d'opinion, leur rétablissement dans leurs droits,
leur réhabilitation et leur intégration dans la cité.
Wa fi dhalika fal yatanafas al moutanafisoun, "et c'est dans cet
esprit que la compétition doit se faire", dit le Saint Coran.
A votre esprit, à vos idées et à vos bras de militantes
et de militants.
Abdel Wahab Hani, 4 février 2003
Site de l'AISPP : http://www.aispp.org
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