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Européens, encore un effort pour devenir indépendants !

Kabardino-Balkarie

Appel des survivants et des parents des victimes de Beslan


Au Président des Etats-Unis
Au Congrès des Etats-Unis
Aux Présidents de Etats membres de l'Union européenne
Au Parlement européen
Aux rédactions de l'ensemble des compagnies de télévision, des agences
d'information, des éditions de journaux et de revues, qui ont couvert l'attentat commis dans la ville de Beslan
A tous les journalistes de Russie, qui ont oeuvré à Beslan du 1 au 3 septembre 2004
A tous ceux qui éprouvent de la sympathie pour les victimes de l'attentat de Beslan !

Nous, ex-otages, qui avons souffert dans l'école n° 1 de Beslan, parents d'enfants tués ou mutilés, nous nous adressons à chacun d'entre vous. Nous, citoyens d'un pays qui ne nous a pas défendus en septembre de l'année dernière. Nous, citoyens d'un pays qui ne peut garantir notre droit de savoir dans quelles circonstances 1 128 personnes ont été prises en otages et par la faute de qui 331 personnes sont mortes.

Un an et trois mois se sont écoulés depuis l'attentat. Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés, qui ont fait preuve de charité. Mais si nous avions compris quel chemin terrible il nous faudrait parcourir depuis que la petite ville de Belsan a enterré plus de 300 personnes en une semaine, nous vous aurions demandé de ne pas nous transférer de l'argent, ni de nous envoyer des médicaments et d'autres premiers secours. Nous vous aurions rien demandé d'autre qu'une aide pour qu'une enquête soit menée sur l'attentat.

Cet attentat est devenu le sens de notre vie depuis Beslan. Après Beslan, nous avons compris ce que c'est que d'être victime d'un attentat en Russie. Nous avons appris combien les victimes des attentats à la bombe contre des immeubles à Bouïnaksk, à Moscou et à Volgodonsk se tourmentent en quête de la vérité, à quelle atttitude inhumaine des forces de l'ordre et du pouvoir exécutif se sont heurtés les ex-otages et les parents de ceux qui ont péri au théâtre de "Nord-Ost", les parents des passagers qui ont péri dans les deux avions de ligne qui ont sauté en août 2004, et comment est menée l'enquête au sujet de l'attaque de Nazran commise deux mois avant Beslan.

Nous devons reconnaître avec effroi qu'aujourd'hui, les attentats sont devenus un mécanisme politique efficace en Russie. Par le biais d'attentats, nos autorités règlent leurs problèmes politiques et commerciaux. Nous accusons de plein droit le régime actuel de Russie de complicité avec le terrorisme commis à l'échelle mondiale et en Russie.

Aucun attentat perpétré dans la Russie de Poutine n'a fait l'objet d'une enquête. Des dizaines de crimes graves commis contre des civils paisibles de notre pays sont restés impunis et anonymes.

Nous ne savons rien sur le commandaitaire réel du crime de Beslan. Des circonstances qui ont rendue possibles l'organisation et la réalisation de ce crime de grande ampleur. Des raisons pour lesquelles il n'a pas été empêché. Et de l'identité de ceux qui en sont coupables.

Depuis un an, nous posons ces questions. En réponse nous n'entendons que des mensonges.

Nous sommes contraints de vivre dans un pays où la Prokuratura ment ouvertement et commet des abus des fonctions, où des fonctionnaires font de faux témoignages devant les tribunaux, où le Président lui-même, au cours des journées de deuil, a trompé publiquement les mères et les pères des enfants morts ou mutilés. Mentir sur les 354 otages, c'est le choix fait par notre Président. Il lui est plus facile de montrer qu'il est peu informé que de condamner ses amis - membres des forces de sécurité pour leur incompétence et leur corruption totales.

Nous avons été contraints de rechercher nous-mêmes des preuves selon lesquelles l'école de Belsan a été la cible de chars et de lance-roquettes. Nous sommes contraints de démontrer qu'on tirait sur l'école alors que des otages vivants s'y trouvaient. Nous avons été contraints de prouver qu'il y avait davantage de terroristes et que nombre d'entre eux sont en liberté. Nous avons été contraints de montrer que nos militaires ont donné l'assaut au moment même où Aslan Maskhadov avait accepté de se rendre en personne à Beslan. Et nos responsables politiques ont refusé de négocier pour sauver ne serait-ce que les enfants. Il ont refusé d'utiliser les possibilités offertes par Maskahdov pour sauver les otages. Les principes du pouvoir russe sont à nouveau apparus plus importants que la vie humaine.

Nous sommes coupables d'avoir élus un président qui règle ses problèmes à l'aide de chars, de lance-roquettes et de gaz, sous l'effet duquel, les ex-otages de "Nord-Ost" ont des enfants mal formés.

Mais ce n'est pas nous qui sommes coupables de ce que l'élite politique internationale soutient notre Président, qui est devenu le garant de criminels.

Certes, le monde occidental doit faire face à une nouvelle menace - le terrorisme. Nous ne le justifions pas et nous exigeons que soit jugé le principal terroriste de Russie, Chamil Bassaïev, auquel on "fait la chasse" depuis dix ans. Mais nous aimerions obtenir des informations des services secrets étrangers : les forces de sécurité de Russie font-elles tout pour éliminer Bassaïev ? Le veullent-elles vraiment ? Se sont-elles fixé cet objectif ? Combien de temps faudrait-il, par exemple aux officiers du MOSSAD pour éliminer Bassaïev ? Et comment M. Patrouchev [le chef du FSB], peut-il trôner tranquillement dans son fauteuil, alors que Bassaïev fait sauter impunément la Russie ?

Oui, le monde est menacé par le terrorisme. Mais pourquoi l'Amérique juge Saddam Husein, alors que la Russie tue Maskhadov ? Pourquoi en Espagne, un Premier Ministre qui ment commet un suicide politique, alors qu'en Russie, le Président s'achemine vers un troisième mandat ? Pourquoi chez nous on tue des milliers d'otages en même temps qu'une poignée de terroristes, tandis que M. Berlusconi rachète une journaliste d'opposition ? Et que le Président français fait tout pour faire libérer des terroristes étrangers ?

Oui, le terrorisme est un problème mondial. Mais si le monde emprunte la voie de la cruauté, n'est-ce pas le terrorisme qui aura triomphé ? Nous ne deviendrions pas comme eux. Nous deviendrions des terroristes.

Vladimir Poutine estime qu'il suit une voie juste. Les attentats terroristes augmentent en Russie. Des attentats où des citoyens de Russie tuent d'autres citoyens de Russie. Aucun de ces attentats ne fait l'objet d'une enquête.

Nous voulons tout faire pour modifier cette tendance. Nous voulons obtenir une évaluation judiciaire des actes de tous les participants des événements de Beslan. Nous vous demander de l'aide.

Nous nous adressons à tous ceux qui disposent d'informations sur l'attentat de Beslan. Nous demandons aux compagnies de télévision qui possèdent des séquences vidéo et aux journalistes qui ont été les témoins directs des premières explosions, qui se sont produites le 3 septembre à 13h03 et à 13h05 et qui ont été provoquées par l'opération des forces de sécurité destinée à éliminer les terroristes.

Nous demandons qu'on mette ces informations à notre disposition ou que [ceux qui les possèdent] soient auditionnés au tribunal comme témoin des victimes.

Nous nous adressons en particulier au Président et au Congrès des Etats-Unis. Nous savons que votre pays dispose de prises de vues de l'école de Beslan réalisées par satellite les 1er, 2 et 3 septembre 2004 [Et la France avec Spot ?]. Nous vous demandons de les déclassifier et de les communiquer aux habitants de Beslan pour qu'elles soient présentées lors du procès de Nourpachi Koulaïev, qui est inculpé de terrorisme.

Nous nous adressons aussi à l'Union européenne et au Parlement européen, dont les membres ont exprimé publiquement l'intention de mener une enquête internationale sur l'attentat de Beslan. Nous ne pouvons rien exiger, mais nous demandons de soutenir nos efforts visant à enquêter sur ce crime atroce, qui a emporté la vie de nos proches.


Signé : Association Golos Beslana (La voix de Beslan)
Source : "Ejednevny journal" (http://ej.ru/comments/entry/2480/), 30 novembre 2005

 

 

Ils tuent, ils torturent et ils mentent


Complètement prises au dépourvu par l'attaque des moujahidine à Naltchik le jeudi 13 octobre, les forces d'occupation russes se sont défoulées sur de simples civils, avec la barbarie dont elles sont coutumières. Elles ont ont arrêté une quarantaine d'hommes musulmans étiquetés "miliutants arêtés". Deux "anecdotes" témoignent de la barbarie russe.
Daniil Khamukov, un jeune travailleur de 26 ans et père de deux enfants, était parti comme à l'accoutumée à son travail jeudi matin. Vers 11 heures, son corps sanglant gîsait près de son domicile. Il avait un bras fracturé. Sa mère Zarema Valgasova a tenté de faire venir des secours mais elle essuyé un refus. «C'est un combattant, laissez-les crever », ont déclaré des membres des forces de "sécurité". Daniil est resté au sol, sans soins, pendant sept heures. À 18 heures, la police est venue et l'a emmené. Sa mère ignore où il est passé. Selon l'avocate Larissa Dolgova, son seul crime était d'être un musulman pratiquant.
Un habitant de Naltchik raconte :
« Quand les tirs ont éclaté à Naltchik, le père de deux enfants est parti pour les récupérer. L'un était à l'école et l'autre à la crêche. Il a pu ramener à la maison celui qui était à l'école. Quand il a approché de la crêche, il a été tué sous les yeux de son enfant par des policiers. Les salopards du FSB lui ont glissé un pistolet dans la ceinture, ont mis une grenade dans sa main et ont posé une mitraillette à côté de lui. Sans commentaires. Puis ils photographié le corps et l'ont montré à sa famille comme preuve de sa complicité avec les moujahidine. Les occupants refusent de remettre son corps pour qu'il soit enterré. Il s'appelait Vadim Jekamuhov, il habitait dans la cité Kenje, rue Ahmetov. »
Source : Kavkaz Center, 16 octobre 2005

 

Communiqué militaire de Chamil Bassaîev sur l’opération de Naltchik


L’Émir Abdallah Chamil Abou Idriss (Chamil Bassaïev) a diffusé le 16 octobre un communiqué apportant les précisions suivantes sur l’opération menée à Naltchik le 13 octobre. Extraits significatifs :
« Des moujahidine du secteur kabardino-balkar du Front caucasien ont mené une opération d’assaut de grande envergure contre les envahisseurs russes et leurs acolytes dans la ville de Naltchik le 13 octobre 2005.
217 moujahidine ont participé à l’opération, qui a été menée simultanément à 9 h. 14 contre 15 objectifs militaires des structures de pouvoir de Kabardino-Balkarie sur le territoire de la ville : le FSB, le QG du GRU (renseignements militaires), le RUBOP (Département de lutte contre le crime organisé), le ministère de l’Intérieur, les 1er, 2ème et 3ème départements des Affaires intérieures, le régiment de PPS (Service de patrouille), les OMON (détachements de forces spéciales de la police), forces spéciales du GUIN (Service pénitentiaire russe), les troupes de garde-frontières, l’aéroport, la compagnie du ministère de la défense et une brigade de VV (troupes locales).
Des magasins d’armes ont été attaqués par des groupes qui nous sont inconnus. Nous n’avons pas attaqué Kanokov (nouveau président de Kabardino-Balkarie) uniquement parce qu’il avait ordonné de rouvrir les mosquées et cela lui a sauvé la vie.
Pendant l’opération plus de 300 kafirs et munafiqs ont tués ou blessés, principalement des membres de Forces spéciales récemment arrivés (environ 140 morts et plus de 160 blessés). Trois hélicoptères et quelques unités de matériel militaire ont été détruites et un butin de guerre capturé.
Exactement deux heures plus tard, à 11 h. 15, les unités principales de moujahidine ont quitté la ville.
Nos pertes : 41 moujahidine, Inchallah. C’était tous des moujahidine blessés qui ne pouvaient plus se déplacer et ont donc combattu jusqu’au bout, restant dans la ville. Pour nous, c’est une grande perte. Ces pertes ont été occasionnées par une fuite sérieuse d’informations 5 jours avant l’opération : les kafirs ont donc acheminé un millier d’hommes supplémentaires des Forces spéciales vers Naltchik par avion, par train et par véhicules. Les 11-12 octobre, ils ont même déployé des tanks et des BMP. Néanmoins les moujahidine, lors d’un Majlis (conseil) le 11 octobre, ont refusé de reporter l’opération et l’ont menée comme prévu.
L’Émir du secteur kabardino-balkar du Front caucasien Seyfullah était le commandant de cette opération. J’ai assumé la direction opérationnelle générale (ce sont nos règles : l’Émir du secteur où a lieu l’opération la commande et tous les Émirs de haut rang qui y participent passent sous ses ordres durant l’exécution de l’opération.
Pendant l’attaque du bâtiment du FSB, mon naïb (assistant) opérationnel Ilyas Gorchkhanov, Émir de la Jamaat Ingouche, qui commandait le groupe de moujahidine “Centre” est tombé martyr. Les Émirs des secteurs ossète et de Krasnodar ont reçu des blessures légères.
La particularité de cette opération était que pour la première fois, il ne s’agissait pas d’une opération bloquée mais d’un assaut proprement dit, d’une dimension jamais vue. Et ceci face à un changement qualitatif et quantitatif important de l’ennemi, avec un manque cruel de munitions, dans une situation qui aurait pu nous conduire à annuler ou à reporter l’opération.
Malgré des pertes importantes, c’est un grand succès pour nous.
(...)
La Victoire ou le Paradis ! »
Source : Kavkaz Center. Traduction Quibla

Les parents des victimes réclament leurs corps


Plusieurs centaines d’habitants de Naltchik ont manifesté dimanche pour réclamer qu’on leur rende les corps de leurs parents tués jeudi et vendredi. Le chiffre officiel des morts donné par les Russes est de 137, dont 94 “attaquants présumés”. Or, Chamil Bassaïev ne fait état que de 41 morts dans les rangs des combattants. On peut donc en conclure que 53 cadavres sont ceux de civils tués par les Forces spéciales durant, mais surtout après l’attaque, qui n’a duré que deux heures.
Source : La Vanguardia, Barcelone, 17 octobre 2005

Colère et ressentiment dans Naltchik, quatre jours après les violences


par Marie Jego, Le Monde, 17 octobre 2005


NDLR Quibla : L’envoyée spéciale du Monde à Naltchik nous donne ci-dessous un bel exemple de désinformation, à coups de petites phrases assassines du genre : « les Balkars (ethnie turcophone déportée par Staline en 1943) se disent persécutés par les Kabardes et les Russes, les deux groupes ethniques dominant dans la région. Tous détestent les Tchétchènes. » Si “tous détestent les Tchétchènes”, comment expliqut-elle que certains d’entre eux combattent à leurs côtés ? Mystère.Mais sans doute Madame Jego a-t-elle vécu trop longtemps à Moscou pour être en mesure de comprendre les peuples du Caucase...


Quatre jours après avoir été le théâtre de violents combats, Naltchik, petite ville du nord du Caucase à une centaine de kilomètres de la Tchétchénie, a retrouvé, ce week-end, une apparence de normalité : les corps des assaillants tués qui gisaient en ville ont été ramassés, des pelleteuses évacuent les gravats des bâtiments endommagés par les attaques et l'aéroport s'est remis à fonctionner. Mais la petite ville, qui reste quadrillée par un important dispositif policier, n'en finit pas de s'interroger. Qui étaient les membres des commandos armés qui ont attaqué simultanément huit sites de la ville ?
"A 80 %, ce sont des jeunes du coin, des jeunes gens ordinaires sans travail. Quelqu'un les a financés et ils ont été utilisés comme de la chair à canon", a indiqué le président de la région, Arsen Kanokov, lors d'un entretien télévisé. Le ministre russe de l'intérieur, Rachid Nourganiev, a exprimé sa "certitude que ces gens sont des loca ux, membres de la Djamaat -Iarmouk, une communauté religieuse affiliée à Chamil Bassaev selon les autorités-". Le chef de guerre radical tchétchène a d'ailleurs revendiqué, lundi, la direction générale de l'attaque sur le site Internet indépendantiste Kavkaz-Center.
La participation de locaux aux combats a stupéfié les habitants de la région. "Nous avons d'abord pensé qu'il s'agissait des Tchétchènes. Eh bien non ! Cette fois-ci, ce sont nos jeunes. Pour notre communauté, c'est une honte collective", déplore Anzor, un agriculteur aisé de Baksan, une petite ville au nord de Naltchik. Selon lui, le chômage est la cause de tout. "L'autre problème, c'est que les armes circulent à tout va", dit-il en secouant la tête. Pour Sultan, gardien de nuit dans un entrepôt, le désespoir de la jeunesse est né "de la pauvreté et aussi de la brutalité des forces de l'ordre". "Je ne suis pas un violent, mais j'ai eu envie de tirer sur la police", explique ce quinquagénaire.

RÉPRESSION POLICIÈRE
Face à la morgue centrale de Naltchik, une centaine de personnes sont rassemblées. Face à eux, des militaires en armes bloquent l'accès au bâtiment. La foule - hommes d'un côté, femmes de l'autre - est silencieuse. Les femmes essuient leurs yeux rougis. Tous sont des parents et des proches des membres des commandos armés, venus là pour réclamer les corps que les autorités refusent de restituer. Depuis trois jours, ils se regroupent régulièrement pour tenter de pénétrer dans la morgue.
Aujourd'hui dimanche est un bon jour. Au compte-gouttes, quelques personnes ont été autorisées à pénétrer dans le bâtiment. "Mon mari y est allé, il y a quatre heures de cela. Et il est toujours à l'intérieur. On nous dit qu'il y a là 180 corps, plus ou moins reconnaissables. C'est pour ça qu'il ne revient pas, il doit encore chercher", explique Amina, une petite femme frêle. Elle est sans nouvelle de son neveu Djambolat, 20 ans, qui a disparu depuis le jour des attaques.
Très croyant, Djambolat était dans la ligne de mire de la police locale, comme beaucoup d'autres jeunes adeptes d'un islam rigoriste. "Je ne compte plus les fois où il a été arrêté, battu, torturé", raconte-t-elle en étouffant un sanglot. Selon Amina, le commissariat de police numéro 3 était un centre notoire de tortures dont son neveu sortait à chaque fois les os brisés, les ongles arrachés. "C'est pour se venger que les jeunes ont attaqué ce commissariat", explique-t-elle. Les femmes autour d'elle acquiescent. Toutes cherchent un fils, un frère, un cousin. L'âge des disparus oscille entre 17 et 20 ans. Officiellement, les deux jours de combats à Naltchik ont causé la mort de 137 personnes - 92 assaillants, 12 civils, 33 membres des forces de l'ordre.
Les armes se sont tues. Restent la colère et le ressentiment. Les parents des membres du commando disent leur haine des autorités en place ; les Balkars (ethnie turcophone déportée par Staline en 1943) se disent persécutés par les Kabardes et les Russes, les deux groupes ethniques dominant dans la région. Tous détestent les Tchétchènes. Pour Liouda, une Russe de Naltchik : "Tout a commencé avec la première guerre de Tchétchénie quand nous avons accepté de recueillir les réfugiés. Ils sont restés. Depuis, nous n'avons plus de paix." Le 23 septembre, une bataille rangée avait opposé au centre-ville des étudiants tchétchènes à de jeunes fanatiques qui scandaient des slogans de haine. Quelques jours plus tôt, plusieurs Tchétchènes avaient été roués de coups lors d'une chasse à l'homme engagée par des bandes de jeunes munis de battes de base-ball.

Pertes minimes des moujahidine à Naltchik

Le chiffre des moujahidine tués donné par les autorités russes a été de toute évidence gonflé : une bonne partie des civils tués par les forces russes au cours des affrontements avec les moujahidine ont été tranformés en "terroristes", pour faire bonne mesure. L'un des commandants d'une unité mobile des moujahidine, Amir Asadula, a déclaré vendredi au Kavkaz Center que son unité n'avait perdu que deux hommes. il a ajouté que les combattants avaient récupéré plusieurs centaines d'armes dans les bâtiments du ministère de l'Intérieur et du FSB, au cour de l'attaque.
Source : Kavkaz Center, 14 octobre 2005

Selon les Moudjahidine, 11 martyres sont tombés lors de la bataille de Natchik. Il y aurait également 4 disparus. Les Russes et leurs alliés comptent 200 morts.

Selon les autorités russes, leurs forces de sécurité avaient totalement repris le contrôle de la situation à Naltchik vendredi soir. Bilan officiel russe des deux journées d'affrontements : 90 moujahidine tués et 30 capturés, 20 soldats russes et 102 civils tués.

Le blocus de la ville ordonné par Poutine et l'élimination de tous les combattants a donc échoué lamentablement.

 

 

Bilan

Selon les Moudjahidine, 11 martyres sont tombés lors de la bataille de Natchik. Il y aurait également 4 disparus. Les Russes et leurs alliés comptent 200 morts.

Selon les autorités russes, leurs forces de sécurité avaient totalement repris le contrôle de la situation à Naltchik vendredi soir. Bilan officiel russe des deux journées d'affrontements : 90 moujahidine tués et 30 capturés, 20 soldats russes et 102 civils tués.

Le blocus de la ville ordonné par Poutine et l'élimination de tous les combattants a donc échoué lamentablement.

 

Scènes de guerre dans le Caucase


Environ trois cents combattants liés aux séparatistes tchétchènes ont attaqué hier les forces de police de Naltchik, la capitale de Kabardino-Balkarie. Bilan : au moins 60 morts.
par Irina de Chikoff , Le Figaro, 14 octobre 2005
IMMEUBLES en feu, hélicoptères survolant la ville, rafales de mitraillettes, explosions de grenades, hurlements des sirènes, blindés envahissant les rues... Naltchik, capitale de la république caucasienne russe de Kabardino-Balkarie était hier devenue un véritable champ de bataille.
Plusieurs attaques simultanées, peu après 9 heures du matin, avaient pris pour cibles trois commissariats, le quartier général du FSB (ex-KGB) les locaux du ministère de l'Intérieur ainsi que l'aéroport. Quelque 300 assaillants auraient participé au raid contre le système de sécurité de la capitale. Le blocus de Naltchik a été ordonné par Vladimir Poutine en début d'après-midi. Les vols à destination de Naltchik ont été suspendus. Les communications sont interrompues. La frontière administrative avec la république voisine d'Ossétie du Nord est fermée.Le chef de l'Etat a dépêché d'urgence dans la région, le vice-procureur général de Russie, un adjoint du ministre de l'Intérieur et son représentant pour les régions sud de la fédération, Dmitri Kozak. A peine arrivé sur les lieux, ce dernier a affirmé que des «combats continuaient dans des foyers isolés dont un commissariat où les attaquants ont pris des otages».
A Moscou, le premier adjoint du ministre de l'Intérieur, Alexandre Tchekaline, a déclaré de son côté que le président avait exigé que toute personne portant une arme et opposant une résistance aux forces de l'ordre soit abattue. «Ses ordres seront exécutés.» Selon un premier bilan, une cinquantaine de rebelles et douze habitants de Naltchik ont été tués. Plus de 150 personnes auraient été blessées.
Un site Internet, proche des indépendantistes tchétchènes a très vite diffusé un communiqué revendiquant l'attaque au nom des «combattants du Front caucasien dont l'un des détachements de choc est le Djamaat de Kabardino-Balkarie, Iarmouk». Selon les autorités fédérales, l'organisation est liée aux séparatistes tchétchènes. Leur but commun serait de «libérer» tout le Caucase russe pour y instaurer un «califat».

Un an de violence


Au mois de janvier, une opération des forces russes antiterroristes contre l'organisation Iarmouk avait déjà ensanglanté Naltchik. A l'issue de cinq heures de combats, les autorités avaient affirmé que le groupe Iarmouk avait été décimé et son chef de file abattu, mais dès le printemps, Iarmouk renaissait de ses cendres et menaçait de commettre des d'attentats dans plusieurs sites touristiques de la région.
Dans un rapport secret destiné au Kremlin, Dmitri Kozak avait sonné l'alarme. Le représentant de la présidence estime que face à la violence qui depuis plus d'un an enflamme le Caucase Nord, il faut de toute urgence envisager la mise sous tutelle des républiques. Il dénonce «la corruption et les abus de pouvoir de tous les organes locaux» responsables, selon lui, de la situation. «Les autorités, ajoute l'émissaire présidentiel, se sont constituées en caste et ne servent que leurs propres intérêts.»
De la Caspienne à la mer Noire, le Daguestan, voisin de la Tchétchénie, l'Ossétie du Nord, l'Ingouchie, la Kabardino-Balkarie, ou encore la République des Karatchaïs-Tcherkesses sont devenues des poudrières. Attentats, manifestations, meurtres de policiers, enlèvements, fusillades, raids de terroristes se multiplient. Personne ne parvient plus à démêler dans les conflits qui éclatent comme autant d'incendies de forêts, la part de la criminalité, du djihad islamique, des luttes entre clans et des conflits ethniques plus anciens.
L'été dernier, Moscou avait dépêché des renforts dans une région où stationnent déjà plus de 80 000 militaires pour la seule Tchétchénie. Un budget de 2,5 milliards de dollars avait été alloué pour l'équipement des nouvelles troupes. Mais le débat sur une gestion directe, par le centre, des républiques du Caucase Nord avait été ajourné. Parce que le Kremlin redoute de devoir assumer lui-même des échecs et voir se retourner les populations contre la Russie et non plus contre leurs propres dirigeants.
Hier, au Kremlin, l'atmosphère était lourde, tendue. Le chef de l'Etat aurait ressenti l'attaque de Naltchik comme une agression personnelle. Une gifle. On s'attend à des limogeages. On compte déjà les têtes qui pourraient tomber. Dans la capitale de Kabardino-Balkarie, hier dans la soirée, les différents quartiers qui avaient vécu de véritables scènes de guerre avaient retrouvé un calme relatif. Les habitants (lire ci-contre) sortaient de nouveau dans la rue tandis que les forces de l'ordre continuaient à sillonner la ville.

Ismaïl : «J'ai vu des cadavres un peu partout»


Joint à Naltchik en fin de soirée par téléphone, Ismaïl Gaziev, membre de l'organisation «Pour les droits de l'homme», ne cache pas ses craintes. Il a peur de parler. Il a peur de se taire.
«C'est à 4 heures du matin que j'ai entendu les premiers coups de feu. Peu à peu les détonations se sont rapprochées du centre-ville. Lorsque je suis sorti pour rendre visite à ma mère, dont le sort m'inquiétait, j'ai vu des cadavres un peu partout. J'en ai compté six. Dans la journée je n'ai plus osé m'aventurer dans les rues. Ce soir, le calme semble être revenu. Les habitants sont de nouveau dehors. Ils font les badauds. Les militaires tentent de les contraindre à s'éloigner mais la curiosité est la plus forte. En réalité, nous sommes habitués en Kabardino-Balkarie, aux alertes, à la violence. Je viens d'apprendre que deux habitants de mon village sont morts, un milicien de la sécurité routière et un civil qui voulait simplement voir ce qui se passait. Qui est coupable ? Tout le monde. Les pouvoirs locaux, les militaires, les rebelles. Pour moi, le véritable problème de la région reste le chômage. Dans les campagnes 90% de la population ne trouve aucun travail. En ville, beaucoup de gens doivent se contenter d'un salaire misérable de 500 roubles (environ 15 euros). La criminalité et le radicalisme n'ont aucun mal à recruter des troupes. Quant aux droits de l'homme, je crois qu'ils n'ont jamais été respectés dans notre région.»
Source : Le Figaro, 14 octobre 2005

Le précédent sanglant de Nazran


En juin 2004, la capitale de l'Ingouchie avait subi l'assaut parfaitement planifié d'un commando de 200 hommes. Une attaque qui avait fait 88 morts.


par Patrick de Saint-Exupéry, Le Figaro, 14 octobre 2005
L'assaut armé lancé contre la ville de Naltchik, point de transit des journalistes participant aux voyages de presse en Tchétchénie organisés par le Kremlin, n'est pas une première. Voici un peu plus d'un an ­ le 23 juin 2004 ­, dans la proche ville de Nazran, capitale de l'Ingouchie, un groupe de 200 hommes armés s'était livré à une attaque similaire. L'action avait alors été parfaitement planifiée. Au beau milieu de la nuit du 23 juin, le commando ­ formé de Tchétchènes et d'Ingouches ­ s'était emparé des postes de milice de Nazran, du ministère de l'Intérieur, du département de lutte contre le crime, de dépôts militaires... Cela fait, les hommes du commando endossèrent des uniformes et mirent en place des barrages à travers Nazran.
Ils interpellèrent ainsi plusieurs responsables soupçonnés de collaborer avec les Russes ­ le ministre de l'Intérieur ingouche, le chef du parquet de Nazran, le procureur de la ville, etc. ­ et les tuèrent. Au petit matin, un habitant témoigna : «Les attaquants sont venus à pied. Ils sont arrivés tranquillement et sont repartis tout aussi tranquillement.» L'attaque avait alors fait 88 morts. Deux hommes du commando furent également tués.
Elle marqua les esprits à la fois par sa dimension mais aussi parce que, pour la première fois depuis 1999, les rebelles tchétchènes venaient de porter leur combat hors des frontières de leur territoire.
Peu après et usant de l'occasion, Vladimir Poutine avait une fois de plus renforcé son contrôle sur les innombrables structures russes de sécurité


Premier bilan

Compte tenu de la propension qu’ont les autorités russes à mentir, nous ne considérons comme fiables, que les informations recueillis directement par communication satellitaire avec les moudjahidine.
Jeudi 13 octobre - 22 h - Des combattants tchétchènes reconnaissaient que quatre des leurs étaient tombés martyrs lors de cette première journée marqué par d’intenses combats dans la ville de Naltchik. Nos correspondants ont revendiqué la destruction complète du siège du FSB (ex-KGB) et estimé à 200 le nombre de morts du côté russe. Inclus un nombre important de ceux qu’ils nomment les « mounafirques ». Mots d’origine arabe qui désigne les hypocrites et qui désigne dans le cas présent les autochtones qui collaborent avec les milices Russes.
De plus, un important stock d’armes a pu être constitué par les moudjahidine lors des différentes attaques de bâtiments stratégiques.

 

300 Moudjahidine attaquent la Kabardino-Balkarie

300 moudjahidine ont attaqué ce matin des bâtiments publics à Naltchik, capitale de la république caucasienne de Kabardino-Balkarie. Selon notre correspondant, environ 90% des combattants sont des Tchétchènes. Ils sont guidé par des musulmans kabardiniens et balkars. En quelques heures, ils ont pris le contrôle de la ville de Naltchik.
Selon l'agence Interfax citant des sources policières, des hommes armés ont attaqué non seulement le commissariat de police, mais aussi le siège du ministère de l'intérieur de la république russe de Kabardino-Balkarie, le siège du FSB (ex-KGB) et celui de l'administration militaire locale. Sept assaillants ont été tués, d'après le ministère de l'intérieur de la république. Le bilan provisoire des victimes serait de 20 morts.
Mais selon nos sources, le bilan des victimes serait beaucoup plus important.

 

Poutine : «Tuez-les tous! » - Dernières nouvelles de Naltchik


Le président russe Vladimir Poutine a ordonné jeudi le blocage de la ville de Naltchik et l'élimination de toute personne portant des armes et opposant une résistance, a annoncé le premier adjoint du ministre de l'intérieur, Alexandre Tchekaline, cité par Interfax.
"Le président a donné l'ordre qu'aucun combattant ne quitte la ville et que tous ceux qui résisteront les armes à la main soient liquidés", a dit devant la presse M. Tchekaline, a précisé l'agence de presse russe. "Cet ordre du président sera appliqué", a-t-il ajouté.
Environ cinquante assaillants et douze habitants de Naltchik ont été tués jeudi dans cette capitale de la Kabardino-Balkarie, a déclaré le président de cette république du Caucase russe, Arsen Kanokov, cité par l'agence Itar-Tass. Quelque 300 assaillants en armes ont participé à cette vaste attaque, a ajouté pour sa part un officier du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB) à Naltchik, cité par Ria Novosti.
Un fonctionnaire du FSB a été tué et sept autres ont été blessés lors de l'attaque contre leur quartier général. Enfin, les combats continuaient toujours dans un commissariat de la ville, où les assaillants s'étaient retranchés au deuxième étage du bureau.
Trois commissariats de police, le siège du ministère de l'Intérieur et celui du FSB, ainsi qu'une armurerie, "Arsenal", ont été attaqués par des hommes en armes à 9H00 du matin (5H00 GMT), ont rapporté des sources concordantes. Les combats ont gagné plusieurs quartiers de Naltchik. Et un fonctionnaire interrogé par l'AFP depuis la république voisine d'Ossétie du Nord a fait état de nombreux tirs et d'explosions de grenade. Une attaque contre l'aéroport de Naltchik a pour sa part été repoussée, mais tous les vols ont été suspendus, a précisé une source à l'état-major local.
Une soixantaine de "rebelles" auraient participé à cet assaut bien organisé, selon une source du ministère de l'Intérieur régional, citée par Itar-Tass.
L'attaque a été repoussée et sept assaillants tués, a affirmé vers midi (8H00 GMT) le ministère, tout en reconnaissant que des accrochages continuaient à éclater dans les rues de la ville et que les forces de l'ordre avaient eu des morts et des blessés dans leurs rangs, dont le nombre était en cours de vérification. Des soldats en armes couraient dans les rues et une fumée d'incendie s'élevait dans le centre ville, ont montré les premières images de la télévision publique russe Rossia. Des hélicoptères survolaient la ville où des renforts ont été appelés, a précisé le correspondant de la chaîne sur place.
Le président Vladimir Poutine a été tenu au courant de la situation et son représentant pour le sud de la Russie, Dmitri Kozak, est parti d'urgence pour la Kabardino-Balkarie. L'école primaire n° 5, qui se trouve juste derrière un commissariat attaqué, a dû être évacuée d'urgence, a précisé un responsable des services de sécurité expliquant pourquoi des hommes en armes étaient entrés dans l'école et que des enfants en sortaient en courant et en larmes. Un témoin a en effet vu plusieurs enfants en pleurs fuir de l'école. Une fillette âgée d'environ sept ans lui a dit que des hommes armés étaient entrés dans l'école et qu'une fusillade y avait éclaté.
Le centre de Naltchik était bloqué par la police et la télévision russe a montré des gens quittant la ville, dont l'entrée a été interdite. Deux immeubles du centre étaient en feu, selon la chaîne. Les téléphones mobiles ne fonctionnaient pas jeudi à Naltchik - les moujahidine ont détruit la station-relais de la compagnie "Mégaphone" -, ni les transports publics. Et la frontière administrative avec la république voisine d'Ossétie du Nord a été fermée. Quelques heures avant le déclenchement de l'attaque, à l'aube, une opération policière avait été menée dans la banlieue de Naltchik contre un groupe d'"extrémistes religieux". Selon Itar-Tass, trois "extrémistes religieux" ont été tués au cours de cette opération, tandis que selon Interfax, plusieurs "wahhabites" ont été arrêtés et les combats en cours ont été engagés par leurs camarades pour les libérer.
Sources : AFP, AP, Kavkazcenter, 13 octobre 2005

 

03/02/05 - Précisions sur les martyrs de Naltchik


Le groupe de membres de la Jamaat Yarmuk assassinés à Naltchik par les forces pro-russes de Kabardino-Balkarie comptait des femmes et des enfants. Parmi les 3 femmes qui ont assuré la défense de la maison attaquée par les forces de répression, se trouvait une femme russe, Olesia, qui est tombée martyre. D'autre part, Leila, la fille, âgée de six mois, du commandant Muslim Ataïev, tué dans le siège, a aussi été tuée. En revanche, le commandement de la Jamaat Yarmuk a démenti que Ataïev ait eu un fils, dont certaines informations disaient qu'il aurait aussi été tué dans l'assaut. Le commandement de la Jamaat a annoncé par ailleurs avoir procédé au remplacement du commandant Ataïev, sans préciser l'identité de son successeur, dont on sait seulement qu'il s'agit d'un Kabardinien de souche.
Source : Kavkaz center, 2 février 2005


Légende : Naltchik, 27 janvier 2005

28/01/05 - Scènes de guerre à Naltchik


Blindés, mitrailleuse lourde, lance-grenade: l'assaut lancé jeudi contre un groupe de rebelles, présentés comme des islamistes radicaux, et retranchés dans un immeuble de Kabardino-Balkarie, a étendu à cette république des scènes de guerre de plus en plus courantes dans le Caucase russe.
Les troupes d'élite ont réussi en milieu d'après-midi, au terme d'un assaut de cinq heures et de nombreux échanges de tirs, à s'emparer d'un appartement du rez-de-chaussée, d'où les rebelles défendaient jusqu'alors les accès à l'immeuble. Sept rebelles, dont leur chef, ont été tués, alors que l'opération a fait deux blessés parmi les membres des forces de l'ordre.
L'immeuble en béton de cinq étages du quartier Severnyï, à la périphérie nord de la ville de Naltchik, capitale de cette petite république proche de la Tchétchénie, était déjà en feu quelques heures auparavant, la façade léchée par des flammes échappant des fenêtres brisées.
Autour, plusieurs transports de troupes blindés tiraient à la mitrailleuse lourde contre le bâtiment, dont les habitants avaient été évacués après le début de l'opération dans la nuit de mardi à mercredi.
Et des soldats en armes --300 au total selon les autorités-- du ministère de l'Intérieur, du FSB (service fédéral de sécurité) et des forces antiterroristes du Caucase du Nord utilisaient des lance-grenades ou bloquaient les alentours.
Un peu plus loin, à portée de tir, des avions de ligne décollaient encore jeudi matin de l'aéroport régional de Naltchik, tout proche, alors que l'assaut commençait.
Les décollages ont été suspendus après que les rebelles eurent tiré en direction d'un avion, selon le correspondant sur place de la chaîne Pervy Kanal.
Un vice-ministre russe de l'Intérieur, Arkadi Iedelev, dépêché sur place, a improvisé en fin de journée une conférence de presse devant le bâtiment largement endommagé par les tirs, pour annoncer la fin de l'opération.
"Nous avons réussi une opération antiterroriste contre (le groupuscule islamiste) Djammaat Iarmouk et son chef Mouslim Ataïev", a-t-il déclaré.
Deux femmes, qui se trouvaient parmi les rebelles, "étaient également des combattantes", a-t-il assuré, sans préciser si elles avaient été tuées.
Selon les autorités russes, le groupuscule avait commis le 14 décembre en Kabardino-Balkarie une attaque armée contre l'agence régionale de lutte anti-drogue, s'y emparant d'importantes quantités d'armes, et son chef avait précédemment combattu en Tchétchénie.
Dans un communiqué diffusé jeudi sur le site internet proche des indépendantistes tchétchènes, Kavkazcenter.com, et impossible à authentifier, le groupuscule a reconnu que ses hommes étaient bien assiégés à Naltchik, et a juré de "poursuivre la guerre sainte contre l'occupation de (leur) terre et pour la libération de tout le Caucase".
Cette menace est la plus redoutée des autorités russes: celle d'un embrasement du Caucase du Nord, où les affrontements du type de ceux survenus à Naltchik sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois.
A la mi-janvier, au Daguestan, une autre république russe proche de la Tchétchénie, des opérations contre deux groupes de rebelles armés retranchés dans des habitations avaient fait quatre morts parmi les forces de l'ordre.
Les autorités avaient affirmé avoir empêché un "nouveau Beslan", en référence à la prise d'otages sanglante dans une école d'Ossétie du Nord qui avait fait au moins 344 morts en septembre.
Début janvier, les forces de l'ordre avaient aussi pris d'assaut une maison en Ingouchie, république frontalière de la Tchétchénie, tuant les quatre rebelles armés qui y étaient retranchés.
Source : AFP, 27 janvier 2005