La police attaque les manifestants d’opposition
à Bakou
Des policiers accompagné de chiens, armés de matraques
et appuyés par des canons à eau ont frappé samedi
à Bakou des manifestants rassemblés à l'appel
de l'opposition qui, dénonçant des fraudes, réclame
l'annulation des législatives du 6 novembre en Azerbaïdjan.
C'est la première fois depuis ce scrutin que les autorités
font usage de la force contre les manifestants.
Quelque 15 000 opposants au pouvoir étaient réunis dans
la capitale azerbaïdjanaise. Mais contrairement aux rassemblements
précédents, ils ont essayé de mettre en place
une manifestation permanente sur une place dans le centre de Bakou,
déclenchant une réaction violente de la police.
Les dirigeants de l'opposition venaient d'annoncer qu'ils allaient
s'installer sur la place, quand la police est intervenue pour disperser
la foule à coup de matraques. Des manifestants ont crié
"Liberté!", et certains ont lancé des pierres
sur les policiers, cachés derrière des boucliers. Plusieurs
centaines de policiers et soldats étaient déployés
autour de la place pour intervenir.
Source : AP, 26 novembre 2005
À Bakou, 30 000 manifestants réclament
de nouvelles élections
L'opposition azerbaïdjanaise a réussi à mobiliser
près de 30.000 manifestants samedi à Bakou pour exiger
l'annulation des législatives jugées frauduleuses du
6 novembre, réussissant sa plus forte mobilisation depuis deux
semaines qu'elle prône une Révolution orange dans la
patience.
"Nous allons atteindre notre but et réussir un changement
de régime", a assuré à la foule Isa Gambar,
un des dirigeants du Front démocratique, grande alliance d'opposition
créée au lendemain de législatives critiquées
par l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe (OSCE), dans le but d'obtenir leur annulation et l'organisation
d'un nouveau scrutin.
Le même Isa Gambar avait appelé les 15.000 manifestants
réunis le 9 novembre lors de la première manifestation
de contestation du scrutin à patienter et à repousser
le moment de "planter les tentes" comme à Kiev fin
2004.
"Ces élections ont été remportées
par l'opposition. Le peuple a gagné", a ajouté
M. Gambar, alors que le parti au pouvoir dans cette ex-république
soviétique a obtenu 63 des 125 sièges du Parlement,
contre 10 pour l'opposition.
Cette semaine, les dirigeants des formations antigouvernementales
ont décidé que ceux d'entre eux qui ont obtenu ces sièges
refuseraient de les occuper tant que de nouvelles élections
ne seraient pas organisées. Et ce malgré les concessions
faites par les autorités, qui ont annulé les résultats
dans quatre circonscriptions et ont ordonné un nouveau comptage
dans une autre.
Ils persévèrent ainsi dans une stratégie de lutte
dans la légalité et dans la durée, après
s'être livrés avant les législatives à
des protestations interdites, violemment réprimées.
Plusieurs manifestations, autorisées, ont ainsi été
organisées à Bakou, la plus importante jusqu'ici ayant
réuni 20.000 personnes dimanche dernier sur cette même
place de la Victoire.
En outre, cette semaine, des manifestations ont été
organisées en province, comme à Naftchala (est), où
1.000 personnes ont protesté vendredi.
"Je viens à chacune de ces manifestations afin de mettre
fin à ce régime dictatorial. Ce régime doit partir,
les élections doivent être annulées", a déclaré
un des manifestants, Shamhi Gahramanov, âgé de 24 ans.
Samedi encore, les manifestants, nombreux à porter des vêtements
et des drapeaux orange en référence à la Révolution
de fin 2004 en Ukraine, ont scandé "démissionne"
dans des appels au président Ilham Aliev.
Plusieurs centaines de policiers anti-émeutes ont été
déployés pour encadrer cette manifestation, qui s'est
dispersée dans le calme, malgré certains appels à
faire un sit-in comme à Kiev, quand les Ukrainiens étaient
restés mobilisés pendant des jours sur la place de l'Indépendance.
Les dirigeants de l'opposition azerbaïdjanaise ont, quant à
eux, insisté sur la nécessité de se disperser,
une fois de plus, et sur leur volonté de faire annuler les
élections par les voies légales. Le ministre de l'Intérieur,
Ramil Usubov, a, pour sa part, prévenu la veille à la
télévision que toute tentative de "déstabilisation"
serait "catégoriquement" empêchée.
Mais des voix au sein de l'opposition envisageaient de passer à
la vitesse supérieure et d'organiser un sit-in malgré
l'interdiction des autorités, face au risque d'épuisement
de la mobilisation populaire, deux semaines après les législatives.
"Nous devrons en venir à de telles mesures", a ainsi
relevé cette semaine Ali Kerimli, un des chefs de file de l'opposition,
sans toutefois préciser quand de telles manifestations interdites
seraient organisées, entretenant un peu plus la confusion qui
règne autour de la stratégie de l'opposition.
La commission électorale doit, quant à elle, annoncer
les résultats définitifs dans une semaine, le 26 novembre.
Source : AFP, 19 novembre 2005
Erreur de casting à Bakou
Les drapeaux oranges brandis par les manifestants de mercredi à
Bakou, qui protestaient contre les élections qu'ils estiment
truquées de dimanche, révèlent une véritable
erreur de casting : l'opposition azerbaïdjanaise unie semble
vraiment croire qu'elle pourra obtenir le soutien de Washington, comme
cela avait été le cas pour l'Ukraine. Manque de pot
pour cette opposition, les USA sont très satisfaits de Ilham
Aliev, comme ils l'étaient de son père Haïdar,
qui est même allé mourir chez eux. Aliev fournit du pétrole,
et c'est tout ce qu'on lui demande. Allz, les Aéris, encore
un effort pour devenir indépendants et arrêter de croire
que le salut viendra de Washington !
À Bakou, les opposants orange descendent
dans la rue
par Irina de Chikoff , Le Figaro, 10 novembre 2005
LA PLACE GÉLÉBÉ (Victoire) est à l'opposition
azérie ce que fut l'esplanade Maïdan à la «révolution
orange» ukrainienne. Les opposants, drapeaux orange en tête,
se sont rassemblés, hier, sur cette place de Bakou, à
l'appel de tous les partis antigouvernementaux. Pour la première
fois, ils font front commun. Afin de protester contre les fraudes
commises pendant les élections législatives du 6 novembre
dernier et contraindre le pouvoir à annuler un scrutin que
l'OSCE a jugé non conforme «aux normes démocratiques
internationales».
Elchat, militant du Front populaire, une des trois organisations du
bloc Azdaliq, avait craint que l'Occident n'entérine les résultats
qui accordent la victoire au parti majoritaire Yeni azerbaïdjan
(YAP). «J'avais peur que pour préserver leurs intérêts,
les Etats-Unis et l'Europe ne disent que les élections ne furent
pas parfaites mais qu'un nouveau pas vers la démocratie a été
franchi. J'en faisais des cauchemars.» Mais la sentence de l'OSCE
est tombée. Impitoyable. Et l'ambassadeur de Norvège
a enfoncé le clou : «Ces élections ont marqué
un pas en arrière pour la démocratie.»
«Cercueil du pouvoir»
Azadliq a mobilisé ses sympathisants. La coalition d'opposition
Yeni Siaset (YES), généralement plus réservée,
s'est associée au mouvement de protestation. Tous les leaders
de l'opposition sont sur la place Gélébé. Idrak
Abbassov, un journaliste indépendant de Bakou, est impressionné
: «Il y a un monde fou. Plus de 15 000 personnes. On sent que
ces gens sont mobilisés par un véritable espoir. Ils
demandent la démission du président. Ils veulent que
soient châtiés les tricheurs.»
Entre les étendards orange, des drapeaux russes du mouvement
contestataire Oborona et ukrainiens de Pora, un des fers de lance
de la «révolution orange», flottent au-dessus des
manifestants. Des jeunes de l'organisation Yeni Fikri (Nouvelle Idée)
distribuent des tracts sur lesquels on peut lire : «Défendez
votre voix.» Les libéraux agitent leurs propres fanions
rouges. A la tribune, Sardar Djalaloglu, vice-président du
Parti démocratique, affirme que les manifestants de Gélébé
sont plus nombreux que ceux qui se trouvaient sur le Maïdan à
Kiev ou le boulevard Roustaveli à Tbilissi. Il tient des oeillets
à la main. «Grâce au choix du peuple azerbaïdjanais
qui a voté pour la liberté, dit-il, nous allons déposer
ces oeillets sur le cercueil d'un pouvoir corrompu.»
Un peu à l'écart, des centaines de policiers armés
de matraques serrent les rangs. La manifestation est autorisée
jusqu'à 18 heures. Le ministère de l'Intérieur
a prévenu qu'il n'admettrait aucune infraction à la
loi. Un juriste de 38 ans, Ali Keremli, président du Front
populaire, a affirmé que l'opposition ne sortirait pas du cadre
de la légalité «mais si le pouvoir ne prend pas
en compte la volonté du peuple, nous exigerons un changement
de régime et je suis convaincu que nous y parviendrons».
Dans la circonscription où se présentait Ali Keremli,
son rival du YAP a été proclamé gagnant. Saisie,
la commission électorale a dû reconnaître qu'il
y a eu des «erreurs» dans le décompte des voix.
Sur la place Gélébé, un orateur lit les noms
des candidats de l'opposition qui auraient été dépossédés
de leur victoire. La foule scande les mots «Azadliq» (liberté)
et «démission». Plusieurs banderoles en appellent
à George W. Bush, réclamant que l'Amérique aide
l'Azerbaïdjan à devenir une démocratie.
A tour de rôle, Issa Gambar, leader du Moussavat, Ali Keremli,
Sardar Djalaloglu, Eldar Namazov, président du bloc d'opposition
YES, et Lala Shevket du parti libéral d'union nationale vont
s'adresser aux manifestants. Pour les exhorter à poursuivre
la «bataille». Mais à 18 heures précises,
l'opposition a appelé ses partisans à se disperser dans
le calme et leur a donné rendez-vous samedi prochain. Sur la
place Gélébé.
Bras de fer politique : l'opposition conteste
la victoire du pouvoir aux législatives et appelle à
manifester ce mercredi
par Irina de Chikoff, Le Figaro, 8 novembre 2005
AU LENDEMAIN des élections législatives dont les innombrables
irrégularités ont été dénoncées
par l'opposition et critiquées par l'OSCE, le pouvoir azerbaïdjanais
a prévenu qu'il ne tolérerait aucune entorse à
l'ordre public.
Les partis démocratiques savent que la présidence ne
se paye pas de mots. Ils ont contesté la validité du
scrutin du 6 novembre dont les résultats partiels donnent une
nette victoire au parti majoritaire Eni Azerbaïdjan (63 sièges
sur 125) et réclament leur annulation, mais aucun leader de
la coalition Azadliq ne songe à se lancer dans une aventure
qui mettrait en danger non seulement ses militants mais la population
tout entière. Réunis, hier, au siège du Parti
démocratique à Bakou, Issa Gambar, dirigeant du Moussavat,
et Ali Keremli, président du Front populaire, ont appelé
les Bakinois à manifester le 9 novembre prochain contre les
violations au code électoral. Ils espèrent que le meeting
recevra l'agrément des autorités.
Au cours d'une conférence, durant laquelle l'OSCE a dénoncé
des élections qui ne sont pas conformes «aux normes internationales
de la démocratie», Leo Platvoet, chef de la délégation
du Conseil de l'Europe, a demandé au gouvernement azéri
de ne pas faire obstacle à des manifestations pacifiques. «La
démocratie, a-t-il affirmé, est une pratique quotidienne.
Le pouvoir azerbaïdjanais va avoir l'occasion de montrer qu'il
veut progresser dans le bon sens.»
Le président Aliev, arbitre suprême
Selon l'OSCE, le scrutin du 6 novembre s'est déroulé
sans incidents majeurs dans la journée, mais le climat s'est
détérioré au fur et à mesure qu'on approchait
de la fermeture des bureaux de vote. Les plus graves irrégularités
ont été observées lors du décompte des
voix. Leo Platvoet a affirmé que 43% des décomptes ont
été «mauvais, voire très mauvais».
La commission électorale, réticente par habitude, a
fini par reconnaître que les élections dans vingt circonscriptions
sont contestables et a déposé les constats de fraude
à la présidence. Tout Bakou s'interroge sur l'attitude
que va adopter le chef de l'Etat, car chacun sait dans le pays qu'il
est l'arbitre suprême.
Les Occidentaux tentent de le convaincre que des réélections
partielles ne pourraient nuire à son autorité. Une partie
de son entourage le pousse à adopter une position intransigeante
face à l'opposition. Lui-même serait partagé.
L'Azerbaïdjan est membre du Conseil de l'Europe. Ilham Aliev
sait que cette adhésion lui impose des devoirs. L'OSCE le lui
a rappelé, hier, en déclarant que la République
azérie n'avait pas respecté «ses engagements au
cours des législatives».
Transiger ? Ilham Aliev est placé devant un choix qui pourrait
décider de son propre destin. L'opposition est également
à la croisée des chemins. Ses leaders ont assuré
qu'ils se lançaient dans la «bataille» mais sans
jamais sortir du cadre de la loi constitutionnelle. Ils serrent les
rangs, conscients de leur faiblesse, de leur vulnérabilité.
Du danger d'un choc frontal avec le pouvoir. Selon un proche du «palais»,
Ilham Aliev n'éprouverait que mépris, dédain
face à des opposants dont il dénonce, en privé,
le niveau intellectuel «médiocre».
«Adversaires» démocrates
Pour lui, les démocrates des différents partis restent
des adversaires, l'ennemi qui veut s'emparer du trône, l'usurper.
Mais le chef de l'Etat est également un homme qui aime évoluer
au milieu des dirigeants occidentaux et se soucie de son image.
Devant le siège du Parti démocratique, Ragib, 64 ans,
ne cherche pas à pénétrer les subtilités
de la psychologie du président. Il se moque de savoir si Ilham
Aliev est capable de se montrer un chef d'Etat ou s'il ne restera
à jamais que le fils de son père. Ragib raconte son
propre calvaire. Celui de milliers d'Azéris réduits
à la misère. Il a fini par vendre sa maison. Pour vivre.
Il habite tantôt chez un enfant, tantôt chez l'autre.
Parfois, il décroche un chantier en Ukraine. Ragib part y travailler
pendant quelques mois. De retour, il désespère à
nouveau. Il a déjà été arrêté
trois fois. Il dénonce un pouvoir qui se vautre dans l'or noir
tandis que des milliers d'habitants de Bakou n'ont toujours pas de
gaz et que l'électricité leur est rationnée.
Surtout en hiver.
Le 9 novembre prochain, Ragib se joindra aux manifestants sur la place
Galabé. Il a participé à tous les meetings de
la campagne préélectorale. Il dit que c'est la seule
«dignité» qui lui reste. Protester.
Législatives : le parti du Président
perd la majorité absolue mais reste en tête
Le parti au pouvoir en Azerbaïdjan reste à l'issue des
élections législatives de dimanche le plus important
au Parlement, avec 56 des 125 sièges, perdant toutefois la
majorité absolue qu'il détenait auparavant, selon un
sondage effectué à la sortie des bureaux de vote.
Le Parti Yeni Azerbaïdjan (Nouvel Azerbaïdjan, Yap), dirigé
par le président Ilham Aliev, a remporté 56 sièges,
selon un sondage conduit par Mitofsky International and Edison Media
Research avec des financements privés. Il en détenait
74 auparavant.
"La majorité des voix au nouveau Parlement est allé
au parti Nouvel Azerbaïdjan", a déclaré à
l'AFP un membre de la Commission centrale électorale sous couvert
de l'anonymat.
Mais "un plus grand nombre d'indépendants sera représenté
dans ce nouveau Parlement", a ajouté cette source.
La plus grande coalition d'opposition du pays arrive deuxième,
avec 13 sièges seulement: les trois partis qui la composent
remportent 12 sièges tandis qu'un siège supplémentaire
revient à un candidat indépendant non apparenté
qui s'est présenté sous la bannière Azadliq.
Les députés indépendants gagnent 38 sièges,
selon ce sondage.
Des petits partis se partagent le reste.
Les Azerbaïdjanais ont voté de 08h00 (04h00 GMT) à
19h00 (15h00 GMT) pour renouveler les 125 sièges de leur Parlement
disputés par 1.541 candidats. La participation a atteint près
de 46% des quelque 4,7 millions d'électeurs inscrits, selon
la Commission centrale électorale.
Plus que la composition du Parlement, qui n'a pas de pouvoirs réels,
c'est la crédibilité du président Ilham Aliev
qui était en jeu dans ce scrutin, ainsi que sa capacité
à maintenir la stabilité tout en assurant la démocratisation
de ce pays du Caucase riche en pétrole, où les compagnies
étrangères ont investi des milliards de dollars.
La coalition d'opposition Azadliq (LIberté) a appelé
à l'annulation des élections législatives de
dimanche, les dénonçant comme étant "totalement
falsifiées".
Les 1200 observateurs étrangers présents pour surveiller
le scrutin n'ont pas encore donné leur "verdict"
sur ces élections.
Source : AFP, 6 novembre 2005
Élections législatives sous haute
tension
Défections en cascade parmi les candidats aux législatives
de dimanche en Azerbaïdjan. Dans cette ex-république de
l'URSS devenue pays pétrolier stratégique aux mains d'un
régime autoritaire et héréditaire, la pression
monte, et l'opposition rêve d'emboîter le pas aux révolutions
pacifiques qui ont ces dernières années changé
la donne en Géorgie, Ukraine et Kirghizistan.
Ces derniers temps, le quart des candidats officiellement enregistrés,
soit 496 personnes, ont jeté l'éponge, selon la Commission
électorale centrale, les organisations de défense de droits
de l'homme et militants de l'opposition affirmant qu'ils ont subi des
pressions du régime. Parmi eux, 180 candidats du parti au pouvoir,
Nouvel Azerbaïdjan, fondé par feu Gueïdar Aliev et
dirigé par son fils et actuel président Ilham Aliev.
"Je crains que cela ne fasse partie d'une campagne gouvernementale
contre des candidats qu'il ne veut pas voir gagner", explique Matilda
Bogner, représentante à Bakou de Human Rights Watch.
Lorsque le fils de l'ancien apparatchik de l'ère soviétique
Gueïdar Aliev, au pouvoir dans la nouvelle république depuis
1993, fut élu président en 2003, après avoir été
adoubé par son père mourant, le scrutin fut jugé
non-démocratique et frauduleux par l'OSCE.
Aujourd'hui, la tension est forte à Bakou, nombreux sont ceux
qui craignent une répétition de l'expérience, ainsi
que de nouvelles émeutes et la répression qui s'en suivrait.
A l'époque, elles s'étaient soldées par trois morts
et des centaines d'arrestations.
Les Etats-Unis sont dans une position fort délicate sur l'Azerbaïdjan,
entre leur alliance bien comprise avec ce pays riche en pétrole,
frontalier avec l'Iran et la Russie, et leur désir de promouvoir
la démocratie dans le monde.
L'Azerbaïdjan, pays de huit millions d'habitants majoritairement
chiites, est devenu encore plus stratégique pour Washington avec
l'inauguration en mai dernier de l'oléoduc Bakou-Ceyhan-Tbilissi.
Le "BCT" relie pour la première fois la Caspienne à
la Méditerranée et permet de se passer des Russes pour
approvisionner l'Occident en or noir de la Caspienne... Une nouvelle
route pétrolière vue comme un manne pour l'Azerbaïdjan,
et susceptible de changer la donne pour toute l'Asie centrale.
Bakou joue également un rôle crucial dans la lutte américaine
contre le terrorisme, en Afghanistan puis en Irak, a rappelé
Reno Harnish, ambassadeur américain à Bakou. Il a espéré
que le scrutin soit vraiment démocratique, jugeant les progrès
"impressionnants" ces derniers mois, tout en disant s'inquiéter
des risques de violences pos-électorales et des récentes
arrestations.
Quant à l'alliance de l'opposition, Azadliq (Liberté),
qui réunit toutes les tendances, des libéraux aux islamistes,
elle tenait son dernier meeting préélectoral jeudi à
Soumgaït, ville industrielle à 40 km au nord de Bakou.
"Le peuple d'Azerbaïdjan est totalement prêt à
la victoire de la démocratie, et nous obtiendrons cete victoire
avec lui", a lancé Ali Kerimli, chef du Front populaire
d'Azerbaïdjan.
Peu y croient, au vu des sévères restrictions et d'une
presse totalement aux ordres qui ne cesse d'accuser les candidats de
l'opposition d'être des extrémistes, voire des criminels.
Mais l'opposition a appris les leçons des révolutions
pacifiques qu'ont connues la Géorgie ou l'Ukraine, et espère
bien pouvoir faire descendre la population dans la rue en cas de fraudes.
Bakou de son côté a promis de réprimer tout trouble
à l'ordre public.
Dernier coup dur pour l'opposition, le mois dernier, les autorités
de Bakou faisaient état d'une tentative de putsch, qui aurait
été dirigée par Rasoul Goulïev, un des dirigeants
de l'opposition en exil, et s'est soldée par l'arrestation d'au
moins 12 anciens officiers de l'armée.
Le fils Aliev en a profité pour agiter l'épouvantail d'un
retour au chaos: "ce serait le retour au début des années
90, lorsque des gens en armes ont renversé le gouvernement légitime,
lorsque des gangs remplissaient les rues et terrifiaient les citoyens",
a-t-il mis en garde à la télévision.
Source : AP, 4 novembre 2005
Rusana Gusseïnova, pour l'amour d'Elmar
par Marie Jégo, Le Monde, 4 novembre 2005
1978 Naissance à Bakou (Azerbaïdjan).
2002 Mariage avec Elmar Gusseïnov, rédacteur en chef du
Monitor .
29 OCTOBRE 2003 Naissance de leur fils Aslan.
2 MARS 2005 Elmar est assassiné.
Voici huit mois que Rusana ne s'habille plus qu'en
noir. Veuve à 27 ans, elle porte le deuil de son mari, Elmar
Gusseïnov, journaliste spécialisé dans l'investigation,
assassiné le 2 mars alors qu'il rentrait chez lui, à son
domicile de Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, après sa
journée de travail. Toute émotion contenue, la jeune femme
revient sur le drame. Du bruit se fait entendre dans la cage d'escalier,
elle sort : "Il était là, debout sur le palier. Il
m'a regardée et s'est lentement affaissé. J'ai accouru,
certaine qu'il n'était que blessé." RAPH
Leur fils Aslan, 16 mois, assistait à la scène : "Il
hurlait, je l'ai confié à une voisine. Avant, il babillait,
depuis il ne parle plus." Bientôt, la nouvelle de la mort
d'Elmar se répand en ville. Un défilé incessant
a lieu au pied de l'immeuble. Les habitants du quartier, puis ceux du
centre de Bakou, viennent rendre hommage au journaliste assassiné.
Dépêchée sur les lieux, la police déploie
bientôt un triple cordon autour de l'immeuble. Hors d'elle, Rusana
sort sur son balcon et harangue la foule : "Gens de Bakou, ils
ont tué Elmar et à travers lui ils ont tué notre
liberté ! Resserrons les rangs !"
Huit mois ont passé. Aujourd'hui, Bakou est sous tension à
quelques jours des législatives du dimanche 6 novembre. Dans
un souffle, Rusana Gusseïnova confie avoir peur elle aussi, se
dit "menacée" , montre d'un geste l'homme qui l'a suivie
jusqu'au lieu du rendez-vous, place des Fontaines, à Bakou. Belle,
intelligente, bonne oratrice, ne serait-elle pas une pasionaria idéale
pour une future "révolution de velours" ? Une sorte
d'Ioulia Timochenko méridionale, la natte en moins ? Voilà
précisément le genre de scénario qui donne des
cauchemars aux autorités, effrayées par les révolutions
de couleur survenues ces dernières années en Géorgie
et en Ukraine.
Le scrutin à venir s'annonce houleux. On a pu voir la femme d'Elmar,
le bras levé, à la tribune de la coalition d'opposition
les jours de manifestation. Si elle ne cache pas ses sympathies pour
le bloc Azadlig (Liberté), la coalition des partis d'opposition,
la belle Bakinoise a toutefois décliné l'offre qui lui
a été faite de figurer sur ses listes électorales.
Elle tient trop à son indépendance, un mot qui revient
sans cesse sur ses lèvres, fruit de son éducation au sein
d'une famille d'intellectuels "respectueux de l'individu"
. C'est dans cet esprit qu'elle souhaite éduquer Aslan, son fils.
Avant de rencontrer son mari, Rusana enseignait le piano à des
enfants dans une école de musique de Bakou. De cette période,
elle a gardé une intonation musicale dans la voix qui tranche
avec le pessimisme qui la submerge parfois. Pour chasser le vide laissé
par la mort d'Elmar, elle redouble d'activité, se concentre sur
son travail de rédactrice en chef des Nouvelles de Bakou , un
journal proche de l'opposition tiré à 6 000 exemplaires,
au ton particulièrement vindicatif.
Elmar Gusseïnov, 37 ans, était le journaliste le plus critique
des cercles au pouvoir en Azerbaïdjan, république riche
en hydrocarbures sur la rive occidentale de la Caspienne, tenue de main
de fer par la famille Aliev depuis l'époque soviétique.
Fondateur de trois revues (Les Nouvelles de Bakou, Monitor et Le Boulevard
de Bakou ), ce géant au sourire débonnaire dénonçait
inlassablement les pratiques opaques et la corruption au sein de l'élite
politique, s'érigeait contre le musèlement de la presse.
"Il les rendait fous" , se remémore-t-elle un sourire
aux lèvres.
Mal lui en a pris : fermeture du Monitor , confiscation de ses biens,
condamnation - en 2001 - à un mois de prison ferme. "Il
était constamment harcelé par les autorités et,
un an auparavant, il parlait d'une liste des personnalités à
abattre sur laquelle son nom figurait ." Un jour, Elmar lui avait
décrit sa propre mort, lui expliquant que s'il était assassiné,
cela serait d'une balle dans le dos. "Il avait vu juste."
D'après l'expertise balistique, quatre balles ont effectivement
été tirées dans le dos, deux autres dans le coeur.
Un dernier projectile, "celui du tir de contrôle désigné
dans tout l'espace post-soviétique comme le signe d'un assassinat
commandité" , lui a égratigné le visage. Selon
Rusana, "ce n'est pas par hasard qu'ils ont choisi de le tuer de
façon démonstrative. Il fallait un exemple afin d'ôter
à quiconque l'envie d'être comme lui, de demander des comptes".
Elle en est sûre, les commanditaires sont à chercher dans
le cercle proche du jeune président Ilham Aliev, qui a reçu
le fauteuil présidentiel des mains de son père, Gueïdar,
à la mort de celui-ci, en 2003. Et l'enquête ? "Elle
existe mais seulement en apparence."
Huit mois après la mort d'Elmar, la version officielle des faits
veut que le tueur à gages ait fui le pays, pour la Géorgie
voisine. Dans le discours des autorités, la "piste arménienne"
est également évoquée, une antienne toujours d'actualité
dans cette petite république de Transcaucasie où la haine
envers l'Arménien est sciemment entretenue par les cercles proches
du pouvoir, prompts à faire resurgir le traumatisme des années
de guerre avec l'Arménie voisine à propos de l'enclave
du Karabakh (1988-1994).
"Ceux qui sont à la tête du pays ne reculeront devant
rien pour garder le pouvoir, estime Rusana. On a voulu m'acheter en
me proposant un appartement, une somme d'argent, une destination hors
du pays. Moi, je ne veux rien de tout cela, j'aime trop mon pays pour
partir. Tout ce que je veux, c'est la vérité."
Pour que les idées de son mari continuent à vivre, Rusana
s'est mis en tête de créer une fondation destinée
à encourager de jeunes journalistes talentueux et indépendants
d'esprit, en leur offrant des bourses, des formations, des séjours
à l'étranger. Reste à trouver les financements.
Pour le moment, sa fondation n'a ni local ni statuts. Apparemment, les
autorités se font prier pour l'enregistrer. Mais il en faudrait
plus pour décourager la jeune femme au visage de madone. Une
seule chose compte désormais pour elle : "Qu'aucun adepte
de la libre parole ne soit contraint au silence comme l'a été
Elmar !"
Appel pour la libbération de l'imam Kazim
Aliev
Kazim Aliev est l'imam de l'unique mosquée sunnite de la deuxième
ville d'Azerbaïdjan, Gyanja. Il est emprisonné au camp péntientiaire
n°15 de Bakou depuis trois ans et demi. il est accusé d'avoir
préparé un soulèvement armé pour créer
un État islamique, accusation que son avocat, Eldar Zeynalov,
chef du centre des droits humains d'Azerbaïdjan, rejette catégoriquement.
Un appel en sa faveur est en cours auprès de la Cour européenne
des droits de l'homme. La famille et la mosquée d'Aliev viennent
de lancer un appel pour sa libération. Marié et père
de trois enfants, Aliev a sans doute été emprisonné
sur dénonciation d'autres imams de la ville, jaloux de son succès
auprès des fidèles et du fait qu'il demandait des contributions
financières pour pratiquer des rituels religieux. Au début
de son arretsation, Aliev s'était retrouvé entre les mains
du Département de contre-espionnage militaire, puis les charges
retenues contre lui ont été modifiées.
Source : www.forum18.org, 25 octobre 2005
Nouveaux clashes et arrestations à Bakou
Les dimanches se suivent et se ressemblent à Bakou, où
les militants de l'opposition se heurtent aux forces de police et finissent
en prison. Ainsi, dimanche 9 octobre, 400 militants du Bloc Azadlyg,
qui regroupe le Parti démocratique, le parti Musavat et le Front
populaire, se sont heurtés aux matraques de la police anti-émeutes.
28 d'entre eux ont été arrêtés, 27 ont été
blessés. Ali Kerimli, dirigeant du Front populaire, a déclaré
que les autorités avaient prévu de faire usage de la force
: «Nous avions demandé à la mairie de nous attribuer
un lieu pour le rassemblement, mais celle-ci a suivi les recommandations
de l'administration présidentielle et a refusé de nous
accorder un lieu, ce qui est illégal. »
Source : UPI, 10 octobre 2005
Les opposants «orange» matés
par la police
par Irina de Chikoff , Le Figaro, 3 octobre 2005
C'EST un rite. Toutes les fins de semaine, l'opposition politique azérie
manifeste à Bakou. Pour la liberté et pour des élections
législatives sans fraudes, le 6 novembre prochain. La police
reçoit l'ordre de disperser la foule. On dénombre quelques
blessés. Plusieurs meneurs sont interpellés. Le lendemain,
les leaders des coalitions radicales protestent contre la «répression».
Le même scénario s'est reproduit samedi dernier dans le
centre ville. Des groupes d'opposants ont essayé de rejoindre
la place Jafar-Jabarly. Des cordons de policiers les ont contraints
à battre en retraite. Plusieurs candidats d'opposition ont été
arrêtés. Selon le pouvoir, ces rassemblements, non autorisés,
sont soutenus par des ONG étrangères. Après avoir
tenté de réunir opposition et administration présidentielle
autour d'une table de négociation, l'ambassade des États-Unis
en Azerbaïdjan a appelé les autorités et les manifestants
«à la modération».
L'Amérique craint une déstabilisation de l'Azerbaïdjan
qui irait à l'encontre de ses intérêts. Elle doute
aussi de la fiabilité d'une opposition disparate bien que coalisée.
Plus de 2 000 candidats vont se disputer les 125 sièges du Parlement
monocaméral, dans un mois. Le chef de l'État, Ilham Aliev,
qui a succédé en 2003 à son père au cours
d'une élection contestée par ses opposants, a promis un
scrutin transparent. L'opposition refuse de lui faire crédit.
Les Occidentaux, après les déboires du Kirghistan et surtout
le drame d'Andijan en Ouzbékistan, sont enclins à la prudence
et misent sur une démocratisation progressive du pays. Aliev
y serait lui-même favorable. En mai dernier, d'innombrables délégations
étrangères étaient rassemblées dans la capitale
azérie pour inaugurer l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan
(BTC) qui va permettre de transporter le pétrole de la Caspienne
vers les marchés occidentaux.
Est-ce le moment de prendre le risque d'un bouleversement au nom d'une
«révolution» dont les modèles, en Ukraine
comme en Géorgie ne sont plus considérés comme
probants ? Dans les milieux diplomatiques de la capitale azérie,
on estime volontiers qu'il est urgent d'attendre. Mais la manne pétrolière
aiguise les appétits. Issar Gambar, leader du parti Moussavat,
affirmait il y a peu : «Nous libérerons le pays du régime
d'Aliev.»
La jeunesse ne cache pas son impatience. Les mouvements dans lesquels
elle milite sont calqués sur ceux des révolutions de couleur
et ne réclament pas l'impossible. Certains demandent notamment
à l'issue des élections du 6 novembre «un gouvernement
normal».
Campagne pour Monear Eldrissy, citoyen britannique
condamné à 12 ans de prison à Bakou
La Commission islamique des droits humains (Islamic Human Rights Commission)
de Grande-Bretagne mène une campagne en faveur de Monear Eldrissy,
un citoyen britannique de 27 ans, qui a été condamné
au terme d'un procès secret à Bakou, le 13 juin 2005,
à 12 ans de prison. Marié avec une citoyenne britannique
et père d'un enfant de 3 ans, Eldrissy a été arrêté
à Bakou le 15 octobre 2004, alors qu'il était sur le point
de rentrer à Londres. Quelques heures plus tard, la police londonienne
effetctuait un raid contre sa maison, celle de sa mère et celle
de ses beaux-parents. Sa famille était détenue 3 jours
et découvrait à son retour à la maison que les
serrures avaient été changées. Monear a été
détenu dans la prison de Bailov, réputée pour les
conditions difficiles qui sont faites aux détenus. Pendant plusieurs
mois, les autorités consulaires ne lui ont pas rendu visite.
Le procès a commencé en avril 2005 et Monear n'a pas pu
établir de communication satisfaisante avec son avocat commis
d'office. Des représentants britanniques n'ont pas été
autorisés à assister aux audiences.
Le vice-consul britannique Derek Lavery a déclaré au détenu
que les prisons azéries sont "les meilleures du monde"
La mauvaise volonté du Foreign Office à intervenir pour
assister Monear contraste avec l'intervention rapide qui avait conduit
à la libération de Mme Almas Guliyeva, une autre citoyenne
britannique, 3 semaines après son arrestation en juin 2005. Mais
celle-ci n'est pas musulmane...
Pour participer à la campagne, aller à : http://www.ihrc.org/
Un coup d'État
pour 2000 $ ? L'étrange affaire Ruslan Bashirli
Une étrange affaire agite l'Azerbaïdjan depuis le début
du mois : il s'agit de l'arretstaion, le 3 août, de Ruslan Bashirli,
chef de l'organisation de jeunesse Yeni Fikir, qui compte 2000 membres
et est liée au Front populaire, l'un des principaux partis d'opposition.
Les services du procureur général de Bakou ont fourni
aux chaînes de télévision une vidéo montrant
Bashirli signant un reçu pour un chèque de 2000 $ et buvant
du cognac avec deux hommes présentés comme des agents
des services de renseignement arméniens, à Tbilisi, capitale
de la Géorgie, où il avait été invité
par l'ONG géorgienne Démocratie sans frontières.
Selon l'avocat de Bashirli, les deux hommes étaient des représentants
de cette organisation et Bashirli avait l'intention d'utiliser cet argent
pour financer son prochain mariage. Mais il est accusé d'avoir
voulu ainsi financer un coup d'État. Cette affaire a déclenché
une campagne violente des forces pro-gouvernementales contre l'opposition
et en premier lieu le Front populaire, accusés de préparer
un coup d'État avec le soutien financier des services secrets
arméniens, ce qui est le pire crime concevable en Azerbaïdjan.
Le régime de Bakou, traumatisé comme tous ses semblables
du Caucase et d'Asie centrale par les "révolutions"
pro-américaines de Géorgie, d'Ukraine et du Kirghizistan,
est bien décidé à ne pas se laisser faire et à
remporter les prochaines élections, prévues pour le mois
de novembre, coûte que coûte.
Source : http://www.eurasianet.org
, 12 août 2005
18/05/05 Un leader de l'opposition
empoisonné
Un leader d'opposition azerbaïdjanais,
sorti récemment de prison, est mort dans des circonstances mystérieuses,
au moment d'une vague d'arrestations qui a vu 29 personnes interpellées
en 48 heures, ont indiqué vendredi des sources d'opposition.
Ehtiram Jalilov, numéro deux du Parti national démocrate
d'Azerbaïdjan, est le deuxième militant d'opposition à
mourir cette année dans des circonstances obscures, a indiqué
un autre parti d'opposition, Musavat.
Jalilov était en train de prendre un thé avec un collègue
mercredi, quand il s'est écroulé sur la table, mort, selon
Qabil Huseynli, numéro deux de Musavat, l'un des partis d'opposition
les plus connus.
En février, un militant de Musavat âgé de 21 ans
est mort dans des circonstances similaires, alors qu'il était
en prison pour avoir participer aux manifestations d'opposition lors
de l'élection présidentielle de 2003.(AFP)
27/12/04
- Ras-le-bol des réfugiés tchétchènes
Les réfugiés tchétchèhnes exigent que les
autorités azéries cessent de les harceler, de les enlevers
et de les livrer aux autorités russes. Selon Aliovsat Aliyev,
défenseur des droits des réfugiés tchétchènes,
dit que “seuls les personnes déplacées de Tchétchènie
sont soumises à des discriminations quand elles obtiennent le
statut de réfugiés. L’Azerbaïdjan ne protège
pas les droits qu’ils ont en tant que réfugiés et,
de fait, ils sont privés de tout droit. ils ne reçoivent
aucune aide matérielle, ni de l’Azerbaïdjan ni du
Haut commissariat des réfugiés des Nations unies. »
Les réfugiés enviagent donc d’organiser des rassemblements
publics pour exprimer leur ras-le-bol et faire valori leurs droits.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004
Les
élections municipales du 17 décembre dénoncées
par l’OSCE
« Le mauvais temps et le boycott de la part des principaux partis
d’opposition ont provoqué l’nactivité et l’indifférence
des électeurs. La participation dans certaines municipalités
a été de moins de 20% 7 : le rapport de l’OSCE sur
les électionsmunicpales du 17 décembre est une condamnation
sans appel. L’OSCE avait déployé 40 groupes d’osbervateurs
qui ont visité plus de 200 bureaux de vote et ont enregistré
de nombeuses violations des règles durant le vote et dans le
comptage des voix. Ces élections, constate l’OSCE, n’ont
pas satisfait aux normes définies par le Document de Copenhague
de 1990.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004
Le
Front populaire propose un front uni de l’opposition aux élections
législatives de 2005
Après les élections muncipales, qui ont vu pour la première
fois la population boycotter activement et massivement une consultation
électorale, le Front populaire a tiré des conclusions
: le pouvoir en place ne veut pas tenir d’élections démocratiques,
l’opposition doit donc faire une véritable démonstration
de force lors des élections législatives de l’automne
2005, faute de quoi elle disparaîtra de l’arène politique
azerbaïdjanaise. C’est pourquoi le front populaire propose
à toutes les forces démocratiques de créer un bloc
uni pour cette prochaine échéance électorale. «Nous
n’avons pas d’autre choix », estime le dirigeant du
Front, Ali Karimli.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004
23/12/04
- Congrès du Parti national démocratique
Le Parti national démocratique d’Azerbaïdjan (anciennement
Boz Gurd) a tenu son troisième congrès à Bakou
le 19 décembre. 350 délégués de 50 rayons
y ont participé. Le congrès a réélu comme
président Iskander Hamidov, ancien ministre de l’Intérieur,
libéré par grâce présidentielle l’année
dernière après avoir passé 9 ans en prison.
Source : RFE/RL, 19 décembre 2004
20/12/04
- British Petroleum ne respecte rien
Des organisations azéries de défense des droits humains
et des droits des travailleurs ont engagé une protestation vigoureuse
contre la profanation par British Petroleum d'un cimetière situé
près de la frontière avec la Géorgie, dans la région
d'Agstafinsky. Le cimetière se trouvant sur le chemin de l'oléoduc
Bakou-Tbilisi-Ceycan, 23 tombes ont été violées,
ce qui n'est pas seulement une atteinte aux règles de l'islam,
mais comporte un risque sanitaire, puisque ces tombes abritaient les
restes de personnes mortes d'une épidémie au début
du siècle dernier et cela pourrait, selon les protestataires,
répandre à nouveau l'épidémie. Mirvara Gaxramana,
présidente du Comité pour la protection des droits des
travailleurs du pétrole, a déclaré : «Le
pippeline ne justifie pas qu'on déplace une seule tombe. Et le
consortium avait largement le temps de trouver un tracé qui respecte
les cimetières. »
Source : Prima-News, 15 décembre 2004
Élections
municipales boycottées par l'opposition, qui a vraiment mauvais
esprit
Les élections pour le renouvellement de 2 700 conseils municipaux
se sont déroulées les 16 et 17 décembre. Les 3
principaux partis d'opposition boycottent ces élections pour
deux raisons : le contrôle gouvernemental sur les responsables
du vote et le caractère non-démocratique de la loi électorale.
Quant à un autre parti d'opposition, qui participe aux élections,
le Parti national azebaïdjanais de l'indépendance, il a
dénoncé diverses irrégularités : bourrage
d'urnes, électeurs empêchés de voter, observateurs
expulsés des bureaux de vote. Dégoûté par
ce mauvais esprit de ses opposants, le président Ilham Aliyev
a déclaré qu'il était impossible d'avoir un "dialogue
normal" avec eux.
Source : AP, 17 décembre 2004
24/11/04
- La
condamnation de Rauf Arifoglu confirmée en appel
La cour d'appel de Bakou a confirmé, le 19 novembre, la condamnation
de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition
du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition
Musavat, à cinq ans de prison pour " trouble à l'ordre
public " et " refus d'obtempérer ".
La cour d'appel a également confirmé la condamnation des
six autres leaders de l'opposition accusés d'avoir organisé
les émeutes qui ont agité le pays à la suite de
l'élection présidentielle contestée du 15 octobre
2003.
Source : www.rsf.fr, 22 novembre 2004
20/11/04
- Makhira Mouradova va demander justice à Strasbourg
Makhira Mouradova manifestait le 16 octobre 2003 dans le square Azaldyg
(Liberté...) à Bakou contre l'élection frauduleuse
d'Ilham Aliev. Un policier en tenue de camouflage et prtant cagoule
s'est acharné sur elle à coups de matraque alors qu'elle
était à terre. Makhira y a perdu son oeil droit. Depuis,
elle cherche en vain à faire reconnaître son invalidité
pour obtenir une pension. Elle a porté plainte contre le ministère
de l'Intérieur, auquel elle réclame un million de $ de
dommages et intérêts. Mais n'ayant que peu de confiance
dans la justice de son pays, elle s'apprête à déposer
plainte contre le gouvernement de Bakou auprès de la Cour européenne
des droits de l'home à Strasbourg. Son avocat Ishkan Ashurov
a constitué le dossier à présenter aux juges européens.
Source : Prima-News, 16 novembre 2004
19/11/04
- Le journal Yeni Musavat contraint de fermer
Le principal quotidien d'opposition azéri, Yeni Musavat, a été
contrait de fermer, ayant été poussé à la
faillite par l'avalanche d'amendes très salées qui lui
ont été infligées par des tribunaux, suite à
des plaintes pour diffamation de caciques du régime. Le 22 octobre
dernier, son rédacteur en chef, Rauf Arifoglu, avait été
condamné à 5 ans de prison pour pour « trouble à
l'ordre public » et « refus d'obtempérer ».
Il avait été arrêté après les manifestations
d eprotestation, en octobre 2003, contre l'élection frauduleuse
d'Ilham liev, qui avait succédé à son père.
Source : Prima-News, 16 novembre 2004
12/10/04 - Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev a nouveau empêché
de voyager
Pour la deuxième fois en moins d'un mois, Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev,
le jeune imam de la mosquée Juma de Bakou, a été
empêché le 6 octobre de se rendre à l'étranger.
Cette fois-ci il s'agissait pour lui de participer à une conférence
de l'OSCE sur la liberté religieuse à Varsovie. Les autorités
azeries ne tenant pas à ce qu'il dénonce devant un auditoire
international les atteintes à la liberté religieuse en
Azerbäidjan, eles ont donc recouru aux bonnes vieilles méthodes
de l'époque soviétique. Allahverdiev dirige la mosquée
millénaire Juma de Bakou, fermée par le gouvernement depuis
le mois de juin.
Source : www.forum18.org
17/09/04
- Ilgar Ibrahimoglu empêché de voyager
Le 12 septembre, l’imam de la mosquée Juma de Bakou - fermée
par les autorités -, Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev
a été empêché de se rendre à Bruxelles
pour y participer à une conférence de l’OSCE sur
le raisme et la discrimination. Aucune raison officielle n’a été
donnée à ce refoulement, intervenu au dernier moment,
alors que l’imam avait déjà enregistré son
embarquement sur un vol de la Lufthansa et avait passé le contrôle
de douane.
Source : www.forum18.org, 16 septembre 2004
18/08/04
-Pour une poignée de manats
Une anecdote illustre une fois de plus les drôles de méthodes
de l la justice azéri. Cela se passe à Bakou, à
l'occasion du procès des dirigeants d'opposition accusés
d'avoir organisés des "émeutes" en octobre dernier
pour protester contre l'élection frauduleuse d'Aliev fils. Le
témoin Nahid Mamedov a rétracté son témoignage
devant le tribunal le 12 août, déclarant qu'il avait été
battu et avait eu des dents brisées, ajoutant qu'on lui avait
refusé toute assistance médicale. Comble de l'affaire
: le matin du 12 août, avant sa comparution, Mamedov a été
conduit au bureau du procureur général, où on lui
a proposé la somme de 90 000 manats (15 Euro !) pour qu'il répète
son témoignage à la barre, ce qu'il a refusé.
Source : Turan, 12 août 2004
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