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La police attaque les manifestants d’opposition à Bakou


Des policiers accompagné de chiens, armés de matraques et appuyés par des canons à eau ont frappé samedi à Bakou des manifestants rassemblés à l'appel de l'opposition qui, dénonçant des fraudes, réclame l'annulation des législatives du 6 novembre en Azerbaïdjan. C'est la première fois depuis ce scrutin que les autorités font usage de la force contre les manifestants.
Quelque 15 000 opposants au pouvoir étaient réunis dans la capitale azerbaïdjanaise. Mais contrairement aux rassemblements précédents, ils ont essayé de mettre en place une manifestation permanente sur une place dans le centre de Bakou, déclenchant une réaction violente de la police.
Les dirigeants de l'opposition venaient d'annoncer qu'ils allaient s'installer sur la place, quand la police est intervenue pour disperser la foule à coup de matraques. Des manifestants ont crié "Liberté!", et certains ont lancé des pierres sur les policiers, cachés derrière des boucliers. Plusieurs centaines de policiers et soldats étaient déployés autour de la place pour intervenir.
Source : AP, 26 novembre 2005

À Bakou, 30 000 manifestants réclament de nouvelles élections


L'opposition azerbaïdjanaise a réussi à mobiliser près de 30.000 manifestants samedi à Bakou pour exiger l'annulation des législatives jugées frauduleuses du 6 novembre, réussissant sa plus forte mobilisation depuis deux semaines qu'elle prône une Révolution orange dans la patience.
"Nous allons atteindre notre but et réussir un changement de régime", a assuré à la foule Isa Gambar, un des dirigeants du Front démocratique, grande alliance d'opposition créée au lendemain de législatives critiquées par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dans le but d'obtenir leur annulation et l'organisation d'un nouveau scrutin.
Le même Isa Gambar avait appelé les 15.000 manifestants réunis le 9 novembre lors de la première manifestation de contestation du scrutin à patienter et à repousser le moment de "planter les tentes" comme à Kiev fin 2004.
"Ces élections ont été remportées par l'opposition. Le peuple a gagné", a ajouté M. Gambar, alors que le parti au pouvoir dans cette ex-république soviétique a obtenu 63 des 125 sièges du Parlement, contre 10 pour l'opposition.
Cette semaine, les dirigeants des formations antigouvernementales ont décidé que ceux d'entre eux qui ont obtenu ces sièges refuseraient de les occuper tant que de nouvelles élections ne seraient pas organisées. Et ce malgré les concessions faites par les autorités, qui ont annulé les résultats dans quatre circonscriptions et ont ordonné un nouveau comptage dans une autre.
Ils persévèrent ainsi dans une stratégie de lutte dans la légalité et dans la durée, après s'être livrés avant les législatives à des protestations interdites, violemment réprimées.
Plusieurs manifestations, autorisées, ont ainsi été organisées à Bakou, la plus importante jusqu'ici ayant réuni 20.000 personnes dimanche dernier sur cette même place de la Victoire.
En outre, cette semaine, des manifestations ont été organisées en province, comme à Naftchala (est), où 1.000 personnes ont protesté vendredi.
"Je viens à chacune de ces manifestations afin de mettre fin à ce régime dictatorial. Ce régime doit partir, les élections doivent être annulées", a déclaré un des manifestants, Shamhi Gahramanov, âgé de 24 ans.
Samedi encore, les manifestants, nombreux à porter des vêtements et des drapeaux orange en référence à la Révolution de fin 2004 en Ukraine, ont scandé "démissionne" dans des appels au président Ilham Aliev.
Plusieurs centaines de policiers anti-émeutes ont été déployés pour encadrer cette manifestation, qui s'est dispersée dans le calme, malgré certains appels à faire un sit-in comme à Kiev, quand les Ukrainiens étaient restés mobilisés pendant des jours sur la place de l'Indépendance.
Les dirigeants de l'opposition azerbaïdjanaise ont, quant à eux, insisté sur la nécessité de se disperser, une fois de plus, et sur leur volonté de faire annuler les élections par les voies légales. Le ministre de l'Intérieur, Ramil Usubov, a, pour sa part, prévenu la veille à la télévision que toute tentative de "déstabilisation" serait "catégoriquement" empêchée.
Mais des voix au sein de l'opposition envisageaient de passer à la vitesse supérieure et d'organiser un sit-in malgré l'interdiction des autorités, face au risque d'épuisement de la mobilisation populaire, deux semaines après les législatives.
"Nous devrons en venir à de telles mesures", a ainsi relevé cette semaine Ali Kerimli, un des chefs de file de l'opposition, sans toutefois préciser quand de telles manifestations interdites seraient organisées, entretenant un peu plus la confusion qui règne autour de la stratégie de l'opposition.
La commission électorale doit, quant à elle, annoncer les résultats définitifs dans une semaine, le 26 novembre.
Source : AFP, 19 novembre 2005

 

Erreur de casting à Bakou


Les drapeaux oranges brandis par les manifestants de mercredi à Bakou, qui protestaient contre les élections qu'ils estiment truquées de dimanche, révèlent une véritable erreur de casting : l'opposition azerbaïdjanaise unie semble vraiment croire qu'elle pourra obtenir le soutien de Washington, comme cela avait été le cas pour l'Ukraine. Manque de pot pour cette opposition, les USA sont très satisfaits de Ilham Aliev, comme ils l'étaient de son père Haïdar, qui est même allé mourir chez eux. Aliev fournit du pétrole, et c'est tout ce qu'on lui demande. Allz, les Aéris, encore un effort pour devenir indépendants et arrêter de croire que le salut viendra de Washington !

 

À Bakou, les opposants orange descendent dans la rue


par Irina de Chikoff , Le Figaro, 10 novembre 2005
LA PLACE GÉLÉBÉ (Victoire) est à l'opposition azérie ce que fut l'esplanade Maïdan à la «révolution orange» ukrainienne. Les opposants, drapeaux orange en tête, se sont rassemblés, hier, sur cette place de Bakou, à l'appel de tous les partis antigouvernementaux. Pour la première fois, ils font front commun. Afin de protester contre les fraudes commises pendant les élections législatives du 6 novembre dernier et contraindre le pouvoir à annuler un scrutin que l'OSCE a jugé non conforme «aux normes démocratiques internationales».
Elchat, militant du Front populaire, une des trois organisations du bloc Azdaliq, avait craint que l'Occident n'entérine les résultats qui accordent la victoire au parti majoritaire Yeni azerbaïdjan (YAP). «J'avais peur que pour préserver leurs intérêts, les Etats-Unis et l'Europe ne disent que les élections ne furent pas parfaites mais qu'un nouveau pas vers la démocratie a été franchi. J'en faisais des cauchemars.» Mais la sentence de l'OSCE est tombée. Impitoyable. Et l'ambassadeur de Norvège a enfoncé le clou : «Ces élections ont marqué un pas en arrière pour la démocratie.»

«Cercueil du pouvoir»
Azadliq a mobilisé ses sympathisants. La coalition d'opposition Yeni Siaset (YES), généralement plus réservée, s'est associée au mouvement de protestation. Tous les leaders de l'opposition sont sur la place Gélébé. Idrak Abbassov, un journaliste indépendant de Bakou, est impressionné : «Il y a un monde fou. Plus de 15 000 personnes. On sent que ces gens sont mobilisés par un véritable espoir. Ils demandent la démission du président. Ils veulent que soient châtiés les tricheurs.»
Entre les étendards orange, des drapeaux russes du mouvement contestataire Oborona et ukrainiens de Pora, un des fers de lance de la «révolution orange», flottent au-dessus des manifestants. Des jeunes de l'organisation Yeni Fikri (Nouvelle Idée) distribuent des tracts sur lesquels on peut lire : «Défendez votre voix.» Les libéraux agitent leurs propres fanions rouges. A la tribune, Sardar Djalaloglu, vice-président du Parti démocratique, affirme que les manifestants de Gélébé sont plus nombreux que ceux qui se trouvaient sur le Maïdan à Kiev ou le boulevard Roustaveli à Tbilissi. Il tient des oeillets à la main. «Grâce au choix du peuple azerbaïdjanais qui a voté pour la liberté, dit-il, nous allons déposer ces oeillets sur le cercueil d'un pouvoir corrompu.»
Un peu à l'écart, des centaines de policiers armés de matraques serrent les rangs. La manifestation est autorisée jusqu'à 18 heures. Le ministère de l'Intérieur a prévenu qu'il n'admettrait aucune infraction à la loi. Un juriste de 38 ans, Ali Keremli, président du Front populaire, a affirmé que l'opposition ne sortirait pas du cadre de la légalité «mais si le pouvoir ne prend pas en compte la volonté du peuple, nous exigerons un changement de régime et je suis convaincu que nous y parviendrons».
Dans la circonscription où se présentait Ali Keremli, son rival du YAP a été proclamé gagnant. Saisie, la commission électorale a dû reconnaître qu'il y a eu des «erreurs» dans le décompte des voix. Sur la place Gélébé, un orateur lit les noms des candidats de l'opposition qui auraient été dépossédés de leur victoire. La foule scande les mots «Azadliq» (liberté) et «démission». Plusieurs banderoles en appellent à George W. Bush, réclamant que l'Amérique aide l'Azerbaïdjan à devenir une démocratie.
A tour de rôle, Issa Gambar, leader du Moussavat, Ali Keremli, Sardar Djalaloglu, Eldar Namazov, président du bloc d'opposition YES, et Lala Shevket du parti libéral d'union nationale vont s'adresser aux manifestants. Pour les exhorter à poursuivre la «bataille». Mais à 18 heures précises, l'opposition a appelé ses partisans à se disperser dans le calme et leur a donné rendez-vous samedi prochain. Sur la place Gélébé.

Bras de fer politique : l'opposition conteste la victoire du pouvoir aux législatives et appelle à manifester ce mercredi


par Irina de Chikoff, Le Figaro, 8 novembre 2005
AU LENDEMAIN des élections législatives dont les innombrables irrégularités ont été dénoncées par l'opposition et critiquées par l'OSCE, le pouvoir azerbaïdjanais a prévenu qu'il ne tolérerait aucune entorse à l'ordre public.
Les partis démocratiques savent que la présidence ne se paye pas de mots. Ils ont contesté la validité du scrutin du 6 novembre dont les résultats partiels donnent une nette victoire au parti majoritaire Eni Azerbaïdjan (63 sièges sur 125) et réclament leur annulation, mais aucun leader de la coalition Azadliq ne songe à se lancer dans une aventure qui mettrait en danger non seulement ses militants mais la population tout entière. Réunis, hier, au siège du Parti démocratique à Bakou, Issa Gambar, dirigeant du Moussavat, et Ali Keremli, président du Front populaire, ont appelé les Bakinois à manifester le 9 novembre prochain contre les violations au code électoral. Ils espèrent que le meeting recevra l'agrément des autorités.
Au cours d'une conférence, durant laquelle l'OSCE a dénoncé des élections qui ne sont pas conformes «aux normes internationales de la démocratie», Leo Platvoet, chef de la délégation du Conseil de l'Europe, a demandé au gouvernement azéri de ne pas faire obstacle à des manifestations pacifiques. «La démocratie, a-t-il affirmé, est une pratique quotidienne. Le pouvoir azerbaïdjanais va avoir l'occasion de montrer qu'il veut progresser dans le bon sens.»

Le président Aliev, arbitre suprême
Selon l'OSCE, le scrutin du 6 novembre s'est déroulé sans incidents majeurs dans la journée, mais le climat s'est détérioré au fur et à mesure qu'on approchait de la fermeture des bureaux de vote. Les plus graves irrégularités ont été observées lors du décompte des voix. Leo Platvoet a affirmé que 43% des décomptes ont été «mauvais, voire très mauvais».
La commission électorale, réticente par habitude, a fini par reconnaître que les élections dans vingt circonscriptions sont contestables et a déposé les constats de fraude à la présidence. Tout Bakou s'interroge sur l'attitude que va adopter le chef de l'Etat, car chacun sait dans le pays qu'il est l'arbitre suprême.
Les Occidentaux tentent de le convaincre que des réélections partielles ne pourraient nuire à son autorité. Une partie de son entourage le pousse à adopter une position intransigeante face à l'opposition. Lui-même serait partagé. L'Azerbaïdjan est membre du Conseil de l'Europe. Ilham Aliev sait que cette adhésion lui impose des devoirs. L'OSCE le lui a rappelé, hier, en déclarant que la République azérie n'avait pas respecté «ses engagements au cours des législatives».
Transiger ? Ilham Aliev est placé devant un choix qui pourrait décider de son propre destin. L'opposition est également à la croisée des chemins. Ses leaders ont assuré qu'ils se lançaient dans la «bataille» mais sans jamais sortir du cadre de la loi constitutionnelle. Ils serrent les rangs, conscients de leur faiblesse, de leur vulnérabilité. Du danger d'un choc frontal avec le pouvoir. Selon un proche du «palais», Ilham Aliev n'éprouverait que mépris, dédain face à des opposants dont il dénonce, en privé, le niveau intellectuel «médiocre».

«Adversaires» démocrates
Pour lui, les démocrates des différents partis restent des adversaires, l'ennemi qui veut s'emparer du trône, l'usurper. Mais le chef de l'Etat est également un homme qui aime évoluer au milieu des dirigeants occidentaux et se soucie de son image.
Devant le siège du Parti démocratique, Ragib, 64 ans, ne cherche pas à pénétrer les subtilités de la psychologie du président. Il se moque de savoir si Ilham Aliev est capable de se montrer un chef d'Etat ou s'il ne restera à jamais que le fils de son père. Ragib raconte son propre calvaire. Celui de milliers d'Azéris réduits à la misère. Il a fini par vendre sa maison. Pour vivre. Il habite tantôt chez un enfant, tantôt chez l'autre. Parfois, il décroche un chantier en Ukraine. Ragib part y travailler pendant quelques mois. De retour, il désespère à nouveau. Il a déjà été arrêté trois fois. Il dénonce un pouvoir qui se vautre dans l'or noir tandis que des milliers d'habitants de Bakou n'ont toujours pas de gaz et que l'électricité leur est rationnée. Surtout en hiver.
Le 9 novembre prochain, Ragib se joindra aux manifestants sur la place Galabé. Il a participé à tous les meetings de la campagne préélectorale. Il dit que c'est la seule «dignité» qui lui reste. Protester.

Législatives : le parti du Président perd la majorité absolue mais reste en tête


Le parti au pouvoir en Azerbaïdjan reste à l'issue des élections législatives de dimanche le plus important au Parlement, avec 56 des 125 sièges, perdant toutefois la majorité absolue qu'il détenait auparavant, selon un sondage effectué à la sortie des bureaux de vote.
Le Parti Yeni Azerbaïdjan (Nouvel Azerbaïdjan, Yap), dirigé par le président Ilham Aliev, a remporté 56 sièges, selon un sondage conduit par Mitofsky International and Edison Media Research avec des financements privés. Il en détenait 74 auparavant.
"La majorité des voix au nouveau Parlement est allé au parti Nouvel Azerbaïdjan", a déclaré à l'AFP un membre de la Commission centrale électorale sous couvert de l'anonymat.
Mais "un plus grand nombre d'indépendants sera représenté dans ce nouveau Parlement", a ajouté cette source.
La plus grande coalition d'opposition du pays arrive deuxième, avec 13 sièges seulement: les trois partis qui la composent remportent 12 sièges tandis qu'un siège supplémentaire revient à un candidat indépendant non apparenté qui s'est présenté sous la bannière Azadliq.
Les députés indépendants gagnent 38 sièges, selon ce sondage.
Des petits partis se partagent le reste.
Les Azerbaïdjanais ont voté de 08h00 (04h00 GMT) à 19h00 (15h00 GMT) pour renouveler les 125 sièges de leur Parlement disputés par 1.541 candidats. La participation a atteint près de 46% des quelque 4,7 millions d'électeurs inscrits, selon la Commission centrale électorale.
Plus que la composition du Parlement, qui n'a pas de pouvoirs réels, c'est la crédibilité du président Ilham Aliev qui était en jeu dans ce scrutin, ainsi que sa capacité à maintenir la stabilité tout en assurant la démocratisation de ce pays du Caucase riche en pétrole, où les compagnies étrangères ont investi des milliards de dollars.
La coalition d'opposition Azadliq (LIberté) a appelé à l'annulation des élections législatives de dimanche, les dénonçant comme étant "totalement falsifiées".
Les 1200 observateurs étrangers présents pour surveiller le scrutin n'ont pas encore donné leur "verdict" sur ces élections.
Source : AFP, 6 novembre 2005

 

Élections législatives sous haute tension


Défections en cascade parmi les candidats aux législatives de dimanche en Azerbaïdjan. Dans cette ex-république de l'URSS devenue pays pétrolier stratégique aux mains d'un régime autoritaire et héréditaire, la pression monte, et l'opposition rêve d'emboîter le pas aux révolutions pacifiques qui ont ces dernières années changé la donne en Géorgie, Ukraine et Kirghizistan.
Ces derniers temps, le quart des candidats officiellement enregistrés, soit 496 personnes, ont jeté l'éponge, selon la Commission électorale centrale, les organisations de défense de droits de l'homme et militants de l'opposition affirmant qu'ils ont subi des pressions du régime. Parmi eux, 180 candidats du parti au pouvoir, Nouvel Azerbaïdjan, fondé par feu Gueïdar Aliev et dirigé par son fils et actuel président Ilham Aliev.
"Je crains que cela ne fasse partie d'une campagne gouvernementale contre des candidats qu'il ne veut pas voir gagner", explique Matilda Bogner, représentante à Bakou de Human Rights Watch.
Lorsque le fils de l'ancien apparatchik de l'ère soviétique Gueïdar Aliev, au pouvoir dans la nouvelle république depuis 1993, fut élu président en 2003, après avoir été adoubé par son père mourant, le scrutin fut jugé non-démocratique et frauduleux par l'OSCE.
Aujourd'hui, la tension est forte à Bakou, nombreux sont ceux qui craignent une répétition de l'expérience, ainsi que de nouvelles émeutes et la répression qui s'en suivrait. A l'époque, elles s'étaient soldées par trois morts et des centaines d'arrestations.
Les Etats-Unis sont dans une position fort délicate sur l'Azerbaïdjan, entre leur alliance bien comprise avec ce pays riche en pétrole, frontalier avec l'Iran et la Russie, et leur désir de promouvoir la démocratie dans le monde.
L'Azerbaïdjan, pays de huit millions d'habitants majoritairement chiites, est devenu encore plus stratégique pour Washington avec l'inauguration en mai dernier de l'oléoduc Bakou-Ceyhan-Tbilissi. Le "BCT" relie pour la première fois la Caspienne à la Méditerranée et permet de se passer des Russes pour approvisionner l'Occident en or noir de la Caspienne... Une nouvelle route pétrolière vue comme un manne pour l'Azerbaïdjan, et susceptible de changer la donne pour toute l'Asie centrale.
Bakou joue également un rôle crucial dans la lutte américaine contre le terrorisme, en Afghanistan puis en Irak, a rappelé Reno Harnish, ambassadeur américain à Bakou. Il a espéré que le scrutin soit vraiment démocratique, jugeant les progrès "impressionnants" ces derniers mois, tout en disant s'inquiéter des risques de violences pos-électorales et des récentes arrestations.
Quant à l'alliance de l'opposition, Azadliq (Liberté), qui réunit toutes les tendances, des libéraux aux islamistes, elle tenait son dernier meeting préélectoral jeudi à Soumgaït, ville industrielle à 40 km au nord de Bakou.
"Le peuple d'Azerbaïdjan est totalement prêt à la victoire de la démocratie, et nous obtiendrons cete victoire avec lui", a lancé Ali Kerimli, chef du Front populaire d'Azerbaïdjan.
Peu y croient, au vu des sévères restrictions et d'une presse totalement aux ordres qui ne cesse d'accuser les candidats de l'opposition d'être des extrémistes, voire des criminels. Mais l'opposition a appris les leçons des révolutions pacifiques qu'ont connues la Géorgie ou l'Ukraine, et espère bien pouvoir faire descendre la population dans la rue en cas de fraudes. Bakou de son côté a promis de réprimer tout trouble à l'ordre public.
Dernier coup dur pour l'opposition, le mois dernier, les autorités de Bakou faisaient état d'une tentative de putsch, qui aurait été dirigée par Rasoul Goulïev, un des dirigeants de l'opposition en exil, et s'est soldée par l'arrestation d'au moins 12 anciens officiers de l'armée.
Le fils Aliev en a profité pour agiter l'épouvantail d'un retour au chaos: "ce serait le retour au début des années 90, lorsque des gens en armes ont renversé le gouvernement légitime, lorsque des gangs remplissaient les rues et terrifiaient les citoyens", a-t-il mis en garde à la télévision.
Source : AP, 4 novembre 2005

 

Rusana Gusseïnova, pour l'amour d'Elmar


par Marie Jégo, Le Monde, 4 novembre 2005
1978 Naissance à Bakou (Azerbaïdjan).
2002 Mariage avec Elmar Gusseïnov, rédacteur en chef du Monitor .
29 OCTOBRE 2003 Naissance de leur fils Aslan.
2 MARS 2005 Elmar est assassiné.

Voici huit mois que Rusana ne s'habille plus qu'en noir. Veuve à 27 ans, elle porte le deuil de son mari, Elmar Gusseïnov, journaliste spécialisé dans l'investigation, assassiné le 2 mars alors qu'il rentrait chez lui, à son domicile de Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, après sa journée de travail. Toute émotion contenue, la jeune femme revient sur le drame. Du bruit se fait entendre dans la cage d'escalier, elle sort : "Il était là, debout sur le palier. Il m'a regardée et s'est lentement affaissé. J'ai accouru, certaine qu'il n'était que blessé." RAPH
Leur fils Aslan, 16 mois, assistait à la scène : "Il hurlait, je l'ai confié à une voisine. Avant, il babillait, depuis il ne parle plus." Bientôt, la nouvelle de la mort d'Elmar se répand en ville. Un défilé incessant a lieu au pied de l'immeuble. Les habitants du quartier, puis ceux du centre de Bakou, viennent rendre hommage au journaliste assassiné. Dépêchée sur les lieux, la police déploie bientôt un triple cordon autour de l'immeuble. Hors d'elle, Rusana sort sur son balcon et harangue la foule : "Gens de Bakou, ils ont tué Elmar et à travers lui ils ont tué notre liberté ! Resserrons les rangs !"
Huit mois ont passé. Aujourd'hui, Bakou est sous tension à quelques jours des législatives du dimanche 6 novembre. Dans un souffle, Rusana Gusseïnova confie avoir peur elle aussi, se dit "menacée" , montre d'un geste l'homme qui l'a suivie jusqu'au lieu du rendez-vous, place des Fontaines, à Bakou. Belle, intelligente, bonne oratrice, ne serait-elle pas une pasionaria idéale pour une future "révolution de velours" ? Une sorte d'Ioulia Timochenko méridionale, la natte en moins ? Voilà précisément le genre de scénario qui donne des cauchemars aux autorités, effrayées par les révolutions de couleur survenues ces dernières années en Géorgie et en Ukraine.
Le scrutin à venir s'annonce houleux. On a pu voir la femme d'Elmar, le bras levé, à la tribune de la coalition d'opposition les jours de manifestation. Si elle ne cache pas ses sympathies pour le bloc Azadlig (Liberté), la coalition des partis d'opposition, la belle Bakinoise a toutefois décliné l'offre qui lui a été faite de figurer sur ses listes électorales. Elle tient trop à son indépendance, un mot qui revient sans cesse sur ses lèvres, fruit de son éducation au sein d'une famille d'intellectuels "respectueux de l'individu" . C'est dans cet esprit qu'elle souhaite éduquer Aslan, son fils.
Avant de rencontrer son mari, Rusana enseignait le piano à des enfants dans une école de musique de Bakou. De cette période, elle a gardé une intonation musicale dans la voix qui tranche avec le pessimisme qui la submerge parfois. Pour chasser le vide laissé par la mort d'Elmar, elle redouble d'activité, se concentre sur son travail de rédactrice en chef des Nouvelles de Bakou , un journal proche de l'opposition tiré à 6 000 exemplaires, au ton particulièrement vindicatif.
Elmar Gusseïnov, 37 ans, était le journaliste le plus critique des cercles au pouvoir en Azerbaïdjan, république riche en hydrocarbures sur la rive occidentale de la Caspienne, tenue de main de fer par la famille Aliev depuis l'époque soviétique. Fondateur de trois revues (Les Nouvelles de Bakou, Monitor et Le Boulevard de Bakou ), ce géant au sourire débonnaire dénonçait inlassablement les pratiques opaques et la corruption au sein de l'élite politique, s'érigeait contre le musèlement de la presse. "Il les rendait fous" , se remémore-t-elle un sourire aux lèvres.
Mal lui en a pris : fermeture du Monitor , confiscation de ses biens, condamnation - en 2001 - à un mois de prison ferme. "Il était constamment harcelé par les autorités et, un an auparavant, il parlait d'une liste des personnalités à abattre sur laquelle son nom figurait ." Un jour, Elmar lui avait décrit sa propre mort, lui expliquant que s'il était assassiné, cela serait d'une balle dans le dos. "Il avait vu juste."
D'après l'expertise balistique, quatre balles ont effectivement été tirées dans le dos, deux autres dans le coeur. Un dernier projectile, "celui du tir de contrôle désigné dans tout l'espace post-soviétique comme le signe d'un assassinat commandité" , lui a égratigné le visage. Selon Rusana, "ce n'est pas par hasard qu'ils ont choisi de le tuer de façon démonstrative. Il fallait un exemple afin d'ôter à quiconque l'envie d'être comme lui, de demander des comptes".
Elle en est sûre, les commanditaires sont à chercher dans le cercle proche du jeune président Ilham Aliev, qui a reçu le fauteuil présidentiel des mains de son père, Gueïdar, à la mort de celui-ci, en 2003. Et l'enquête ? "Elle existe mais seulement en apparence."
Huit mois après la mort d'Elmar, la version officielle des faits veut que le tueur à gages ait fui le pays, pour la Géorgie voisine. Dans le discours des autorités, la "piste arménienne" est également évoquée, une antienne toujours d'actualité dans cette petite république de Transcaucasie où la haine envers l'Arménien est sciemment entretenue par les cercles proches du pouvoir, prompts à faire resurgir le traumatisme des années de guerre avec l'Arménie voisine à propos de l'enclave du Karabakh (1988-1994).
"Ceux qui sont à la tête du pays ne reculeront devant rien pour garder le pouvoir, estime Rusana. On a voulu m'acheter en me proposant un appartement, une somme d'argent, une destination hors du pays. Moi, je ne veux rien de tout cela, j'aime trop mon pays pour partir. Tout ce que je veux, c'est la vérité."
Pour que les idées de son mari continuent à vivre, Rusana s'est mis en tête de créer une fondation destinée à encourager de jeunes journalistes talentueux et indépendants d'esprit, en leur offrant des bourses, des formations, des séjours à l'étranger. Reste à trouver les financements. Pour le moment, sa fondation n'a ni local ni statuts. Apparemment, les autorités se font prier pour l'enregistrer. Mais il en faudrait plus pour décourager la jeune femme au visage de madone. Une seule chose compte désormais pour elle : "Qu'aucun adepte de la libre parole ne soit contraint au silence comme l'a été Elmar !"

 

Appel pour la libbération de l'imam Kazim Aliev


Kazim Aliev est l'imam de l'unique mosquée sunnite de la deuxième ville d'Azerbaïdjan, Gyanja. Il est emprisonné au camp péntientiaire n°15 de Bakou depuis trois ans et demi. il est accusé d'avoir préparé un soulèvement armé pour créer un État islamique, accusation que son avocat, Eldar Zeynalov, chef du centre des droits humains d'Azerbaïdjan, rejette catégoriquement. Un appel en sa faveur est en cours auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. La famille et la mosquée d'Aliev viennent de lancer un appel pour sa libération. Marié et père de trois enfants, Aliev a sans doute été emprisonné sur dénonciation d'autres imams de la ville, jaloux de son succès auprès des fidèles et du fait qu'il demandait des contributions financières pour pratiquer des rituels religieux. Au début de son arretsation, Aliev s'était retrouvé entre les mains du Département de contre-espionnage militaire, puis les charges retenues contre lui ont été modifiées.
Source : www.forum18.org, 25 octobre 2005

 

Nouveaux clashes et arrestations à Bakou


Les dimanches se suivent et se ressemblent à Bakou, où les militants de l'opposition se heurtent aux forces de police et finissent en prison. Ainsi, dimanche 9 octobre, 400 militants du Bloc Azadlyg, qui regroupe le Parti démocratique, le parti Musavat et le Front populaire, se sont heurtés aux matraques de la police anti-émeutes. 28 d'entre eux ont été arrêtés, 27 ont été blessés. Ali Kerimli, dirigeant du Front populaire, a déclaré que les autorités avaient prévu de faire usage de la force : «Nous avions demandé à la mairie de nous attribuer un lieu pour le rassemblement, mais celle-ci a suivi les recommandations de l'administration présidentielle et a refusé de nous accorder un lieu, ce qui est illégal. »
Source : UPI, 10 octobre 2005

 

Les opposants «orange» matés par la police


par Irina de Chikoff , Le Figaro, 3 octobre 2005
C'EST un rite. Toutes les fins de semaine, l'opposition politique azérie manifeste à Bakou. Pour la liberté et pour des élections législatives sans fraudes, le 6 novembre prochain. La police reçoit l'ordre de disperser la foule. On dénombre quelques blessés. Plusieurs meneurs sont interpellés. Le lendemain, les leaders des coalitions radicales protestent contre la «répression».
Le même scénario s'est reproduit samedi dernier dans le centre ville. Des groupes d'opposants ont essayé de rejoindre la place Jafar-Jabarly. Des cordons de policiers les ont contraints à battre en retraite. Plusieurs candidats d'opposition ont été arrêtés. Selon le pouvoir, ces rassemblements, non autorisés, sont soutenus par des ONG étrangères. Après avoir tenté de réunir opposition et administration présidentielle autour d'une table de négociation, l'ambassade des États-Unis en Azerbaïdjan a appelé les autorités et les manifestants «à la modération».
L'Amérique craint une déstabilisation de l'Azerbaïdjan qui irait à l'encontre de ses intérêts. Elle doute aussi de la fiabilité d'une opposition disparate bien que coalisée. Plus de 2 000 candidats vont se disputer les 125 sièges du Parlement monocaméral, dans un mois. Le chef de l'État, Ilham Aliev, qui a succédé en 2003 à son père au cours d'une élection contestée par ses opposants, a promis un scrutin transparent. L'opposition refuse de lui faire crédit. Les Occidentaux, après les déboires du Kirghistan et surtout le drame d'Andijan en Ouzbékistan, sont enclins à la prudence et misent sur une démocratisation progressive du pays. Aliev y serait lui-même favorable. En mai dernier, d'innombrables délégations étrangères étaient rassemblées dans la capitale azérie pour inaugurer l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui va permettre de transporter le pétrole de la Caspienne vers les marchés occidentaux.
Est-ce le moment de prendre le risque d'un bouleversement au nom d'une «révolution» dont les modèles, en Ukraine comme en Géorgie ne sont plus considérés comme probants ? Dans les milieux diplomatiques de la capitale azérie, on estime volontiers qu'il est urgent d'attendre. Mais la manne pétrolière aiguise les appétits. Issar Gambar, leader du parti Moussavat, affirmait il y a peu : «Nous libérerons le pays du régime d'Aliev.»
La jeunesse ne cache pas son impatience. Les mouvements dans lesquels elle milite sont calqués sur ceux des révolutions de couleur et ne réclament pas l'impossible. Certains demandent notamment à l'issue des élections du 6 novembre «un gouvernement normal».

 

Campagne pour Monear Eldrissy, citoyen britannique condamné à 12 ans de prison à Bakou


La Commission islamique des droits humains (Islamic Human Rights Commission) de Grande-Bretagne mène une campagne en faveur de Monear Eldrissy, un citoyen britannique de 27 ans, qui a été condamné au terme d'un procès secret à Bakou, le 13 juin 2005, à 12 ans de prison. Marié avec une citoyenne britannique et père d'un enfant de 3 ans, Eldrissy a été arrêté à Bakou le 15 octobre 2004, alors qu'il était sur le point de rentrer à Londres. Quelques heures plus tard, la police londonienne effetctuait un raid contre sa maison, celle de sa mère et celle de ses beaux-parents. Sa famille était détenue 3 jours et découvrait à son retour à la maison que les serrures avaient été changées. Monear a été détenu dans la prison de Bailov, réputée pour les conditions difficiles qui sont faites aux détenus. Pendant plusieurs mois, les autorités consulaires ne lui ont pas rendu visite. Le procès a commencé en avril 2005 et Monear n'a pas pu établir de communication satisfaisante avec son avocat commis d'office. Des représentants britanniques n'ont pas été autorisés à assister aux audiences.
Le vice-consul britannique Derek Lavery a déclaré au détenu que les prisons azéries sont "les meilleures du monde"
La mauvaise volonté du Foreign Office à intervenir pour assister Monear contraste avec l'intervention rapide qui avait conduit à la libération de Mme Almas Guliyeva, une autre citoyenne britannique, 3 semaines après son arrestation en juin 2005. Mais celle-ci n'est pas musulmane...
Pour participer à la campagne, aller à : http://www.ihrc.org/

Un coup d'État pour 2000 $ ? L'étrange affaire Ruslan Bashirli


Une étrange affaire agite l'Azerbaïdjan depuis le début du mois : il s'agit de l'arretstaion, le 3 août, de Ruslan Bashirli, chef de l'organisation de jeunesse Yeni Fikir, qui compte 2000 membres et est liée au Front populaire, l'un des principaux partis d'opposition. Les services du procureur général de Bakou ont fourni aux chaînes de télévision une vidéo montrant Bashirli signant un reçu pour un chèque de 2000 $ et buvant du cognac avec deux hommes présentés comme des agents des services de renseignement arméniens, à Tbilisi, capitale de la Géorgie, où il avait été invité par l'ONG géorgienne Démocratie sans frontières. Selon l'avocat de Bashirli, les deux hommes étaient des représentants de cette organisation et Bashirli avait l'intention d'utiliser cet argent pour financer son prochain mariage. Mais il est accusé d'avoir voulu ainsi financer un coup d'État. Cette affaire a déclenché une campagne violente des forces pro-gouvernementales contre l'opposition et en premier lieu le Front populaire, accusés de préparer un coup d'État avec le soutien financier des services secrets arméniens, ce qui est le pire crime concevable en Azerbaïdjan. Le régime de Bakou, traumatisé comme tous ses semblables du Caucase et d'Asie centrale par les "révolutions" pro-américaines de Géorgie, d'Ukraine et du Kirghizistan, est bien décidé à ne pas se laisser faire et à remporter les prochaines élections, prévues pour le mois de novembre, coûte que coûte.
Source : http://www.eurasianet.org , 12 août 2005

18/05/05 Un leader de l'opposition empoisonné

Un leader d'opposition azerbaïdjanais, sorti récemment de prison, est mort dans des circonstances mystérieuses, au moment d'une vague d'arrestations qui a vu 29 personnes interpellées en 48 heures, ont indiqué vendredi des sources d'opposition.
Ehtiram Jalilov, numéro deux du Parti national démocrate d'Azerbaïdjan, est le deuxième militant d'opposition à mourir cette année dans des circonstances obscures, a indiqué un autre parti d'opposition, Musavat.
Jalilov était en train de prendre un thé avec un collègue mercredi, quand il s'est écroulé sur la table, mort, selon Qabil Huseynli, numéro deux de Musavat, l'un des partis d'opposition les plus connus.
En février, un militant de Musavat âgé de 21 ans est mort dans des circonstances similaires, alors qu'il était en prison pour avoir participer aux manifestations d'opposition lors de l'élection présidentielle de 2003.(AFP)

27/12/04 - Ras-le-bol des réfugiés tchétchènes
Les réfugiés tchétchèhnes exigent que les autorités azéries cessent de les harceler, de les enlevers et de les livrer aux autorités russes. Selon Aliovsat Aliyev, défenseur des droits des réfugiés tchétchènes, dit que “seuls les personnes déplacées de Tchétchènie sont soumises à des discriminations quand elles obtiennent le statut de réfugiés. L’Azerbaïdjan ne protège pas les droits qu’ils ont en tant que réfugiés et, de fait, ils sont privés de tout droit. ils ne reçoivent aucune aide matérielle, ni de l’Azerbaïdjan ni du Haut commissariat des réfugiés des Nations unies. » Les réfugiés enviagent donc d’organiser des rassemblements publics pour exprimer leur ras-le-bol et faire valori leurs droits.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004

Les élections municipales du 17 décembre dénoncées par l’OSCE
« Le mauvais temps et le boycott de la part des principaux partis d’opposition ont provoqué l’nactivité et l’indifférence des électeurs. La participation dans certaines municipalités a été de moins de 20% 7 : le rapport de l’OSCE sur les électionsmunicpales du 17 décembre est une condamnation sans appel. L’OSCE avait déployé 40 groupes d’osbervateurs qui ont visité plus de 200 bureaux de vote et ont enregistré de nombeuses violations des règles durant le vote et dans le comptage des voix. Ces élections, constate l’OSCE, n’ont pas satisfait aux normes définies par le Document de Copenhague de 1990.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004

Le Front populaire propose un front uni de l’opposition aux élections législatives de 2005
Après les élections muncipales, qui ont vu pour la première fois la population boycotter activement et massivement une consultation électorale, le Front populaire a tiré des conclusions : le pouvoir en place ne veut pas tenir d’élections démocratiques, l’opposition doit donc faire une véritable démonstration de force lors des élections législatives de l’automne 2005, faute de quoi elle disparaîtra de l’arène politique azerbaïdjanaise. C’est pourquoi le front populaire propose à toutes les forces démocratiques de créer un bloc uni pour cette prochaine échéance électorale. «Nous n’avons pas d’autre choix », estime le dirigeant du Front, Ali Karimli.
Source : Caucasian Knot , 23 décembre 2004

23/12/04 - Congrès du Parti national démocratique
Le Parti national démocratique d’Azerbaïdjan (anciennement Boz Gurd) a tenu son troisième congrès à Bakou le 19 décembre. 350 délégués de 50 rayons y ont participé. Le congrès a réélu comme président Iskander Hamidov, ancien ministre de l’Intérieur, libéré par grâce présidentielle l’année dernière après avoir passé 9 ans en prison.
Source : RFE/RL, 19 décembre 2004

20/12/04 - British Petroleum ne respecte rien
Des organisations azéries de défense des droits humains et des droits des travailleurs ont engagé une protestation vigoureuse contre la profanation par British Petroleum d'un cimetière situé près de la frontière avec la Géorgie, dans la région d'Agstafinsky. Le cimetière se trouvant sur le chemin de l'oléoduc Bakou-Tbilisi-Ceycan, 23 tombes ont été violées, ce qui n'est pas seulement une atteinte aux règles de l'islam, mais comporte un risque sanitaire, puisque ces tombes abritaient les restes de personnes mortes d'une épidémie au début du siècle dernier et cela pourrait, selon les protestataires, répandre à nouveau l'épidémie. Mirvara Gaxramana, présidente du Comité pour la protection des droits des travailleurs du pétrole, a déclaré : «Le pippeline ne justifie pas qu'on déplace une seule tombe. Et le consortium avait largement le temps de trouver un tracé qui respecte les cimetières. »
Source : Prima-News, 15 décembre 2004

Élections municipales boycottées par l'opposition, qui a vraiment mauvais esprit
Les élections pour le renouvellement de 2 700 conseils municipaux se sont déroulées les 16 et 17 décembre. Les 3 principaux partis d'opposition boycottent ces élections pour deux raisons : le contrôle gouvernemental sur les responsables du vote et le caractère non-démocratique de la loi électorale. Quant à un autre parti d'opposition, qui participe aux élections, le Parti national azebaïdjanais de l'indépendance, il a dénoncé diverses irrégularités : bourrage d'urnes, électeurs empêchés de voter, observateurs expulsés des bureaux de vote. Dégoûté par ce mauvais esprit de ses opposants, le président Ilham Aliyev a déclaré qu'il était impossible d'avoir un "dialogue normal" avec eux.
Source : AP, 17 décembre 2004

24/11/04 - La condamnation de Rauf Arifoglu confirmée en appel
La cour d'appel de Bakou a confirmé, le 19 novembre, la condamnation de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition Musavat, à cinq ans de prison pour " trouble à l'ordre public " et " refus d'obtempérer ".
La cour d'appel a également confirmé la condamnation des six autres leaders de l'opposition accusés d'avoir organisé les émeutes qui ont agité le pays à la suite de l'élection présidentielle contestée du 15 octobre 2003.
Source : www.rsf.fr, 22 novembre 2004

 

20/11/04 - Makhira Mouradova va demander justice à Strasbourg
Makhira Mouradova manifestait le 16 octobre 2003 dans le square Azaldyg (Liberté...) à Bakou contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliev. Un policier en tenue de camouflage et prtant cagoule s'est acharné sur elle à coups de matraque alors qu'elle était à terre. Makhira y a perdu son oeil droit. Depuis, elle cherche en vain à faire reconnaître son invalidité pour obtenir une pension. Elle a porté plainte contre le ministère de l'Intérieur, auquel elle réclame un million de $ de dommages et intérêts. Mais n'ayant que peu de confiance dans la justice de son pays, elle s'apprête à déposer plainte contre le gouvernement de Bakou auprès de la Cour européenne des droits de l'home à Strasbourg. Son avocat Ishkan Ashurov a constitué le dossier à présenter aux juges européens.
Source : Prima-News, 16 novembre 2004

 

19/11/04 - Le journal Yeni Musavat contraint de fermer
Le principal quotidien d'opposition azéri, Yeni Musavat, a été contrait de fermer, ayant été poussé à la faillite par l'avalanche d'amendes très salées qui lui ont été infligées par des tribunaux, suite à des plaintes pour diffamation de caciques du régime. Le 22 octobre dernier, son rédacteur en chef, Rauf Arifoglu, avait été condamné à 5 ans de prison pour pour « trouble à l'ordre public » et « refus d'obtempérer ». Il avait été arrêté après les manifestations d eprotestation, en octobre 2003, contre l'élection frauduleuse d'Ilham liev, qui avait succédé à son père.
Source : Prima-News, 16 novembre 2004

12/10/04 - Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev a nouveau empêché de voyager
Pour la deuxième fois en moins d'un mois, Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev, le jeune imam de la mosquée Juma de Bakou, a été empêché le 6 octobre de se rendre à l'étranger. Cette fois-ci il s'agissait pour lui de participer à une conférence de l'OSCE sur la liberté religieuse à Varsovie. Les autorités azeries ne tenant pas à ce qu'il dénonce devant un auditoire international les atteintes à la liberté religieuse en Azerbäidjan, eles ont donc recouru aux bonnes vieilles méthodes de l'époque soviétique. Allahverdiev dirige la mosquée millénaire Juma de Bakou, fermée par le gouvernement depuis le mois de juin.
Source : www.forum18.org

 

17/09/04 - Ilgar Ibrahimoglu empêché de voyager
Le 12 septembre, l’imam de la mosquée Juma de Bakou - fermée par les autorités -,   Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev a été empêché de se rendre à Bruxelles pour y participer à une conférence de l’OSCE sur le raisme et la discrimination. Aucune raison officielle n’a été donnée à ce refoulement, intervenu au dernier moment, alors que l’imam avait déjà enregistré son embarquement sur un vol de la Lufthansa et avait passé le contrôle de douane.
Source : www.forum18.org, 16 septembre 2004

 

18/08/04 -Pour une poignée de manats
Une anecdote illustre une fois de plus les drôles de méthodes de l la justice azéri. Cela se passe à Bakou, à l'occasion du procès des dirigeants d'opposition accusés d'avoir organisés des "émeutes" en octobre dernier pour protester contre l'élection frauduleuse d'Aliev fils. Le témoin Nahid Mamedov a rétracté son témoignage devant le tribunal le 12 août, déclarant qu'il avait été battu et avait eu des dents brisées, ajoutant qu'on lui avait refusé toute assistance médicale. Comble de l'affaire : le matin du 12 août, avant sa comparution, Mamedov a été conduit au bureau du procureur général, où on lui a proposé la somme de 90 000 manats (15 Euro !) pour qu'il répète son témoignage à la barre, ce qu'il a refusé.
Source : Turan, 12 août 2004

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