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Azerbaidjan

02/10/04 - RSF alerte l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur l'état de la liberté de la presse
La session d'automne de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) examinera, le 5 octobre 2004, le respect des obligations et des engagements de l'Azerbaïdjan vis-à-vis du Conseil de l'Europe. Garantir la liberté de la presse fait partie de ces engagements. Comme l'indique un rapport de l'APCE sur le fonctionnement des institutions démocratiques en Azerbaïdjan, paru le 20 septembre, la situation n'a cessé de se détériorer depuis un an pour les journalistes proches de l'opposition.
« Nous souhaitons que l'APCE dénonce avec la plus grande fermeté la passivité des autorités azerbaïdjanaises face aux violations de la liberté de la presse », a écrit Reporters sans frontières dans un courrier adressé au président de l'Assemblée, Peter Shieder.
« Les responsables des agressions de journalistes lors des événements qui ont suivi l'élection présidentielle d'octobre 2003 doivent impérativement être sanctionnés. Il en va de même pour les individus qui ont attaqué deux journalistes d'opposition en juillet 2004. Les autorités azerbaïdjanaises doivent condamner ces actes et tout faire pour mettre un terme au sentiment d'impunité qui s'est installé depuis un an », a affirmé l'organisation.
« Les articles 147.2 et 148 du code pénal, qui prévoient des peines de prison pour diffamation et offense, doivent être abrogés. La crainte d'être condamnés à une peine de prison ou à une amende d'un montant exorbitant pousse les journalistes à une autocensure généralisée très nuisible à la liberté de la presse. »
« Nous demandons par ailleurs la libération de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition Musavat, qui est en détention préventive injustifiée depuis un an », a ajouté l'organisation.
En 2003, près de 100 journalistes ont été agressés. Au cours des violents affrontements qui ont éclaté les 15 et 16 octobre 2003, au lendemain de l'élection présidentielle, entre des manifestants et les forces de l'ordre, plus de cinquante journalistes qui couvraient l'événement ont subi des violences.
En juillet 2004, deux journalistes d'opposition ont été attaqués. Aydin Gouliev, rédacteur en chef du quotidien d'opposition Baki Khaber, a été kidnappé et passé à tabac par quatre inconnus à Bakou, le 17 juillet. Ses agresseurs l'ont accusé de ne pas "servir son Etat et l'islam" et ont exigé qu'il cesse toute activité journalistique. Eynulla Fatullayev, de l'hebdomadaire d'opposition Monitor, a été violemment frappé à la tête à Bakou, en pleine rue, le 26 juillet. Il est l'auteur de nombreux articles très critiques envers le gouvernement.
Alors que le nouveau gouvernement de Ilham Aliev s'était engagé à identifier et sanctionner les responsables de ces attaques, aucune enquête n'a abouti.
La législation sur la diffamation et l'insulte, qui prévoit des peines de prison, est également à l'origine de nombreuses atteintes à la liberté de la presse.
Le 25 février 2004, un tribunal de Bakou a condamné Rovshan Kebirli, rédacteur en chef du quotidien Mukhalifat, et Yusif Gambar, auteur de l'article incriminé, à deux ans de prison avec sursis pour avoir diffamé la fédération nationale de Taekwondo. Publié le 18 octobre 2003, ce texte affirmait que des membres de la fédération avaient collaboré avec les forces de l'ordre pour disperser des manifestants qui contestaient l'élection présidentielle du 15 octobre à Bakou.
Le 30 août, Aydin Gouliev, rédacteur en chef du quotidien d'opposition Baki Khaber, a été condamné à un an de prison avec sursis pour diffamation et insulte envers Jalal Aliev, oncle du chef de l'Etat.
Par ailleurs, le montant exorbitant des amendes infligées aux médias risque d'asphyxier la presse. Le quotidien d'opposition Yeni Musavat est menacé de fermeture à cause d'amendes reçues dans le cadre de six procès, dont le montant total approche les 25 000 euros.
Le 22 septembre, Elmar Huseynov, fondateur et rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'opposition Monitor, et Tarlan Mamedzade, auteur de l'article incriminé, ont été condamnés à une amende d'environ 6 500 euros pour avoir "insulté l'honneur et la dignité" d'un député de la majorité, Siyavush Novruzov, dans un article, publié en mars, très critique sur les activités des députés.
Monitor a fait appel de cette décision, alors qu'il doit faire face à un second procès pour diffamation, initié par un autre parlementaire. Le député Zalimkhan Yagub, dont le nom ne figurait pas dans un article du 3 juillet critiquant durement les parlementaires, demande la fermeture de l'hebdomadaire, l'incarcération de Elmar Huseynov et de l'auteur de l'article, Eynulla Fatullayev, ainsi qu'une amende d'environ 25 000 euros.
Par ailleurs, Eynulla Fatullayev a été interpellé à l'aéroport de Bakou, le 23 septembre, alors qu'il se rendait à Moscou. Les policiers ont évoqué un ordre du procureur général interdisant au journaliste de quitter le territoire. Quelques heures plus tard, Eynulla Fatullayev a été relâché et a pu prendre son vol pour Moscou. Monitor est un journal en langue russe, connu pour ses critiques très sévères de la politique du gouvernement azéri.
Enfin, Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition Musavat, est emprisonné à Bakou depuis le 27 octobre 2003. Son procès, ainsi que celui de six autres leaders de l'opposition, a débuté le 7 mai 2004. Il est accusé d'avoir organisé les émeutes qui ont agité le pays à la suite de l'élection présidentielle contestée du 15 octobre 2003. Poursuivi pour "trouble à l'ordre public" et "refus d'obtempérer", il risque sept ans de prison.
Source : www.rsf.fr, 1er octobre 2004

 

14/08/04 - La Cour suprême confirme l'éviction de la mosquée Juma
Cela n'a pris que cinq minutes : le 11 août, la Cour suprême a confirmé l'éviction de la communauté des fidèles de la mosquée Juma de Bakou, contre laquelle l'imam Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev avait fait appel. La communauté a aussitôt saisi la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. La répression continue contre les fidèles de cette mosquée, considérée comme un dangereux bastion d'opposition par le régime. Le mêmle 11 août, un tribunal de Bakou a condamné un autre fidèle, Azad Narimanoglu Isayev, à sept jours de prison pour "résistance aux forces de l'odre". Depuis le 30 juin, lorsque les fidèles ont été expulsés de la mosquée, 83 fidèles ont été convoqués à la police et ous les responsables de la communauté ont fait l'objet de harcèlement policier.
Source : www.forum18.org, 12 août 2004

 

04/08/04 - Interdiction de prier dans un logement privé...
Privés de leur mosquée, fermée depuis le 30 juin "pour réparations", les fidèles de la mosquée Juma de Bakou ont subi le 30 juillet une nouvelle étape dans le harcèlement de la part de la police de la capitale. Réunis pour prier dans le logement de l'un d'entre eux, après un service funèbre, 26 fidèles ont été arrêtés par la police et détenus pendant deux heures au commissariat de police du 267ème district. Le Colonel Mamedov, chef de la police du district de Yasamal, a expliqué à un représentant de l'organisation Forum 18 que les Musulmans n'ont pas le droit de tenir des séances de prière dans des foyers privés ! Poussé dans ses retranchements, le Colonel a ajouté que ces prières étaient dirigées par l'imam Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev, "qui fait de l'agitation et de la propagande contre le gouvernement". Son interlocuteur insistant, le Colonel a fini par invoquer l'argument suprême pour cette intervention policière : « La prière se tenait dans une cave sans eau courante. Ce n'est pas un endroit approprié pour des rencontres religieuses. » Ne sachant que répondre à la question de savoir en quoi cela concernait des fonctionnaires de l'État, le Colonel a préféré raccrocher, mettant ainsi un terme à l'interview. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume d'Aliev II.
Source : www.forum18.org.

19/07/04 - Report du procès des leaders d'opposition
Le 14 juillet, le tribunal de Bakou a ajourné sine die le procès des sept dirigeants d'opposition emprisonnés pour les manifestations d'octobre dernier, suite à la grève de la faim de 3 jours déclenchée la veille par les détenus, qui protestent contre leurs conditions scandaleuses de détention dans des "cellules de la mort".
Source : Turan, 14 juillet 2004

 

13/07/04 - Nouvelle grève de la faim des leaders d'opposition détenus
Les sept leaders d'opposition détenus depuis octobe dernier sous l'accusation d'avoir organisé des manifestations de protestation contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliev ont dénoncé, lors de leur dernière comparution devant un tribunal de Bakou, les conditions effroyables de détention qui sont les leurs, dans les "cellules de la mort" de la Maison d'arrêt de Bailovskiy. Ils ont menacé de reprendre leur grève de la faim le 12 juillet si les conditions n'étaient pas améliorées immédiatement. Ainsi, les détenus n'ont eu de nouveau accès à de l'eau qu'après une intervention d'organisations internationales. Leurs plaintes contre la nourriture très mauvaise qu'on leur donne depuis 8 mois n'ont eu à ce jour aucun effet. Pire, Sardar Dzhalaloglu, secrétaire général du Parti démocratique d'Azerbaïdjan, a récemment été victime d'une intoxication alimentaire et a failli en pourir. Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du journal Yeni Musavat a lancé au juge Mansour Ibaïev : « Nous déclarons officiellement que si quelque chose nous arrive, cela reposera sur votre conscience, M. Ibaïev. »
Source : PRIMA-News, 9 juillet 2004

10/07/04 - Répression contre les fidèles de la mosquée Juma
Depuis le 30 juin, la communauté des fidèles de la mosquée chiite Juma, dans la vieille ville de Bakou, sont pratiquement interdits d’accès à la mosquée, que le gouvernement voudrait retransformer en musée de tapis, ce qu’elle était pendant l’ère soviétique. Et en 8 jours, 27 fidèles, dont 11 femmes, ont été arrêtés par la police, maltraités et certains se sont vus infliger des amendes de 8 € lorsqu’ils ont refusé de signer un engagement à ne plus fréquenter la mosquée. Le bras de fer continue.
Source : www.forum18.org

07/07/04 - Des leaders d'opposition détenus dénoncent la torture
L'affaire des sept leaders d'opposition détenus depuis octobre dernier sous l'accusation d'avoir organisé des manifestations qualifiées d'émeutes contre l'élection frauduleuse à la présidence d'Ilham Aliev n'en fint plus de traîner. Mieux, elle devient de plus en plus embarrassante pour le régime Aliev II. Ainsi, deux des détenus ont révélé dans quelles conditions ils avait fait des "aveux". Igbal Agadze, député et chef du parti Umid, avait ainsi fait des "aveux" télévisés le 20 ocobre dernier. Il vient de déclarer devant le tribunal qui le juge qu'il a fait ces "aveux" au bout de trois jours de coups et de tortures et alors que les policiers menaçaient de s'en prendre à sa femme et à sa fille. Le secrétaire général du Parti démocratique Sardar Dzhalaloglu a aussi déclaré avoir été battu et torturé et que le jeune Shamsi Gakhramanov avait été menacé de viol s'il ne le dénonçait pas. Ah, elle est belle, la démocratie azérie !
Souce : PRIMA-News, 1er juillet 2004

06/07/04 - Escalade policière contre la mosquée Juma de Bakou
La répression policière contre la mosquée Juma de Bakou connaît une escalade savamment dosée. Le 30 juin, la police a installé de force un imam dépendant du Bureau musulman caucasien, un organisme étatique dont la mosquée ne dépend pas et a interdit aux fidèles habituels de prier dans la mosquée. ceux-ci ne se sont pas laissés intimider et on a assisté depuis à la curieuse scène de prières se succédant : d'abord l'imam d'État et sa quinzaine de "fidèles", puis l'imam en titre de la mosquée, avec plusieurs centaines de fidèles. Dimanche soir 4 juillet, la police a voulu mettre un terme à cela : entre 50 et 200 policiers ont encerclé la mosquée et ont pénétré avec armes et chaussures dans la salle de prières. Et ils ont arrêté l'imam Adil Huseinov et trois autres fidèles juste au moment où ils commençaient à prier. Les 4 hommes ont été détenus toute la nuit dans un commissariat de police, où ils ont été frappés et insultés. Alors qu'ils étaient relâchés lundi matin, cinq autres fidèles se rendant à la mosquée pour prier ont à leur tour été interpellés. Le bras de fer continue.
Source : http://www.forum18.org

 

21/06/04 - Un procès renvoyé aux calendes grecques
Le procès des sept dirigeants d’opposition emprisonnés pour avoir organisé des manifestations contre l’élection frauduleuse du fils Aliyev en octobre dernier a de nouveau été reporté sine die le 17 juin, les prévenus ayant refusé de comparaître devant le tribunal.

17/06/04 - Deux journalistes du Nakhitchevan sous pression
par Reporters sans frontières, 16 juin 2004
Malahat Nasibova, correspondante de l'agence de presse TURAN et de la station américaine Radio Free Europe, ainsi que Mohammed Rzayev, correspondant du quotidien d'opposition Azadlig au Nakhitchevan (république autonome d'Azerbaïdjan enclavée entre l'Arménie et l'Iran), ont déclaré, le 14 juin 2004, faire l'objet d'un harcèlement continu depuis deux mois.
Reporters sans frontières a demandé au président de l'Assemblée suprême (Mejlis) de la république autonome, Vasif Talibov, de s'assurer que les journalistes puissent exercer leur métier dans des conditions normales, sans subir de pressions de la part des autorités, et de garantir leur sécurité.
Malahat Nasibova et Mohammed Rzayev ont affirmé être victimes de menaces depuis deux mois, chaque fois qu'ils relatent les pressions subies par l'opposition locale, dont les membres seraient régulièrement agressés et interpellés par les forces de police.
Après avoir rapporté ces faits, les journalistes sont systématiquement convoqués ou joints par téléphone par la police qui exige qu'ils cessent de rendre compte de ce harcèlement.
Les familles des journalistes ont également été menacées par téléphone de perdre leur emploi ou insultées. Malahat Nasibova affirme avoir reçu des appels téléphoniques et des messages par Internet indiquant qu'elle risquait de "pleurer les membres de sa famille" si elle ne cessait pas ses critiques à l'égard des autorités.

15/06/04 - Procès de 7 opposants reporté au 17 juin
Devant le refus des prévenus de comparaître devant la cour, le président du tribunal de Bakou Mansur Ibaïev a reporté du 11 au 17 juin le procès de sept responsables d'opposition accusés d'avoir organisé les manifestations d'octobre dernier contre l'élection frauduleuse du président Ilham Aliyev. L'un de leurs avocats a déclaré que les détenus avaient été mis à l'isolement dans la prison de Bailov. L'accès à électricité et à l'eau leur a été refusé ainsi que la possibilité de recevoir des journaux. Les 7 détenus ont déclenché une grève de la faim de protestation.
Source : Turan, 11 juin 2004

 

12/06/04 - 7 opposants détenus mis à l’isolement
7 responsables politiques d’opposition détenus depuis les manifestations d’octobre dernier contre l’élection frauduleuse du président Aliyev II devaient comparaître devant le tribunal pour être jugés le 11 juin. Mais le 9 juin, ils ont été mis à l’isolement et les services du procureur ont désigné de nouveaux avocats pour les représenter. Les détenus avaient déclaré au début du mois qu’ils renonçaient à toute représentation légale et qu’ils ne participeraient pas à leur procès, pour protester contre le rejet par le juge en charge de l’affaire de leurs plaintes. Le procureur Bayramov a déclaré le 10 juin que le procès ne pouvait avoir lieu en l’absence des prévenus et qu’il était prématuré d’envisager de les conduire de force au procès.
Source : Turan, 10 juin 2004

11/06/04 - Iskander Hamidov à nouveau harcelé
L'ancien ministre Iskander Hamidov n'est pas au bout de ses peines. Libéré l'année dernière après avoir purgé 8 des 14 années de prison auxquelles il avait été condamné pour corruption, abus de fonctions et violences physiques, cet homme qui appartient désormais à l'opposition azérie, est sans cesse suivi par des policiers. Ces derniers l'ont interpellé le 4 juin dans un salon de thé de Bakou ainsi que son chauffeur. Ils souhaitaient l'interroger sur une allégation selon laquelle un de ses assistants aurait tenté d'extorquer 150 000 $ à une entreprise de bâtiment. Le but réel de cette interpellation était d'empêcher un rassemblement de protestation prévu ce jour-là et auquel Hamodov avait appelé à participer. Le rassemblement a été interdit par les autorités municipales de la capitale azérie. Finalement, Hamidov a été relâché, mais son chauffeur a été condamné à 10 jours de détention administrative pour résistance aux policiers qui l'avaient inetrpellé.
Source : Turan et zerkalo.az, 5 juin 2004

27/04/04 - La Cour d'appel confirme la fermeture de la mosquée Juma
La Cour d'appel de l'Azerbaïdjan a confirmé le 22 avril le jugement du tribunal de distrcit de Sabayil du 1er mars ordonnant la fermeture de la mosquée Juma à Bakou. Après les nombreuses critiques contre cette sentence, le tribunal avait suspendu son verdict le 11 mars mais l'organisme d'État chargé des monuments historiques avait fait appel de cette suspension. L'ambassadeur de Norvège à Bakou a déclaré que la décision de la Cour d'appel était "en contradiction avec les conventions internationales".
Source : Turan, Bakou, 22 avril 2004

07/04/04 -Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev condamné à 5 ans de prison avec sursis
Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev, le jeune imam de la mosquée Juma de Bakou, a été condamné le 2 avrilà cinq ans de prison avec sursis et se retrouve donc en état de "semi-liberté" : « Je n'ai pas le droit de quitter Bakou sans permission spéciale et à la moindre infraction, je risque d'être renvoyé en prison. » Arrêté le 1er décembre pour avoir participé aux protestations contre l'élction frauduleuse, en octobre dernier, de Ilham Aliyev à la présidence, l'imam de la mosquée de Bakou a, d'abord été accusé de relations avec les révolutionnaires iraniens et Al Qaïda puis de soutien aux protestants et à l'Occident et de prêcher le "radicalisme". Sa condamnation a été unanimement condamnée par les défenseurs des droits humains et religieux ainsi que par Andreas Gross, un parlementaire suisse qui est le co-rapporteur du groupe de surveillance de l'Azerbaïdjan de l'Assemblée parlemenatire du Conseil de l'Europe, pour qui "la crédibilité de ce verdict est faible. Il y a trop de risques qu'il soit le résultat de ses opinions politiques." L'imam a fait part de faire appel de sa condamnation et de porter plainte pour ses 4 mois de détention devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Source : http://www.forum18.org

27/03/04 - Création du Mouvement du 16 octobre
Les dirigeants de quatre partis (Musavat, Parti démocratique, Parti du peuple, Parti de l'espoir) et de l'association des vétérans de la guerre du Karabakh, détenus à la prison de Bayil à Bakou, ont décidé de créer, le 22 mars, le "Mouvement du 16 octobre", dont les buts sont : faire connaître au monde la vérité sur les événements des 15 et 16 octobre, obtenir justice pour les personnes emprisonnées suite aux manifestations de protestation contre l'élection d'Ilham Aliyev, la protection des droits des personnes victimes de la répression, le dépôt de plaintes devant la Cour européenne des droits de l'homme et la défense des personnes arrêtées. Les fondateurs déclarent enfin que le mouvement prendra au même niveau la défense de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes arrêtées.
Source : Yeni Musavat, Bakou, 24 mars 2004

25/03/04 - Ouverture du procès d'Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev
Le procès de l'imam de la mosquée Juma, détenu depuis le 1er décembre 2003, s'est ouvert lundi 22 mars à Bakou, devant la Cour pour crimes graves. Jugé avec 8 autres personnes, Ibrahimoglu risque de longues années de prison. Il est accusé de "participation à des désordres de masse" et de "résistance aux autorités". Des dirigeants baptistes et adventistesd des représentants de l'OSCE, d'ONG et de plusieurs ambassades occidentales ont assisté à l'ouverture du procès. Pendant ce temps, les responsables de la mosquée continuent leur combat pour le maintien de la mosquée en fonctions.
Source : Forum 18

21/03/04 - Ilham Aliyev grâcie 129 détenus
Le président Ilham Aliyev a signé le 17 mars un décret accordant la grâce à 129 prisonniers politiques dont le plus connu est le colonel Suret Huseinov. Celui-ci avait dirigé en juin 1993 l¹insurrection qui avait provoqué la chute du gouvernement du Front populaire. Nommé Premier ministre par Haïdar Aliyev, il fut limogé en octobre 1994 sous l¹accusation d¹avoir voulu renverser Aliyev. Réfugié en Russie, d¹où il fut extradé en 1997, il fut condamné à la prison à vie en 1999 sous l¹accusation d¹avoir préparé un coup d¹État. Le Conseil de l¹Europe l¹avait déclaré prisonnier politique en 2001.
Source : agences Turan et Itar-Tass, 17 mars 2004

20/03/04 - Sulhadddin Akper remis en liberté
Le vice-président du parti d'opposition Musavat Sulhadddin Akper a été remis en liberté le 16 mars au terme de 5 mois de détention préventive, après les manifestations des 16 et 17 octobre à Bakou. D'abord inculpé pour avoir organisé des désordres de masse et résistance à la police, il a simplement été inculpé pour ne pas avoir rapporté un crime à la police. On ignore s'il sera jugé pour ce "crime" et quand.
Source : agence Turan, 16 mars 2004

18/03/04 - Nouvelles condamnations de manifestants d'octobre
8 personnes ont été condamnées à Bakou le 15 mars pour leur participation aux manifestations d'octobre dernier contre l'élection frauduleuse d'Aliyev II. 4 accusés ont été condamnés à des peines avec sursis et 4 autres ont été condamnés à des peines de 4 à 5 ans de prison. À ce jour, 47 personnes ont été condamnées pour leur participation à ces manifestations, dont 17 à des peines de prison ferme et 30 à des peines avec sursis.
Source : agence Turan, 15 mars 2004

 

16/03/04 - Sursis judicaire pour la mosquée Juma
Le tribunal du district de Sabayil à Bakou a suspendu le 11 mars la sentence ordonnant l'évacuation au 1er mars de la mosquée millénaire Juma dans la vieille ville de Bakou. Les protestations nationales et internationales contre cette décision ont donc porté leurs fruits. L'imam de la mosquée Ilgar Ibrahimoglu reste cependant détenu.
Source : agence Turan, Bakou, 11 mars 2004

 

11/03/04 - Procès à la chaîne à Bakou
Les tribunaux de Bakou continuent à juger à la chaîne les manifestants détenus depuis le mois d'octobre dernier pour avoir protesté contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev. Dans cinq procès séparés, 12 personnes ont été condamnées les 4 et 5 mars à des peines allant de 3 à 6 ans de prison, tandis que 26 autres prévenus étaient condamnés à des peines avec sursis. Dans une déclaration le 5 mars, le parti d'opposition Musavat, a dénoncé ces condamnations, basées selon lui sur des preuves fabriquées étayées par des faux témoignages. Selon le parti, les juges ont ignoré toutes les preuves produites par la défense des prévenus.
Source : agence Turan, Bakou, 5 mars 2004

 

07/03/04 - 16 "émeutiers d'octobre" jugés
16 des personnes détenues pour leur participation aux manifestations de protestation contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev les 15 et 16 octobre derniers, ont été jugées en deux fournées par la Cour criminelle de Bakou le 4 mars. Six accusés ont été condamnés à des peines de 3 à 5 ans de prison. Les 10 autres ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et ont donc été remis en liberté.
Source : Agence Turan, Bakou, 4 mars 2004

03/03/04 - Grève sur le chantier du pipeline Bakou-Ceyhan
400 travailleurs du chantier de construction du pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan, employés par une société basée en Grèce, Consolidated Contractors International Co., se sont mis en grève le samedi 28 février dans le district de Kurdamir, en Azerbaïdjan. Selon la télévision azérie, ils ont déclaré se mettre en grève à cause de l'injustice sociale et de la discrimination ethnique régnant sur le chantier. leurs critiques rejoignent celles des syndicalistes et écologistes géorgiens qui dénoncent les conditions de "travail forcé" régnant sur le chantier du pipeline, qui devrait être prêt en 2005 : les travailleurs doivent travailler 12 heures et plus par jour, sept jours par semaine pour des salaires du subsistance minimaux. Une grève a déjà eu lieu sur la section georgienne du pipeline en janvier. Le projet, dirigé par British petroleum, est financé par la banque mondiale et la Banque européenne de reconstruction et de développement.
Source : http://www.eurasianet.org , 1er mars 2004


La mosquée Juma doit être évacuée "immédiatement"

Au terme d'un procès expéditif de 3 heures, le tribunal du district de Sabail à Bakou a ordonné le 1er mars l'évacuation "immédiate" de la mosquée millénaire Juma de la vieille ville de Bakou. Cette mosquée, transformée sous Staline en 1937 en musée de tapis, avait été récupérée par des fidèles en 1992. Elle doit, selon les autorités, redevenir un musée de tapis. Son imam est emprisonné depuis le 1er décembre 2003. Les responsables de la mosquée doivent faire appel de la sentence ce 3 mars.
Source : Forum 18

28/02/04 - Deux journalistes condamnés à deux ans de prison avec sursis
Le 25 février 2004, un tribunal de Bakou a condamné Rovshan Kebirli, rédacteur en chef du quotidien Mukhalifat, et Yusif Gambar, auteur de l'article incriminé, à deux ans de prison avec sursis pour avoir diffamé la fédération nationale de Taekwondo. Publié le 18 octobre 2003, ce texte affirmait que des membres de la fédération avaient collaboré avec les forces de l'ordre pour disperser des manifestants qui contestaient l'élection présidentielle du 15 octobre à Bakou.
"Une fois de plus, les autorités azerbaïdjanaises ont montré leur mépris de la liberté de la presse et de leurs engagements auprès du Conseil de l'Europe. Les journalistes ne devraient jamais risquer la prison pour avoir simplement fait leur métier", a déclaré Reporters sans frontières. L'organisation demande au gouvernement et au responsable des médias auprès de l'administration présidentielle, Ali Hasanov, de tout mettre en |uvre pour que les articles 147.2 et 148, qui prévoient des peines de prison pour diffamation et offense, soient retirés du code pénal.
Les deux journalistes, qui ont également été condamnés à verser 15% de leur salaire à l'Etat pendant deux ans, estiment qu'il s'agit d'une décision politique et vont faire appel. Le vice-président de la fédération de Taekwondo, Fizuli Muzayev, demandait en plus la fermeture du journal, mais n'a pas obtenu gain de cause.
Source : http://www.rsf.fr

 

24/02/04 - Raif Arifoglu a interrompu sa grève de la faim
Rauf Arifoglu, leader du parti d'opposition Musavat et rédacteur en chef de son journal Yeni Musavat, détenu depuis le mois d'octobre à Bakou, a interrompu le 19 février une grève de la faim entamée le 9 février. Cette interruption est dûe à une sérieuse détérioration de ses conditions de santé.
Source : Turan, Bakou, 19 février 2004

 

21/02/04 - Le sort de la mosquée Juma de Bakou décidé par la justice le 25 février
La mosquée millénaire Juma dans la vielle ville de Bakou, transformée sous Staline en musée de tapis en 1937 et récupérée par les fidèles en 1992, est menacée de fermeture et d'être retransformée en musée de tapis. Son imam est détenu depuis le 1er décembre et accusé d'avoir participé aux protestations contre l'élection frauduleuse de l'Ilah Aliyev en octobre dernier. Devant la mobilisation internationale en faveur de la mosquée, les autorités ont opté pour la voie judiciaire. C'est donc un tribunal de Bakou qui décidera le 25 février si la mosquée doit redevenir un musée. Des organisations internationales de défense des droits humains et des ambassades étrangères enverront des observateurs au procès, notamment l'ambassade de Norvège, située à 100 mètres de la mosquée.
Source : www.forum18.org

20/02/04 - Rauf Arifoglu en grève de la faim depuis le 9 février
Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition Musavat, a entamé une grève de la faim le 9 février 2004. Officiellement accusé d'avoir organisé les émeutes qui ont agité le pays suite à l'élection présidentielle contestée d'octobre 2003, le journaliste est en détention préventive depuis plus de trois mois. Il risque sept ans de prison.
Considérant que cette détention est injustifiée et inquiète de la dégradation de son état de santé, Reporters sans frontières réclame la mise en liberté provisoire de Rauf Arifoglu dans l'attente de son jugement.
Ce dernier a été incarcéré à la prison de Bailov, à Bakou, le 27 octobre 2003, pour une durée de trois mois. Le 17 janvier 2004, le parquet général a prolongé sa détention de trois mois supplémentaires dans l'attente de son procès, dont la date n'a pas encore été fixée.
Les autorités affirment qu'il a organisé les manifestations du 15 et du 16 octobre 2003 et l'accusent de "trouble à l'ordre public" et "refus d'obtempérer". Elles avancent notamment que des objets utilisés par les manifestants du parti Musavat au cours des émeutes ont été stockés dans son bureau, les locaux du journal étant dans le bâtiment même du parti Musavat. D'après le procureur général adjoint, Ramiz Rzayev, la gravité des faits reprochés à M. Arifoglu, la crainte qu'il échappe à la justice et gêne la bonne tenue de l'enquête justifient sa détention préventive.
Les autorités, rencontrées par Reporters sans frontières lors d'une mission en Azerbaïdjan en décembre 2003, soutiennent que Rauf Arifoglu n'est pas détenu en tant que journaliste mais en tant que dirigeant du parti Musavat.
Selon son avocat, Samed Panahov, l'état de santé de Rauf Arifoglu, qui refuse de mettre un terme à sa grève de la faim, s'est considérablement dégradé. Régulièrement examiné par des médecins de la prison et de la Croix-Rouge, il souffre d'importantes douleurs à l'estomac et de fortes chutes de tension.
Source : RSF, 18 février 2004

07/02/04 - Les dirigeants d'opposition emprisonnés écrivent au président Aliyev


Emprisonnés au centre de détention préventive n°1 de Bayil, les dirigeants d'opposition arrêtés pour avoir protesté contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev le 17 octobre dernier viennent d'écrire au président pour demander à bénéficier rapidement d'un procès ouvert et équitable. Les signataires de la lettre sont : Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du journal Yeni Musavat, Panah Huseyn, du Parti du peuple, Arif Hacili et Ibrahim Ibrahimli, vice-présidents du Parti Musavat et Iqbal Agazada, président du Parti de l'espoir.
Ils exigent notamment que les dirigeants et les militants emprisonnés soient jugés en même temps, que les pièces à conviction produites par l'accusation et par la défense soient examinées de manière égale et que soient projetées les 28 cassettes vidéos tournées pendant les manifestations des 15 et 16 octobre derniers à Bakou. Ils demandent que soient également jugés les policiers qui se sont distingués par leur brutalité pendant ces manifestations. Ils veulent aussi que leurs chefs soient entendus comme témoins. « Si le président ne répond pas ou répond négativement à cette lettre, les membres de l'opposition se mettront en grève de la faim le 9 février », a déclaré Samad Panahov, l'avocat de Rauf Arifoglu, qui a ajouté qu'ils voulaient démarrer leur grève le 3 février mais qu'il les avait convaincus de reporter leur action de quelques jours.
Source : Ekho, Bakou, 3 février 2004

 

04/02/01 - 2,6 milliards de $ de crédits pour un pipeline


Une série d'accords portant sur des crédits de 2,6 milliards de $ ont été signés le 2 février à Bakou. ces crédits visent à financer la construction d'un oléoduc de 1760 km de Bakou à Ceyhan en Turquie, en passant par Tbilissi en Georgie. Cet oléoduc devrait acheminer à partir de mars 2005 50 millions de tonnes de pétrole. les prêteurs sont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la InternationalFinance Corporation, qui prêteront chacune 250 millions, ainsi que 15 grandes banques commerciales, qui fourniront 1,2 milliard, ainsi que les actionnaires BP, Statoil ConocoPhilips et total, qui fourniront 800 millions. La première tranche de crédits sera émise en mars 2004. La moitié des travaux a déjà été réalisée, pour un coût de 1,2 milliard.
Source : Itar-Tass, 3 février 2004

 

03/02/04 - L'imam Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev devrait être jugé en mars


L'imam de la mosquée Juma de Bakou, arrêté en décembre dernier pour sa participation aux protestations contre l'élection frauduleuse du fils Aliev à la présidence, devrait comparaître devant un tribunal le 15 ou le 16 mars prochain, selon ce qu'a déclaré Rafik Aliev, chef du Comité d'État pour le travail avec les organisations religieuses. Quant à la mosquée dont il est le responsable, dont craignanit qu'elle fasse l'objet d'un raid policier, elle a reçu plus de 2 000 fidèles durant les fêtes de l'Aïd (Kurban Baïram), mais pas de policiers. Il semble que, devant la mobilisation internationale, les autorités aient opté pour la voie judiciaire afin de chasser les musulmans de la mosquée et de la retransformer en musée du tapis. Mais pour le moment, aucune convocation au tribunal n'est parvenue à la mosquée. 749 mosquées azéries ont protesté contre les menaces de fermeture de la mosquée Juma.
Pour en savoir plus, on peut consulter le site (en russe et en anglais) www.ibragimoglu.org
Source : http://www.forum18.org

 

01/02/04 - La mosquée Juma de Bakou menacée


Les responsables de la mosquée millénaire de Juma, dans la vieille ville de Bakou, avaient pris toutes leurs dispositions dans l'éventualité d'une attaque policière pour le vendredi 30 janvier. Pour le moment, nous n'avons pas de nouvelles de Bakou et ignorons si la mosquée a été fermée, comme les autorités l'ont promis, dans une lettre datée du 16 janvier et donnant 15 jours aux responsables pour évacuer cette mosquée, qu'ils veulent retransformer en musée de tapis, ce qu'elle était à l'époque soviétique. Les responsables de la mosquée ont invité des diplomates et des responsables d'ONG de défense des droits humains à se rendre à la mosquée pour exercer une vigilance. L'imam de la mosquée, Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev est toujours emprisonné et c'est son frère qui assure l'intérim.
Source : http://www.forum18.org

 

26/01/04 - Arrestations à grande échelle, torture et passages à tabac font suite à la tenue d'élections frauduleuses
par Human Rights Watch, New york, 23 janvier 2004

Le gouvernement azéri se livre à une répression massive contre l'opposition politique suite à l'élection présidentielle frauduleuse d'octobre, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui, au moment de la visite à l'Élysée du président d'Azerbaïdjan.
Le rapport de 55 pages intitulé, « Crushing Dissent: Repression, Violence and Azerbaijan's Elections , » apporte des informations sur des centaines d'arrestations arbitraires, des passages à tabac, des actes de torture généralisés et des renvois de leur emploi, pour motivations politiques, de membres et de partisans de l'opposition suite à l'élection présidentielle du 15 octobre, qualifiée de frauduleuse par une bonne partie de la communauté internationale.  
« L'Azerbaïdjan connaît actuellement sa plus grave crise des droits humains des dix dernières années, » a déclaré Rachel Denber, directrice par intérim de la Division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour mettre un terme à cette répression. »  
Le 22 et 23 janvier, le nouveau président azéri, Ilham Aliev, rendra visite au président français, Jacques Chirac, à Paris. Le 27 janvier, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe débattra du respect par l'Azerbaïdjan des exigences de l'organisation en matière de droits humains. L'Azerbaïdjan est devenu membre du Conseil de l'Europe en 2001, immédiatement après des élections parlementaires fortement critiquées par la communauté internationale.  
« Beaucoup espéraient que l'admission de l'Azerbaïdjan au sein du conseil de l'Europe encouragerait finalement le gouvernement à tenir des élections libres et équitables, » a déclaré Denber. « Ces espoirs ont été anéantis. L'Assemblée parlementaire doit adopter une résolution ferme affirmant clairement que les pouvoirs de la délégation parlementaire d'Azerbaïdjan au sein du Conseil de l'Europe seront menacés si le gouvernement ne remédie pas à la situation. »  
Le rapport de Human Rights Watch apporte des informations sur les violations des droits humains commises par les autorités azéries avant, pendant et après l'élection présidentielle. Le rapport s'appuie sur des centaines d'entretiens avec des victimes et des témoins conduits dans treize villes et agglomérations d'Azerbaïdjan, en octobre et novembre.  
Human Rights Watch a montré que le gouvernement avait empêché les candidats de l'opposition de mener efficacement leur campagne. Des brutalités policières et des arrestations arbitraires ont eu pour but d'intimider les partisans de l'opposition et le grand public. Le jour de l'élection, le gouvernement a mené une campagne très organisée de fraudes à travers tout le pays afin d'assurer la victoire du candidat du parti au pouvoir, Ilham Aliev, à la barbe de la plus vaste équipe internationale d'observateurs du processus électoral jamais déployée dans le pays.  
La violence a fait irruption juste après l'élection. Le rapport apporte des informations sur le recours, par la police, à une force brutale et excessive pour réprimer les manifestations. 300 manifestants au moins ont été gravement blessés et une personne au moins a trouvé la mort. A ce jour, les autorités azéries ont refusé d'enquêter ou de punir les forces de sécurité pour usage excessif de la force.  
Dans les semaines qui ont suivi l'élection, les autorités azéries ont utilisé la violence post-électorale comme prétexte à une répression massive de l'opposition. La police a arrêté près de 1 000 personnes, dont des responsables nationaux de l'opposition, des membres des partis locaux d'opposition, des activistes d'organisations non-gouvernementales, des journalistes, des responsables des élections et des observateurs qui mettaient en avant les fraudes. Human Rights Watch a recueilli des informations sur de nombreux cas de torture par la police. Cette dernière a eu recours, contre les responsables de l'opposition, à de violents passages à tabac, à des décharges électriques et à des menaces de viols perpétrés par des hommes. L'Unité du crime organisé du Ministère de l'Intérieur a joué ici un rôle particulièrement actif.  
Plus de 100 personnes sont encore détenues et pourraient se voir infliger des peines pouvant aller jusqu'à 12 ans de prison. La police continue de convoquer des partisans de l'opposition politique afin de leur faire renoncer, par la pression, à leur appartenance au parti. Human Rights Watch a recueilli des informations sur plus de 100 cas dans lesquels des membres de l'opposition et certains de leurs proches ont été renvoyés de leur emploi en représailles contre leur engagement politique ou celui de leurs proches.  
Human Rights Watch a montré que la domination totale exercée par la présidence était l'une des causes des abus commis contre les droits humains en Azerbaïdjan. Nombre des abus étudiés par Human Rights Watch se sont produits sous les ordres directs des autorités exécutives locales nommées par les services du président auxquels elles rendent exclusivement compte de leurs activités.  
Compte tenu du soutien visible et considérable apporté par la communauté internationale à la tenue d'élections libres et équitables en Azerbaïdjan, Human Rights Watch a exprimé sa déception quant aux messages souvent timides et contradictoires en provenance des gouvernements étrangers et des missions d'observation des élections, à l'issue de l'élection présidentielle. Par exemple, le gouvernement américain a initialement félicité Ilham Aliev pour sa victoire puis a publié une déclaration faisant part de ses préoccupations quant aux abus pour finalement passer la situation sous silence lors de la visite du Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, en Azerbaïdjan, en décembre.  
« La communauté internationale doit adopter une position ferme et cohérente contre la montée des abus, » a déclaré Denber. « Au vu des récentes déclarations du Président Bush sur la démocratie dans les pays voisins du Moyen-Orient, l'inaction américaine en Azerbaïdjan est particulièrement préoccupante. »  
Le rapport de Human Rights Watch contient des recommandations adressées au gouvernement d'Azerbaïdjan et à la communauté internationale, notamment les suivantes :  
*    Etablir une commission indépendante d'enquête avec une participation internationale significative afin d'enquêter sur les fraudes électorales.  
*    Enquêter sur les allégations d'abus physiques et de torture, en particulier par l'Unité du crime organisé du Ministère de l'Intérieur. Lancer des actions disciplinaires contre les agents responsables de ces actes ou les traduire en justice. La communauté internationale, en particulier les gouvernements de l'Union européenne et des Etats Unis devraient s'assurer que les unités de police complices d'actes de torture ne bénéficient pas d'une assistance financière étrangère.  
*    Revoir immédiatement les cas des personnes encore détenues qui ont été arrêtées sur la base d'une présumée implication dans la violence des 15 et 16 octobre. Enquêter sur les allégations de torture et d'abus contre ces détenus. Libérer sans conditions tous les détenus pour lesquels n'existe aucune preuve spécifique de leur participation à des activités illégales. Manoeuvres navales US-azéries
Des manoeuvres militaires conjointes USA-Azerbaïdjan ont commencé lundi 26 janvier et devraient s'achever le 6 février. Le but de ces manoeuvres est d'entraîner les militaires azéris à la protection des installations gazières et pétrolières en mer. 18 militaires US et 45 militaires azéris partcipent à ces manoeuvres qui engagent deux patrouilleurs azéris.
Source : Itar-Tass, 26 janvier 2004

23/01/04 - Visite en France du président Ilham Aliev : RSF interpelle Chirac au sujet de Rauf Arifoglu
A l'occasion de la visite officielle en France, les 22 et 23 janvier 2004, du président de la République d'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, Reporters sans frontières a demandé au président français, M. Jacques Chirac, d'intervenir auprès de son homologue en faveur de la libération de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien du pays, Yeni Musavat, emprisonné à Bakou depuis le 27 octobre 2003.
" Cette visite constitue le premier déplacement à l'étranger du président Aliev depuis sa prise de fonctions. L'Union européenne, le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) attendent du nouveau dirigeant de l'Azerbaïdjan qu'il relève le défi des réformes démocratiques. Connaissant l'attachement de la France à la défense de la liberté d'_expression, nous vous serions reconnaissants d'intervenir auprès de M. Aliev afin qu'il permette la libération de Rauf Arifoglu. Nous sommes convaincus qu'un tel geste serait bénéfique pour l'Azerbaïdjan et son nouveau dirigeant et qu'il serait apprécié par la communauté internationale", dit la lettre, transmise au chef de l'Etat français le 21 janvier.
Rauf Arifoglu est officiellement accusé d'avoir organisé les émeutes qui ont agité le pays suite à l'élection présidentielle contestée du 15 octobre 2003. Il risque sept ans de prison.
Depuis le 27 octobre, M. Arifoglu, également vice-président du parti d'opposition Musavat, est en détention préventive à la prison de Bailov à Bakou. Le 17 janvier 2004, le parquet général a prolongé sa détention de trois mois supplémentaires, dans l'attente de la tenue de son procès.
Considérant que cette détention est injustifiée, Reporters sans frontières a déjà demandé aux autorités, notamment au cours d'une mission à Bakou en décembre 2003, que Rauf Arifoglu soit mis en liberté provisoire dans l'attente de son jugement. L'OSCE a fait de même, sans succès.
Source : RSF

12/03 - adieu à Aliev Ier Haidar Aliev, qui entrera dans l’histoire comme Aliev Ier, puisque son fils Ilham lui a succédé en octobre dernier suites à des élections frauduleuses, a été enterré en grande pompe lundi à Bakou au cours de funérailles nationales et grandioses. Il était mort officiellement vendredi 12 décembre, à 80 ans bien sonnés, dans une clinique de l’Ohio. Président de la République soviétique d’Azerbaïdjan depuis 1969, écarté par Gorbatchev dans le cadre de la perestroïka à la fin des années 1980, il était revenu au pouvoir en 1993, après un coup d’État militaire. Son fils continue la tradition paternelle, faite de répression et de corruption, rien que de très banal dans toutes les républiques de l’ex-URSS. Et les opposants musulmans arrêtés pour avoir protesté contre les fraudes électorales en octobre dernier continuent de croupir en prison.

pressions sur les partisans de l’imam Ibrahimoglu
Les membres du Comité de défense de l’imam Ilgar Ibrahimoglu, constitué le 4 décembre, au lendemain de la décision de le mainternir en détention provisoire pour 3 mois, ont aussitôt eu à faire avec la police, qui leur a rendu visite et les a menacés, ainsi que leurs familles, le jour même et le lendemain. Deux des membres du comité ont été convoqués à la police pour le 10 décembre, journée internationale des droits humains, où ils avaient l’intention d’organiser une manifestation de protestation contre l’arrestation de l’imam. Le responsable de l’association Dewamm et président de la Société Isma Ittihad, Azer Ramizoglu, est passé à la clandestinité pour éviter d’être arrêté à son tour. La police avait tenté de l’arrêter lors de son raid contre la mosquée Juma le 17 octobre dernier. D’autre part, selon l’avocat du numéro 2 du parti Musavat, Rauf Arifoglu, les gardiens de la prison où il est détenu depuis octobre ont refusé à deux reprises qu’un Coran puisse lui être remis.

11/12/03 Ilgar Ibragimoglu, un imam gênant, emprisonné

Ilgar Ibragimoglu, 30 ans, est le jeune et très actif imam de la mosquée Juma, dans la vieille ville de Bakou, la capitale azérie. Militant actif des droits civiques et religieux, il est devenu ces derniers mois une figure de proue de la société civile. Il s’était réfugié le 17 octobre dernier à l’ambassade de Norvège de Bakou pour échapper à une tentative d’arrestation lors d’une descente de police dans sa mosquée lors de la prière du vendredi. La veille, le fils du président sortant Aliev venait d’être élu de manière plus que contestable à la succession du patriarche, ce qui avait déclenché des protestations de l’opposition, dont Ibragimoglu soutenait ouvertement le candidat Isa Gambar, leader du parti Musavat (Égalité). Ce 17 octobre, la police arrêta une centaine de protestataires, dont certains sont toujours détenus, parmi lesquels Rauf Arifoglu, n°2 du Musavat et rédacteur en chef du journal du parti, Yeni Musavat. Le 20 octobre, Ibragimoglu quittait son refuge à l’ambassade de Norvège. Mais ses ennuis n’étaient pas finis. En novembre, le régime organisait une campagne médiatique de diffamation prétendant qu’il était en fuite et recherché par Interpol. Puis, le 28 novembre  il était convoqué pour le 1er décembre par les services du procureur général “comme témoin dans un dossier criminel” indiqué par un simple numéro et interrogé pendant 11 heures. Après avoir été détenu en isolement dans le commissariat de police du district de Nasimi pendant 48 heures, il a été condamné le 3 décembre par le tribunal de district de Bakou à 3 mois de détention provisoire. Il fait l’objet d’une enquête pour avoir organisé les manifestations de protestation contre l’élection d’Ilham Aliev le 16 octobre dernier. Il est suspecté d’avoir violé l’article 220.1 du Code pénal (organisation de troubles publics de masse) et l’article 315.2 (résistance à des représentants des autorités). L’audience a été bâclée et truffée de viols de procédure. Six heures avant l’audience, le procureur général Zakir Garalov a annoncé sa détention à la télévision d’État, ce qui démontre que la décision de l’emprisonner était déjà prise à l’avance.
La dictature dynastique post-soviétique des Aliev père et fils tente ainsi de se débarrasser d’un jeune leader civique et religieux qui n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues. En effet, Ibragimoglu, aujourd’hui détenu à la prison préventive de Bailov à Bakou, se bat sur tous les fronts de la liberté religieuse. Il est à la fois membre de la direction de la Société Islam Ittihad, coordinateur en chef de Devamm, le Centre pour la protection de la liberté de conscience et religieuse et secrétaire général de la section azérie de l’Association internationale pour la liberté religieuse. Il s’est notamment battu victorieusement pour le droit des enseignantes et des étudiantes à porter le hijab dans les établissements d’enseignement. Il a aidé plusieurs églises protestantes à obtenir leur enregistrement auprès du Comité d’État pour le travail avec les organisations religieuses. Il a permis à l’Église baptiste locale de dédouaner un chargement de livres bloqués en douane. Il s’en est pris à la maffia gouvernementale en mettant fin au monopole des pèlerinages à La Mecque, détenu par une société proche du régime.
Le régime a exercé toutes sortes de pressions pour mettre fin aux activités en faveur de la liberté religieuse. Ainsi, il a refusé d’enregistrer le Centre Devamm et l’Association internationale pour la liberté religieuse. Au début de l’année, c’est la Société Islam Ittihad qui s’est vue retirer son accréditation, ce qui l’a amenée à porter plainte auprès de la Cour suprême.
Pendant ses interrogatoires, Ibramigoglu s’est vu interroger à plusieurs reprises sur les références fréquentes au Centre Devamm dans la section consacrée à la liberté religieuses du rapport annuel du département d’État US sur les droits humains consacré à l’Azerbaïdjan et publié en mars 2003.
Malgré l’arrestation de l’imam, les prières continuent à la mosquée Juma. En revanche, Rauf Arifoglu, dans sa prison, s’est vu empêcher de jeûner pendant le Ramadan et de faire ses prières.
Source : Forum 18