| 02/10/04
- RSF alerte l'Assemblée parlementaire du Conseil de
l'Europe sur l'état de la liberté de la presse
La session d'automne de l'Assemblée parlementaire du Conseil
de l'Europe (APCE) examinera, le 5 octobre 2004, le respect des obligations
et des engagements de l'Azerbaïdjan vis-à-vis du Conseil
de l'Europe. Garantir la liberté de la presse fait partie de
ces engagements. Comme l'indique un rapport de l'APCE sur le fonctionnement
des institutions démocratiques en Azerbaïdjan, paru le 20
septembre, la situation n'a cessé de se détériorer
depuis un an pour les journalistes proches de l'opposition.
« Nous souhaitons que l'APCE dénonce avec la plus
grande fermeté la passivité des autorités azerbaïdjanaises
face aux violations de la liberté de la presse »,
a écrit Reporters sans frontières dans un courrier adressé
au président de l'Assemblée, Peter Shieder.
« Les responsables des agressions de journalistes lors des
événements qui ont suivi l'élection présidentielle
d'octobre 2003 doivent impérativement être sanctionnés.
Il en va de même pour les individus qui ont attaqué deux
journalistes d'opposition en juillet 2004. Les autorités azerbaïdjanaises
doivent condamner ces actes et tout faire pour mettre un terme au sentiment
d'impunité qui s'est installé depuis un an »,
a affirmé l'organisation.
« Les articles 147.2 et 148 du code pénal, qui prévoient
des peines de prison pour diffamation et offense, doivent être
abrogés. La crainte d'être condamnés à une
peine de prison ou à une amende d'un montant exorbitant pousse
les journalistes à une autocensure généralisée
très nuisible à la liberté de la presse. »
« Nous demandons par ailleurs la libération de Rauf
Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition
du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition
Musavat, qui est en détention préventive injustifiée
depuis un an », a ajouté l'organisation.
En 2003, près de 100 journalistes ont été agressés.
Au cours des violents affrontements qui ont éclaté les
15 et 16 octobre 2003, au lendemain de l'élection présidentielle,
entre des manifestants et les forces de l'ordre, plus de cinquante journalistes
qui couvraient l'événement ont subi des violences.
En juillet 2004, deux journalistes d'opposition ont été
attaqués. Aydin Gouliev, rédacteur en chef du quotidien
d'opposition Baki Khaber, a été kidnappé et passé
à tabac par quatre inconnus à Bakou, le 17 juillet. Ses
agresseurs l'ont accusé de ne pas "servir son Etat et l'islam"
et ont exigé qu'il cesse toute activité journalistique.
Eynulla Fatullayev, de l'hebdomadaire d'opposition Monitor, a été
violemment frappé à la tête à Bakou, en pleine
rue, le 26 juillet. Il est l'auteur de nombreux articles très
critiques envers le gouvernement.
Alors que le nouveau gouvernement de Ilham Aliev s'était engagé
à identifier et sanctionner les responsables de ces attaques,
aucune enquête n'a abouti.
La législation sur la diffamation et l'insulte, qui prévoit
des peines de prison, est également à l'origine de nombreuses
atteintes à la liberté de la presse.
Le 25 février 2004, un tribunal de Bakou a condamné Rovshan
Kebirli, rédacteur en chef du quotidien Mukhalifat, et Yusif
Gambar, auteur de l'article incriminé, à deux ans de prison
avec sursis pour avoir diffamé la fédération nationale
de Taekwondo. Publié le 18 octobre 2003, ce texte affirmait que
des membres de la fédération avaient collaboré
avec les forces de l'ordre pour disperser des manifestants qui contestaient
l'élection présidentielle du 15 octobre à Bakou.
Le 30 août, Aydin Gouliev, rédacteur en chef du quotidien
d'opposition Baki Khaber, a été condamné à
un an de prison avec sursis pour diffamation et insulte envers Jalal
Aliev, oncle du chef de l'Etat.
Par ailleurs, le montant exorbitant des amendes infligées aux
médias risque d'asphyxier la presse. Le quotidien d'opposition
Yeni Musavat est menacé de fermeture à cause d'amendes
reçues dans le cadre de six procès, dont le montant total
approche les 25 000 euros.
Le 22 septembre, Elmar Huseynov, fondateur et rédacteur en chef
de l'hebdomadaire d'opposition Monitor, et Tarlan Mamedzade, auteur
de l'article incriminé, ont été condamnés
à une amende d'environ 6 500 euros pour avoir "insulté
l'honneur et la dignité" d'un député de la
majorité, Siyavush Novruzov, dans un article, publié en
mars, très critique sur les activités des députés.
Monitor a fait appel de cette décision, alors qu'il doit faire
face à un second procès pour diffamation, initié
par un autre parlementaire. Le député Zalimkhan Yagub,
dont le nom ne figurait pas dans un article du 3 juillet critiquant
durement les parlementaires, demande la fermeture de l'hebdomadaire,
l'incarcération de Elmar Huseynov et de l'auteur de l'article,
Eynulla Fatullayev, ainsi qu'une amende d'environ 25 000 euros.
Par ailleurs, Eynulla Fatullayev a été interpellé
à l'aéroport de Bakou, le 23 septembre, alors qu'il se
rendait à Moscou. Les policiers ont évoqué un ordre
du procureur général interdisant au journaliste de quitter
le territoire. Quelques heures plus tard, Eynulla Fatullayev a été
relâché et a pu prendre son vol pour Moscou. Monitor est
un journal en langue russe, connu pour ses critiques très sévères
de la politique du gouvernement azéri.
Enfin, Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien
d'opposition du pays, Yeni Musavat, et vice-président du parti
d'opposition Musavat, est emprisonné à Bakou depuis le
27 octobre 2003. Son procès, ainsi que celui de six autres leaders
de l'opposition, a débuté le 7 mai 2004. Il est accusé
d'avoir organisé les émeutes qui ont agité le pays
à la suite de l'élection présidentielle contestée
du 15 octobre 2003. Poursuivi pour "trouble à l'ordre public"
et "refus d'obtempérer", il risque sept ans de prison.
Source : www.rsf.fr, 1er octobre 2004
14/08/04
- La Cour suprême confirme l'éviction de la mosquée
Juma
Cela n'a pris que cinq minutes : le 11 août, la Cour suprême
a confirmé l'éviction de la communauté des fidèles
de la mosquée Juma de Bakou, contre laquelle l'imam Ilgar Ibrahimoglu
Allahverdiev avait fait appel. La communauté a aussitôt
saisi la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.
La répression continue contre les fidèles de cette mosquée,
considérée comme un dangereux bastion d'opposition par
le régime. Le mêmle 11 août, un tribunal de Bakou
a condamné un autre fidèle, Azad Narimanoglu Isayev, à
sept jours de prison pour "résistance aux forces de l'odre".
Depuis le 30 juin, lorsque les fidèles ont été
expulsés de la mosquée, 83 fidèles ont été
convoqués à la police et ous les responsables de la communauté
ont fait l'objet de harcèlement policier.
Source : www.forum18.org, 12 août 2004
04/08/04
- Interdiction de prier dans un logement privé...
Privés de leur mosquée, fermée depuis le 30 juin "pour
réparations", les fidèles de la mosquée Juma de Bakou
ont subi le 30 juillet une nouvelle étape dans le harcèlement de
la part de la police de la capitale. Réunis pour prier dans le logement
de l'un d'entre eux, après un service funèbre, 26 fidèles
ont été arrêtés par la police et détenus pendant
deux heures au commissariat de police du 267ème district. Le Colonel Mamedov,
chef de la police du district de Yasamal, a expliqué à un représentant
de l'organisation Forum 18 que les Musulmans n'ont pas le droit de tenir des
séances de prière dans des foyers privés ! Poussé dans
ses retranchements, le Colonel a ajouté que ces prières étaient
dirigées par l'imam Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev, "qui fait de
l'agitation et de la propagande contre le gouvernement". Son interlocuteur
insistant, le Colonel a fini par invoquer l'argument suprême pour cette
intervention policière : « La prière se tenait dans une cave
sans eau courante. Ce n'est pas un endroit approprié pour des rencontres
religieuses. » Ne sachant que répondre à la question de savoir
en quoi cela concernait des fonctionnaires de l'État, le Colonel a préféré raccrocher,
mettant ainsi un terme à l'interview. Il y a vraiment quelque chose
de pourri au royaume d'Aliev II.
Source : www.forum18.org.
19/07/04
- Report du procès des leaders d'opposition
Le 14 juillet, le tribunal de Bakou a ajourné sine die le procès
des sept dirigeants d'opposition emprisonnés pour les manifestations d'octobre
dernier, suite à la grève de la faim de 3 jours déclenchée
la veille par les détenus, qui protestent contre leurs conditions scandaleuses
de détention dans des "cellules de la mort".
Source : Turan, 14 juillet 2004
13/07/04
- Nouvelle grève de la faim des leaders
d'opposition détenus
Les sept leaders d'opposition détenus depuis octobe dernier sous l'accusation
d'avoir organisé des manifestations de protestation contre l'élection
frauduleuse d'Ilham Aliev ont dénoncé, lors de leur dernière
comparution devant un tribunal de Bakou, les conditions effroyables de détention
qui sont les leurs, dans les "cellules de la mort" de la Maison d'arrêt
de Bailovskiy. Ils ont menacé de reprendre leur grève de la faim
le 12 juillet si les conditions n'étaient pas améliorées
immédiatement. Ainsi, les détenus n'ont eu de nouveau accès à de
l'eau qu'après une intervention d'organisations internationales. Leurs
plaintes contre la nourriture très mauvaise qu'on leur donne depuis 8
mois n'ont eu à ce jour aucun effet. Pire, Sardar Dzhalaloglu, secrétaire
général du Parti démocratique d'Azerbaïdjan, a récemment été victime
d'une intoxication alimentaire et a failli en pourir. Rauf Arifoglu, rédacteur
en chef du journal Yeni Musavat a lancé au juge Mansour Ibaïev : « Nous
déclarons officiellement que si quelque chose nous arrive, cela reposera
sur votre conscience, M. Ibaïev. »
Source : PRIMA-News, 9 juillet 2004
10/07/04
- Répression contre les fidèles de
la mosquée
Juma
Depuis le 30 juin, la communauté des fidèles de la mosquée
chiite Juma, dans la vieille ville de Bakou, sont pratiquement interdits d’accès à la
mosquée, que le gouvernement voudrait retransformer en musée de
tapis, ce qu’elle était pendant l’ère soviétique.
Et en 8 jours, 27 fidèles, dont 11 femmes, ont été arrêtés
par la police, maltraités et certains se sont vus infliger des amendes
de 8 € lorsqu’ils ont refusé de signer un engagement à ne
plus fréquenter la mosquée. Le bras de fer continue.
Source : www.forum18.org
07/07/04
- Des leaders d'opposition détenus dénoncent
la torture
L'affaire des sept leaders d'opposition détenus depuis octobre dernier
sous l'accusation d'avoir organisé des manifestations qualifiées
d'émeutes contre l'élection frauduleuse à la présidence
d'Ilham Aliev n'en fint plus de traîner. Mieux, elle devient de plus en
plus embarrassante pour le régime Aliev II. Ainsi, deux des détenus
ont révélé dans quelles conditions ils avait fait des "aveux".
Igbal Agadze, député et chef du parti Umid, avait ainsi fait des "aveux" télévisés
le 20 ocobre dernier. Il vient de déclarer devant le tribunal qui le juge
qu'il a fait ces "aveux" au bout de trois jours de coups et de tortures
et alors que les policiers menaçaient de s'en prendre à sa femme
et à sa fille. Le secrétaire général du Parti démocratique
Sardar Dzhalaloglu a aussi déclaré avoir été battu
et torturé et que le jeune Shamsi Gakhramanov avait été menacé de
viol s'il ne le dénonçait pas. Ah, elle est belle, la démocratie
azérie !
Souce : PRIMA-News, 1er juillet 2004
06/07/04
- Escalade
policière contre la mosquée Juma de Bakou
La répression policière contre la mosquée Juma de Bakou
connaît une escalade savamment dosée. Le 30 juin, la police a installé de
force un imam dépendant du Bureau musulman caucasien, un organisme étatique
dont la mosquée ne dépend pas et a interdit aux fidèles
habituels de prier dans la mosquée. ceux-ci ne se sont pas laissés
intimider et on a assisté depuis à la curieuse scène de
prières se succédant : d'abord l'imam d'État et sa quinzaine
de "fidèles", puis l'imam en titre de la mosquée, avec plusieurs
centaines de fidèles. Dimanche soir 4 juillet, la police a voulu mettre
un terme à cela : entre 50 et 200 policiers ont encerclé la mosquée
et ont pénétré avec armes et chaussures dans la salle de
prières. Et ils ont arrêté l'imam Adil Huseinov et trois
autres fidèles juste au moment où ils commençaient à prier.
Les 4 hommes ont été détenus toute la nuit dans un commissariat
de police, où ils ont été frappés et insultés.
Alors qu'ils étaient relâchés lundi matin, cinq autres fidèles
se rendant à la mosquée pour prier ont à leur tour été interpellés.
Le bras de fer continue.
Source : http://www.forum18.org
21/06/04
- Un procès renvoyé aux calendes
grecques
Le procès des sept dirigeants d’opposition emprisonnés pour
avoir organisé des manifestations contre l’élection frauduleuse
du fils Aliyev en octobre dernier a de nouveau été reporté sine
die le 17 juin, les prévenus ayant refusé de comparaître
devant le tribunal.
17/06/04
- Deux
journalistes du Nakhitchevan sous pression
par Reporters sans frontières, 16 juin 2004
Malahat Nasibova, correspondante de l'agence de presse TURAN et de la station
américaine Radio Free Europe, ainsi que Mohammed Rzayev, correspondant
du quotidien d'opposition Azadlig au Nakhitchevan (république autonome
d'Azerbaïdjan enclavée entre l'Arménie et l'Iran), ont déclaré,
le 14 juin 2004, faire l'objet d'un harcèlement continu depuis deux mois.
Reporters sans frontières a demandé au président de l'Assemblée
suprême (Mejlis) de la république autonome, Vasif Talibov, de s'assurer
que les journalistes puissent exercer leur métier dans des conditions
normales, sans subir de pressions de la part des autorités, et de garantir
leur sécurité.
Malahat Nasibova et Mohammed Rzayev ont affirmé être victimes de
menaces depuis deux mois, chaque fois qu'ils relatent les pressions subies par
l'opposition locale, dont les membres seraient régulièrement agressés
et interpellés par les forces de police.
Après avoir rapporté ces faits, les journalistes sont systématiquement
convoqués ou joints par téléphone par la police qui exige
qu'ils cessent de rendre compte de ce harcèlement.
Les familles des journalistes ont également été menacées
par téléphone de perdre leur emploi ou insultées. Malahat
Nasibova affirme avoir reçu des appels téléphoniques et
des messages par Internet indiquant qu'elle risquait de "pleurer les membres
de sa famille" si elle ne cessait pas ses critiques à l'égard
des autorités.
15/06/04
- Procès de 7 opposants reporté au
17 juin
Devant le refus des prévenus de comparaître devant la cour, le président
du tribunal de Bakou Mansur Ibaïev a reporté du 11 au 17 juin le
procès de sept responsables d'opposition accusés d'avoir organisé les
manifestations d'octobre dernier contre l'élection frauduleuse du président
Ilham Aliyev. L'un de leurs avocats a déclaré que les détenus
avaient été mis à l'isolement dans la prison de Bailov.
L'accès à électricité et à l'eau leur a été refusé ainsi
que la possibilité de recevoir des journaux. Les 7 détenus ont
déclenché une grève de la faim de protestation.
Source : Turan, 11 juin 2004
12/06/04
- 7 opposants détenus mis à l’isolement
7 responsables politiques d’opposition détenus depuis les manifestations
d’octobre dernier contre l’élection frauduleuse du président
Aliyev II devaient comparaître devant le tribunal pour être jugés
le 11 juin. Mais le 9 juin, ils ont été mis à l’isolement
et les services du procureur ont désigné de nouveaux avocats pour
les représenter. Les détenus avaient déclaré au début
du mois qu’ils renonçaient à toute représentation
légale et qu’ils ne participeraient pas à leur procès,
pour protester contre le rejet par le juge en charge de l’affaire de leurs
plaintes. Le procureur Bayramov a déclaré le 10 juin que le procès
ne pouvait avoir lieu en l’absence des prévenus et qu’il était
prématuré d’envisager de les conduire de force au procès.
Source : Turan, 10 juin 2004
11/06/04
- Iskander Hamidov à nouveau harcelé
L'ancien ministre Iskander Hamidov n'est pas au bout de ses peines.
Libéré l'année
dernière après avoir purgé 8 des 14 années de prison
auxquelles il avait été condamné pour corruption, abus de
fonctions et violences physiques, cet homme qui appartient désormais à l'opposition
azérie, est sans cesse suivi par des policiers. Ces derniers l'ont interpellé le
4 juin dans un salon de thé de Bakou ainsi que son chauffeur. Ils souhaitaient
l'interroger sur une allégation selon laquelle un de ses assistants aurait
tenté d'extorquer 150 000 $ à une entreprise de bâtiment.
Le but réel de cette interpellation était d'empêcher un rassemblement
de protestation prévu ce jour-là et auquel Hamodov avait appelé à participer.
Le rassemblement a été interdit par les autorités municipales
de la capitale azérie. Finalement, Hamidov a été relâché,
mais son chauffeur a été condamné à 10 jours de détention
administrative pour résistance aux policiers qui l'avaient inetrpellé.
Source : Turan et zerkalo.az, 5 juin 2004
27/04/04
- La Cour d'appel confirme la fermeture de la mosquée
Juma
La Cour d'appel de l'Azerbaïdjan a confirmé le 22 avril le jugement
du tribunal de distrcit de Sabayil du 1er mars ordonnant la fermeture de la mosquée
Juma à Bakou. Après les nombreuses critiques contre cette sentence,
le tribunal avait suspendu son verdict le 11 mars mais l'organisme d'État
chargé des monuments historiques avait fait appel de cette suspension.
L'ambassadeur de Norvège à Bakou a déclaré que la
décision de la Cour d'appel était "en contradiction avec les
conventions internationales".
Source : Turan, Bakou, 22 avril 2004
07/04/04
-Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev condamné à 5
ans de prison avec sursis
Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev, le jeune imam de la mosquée Juma de Bakou,
a été condamné le 2 avrilà cinq ans de prison avec
sursis et se retrouve donc en état de "semi-liberté" : « Je
n'ai pas le droit de quitter Bakou sans permission spéciale et à la
moindre infraction, je risque d'être renvoyé en prison. » Arrêté le
1er décembre pour avoir participé aux protestations contre l'élction
frauduleuse, en octobre dernier, de Ilham Aliyev à la présidence,
l'imam de la mosquée de Bakou a, d'abord été accusé de
relations avec les révolutionnaires iraniens et Al Qaïda puis de
soutien aux protestants et à l'Occident et de prêcher le "radicalisme".
Sa condamnation a été unanimement condamnée par les défenseurs
des droits humains et religieux ainsi que par Andreas Gross, un parlementaire
suisse qui est le co-rapporteur du groupe de surveillance de l'Azerbaïdjan
de l'Assemblée parlemenatire du Conseil de l'Europe, pour qui "la
crédibilité de ce verdict est faible. Il y a trop de risques qu'il
soit le résultat de ses opinions politiques." L'imam a fait part
de faire appel de sa condamnation et de porter plainte pour ses 4 mois de détention
devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Source : http://www.forum18.org
27/03/04
- Création du Mouvement du 16 octobre
Les dirigeants de quatre partis (Musavat, Parti démocratique, Parti du
peuple, Parti de l'espoir) et de l'association des vétérans de
la guerre du Karabakh, détenus à la prison de Bayil à Bakou,
ont décidé de créer, le 22 mars, le "Mouvement du 16
octobre", dont les buts sont : faire connaître au monde la vérité sur
les événements des 15 et 16 octobre, obtenir justice pour les personnes
emprisonnées suite aux manifestations de protestation contre l'élection
d'Ilham Aliyev, la protection des droits des personnes victimes de la répression,
le dépôt de plaintes devant la Cour européenne des droits
de l'homme et la défense des personnes arrêtées. Les fondateurs
déclarent enfin que le mouvement prendra au même niveau la défense
de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes arrêtées.
Source : Yeni Musavat, Bakou, 24 mars 2004
25/03/04
- Ouverture du procès d'Ilgar Ibrahimoglu
Allahverdiev
Le procès de l'imam de la mosquée Juma, détenu depuis le
1er décembre 2003, s'est ouvert lundi 22 mars à Bakou, devant la
Cour pour crimes graves. Jugé avec 8 autres personnes, Ibrahimoglu risque
de longues années de prison. Il est accusé de "participation à des
désordres de masse" et de "résistance aux autorités".
Des dirigeants baptistes et adventistesd des représentants de l'OSCE,
d'ONG et de plusieurs ambassades occidentales ont assisté à l'ouverture
du procès. Pendant ce temps, les responsables de la mosquée continuent
leur combat pour le maintien de la mosquée en fonctions.
Source : Forum 18
21/03/04
- Ilham Aliyev grâcie 129 détenus
Le président Ilham Aliyev a signé le 17 mars un décret accordant
la grâce à 129 prisonniers politiques dont le plus connu est le
colonel Suret Huseinov. Celui-ci avait dirigé en juin 1993 l¹insurrection
qui avait provoqué la chute du gouvernement du Front populaire. Nommé Premier
ministre par Haïdar Aliyev, il fut limogé en octobre 1994 sous l¹accusation
d¹avoir voulu renverser Aliyev. Réfugié en Russie, d¹où il
fut extradé en 1997, il fut condamné à la prison à vie
en 1999 sous l¹accusation d¹avoir préparé un coup d¹État.
Le Conseil de l¹Europe l¹avait déclaré prisonnier politique
en 2001.
Source : agences Turan et Itar-Tass, 17 mars 2004
20/03/04
- Sulhadddin
Akper remis en liberté
Le vice-président du parti d'opposition Musavat Sulhadddin Akper a été remis
en liberté le 16 mars au terme de 5 mois de détention préventive,
après les manifestations des 16 et 17 octobre à Bakou. D'abord
inculpé pour avoir organisé des désordres de masse et résistance à la
police, il a simplement été inculpé pour ne pas avoir rapporté un
crime à la police. On ignore s'il sera jugé pour ce "crime" et
quand.
Source : agence Turan, 16 mars 2004
18/03/04
- Nouvelles condamnations de manifestants d'octobre
8 personnes ont été condamnées à Bakou le 15 mars
pour leur participation aux manifestations d'octobre dernier contre l'élection
frauduleuse d'Aliyev II. 4 accusés ont été condamnés à des
peines avec sursis et 4 autres ont été condamnés à des
peines de 4 à 5 ans de prison. À ce jour, 47 personnes ont été condamnées
pour leur participation à ces manifestations, dont 17 à des peines
de prison ferme et 30 à des peines avec sursis.
Source : agence Turan, 15 mars 2004
16/03/04
- Sursis judicaire pour la mosquée Juma
Le tribunal du district de Sabayil à Bakou a suspendu le 11 mars la sentence
ordonnant l'évacuation au 1er mars de la mosquée millénaire
Juma dans la vieille ville de Bakou. Les protestations nationales et internationales
contre cette décision ont donc porté leurs fruits. L'imam de la
mosquée Ilgar Ibrahimoglu reste cependant détenu.
Source : agence Turan, Bakou, 11 mars 2004
11/03/04
- Procès à la chaîne à Bakou
Les tribunaux de Bakou continuent à juger à la chaîne les
manifestants détenus depuis le mois d'octobre dernier pour avoir protesté contre
l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev. Dans cinq procès séparés,
12 personnes ont été condamnées les 4 et 5 mars à des
peines allant de 3 à 6 ans de prison, tandis que 26 autres prévenus étaient
condamnés à des peines avec sursis. Dans une déclaration
le 5 mars, le parti d'opposition Musavat, a dénoncé ces condamnations,
basées selon lui sur des preuves fabriquées étayées
par des faux témoignages. Selon le parti, les juges ont ignoré toutes
les preuves produites par la défense des prévenus.
Source : agence Turan, Bakou, 5 mars 2004
07/03/04
- 16 "émeutiers d'octobre" jugés
16 des personnes détenues pour leur participation aux manifestations de
protestation contre l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev les 15 et 16
octobre derniers, ont été jugées en deux fournées
par la Cour criminelle de Bakou le 4 mars. Six accusés ont été condamnés à des
peines de 3 à 5 ans de prison. Les 10 autres ont été condamnés à des
peines de prison avec sursis et ont donc été remis en liberté.
Source : Agence Turan, Bakou, 4 mars 2004
03/03/04
- Grève sur le chantier du pipeline Bakou-Ceyhan
400 travailleurs du chantier de construction du pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan,
employés par une société basée en Grèce,
Consolidated Contractors International Co., se sont mis en grève
le samedi 28 février dans le district de Kurdamir, en Azerbaïdjan.
Selon la télévision azérie, ils ont déclaré
se mettre en grève à cause de l'injustice sociale et de
la discrimination ethnique régnant sur le chantier. leurs critiques
rejoignent celles des syndicalistes et écologistes géorgiens
qui dénoncent les conditions de "travail forcé"
régnant sur le chantier du pipeline, qui devrait être prêt
en 2005 : les travailleurs doivent travailler 12 heures et plus par
jour, sept jours par semaine pour des salaires du subsistance minimaux.
Une grève a déjà eu lieu sur la section georgienne
du pipeline en janvier. Le projet, dirigé par British petroleum,
est financé par la banque mondiale et la Banque européenne
de reconstruction et de développement.
Source : http://www.eurasianet.org , 1er mars 2004
La mosquée Juma doit être évacuée "immédiatement"
Au terme d'un procès expéditif de 3 heures, le tribunal
du district de Sabail à Bakou a ordonné le 1er mars l'évacuation
"immédiate" de la mosquée millénaire
Juma de la vieille ville de Bakou. Cette mosquée, transformée
sous Staline en 1937 en musée de tapis, avait été
récupérée par des fidèles en 1992. Elle
doit, selon les autorités, redevenir un musée de tapis.
Son imam est emprisonné depuis le 1er décembre 2003. Les
responsables de la mosquée doivent faire appel de la sentence
ce 3 mars.
Source : Forum 18
28/02/04 - Deux
journalistes condamnés à deux ans de prison avec sursis
Le 25 février 2004, un tribunal de Bakou a condamné Rovshan
Kebirli, rédacteur en chef du quotidien Mukhalifat, et Yusif
Gambar, auteur de l'article incriminé, à deux ans de prison
avec sursis pour avoir diffamé la fédération nationale
de Taekwondo. Publié le 18 octobre 2003, ce texte affirmait que
des membres de la fédération avaient collaboré
avec les forces de l'ordre pour disperser des manifestants qui contestaient
l'élection présidentielle du 15 octobre à Bakou.
"Une fois de plus, les autorités azerbaïdjanaises ont
montré leur mépris de la liberté de la presse et
de leurs engagements auprès du Conseil de l'Europe. Les journalistes
ne devraient jamais risquer la prison pour avoir simplement fait leur
métier", a déclaré Reporters sans frontières.
L'organisation demande au gouvernement et au responsable des médias
auprès de l'administration présidentielle, Ali Hasanov,
de tout mettre en |uvre pour que les articles 147.2 et 148, qui prévoient
des peines de prison pour diffamation et offense, soient retirés
du code pénal.
Les deux journalistes, qui ont également été condamnés
à verser 15% de leur salaire à l'Etat pendant deux ans,
estiment qu'il s'agit d'une décision politique et vont faire
appel. Le vice-président de la fédération de Taekwondo,
Fizuli Muzayev, demandait en plus la fermeture du journal, mais n'a
pas obtenu gain de cause.
Source : http://www.rsf.fr
24/02/04 - Raif
Arifoglu a interrompu sa grève de la faim
Rauf Arifoglu, leader du parti d'opposition Musavat et rédacteur
en chef de son journal Yeni Musavat, détenu depuis le mois d'octobre
à Bakou, a interrompu le 19 février une grève de
la faim entamée le 9 février. Cette interruption est dûe
à une sérieuse détérioration de ses conditions
de santé.
Source : Turan, Bakou, 19 février 2004
21/02/04 - Le
sort de la mosquée Juma de Bakou décidé par
la justice le 25 février
La mosquée millénaire Juma dans la vielle ville de Bakou, transformée
sous Staline en musée de tapis en 1937 et récupérée
par les fidèles en 1992, est menacée de fermeture et d'être
retransformée en musée de tapis. Son imam est détenu depuis
le 1er décembre et accusé d'avoir participé aux protestations
contre l'élection frauduleuse de l'Ilah Aliyev en octobre dernier. Devant
la mobilisation internationale en faveur de la mosquée, les autorités
ont opté pour la voie judiciaire. C'est donc un tribunal de Bakou qui
décidera le 25 février si la mosquée doit redevenir un musée.
Des organisations internationales de défense des droits humains et des
ambassades étrangères enverront des observateurs au procès,
notamment l'ambassade de Norvège, située à 100 mètres
de la mosquée.
Source : www.forum18.org
20/02/04
- Rauf Arifoglu en grève de la faim depuis le 9 février
Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien d'opposition,
Yeni Musavat, et vice-président du parti d'opposition Musavat, a entamé une
grève de la faim le 9 février 2004. Officiellement accusé d'avoir
organisé les émeutes qui ont agité le pays suite à l'élection
présidentielle contestée d'octobre 2003, le journaliste est en
détention préventive depuis plus de trois mois. Il risque sept
ans de prison.
Considérant que cette détention est injustifiée et inquiète
de la dégradation de son état de santé, Reporters sans frontières
réclame la mise en liberté provisoire de Rauf Arifoglu dans l'attente
de son jugement.
Ce dernier a été incarcéré à la prison de
Bailov, à Bakou, le 27 octobre 2003, pour une durée de trois mois.
Le 17 janvier 2004, le parquet général a prolongé sa détention
de trois mois supplémentaires dans l'attente de son procès, dont
la date n'a pas encore été fixée.
Les autorités affirment qu'il a organisé les manifestations du
15 et du 16 octobre 2003 et l'accusent de "trouble à l'ordre public" et "refus
d'obtempérer". Elles avancent notamment que des objets utilisés
par les manifestants du parti Musavat au cours des émeutes ont été stockés
dans son bureau, les locaux du journal étant dans le bâtiment même
du parti Musavat. D'après le procureur général adjoint,
Ramiz Rzayev, la gravité des faits reprochés à M. Arifoglu,
la crainte qu'il échappe à la justice et gêne la bonne tenue
de l'enquête justifient sa détention préventive.
Les autorités, rencontrées par Reporters sans frontières
lors d'une mission en Azerbaïdjan en décembre 2003, soutiennent que
Rauf Arifoglu n'est pas détenu en tant que journaliste mais en tant que
dirigeant du parti Musavat.
Selon son avocat, Samed Panahov, l'état de santé de Rauf Arifoglu,
qui refuse de mettre un terme à sa grève de la faim, s'est considérablement
dégradé. Régulièrement examiné par des médecins
de la prison et de la Croix-Rouge, il souffre d'importantes douleurs à l'estomac
et de fortes chutes de tension.
Source : RSF, 18 février 2004
07/02/04
- Les dirigeants d'opposition emprisonnés écrivent
au président
Aliyev
Emprisonnés au centre de détention préventive n°1 de
Bayil, les dirigeants d'opposition arrêtés pour avoir protesté contre
l'élection frauduleuse d'Ilham Aliyev le 17 octobre dernier viennent d'écrire
au président pour demander à bénéficier rapidement
d'un procès ouvert et équitable. Les signataires de la lettre sont
: Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du journal Yeni Musavat, Panah Huseyn,
du Parti du peuple, Arif Hacili et Ibrahim Ibrahimli, vice-présidents
du Parti Musavat et Iqbal Agazada, président du Parti de l'espoir.
Ils exigent notamment que les dirigeants et les militants emprisonnés
soient jugés en même temps, que les pièces à conviction
produites par l'accusation et par la défense soient examinées de
manière égale et que soient projetées les 28 cassettes vidéos
tournées pendant les manifestations des 15 et 16 octobre derniers à Bakou.
Ils demandent que soient également jugés les policiers qui se sont
distingués par leur brutalité pendant ces manifestations. Ils veulent
aussi que leurs chefs soient entendus comme témoins. « Si le président
ne répond pas ou répond négativement à cette lettre,
les membres de l'opposition se mettront en grève de la faim le 9 février »,
a déclaré Samad Panahov, l'avocat de Rauf Arifoglu, qui a ajouté qu'ils
voulaient démarrer leur grève le 3 février mais qu'il
les avait convaincus de reporter leur action de quelques jours.
Source : Ekho, Bakou, 3 février 2004
04/02/01
- 2,6 milliards de $ de crédits pour un pipeline
Une série d'accords portant sur des crédits de 2,6 milliards de
$ ont été signés le 2 février à Bakou. ces
crédits visent à financer la construction d'un oléoduc de
1760 km de Bakou à Ceyhan en Turquie, en passant par Tbilissi en Georgie.
Cet oléoduc devrait acheminer à partir de mars 2005 50 millions
de tonnes de pétrole. les prêteurs sont la Banque européenne
pour la reconstruction et le développement et la InternationalFinance
Corporation, qui prêteront chacune 250 millions, ainsi que 15 grandes banques
commerciales, qui fourniront 1,2 milliard, ainsi que les actionnaires BP, Statoil
ConocoPhilips et total, qui fourniront 800 millions. La première tranche
de crédits sera émise en mars 2004. La moitié des travaux
a déjà été réalisée, pour un coût
de 1,2 milliard.
Source : Itar-Tass, 3 février 2004
03/02/04
- L'imam Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev devrait être
jugé en
mars
L'imam de la mosquée Juma de Bakou, arrêté en décembre
dernier pour sa participation aux protestations contre l'élection frauduleuse
du fils Aliev à la présidence, devrait comparaître devant
un tribunal le 15 ou le 16 mars prochain, selon ce qu'a déclaré Rafik
Aliev, chef du Comité d'État pour le travail avec les organisations
religieuses. Quant à la mosquée dont il est le responsable, dont
craignanit qu'elle fasse l'objet d'un raid policier, elle a reçu plus
de 2 000 fidèles durant les fêtes de l'Aïd (Kurban Baïram),
mais pas de policiers. Il semble que, devant la mobilisation internationale,
les autorités aient opté pour la voie judiciaire afin de chasser
les musulmans de la mosquée et de la retransformer en musée du
tapis. Mais pour le moment, aucune convocation au tribunal n'est parvenue à la
mosquée. 749 mosquées azéries ont protesté contre
les menaces de fermeture de la mosquée Juma.
Pour en savoir plus, on peut consulter le site (en russe et en anglais) www.ibragimoglu.org
Source : http://www.forum18.org
01/02/04
- La mosquée Juma de Bakou menacée
Les responsables de la mosquée millénaire de Juma, dans la vieille
ville de Bakou, avaient pris toutes leurs dispositions dans l'éventualité d'une
attaque policière pour le vendredi 30 janvier. Pour le moment, nous n'avons
pas de nouvelles de Bakou et ignorons si la mosquée a été fermée,
comme les autorités l'ont promis, dans une lettre datée du 16 janvier
et donnant 15 jours aux responsables pour évacuer cette mosquée,
qu'ils veulent retransformer en musée de tapis, ce qu'elle était à l'époque
soviétique. Les responsables de la mosquée ont invité des
diplomates et des responsables d'ONG de défense des droits humains à se
rendre à la mosquée pour exercer une vigilance. L'imam de la mosquée,
Ilgar Ibrahimoglu Allahverdiev est toujours emprisonné et c'est son frère
qui assure l'intérim.
Source : http://www.forum18.org
26/01/04
- Arrestations à grande échelle,
torture et passages à tabac
font suite à la tenue d'élections frauduleuses
par Human Rights Watch, New york, 23 janvier 2004
Le
gouvernement azéri se livre à une répression massive
contre l'opposition politique suite à l'élection présidentielle
frauduleuse d'octobre, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau
rapport publié aujourd'hui, au moment de la visite à l'Élysée
du président d'Azerbaïdjan.
Le rapport de 55 pages intitulé, « Crushing Dissent: Repression,
Violence and Azerbaijan's Elections , » apporte des informations sur des
centaines d'arrestations arbitraires, des passages à tabac, des actes
de torture généralisés et des renvois de leur emploi, pour
motivations politiques, de membres et de partisans de l'opposition suite à l'élection
présidentielle du 15 octobre, qualifiée de frauduleuse par une
bonne partie de la communauté internationale.
« L'Azerbaïdjan connaît actuellement sa plus grave crise des
droits humains des dix dernières années, » a déclaré Rachel
Denber, directrice par intérim de la Division Europe et Asie centrale à Human
Rights Watch. « Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates
pour mettre un terme à cette répression. »
Le 22 et 23 janvier, le nouveau président azéri, Ilham Aliev, rendra
visite au président français, Jacques Chirac, à Paris. Le
27 janvier, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe débattra
du respect par l'Azerbaïdjan des exigences de l'organisation en matière
de droits humains. L'Azerbaïdjan est devenu membre du Conseil de l'Europe
en 2001, immédiatement après des élections parlementaires
fortement critiquées par la communauté internationale.
« Beaucoup espéraient que l'admission de l'Azerbaïdjan au sein
du conseil de l'Europe encouragerait finalement le gouvernement à tenir
des élections libres et équitables, » a déclaré Denber. « Ces
espoirs ont été anéantis. L'Assemblée parlementaire
doit adopter une résolution ferme affirmant clairement que les pouvoirs
de la délégation parlementaire d'Azerbaïdjan au sein du Conseil
de l'Europe seront menacés si le gouvernement ne remédie pas à la
situation. »
Le rapport de Human Rights Watch apporte des informations sur les violations
des droits humains commises par les autorités azéries avant, pendant
et après l'élection présidentielle. Le rapport s'appuie
sur des centaines d'entretiens avec des victimes et des témoins conduits
dans treize villes et agglomérations d'Azerbaïdjan, en octobre
et novembre.
Human Rights Watch a montré que le gouvernement avait empêché les
candidats de l'opposition de mener efficacement leur campagne. Des brutalités
policières et des arrestations arbitraires ont eu pour but d'intimider
les partisans de l'opposition et le grand public. Le jour de l'élection,
le gouvernement a mené une campagne très organisée de fraudes à travers
tout le pays afin d'assurer la victoire du candidat du parti au pouvoir, Ilham
Aliev, à la barbe de la plus vaste équipe internationale d'observateurs
du processus électoral jamais déployée dans le pays.
La violence a fait irruption juste après l'élection. Le rapport
apporte des informations sur le recours, par la police, à une force brutale
et excessive pour réprimer les manifestations. 300 manifestants au moins
ont été gravement blessés et une personne au moins a trouvé la
mort. A ce jour, les autorités azéries ont refusé d'enquêter
ou de punir les forces de sécurité pour usage excessif de la
force.
Dans les semaines qui ont suivi l'élection, les autorités azéries
ont utilisé la violence post-électorale comme prétexte à une
répression massive de l'opposition. La police a arrêté près
de 1 000 personnes, dont des responsables nationaux de l'opposition, des membres
des partis locaux d'opposition, des activistes d'organisations non-gouvernementales,
des journalistes, des responsables des élections et des observateurs qui
mettaient en avant les fraudes. Human Rights Watch a recueilli des informations
sur de nombreux cas de torture par la police. Cette dernière a eu recours,
contre les responsables de l'opposition, à de violents passages à tabac, à des
décharges électriques et à des menaces de viols perpétrés
par des hommes. L'Unité du crime organisé du Ministère de
l'Intérieur a joué ici un rôle particulièrement
actif.
Plus de 100 personnes sont encore détenues et pourraient se voir infliger
des peines pouvant aller jusqu'à 12 ans de prison. La police continue
de convoquer des partisans de l'opposition politique afin de leur faire renoncer,
par la pression, à leur appartenance au parti. Human Rights Watch a recueilli
des informations sur plus de 100 cas dans lesquels des membres de l'opposition
et certains de leurs proches ont été renvoyés de leur emploi
en représailles contre leur engagement politique ou celui de leurs proches.
Human Rights Watch a montré que la domination totale exercée par
la présidence était l'une des causes des abus commis contre les
droits humains en Azerbaïdjan. Nombre des abus étudiés par
Human Rights Watch se sont produits sous les ordres directs des autorités
exécutives locales nommées par les services du président
auxquels elles rendent exclusivement compte de leurs activités.
Compte tenu du soutien visible et considérable apporté par la communauté internationale à la
tenue d'élections libres et équitables en Azerbaïdjan, Human
Rights Watch a exprimé sa déception quant aux messages souvent
timides et contradictoires en provenance des gouvernements étrangers et
des missions d'observation des élections, à l'issue de l'élection
présidentielle. Par exemple, le gouvernement américain a initialement
félicité Ilham Aliev pour sa victoire puis a publié une
déclaration faisant part de ses préoccupations quant aux abus pour
finalement passer la situation sous silence lors de la visite du Secrétaire
américain à la Défense, Donald Rumsfeld, en Azerbaïdjan,
en décembre.
« La communauté internationale doit adopter une position ferme et
cohérente contre la montée des abus, » a déclaré Denber. « Au
vu des récentes déclarations du Président Bush sur la démocratie
dans les pays voisins du Moyen-Orient, l'inaction américaine en Azerbaïdjan
est particulièrement préoccupante. »
Le rapport de Human Rights Watch contient des recommandations adressées
au gouvernement d'Azerbaïdjan et à la communauté internationale,
notamment les suivantes :
* Etablir une commission indépendante d'enquête
avec une participation internationale significative afin d'enquêter sur
les fraudes électorales.
* Enquêter sur les allégations d'abus physiques
et de torture, en particulier par l'Unité du crime organisé du
Ministère de l'Intérieur. Lancer des actions disciplinaires contre
les agents responsables de ces actes ou les traduire en justice. La communauté internationale,
en particulier les gouvernements de l'Union européenne et des Etats Unis
devraient s'assurer que les unités de police complices d'actes de torture
ne bénéficient pas d'une assistance financière étrangère.
* Revoir immédiatement les cas des personnes encore
détenues qui ont été arrêtées sur la base d'une
présumée implication dans la violence des 15 et 16 octobre. Enquêter
sur les allégations de torture et d'abus contre ces détenus. Libérer
sans conditions tous les détenus pour lesquels n'existe aucune preuve
spécifique de leur participation à des activités illégales.
Manoeuvres navales US-azéries
Des manoeuvres militaires conjointes USA-Azerbaïdjan ont commencé lundi
26 janvier et devraient s'achever le 6 février. Le but de ces manoeuvres
est d'entraîner les militaires azéris à la protection des
installations gazières et pétrolières en mer. 18 militaires
US et 45 militaires azéris partcipent à ces manoeuvres qui engagent
deux patrouilleurs azéris.
Source : Itar-Tass, 26 janvier 2004
23/01/04
- Visite en France du président Ilham Aliev : RSF interpelle
Chirac au sujet de Rauf Arifoglu
A l'occasion de la visite officielle en France, les 22 et 23 janvier 2004, du
président de la République d'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, Reporters
sans frontières a demandé au président français,
M. Jacques Chirac, d'intervenir auprès de son homologue en faveur de la
libération de Rauf Arifoglu, rédacteur en chef du principal quotidien
du pays, Yeni Musavat, emprisonné à Bakou depuis le 27 octobre
2003.
" Cette visite constitue le premier déplacement à l'étranger
du président Aliev depuis sa prise de fonctions. L'Union européenne,
le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE) attendent du nouveau dirigeant de l'Azerbaïdjan
qu'il relève le défi des réformes démocratiques.
Connaissant l'attachement de la France à la défense de la liberté d'_expression,
nous vous serions reconnaissants d'intervenir auprès de M. Aliev afin
qu'il permette la libération de Rauf Arifoglu. Nous sommes convaincus
qu'un tel geste serait bénéfique pour l'Azerbaïdjan et son
nouveau dirigeant et qu'il serait apprécié par la communauté internationale",
dit la lettre, transmise au chef de l'Etat français le 21 janvier.
Rauf Arifoglu est officiellement accusé d'avoir organisé les émeutes
qui ont agité le pays suite à l'élection présidentielle
contestée du 15 octobre 2003. Il risque sept ans de prison.
Depuis le 27 octobre, M. Arifoglu, également vice-président du
parti d'opposition Musavat, est en détention préventive à la
prison de Bailov à Bakou. Le 17 janvier 2004, le parquet général
a prolongé sa détention de trois mois supplémentaires, dans
l'attente de la tenue de son procès.
Considérant que cette détention est injustifiée, Reporters
sans frontières a déjà demandé aux autorités,
notamment au cours d'une mission à Bakou en décembre 2003, que
Rauf Arifoglu soit mis en liberté provisoire dans l'attente de son jugement.
L'OSCE a fait de même, sans succès.
Source : RSF
12/03
- adieu à Aliev Ier Haidar Aliev, qui entrera dans
l’histoire
comme Aliev Ier, puisque son fils Ilham lui a succédé en octobre dernier
suites à des élections frauduleuses, a été enterré en grande pompe
lundi
à Bakou au cours de funérailles nationales et grandioses. Il était
mort officiellement vendredi 12 décembre, à 80 ans bien sonnés, dans
une clinique de l’Ohio. Président de la République soviétique d’Azerbaïdjan
depuis 1969, écarté par Gorbatchev dans le cadre de la perestroïka à
la fin des années 1980, il était revenu au pouvoir en 1993, après un
coup d’État militaire. Son fils continue la tradition paternelle,
faite de répression et de corruption, rien que de très banal dans
toutes les républiques de l’ex-URSS. Et les opposants musulmans arrêtés
pour avoir protesté contre les fraudes électorales en octobre dernier
continuent de croupir en prison.
pressions
sur les partisans de l’imam Ibrahimoglu
Les
membres du Comité de défense de l’imam Ilgar Ibrahimoglu,
constitué le 4 décembre, au lendemain de la décision
de le mainternir en détention provisoire pour 3 mois, ont aussitôt
eu à faire avec la police, qui leur a rendu visite et les a menacés,
ainsi que leurs familles, le jour même et le lendemain. Deux des
membres du comité ont été convoqués à
la police pour le 10 décembre, journée internationale
des droits humains, où ils avaient l’intention d’organiser
une manifestation de protestation contre l’arrestation de l’imam.
Le responsable de l’association Dewamm et président de
la Société Isma Ittihad, Azer Ramizoglu, est passé
à la clandestinité pour éviter d’être
arrêté à son tour. La police avait tenté
de l’arrêter lors de son raid contre la mosquée Juma
le 17 octobre dernier. D’autre part, selon l’avocat du numéro
2 du parti Musavat, Rauf Arifoglu, les gardiens de la prison où
il est détenu depuis octobre ont refusé à deux
reprises qu’un Coran puisse lui être remis.
11/12/03
Ilgar
Ibragimoglu, un imam gênant, emprisonné
Ilgar Ibragimoglu, 30
ans, est le jeune et très actif imam de la mosquée Juma, dans la vieille
ville de Bakou, la capitale azérie. Militant actif des droits civiques
et religieux, il est devenu ces derniers mois une figure de proue de la
société civile. Il s’était réfugié le 17 octobre dernier à l’ambassade
de Norvège de Bakou pour échapper à une tentative d’arrestation lors d’une
descente de police dans sa mosquée lors de la prière du vendredi. La veille,
le fils du président sortant Aliev venait d’être élu de manière plus que
contestable à la succession du patriarche, ce qui avait déclenché des
protestations de l’opposition, dont Ibragimoglu soutenait ouvertement
le candidat Isa Gambar, leader du parti Musavat (Égalité). Ce 17 octobre,
la police arrêta une centaine de protestataires, dont certains sont toujours
détenus, parmi lesquels Rauf Arifoglu, n°2 du Musavat et rédacteur en
chef du journal du parti, Yeni Musavat. Le 20 octobre, Ibragimoglu quittait
son refuge à l’ambassade de Norvège. Mais ses ennuis n’étaient pas finis.
En novembre, le régime organisait une campagne médiatique de diffamation
prétendant qu’il était en fuite et recherché par Interpol. Puis, le 28
novembre il était convoqué pour
le 1er décembre par les services du procureur général “comme témoin dans
un dossier criminel” indiqué par un simple numéro et interrogé pendant
11 heures. Après avoir été détenu en isolement dans le commissariat de
police du district de Nasimi pendant 48 heures, il a été condamné le 3
décembre par le tribunal de district de Bakou à 3 mois de détention provisoire.
Il fait l’objet d’une enquête pour avoir organisé les manifestations de
protestation contre l’élection d’Ilham Aliev le 16 octobre dernier. Il
est suspecté d’avoir violé l’article 220.1 du Code pénal (organisation
de troubles publics de masse) et l’article 315.2 (résistance à des représentants
des autorités). L’audience a été bâclée et truffée de viols de procédure.
Six heures avant l’audience, le procureur général Zakir Garalov a annoncé
sa détention à la télévision d’État, ce qui démontre que la décision de
l’emprisonner était déjà prise à l’avance.
La dictature dynastique
post-soviétique des Aliev père et fils tente ainsi de se débarrasser d’un
jeune leader civique et religieux qui n’a cessé de lui mettre des bâtons
dans les roues. En effet, Ibragimoglu, aujourd’hui détenu à la prison
préventive de Bailov à Bakou, se bat sur tous les fronts de la liberté
religieuse. Il est à la fois membre de la direction de la Société Islam
Ittihad, coordinateur en chef de Devamm, le Centre pour la protection
de la liberté de conscience et religieuse et secrétaire général de la
section azérie de l’Association internationale pour la liberté religieuse.
Il s’est notamment battu victorieusement pour le droit des enseignantes
et des étudiantes à porter le hijab dans les établissements d’enseignement.
Il a aidé plusieurs églises protestantes à obtenir leur enregistrement
auprès du Comité d’État pour le travail avec les organisations religieuses.
Il a permis à l’Église baptiste locale de dédouaner un chargement de livres
bloqués en douane. Il s’en est pris à la maffia gouvernementale en mettant
fin au monopole des pèlerinages à La Mecque, détenu par une société proche
du régime.
Le régime a exercé toutes
sortes de pressions pour mettre fin aux activités en faveur de la liberté
religieuse. Ainsi, il a refusé d’enregistrer le Centre Devamm et l’Association
internationale pour la liberté religieuse. Au début de l’année, c’est
la Société Islam Ittihad qui s’est vue retirer son accréditation, ce qui
l’a amenée à porter plainte auprès de la Cour suprême.
Pendant ses interrogatoires,
Ibramigoglu s’est vu interroger à plusieurs reprises sur les références
fréquentes au Centre Devamm dans la section consacrée à la liberté religieuses
du rapport annuel du département d’État US sur les droits humains consacré
à l’Azerbaïdjan et publié en mars 2003.
Malgré l’arrestation
de l’imam, les prières continuent à la mosquée Juma. En revanche, Rauf
Arifoglu, dans sa prison, s’est vu empêcher de jeûner pendant le Ramadan
et de faire ses prières.
Source : Forum 18
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