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TCHETCHENIE

Chamil Bassaïev nommé vice-Premier ministre du gouvernement national


Le président indépendantiste tchétchène Abdoul-Khalim Sadoulaïev, qui a succédé à Aslan Maskhadov, assassiné par les occupants russes en mars dernier, a nommé Chamil Bassaïev comme son vice-Premier ministre, a rapporté vendredi le site indépendantiste Kavkazcenter.
"Je décrète qu'est entériné le conseil des ministres de l'Itchkérie (nom donné à la Tchétchénie par les indépendantiste) ainsi constitué", affirme le leader indépendantiste, avant d'énumérer les neuf membres de ce gouvernement, une instance formellement maintenue depuis des années au sein des rebelles.
Après une première place, celle du "président du conseil des ministres", occupée par M. Sadoulaïev lui-même, le numéro deux du gouvernement indépendantiste est "le Premier vice-président du conseil des ministres, Chamil Bassaïev", l'ennemi public numéro un pour Moscou, selon un "décret" publié sur le site kavkazcenter.com.
Chamil Bassaïev, qui avait été brièvement Premier ministre d'Aslan Maskhadov avant d'être limogé par le président indépendantiste, revient ainsi au sein des structures "officielles" des indépendantistes.
A son nouveau poste, Bassaïev, qui a revendiqué notamment la prise d'otages de Beslan de septembre dernier est en charge des "ministères de force", ce qui sous-entend la direction des opérations armées contre les forces fédérales russes, qui restent fortes de quelque 80.000 hommes en Tchétchénie.
Akhmed Zakaïev, émissaire de Maskhadov, qui a obtenu l'asile politique à Londres, est nommé ministre de la Culture et apparaît comme le numéro trois de ce gouvernement qui compte aussi un ministre des Affaires étrangères et un ministre de l'Enseignement et des Sciences.
Au moment de la nomination d'Abdoul-Khalim Sadoulaïev, M. Zakaïev avait affirmé que ce quasi-inconnu était un proche de Maskhadov, et qu'il prônerait donc les mêmes méthodes, réfutant officiellement la ligne "terroriste".
Une radicalisation de la rébellion avait cependant été crainte, d'autant plus que sa nomination avait été annoncée par Chamil Bassaïev, laissant penser qu'il adhérait à la ligne des radicaux.
Après la nomination de Sadoulaïev, âgé de 35 ans, de nombreux analystes ont estimé que le véritable chef sur le terrain serait désormais Chamil Bassaïev.
Source : AFP, 26 août 2005

 

Mémorial accuse la Russie de transformer la Tchétchénie en "réserve"


L'ONG russe Memorial, connue pour son remarquable travail de défense des droits humains et de préservation du souvenir du Goulag soviétique, a accusé jeudi 25 août les autorités russes de pousser les Tchétchènes à retourner dans leur république en guerre et de transformer la Tchétchénie en une « réserve » pour ce peuple. « La politique visant à repousser les réfugiés en Tchétchénie continue. Son principe est que les Tchétchènes doivent vivre en Tchétchénie », a dit une responsable de Memorial, Svetlana Gannouchkina, en présentant un rapport consacré aux conditions de vie des Tchétchènes en Russie. Selon ce rapport, portant sur la période allant de juin 2004 à juin 2005, « la politique de l'État russe vise à réduire le nombre de réfugiés » dans les autres régions de Russie et à leur refuser toute aide. Les Tchétchènes, surtout après la prise d'otages de Beslan en septembre 2004, sont considérés comme « des terroristes ou des ennemis du peuple russe », selon le rapport.
Source : L'Orient-Le Jour, 26 août 2005

 

 

160 000 morts, au bas mot ?


Lundi 15 août, Taous Djabraïlov, chef du Conseil d'Etat de la république de Tchétchénie, a révélé un chiffre stupéfiant lors d'une conférence de presse, celui du nombre de personnes tuées au cours des deux guerres qui ont frappé la république indépendantiste nord-caucasienne en 1994-1996 et depuis la fin de l'été 1999. Selon Djabraïlov, "150 000 à 160 000 personnes ont trouvé la mort. Ce nombre inclut aussi bien les pertes militaires fédérales, les combattants rebelles, les fonctionnaires civils et la population civile", précisent les Izvestia.
D'après Djabraïlov, ces données s'étalent sur une période de quinze ans. Sans donner un bilan séparé des pertes militaires fédérales russes et celles des rebelles, il affirme néanmoins que 30 000 à 40 000 Tchétchènes ont été tués pendant les deux guerres. Par ailleurs, il y aurait actuellement, toujours selon la même source, jusqu'à un millier de combattants actifs, dont 100 à 150 étrangers, rapportent les Izvestia. "Mais les chiffres données par Djabraïlov soulèvent de nombreux doutes parmi les experts", objecte le quotidien russe, qui pense que le bilan dressé par le dirigeant tchétchène pourrait être exagéré.
Pour l'hebdomadaire russe Ejenedelny Journal, les seuls décomptes fiables sont réalisés par les défenseurs des droits de l'homme. Il résulte de ces décomptes qu'au cours des deux guerres de Tchétchénie environ 80 000 civils ont péri, contre moins de 14 000 combattants en uniforme. "Une chose semble claire : Djabraïlov multiplie par deux le nombre de tués en Tchétchénie", affirme l'Ejenedelny Journal.
Un constat repris par plusieurs experts interrogés par les Izvestia. D'après Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou, les Tchétchènes et en particulier leurs dirigeants politiques ont tendance à gonfler les pertes humaines. "Certains estiment que les chiffres fournis par Djabraïlov constituent un élément de 'pression psychologique' de Grozny sur le Kremlin. En effet, les autorités tchétchènes sont en pleine négociation avec le centre fédéral à propos de la répartition de leurs compétences et de leurs prérogatives respectives."
Source : Courrier international, 18 août 2005

L'Emir Abdallah Shamil revendique le méga-sabotage de Moscou

Samedi 28 mai 2005 - De nombreux experts russes avaient attribué aux moudjahiddines Tchétchènes la responsabilité de la prétendue "catastrophe techno-génique" de Moscou et de sa région.
Le site Kavkaz center.com a reçu aujourd'hui un message de l’ Emir militaire Abdallah Shamil Abou-Idris (Shamil Basayev) qui confirme cette hypotèse.
Abdallah Shamil revendique la paternité de l’opération spéciale de sabotage qui les 24 et 25 mai a permis de détruire une partie du système d’alimentation en électricité de la capitale russe.
Mercredi, 2 millions de personnes ont été privé d’électricité. 20 000 passagers ont été bloqués dans les tunnels du métro et 900 000 poulets sont morts dans leurs cages surpeuplées.

29/04/05 - Des membres de la famille de Doka Oumarov, le ministre de la défense Tchétchène, dont son père âgé de 65 ans, son épouse et son fils de 1 an, ont été enlevés par des terroristes russes mardi 4 mai vers 12h 30.
Après les membres de la famille du président Maskhadov, dont les corps n’ont jamais été retrouvés, c’est donc à la famille d’un ministre tchétchène que Poutine s’attaque.
Combien d’années, la communauté internationale se taira -t-elle encore ?
Combien d’enfants le criminel contre l’humanité Poutine devra-t-il encore tuer avant que les gouvernements occidentaux n’interviennent ?

le vendredi 18 MARS à 17h PARVIS BEAUBOURG

Appel du COMITE TCHETCHENIE à une MANIFESTATION INTERPELLATION de L'EUROPE, MOBILISATION pour la PAIX en TCHETCHENIE

A l'occasion de la venue de V. Poutine à Paris, où il doit rencontrer MM.Chirac, Schroeder et Zapatero. Le silence complice face au pouvoir russe doit enfin cesser et les dirigeants européens s'engager enfin en faveur d'une logique de paix en Tchétchénie.

Rassemblement à 17h puis défilé : départ de la manifestation à 18h30

La guerre s'intensifie, les forces russes ridiculisées

le 14 mars, dans le centre ville de Khassa yourt, une ville frontalière avec le Daghestan, deux Moudjahiddines ont résisté pendant 20 heures face à 200 Omons appuyés par des blindés. Les forces spéciales Russes ont donné l’assaut et ont mis le feu au bâtiment dans lequel les Tchétchènes étaient retranché. Au petit matin les deux Moudjahiddines qui avaient résisté toute la nuit avaient disparu avec leurs armes. La presse russe crie au fiasco et le site ultra.ru qui soutien le FSB parle de disparition énigmatique ( Le Kremlin trouva bien une excuse dans les prochaines heures pour tourner cette défaite en victoire historique).
Les deux héros du jour sont Shamil Taïmasranov et Vaguib Khasboulatov né en 1980

Un hélicoptère du FSB détruit

Deux jours après le meurtre du président Maskhadov, un hélicoptère s'était écrasé en Tchétchénie faisant de nombreuses victimes. On en sait plus aujourd'hui sur les victimes et sur les circonstances. Sur les 19 occupants il y avait 15 agents du FSB. Un moudjahiddine infiltré dans le clan Kadirov avait prévenu la résistance du passage prochain d'un hélicoptère. L'engin a été touché par une salve de mitrailleur de 12.7 mm.

 

Tchétchénie

Le président Maskhadov martyr

11/03/05 - Les Russes ont diffusé des images du président Maskhadov qui venait d'être tué dans le village de Tolstoï-Iourt.
Deux heures avant, un reportage sur la capture de deux résistants dans ce même village avait été diffusé. Les deux prisonniers ont du certainement dévoiler sous les pires tortures le lieu exacte où le président se trouvait. Qu'Allah accepte son Martyre.

48 heures après l'assassinat d'Aslan Maskhadov, on attend toujours les condamnations de la communauté internationale. Où sont les Chirac, les Bush, tant ému par l'attentat contre l'ancien premier ministre libanais Hariri ? Vont-ils exiger le retrait immédiat des forces d’occupation russes de Tchétchénie ? On en doute. La résistance continuera donc son combat à huit clos, comme elle le fait depuis des années avec application. "Fi sabillillah".

03/02/05 - Le leader indépendantiste tchétchène Maskhadov ordonne un cessez-le-feu

Le leader indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov a ordonné à tous les combattants séparatistes d'observer un cessez-le-feu durant le mois de février contre les soldats russes, a annoncé tôt jeudi matin un site internet des séparatistes tchétchènes, citant un proche du chef de guerre Chamil Bassaïev.

Ce cessez-le-feu unilatéral a été présenté comme un signe de bonne volonté et sera appliqué sur le territoire de la Tchétchénie ainsi qu'au delà de ses frontières, précise le site kavakazcenter.com.
Chamil Bassaïev, l'homme le plus recherché par les Russes et responsable de la sanglante prise d'otages l'an dernier à l'école de Beslan, en Ossétie du nord, a accepté d'obéir à Aslan Maskhadov et ordonné à ses troupes d'arrêter toutes leurs opérations contre les soldats russes, indique également le site.
"J'ai ordonné à tous les moujahidine sur tout le territoire de la république tchétchène d'Ichkeria (nom de la Tchétchénie pour les séparatistes) et en Russie d'arrêter toutes leurs actions militaires pendant le mois de février", écrit le chef de guerre dans un communiqué publié par Kavkazcenter.com.
L'ordre donné par Aslan Maskhadov courrait seulement jusqu'au 22 février, relève Chamil Bassaïev. Selon Kavkazcenter.com, qui ne l'a annoncé que jeudi matin, l'ordre de cessez-le-feu a été signé le 14 janvier par celui qui avait été élu président de cette république du Caucase russe en 1997.
L'annonce faite par ce site n'avait pas encore été confirmée ou commentée officiellement jeudi. Les troupes russes sont entrées en Tchétchénie en octobre 1999 (après une première guerre russo-tchétchène de décembre 1994 à août 1996), et y sont toujours harcelées quotidiennement par les rebelles.
Six militaires russes ont été tués et dix-sept autres ont été blessés au cours des dernières 24 heures en Tchétchénie, a rapporté mercredi à l'AFP un responsable de l'administration tchétchène pro-russe à Grozny, sous couvert de l'anonymat.
Fin 2004, le bilan officiel russe de la deuxième guerre russo-tchétchène s'élevait à environ 4 500 morts alors que le comité des Mères de soldats estimait que le nombre de morts était trois fois supérieur à celui annoncé, les autorités ne reprenant pas les blessés morts de leurs blessures dans des hôpitaux situés hors de Tchétchénie.
Le bilan des morts parmi les rebelles et les civils demeure inconnu. Cette guerre s'est étendue à d'autres régions voisines, menaçant de déstabiliser tout le Caucase du Nord et atteignant même Moscou où les séparatistes tchétchènes ont lancé ces dernières années des attaques meurtrières, notamment avec des kamikazes.
Source : Le Monde, avec AFP, 3 février 2005

 

 

02/02/05 - Ce n'était pas un accident de voiture ...
La mort de 9 ou 10 miliciens appartenant aux forces de Ramzan Kadyrov, le chef du "service de sécurité présidentielle", le 28 janvier près du village d'Alkhan-Kala, dans le distrcit d'Urus-Martan, n'était pas due à un "accident de voiture", comme l'avait d'abord déclaré le ministère de l'Intérieur, mais bien à une attaque de la résistance tchétchène.
Source : http://eng.kavkaz.memo.ru/, 31 janvier 2005

 

25/01/05 - L’avocat Makhmut Magomadov enlevé par les “kadyrovtsy” à Grozny
Un groupe d’hommes armés en tenues de camouflage, appartenant aux troupes de Ramzan Kadyrov et surnommés les “kadyrovtsy” ont enlevé le 20 janvier à 6 h 30 du matin l’avocat tchétchène Makhmut Magomadov au domicile d’un de ses amis à Grozny et l’ont emmené vers le centre-ville. On est depuis sans nouvelles de cet avocat engagé dans des enquêtes sur les disparitions forcées et bien connu des organisations internationales de défense des droits humains. Rien qu’en 2004, selon l’ombudsman russe chargé des droits humains, 1 700 personnes ont été victimes de disparitions forcées.
Source : Kavkaz Center, 23 janvier 2005

 

24/01/05 - 9 ans de prison pour Zara Murtazaliyeva
Le 17 janvier, un tribunal de Moscou a condamné à 9 ans de prison l'étudiante tchétchène de 22 ans Zara Murtazaliyeva pour préparation de crime, terrorisme et transport d'explosifs. Le procès a été entaché de nombreuses irrégularités. Ainsi les explosifs qui auraient été trouvés en possession de l'accusée ont été détruits par la police au cours d'un test pour pour voir s'ils étaient fonctionnels. Impossible donc de trouver des empreintes digitales de l'accusée. Au début du procès, il a été affirmé que Zara avait été entraînée dans un "camp terroriste" tchétchène près de Bakou. Les autorités azerbaïdjanaises ont formellement démenti qu'un quelconque camp tchétchène se trouve sur leur territoire. Enfin, la mère du témoin à charge Anna Kulikova - une amie de l'accusée - a déposé une requête au Comité d'assistance civique déclarant que sa fille avait été forcée à faire son témoignage par des coups, des menaces et des insultes. Les avocats de Zara, Vladimir Suvorov et Zezag Usmanova, ont annoné qu'ils feraient appel et iraient jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme si nécessaire.
Source : Caucasian Knot, 18 janvier 2005

 

Lettre ouverte à Poutine sur la prise d'otages de parents du président Maskhadov
La Fédération internationale d'Helsinki pour les droits humains et la Fédération internationale des droits de l'homme ont écrit une lettre ouverte à Vladimir Poutine pour protester contre la prise en otages de 8 membres de la famille du président tchétchène Aslan Maskhadov. Ils dénoncent comme responsable principal de cette prise d'otages, intervenue après la prise d'otages de Beslan, Ramzan Kadyrov, vice-Premier ministre du gouvernement tchétchène pro-russe, récemment décoré comme "Héros de Russie". Les 8 parents de Maskhadov seraient détenus illégalement à Tsenteroi, dans le district de Gudermès. Les signataires demandent donc la libération des otages et la poursuite contre les responsables de leur séquestration illégale, condamnée par la Convention des Nations unies de 1979 contre la prise d'otages.
Source : Caucasian Knot, 20 janvier 2005

11/01/05 - Lannée a bien commencé en Tchétchénie

La résistance a infligé de nouvelles pertes aux forces doccupation dans les premiers jours et nuits de la nouvelle année, qui est la sixième de la deuxième guerre de tchétchénie. Ainsi, 14 soldats russes ont été abattus les 5 et 6 janvier dans plusieurs attaques de moujahidine, notament dans la capitale Jokhar (Grozny), à Noviye Atagui et dans la région de Vedeno, dans le soud-ouest. Dautre part, deux officiers de police tchétchènes et un garde du corps du président fantoche tchétchène ont subi la justice.
Source : AFP, 6 janvier 2005

 

L’Émir du Qatar fait un cadeau de Noël à Poutine : il lui rend Belachkov et Bogachev, les assassins de Zelimkhan Iandarbiev
L’Émir du Qatar Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani vient de faire un beau cadeau de Noël à Vladimir Poutine et à son FSB (ex-KGB) : il a fait extrader en Russie les deux agents des services secrets russes condamnés le 30 juin dernier à Doha à la prison à vie, après avoir échappé à la peine capitale, pour l’attentat terroriste qui avait coûté la vie à Zelimkhan Iandarbiev le 13 février dernier à Doha. Les deux gardes du corps du dirigeant tchétchène avaient été tués et son fils Daoud grièvement blessé dans l’explosion du véhicule 4X4 à bord duquel ils se trouvaient.
Selon l’information officielle russe faisant état de cette “extradition” (alors qu’il n’existe pas d’accord d’extradition entre la Russie et le Qatar), les deux fonctionnaires terroristes seront à nouveau jugés par un tribunal russe. On peut être sûr qu’ils reprendront rapidement du service pour la cause de la grande Russie.
Vendredi 24 décembre, Vladimir Poutine a eu une conversation téléphonique chaleureuse avec Hamad Ben Khalifa, qu’il a remercié pour la “bonne volonté” dont il a fait preuve pour “régler ce problème”. Le président et l’Émir ont tous deux affirmé leur volonté de développer des relations amicales dans tous les domaines, “dans l’intérêt de la stabilité et de la paix au Moyen-Orient et dans le Golfe”.
Selon des sources tchécthènes, Moscou et Doha auraient convenu de cet “arrangement” au moment même du procès de Belachkov et Bogachev.

 

Rappel historique de l’affaire
Zelimkhan Iandarbiev (aussi orthographié Iandarbaïev, Iandarbiyev, Yandarbiyev) était né en 1952 au Kazakhstan, où sa famille avait été déportée par Staline en 1944. Écrivain et poète, il était actif à l’Union des écrivains soviétiques. En mai 1990 il crée le Parti démocratique des Vaïnakhs, qui milite pour un État démocratique et indépendant en Tchétchénie. De 1991 à 1993, il préside le comité pour les médias et la libre parole du Parlement tchétchène. En avril 1993, le président tchétchène Djokhar Doudaïev le nomme vice-président par intérim. En 1995, le parquet tchétchène lance des poursuites contre lui et six autres dirigeants tchétchènes pour abus de pouvoir, haute trahison et banditisme. Après l’attentat terroriste russe qui coûte la vie à Doudaïev le 22 avril 1996, il devient président par intérim et dirige la délégation tchétchène qui signe le cessez-le-feu et l’accord de paix du 27 mai 1996 avec Boris Eltsin et Tchernomyrdine. Il se présente à l’élection présidentielle du 27 janvier 1997, où il est battu par Aslan Maskhadov. En 1998, il ouvre une ambassade tchétchène à Kaboul et un consulat à Kandahar. En 2000, il s’installe à Doha, dans l’Émirat du Qatar. En octobre 2001, sous pression russe, Interpol lance un mandat d’arrêt contre Iandarbiev, Maskhadov, Zakaïev, Noukhaïev et Makhachev pour l’opération armée menée par les Tchétchènes au Daguestan en août 1999. En 2003, les Nations unies l’inscrivent sur une liste de personnes soupçonnées de relations avec Al Qaïda, suite à son inscription par les USA sur la liste rouge des personnes soupçonnées de terrorisme et donc soumises à des sanctions financières. À trois reprises au moins, de 2002 à 2004, Moscou demande son extradition au Qatar, bien qu’aucun accord n’existe entre les deux pays.
Le vendredi 13 février 2004, Iandarbiev monte dans son Toyota 4X4 avec son fils Daoud, 13 ans, et ses deux gardes du corps après avoir participé à la grande prière du vendredi. Le véhicule explose près de la mosquée. Au Qatar, l’émotion est grande : c’est la première bombe qui explose dans l’histoire de l’émirat. Iandarbiev mourra de ses blessures au Hamad General Hospital.
Aussitôt la propagande russe se déchaîne et attribue l’attentat aux conflits entre Tchétchènes pour la récupération du “trésor de guerre” collecté par Iandarbiev pour les besoins de la résistance tchétchène dans les pays du Golfe. Malheureusement pour les Russes, deux “hommes d’affaires” russes et le premier secrétaire de l’ambassade russe à Doha, Alexander Fetisov, sont arrêtés dans la nuit du 18 au 19 février. Le diplomate sera relâché grâce à son immunité diplomatique et rentrera en Russie le 24 mars. Les deux agents secrets Anatolii Belachkov et Vassilii Bogachev font rapidement des aveux et font preuve d’esprit de coppération avec les enquêteurs. Ils sont inculpés de neuf chefs d’accusation. Mais l’intervention d’un cabinet d’avocats mandaté par le gouvernement russe - Yegorov, Puginsky, Afanasyev et Partenaires - leur fait changer de tactique : ils se rétractent et disent avoir été contraints à faire des aveux sous la “torture”. Leur procès s’ouvre le 11 avril 2004 à Doha. Les autorités qataris ont choisi d’adopter un profil bas, celui de la discrétion. Le procès passe presque inaperçu. La défense ne parviendra pas à démontrer que les deux hommes ont été torturés pendant leurs interrogatoires. Le procureur réclame la peine de mort pour les terroristes. Les Russes lancent une campagne pour les “droits de l’homme” des deux agents terroristes et dénoncent les “tortures” qu’ils auraient subies au Qatar. Finalement, les deux hommes sont condamnés à la prison à vie, ce qui signifie au Qatar 25 ans de détention. En guise de rétorision, les Russes interpellent et détiennent pendant quelques semaines des sportifs qataris en transit par la Russie. Un appel interjeté par les condamnés est rejeté. Finalement, les pressions russes auront eu raison de l’Émir du Qatar, qui fint par accepter d’extrader les deux terroristes russes. Il faut signaler que cet attentat terroriste n’a suscité aucune protestation des leaders du monde “libre” et “démocratique” ni même des defenseurs des droits de l’homme. Iandarbiev n’était après tout qu’un méchant barbu, n’est-ce-pas ? Selon certaines informations, les Russes auraient eu le feu vert de leurs amis de Washington pour l’attentat contre Iandarbiev. Pour empêcher la diffusion de ces informations, les services US ont donc répandu une rumeur, selon laquelle ils auraient collaboré avec les services qataris pour identifier et arrêter les agents russes. C’est vrai que, quand même, ça la fout mal, pour Washington, engagée dans la croisade mondiale contre le terrorisme, de tolérer un attentat terroriste sur le territoire d’un pays qui lui sert de base pour la guerre contre l’Iraq et pour le contrôle du Moyen-Orient !

 

Les Russes déclarent avoir tué le combattant tchétchène Akikhan Machougov
Le général Ilya Chabalkine, porte-parole des forces russes d’occupation, a déclaré jeudi 23 décembre que les “services spéciaux ont tué un certain Akikhan Machougov dans le village de Chervlnyonnaya, dans le district de Shelkovskaïa. Il était recherché pour le meurtre de deux officiers du FSB, dont le chef adjoint du bureau du FSB de Grozny, l’été dernier.”
Source : Interfax, 23 décembre 2004

 

«S’il vient en Belgique, Zakaïev sera arrêté »
Ahmed Zakaïev n’est pas bienvenu en Belgique : « S’il apparaît où que ce soit sur le territoire belge, nous l’arrêterons et nous le renverrons vraisemblablement en Grande-Bretagne », a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht à la radio Écho de Moscou le mercredi 22 décembre. Il a ajouté : « Ça, c’est la réponse technique. La réponse politique, c’est que nous ne voulons pas que des négociations se tiennent sur le territoire belge avec des gens dont on dit qu’ils sont des terroristes. »
Ce commentaire de De Gucht au projet de l’Union des comités des mères de soldats russes de rencontrer Zakaïev au siège de l’Union européenne pour entamer des discussions sur la Tchétchénie appelle au moins une remarque : Zakaïev a obtenu l’asile politique en Grande-Bretagne, pays membre de l’Union européenne. Il a donc un passeport qui lui permettrait en principe de voyager dans les 25 pays membres de l’Union sans problème. Comment le gouvernement belge peut-il justifier, du point de vue du droit, le refus de le laissser entrer sur le territoire belge, qui appartient à l’Union européenne ?
Source : Interfax, 22 décembre 2004

 

Zara Murtazaliyeva plaide non coupable
Zara Murtazaliyeva a comparu devant le tribunal correctionnel de Moscou mercredi 22 décembre pour être officiellement inculpée. Elle a plaidé non coupable. Cette jeune Tchétchène de 21 ans est de toute apparence la victime d’une “affaire” montée de toutes pièces par le FSB dans la plus pure tradition kagébiste.
Zara a été arrêtée le 4 mars 2004 près d’un hôtel dans le sud-ouest de Moscou. La police a déclaré avoir trouvé 200 grammes d’explosifs dans ses bagages. La jeune femme avait fait la connaissance de deux autres jeunes femmes dans un mosquée. Les 3 femmes sont allées dans une chambre de dortoir qui était mise sur écoutes par les services de renseignement. Arrêtées, les jeunes femmes ont déclaré que Zara avait tenté de les recruter pour un attentat “kamikaze”. Son avocat et des organisations de défense des droits humains ont déclaré que les témoignages des deux jeunes femmes avaient extorqués sous la pression.
Source : Interfax, 22 décembre 2004, MosNews, 23 décembre 2004

 

25/12/04 - Que sont devenus les “pieds-noirs” de Tchétchénie ? Reportage sur les victimes russes de la guerre en Tchétchénie
par Ivan Soukhov, Vremia Novostieï. Traduit du russe par Courrier international, 23 décembre 2004
Les médias se soucient peu du sort des 200 000 Russes qui vivaient à Grozny avant la guerre. Reportage à Tambov, où végète une communauté de rapatriés, toujours en attente d’un statut, d’un toit ou d’une indemnisation.
Les débats sur le sort des réfugiés de Tchétchénie sont devenus chose courante. Les journaux et les chaînes de télévision rappellent de temps à autre combien de familles sont encore hébergées sous des tentes en Ingouchie [République voisine de la Tchétchénie], combien sont retournées vivre dans leurs foyers et combien ont reçu des indemnisations pour leurs habitations détruites. Les visages que l’on voit sur les photographies des journaux et dans les reportages télévisés sont principalement tchétchènes.
Or, avant le début de la première guerre, il n’y avait pas que des Tchétchènes en Tchétchénie. A l’époque soviétique, on dénombrait en Tchétchéno-Ingouchie environ 350 000 Russes de souche. Au moins la moitié de la population du Grozny d’avant-guerre était russe. Aujourd’hui, cette composante est réduite à une poignée. On ne sait pratiquement rien sur ce départ, pourtant aussi important que la fuite des Tchétchènes face aux bombes, aux tirs et aux zatchistki [opérations de nettoyage effectuées par les forces fédérales]. Si les Tchétchènes peuvent, dans leur majorité, encore rentrer chez eux – même si leurs maisons sont détruites et leurs familles assassinées, ils retrouveront quand même les leurs –, les Russes, eux, ne peuvent retourner nulle part. Des milliers de familles russes de Grozny sont dispersées dans des villes et des villages de la Russie centrale. Le correspondant de Vremia Novostieï a retrouvé une communauté de Russes de Grozny dans la région de Tambov [au sud-est de Moscou]. Le départ massif des Russes de Tchétchénie a eu lieu il y a dix ans, en 1994. A l’époque, il était clair que l’on courait à la guerre, et celle-ci débuta au mois de décembre.
Quelques anciens habitants de Grozny vivent dans le village de Khobotovo, à une centaine de kilomètres de Tambov. Ils ne se sont pas encore complètement intégrés, mais on les connaît bien. Svetlana Nikolaevna Tchernycheva est la plus ancienne à Khobotovo : elle a quitté Grozny bien avant la guerre. Après avoir réussi à tirer quelque argent de la vente de son appartement, elle a acheté ici une maison rurale abandonnée. Son fils est né à Grozny mais a grandi ici. Puis il est parti faire l’armée et s’est retrouvé en Tchétchénie comme jeune appelé. On raconte qu’à Grozny il a vu sa maison détruite. Lorsqu’il est rentré, il a commencé à travailler dans la police. En mai dernier, son frère cadet est parti faire son service – la famille a catégoriquement refusé d’essayer de le faire exempter. Les Tchernychev espèrent qu’il n’aura pas à faire la guerre. Environ 250 personnes, dont 132 Russes, vivent aujourd’hui au foyer du Service fédéral de l’immigration de Tambov, l’ancien foyer de l’Institut d’études techniques. Dans la cage d’escalier du foyer, sous un long verset écrit de travers, louant les vaillants Itchkères [d’Itchkérie, nom autochtone des Tchétchènes] qui affrontent les mécréants dans les gorges caucasiennes, un plaisantin du coin a gravé en anglais “Welcome to the future”. Le “futur”, ce sont des pièces étroites, qui n’ont pas été rafraîchies depuis longtemps, des couloirs aux sols gondolés, des “commodités” à l’étage et une cuisine commune équipée d’une grande cuisinière électrique. Elle est si vide qu’elle en paraît vaste.
En théorie, ceux qui ont le statut de réfugié de guerre peuvent espérer tôt ou tard obtenir un appartement. Mais le Service fédéral de l’immigration n’en a pas assez à proposer. Il y a 457 familles en attente de logement. “L’an dernier, nous avons réussi à acheter douze appartements et vingt familles ont reçu une aide financière”, raconte le colonel Alexandre Timofeev, chef de la Direction des affaires de l’immigration de Tambov. Au rythme actuel, il faudra quinze ans pour arriver au bout de la liste.
Lorsque j’ai demandé au colonel de me parler des réfugiés russes rentrés de Tchétchénie, il m’a d’abord rembarré : “Primo, il s’agit de réfugiés de guerre, et il ne faut pas dire qu’ils rentrent de Tchétchénie en Russie. La Tchétchénie, c’est aussi la Russie. Et deuxièmement, en tournant la question de cette manière, on risque d’attiser la haine interethnique.” Tout en restant politiquement correct, le colonel Timofeev s’apprête à expulser vingt-sept personnes du foyer : selon lui, elles n’ont aucun droit formel d’occuper des lieux appartenant à l’Etat et de dépenser l’argent public. Le logement d’un réfugié coûte à l’Etat 680 roubles [18 euros] par mois.
L’an dernier, 114 procès ont été engagés. Selon le colonel, il en a gagné la moitié. Cent quatre-vingt-douze personnes qui se trouvaient sous sa tutelle ont reçu des compensations pour leurs maisons détruites. Il n’y a qu’en Tchétchénie qu’on peut recevoir les fameux 350 000 roubles de Kadyrov [président de la Tchétchénie qui a été assassiné en mai dernier]. Si l’on se réinstalle ailleurs, les indemnités n’excèdent pas 120 000 roubles pour l’habitation, plus 4 000 roubles pour les biens. En ce sens, les Russes sont encore une fois discriminés, puisque la plupart ne peuvent pas rentrer en Tchétchénie, car les permis de résidence ont été modifiés.
“Travailleur émérite de la culture” de Tchétchéno-Ingouchie, le professeur d’histoire et de sciences sociales Aïda Balachova vend maintenant des pantoufles sur le marché central de Tambov. Son fils lui vient en aide. Il était autrefois lieutenant dans les troupes de transmission, mais il a démissionné lorsqu’en 1992 l’armée russe a quitté la Tchétchénie. Le 11 janvier 1995, vers la fin de l’assaut de Grozny, des soldats russes sont entrés chez eux et leur ont dit : “Allez-vous en !” A la différence de nombreux réfugiés, qui ont quitté la ville à tout jamais après cet assaut cauchemardesque, Aïda Balachova a essayé à deux reprises d’y retourner. “Grozny, c’est notre ville, vous comprenez ? Nulle part ailleurs on ne nous attend.” Mais on ne les attendait pas non plus à Grozny.
La famille Verolski a réussi à figurer parmi les indemnisés d’office, bien qu’il ait aussi fallu pour cela aller devant le tribunal. Avec l’argent qu’ils ont reçu, Iouri Verolski et son épouse ont acheté deux petites chambres et une cuisine dans une vieille maison de plain-pied. Quelques mètres carrés supplémentaires de surface habitable ont été construits à côté de chez eux, et, maintenant, ils vivent avec la famille de leur fille. A Grozny, Iouri Verolski, chargé de cours à la faculté des lettres de l’université d’Etat de Tchétchéno-Ingouchie, possédait une maison de cinq pièces en briques et une bibliothèque de 20 000 livres de linguistique et d’histoire du Caucase. La maison existe toujours, selon lui, mais elle est occupée par des Tchétchènes. En revanche, la bibliothèque a disparu. “Nous vivions en parfaite harmonie avec nos voisins, raconte Valentina Verolski. J’ai été le professeur de leurs quatre enfants. Lorsque c’est devenu dangereux, ils allaient patrouiller dans le quartier, et criaient tout le temps : ‘Valentina Vassilievna, nous y allons – ne vous inquiétez pas, vous êtes bien gardés.’ En fin de compte, c’est le voisin qui s’est emparé de tous nos biens.”
Les Verolski attendaient les fédéraux comme des libérateurs. Mais, au lieu de leur apporter le salut, ils leur ont apporté le malheur. “Une fois les combats commencés, il aurait d’abord fallu évacuer les gens qui ne participaient pas à la guerre, des Russes et des civils tchétchènes, estime Valentina Verolski. Nous, les Russes, nous nous trouvions dans une situation particulièrement difficile : les Tchétchènes n’avaient plus besoin de nous, nous étions une charge pour eux. Et la Russie, elle non plus, n’avait pas besoin de nous. Elle avait installé son artillerie sur la crête de Tersk et pilonnait méthodiquement la ville. Pendant plus d’un mois, ils n’ont envoyé aucun véhicule pour évacuer les gens. Puis nous avons attendu debout, soixante-douze heures durant, une voiture du ministère des Situations d’urgence. C’était la cohue, tout le monde était malade, blessé, les enfants étaient bleus de froid. On nous a emmenés à Mozdok, sans nous donner ni à boire ni à manger. Les gens devenaient fous. Tout était sens dessus dessous. Rien n’était prêt.”
Tambov a accepté de les accueillir, mais là non plus rien n’était prêt. On a installé les gens dans des hôtels surpeuplés. “Allez savoir pourquoi, ils prenaient nos empreintes, comme si c’était nous les criminels.” Valentina Verolski pense que les véritables criminels sont les nationalistes tchétchènes et la partie du commandement russe qui, avec leur aide, a décidé, en 1991, de se débarrasser du régime de Dokou Zavgaev [président communiste de la Tchétchéno-Ingouchie], parce qu’il avait fait cause commune avec les auteurs de la tentative de putsch [du 19 août 1991 à Moscou]. “Tout cela doit être jugé du point de vue politique”, disent les Verolski. Notre Etat est multiethnique, et le nationalisme aura toujours tendance à relever la tête.
Valentina Verolski réfléchit et ajoute : “Vous savez, si j’avais été tchétchène, personne n’aurait occupé ma maison. Je veux simplement que l’on nous traite à l’égal des Tchétchènes. Je veux que ma maison, la maison du grand-père de mon mari, appartienne un jour à mes enfants. Et pas ce cagibi dans lequel nous sommes obligés de vivre aujourd’hui. Je veux simplement que l’on nous rende ce que la guerre nous a pris.”

Aslan Maskhadov : celui qui a perdu la paix
par Vladimir Voronov, Ejenedelny Journal, Moscou, décembre 2004. Traduit du russe par Courrier international, 23 décembre 2004
Depuis 1999, le président tchétchène est considéré comme un terroriste et traqué comme tel. En janvier 1995, il avait été le héros de la bataille de Grozny, mettant en pièces les fédéraux. Mais il ne sut pas relever les défis de la présidence. Portrait.
C’était fin septembre 2004. Les communiqués de triomphe se succédaient : Maskhadov était encerclé dans les montagnes de Nojaï-Iourt, il allait être capturé et rapporté comme trophée pour la prestation de serment du nouveau président tchétchène, Alou Alkhanov [le 5 octobre]. Ramzan Kadyrov [fils du président assassiné le 9 mai, actuel vice-Premier ministre, chef de la sécurité] et Soulim Iamadaev, dont les unités avaient déjà en leur possession une inestimable prise de guerre, le bâton de marche de Maskhadov, distribuaient les interviews. Encore quelques jours et ils allaient pouvoir se partager les 300 millions de roubles [10 millions de dollars] de récompense si convoités. Seul bémol, le calme olympien des militaires fédéraux et, surtout, des hommes du FSB [ex-KGB]. Alexandre Potapov, vice-responsable du FSB pour la Tchétchénie, faisait même remarquer que le président de l’Itchkérie [nom de la “Tchétchénie indépendante”] bénéficiait d’un tel soutien de la part de la population qu’il ne fallait pas espérer qu’il soit pris de sitôt.
Maskhadov est recherché avec un tel acharnement que l’on en vient à se demander s’il existe vraiment. Par ailleurs, seuls les autochtones sont à ses trousses, alors que les hommes “de la métropole” semblent s’en désintéresser. Akhmad Kadyrov [le président assassiné] avait même accusé un jour les fédéraux de laisser volontairement Maskhadov leur échapper. Et, de toute façon, on ne sait toujours pas ce que changerait sa capture. Ce ne serait tout de même pas la fin de la guerre ? On s’obstine tellement à nous répéter qu’en Tchétchénie tout est régi par les Arabes d’Al Qaida et que Maskhadov n’est qu’une marionnette entre leurs mains…
Dans la capitale, l’évocation de l’ancien colonel de l’armée soviétique [que fut Maskhadov] irrite beaucoup moins que celle de Bassaïev. Revendiquant tous les attentats les plus monstrueux de ces derniers temps, celui-ci incarne le mal absolu, une émanation de l’enfer. Aslan Aliévitch, même de loin, dénonce les attentats les plus atroces : Nord-Est ? Pas bien ! Je n’ai jamais donné un ordre pareil. Beslan ? C’est inconcevable ! Nous allons juger Bassaïev ! Mais après la guerre…
L’étoile du stratège Maskhadov s’était mise à briller en janvier 1995, à Grozny [la guerre avait commencé le mois précédent]. L’“assaut hivernal”, lamentable fiasco lancé par Pavel Gratchev, alors ministre de la Défense, et Anatoli Kvachnine, qui venait d’être nommé commandant des troupes fédérales de Tchétchénie et avait lui-même organisé cette opération, avait représenté, pour le chef d’état-major des Tchétchènes, une vraie bataille de Toulon*. Ce colonel d’artillerie venait de damer le pion à une brochette de généraux. Et de quelle manière ! C’est cet événement qui a déterminé l’ensemble de la première campagne de Tchétchénie. Au tout début de la guerre, rares étaient les Tchétchènes persuadés de pouvoir résister longtemps à l’armée russe régulière. Après que leurs salves de lance-grenades eurent défait les colonnes de chars qui avaient pénétré dans Grozny, ils s’aperçurent qu’ils pouvaient non seulement s’opposer aux généraux russes, mais même les tailler en pièces.
Militaire de carrière, Maskhadov comprenait parfaitement que les forces étaient inégales et que la capitale tomberait tôt ou tard. Il paraît que c’est lui qui proposa à ce moment-là au général Doudaev [alors président de l’Itchkérie] d’éviter un bain de sang dans les zones habitées, en renonçant aux combats frontaux contre l’ennemi, pour se consacrer plutôt à organiser la guérilla. Mais Doudaev ne l’écouta pas. Il estimait que cette démarche terrible, qui allait coûter la vie à des dizaines de milliers d’habitants de Grozny et à environ cinq mille soldats russes, était politiquement indispensable. Sans la bataille de Grozny, il n’y aurait pas eu de résistance tchétchène ; sans l’assaut barbare [donné par les Russes], accompagné de bombardements et de tirs massifs, il n’y aurait pas eu cet afflux de volontaires avides de venger leurs proches.
Maskhadov avait forcé les troupes fédérales à combattre dans les conditions les plus défavorables pour elles, dans une ville très peuplée, où il était impossible de tirer parti des atouts d’une armée régulière. Cette opération, censée être une action de police punitive et exemplaire, dégénéra en une longue guerre, qui devait avoir un effet destructeur sur l’armée et la Russie tout entière. Evidemment, les succès de Maskhadov étaient une conséquence du manque de professionnalisme de ses adversaires. Par la suite, il allait d’ailleurs s’interroger très sincèrement sur leur totale incapacité à s’adapter à la situation. Pourtant, pratiquement jusqu’à ce jour, son credo est resté le suivant : l’armée russe est une grande armée, destinée à faire la guerre à des superpuissances. Au début, il a même tenté d’aider ses adversaires à ne pas perdre la face. Toujours en janvier 1995, alors que les rues de Grozny étaient jonchées de cadavres de soldats, il contacta le commandement des forces fédérales et proposa un cessez-le-feu afin qu’elles puissent récupérer les corps de leurs hommes. En réponse, le général Babitchev lui offrit… de capituler ! Un an plus tard, Maskhadov me confia à quel point l’attitude des gradés envers les simples soldats tombés au feu l’avait choqué.
Il faut également dire que Maskhadov se distinguait des autres chefs de guerre par sa volonté d’interdire les atrocités et d’éviter les morts inutiles, y compris parmi les soldats ennemis. “Je demeure catégoriquement opposé aux actes terroristes. Chacun aura à répondre de la façon dont il aura combattu et traité les prisonniers.” Ce sont de magnifiques paroles. Mais cela n’a pas suffi à lui permettre de maîtriser le déchaînement de la guérilla. Certes, il a planifié des opérations remarquables, dignes de figurer dans des manuels militaires, sauf qu’elles n’ont pas été exécutées par des combattants disciplinés, mais par des rebelles sans foi ni loi. Cependant, il était clair pour tout le monde, aussi bien au Kremlin qu’au sein de l’état-major général, que la seule personne avec qui l’on pouvait discuter parmi tous ces chefs de guerre, c’était Maskhadov.
La victoire militaire de 1996 [il signe un cessez-le-feu en août avec le général Lebed] lui a joué un mauvais tour : vainqueur des généraux russes, il n’a pu prendre l’ascendant sur ses compagnons tchétchènes. Bien sûr, pour Bassaïev, Radouev, Kadyrov, Arsanov, Iandarbaev, il était une autorité, mais dépassée et strictement militaire. Il avait beau être le premier [élu président en 1997], tous étaient égaux. Lorsque la guerre est finie, la gloire militaire devient un capital difficile à monnayer – surtout lorsqu’il n’y a pas d’économie, que le pays est en ruine, avec, pour seul filon, le pétrole. Il n’y en a pas assez pour tout le monde, il faut assurer le bien-être de son clan, entretenir les hommes de son détachement, sans quoi, dans la Tchéstchénie de l’après-guerre, on n’est rien.
Maskhadov, qui avait gagné la guerre, a perdu la paix. C’était fatal. Ce qui lui faisait le plus peur, ce n’était pas d’affronter les Russes, mais de voir se déclencher une guerre fratricide entre Tchétchènes. Or il n’existe que deux moyens d’éviter cela : soit soumettre à la volonté de fer d’un seul homme tous les héros de la guerre, soit les supprimer. Maskhadov ne voulait pas se battre contre les siens, et d’ailleurs il ne l’aurait pas pu. Résultat, en 1999, il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume : d’un côté, Moscou, qui planifiait déjà ouvertement sa revanche et une “petite guerre victorieuse” ; de l’autre, ses anciens compagnons d’armes, qui s’entre-déchiraient à cause du pétrole. Dans la pagaille de l’après-guerre, il n’est devenu ni le de Gaulle, ni le Staline de la Tchétchénie. Il ne s’est pas dressé contre ses anciens camarades de combat, qui se livraient désormais sans retenue aux razzias, aux enlèvements en vue d’esclavage ou de demandes de rançon. Ce sont finalement eux qui ont fait parler les armes.
A l’été 1998, les détachements de Radouev manœuvrent en Tchétchénie ; les derniers hommes de confiance meurent. Des bombes explosent sans arrêt au passage du cortège de Maskhadov. [En août 1999] Bassaïev entre au Daghestan. Et quelle importance que Maskhadov n’ait rien à voir là-dedans ? On peut toujours rétorquer qu’il n’a pas su l’empêcher… La seconde bataille de Grozny n’a pas valu à Maskhadov de nouveau triomphe militaire. Cette fois, c’est lui qui aurait, à l’encontre de l’opinion des chefs de guerre, insisté pour mener une guerre de positions : tenir la ville, pour que le monde entier voie ça ! Bassaïev aurait alors fait preuve d’un meilleur sens tactique, conscient qu’il était impossible de tenir Grozny longtemps, qu’ils allaient juste y perdre des hommes et qu’il fallait recourir à la guérilla… Mais il a obéi aux ordres.
Beaucoup de sang a coulé depuis, et il est aujourd’hui difficile de voir en Maskhadov cet officier sans peur et sans reproche qu’il avait semblé tout d’abord être. Une guerre bestiale n’a pas et ne peut pas avoir de logique chevaleresque, ni de chevaliers. En bon militaire, Maskhadov comprend parfaitement qu’il est en mauvaise posture : soit il est commandant en chef et donc responsable de tout ce que font ses hommes, soit il n’en répond pas, et alors, de quelle autorité peut-il se prévaloir ? Il est pourtant le seul à être reconnu. La guérilla, c’est comme une meute de loups : soit on en est le chef, même si ce n’est qu’en théorie ; soit elle vous déchiquette. Impossible de s’écarter, sans quoi une bande de jeunes loups avides va se précipiter pour prendre la place. Ils se battent chacun pour soi, mais ils ont au moins un étendard, sans quoi ils ne pourraient rien faire. C’est l’étendard qui attire les volontaires, qui conditionne l’afflux d’argent et, avec un étendard, l’ennemi accepte de discuter…
Si l’on y réfléchit, Maskhadov est plus utile au Kremlin vivant et libre que mort ou bouclé dans une cellule. Sinon, qui accuser pour cette guerre qui n’en finit pas, pour les femmes kamikazes, pour les attentats ? Et, au cas où, avec qui négocier ? Pas avec Bassaïev, tout de même ! C’est peut-être pour cela que seuls des gens comme Kadyrov recherchent Maskhadov – des gens à qui une Tchétchénie sans guerre n’offre aucune perspective.
* En 1793, le capitaine Bonaparte est chef de l’artillerie lors de la reprise de Toulon aux Anglais.

 

23/12/04 - L’affaire Youri Bagrov, ou comment se débarrasser des journalistes gênants
Le journaliste d’origine géorgienne Youri Bagrov, correspondant au Caucase de l’agence Associated Press et de Radio Free Europe/Radio Liberty, a vu ses ennuis commencer le 25 août dernier, soit 4 jours avant l’ élection présidentielle en Tchétchénie. La police fait une descente à son domicile à Vladikavkaz, capitale d’Ossétie du Nord et saisit tout son matériel et, surtout, son passeport, ce qui le paralyse dans ses activités de reporter. En septembre, il sera inculpé pour faux et usage de faux dans ses démarches pour obtenir un passeport russe. Et le 17 décembre, il a été condamné par un tribunal de Vladikavkaz à une amende de 15 000 roubles [=402 $] et son passeport a été invalidé, ce qui fait de lui un étranger sans papiers, susceptible d’être expulsé à tout instant. Il ne lui restait plus qu’à faire appel de cette condamnation auprès de la Cour suprême. Ce que lui reprochent les autorités russes, c’est en fait ses reportages sans complaisance sur la guerre en Tchétchénie, le dernier en date concernait, en mai dernier, une vague d’enlèvements mystérieux en Ingouchie.
Source : CPJ, 17 décembre 2004 et RFE/RL, 20 décembre 2004

Une proposition originale de députés géorgiens
Un groupe de parlementaires géorgiens vient de faire une proposition originale qui risque d’être plutôt mal accueillie à Moscou. Ils proposent en effet d’ériger à Tbilissi et à Grozny des statues de Zviad Gamsakhurdia et de Djokhar Doudaïev. Le président géorgien s’était réfugié à Grozny en 1993 après l’échec de sa tentative de reprendre le pouvoir et était mort dans des circonstances mlystérieuses. Il a été enterré à Grozny, mais on ne sait pas où. Quant à Doudaïev, premier Président de la Thcétchénie indépendante, il a été assassiné par les terroristes moscovites en 1996.
Source : Caucasus Press, 20 décembre 2004

Amitié personnelle et relation stratégique entre Poutine et Schroeder
Le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le président russe Vladimir Poutine ont encore approfondi leurs liens de confiance lors de leur rencontre, lundi et mardi à Hambourg et Schleswig, renforçant ce qui paraît de plus en plus un partenariat stratégique, estiment des experts mercredi.
Plusieurs entretiens ont permis aux deux hommes de balayer la controverse autour du groupe pétrolier Ioukos, qualifiée de "problème interne à la Russie", d'avoir un entretien relativement ouvert sur la Tchétchénie, de se montrer coopératifs et confiants sur l'avenir de l'Ukraine.
Au plan bilatéral, la Russie s'est engagée à rembourser par anticipation une part consistante de sa dette, a signé des contrats dans le secteur énergétique, et apporté sa caution à la candidature de l'Allemagne à un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
Les deux dirigeants ont été longuement photographiés en train d'aimablement converser : dans le train les emmenant de Hambourg à Schleswig, lors de la signature de contrats par leurs ministres sous l'oeil bienveillant de l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, enfin à Hanovre, lors d'une visite d'amitié du président russe au domicile de la famille Schroeder.
"Notre relation a atteint une intensité que nous n'avions jamais encore connue dans notre histoire", a déclaré M. Schroeder pendant cette rencontre, la 28e depuis qu'ils sont au pouvoir.
Les unes des journaux allemands arboraient mercredi des photos des tête-à-tête, mais les éditorialistes s'interrogeaient sur leur contenu.
"Il faut espérer que le chancelier a autant d'influence qu'il semble en avoir, et qu'il en use", observe le quotidien Tagesspiegel.
"Le chancelier est-il trop gentil avec Poutine ?", s'interroge le journal à grand tirage Bild Zeitung, qui demande : "Schroeder n'aurait-il pas dû exprimer ses opinions plus ouvertement et clairement ?"
Le Financial Times Deutschland a estimé que la position de M. Schroeder, en dépit de son silence sur Ioukos, était défendable.
"On verra que Schroeder a raison dans son approche", écrit-il, car "l'intention affirmée de ne plus traiter le conflit tchétchène comme une +affaire interne+ (...) constitue un progrès".
Le coordinateur du gouvernement allemand pour les questions russes, Gernot Erler, a estimé que le ton adopté par M. Poutine et la possibilité d'un nouveau dialogue entre Berlin et Moscou constituaient un élément nouveau.
Ce qui peut être mis au compte de l'amitié personnelle dans ces résultats n'est pas évident, mais la proximité entre les deux hommes d'Etat est incontestable, qu'elle corresponde ou non à une affinité authentique.
Tous deux s'entretiennent en langue allemande que Vladimir Poutine maîtrise puisqu'il a été agent du KGB à Dresde à l'époque de l'ex-RDA. Il a été le seul dirigeant étranger présent à la fête que le chancelier a donnée pour son 60e anniversaire en avril à Hanovre (nord).
Ils avaient célébré ensemble la Pâque orthodoxe à Moscou en 2001, et en août, Schroeder et son épouse Doris ont adopté une petite fille russe de trois ans, Victoria, dans un orphelinat de Saint-Pétersbourg.
M. Schroeder a aussi téléphoné à deux reprises à M. Poutine au plus fort de la crise politique en Ukraine, pour souhaiter une solution dans le cadre du respect de la Constitution de ce pays.
"C'est après cette discussion --et non avant-- que le gouvernement russe a dit qu'il voulait coopérer avec tout nouveau président élu", avait remarqué par la suite un porte-parole du gouvernement allemand.

Nul doute que ces liens personnels servent aussi à renforcer les relations économiques. Les exportations allemandes vers la Russie ont plus que doublé depuis 1999, tandis que l'Allemagne importe 30% de son gaz de Russie avec l'objectif d'accroître ce pourcentage.
Source : AFP, 22 décembre 2004

 

22/12/04 - Pas de trêve hivernale pour la résistance tchétchène
L'hiver est particulièrement rude en Tchétchénie, en particulier dans les régions montagneuses, mais la résistance ne connaît pas de trêve. Les dernières informations en provenance de la république martyre en font foi. Plusieurs attaques ont eu lieu dans la capitale, que les Russes appellent Grozny et les Tchétchènes Jokhar.
Dimanche 12 décembre, un groupe mobile de moujahidine a attaqué une patrouille russe dans le district de Zavodskoi, tuant 2 ennemis et en blessant un autre. Un autre groupe a fait sauter un véhicule KAMAZ. 3 mercenaires russes ont été tués, plusieurs autres blessés. Le même jour, la guérilla a attaqué un poste de contrôle russe près de Chernorechie à l'ouest de la capitale, blessant deux occupants.
Le soir du 11 décembre, un affrontement entre moujahidine et hommes de Ramzan Kadyrov à Tsitsig-Irzu Lam dans la région de Vedenski a causé la mort de deux collaborateurs. Cinq autres ont été blessés.
Le 12 décembre, dans la région d'Itum-Kalinski, près de la localité de Bugrai, une unité de reconnaissance a fait incursion dans une base abandonnée par les moujahidine et en a surpris un, qui se reposait. Celui-ci a ouvert le feu et a pu tuer 4 mercenaires avant de succomber.
Dans la nuit du 12 au 13 décembre, rue Jukhovskogo dans la capitale, une unité mobile de moujahidine a fait sauter à l'aide d'une mine artisanale une voiture Niva, tuant et blessant 3 des occupants russes à bord.
Les hommes de Kadyrov, réputés pour leur cruauté face aux gens désarmés et leur lâcheté face aux combattants, ont continué au fil des jours à kidnapper des civils innocents : un à Nozhai-Yurt, un à Chechen-Aul et trois personnes dans le district de Staropromyslovski de la capitale. Aucune des personnes "arrêtées" n'avait participé ni à la première ni à la seconde guerre de Tchétchénie.
Source : Kavkaz Center, 21 décembre 2004

 

Gerhard et Vladimir : l'entente cordiale
Ce sont les meilleurs amis du monde et ils le font savoir. Vladimir Poutine a eu une rencontre chaleureuse et intensive avec Gerhard Schröder lundi à Hambourg et mardi à Schleswig. C'était la 28ème rencontre entre les deux hommes en quatre ans. Prévue en septembre, elle avait été reportée à cause de la prise d'otages de Beslan, en Ossétie du Nord. Poutine a déclaré : « Nous avons reçu par certains canaux des propositions pour une plus grande implication de l'Allemagne et de l'Union européenne dans la résolution du problème tchétchène. Je suis tout à fait prêt à en discuter de manière approfondie avec vous. » Les propositions de l'Allemagne sont "analysées minutieusement à Moscou. Nous voulons reprendre totalement ces propositions", a ajouté Poutine. Selon un haut responsable du gouvernement allemand, il s'agirait d'un "projet de dialogue" entre la Russie et l'Europe à l'initiative du coordinateur allemand pour les affaires russes, Gernot Erler, membre du Parti social-démocrate (SPD) de Gerhard Schroeder, lors de discussions à la mi-novembre à Moscou avec des dirigeants politiques russes.
Un autre source gouvernementale allemande a précisé que ce dialogue portait sur une démocratisation de la société tchétchène, la reconstruction économique et une coopération renforcée avec cette République du Caucase, dans le cadre de... "la lutte contre le terrorisme". Bref, Schröder est à Poutine ce que Bush est à Sharon. Et il suffit de citer un seul chiffre pour expliquer cette idylle amoureuse : en 2003, l'Allemagne a importé de Russie 31% de son pétrole et 38% de son gaz naturel. Ceci explique cela.
Source : AFP, 21 décembre 2004

 

20/12/04 - Échouant au sol, les Russes bombardent
Ne parvenant pas à repousser les attaques de la résistance tchétchène par voie terrestre, les forces d'occupation russes n'ont que la ressource de bombardements aériens. C'est ainsi que dans la soirée du 15 et dans la nuit du 15 au 16 décembre, l'aviation russe a procédé à une série de bombardements. Un certain nombre de maisons ont ainsi été détruites dans la banlieue de Vedeno et au moins 5 habitants ont été blessés et hospitalisés. Puis ça a été au tour des gorges d'Argunskoye et des zones montagneuses dans le sud des régions de Vendensky et de Nozjai-Yurtovski. les pertes tchétchènes dues à ces bombardements sont inconnues. Dans la nuit du 16 au 17 décembre, les bombes ont frappé les environs de Dargo, Belgatoi, Ersenoi ainsi que la route de vedeno. Au cours des jours précédant les bombardements, au moins 20 soldats russes avaient été tués lors d'attaques victorieuses des moujahidine ou dans des explosions de mines.
Source : Kavkaz Center, 18 décembre 2004

 

17/12/04 - Une nouvelle provocation des services russes
Le ministère des Affaires étrangères de la République tchétchène d’Ichkérie a mis en garde les gouvernements européens contre un faux mis en circulation par les services de sécurité russes. Il s’agit d’un message attribué au président Aslan Maskhadov mettant en garde contre attentats tchétchènes en Russie et sur le territoire européen. Le ministère n’exclut pas que ce faux soit un prélude à des “actions terroristes” préparées par les services russes sur le territoire russe ou européen. Avec le Kremlin, on peut s’attendre à tout...
Source : service de presse du ministère tchétchène des Affaires étrangères, 16 décembre 2004

 

16/12/04 - Le groupe Iarmouk dévalise l'armurerie de l'unité antidrogues de Naltchik
Des hommes armés ont attaqué dans la nuit de lundi à mardi les locaux d'une unité de lutte antidrogue dans le Caucase russe, dérobant de grandes quantités d'armes après avoir tué les quatre vigiles, rapportent les agences de presse russes.
Un groupe islamique du nom de Iarmouk a revendiqué l'attaque en accusant l'unité d'avoir poussé des personnes dans la drogue.
"Grâce aux efforts de cette organisation criminelle (l'unité antidrogue), le nombre de toxicomanes dans les régions de Naltchik et Maïsk (...) a dépassé la moyenne de la Fédération de Russie", dit un communiqué publié sur le site www.kavkazcenter.com.
Les assaillants ont incendié les locaux de l'unité antidrogue de Naltchik, la capitale de Kabardie-Balkarie, après s'être emparés de 36 mitraillettes, de 136 pistolets et de munitions.
"Les assaillants ont menotté (les quatre vigiles), les ont emmenés dans les sous-sols du bâtiment de l'agence publique de lutte antidrogue où ils les ont abattus", a déclaré un responsable régional de cette administration cité par l'agence de presse Interfax.
Il s'agit de la deuxième attaque revendiquée par le groupe Iarmouk qui avait dit en septembre avoir tué deux policiers.
Dmitry Kozak, représentant du président Vladimir Poutine dans le Caucase, s'est rendu sur place et a demandé pourquoi les autorités locales n'avaient pas réussi à prévenir l'attaque.
Source : Reuters, 14 décembre 2004